"On ne peut pas laisser en friche les terres en attendant la saison d’ensemencement du maïs"

Dans l’état de Yaracuy, communauté de San Miguel de Pozón, les tracteurs soulèvent la terre. Jaillit une couleur noire qui évoque sa force nutritive et ses minéraux. Cette terre riche a été arrachée aux paysans. De 1976 jusqu’à 1993 se sont multipliées les luttes pour la récupération des terres dans cette région. La vallée de Bruzual regroupait des terres appartenant à la famille Arquett, propriétaire de la Centrale sucrière Matilde, appuyée par les gouverneurs successifs dans leur exploitation des paysans. Elio Gonzalez nous raconte comment les terres furent récupérées en 2000, quand le Président Chavez récemment élu a créé l’actuelle Loi des terres. Celle-ci a ouvert la voie au processus d’acquisition de la terre par le biais du titre de propriété agricole.

 

Joel Pineda, partenaire de la coopérative et militant des droits des paysans tout comme ses compagnons, donne une grande importance à la souveraineté alimentaire. Il juge nécessaire la diversification des productions dans la vallée de Bruzual : « on ne peut pas laisser en friche les terres en attendant la saison d’ensemencement du maïs. Cet aliment est priorité de l’État mais devons assurer d’autres types de récoltes à long et moyen terme pour la nation. C´est pourquoi on sème des oranges, des citrons et des mandarines sans oublier les produits de première nécessité : on prépare la terre pour la culture de haricots ».

“Dans la coopérative un tranport raméne les travailleurs de la Vallée de Bruzual chez eux tous les jours ; la routine veut qu´il passe avant le lever du soleil et repasse au crépusucle. Les terres de Bruzual ont été maltraitées. Tout a été pollué par l’usage illimité de produits chimiques. On travaille actuellement sur la base d´un nouveau modèle de production plus respectueux de l´environnement en vue de rendre vie à la rivière Yaracuy et à la terre. Ces terres doivent étre remises aux générations futures en bon état, vivantes et propres.

Il faut approfondir la lutte contre le latifundio. Tout ceci est un processus et une discussion collective des paysans au plan national, puisque la proposition est de créer des exploitations collectives, chose qui n’est pas facile ! Car nous sommes habitués au modèle monoproductif, qui dégrade rapidement le sol, et il nous faut passer à des unités de production qui diversifient les cultures et les élevages afin de rendre vie à la terre.”

Les paysans de la coopérative Soleil et Miel veulent apporter leur pierre à la souveraineté alimentaire mais pour obtenir un meilleur rendement ils ont besoin d´une amélioration de leurs conditions de travail ; il est nécessaire de mettre en place un système d’irrigation pour ne pas dépendre seulement de l’époque des pluies et pour mettre en oeuvre le travail constant des terres. D´autre part il faut améliorer sur le plan national la qualité de vie de tous les paysans du Vénézuéla, à travers la construction de logements décents. Il faut souligner que le mouvement social des paysans se fortifie mais a coûté beaucoup de vies. 216 dirigeants paysans ont été assassinés dans la lutte pour la réforme agraire.

Source : La Revolución Vive

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