« Nous ne devons pas tomber dans le piège de l’exploitation » : coopératives d’artisans et de coupeurs d’enea, dans la lagune de Sinamaica.

Soleil sur une barque. Des maisons sur la lagune et au bord de celle-ci. Un grand carré de verdure. Les plantations d’enea qui pousse depuis longtemps dans la région, utilisé depuis plus de 1000 ans par l’ethnie Añú. Laura Semprún, résidente du village explique que depuis toujours les Paraujano et les Añú utilisent l’enea pour construire leurs maisons de bois et de paille. Ce n’est pas le seul usage de cette plante, qu’ils utilisent aussi pour tisser leurs propres esteras (habits en forme de couverture) pour qu’ils puissent dormir et se protéger du froid ou du soleil.

Le projet de la coopérative COPAREN est né d’un atelier réalisé avec le Ministère de l’environnement. Beaucoup d’annonces ont été faites par le Président Hugo Chávez Frías sur le coopérativisme, Laura commente “on parle soit de travail coopératif ou collectif, ou carrément de coopérative”.

Un appel à la prise de conscience fut lancé à toutes les coupeuses d’enea à qui l’on a transmis l’idée qu’au travers des coopératives, elles auraient de quoi vivre, pourraient trouver davanatage d´harmonie avec leur environnement et en tireraient un bénéfice financier qu’elles pourraient ramener chaque jour chez elles. C´est ainsi qu´elles intégrèrent cette coopérative.

Neira González, coordinatrice de la coopérative des coupeurs et tisseurs d’enea s’exprime en ces termes : “ce crédit fut octroyé aux coupeuses d’enea par Corpozulia (État), pour un montant de 32.696 Bsf : (10 000€) Le crédit fut distribué concrètement soit par exemple : 60 pirogues, 60 uniformes pour travailler dans les pirogues. “Grâce à Dieu, nous avons déjà fini de rembourser ce crédit”.

Laura Semprún explique que les coupeuses suivent toute un processus. Elles se rendent dans la montagne, coupe l’enea verte et parfois la découpe en quartiers quand elle va être utilisée pour construire les maisons, ce qui lui permet d’être plus résistante, ensuite, l’enea est vernie ce qui la conserve plus longtemps et tout ceci va permettre que les chapeaux, les sacs en s’abiment pas. “

Elles se lèvent à 4h du matin, déjeunent et sur le coup de 5h20 prennent leur barque pour aller travailler. Elles sont de retour vers 10h du matin, avant que le soleil ne soit trop haut. Les coopérativistes coupent l’enea verte et la laissent sur place pendant 8 jours pour qu’elle sèche. Ils viendront la récupérer et la tresser en esteras et les amènent à la coopérative.

Dolida Márquez, coupeuse d’enea, ajoute “seules 6 personnes coupent l’enea, c’est un travail quotidien nécessaire à notre survie, il nous permet de manger. J’ai 2 filles et elles savent couper, tisser aussi. C’est ce que je vais leur laisser, car « .

Laura souligne qu’auparavant, les filles n’étudiaient pas, elles ne faisaient que le travail quotidien. C’était les hommes qui apprenaient. Dorénavant, elles ont les mêmes droits que les hommes.

Depuis qu´elles sont toutes petites elles apprennent ) tresser, un art qui leur est enseigné par leurs parents. L’enea peut être utilisé à de nombreuses fins : bourses, chapeaux, éventails, corbeilles à papier, paniers à linge, casquettes, poupées, draps … Les outils de travail sont les mains, des couteaux et des ciseaux, aucune machine n’est nécessaire.

Cet artisanat est exposé, dans des rencontres ou des centres d’exposition et de vente qui se déroulent dans l’Etat de Zulia. Ce sont les artisanats des ethnies comme Les Barí, les Wayú, les Yukpa, etc …

Laura déclare que “nous ne devons pas tomber dans le piège de l’exploitation, dans lequel le capitalisme fait sombrer les pauvres, c’est neuf pour nous, bien souvent ce sont les plus forts qui écrasent les plus faibles. Cette coopérative est parvenue à ses fins grâce au Gouvernement National du Président Chávez et de Corpozulia. Elle dispose de 60 artisans, qui sont formés une fois par an sur le thème de la coopérative.

“La nature, les dieux qu nous entourent, nous ne les abandonnons pas, nous dit Laura. D’abord parce que on nous a donné une lagune magnifique et claire, qui offre du poisson pour que nous ne souffrions pas de la faim, qui nous offre la matière première pour produire de quoi vivre. Nous lançons un appel au public en général pour qu’il vienne visiter la lagune de Sinamaica et ses paysages naturels, et qu’ils viennent observer la coopérative.”

Nelson Cova

Traduction : Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve

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