Victoire pour la démocratie vénézuélienne : l’extrême droite renonce à la violence et demande la levée des sanctions

Succès des diplomaties bolivarienne et mexicaine lors du premier round de négociations organisé au Mexique en présence d’observateurs des Pays-Bas, de la Norvège et de la Russie. L’extrême droite vénézuélienne accepte de signer avec le gouvernement bolivarien une feuille de route (qui servira de cadre aux négociations) où elle accepte de rentrer dans le jeu électoral avec observateurs et garanties pour tous, reconnait l’État de Droit, le gouvernement élu de Nicolas Maduro et la Constitution bolivarienne. Elle rejette toute forme de violence politique, appuie la levée des sanctions occidentales et la restitution des actifs dérobés à la République du Venezuela (par l’équipe du fake-président Guaido, Ndlr).

En lisant cette feuille de route, le représentant de la Norvège a déclaré : « Personne d’autre ne peut résoudre cette situation à part vous-mêmes, elle doit être résolue entre Vénézuélien(ne)s, nous attendons que les parties soient entendues… » tout en soulignant l’importance de l’accord sur « le rejet de la violence politique » et « la levée des sanctions ». Au nom du Mexique qui accueille ces négociations sur l’initiative du président Lopez Obrador, Marcelo Ebrard, Ministre des Affaires Étrangères, a déclaré : « Nous serons un hôte respectueux et solidaire, le dialogue est la voie à suivre, et je ne peux que vous souhaiter le meilleur. Toute la communauté latino-américaine et caribéenne est avec vous ».

Cette évolution était attendue vu l’échec patent des sanctions des États-Unis et de l’Union Européenne, avec pour corolaire le plan putschiste de Guaido, à renverser le gouvernement élu par la majorité des vénézuélien(ne)s. Après la Bolivie, l’Argentine, le Mexique, le Pérou, la nation caraïbe de Sainte-Lucie a quitté le « Groupe de Lima » (cartel des droites pro-USA créé pour attaquer le Venezuela) qu’elle qualifie de « gang corrompu qui a trop fait souffrir le peuple vénézuélien » et a renoué les relations diplomatiques avec Caracas. Cette souffrance de la population vénézuélienne et son rejet quasi unanime des sanctions et du blocus rendaient de plus en plus impopulaires, inaudibles, les discours pro-occidentaux de la droite vénézuélienne. Six rapporteurs spéciaux de l’ONU contre la torture, les traitements cruels, et sur le droit à la santé ont récemment publié un communiqué dénonçant les sanctions qui affectent le droit à la santé des vénézuéliens, notamment en bloquant l’accès à du matériel ou soins pour les patients cancéreux.

Comme l’expliquait il y a quelques mois le politologue et historien vénézuélien William Serafino : « Il y a eu un changement dans la façon d’aborder la question vénézuélienne, en particulier dans le cas de l’Union européenne qui, dès janvier de cette année, a rétrogradé Guaidó à simple interlocuteur de l’opposition vénézuélienne, et bien que les États-Unis maintiennent du bout des lèvres la reconnaissance de cette figure un peu folle de « gouvernement intérimaire », ils n’ont pas attaqué fortement l’élection du nouveau Conseil national électoral et, ce qui est le plus important, ils n’ont pas intensifié leur habituel récit contre la légitimité de la nouvelle Assemblée nationale élue en décembre dernier. Il est clair que les USA ne peuvent pas la reconnaître car cela reviendrait à ôter tout soutien à Guaidó, mais ils n’ont pas non plus pris la décision de l’attaquer de front lorsqu’elle a élu ce nouveau Conseil National Électoral.

« Il est clair qu’il existe une voie électorale qui s’est imposée concrètement dans le pays, qui a le soutien de toutes les institutions vénézuéliennes et qui est reconnue à l’extérieur comme un premier pas vers la réinstitutionnalisation du pays.

« Les élections de maires et de gouverneurs du 21 novembre 2021 semblent une opportunité plus sérieuse pour l’extrême droite (qui a jusqu’ici joué la carte de ne pas participer aux élections en criant à « la fraude », laissant toute la place à des partis de droite traditionnelle comme AD ou COPEI), de se réinsérer dans le jeu politique, de reconquérir des espaces territoriaux de pouvoir et, à partir de là, d’édifier de meilleures bases pour les élections suivantes. Les demandes de Guaidó, au-delà de la levée des sanctions elles-mêmes, n’attirent guère un secteur de l’opposition qui même s’il a longtemps parié sur le coup d’État, et pensait qu’il allait être une réalité automatique, savent que ces élections viennent modifier la donne.« 

Point important : bien que validée automatiquement par les grands médias depuis des années, l’assertion martelée par la droite vénézuélienne de l’existence de « prisonniers politiques » au Venezuela, est inexacte. Les personnes poursuivies par la justice ne l’ont jamais été pour leur appartenance politique mais pour des cas avérés de corruption, ou pour des actes de violence, attentats, sabotages, assassinats, invasions mercenaires ou tentatives de coup d’État. A moins, évidemment, de prendre pour des « prisonniers politiques » les près de 200 putschistes arrêtés aux États-Unis pour avoir attaqué le Capitole ou les assassins néo-nazis d’Aube Dorée arrêtés et jugés en Grèce. La majorité de la population vénézuélienne estime d’ailleurs que le gouvernement a été trop généreux : alors que les policiers ou militaires qui ont désobéi aux ordres et commis des violations des droits humains lors des affrontements avec l’extrême droite ont été rapidement jugés et incarcérés, par contre de nombreux putschistes qui ont commis des violences et des meurtres (certains à connotation raciste, être noir étant souvent considéré comme preuve de chavisme) du coup d’État de 2002 jusqu’aux insurrections de 2014 et 2017, sont restés en liberté ou ont été libérés de manière anticipée dans le cadre de « commissions de dialogue national » organisées ces dernières années par les autorités bolivariennes avec des représentants de la droite.

Ci-dessous : texte original du mémorandum signé à Chapultepec, Mexico Ciudad, le 13 août 2021.

Thierry Deronne, Caracas, le 14 aout 2021

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2021/08/14/victoire-pour-la-democratie-venezuelienne-lextreme-droite-renonce-a-la-violence-et-demande-la-levee-des-sanctions/

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