Ciudad Caribia, ou la révolution à toute vapeur du logement populaire

lundi 16 janvier 2012

En aout 2011, le gouvernement vénézuélien inaugurait la ville nouvelle de Ciudad Caribia dans la banlieue de Caracas.

Cette ville nouvelle n´est qu´un exemple parmi d´autres de la « Mission logement », ("Misión Vivienda"), réponse du gouvernement de Hugo Chavez au besoin croissant de logements pour les secteurs populaires, devenu urgent après les inondations destructrices de la fin de 2010. Cette mission prévoit la construction de 2 millions de logements en 7 ans. Lancée au début de 2011 elle a déjà réussi á en construire près de 100.000 en 2010, ce qui explique en partie la croissance positive de l´économie vénézuélienne. En 2012 le gouvernement s´est fixé l´objectif de construire 200.000 nouveaux logements.

Les mères célibataires et les personnes sans emploi sont prioritaires pour s’installer à Ciudad Caribia. Un grand nombre de ces nouveaux habitants viennent des camps de réfugiés dans lesquels ils étaient depuis la destruction de leur logement, emporté par des coulées de boue suite aux fortes pluies de décembre 2010.

602 familles se sont installées à Ciudad Caribia lors de son ouverture. D’ici 2018, les 20 000 logements que comptera la ville accueilleront 100 000 habitants. En plus de leur modique somme, les appartements sont livrés avec réfrigérateur, four et machine à laver. Les nouveaux propriétaires devront rembourser à l’État la somme de 290 000 bolivars (52 000 €) sur les 570 000 bolivars (103 000 €) qui ont été dépensés pour la construction de leur appartement.

Pour réussir cet énorme chantier, le Venezuela a fait appel notamment à des ingénieurs cubains, iraniens, chinois ou brésiliens pour épauler les ingénieurs et les travailleurs du Venezuela.

Gustavo Aguirre, directeur de l’Ecole d’Architecture de l’Université Centrale du Venezuela, une université traditionnellement conservatrice, met un bémol sur l’engouement du gouvernement et de la population au sujet de ce projet. Selon lui l’éloignement de la ville nouvelle par rapport à la capitale risque d’y "freiner les implantations d’entreprises", "l’exposant aux dangers" de devenir une cité-dortoir (insécurité, chômage). De plus la création d’une ville nouvelle aurait, toujours selon lui, un coût extrêmement élevé car il faut créer et relier tous les réseaux d’électricité, de gaz et d’eau. Gustavo Aguirre préférerait que les barrios (quartiers populaires où vit près de la moitié de la population) soient rénovés car ils sont mieux intégrés au tissu urbain. C´est l´objet de la Mission "Sustitución de rancho por vivienda" ("substitution de taudis par des logements dignes"), qui a permis aux conseils communaux des quartiers populaires d´assumer avec les ressources octroyés par le gouvernement bolivarien, la construction ou la réhabilitation de 40 % des logements du parc prévu en 2011.

Bénéficiaire d´un logement neuf, équipé en électro-ménager, le nouvel habitant de Ciudad Caribia Edgar Marcano avait perdu sa maison lors des inondations de la fin de 2010 et avait vécu pendant douze mois dans le refuge La Rinconada avec sa femme et ses deux enfants de 3 et 7 ans. Menuisier et électricien, il veut s´intégrer aux différents projets productifs. "Ceci n´est pas seulement un groupe d´immeubles, explique-t-il, la plupart des réfugiés qui vivons ici, nous allons continuer á nous entraider". Parmi les projets destinés à créer des emplois, "une unité de mise en bouteilles d´eau, une forge, une aciérie, une unité de fabrication de parpaings, j´ai déjà dit aux voisins qu´ils comptent sur moi pour réaliser tout ça.".

Au cours des prochaines semaines six mille plantes viendront orner Ciudad Caribia : le coordinateur de la "Mission Arbre" ("Misión Árbol") Julio César Piñango explique que durant le premier trimestre de 2012 va s´organiser un comité pour planifier un environnement qui compte déjà un millier d´espèces locales d´arbres comme la Palma Areca, les Apamates, les Crotos, les Chaguaramos Enanos, entre autres. Vers le mois de juin sera installé le vivier à Ciudad Caribia, pour que ses habitants disposent des plantes et des espèces forestières aptes au développement des espaces verts.

Alors qu’en Europe, on travaille encore à gommer les erreurs commises de ce qu´on appelait à l´époque des villes nouvelles, le Venezuela ne relance pas seulement son économie par la construction de logements sociaux : il associe ces cités populaires à la mise en place de services publics, à la conception de nouveaux espaces de vie, et – ce qui n´est pas le moins important, à des projets socio-productifs pour générer un nombre suffsant d´emplois locaux.

Avec Urbannews, VTV, RNV, et AVN : http://www.avn.info.ve/contenido/ci…

Sur le même thème : "QUAND ÉCOLOGIE, SOCIALISME ET TRANSPORT PUBLIC SE MARIENT : le métro-cable, transport public révolutionnaire au Venezuela"

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