« Quand nous avons 60, 70 ans, pour les entrepreneurs nous ne sommes plus que des dépouilles humaines. »

Pour suivre cette lutte : http://blip.tv/file/2619490

Si cette entreprise manquait à l’Etat de Yaracuy, nous ne saurions pas quoi faire : elle fournit du travail à environ 800 personnes directement et 40 000 indirectement, notamment à des concierges, des transporteurs et des petits producteurs..” Orlando Ávila, travailleur de la Centrale Sucrière Santa Clara.

L’industrie sucrière de Santa Clara est actuellement au plus fort d’un conflit ouvrier. Un conflit qui existe depuis plusieurs années, qui est passé par diverses étapes et a généré de diverses luttes, mais qui a au bout du compte toujours les mêmes racines : jamais les droits des travailleurs n’ont été respectés.

Après 20, parfois 30 ans de service dans l’entreprise, les travailleurs sont fatigués et leur patience est à bout. C’est pour cette raison que, pour la seconde fois, ils se sont emparés des installations de l’entreprise. Parmi leurs exigences : le paiement de la totalité des salaires et la réembauche des travailleurs renvoyés sans justification.

Une partie de l’entreprise est actuellement paralysée. Ses propriétaires affirment être victimes des conséquences de la crise économique mondiale. Pourtant, la justice – plus précisément le ministère Publique – a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de cette entreprise, qui n’a pas respecté l’ordre du tribunal, garanti par la constitution, ce qui constitue un délit.

Petite histoire de la lutte.

Il y a environ trois ans un groupe de travailleur de la Centrale sucrière entreprirent une action audacieuse et révolutionnaire : tenter de refonder le mouvement syndical, l’organisation des travailleurs précédente qui maintenaient les travailleurs sous une véritable dictature syndicale depuis plus de vingt ans. La lutte est forte, malgré l’un des patrons, le propriétaire de Santa Clara, qui pour les travailleurs personnifie l’exploitation dans le secteur sucrier.

Cette problématique à laquelle les travailleurs et les dirigeants syndicaux ont été confrontés trouve son origine dans la violation et la manipulation du passif des travailleurs par le patron et le syndicat patronal. C’est pourquoi la résistance s’est organisée en une assemblée et un syndicat bolivarien qui lutte pour le bénéfice et les revendications de tous les travailleurs fatigués d’être humiliés et maltraités. Grâce à eux ils jouissent à présent notamment de bons d’alimentation, d’uniformes payés par l’entreprise, de bons nocturnes et de nombreux autres bénéfices qui avaient été décrétés obligatoires par le gouvernement national.

“…Les travailleurs de Santa Clara ont déjà vécu de nombreuses luttes… Parfois j’ai l’impression qu’ici ils se moquent des lois vénézuéliennes… Ils pensent qu’ils sont des êtres tout-puissants et intouchables… Mais grâce à notre syndicat, qui nous donne tout le soutient du monde dans cette lutte, nous cherchons à obtenir des acquis, afin de consolider un futur meilleur pour cet Etat et pour ce municipe de Veroes ”, s’exclame le travailleur Emilio Escudero.

C’est en 2006 que ce syndicat a été reconnu par la direction de l’usine suite aux longues protestations des travailleurs, et a permis de mettre fin au syndicat patronal qui s’était toujours moqué des droits des travailleurs en les exploitants, en niant les conventions collectives et justifiant le patron lorsque celui-ci refusait d’accorder des bénéfices, prétextant une absence de ressources, qui selon lui n’étaient pas générées au sein de l’usine.

Actualité

Les travailleurs dorment sur la place centrale de l’entreprise pour surveiller les installations laissées à l’abandon par les propriétaires de l’usines, attendant qu’on leur fasse justice. Ils ne veulent pas que l’entreprise ferme ses portes ni la laisser aux mains du patron qui selon eux est reponsable d’avoir rendus de nombreux travailleurs misérables, malades et mutilés. Un groupe de 56 travailleurs partis en vacances ou en congés maladies se retrouvèrent à leur retour mis à la porte sans qu’aucune raison ne soit donnée.

Une réunion a alors été organisée avec le syndicat bolivarien, Emilí Bullones, inspectrice du travail, ainsi que les conseillers judiciaires de l’entreprise, pour veiller à ce que les droits et les garanties stipulés par la loi soient bien appliqués. “…Vous obligez les travailleurs à accepter un bonus de vacances, et puis avec ça vous leur glissez un petit chèque et les licenciez en douce… j’ai des preuves de cela ! ”, s’exclame l’inspectrice du travail, Emilí Bullones, face à l’avocat de l’entreprise.

Du côté des travailleurs, l’IPSASEL a octroyé au médecin de la compagnie 20 jours utiles pour qu’il présente un rapport sur tous les travailleurs qui se trouvent dans cette situation. En effet, la compagnie donne d’un côté un chèque aux travailleurs pour leurs congés payés, mais d’un autre elle leur fait signer un document lui permettant de les renvoyer. « Docteur, il a été prouvé que vous avez permis à ces messieurs qui ont besoin d’une radiographie, d’un examen médical ou d’une opération, de ne subir ces traitements que dans un ou deux mois, afin que cet article puisse être appliqué », explique Bullones.

“Où donc est la loi dans ce pays ? Le patron de cet entreprise est un grand capitaliste comme il y en a beaucoup dans ce pays, et il veut pouvoir faire tout ce qui lui chante. Mais c’est justement pour cela qu’il y a des lois, et c’es pour cela que nous sommes là, nous les ouvriers : pour que les lois de ce pays soient appliquées”, affirme le travailleur Asdrubal López. L’inspectrice a ainsi exhorté les conseillers judiciaires de l’entreprise et ses propriétaires à respecter les droits des travailleurs. De la même manière que ceux-ci avaient initié une série de procédures légales, l’inspection du travail va attaquer l’entreprise en justice pour ses manquements aux droits des travailleurs.

Il a été prouvé que les conseillers judiciaires attendaient l’approbation de leurs supérieurs pour payer les primes d’assistance des travailleurs. L’inspectrice a conseillé aux travailleurs et au syndicat de continuer de lutter pour leurs droits, inaliénables et garantis par la constitution et la loi organique du travail. Ils doivent ainsi s’abstenir de signer une quelconque démission, comme l’entreprise les encourage à le faire. « Ne signez aucun licenciements… Vous êtes protégés par le gouvernement bolivarien et vous ne devez pas renoncer à vos droits », conclut Bullones.

Vers le futur

Les travailleurs de Santa Clara ne demandent qu’une chose : pouvoir travailler. C’est pourquoi, unis et laissant de côté l’individualisme, ils demandent au gouvernement national de prendre une décision urgente pour remettre en marche l’entreprise. Samuel Linares, Président de la Fédération Bolivarienne des Travailleurs sucriers du Venezuela, nous explique que le thème de la propriété-production est un point fondamental des revendications des ouvriers, ce qui est en accord avec les conseils de travail qui commencent à se mettre en place entre les producteurs, les conseils communaux et les travailleurs.

Ce que nous proposons, nous les travailleurs, le syndicat et les petits et moyens producteurs, c’est que l’entreprise passe aux mains des travailleurs, une entreprise communale sous gestion ouvrière, pour ainsi rendre aux communautés ce que nous extrayons d’elles, puisque ce sont elles les propriétaires de ces grandes étendues de terre, desquelles nous extrayons la canne à sucre, et que c’est de là que nous venons, nous les ouvriers qui sommes exploités par l’entreprise. Une entreprise de production communale est importante et c’est cela que nous voulons parce que c’est ainsi que nous pouvons nous développer en tant que travailleurs et que nous pouvons apporter une aide sociale à nos communautés.” Orlando Ávila, travailleur de la centrale sucrière.

C’est pour cela que les travailleurs de Santa Clara luttent. Il est clair pour eux que leur dignité est au-dessus de leurs nécessités. Ils doivent être des exemples pour leurs foyers, avec leurs camarades. C’est une lutte pour leurs enfants et tous ont l’espoir de voir arriver la justice à l’Etat de Yaracuy, de voir la foin de l’impunité, et que les entrepreneurs ne se moquent pus des travailleurs, car au bout du compte ce sont eux la masse de travail qui fait avancer l’entreprise, et sans eux il n’y a pas de productivité. Cette révolution a pour base et pour soutien les travailleurs, sans eux la révolution est impossible. Les travailleurs sont le peuple.

“…non, rien de plus que le salaire, qu’avoir une bonne sécurité sociale, que l’on arrive dans l’entreprise et qu’on s’occupe de nous, qu’ici il n’y ait pas cet égoïsme… Nous avons tous des droits, et j’espère que tout ça va se terminer et qu’on va trouver un accord. Qu’on s’occupe de nous en tant qu’ouvriers, qu’on arrête de nous humilier….” Alirio López (travailleur depuis plus de trente ans à Santa Clara).

“...Nous les travailleurs nous n’avons que notre force de travail à vendre. Quand nous avons 60, 70 ans, pour les entrepreneurs nous ne sommes plus que des dépouilles humaines. Que pouvons-nous vendre si nous n’avons plus notre force ? Et si nous n’avons pas de ressources comme les prestations sociales, la sécurité sociale, de quoi allons-nous vivre à 70 ans ? Quand nous aurons laissé notre jeunesse et notre force dans des installations comme celles-ci ? … ” Anthony García (travailleur).

Pour suivre cette lutte de près : http://blip.tv/file/2619490

Source : La Revolución Vive

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