Un lac sauvé, un village agro-écologique en construction : l’écologie en mouvement au Venezuela.

Situé dans les États de Carabobo et d’Aragua, le lac baptisé "Los Tacarigua" en mémoire des peuples indigènes qui vivaient sur ses rives, et plus connu comme "Lac de Valencia", était devenu un immense égoût à ciel ouvert que des années de déversements chimiques d’industries privées et d’égoûts urbains, sans le moindre contrôle de la part de l’État, avaient condamné à une mort définitive. Il est aujourd’hui assaini à 80%, comme le démontrent les analyses et le rétablissement des chaînes trophiques. La réapparition des oiseaux est une preuve du retour du lac à la vie. On y pêche et vend de grandes quantités de poissons.

En 1999 la catastrophe environnementale se caractérisait d’une part par la montée incontrôlée des eaux pendant trois ans à la suite de la mise en service de l’Aqueduc Régional du Centre, et par la pollution totale. 0% des eaux rejetées était traité. La station d’épuration "La Mariposa" a depuis été construite. Elle traite 80% des eaux rejetées par la ville et les zonings industriels de Valencia, appuyée par les stations de Los Guayos pour la zone de Guacara et le nord-ouest de Valencia.

Depuis 1999 jusqu’à aujourd’hui le gouvernement bolivarien a investi plus de 750 millions de dollars, dont 255 millions de bolivars approuvés en 2012 par le président pour parachever les travaux d’assainissement et de contrôle du niveau du lac de Valencia, et pour recycler les 20% d’eaux sales qui s’y déversent encore.

Augmentation des espèces marines

La réapparition de la faune est également perceptible sur la côte caraïbe du Venezuela. C’est le fruit d’une politique de protection et d’encouragement de la pêche artisanale face aux désastres causés par la pêche industrielle, politique mise en oeuvre depuis La Loi de la Pêche de 2001 (qui fut l’un des détonants du coup d’État contre Hugo Chavez mené par les secteurs patronaux en avril 2002).

Selon Régulo Zambrano, pêcheur de Machurucuto, qui possède plus de 28 ans d’expérience, "on observe une grande différence par rapport aux années antérieures. Avant les bateaux-usines arrachaient tout le fond marin avec leurs filets industriels, les alevins, les algues, tout, ils détruisaient l’éco-système. Ils nous exploitaient, ils sont devenus millionnaires en nous exploitant et ils ont tout fait pour éviter que passe la loi. Nous avons toujours lutté contre eux mais ce n’est qu’avec Chavez que nous avons pu éliminer ce fléau.  La pêche redevient un métier productif".

Julio Moreno, pêcheur artisanal de Choroní, sur la côte de l’État d’Aragua, explique qu’il ne s’agit pas seulement de l’élimination de la pêche industrielle mais d’avancées sociales comme l’intégration de neuf mille pêcheurs au système de retraites de l’Institut Vénézuélien de Sécurité Sociale, à la suite du décret de 2010. "Parce que la pêche est une activité dangereuse, très dure, elle détruit peu à peu le pêcheur. Avant le pêcheur âgé ne pouvait que mourir de faim, maintenant il compte sur les ressources qui couvrent ses besoins fondamentaux".

Dans l’état de Vargas on sèmera sans pesticides

De leur côté les habitants du secteur El Junko en collaboration avec le gouvernement régional de l’État de Vargas ont lancé une initiative pour lutter contre l’agro-business et le commerce  des pesticides : la création du Village Expérimental "Augusto César Sandino", oú les groupes paysans apprendront à travailler les terres de manière écologique et sans besoin de pesticides.

Ce projet est impulsé par le Mouvement Social Écologique Bolívar y Martí, les conseils communaux, les habitants et les conseils de paysans et de pêcheurs de l’axe Junko-Carayaca, qui réalisent des productions agro-écologiques dans les zones d’agriculture urbaine our les étendre aux zones rurales. Ce projet collectif, porté par les habitants depuis 13 ans, s’est développé au fil des années.

L’objectif principal du hameau agro-écologique Expérimental "Augusto César Sandino" est d’impulser l’agro-écologie comme alternative au commerce des pesticides et dans ce but, de former des paysans organisés dans les communes de l’État de Vargas. L’idée est aussi de projeter l’agro-écologie comme mode de production en tant que tel, basé sur la revitalisation des savoirs ancestraux des paysans et la souveraineté agro-alimentaire avec le relancement de cultures comme l’avocat, le café, le cacao, entre autres. Un autre aspect important est la pêche artisanale, dans cette région située entre la montagne et la côte.

Le gouvernement régional offre son appui pour articuler les actions concrètes de l’État en faveur des secteurs paysans. Actuellement le secteur d’El Junko couvre quatre hectares situés dans El Arbolito, sur la route de Trampa El Tigre, secteur El Farallón, municipalité de Carayaca, dans l’État de Vargas.

C’est là que commencera la construction de ce village agro-écologique dont est chargé l’Institut Autonome du Logement de l’État Vargas (Invivar). Les ressources seront destinées au processus de planification et d’exécution des processus d’auto-construction dirigé par les familles paysannes du secteur, basé sur les techniques indigènes et paysannes de constructions en harmonie avec l’environnement.

Ce Village Agro-écologique Expérimental Augusto César Sandino comptera des espaces d’activités pratiques et théoriques parmi lesquelles 10 salles de classe pour 30 étudiants, équipées avec des ressources didactiques, une salle consacrée á la planification agro-écologique, trois laboratoires : l’un de détection des maladies végétales, l’autre pour la production d’engrais agro-écologiques et le troisième pour l’étude et la conservation des semences autochtones. Il y aura aussi des parcelles pour les cultures tropicales et un système de production d’espéces forestiéres autochtones, dans le cadre de la récupération des sources d’eau pure dans des zones protégées.

Texte et photo : Simón Rendón, militant du collectif local, avec AVN.
Traduction : Thierry Deronne, pour www.venezuelainfos.wordpress.com

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