« On s’oriente vers un réseau socio-productif pour éviter que Ferrominera vende Matesi »

C’est dans le municipe Caroni de l’Etat Bolivar que Felix Moya travaille, dans la briqueterie Matesi. Il s’y trouve depuis aout 1998. L’usine a été complètement achevée en 2000. Elle a commencé sa production l’année suivante Jusque lá connue comme Posven ; cette usine avait comme principal actionnaire Posco, consortium coréen et la Corporation Vénézuelienne de Guyane, avec de faibls investissements de la part des multinationales Hyundai et Daewoo.

En 2004 l’usine change de nom pour s’appeler Matesi après que les Coréens l’ont vendue. Aujourd’hui l’entreprise est en maintenance pou relancer la production. Rigoberto Ravago, technicien électro-instrumental nous raconte les difficultés qui sont apparues depuis sa réouverture. La première d’entre elles a été la pénurie de minerai de fer qui toucha le pays et ensuite, les tensions politiques durant le premier mandat Chàvez.

A Matesi, il se passe la même chose que dans de nombreuses autres entreprises. Pour les multinationales, l’ouvrier fait obstacle à leurs intérêts. Ainsi, il ne reste que peu de travailleurs d´origine de l’ancienne Posven. Ce sont aujourd’hui les jeunes qui font le travail.

La gestion du consortium coréen se caractérisa par l´irrespect du Code du Travail selon lequel des revenus complémentaires sont dûs aux travailleurs. Au contraire l’entreprise ajustait les salaires… en fonction de sa situation financière. Les aspirations des travailleurs se bornaient alors à espérer l´amélioration de la production pour obtenir des salaires plus élevés ! Pour M. Rigoberto, les problèmes se sont accentués quand les travailleurs ont commencé à se syndicaliser et à réclamer leurs droits. La transnationale se retourna contre eux, refusant de reconnaître la légalité de la fondation du syndicat. 120 travailleurs, presque tous péres de famille, furent licenciés. La lutte fut très difficile et malgré les recours légaux, seuls 5 travailleurs ont pu être réembauchés, quelques uns sont partis travailler dans d’autres entreprises et le reste est au chômage.

L’entreprise actuelle est donc en rénovation pour arriver à pousser la production de briques au maximum. La Ferrominera apporte les matières premières : le minerai de fer est transporté en tapis roulant jusqu’aux silos. Le tout est versé dans un réacteur jusqu´au moment oú le produit est acheminé vers l’entreprise SIDOR. La brique reste une masse compacte facile à transporter en wagon jusqu’à la Ferrominera Orinoco.

Là, l’entreprise décide de la destination du matériel, transporté jusqu’au port de Palúa pour l’exportation ou vers les aciéries de Sidor. Leur fours transforment la matière en acier liquide pour ensuite être modelées en chevilles, planchons ou poutres qui seront utilisés pour fabriquer des maisons, des avions, des trains ou des routes dans tout le pays. John Mijares nous explique que Matesi se charge de la production des briques, processus intermédiaire pour passer de l’acier au produit fini.

Posven débuta avec un seul syndical, patronal. Les travailleurs menèrent la lutte et obtinrent la création d’un autre groupe syndical ; plus soucieux du bien-être collectif. Alexander Pino travaille dans la division de travail des minéraux alors qu’auparavant il était sous contrat et exploité. Grâce aux luttes il a obtenu un poste fixe dans l’entreprise en même temps que 28 autres travailleurs. Cependant, il reste encore beaucoup à faire, dans cette entreprise où les ouvriers n’ont pas encore acquis le même degré d’émancipation qu’à Sidor. Daniel Rodriguez explique que les travailleurs de cette entreprise commencent à suivre la voie revendicative, sociale et productive du secteur minier et sidérurgique, issu des nationalisations de 1975 sous un gouvernement de droite qui dévia le projet initial des ces processus en les transformant en un simple jeu d’intérêts.

L’article 302 de la Constitution bolivarienne définit le rôle de l’Etat comme garant de l’exploration des ressources naturelles et non renouvelables, en cohérence avec le modèle productif qu´on tente d´appliquer dans le pays, contre la fausse idé selon laquelle ce modèle productif a un impact négatif sur les exportations de minéraux comme matières premières.

Daniel Rodriguez : « la réorganisation des entreprises ira dans l’intérêt du peuple, une fois éliminés les monopoles des intermédiaires et l’inflation. On s’oriente vers un réseau socio-productif pour éviter que Ferrominera vende Matesi et que Matesi soit rachetée par Sidor. Avec ce modèle, les profits de chaque entreprise se retrouveront dans le porte-monnaie des secteurs populaires et la diminution des coûts de production permettra la baisse des prix. »

Source : La Revolución Vive

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