La construction de la souveraineté alimentaire au Venezuela

lundi 27 juin 2011

Notre modèle agro-productif affronte de nombreux défis dans le domaine de la gestion et de la dépendance des importations d’aliments ; il est pourtant fondamental de relever l’importance que constitue l’adoption de la Loi des Terres sur la voie qu’a choisie le pays pour gérer son agriculture et ses problèmes alimentaires.

La Loi des Terres a démocratisé la possession de terres et mis fin à l’héritage improductif du latifundio, comme le démontre l’augmentation de la superficie nationale cultivée de 46% entre 1998 et 2006. Durant cette période, la superficie nationale cultivée est passée de 1.638.923 hectares à 2.392.811 hectares.

Cette politique représente un barrage aux prétentions du modèle néolibéral hégémonique en Amérique latine durant la décennie des années 90. L’empire a vendu son modèle aux pays pauvres, avec l’argument qu’il fallait augmenter la productivité pour se « développer » et ainsi s’incorporer au marché global.

La recette préconisait une ouverture économique par l’élimination des tarifs douaniers sur les importations. Pour les pays latino-américains, cela a représenté l’élimination des tarifs sur les produits des pays développés ainsi que l’arrêt des subventions aux produits nationaux pour les rendre, en théorie, plus compétitifs.

Les Etats-Unis, en imposant une politique hypocrite, ont réussi sous la pression des organismes multilatéraux de crédit a ouvrir les marchés de nos pays, tandis que son secteur agricole restait subventionné et les tarifs douaniers maintenus pour les produits provenant d’autres pays.

En 2001, à peine une décennie après le début de l’application de ces politiques, des résultats catastrophiques et régressifs pour la majorité des pays latino-américains étaient déjà visibles. Pour évaluer cette situation, nous pouvons utiliser l’indicateur de la FAO du niveau moyen d’importations dont les données sont exposées dans le tableau suivant :

Cet indicateur utilisé par la FAO pour comparer la situation de cinq pays latino-américains grands producteurs de produits agricoles, donne les résultats suivant pour l’année 2003 :

L’impact négatif est évident pour les « pays modèles » du néolibéralisme comme le Mexique et la Colombie, qui sont passés d’un niveau moyen d’importations à un niveau très important. Le Venezuela, au contraire,- malgré son économie rentière et sa faible vocation productive qui l’a toujours maintenu dans une forte dépendance aux importations – fait des progrès au niveau de l’importation de céréales.

En 1998, les importations de maïs ont atteint 1.143.717 tonnes, ce qui représentait 55% de la consommation nationale contre 45% pour l’apport de la production nationale (983.121 tonnes). En 2009, les importations ont atteint 1.125.978 tonnes, ce qui représente un 33%, faisant passer l’apport national à 66%´(2.281.931 tonnes).

Même si ces résultats sont modestes, ils représentent le changement et la souveraineté dans la conduite des politiques agroalimentaires et nous éloigne des « bijoux néolibéraux » qui ont offert au capital transnational le futur de leurs enfants et du peuple.

Le Venezuela s’est également opposé à la politique scandaleuse généralisée en Amérique latine, Asie et Afrique, qui consiste a vendre massivement les terres à des multinationales et à des pays développés qui peuvent en disposer hors de toute politique et besoins nationaux.

La FAO a alerté sur les dangers d’une telle politique dans un rapport de mai 2009 : « l’augmentation des achats massifs de terres et terrains en Afrique et dans d’autres continents augmente le risque que les pauvres se voient déposséder et qu’on leur empêche l’accès à la terre et à l’eau ». Ce rapport relève que ce marché à crû de manière accélérée et s’est accompagné d’une politique qui met le droit des multinationales au-dessus de celui du paysan à être propriétaire de la terre qu’il travaille.

De nos jours, où la faim est à nouveau présente en majeure partie en Afrique, Asie et Amérique latine, le Venezuela démontre que seul le développement interne de la chaîne agricole et d’élevage garantit l’alimentation pour le développement des nouvelles générations.

Au Venezuela, la terre retourne aux mains de ceux qui la travaillent et produisent pour satisfaire les besoins en alimentation de sa population.

Jesse Chacón a été plusieurs fois ministre au sein des gouvernements de la révolution bolivarienne ; il dirige actuellement la Fondation d’études sociologiques et politiques GISXXI www.gisxxi.org

Traduction (FR) : Sebastian Franco, pour www.larevolucionvive.org.ve

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