Le vaccin russe Spoutnik V au Venezuela

Le Venezuela accueillera la troisième série d’essais cliniques pour le vaccin russe Spoutnik V. L’annonce a été faite par la vice-présidente Delcy Rodriguez le 2 octobre, le jour même où l’avion de la Fédération de Russie transportant les composants du vaccin est arrivé dans le pays.

Entre autres détails, le gouvernement national a expliqué que 2000 Vénézuéliens se sont portés volontaires pour participer à la phase 3 de la recherche sur le vaccin, mais en outre, des travaux sont en cours pour fabriquer le médicament sur notre territoire. Une fois que le protocole d’évaluation aura été mené à bien, les institutions scientifiques nationales pourront distribuer gratuitement la vaccination à la population.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé que son fils, Nicolas Maduro Guerra, et sa sœur aînée, l’anesthésiste Maria Teresa Maduro, ont décidé de se porter volontaires pour l’essai du vaccin. Il a également déclaré que les premiers vaccins seront administrés au personnel médical, aux enseignants et aux personnes âgées.

Cette nouvelle est d’une grande importance géopolitique à l’heure actuelle. La coopération entre la Fédération de Russie et la République bolivarienne du Venezuela, qui s’est solidement maintenue malgré le scénario d’hostilités que l’Occident a construit autour d’elle pour l’éroder, a permis à notre pays d’être le premier en Amérique latine à recevoir ce lot de vaccins.

Jusqu’à présent, une vingtaine de pays de toutes les régions ont exprimé le désir d’acquérir le vaccin russe.

D’autre part, le Fonds russe d’investissement direct a indiqué que des accords ont été conclus avec des partenaires au Mexique pour la fourniture de 32 millions de doses, au Brésil, pour 50 millions de doses, en Inde, pour 100 millions de doses, en Ouzbékistan, pour 35 millions de doses et au Népal, pour 25 millions de doses.

SUR LES PROGRÈS DE SPOUTNIK V

Rappelons quelques données importantes sur le chemin parcouru par le Centre national de recherche en épidémiologie et en microbiologie Gamalei pour développer Spoutnik V.

Le 11 août, le président Vladimir Poutine a annoncé que le ministère russe de la santé avait délivré un certificat d’enregistrement du vaccin de l’Institut Gamalei, ce qui en fait le premier vaccin Covid-19 enregistré dans le monde.

Il a été expliqué que le vaccin avait positivement passé les deux premières phases des essais cliniques.

La rapidité et l’efficacité avec lesquelles Moscou a progressé sont principalement dues à la culture historique de la vaccination dans ce pays depuis le 18e siècle, lorsque l’impératrice Catherine II a été vaccinée contre la variole. Plus tard, avec l’émergence de l’Union soviétique, les politiques de santé publique ont été consolidées et ont permis la conception d’un programme de vaccinations massives et gratuites pour la population.

Avant que la maladie Covid-19 ne se propage dans le monde entier pour devenir une pandémie, les chercheurs russes travaillaient à la création d’un vaccin contre l’infection par le MERS-CoV, un autre virus de la famille des coronavirus, et avaient terminé les essais de phase 4 d’un vaccin Ebola sans résultat négatif.

Ces recherches antérieures ont servi de base aux études visant à développer le vaccin Spoutnik V, qui n’a jusqu’à présent rapporté aucun symptôme chez les patients qui empêcherait la poursuite de son développement.

COMMENT L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE PRIVÉE SE SITUE-T-ELLE DANS LA COURSE AU VACCIN ?

Alors que la Russie se positionne comme l’acteur géopolitique et la puissance d’Etat capable d’offrir une solution sérieuse à la pandémie, grâce à des accords équitables avec le reste des pays, les options offertes par les transnationales pharmaceutiques ancrées à l’Ouest semblent avoir péché par optimisme.

C’est le cas de la société pharmaceutique Astrazeneca et de l’université d’Oxford, qui ont annoncé début septembre la suspension des essais cliniques de leur vaccin contre les coronavirus en raison de l’apparition présumée d’effets indésirables chez un patient au Royaume-Uni.

La fuite d’un rapport de sécurité de l’entreprise britannique a révélé qu' »une femme de 37 ans, auparavant en bonne santé, a fait une « myélite transverse confirmée » après avoir reçu sa deuxième dose du vaccin et a été hospitalisée le 5 septembre.

La myélite transverse est un trouble neurologique affectant la moelle épinière. Elle est liée à des maladies virales et à d’autres maladies de la myéline.

Bien qu’Astrazeneca a suspendu les essais après cette affaire, certains membres de la communauté scientifique estiment que l’entreprise n’a pas fait preuve de transparence dans le traitement des informations sur les résultats négatifs enregistrés.

Le recul du vaccin d’Astrazeneca/Oxford pourrait être un coup dur pour l’Amérique latine, car les gouvernements d’Argentine et du Mexique, confiants dans les rapports de sécurité fournis par ces institutions, ont décidé en juillet de s’entendre sur la production et la distribution de ce vaccin dans la région.

Au Royaume-Uni, la Medicine Health Regulatory Authority (MHRA) a donné l’autorisation à Astrazeneca/Oxford pour reprendre les essais quelques jours après la diffusion de l’alerte.

Le Japon a également repris la fourniture du vaccin le 2 octobre, tandis que la Food and Drug Administration (FDA) n’a pas autorisé la poursuite des études aux États-Unis.

LE VENEZUELA PARIE SUR LA COOPÉRATION ET LE MULTILATÉRALISME

La participation du Venezuela aux essais de vaccins russes est un acte consécutif à l’intégration du Venezuela dans le monde multipolaire en plein développement, axé sur la Chine et la Russie.

Le président Nicolás Maduro a, dès le début, rendu public l’intérêt d’adopter les modèles scientifiques étatiques proposés par l’axe eurasiatique pour trouver une réponse efficace au Covid-19.

De nombreuses autres livraisons de médicaments, de fournitures et d’équipements médicaux reçues dans le cadre des relations de coopération avec d’autres pays, permettent d’atténuer les conséquences que les sanctions pénales du gouvernement des États-Unis ont produites sur la santé publique vénézuélienne et de pouvoir contenir l’avancée des cas de Covid-19 dans le pays, pendant qu’un vaccin est en cours de développement et peut être fourni à la population.

Un des points que le président vénézuélien a souligné dans son discours à la 75e Assemblée des Nations unies était son soutien à la proposition de Vladimir Poutine de tenir une conférence internationale en ligne de haut niveau, où le seul point à discuter était le développement d’un vaccin contre Covid-19.

La réunion devrait aboutir à l’établissement d’un programme commun permettant un accès équitable au vaccin pour toutes les nations. Cela peut sembler redondant dans la logique du multilatéralisme, mais il est bon de le rappeler dans le contexte de blocus, sanctions et harcèlement occidentaux contre les pays émergents.

Le Venezuela penche pour des options qui garantissent une réponse fiable à la pandémie et qui respectent sa souveraineté dans le processus. Le bilan des sociétés pharmaceutiques commerciales montre qu’il est très difficile de respecter ces garanties dans cette voie.

Source : https://www.misionverdad.com/la-vacuna-rusa-sputnik-v-en-venezuela

Traduction ; Thierry Deronne

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2020/10/07/le-vaccin-russe-spoutnik-v-au-venezuela/

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