Quand le peuple se saisit des micros. La radio « La Voz de Guaicaipuro »

Comment les animateurs de “La Voz de Guaicaipuro 102.9 FM” définissent-ils leur radio ? “Libre », « autonome », « indépendante », « alternative » car elle convertit les usagers en acteurs de leur propre communication. Et « écologique” parce que le contenu des transmissions informe, éduque, et divertit, nous explique Arissel Carbonell, la présidente de la fondation communautaire qui dirige la radio.

Dans quelques mois la radio célèbrera les 10 ans de l’octroi d’une fréquence légale à travers la Commission Nationale des Télécommunications (CONATEL). La “Radio la Voz de Guaicaipuro” emploie 60 personnes, parmi lesquelles le personnel d’entretien, les techniciens, les opérateurs de la radio sans oublier des femmes et des hommes du troisième âge qui disposent de leur propre espace dans la grille de programmes. Tous revendiquent leur engagement au service des intérêts de la population.

Parmi les programmes, « Buenos días Guaicaipuro” diffuse l’histoire de nos origines, de notre culture et de nos traditions, des héros qui ont émancipé notre pays; Simón Bolívar, Francisco de Miranda,  Ezequiel Zamora. Une analyse de la réalité quotidienne du pays, sous différents points de vue, est diffusée par le programme politique “Chito rojo rojito”. “La maison des aïeux”, sous la houlette de María Viloria, est transmis tous les mardi de 9 à 10 heures du matin, pour informer et orienter les personnes du troisième âge sur les modalités de l’inscription, de l’accès aux bénéfices que leur doit le système de Sécurité Sociale et sur où, quand et comment ils peuvent toucher leur pension. Cet espace radiophonique est à l’antenne depuis 2004, María, sa “voix”, a soixante-six ans et dit se sentir très heureuse et fière de son travail, tout  en remerciant la Conatel “de permettre qu’un aussi beau projet puisse se matérialiser”.

Le journal “El pregonero comunitario” transmet les évènements et les activités économiques, sociales et culturelles d’intérêt général qui se déroulent dans la municipalité Guaicaipuro. Actuellement la radio prépare le retour au sein de la grille d’un programme sur les thèmes intéressant les adolescents et les jeunes en général.

Un des objectifs est de changer le modèle des stations privées ou commerciales enraciné depuis des années et qui ferme ses portes à la participation des habitants sauf s’ils ont des sponsors pour acheter du temps d’antenne.

Avec son siège d’un peu plus de 20 mètres carrés installé dans le secteur “23 janvier” de Los Teques, la radio couvre la municipalité Guaicaipuro. Les habitants bénéficient de nombreux services tels que la transmission gratuite de messages de recherche d’emploi, d’études; si quelqu’un a quelque chose à dire il peut le dire, s’il a une question il a une réponse” ajoute fièrement Arisell, qui a commencé son travail à la radio como productrice.

Cette radio a reçu récemment un appui financier de la part de la Conatel, dans le cadre de la politique de l’entité régulatrice qui vise à renforcer le potentiel des médias communautaires et participatifs, leur capacité opérationnelle et leur accès aux Technologies de l’Information et de la Communcation (TICs).

La Radio “La Voz de Guaicaipuro” consacrera cette aide au montage d’une salle d’enregistrement et d’un centre de productions de contenus de radio, pour les distribuer à d’autres radios, aux mairies, aux ministères et aux organismes gouvernementaux..

La population de Los Teques s’est montrée réceptive dans l’usage et dans l’appropriation des espaces de la radio. Le collectif est conscient de l’existence d’un espace et d’un média qui lui appartiennent.

Le Ministère de la Comunication et de l’Information, le MINCI, a également offert un appui aux médias alternatifs; 35 radios communautaires ont reçu des équipements et sont à la veille d’établir une interconnection avec la Radio Nationale du Venezuela.

Arisell : “Avant il était impossible qu’existent autant de radios communautaires parce que cela ne convenait pas à l’Empire, aux colonisateurs de la communication. Depuis douze ans nous parlons pour nous-mêmes, et à présent nous avons les médias et les espaces pour le faire nous-mêmes”.

Carbonell croit que tous ceux qui ont une idée ou une proposition pour améliorer leur communauté doivent faire l’expérience de la communication: “Cela dérange les empires de la communication qui cherchent à diriger notre pensée. Haussez la voix, impulsez cette communication populaire, sans l’aide du gouvernement et du président Chavez nous continuerions à être invisibles, privés d’écrans, privés de fréquences, utilisez les lois comme la Loi de Responsabilité en Radio, Télévision et Médias électroniques pour vous remplir de connaissances et offrir des outils aux prochaines générations, pour qu’elles fassent un travail meilleur que celui que nous faisons aujourd’hui avec ces médias”. Lutter pour renforcer la révolution signifie réaliser un effort constant pour que ces micros se remplissent  de voix de populaires, de voix collectives, de dignité, pour qu’elles soient reconnues et valorisées comme acteurs au sens plein de la vie de leurs localités.

Source : CONATEL

http://www.conatel.gob.ve/#http://www.conatel.gob.ve/index.php/principal/noticiacompleta?id_noticia=3095

Traduction : Thierry Deronne, pour www.venezuelainfos.wordpress.com

 

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