Peuples d’Aguas Negras, cultivateurs d’espoir

jeudi 12 novembre 2009

Débute l’assemblée de la communauté, avec l’idée de débattre et de trouver des solutions aux problèmes que rencontrent les producteurs et productrices agricoles du secteur – Aguas Negras, du municipe Tucupita, de l’Etat Delta Amacuro – en portant ces questions aux oreilles des responsables au niveau national “et qu’ils nous tendent une main, c’est ce dont nous avons le plus besoin en ce moment” commente une des paysannes de l’assemblée.

Les problèmes les plus importants rencontrés par la communauté sont :
- le mauvais état des voies d’accès et des routes
- le joug des intermédiaires dans la commercialisation des produits

Eugenio Figueroa (producteur agricole) nous explique : “quand nous avons une production, nous ne pouvons la faire sortir de cet état. Un autre point considérable à traiter c’est d’étudier les possibilités de sauver un partie des terres inondables, en ce qu’elles sont productives. Ce sont des terres très fertiles pour n’importe quelle culture et malheureusement nous devons travailler sur des cycles courts, soit pendant trois mois. En plus, nous devons jouer avec le volume de la rivière et nous pensons que nous devons construire une digue pour irriguer et cultiver tout au long de l’année et augmenter notre production dans cet état et au niveau national.”

“Peuples d’Aguas Negras, cultivateurs d’espérance”

…avec un tracteur de marque Veniran. Perché sur ce tracteur, les paysans se rendent sur leur lieu de travail, lorsque nous arrivons subitement à une ferme, où nous attendent d’autres compagnons avec des drapeaux et des marmites pleines de nourriture pour pouvoir s’enfoncer dans le terrain et ainsi travailler tous unis la terre…

“Je suis un petit producteur local, d’ici, de la commune Juan Millan, nous nous cultivons actuellement des pastèques, de manière artisanale comme chaque année. Les semailles artisanales font partie d’une coutume ancestrale, héritée de nos ancêtres, qui travaillèrent en leur temps la culture d’autres produits comme la yucca, le piment doux et fort, le potiron. Plus les autres cultures d’ici en fonction du climat” commente une productrice.

Luis Gascón (prducteur agricole) : “avec mes enfants et ma compagne ça fait 14 ans que l’on travaille ici dans la pastèque, je me souviens que nous avons commencé à travailler à la machette, avec une première récolte qui fut satisfaisante, une seconde encore plus. Ainsi j’ai pu améliorer ma production et ça m’a plu. Je vais tous les jours travailler, je traverse tous les jours 3 km dans la boue ce qui n’est pas de la tarte ! A 5 ou 6 heures du matin, je suis prêt à sillonner les terres boueuses pour arriver ici.

Pour nous, les terres communales sont toutes ces terres où l’on peut semer avec toute la communauté réunie collectivement et auxquelles peuvent accéder toute personne qui désire travailler la terre. On les appelle terres communalesparce qu’elles appartiennent à tous, par exemple, cette année, c’est moi qui travaille, et l’année prochaine ce sera un autre voisin. On pense en permanence au collectif, nous sommes tous les propriétaires. Comme vous le voyez, ce sont des terres qui n’ont pas de limite bien que beaucoup d’entre elles soient utilisés par des petits producteurs qui débutent dans l’élevage de bétail et qui petit à petit vont construire les enclos pour les animaux, et de même pour les agriculteurs. Ce sont les terres communales parce que nous les travaillons tous.”

“pour la communauté, c’est un succès qui a été rendu possible par les conseils communaux, lesquels, grâce à leur organisation ont atteint de nombreux objectifs. Si nous avions continué à travailler de manière isolée comme auparavant, nous n’aurions rien eu de tout ce que nous avons gagné avec le travail collectif.”

Une des histoires dont se souvient la communauté se déroule il y a deux ans. Arrivèrent deux “messieurs” avec des titres supplétifs, obtenus par le biais de certaines institutions en charge à l’époque. Ceux-là voulaient s’approprier les terres, par le biais d’un titre de propriétaire obtenu dans le dos de la communauté. Quelle ne fut pas notre surprise quand ils se présentèrent devant nous, en voulant expulser les voisins qui étaient à l’époque agriculteurs. À partir de ce moment, commença une lutte inégale. Malheureusement nous n’étions pas encore suffisamment organisés, nous les paysans. Mais, aujourd’hui, avec les conseils communaux et ensuite avec notre organisation comme co-producteurs agricoles, nous avons atteint nos objectif et je pense que désormais, l’Institut National des Terres (INTI) est conscient que ce sont nos terres que nous exploitons et que c’est notre droit en tant que paysans” nous dit Eugenio Figueroa.

Nous assistons à la récolte, au chargement des énormes pastèques qui ont été produites pendant tout ce temps, et chargées dans un des camions.

“Nous voyons, les conseils paysans comme une nouvelle avancée significative ; avant, c’était difficile de travailler la terre tout seul, c’est pourquoi nous avons créé des unités de mécanisation avec FONDAS, ce qui nous a permis d`améliorer la qualité de nos machines. Nous allons en profiter, nous avons tous et toutes contribué à la culture de ces terres. Actuellement, la communauté cherche à collecter toute la récolte de pastèques, et nous sommes sûrs que l’année prochaine celle-ci sera encore meilleure avec la mécanisation obtenue entre temps.

“Etre ici, dans le travail du paysan, au cœur du développement de notre campagne, dans la culture et la récolte collective, fait que le socialisme avance par des faits concrets, avec le travail de base et que se consolide la révolution agraire garantissant la souveraineté alimentaire.”.

Un autre des problèmes important de la zone c’est la commercialisation des produits, en raison des coûts élevés de production, ce qui oblige à faire de la vente à perte. C’est un problème qu’on souhaite porter devant les autorités compétentes pour qu’elles aident de quelque manière que ce soit à créer une coopérative de transport et qu’elles facilitent la vente dans les Mercal et les PDVAL, réseau qui garantit aux producteurs la vente du produit et qui permet d’être sûrs que la récolte ne sera pas perdue. “La commercialisation du produit par le biais d’intermédiaires est une réalité que l’on vit quotidiennement chez nous, qui nous oblige à vendre nos produits à très bas prix et malheureusement nous ne pouvons pas échapper à leurs griffes seuls. Nous, les paysans, nous ne savons pas jusqu’où le gouvernement national intervient dans la commercialisation des produits car nous sommes ceux qui suons et travaillons la terre, et eux sont les “intermédiaires”, qui profitent de la situation pour s’immiscer et nous payer un prix nettement inférieur au prix du marché et qui leur procure de larges bénéfices et nous les paysans sommes les perdants au final. En plus, nous nous sacrifions pour la production, on ne fait pas ça pour le plaisir mais pour pouvoir donner à manger à nos familles, pour pouvoir acheter les graines et les fertilisants pour les prochaines récoltes. Nous lançons donc un appel au ministre du Pouvoir Populaire pour l’Agriculture et les Terres Elias Jaua, pour qu’ils prenne en compte toutes ces problématiques, qui touchent nos communautés paysannes, et que nous puissions ainsi améliorer nos modes de production” assure Eugenio Figueroa.

Adriana Pacheco

Traduction : Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve/

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