« Vole, vole plus haut ! »

L’image d’une cage tenue en l’air. Des mains qui la portent. Des mains qui s’agitent dans l’air. A l’intérieur, un oiseau. On entend des cris : « liberté ! ». La porte de la cage s’ouvre. Un oiseau en sort. D’autres cris : « vole, vole plus haut ! » On voit l’oiseau s’envoler vers le ciel.

Olole, Ololeeeee, Venezuela chante aussi…

Son des tambours. L’oeuvre que nous allons voir est une mise en scène de l’Ecole Basique Bolivarienne “Francisco de Paula Reyna”, située dans le village de San Juan de Colón, dans la municipalité Ayacucho de l’Etat de Táchira.

Nous voyons un fleuve, des arbres, une montagne, et au milieu un groupe d’enfants déguisés en soldats qui suivent une jeune fille coiffée d’une grande couronne. Face à eux s’avance un autre groupe d’enfants déguisés en indigènes. Les deux groupes se trouvent sur un échiquier recouvrant le sol. Pareils aux pions du jeu, les enfants se disposent les uns face aux autres, prêts à commencer la partie.

Une jeune indigène fait un pas en avant, comme un pion que l’on déplace, et s’exclame :

« Je suis la princesse Karula, indigène morte d’amour. La reine des jeunes filles. Je suis née sur la cime de la montagne, dans un petit village de l’Etat de Mérida. Fille du chef indien Tokisai. Ma tribu, les danseurs. Célèbres pour la danse qu’ils exécutent avant le combat ».

Commence le jeu d’échecs, au cours duquel les joueurs de chacune des équipes, qui représentent ici les indigènes contre les conquistadors, se déplaceront en fonction du pion qu’ils représentent (roi, reine, cavalier, fou, tour, etc.) et feront tomber leur rival par le texte qu’ils prononcent. Au cours de la partie les figures les plus emblématiques de l’histoire aborigène du Venezuela sont représentées : l’indien Guaicaipuro, la princesse Yurubí, l’indien Tamanaco, le chef Paisana de la tribu des Caribes, le gochito (habitant orginaire de la région andine) Morachi, la princesse Tibisay… De même, du côté des conquistadors, les noms de Francisco Fajardo, Rodrigo de Triana, de la reine Isabelle de Castille, du Frère Bartolomé de la Casas, du Capitaine Mendoza, de Carlos Primero et de bien d’autres, sont prononcés.

Au cours de cette pièce de théâtre, le spectateur peut observer l’histoire de la résistence indigène vénézuélienne projetée sur un jeu d’échecs. Un échiquier historique qui raconte une légende d’amour et sur lequel apparaît la nécessité de préserver l’environnement pour les générations à venir, tout comme celle de reconnaître les courageux aborigènes comme de véritables héros.

Ainsi, la chute du roi d’Espagne est accompagnée de ces mots : « L’etat supérieur à l’intelligence est la sagesse. Nous, envahisseurs espagnols, nous utilisons notre intelligence supérieure pour pacifier les Indes. Notre intelligence supérieure, mais non la sagesse. Car la sagesse est pure et noble et respecte l’intégrité humaine. Moi, le Roi, je me meurs et me protège. »

Autre exemple, lorsque Morachi va tomber aux mains d’un conquistador celui-ci lui dit :

« Pour nous, la nature de notre terre de Táchira a plus de valeur. Les plantes apportent douceur et tendresse à la vie sociale. Un jardin dans chaque municipalité aiderait d’avantage à la reforestation. » Ce à quoi Morachi répond avant de s’effondrer : « Mon corps retourne au lieu auquel il appartient. »

La pièce est par moments interrompue au profit des représentants des enfants, qui expriment leur opinion sur cette expérience, et affirment que ce genre d’activités ouvre un espace pour l’enseignement, la réflexion, pour transmettre des valeurs, intégrer la communauté, partager… Wilfredo Diaz, l’auteur de la pièce, prend aussi la parole à la fin du programme pour exprimer la nécessité de promouvoir ce type d’activités, car elles permettent de transmettre des valeurs humaines, de donner sa dignité à l’indigène, à travers une forte critique de l’invasion espagnole et une mise en valeur du sauvetage de l’AbyaAyala. La pièce montre ainsi le conflit entre histoire et réalité, qui est au bout du compte la véritable histoire.

« Souvenez-vous, quand l’Indien se lèvera , l’Amérique se lèvera.

Je suis Guaicaipuro.”

ANAKARINA ROTE AUNOCON TOTO PAPAROTO MANTORO

Source: La Revolución Vive

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