« Fils de l´arbre de vie »

Municipe Atunes, Etat Amazonas. Depuis la Curiara, tandis que nous naviguons sur le fleuve Orinoco, nous rencontrons Luis Inagas, correspondant indigène de RNV (Radio Nationale du Venezuela). « Nous naviguons actuellement sur le fleuve le plus grand du Venezuela, et le troisième plus grand en Amérique latine. Certains disent qu’il a été découvert il y a 1500 ans… Mais il s’agit de la propagande médiatique de l’époque : le fleuve Orinoco était déjà la terre de nos aborigènes qui vivaient sur ses rives. L’Orinoque signifie pour nous le Grand Serpent, et il mesure plus de 2000km », nous raconte-t-il.

« Sur ce fleuve, depuis des milliers d’années, nos frères Yanomami, Caribe, Currutacos, Yecuana et Araguacos ont navigué… Nos vingt peuples ancestraux l’ont parcouru, sur leurs canoës. Des peuples de l’eau. Ce fleuve est un pain de vie, qui nous alimente jour après jour. Depuis le fleuve on peut voir les « churuatas » (habitations circulaires au toit de palme), les « curiaras » (petits canoës creusés dans un tronc d’arbre), et surtout les visages de notre peuple. »

Nous arrivons ainsi à la communauté Betania de Topocho, à 45 km de Puerto Ayacucho, dont les maisons aux sols en terre battue et aux toits de palme, sans cloisons intérieures, sont habitées par des familles qui viennent à 99% de l’ethnie Píaroa et à 1% des Gibis. « Cette communauté a été construite par ses propres habitants, il y plus de 35 ans, et compte 105 familles au total », nous explique notre compagnon Héctor Pérez, leader social de la communauté de Betania.

A l’entrée du village, une grande pancarte nous souhaite la bienvenue de la part des enfants du village dans la langue Piaroa :  » AQUIHUA’A CUICHÂTUCUAMA ». Elle nous signale l’Unité Educative Bolivarienne du 27 juin, fondée par la communauté indigène le 17 octobre 1978. Ses 135 participants travaillent à préserver, à travers une éducation interculturelle binlingue, la signification de notre héritage indigène : calendrier productif de l’installation du conuco (parcelle de terre cultivée, saison des pluies, récolte des fruits et des bachacos (grosses fourmis), musique, danse, artisanat, élaboration du casabe (pain de manioc) et préparation des typiques mañococatare, et yare.

Pablo Pérez nous explique que « l’éducation commence dans les foyers, mais nous, les facilitateurs, nous sommes les seconds parents à l’école. »

Source : Radio Nationale du Venezuela

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