« Biden doit mettre fin aux sanctions illégales contre le Venezuela » par Ken Livingstone

Photo : les nouveaux députés chavistes, redevenus majoritaires après les législatives du 6 décembre 2020, prennent possession de leurs sièges à l’Assemblée Nationale le 5 janvier 2021, et ramènent les portraits d’Hugo Chavez et de Simon Bolivar, héros de l’indépendance, que la majorité de droite et d’extrême droite avait interdits dans les espaces du Congrès.

Malgré les coûts énormes pour son économie et son peuple imposés par les sanctions états-uniennes illégales, le Venezuela a survécu au mandat du président Donald Trump et à son objectif déclaré de renverser le gouvernement élu de Nicolas Maduro.

Dès le début de son mandat, Trump a considérablement renforcé les sanctions imposées au Venezuela par l’administration Obama, ce qui signifie de plus en plus que le pays est soumis à un blocus états-unien du type de celui imposé à Cuba.

Ces sanctions ont été accompagnées de menaces constantes d’action militaire et d’une campagne de désinformation persistante destinée à retourner les pays et l’opinion internationale (non sans succès) contre le Venezuela pour soutenir l’objectif de « changement de régime » de Trump.

Le but était de reprendre le contrôle des grands gisements de pétrole du monde.

La stratégie états-unienne a donc été de ruiner l’économie vénézuélienne, visant à pousser la population vers une migration de masse ou un conflit civil interne et de créer ainsi les conditions d’une soi-disant « intervention humanitaire ».

Les effets ont été considérables, en particulier pour un pays qui dépend fortement des exportations pétrolières pour financer ses politiques publiques.

Les sanctions interfèrent avec la possibilité de commercer internationalement du Venezuela, limitant sévèrement l’accès aux médicaments mais aussi à la nourriture et aux autres biens essentiels.

Elles bloquent les transactions financières, tant les paiements que les envois de fonds, gèlent les actifs financiers du Venezuela détenus à l’extérieur et retardent les opérations d’achat et de vente, non seulement du gouvernement et des entreprises vénézuéliennes, mais aussi des partenaires commerciaux étrangers.

On sait depuis toujours que les sanctions ont des répercussions négatives sur les citoyens les plus pauvres et les plus vulnérables du Venezuela. Un rapport de 2019 du Centre for Economic and Policy Research, basé à Washington, a estimé que les sanctions avaient causé plus de 40 000 décès entre 2017 et 2018.

Au total, ces sanctions décrétées par les Etats-Unis ont coûté à l’économie vénézuélienne plus de 116 milliards de dollars (84,8 milliards de livres sterling).

Alors que la crise Covid-19 s’est étendue jusqu’en 2020 et 2021, les mesures coercitives unilatérales de Trump contre le Venezuela sont non seulement plus dommageables pour le peuple vénézuélien, mais aussi encore plus difficiles à justifier.

L’opposition à ces mesures est venue de diverses voix, comme l’appel du Pape à la fin des sanctions empêchant les pays de « fournir un soutien adéquat à leurs citoyens ». Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a également appelé à la levée des sanctions : « C’est le moment de la solidarité, pas de l’exclusion ».

Mais malgré ces appels de haut niveau, les États-Unis ont refusé de lever les sanctions pour permettre au Venezuela (et à d’autres pays sanctionnés de la même manière comme Cuba et le Nicaragua) de faire face à la pandémie plus efficacement.

Au lieu de cela, tout au long de l’année 2020, les États-Unis ont agi encore plus vigoureusement pour renforcer le blocus.

Depuis mai 2020, ils ont ciblé quatre compagnies maritimes pour les sanctions et ont envisagé des sanctions contre des dizaines de navires dans le but de mettre le Venezuela « hors limites ».

Comme s’en vantait Brian Hook, conseiller politique du secrétaire d’État américain Mike Pompeo, lors d’une interview à la mi-juillet : « Je pense que la communauté maritime sait que si vous recevez un appel téléphonique pour transporter du carburant au Venezuela, c’est une offre que vous ne devriez pas accepter. Les cinq pétroliers qui ont fait route vers le Venezuela, tous leurs capitaines ont été sanctionnés et ils vont devoir faire face à un avenir très difficile économiquement parce qu’ils ont dit oui à cette offre de transport de carburant. Nous allons donc continuer à sanctionner toute activité sanctionnable ».

Un mois plus tard, les États-Unis ont saisi plus d’un million de barils d’essence expédiés au Venezuela par quatre pétroliers en provenance d’Iran, aggravant la pénurie de carburant domestique causée par le blocage des diluants et des pièces de rechange pour les raffineries de pétrole brut du pays.

Et en novembre, l’envoyé spécial des États-Unis pour le Venezuela, Elliott Abrams, a annoncé un durcissement des accords d’échange de pétrole contre du diesel, intensifiant le blocus contre le pays malgré l’avis d’un groupe d’ONGs avertissant dans une lettre à l’administration Trump que « cette décision aurait des conséquences dévastatrices pour la population ».

Le Venezuela, cependant, survit grâce au soutien et à la solidarité de pays amis.

Depuis mars 2020, la Chine a acheminé par voie aérienne plus de 250 tonnes de fournitures, de médicaments et de matériel sanitaire pour lutter contre la pandémie.

Cuba a envoyé 50 professionnels de la santé hautement qualifiés de la brigade Henry Reeve pour aider les médecins vénézuéliens à contenir l’urgence du Covid-19.

Sur le plan politique, le Venezuela est entré dans une phase nouvelle avec l’élection d’une nouvelle Assemblée nationale.

N’étant plus membre de l’assemblée, s’auto-proclamant « président intérimaire » – en réalité un putschiste – Juan Guaido est désormais totalement dépourvu de toute légitimité juridique ou constitutionnelle.

Cela n’a pas empêché Trump de continuer à reconnaître Guaido, même si, à la différence politique états-unienne, l’Union européenne ne le désigne plus comme « président par intérim ».

M. Trump a tout récemment imposé de nouvelles sanctions au Venezuela alors qu’il est sur le point de quitter la Maison Blanche (la veille de son départ, il a étranglé un peu plus l’économie vénézuélienne en décrétant de nouvelles sanctions contre des hommes d’affaire, navires et compagnies maritimes « soupçonnées d’aider le Venezuela à vendre du pétrole », NdT) et son envoyé spécial pour le Venezuela, Elliott Abrams, a exhorté le nouveau président Joe Biden à maintenir la politique de sanctions et son objectif de « changement de régime ».

Le président Maduro a déclaré qu’il était prêt à participer à un « dialogue décent » basé sur « le respect et la coopération » et à conclure des « accords » avec la nouvelle administration états-unienne.

Mais compte tenu des antécédents et de la position de M. Biden à ce jour, un tel dialogue n’est pas sûr.

Aujourd’hui plus que jamais, il est vital d’intensifier nos expressions de solidarité internationale avec le Venezuela pour défendre sa souveraineté nationale et de faire comprendre que les sanctions sont non seulement illégales, mais aussi inacceptables et injustifiables.

Signez la pétition de la campagne de solidarité avec le Venezuela contre les sanctions illégales des États-Unis contre le Venezuela à bit.ly/stopvenezuelasanctions

Source : Biden must end the US’s illegal sanctions on Venezuela | Morning Star (morningstaronline.co.uk)

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

L’auteur : Ken Livingstone, ex-député du Parti Travailliste, ex-Maire de Londres (2000-2008). Du même auteur, on peut lire : Bellicisme tous azimuts : Trump veut reprendre le contrôle de l’Amérique Latine, par Ken Livingstone (RT) | Venezuela Infos (wordpress.com). On peut suivre Ken Livingstone sur www.twitter.com/Ken4London et www.facebook.com/KenLivingstoneOfficial

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2021/01/19/biden-doit-mettre-fin-aux-sanctions-illegales-contre-le-venezuela-par-ken-livingstone/

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