“Qu’est-ce qu’une commune ?”

« …José Leonardo était sueur de noir et de cacao »…

Un roulement de tambours rententit. Des mains hissent des drapeaux tricolores, jaune, bleu, rouge. Des manifestants au visage joyeux s’avancent sur la route. Ils brandissent des pancartes et des panneaux qui portent les noms de divers conseils communaux.

Changement de lieu. Nous voyons une salle de réunion remplie de personnes en plein débat. Les uns écoutent attentivement, d’autres prennent des notes, on entend une question venant du fond : “Qu’est-ce qu’une commune ?”.

C’est à partir de cette question que commence l’échange de savoirs et la discussion de propositions par les différents conseils communaux qui intègrent cette Rencontre Nationale d’Expériences de Communes en Processus de Construction.

Parmi les phrases les plus marquantes : “…la commune est l’organisation de mes voisins…”, “…une loi comme celle des conseils communaux pour les communes…”, “…noius avons besoin de ministères qui soient ouverts aux propositions des communes…”, “…nous sommes ici réunis pour transformer l’Etat et la société vénézuélienne…”.

Les images des salles de débat alternent avec les images des pauses entre les discussions, où les participants peuvent profiter d’un marché varié d’aliments et de légumes.

Mais ce n’est pas un marché comme les autres. Il ne s’agit pas seulement de vendre et d’acheter. Ici, pas de capitaliste pour exploiter les autres individus : ici, la coriandre, le persil, les beignets de la grand-mère, le dulce de leche (sorte de confiture de lait traditionnelle), font partie de l’agriculture locale, celle des petits producteurs des communautés dont l’union a permis la formation de ce marché de troc où la monnaie d’échange est le“zambo” : des tickets de différentes couleurs et valeurs, utilisés par de nombreuses coopératives pour échanger leurs produits.Economie de « zambos », plaisantent-ils : le terme zambo désigne le métisse né dont l’un des parents est noir et l’autre indien.

Il s’agit d’un outil pour faciliter le troc entre petits producteurs nationaux. Un marché socialiste, entre égaux, en fin de compte.

Un groupe de musique vénézuélienne les accompagne, qui rythme les images de repas, de partage, de rires et de danse.

« …Je veux proposer à cette assemblée, devant toutes les communautés nationales, régionales et municipales, que tout ce que nous allons approuver demain, en accord avec les projets que chacun de nous apporte, en accord avec les expériences de notre communauté – qui, tout comme cette assemblée de conseils communaux, de communes, ont un caractère inaliénable… que tout ce que nous allons approuver demain soit pris en considération par les instances qui doivent donner une réponse aux demandes de ce peuple… Nous allons le faire de sorte que soit recueilli tout ce que nous approuvons, tout ce que nous proposons, et pour que toutes ces propositions au bénéfice de la croissance du pouvoir populaire soient déclarées inaliénables par les autorités nationales et régionales… »

A partir de cette intervention les participants ouvrent le débat.

Un camarade parle des lois que le peuple construit lui-même. De l’impulsion des juges de paix au sein des communes, qui sont chargés de veiller à l’application des lois que le peuple même, à travers les conseils communaux, établit.

Un autre camarade parle du pouvoir populaire, qu’il divise entre politico-populaire et socio-organisatif – qui permet de générer les conditions d’organisation du peuple. Autrement dit, la formation de la base, sans laquelle, au-delà de toute organisation politique, on se perdrait en chemin : il ne s’agirait plus que d’une masse populaire désireuse de constuire le pouvoir mais manquant de structures d’organisation stratégiques, de tâches qui leur donnent le sentiment de participer à ce pouvoir.

A la fin de cette rencontre, nous pouvons observer une grande salle de réunion où tous sont réunis. Sur l’avant-scène, un porte-parole lit une série de conclusions parmi lesquelles ressortent les suivantes :

- La définition des communes comme gouvernement de la communauté, comme unité supérieure au conseil communal.

- Les prises de décision des communes doivent être orientées vers la construction de l’Etat socialiste.

- Du point de vue économique, les communes doivent être autosuffisantes grâce à la production en réseau. La production comme structure collective doit être garantie la propriété collective de tous par la commune.

- L’un des objectifs de la commune doit être la lutte contre la consommation de masse.

- La commune doit disposer d’une banque communale por administrer les ressources et d’une monnaie communale. Elle doit également mettre en place le marché du troc.

- Une commune s’oriente vers la nouvelle géométrie du pouvoir.

Un roulement de tambours retentit. On peut voir un groupe de femmes qui dansent. Elles se balancent d’un côté et de l’autre au rythme du tambour. On voit des mains chargées de « zambos » colorés. On voit la route, la manifestation. En fond, la voix d’Ali Primera. A nouveau les tambours et les danseurs. Au premier plan l’image d’un “zambo”.

« …José Leonardo était sueur de noir et de cacao quand il se déhanchait et dansait pour provoquer le maître espagnol, qui aujourd’hui est le gringo que nous avons ici… » Extrait de José Leonardo, chanson d’Ali Primera.

Source : La Revolución Vive

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