Zulia : pêche, organisation, vie et mort.

Dans l’Etat de Zulia, le village le plus important de la municipalité de Miranda est sans aucun doute San José, riche en ressources naturelles mais pauvre en raison des circonstances. Cela semble incroyable mais des entreprises comme Pequiven et leurs filiales produisent sans partager leurs gains avec la communauté qui les entourent. Ici, le lien entre gouvernement, entreprise et communauté ne s´est pas réalisé. Dans cet Etat du Zulia se trouve le premier port de pêche du pays, où l’on décharge 40 tonnes de poissons de première qualité par semaine. La région concentre 80% des emplois liés à la pêche. Cependant, 78% des pêcheurs ne sont pas propriétaires de leur embarcations et sont exploités par les « caberos », comme les appellent les pêcheurs, ces intyermédiaires qui sont propriétaires des embarcations et qui rachètent le produit 4 BsF /kg (1€ le kilo) pour le revendre au double du prix simplement parce qu´ils le traitent et l´emballent.

Lourdes Andrade est représentante du Front des Pêcheurs de Vigia, qui défend ses membres sur des bases légales. Elle souligne l´existence d´un article de loi qui prévoit que les pêcheurs industriels doivent céder au minimum 5% de leurs profits à la communauté, ce qui ne s’est jamais fait. Il en va de même pour la sécurité sociale, pour les accidents du travail et les retraites.

On compte 5000 pêcheurs artisanaux dans la Réserve de la Cienaga de los Olivitos et pourtant, l’activité a diminué du fait de la destruction de l’environnement et des attaques des pirates qui volent les ressources des travailleurs. Ramon Cedeño complète ce tableau : “ils volent les moteurs des canots et nous harcèlent. Si jamais nous nous avisons d’appeler les gardes-côte, ceux-ci répondent qu’ils ne peuvent rien faire”. Le maire a promis de garantir leur sécurité en mettant en place des patrouilles de surveillance mais Ramon constate que c’est du discours, « les patrouilles n’existent qu’en période électorale”.

Un autre point préoccupant est la construction du pont Nigal. Les travailleurs ne s’y opposent pas par principe mais Lourdes nous dit qu’il n’y a eu aucune étude sur l’impact de l’ouvrage sur l’activité économique qu’ils développent, et qui se trouve être leur unique source de revenus.

“Tout ouvrage a un impact sur l’environnement, nous sommes des pêcheurs artisanaux, mais qu’allons nous devenir après la construction ?” De fait, ils ne pourront plus pêcher près du pont car la loi l’interdit. Exeario Paz s’inquiète : “Qu’est-ce qu’une activité de pêche peut faire d’autre que se développer ? Nous ne pouvons mourir de faim, nous avons besoin de l’aide du gouvernement, ici les pêcheurs ne sont pas indemnisés.”

Dans cette région travaillent également les Constructeurs de Ribera, qui développent des activités de menuiserie et construisent des canots ou des pirogues en bois, en fibre et en fer. Ces charpentiers artisanaux sont aujourd’hui reconnus institutionnellement par le biais du Fond de développement (FONDEMI) qui leur a accordé un prêt pour développer leurs activités.

Lourdes Andrade, porte-parole du Front des Pêcheurs nous explique que la communauté a obtenu des avancées importantes parmi lesquelles, un projet pilote d’usine de poisson, que soutiennent conjointement l’Institut du développement pour les Petites et Moyennes Entreprises (INAPYMI), le Fond du Credit Industriel (FONCREI) et la Banque du Conseil Communal Punta de Vigia.

Ce projet a été intégré au Plan Annuel Opérationnel 2008. Les matériaux sont là mais par manque de sécurité des travaux, l’ouvrage n’a pas encore été construit. Ces travailleurs ont également reçu une formation technique par le biais de la mission Che Guevara qui leur permis d’obtenir les savoirs nécessaires à l’utilisation des machines. La communauté place beaucoup d’espoir dans ce projet qui n’est cependant pas le seul, puisqu’a été également mis en place le recyclage des restes des poissons pour en faire des farines animales et le traitement des eaux usées pour l’arrosage des cultures.

 

Source : La Revolución Vive

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