Un nouveau réseau de corruption mis à jour entre Juan Guaido, l’avocat de Donald Trump et un magnat vénézuélien

Le leader d’extrême droite vénézuélien Juan Guaido, qui vient de se réunir avec le mouvement-frère espagnol “Vox”, et qui a réclamé depuis Madrid une intervention militaire contre son pays, revient à la une des médias états-uniens. Pas comme « héros de la lutte démocratique contre la dictature de Maduro » mais comme pièce du vaste dossier de corruption qui pèse sur l’avocat personnel de Donald Trump, l’ex-maire de New York Rudolph Giuliani. Celui-ci a été mis en cause pour ses activités extra-légales de lobbyiste dans la politique et les institutions américaines, ainsi que dans les relations des États-Unis avec le monde.

Rudy Giuliani, l’avocat personnel de Donald Trump, avec l’homme d’affaires ukrainien-américain Lev Parnas au Trump International Hotel à Washington, le 20 septembre 2019. Parnas a confirmé les liens de Giuliani avec les Guaido (Photo : Aram Roston / Reuters)

Le Washington Post et l’agence Reuters expliquent que Giuliani a validé un lien entre Juan Guaidó et un ancien magnat vénézuélien qui fait l’objet d’une enquête au Venezuela et qui est dans le collimateur des États-Unis pour corruption et blanchiment d’argent : Alejandro Betancourt.

Interrogé par Reuters sur sa relation avec Alejandro Betancourt, Juan Guaido a répondu : « Je ne connais pas M. Betancourt, je n’ai pas de relation avec lui ». Quant au père du « président » autoproclamé du Venezuela, l’homme d’affaires Wilmer Guaidó, il a répondu : « Je soutiens seulement mon fils comme toute la famille contre cette dictature criminelle, mais je n’ai rencontré personne ».

Or, une information exclusive de Reuters confirme une réunion organisée en août dernier dans un luxueux domaine privé en Espagne. Y participaient Alejandro Betancourt, Rudolph Giuliani et Wilmer Guaidó. Pourquoi ce dernier a-t-il organisé cette réunion ? Selon Reuters, Betancourt voulait démontrer à Giuliani ses liens étroits avec les figures de l’opposition vénézuélienne, et n’a pas hésité à révéler qu’il avait secrètement fourni à Guaidó une aide financière afin que ce dernier puisse réaliser ses plans de déstabilisation du Venezuela, et permettre aux entreprises états-uniennes de reprendre le contrôle économique de ce pays. La présence du père de Guaidó à cette réunion avait pour but d’étayer cette affirmation. Toujours selon Reuters l’objectif de Betancourt était que Giuliani persuade le ministère de la Justice d’abandonner une enquête sur lui liée à une affaire de blanchiment d’argent et de corruption dans l’État de Floride.

La Cour fédérale de Floride du Sud accuse en effet Alejandro Betancourt, fondateur de la compagnie d’énergie Derwick, d’avoir subtilisé des millions de dollars grâce au système de corruption qui a permis d’extraire 1,2 milliards de dollars de la compagnie publique Petróleos de Venezuela, S.A. (PDVSA) à l’époque où Rafael Ramírez en était le président, fonds ensuite blanchis par l’intermédiaire de prêtes-noms à Miami, à l’aide de fausses transactions immobilières et de faux titres. Betancourt est aussi accusé d’avoir réalisé des achats défavorables au Venezuela en 2009 pour pallier la crise de l’électricité générée par la sécheresse qui sévissait cette année-là dans le pays.

C’est à la suite de cette réunion dans la villa espagnole en août dernier, que l’avocat de Trump Giuliani aurait tenté de convaincre les procureurs américains que Betancourt avait bien aidé l’opposition vénézuélienne et faisait donc « du bon travail ». Giuliani s’est abstenu de répondre à ces allégations.

Autre source confirmant cette réunion : Lev Parnas, ex-partenaire de Giuliani. Selon Parnas, après la réunion d’août, Giuliani a effectivement exhorté les procureurs du ministère de la Justice à agir « calmement » avec Betancourt. Parnas confirme que Betancourt avait affirmé à Giuliani qu’il « soutenait financièrement Guaidó » et qu’il « aidait les Etats-Unis dans leur cause », selon Reuters.

La rencontre de Giuliani avec Betancourt et le père de Guaidó dans le grand domaine espagnol, ainsi que les efforts de l’avocat pour faire pression sur le ministère de la Justice au nom de l’homme d’affaires, ont également été révélés par le Washington Post. Tout cela est confirmé par le fait qu’en novembre 2019, Alejandro Betancourt a engagé pour sa défense aux États-Unis les cabinets d’avocats les plus onéreux, dont celui de Rudolph Giuliani.

Notons que les sources sont les mêmes médias mainstream qui ont promu la figure de Juan Guaido comme « futur président » du Venezuela. Et que Giuliani est impliqué dans l’actuel procès politique de Donald Trump, notamment des pressions politiques sur l’Ukraine en échange de « preuves » qui pourraient nuire à la candidature du démocrate Biden.

L’administrateur de l’USAID, Mark Green, signe un accord bilatéral avec Carlos Vecchio, « ambassadeur » de Guaidó aux États-Unis (Photo : @USAIDMarkGreen)

Des médias privés colombiens ont publié en 2019 plusieurs photos montrant Juan Guaido en compagnie de chefs des « Rastrojos », une bande paramilitaire qui se consacre au narcotrafic,  et kidnappe et assassine ses victimes à la frontière colombo-vénézuélienne.

Récemment des journaux anti-Maduro comme El Tiempo ou El Espectador (Bogotá) ou le PanamPost ont apporté les preuves (et les photos) des liens de Guaidó avec des barons de la drogue et assassins paramilitaires en Colombie, et sur le détournement par son entourage de centaines de milliers de dollars de fonds d’aide “humanitaire” de l’USAID (une des ONGs de la CIA), entre autres actes illicites révélés par Humberto Calderón Berti, l’“ambassadeur” nommé par Guaido à Bogota, puis limogé par ce dernier à la suite de ces révélations. Guaido avait toujours nié avoir reçu ces aides. Il a été démenti par Elliott Abrams, un des responsables du massacre des familles paysannes d’El Mozote durant la guerre états-unienne contre la guérilla salvadorienne (1981), nommé en 2019 par Trump “envoyé spécial pour le Venezuela”. Abrams vient de révéler que les Etats-Unis ont versé des millions de dollars à la presse et aux partis de droite vénézuéliens en 2019 et qu’ils continueront à le faire en 2020.

Cette cascade de révélations a poussé récemment des députés de la droite vénézuélienne à dénoncer la corruption de Guaido et à élire un autre président de l’Assemblée Nationale à sa place. Le député Luis Brito, qui fut président de la Commission de Contrôle du parlement vénézuélien, a accusé Guaido d’avoir tissé un vaste de réseau de corruption dans et surtout à l’extérieur du pays. Pour sa part, le nouveau président de l’Assemblée Nationale, le député Luis Parra (lui aussi de droite), a annoncé le dépôt d’une plainte contre Guaido pour les différentes affaires de détournements de fonds. Ces députés ont aussitôt été sanctionnés par Washington.

Note: Alors que Donald Trump élimine les bons d’alimentation, la @USAID soutient le « changement de régime » au Venezuela avec 1 DEMI-MILLIARD de dollars des contribuables. @BenjaminNorton démonte l’énorme escroquerie des impôts états-uniens reversés à la mafia en col blanc de Juan Guaido: https://thegrayzone.com/2020/01/23/usaid-venezuela-regime-change-trump/

Source : Misión Verdad, http://misionverdad.com/La-Guerra-En-Venezuela/trama-de-corrupcion-involucra-a-guaido-abogado-de-trump-y-empresario

Traduction: Thierry Deronne

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