Transition vers l’entreprise de propriété communale : l’exemple de « Polimeros Ocaña » (état de Yaracuy)

Les travailleurs de l’entreprise « Polimeros Ocaña » sont partis durant le mois de Décembre pour des vacances bien méritées et à leur retour en Janvier, ils se se sont fait tous renvoyer sans aucune justification. L’entreprise a fermé ses portes et a cessé toute activité pour une seule raison : le refus de continuer à travailler dans la municipalité de Peña. Même si ces raisons peuvent en partie se comprendre, certains antécédents révèlent que les propriétaires de l’entreprise n’avaient qu’un seul but en tête, celui de s’enrichir. A plusieurs reprises, ces derniers se permettaient de changer le nom de la société afin de ne pas honorer les salaires des employés comme ils viennent de le faire avec les salariés actuels.

C’est pourquoi les travailleurs ont décidé de s’organiser avec les conseils communaux afin de lancer la procédure adéquate. Un jour, après une réunion convoquée par le patronat, les salariés décidèrent d’occuper les lieux car les voisins les avait prévenu que toutes les machines commençaient à être démontées pour un éventuel déménagement. Ils exigèrent une visite de l’Inspection du Travail de San Felipe. A la suite de cette visite qui confirmait qu’une partie des équipements avait été démantelée, les travailleurs décidèrent d’un accord commun de surveiller les installations de l’entreprise afin de ne pas perdre les outils de travail, étant donné que quelque temps plus tôt, les droits des travailleurs furent complètement bafoués quand les dirigeants prétextèrent un vol qui d’ailleurs, ne fut jamais prouvé par les organes de l’Etat.

L’objectif que les travailleurs se fixèrent fut celui de transformer l’entreprise en un outil de production à caractère social, sous gestion ouvrière et avec la participation des communautés. Après 6 mois de lutte et d’acharnement dans l’entreprise, avec enfants, famille, et toutes les incertitudes qu’une telle situation génère, les travailleurs ne reçurent aucune réponse de la part du gouvernement national. En plus de l’ampleur du problème vint s’ajouter le manque de réponse de l´État.

« Ça a été très dur de nous maintenir ici et c’est grâce à la formation que nous avons suivie, nous sommes unis, nous les travailleurs qui luttons au quotidien, mais ça a été vraiment très difficile de maintenir la famille » (Travailleurs de “Polimeros Ocaña”).

Les propriétaires demandèrent une réunion avec les travailleurs devant l’incertitude de la situation mais surtout parce qu’ils pensaient que la communauté allait s’en prendre à eux. Ils organisèrent alors une table de négociations autour de laquelle se réunirent travailleurs et patrons, le maire en tant qu’autorité régionale, les 5 conseils communaux de la région, et au bout de laquelle des engagements furent pris, mais jamais honorés par le patronat, comme c´était à prévoir. « …tout ce qu’ils voulaient c’était s´en aller d´ici car dans la réunion ils acceptaient tout !… » Ramon Teran (Travailleur)

L’entreprise Polimeros Ocaña produit aussi bien des sacs poubelles que des emballages pour produits alimentaires (riz, café, farine, lait, sucre) distribués dans tout l’état. Les travailleurs en lutte reprochent aux entreprises d´État PDVAL et MERCAL de ne pas se fournir chez Polimeros Ocaña et de préférer acheter à des entreprises privées, étant donné que ces derniers disposent de toute l’infrastructure pour produire de tels emballages.

Depuis qu’ils occupent temporairement les locaux pour remettre en marche la production, les travailleurs réalisent des tables de travail hebdomadaires, au cours desquelles ils discutent le projet d’entreprise en tant que propriété communale, l’importance de la société dans son environnement et ses liens avec les conseils communaux.

Ils cherchent à ce que le profit ne soit pas concentré dans les mains d’une seule personne, un propriétaire, mais plutôt à toute la communauté. Par exemple, si l’école a besoin de nouvelles toilettes, que la société soit en mesure d’en assurer les frais. De cette manière, tout est réinvesti dans la communauté et dans le futur, les enfants et les petits enfants pourront conserver la société.

Pour l’état ayant le plus fort taux de chômage, cette entreprise est synonyme de bien-être dans la communauté. C’est la raison pour laquelle ils luttent afin de préserver Polimero Ocaña dans la région et espèrent recevoir, en contrepartie, le soutien d’un gouvernement qui non seulement ne les abandonne pas à leur sort, mais soit attentif aux demandes de son peuple.

 

Source : La Revolución Vive

 

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s