« Ce n’est pas l’État qui décide, c´est nous qui disons quelle est la rue qui nous convient, où construire cette université. »

« Quel dommage d´avoir perdu la réforme de la Constitution Bolivarienne en 2007, notre peuple n’avait pas suffisamment lu ou compris« , dit Morelbis Aguiar, porte-parole du Conseil Communal des Colinas de la Dignidad. Aujourd’hui les 32 Conseils communaux de Paraiso del Tuy, Santa Teresa del Tuy, État de Miranda, sont en train de construire la Commune Paraiso del Tuy.

« Nous avons perdu une bataille avec cette réforme » poursuit Aguiar, « mais ici nous travaillons dur. Nous avons perdu la bataille mais pas la guerre. C´est sur cette réforme que nous nous appuyons pour la formation de la commune », explique-t-elle.

La Commune Paraiso del Tuy est une des premières expériences dans le pays de cette figure de gouvernement par la communauté, proposée par le président Hugo Chávez dans la réforme de l’article 16 de la Constitution nationale. Dans ce projet de réforme constitutionnelle, présenté devant l’Assemblée Nationale en 2007, le président avait proposé, entre autres, de modifier l’article 16 en vigueur du texte, qui traite de la division politique territoriale du Vénézuéla.

Dans ce projet, rejeté par une courte majorité en décembre 2007, l’article 16 proposait, en accord avec la « nouvelle géométrie du pouvoir », que l’unité politique de base de l’organisation territoriale soit la ville comme intégration de « communes »..

Les communes, selon l’article, seront les cellules humaines du territoire et seront formées par les communautés, chacune de celles-ci constituant le noyau de base et indivisible de l’État, où les citoyens et les citoyens communs auront le pouvoir pour construire leur propre géographie et leur propre histoire.

L’article dit qu´à partir de la commune, la population organisée développera des formes d’organisation politique et territoriale, des formes d’autonomie et de toute autre expression de démocratie directe. La ville communale est constituée lorsque dans la totalité de son périmètre les communautés organisées ont établi les gouvernements communaux. Sa création formelle sera soumise au référendum populaire que convoquera le Président de la République en Conseil des Ministres.

Mais la meilleure manière de comprendre ce qu’est une commune c´est à travers l’expérience de la Communauté Paraiso del Tuy, où 32 Conseils communaux travaillent depuis quinze mois à se constituer en commune.

Commune Paraiso del Tuy

Les habitants de la commune en construction assurent que « les communes ne naissent pas par décret, mais des besoins de la population et des conseils communaux, qui sont les bases fondamentales pour la création des communes. La commune occupe un cadre géographique plus vaste que celui des Conseils communaux, c´est la nouvelle base du gouvernement par le peuple ».

La porte-parole du Conseil Communal Colinas de la Dignidad, Morelbis Aguiar, explique : « La commune, c´est une autonomie locale, communautaire, où nous, le peuple, décidons ce que nous voulons pour notre communauté, quelles sont les améliorations que nous voulons développer dans notre secteur. Ce n’est pas l’État qui décide, c´est nous qui disons quelle est la rue qui nous convient, où construire cette université ou le lycée dont nous avons besoin. C´est nous qui décidons ce que nous allons faire avec le financement et les ressources que nous donne le gouvernement révolutionnaire »

« Les communes, transformées en villes communales » poursuit Aguiar « vont peu à peu remplacer les mairies, les gouvernements locaux, pour que l’Exécutif gouverne directement avec le peuple. C´’est la raison pour laquelle le pouvoir est transféré au peuple par le biais des conseils communaux, des communes et des villes communales. Le peuple va orienter les ressources dont a besoin chaque citoyen(ne) dans un pays où la bureaucratie avait dévoré toutes les institutions« .

Commune en construction

Les 32 Conseils communaux actifs dans les 27 secteurs de Paraiso del Tuy, se réunissent depuis quinze mois dans un espace qu´ils ont appelé Salle de Bataille Sociale. Ils évaluent le processus de construction de la commune à travers leur expérience de mini-gouvernements..

Dans un ancienne hacienda sucrière du XIXème siècle, située dans l`Hacienda Seuce, propriété du Libertador Simón Bolívar, leiu qui il y a encore quelques années servait de dépotoir, les porte-parole des Conseils communaux du Paraiso del Tuy se réunissent tous les lundis. Dans l´État de Miranda, Paraiso del Tuy est une des Communautés qui connaisssent le plus de besoins. Elle s´étend sur deux communes, Independica et Paz Castillo, formée au total de 30 mille habitants et de 5.900 familles, dans un contexte marqué par une grande pauvreté et par le manque de services publics. Les routes sont de terre et l’électricité et l’eau n’arrive pas encore à toute la population.

Gouvernement par le peuple

« Les besoins de la population sont tels que quand arrivent les ressources pour faire une maison, on en tire de quoi en faire deux, parce nous avons acquis la capacité d’administrer et l´aide n´est plus déviée par des appareils bureaucratiques qui rendaient les projets plus lents et plus coûteux » explique Aguiar.

« La mafia, l´entreprise contractée et les pots-de-vin mangeaient la moitié des fonds des projets et ce qu’elles laissaient à la communauté ètait un travail mal fait. En saupoudrant ici et là, en se demandant à chaque fois « combien je me mets en poche », elles laissaient un travail mal fait ou inachevé.

L’expérience de la commune c´est la population qui administre des ressources qui sont les siennes, qui ont toujours été les siennes, pour rendre plus efficace la gestion ». « Nous avons rompu avec la vieille géométrie du pouvoir, avec ces mentalités obtuses qui nous disaient on ne peut pas, c´est impossible. Ici nous essayons de construire des choses nouvelles et de le faire ensemble, d´apprendre comme peuple à être le gouvernement, ce qui nous a été refusé pendant tant d’années« , poursuit Aguiar.

Pour sa part, Briceida Torrivilla, porte-parole du Conseil Communal Antonio Jose de Sucre et responsable de l´équipe de construction de la commune, définit la commune comme « quelque chose de semblable à l’assemblée paroissiale, sauf que la commune est régie par la population et brise le carcan bureaucratique des vieilles associations. »

Bénéfices

Avec la formation des Conseils communaux, la Communauté Paraiso del Tuy a pu bénéficier d´aides jamais vues jusqu´ici.

Les porte-parole des conseils communaux énumèrent tous ces avantages : substitution de taudis par des maisons, amélioration de logements, achat de véhicules pour le transport de la Communauté, construction de terrains sportifs et de modules de santé primaire, missions médicales « Barrio Adentro »….

Au bout de nombreuses années d´attente, les habitants ont enfin accès à l’énergie électrique. Sans oublier la réparation des rues, l’accès à l’eau potable et les égouts.

Législation communale

La loi des Conseils Communaux, promulguée en 2006, est en cours de réforme à l’Assemblée Nationale. Sur le thème des communes, il n´existe pas encore pas de projet en discussion.

La loi en vigueur de Conseils Communaux règle la formation, l’intégration et le fonctionnement des conseils communaux et leur relation avec l’État pour la formulation, le contrôle et l’évaluation des politiques publiques.

Information générale

Conseils Communaux : instances de participation, d´articulation et d´intégration entre les diverses organisations communautaires, groupements sociaux et les citoyen(ne)s, qui permettent au peuple organisé d’exercer directement la gestion des politiques publiques et les projets visant à répondre aux besoins et aux aspirations des communautés dans la construction d’une société d`équité et de justice sociale.

Le Conseil Communal est formé de : L’organe exécutif, intégré par les porte-parole de chaque comité de travail, et l’Unité de Controle Social comme organe de contrôle financier.

Communauté : ensemble des familles et des citoyens qui habitent un secteur géographique déterminé, qui partagent une histoire et des intérêts communs, se connaissent et entretiennent des liens, utilisent les mêmes services publics et partagent des besoins et des potentiels semblables : économiques, sociales, urbaines ou d’autre nature.

Secteur géographique de la Communauté : Territoire qu’occupent les habitants de la communauté, dont les limites géographiques sont établies en Assemblée de Citoyen(ne)s et dans lequel fonctionnera le Conseil Communal. Le secteur géographique sera décidé par l’Assemblée Citoyen(ne) selon les particularités de chaque communauté.

Assemblée Citoyen(ne) : C’est l’instance de base pour l’exercice du pouvoir, la participation et le protagonisme populaire, ses décisions sont de caractère astreignant pour le conseil communal respectif.

Porte-parole : Travailleur(se) communautaire élue en Assemblée de Citoyen(ne)s pour chaque comité de travail, dotée d´une capacité de travail collectif, d´esprit unitaire et qui s´engage à oeuvre en faveur des intérêts de la Communauté. Elle coordonne tout ce qui concerne le fonctionnement du Conseil Communal, la concrétisation de ses décisions et la communication de de ces dernières devant les instances correspondantes.

Les porte-parole des comités de travail, ainsi que les membres des organes de controle économico-financier, sont élus et élus par vote direct et secret en Assemblée de Citoyens. Les candidat(e)s ne peuvent pas être élu(e)s pour plus d`un organe du Conseil Communal, leur mandat dure deux ans et ils ou elles peuvent être réélu(e)s.

Banque Communale : La Banque Communale est l´organisme de gestion économico-financière des ressources des Conseils communaux ; c’est une organisation flexible, ouverte, démocratique, solidaire et participative.

L’Assemblée Citoyenne est la plus haute instance de décision du Conseil Communal, elle est formée par les habitants de la Communauté qui ont plus de quinze ans. Elle a les attributions suivantes :

Approuver les statuts et l’acte constitutif du Conseil Communal, lequel contiendra : nom du Conseil Communal ; secteur géographique qu’il occupe ; nombre de familles qui l’intègrent ; liste des participants à l’Assemblée (Nom et prénom de famille, carte d’identité) ; lieu, date et heure de l’Assemblée ; accords de l’Assemblée ; résultats de l’élection et des porte-parole, et autres membres des organes du Conseil Communal.

Approuver le Plan de Développement de la Communauté.

Approuver les projets présentés au Conseil Communal en faveur de la communauté, ainsi que l’articulation des projets pour résoudre les besoins communs avec d’autres communautés et autres instances de gouvernement, suivant l’orientation du développement endogène et durable.

Exercer le controle social des finances.

Choisir les membres de la Commission Électorale.

Choisir les porte-parole de l’organe exécutif.

Choisir les membres de l’Unité de controle social des des Finances.

Choisir les membres de l’Unité de Gestion Financière.

Révoquer le mandat des porte-parole et autres membres des organes du Conseil Communal conformément à ce que la loi établit sur ce point.

Évaluer et approuver la gestion financière.

Définir et approuver les mécanismes nécessaires pour le fonctionnement du Conseil Communal.

Fuente : ABN (Agencia Bolivariana de Noticias) Caracas, 27 Ago (Emma Grand)

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