Chronique de Karina, par Indira Carpio

Karina

Elle s’appelle Karina. C’est une jeune mère de 23 ans qui vient de mettre au monde, il y a vingt jours à peine, une petite fille aux grands yeux d’un noir de jais, Cibeles Amaru. Toutes deux vivent à Barinas.

Militante de gauche active et reconnue, elle participe à un projet communal. Dans sa communauté, elle coordonne les activités de la jeunesse du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) dans l’Équipe de Bataille Sociale Bolivar Chavez.

Karina aime semer autant que lire. Sa chevelure est bouclée comme celle de Venus et ses yeux ont la couleur du miel d’Arica. Le soleil des plaines a cuit et recuit sa peau lui donnant une teinte cannelle.

En janvier, elle a eu son diplôme d’Études politiques à l’Université Bolivarienne, après six semestres d’études en communication sociale et cinq de sociologie à l’Université Ezequiel Zamora (Unellez).

Elle écrit des poèmes.

Après une activité de promotion de la lecture, elle a travaillé pour la Mission Culture au Cœur du Quartier. Puis s’est dédiée à l’agriculture, semant avec son mari mille plants de bananier dont la récolte leur garantissent des revenus tous les huit mois. Elle est allée vivre sur son petit terrain.

Cela fait un mois qu’elle est l’objet de menaces, qui redoublent depuis une semaine. A Barinas, où est né et a grandi Hugo Chavez, au moins cinq jeunes garçons ont perdu la vie lundi dernier pendant des manifestations contre le gouvernement national. Une vague de pillages et de violences maintient la ville assiégée en état d’urgence. Karina a même été menacée de mort.

Depuis, elle ne sort plus de chez elle. Sa petite fille a souffert de diarrhées pendant cinq jours (jusqu’à hier soir) et a présenté des convulsions le quatrième jour.. Jusque là, Karine n’a pas pu l’emmener à l’hôpital, car une barricade incendiée bloquait l’entrée de la ville et, se sentant menacée, elle craignait pour sa vie et celle de l’enfant. Elle se retrouva séquestrée à son domicile sans pouvoir nourrir sa fille, une difficulté physiologique l’empêchant d’allaiter, et sans couches pour la changer.

Pour comble, le système d’approvisionnement en eau ayant été endommagé, elle ne pouvait plus laver les couches en tissu qu’elle met à Cibeles.

La Police gouvernementale est intervenue ce jour à minuit et a accompagné l’enfant à l’hôpital, celle-ci présentant des symptômes de déshydratation. Mais l’hôpital ne disposait pas du matériel nécessaire pour la réhydrater ni de service de néonatalogie ou de gastro-entérologie. Finalement c’est une autre maman présente dans le service qui allaita l’enfant.

Voilà ce qui arrive lorsqu’on réussit à passer au travers de la violence fasciste pour se retrouver face à une autre forme de violence, celle d’un hôpital sans ressources (équipements).

La veille du jour où Karina et Cibeles se retrouvèrent dans cette situation critique, deux centres de diagnostic intégral (CDI) de l’État de Miranda étaient assiégés et menacés d’incendie par des groupes de choc, au moment même où l’opposition à Nicolas Maduro défilait au nom de la santé au Venezuela. Je ne connais aucun médecin qui ne se prononcerait pas contre ces attaques, les lynchages et l’utilisation d’enfants lors d’actes de violence.

Au début des manifestations il y a deux mois déjà, une femmes de 86 ans, Ricarda de Lourdes Gonzales décéda chez elle d’un accident vasculaire cérébral faute de n’avoir pas pu se rendre à un centre médical d’assistance à cause de ces guarimbas (violences de l’extrême droite). Cette vie aurait-elle moins d’importance que celle des enfants morts lors des protestations?

Une réconciliation entre voisins est-elle envisageable face à des décès dus à la peur? Que signifie une « transition » dans ce contexte? Karina et sa fille doivent-elles être éliminées au nom de cette « transition »?

Qui peut soutenir, dans ses mots, la terre qu’il foule, sans être la douleur de quelqu’un ?

Karina aime semer, que la fleur ne meure pas!

Indira Carpio

Source : http://ala-raiz.blogspot.com/

Traduction : Frédérique Buhl

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2Hi

L’opposition paie des enfants pour les enrôler dans ses violences

ninosg-680x510Au Venezuela, la base militante de la droite voit s’éloigner l’objectif promis par ses dirigeants de chasser par la force le président Maduro et commence à se lasser de sacrifier des journées de travail ou de commerce. Ceci explique l’affaiblissement de sa participation aux manifestations – où sa propre violence se retourne parfois contre elle (des militants de droite en ont assassiné d’autres). Pour les leaders de l’opposition le problème est de maintenir les conditions d’une intervention extérieure et d’alimenter les médias internationaux en images de morts. Ils sont donc contraints de maintenir en activité des foyers de violence notamment en faisant donner directement les paramilitaires colombiens, en sous-traitant des pillages par la pègre locale ou en payant des mercenaires de tout âge… C’est ce que vient de révéler la journaliste Madeleine García de Telesur, en diffusant des interviews d’enfants utilisés par la droite pour les manifestations violentes organisées dans les quartiers riches de Caracas.

f4ehZTJu

Madelein Garcia, correspondante de TeleSur au Venezuela. @madeleintlSUR

Madelein Garcia

Des chaussures, des vêtements, de la nourriture, des confiseries, de l’argent ; ils me donnent de tout” raconte un des enfants. “C’est pour les aider”. Le “travail” consiste à “leur passer les munitions : pierres, essence, tout”. Il indique également qu’ils élaborent les boucliers, masques et casques qu’on observe dans les confrontations violentes avec la Police et la Garde Nationale Bolivarienne. Un autre des mineurs d’âge explique qu’ils l’ont payé jusqu’à 50 mille bolivars pour une journée de « travail », en plus de cadeaux en vêtements et en chaussures. “ça me paraît bien et en même temps cela me paraît mal, les gens se tuent et le pays s’enfonce”. Quand on lui pose la question de si ce sont des membres de l’opposition ou du chavisme qui le payent, il répond : l’opposition.

Rubén Darío Molina, vice-ministre des Relations Extérieures du Venezuela a annoncé ce jeudi le dépôt d’une plainte à l’UNICEF, appuyée par de nombreux témoignages verbaux et du matériel vidéo et photo, sur cette utilisation d’enfants – garçons et fillettes – dans des violences, avec toutes les conséquences que cela implique.

Source : http://albaciudad.org/2017/05/en-video-entregan-dinero-ropa-y-zapatos-a-ninos-para-colaborar-con-las-protestas-violentas/

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2Er

Au Venezuela et en Amérique Latine “nous sommes tous la Palestine”.

Venezuela, 12 août 2014. Le Ministre des Relations Extérieures de Palestine Riad Malki, accompagné de l’Ambassadrice de Palestine au Venezuela Linda Sobeh Alí et du Chancelier vénézuélien Elías Jaua assistent au départ de l'avion aux couleurs de l'ALBA emportant 12 premières tonnes d'aide humanitaire à destination de la Palestine.

Venezuela, 12 août 2014. Le Ministre des Relations Extérieures Elías Jaua, son homologue palestinien Riad Malki, accompagnés de l’Ambassadrice de Palestine au Venezuela Linda Sobeh Alí, assistent au départ de l’avion aux couleurs de l’ALBA emportant 12 premières tonnes d’aide humanitaire à destination de la Palestine.

AVIONVous avez dépassé tout ce que nous attendions d’un peuple aussi éloigné de la Palestine mais si proche de sa lutte. Nous sommes témoins de votre appui, de la solidarité, de la mobilisation qui émanent des principes de la Révolution Bolivarienne impulsée le président Chavez”. C’est par ces mots que le Ministre des Relations Extérieures de Palestine Riad Malki, accompagné de l’Ambassadrice de Palestine au Venezuela Linda Sobeh Alí, a salué l’envol depuis l’Aéroport International Simón Bolívar de 12 premières tonnes d’aide humanitaire à destination de sa patrie.

Comme ailleurs sur le continent, en Équateur notamment, cette aide a été rassemblée en huit jours de collectes citoyennes – syndicats, mouvement sociaux, personnes ont apporté leurs dons dans des centres ouverts dans tout le pays : aliments non périssables, médicaments, vêtements, matériels de campement, eau potable, destinés aux deux millions de personnes déplacées dans la Frange de Gaza.foto-2

Le chancelier Riad Malki a rappelé que l’offensive militaire israëlienne laisse à ce jour près de 2000 morts avec 80 pour cent de victimes civiles dont 437 enfants et 243 femmes, 10 mille blessés, 17 hôpitaux totalement détruits, 141 écoles endommagées, 11 mille maisons détruites totalement et 32 mille détruites partiellement. La seule centrale électrique, les réseaux d’électricité et d’eau potable ont été détruits également.

Nous ne faisons que notre devoir, a répondu le chancelier Elias Jaua, l’article 152 de la Constitution Bolivarienne déclare que notre politique extérieure est basée sur le principe de la solidarité internationale et l’appui aux peuples qui luttent pour leur émancipation”. Jaua a précisé qu’un autre avion décollera jeudi avec plus de quinze tonnes de matériel chirurgical et que des équipes médicales vénézuéliennes se préparent à rejoindre la Palestine. Le président Maduro a par ailleurs annoncé son intention de proposer à la communauté des pays arabes un effort commun pour reconstruire Gaza.

Autre point des réunions de travail avec le chancelier Malki : l’accueil dans les jours prochains au Venezuela d’orphelins palestiniens. Le 5 août dernier, à la demande du président Nicolas Maduro, le chancelier Elías Jaua avait rencontré à l’hôpital Nasser, en Égypte, des rescapés des massacres perpétrés par l’armée israëlienne. En accord avec les autorités égyptiennes, le Croissant Rouge local et avec l’appui de l’ACNUR (ONU) et de l’UNICEF, le Venezuela s’apprête à accueillir ces enfants qui ont perdu leur famille – “Le centre d’accueil est prêt, pour qu’ils puissent recevoir tout l’amour et les soins médicaux nécessaires, et vivre chez nous le temps qu’il faudra jusqu’à ce qu’ils puissent rentrer dans leur Patrie. Les enfants compteront sur l’appui d’un personnel volontaire, de médecins et de femmes de la communauté arabe et palestinienne au Venezuela” a expliqué Elías Jaua. La population vénézuélienne se mobilise pour préparer leur arrivée : des dizaines d’artisans de tout le pays ont fabriqué des jouets à leur intention.

Artisans vénézuéliens fabriquant des jouets pour les orphelins palestiniens bientôt accueillis au Venezuela.

Artisans vénézuéliens fabriquant des jouets pour les orphelins palestiniens bientôt accueillis au Venezuela.

Le chancelier Malki se trouve depuis lundi au Venezuela pour le suivi des accords de coopération signés en mai 2014 entre les présidents Mahmoud Abbas et Nicolas Maduro, et qui prévoient notamment notamment la fourniture de pétrole à la Palestine (1). Le gouvernement bolivarien vient par ailleurs de décider d’accroître le nombre d’étudiants palestiniens au Venezuela en multipliant les bourses d’État : 200 jeunes pourront ainsi suivre des études de médecine dès 2015.

Après avoir insisté au sein du Conseil des Droits Humains à Genève sur l’urgence de dépêcher à Gaza une commission d’enquête de l’ONU (2), le Venezuela, comme pratiquement tous les gouvernements et les mouvements sociaux d’Amérique Latine, maintient la pression diplomatique pour mettre fin aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité commis contre le peuple Palestinien. Plusieurs pays de la région ont rappelé leurs ambassadeurs (3), ce qui a provoqué une réaction agressive du gouvernement israëlien traitant le Brésil de “nain diplomatique” et le président de l’Uruguay de “menteur”. La réunion de l’UNASUR, composée des douze États d’Amérique du Sud, prévue le 21 août à Montevideo, reviendra sur ce thème.  “Pour ce sommet nous travaillons avec plusieurs chanceliers en vue d’effectuer un nouvel appel de tous les pays d’Amérique Latine à l’arrêt des attaques militaires contre la population civile et au retour à un dialogue sans conditions, position déjà exprimée par le Mercosur. En tant que République Bolivarienne nous allons proposer une solution structurelle au conflit” a indiqué le Ministre des Relations Extérieures Elías Jaua.

Manifestation de solidarité avec la Palestine, Caracas, 2 août 2014

Manifestation de solidarité avec la Palestine, Caracas, 2 août 2014

Parallèlement, de Santiago à La Paz ou à Managua, les mouvements sociaux multiplient les manifestations de solidarité avec le peuple de Palestine et exigent que cesse l’impunité des criminels de guerre. Ce mercredi 13 août Caracas accueillera une nouvelle manifestation sur le thème “Nous sommes tous la Palestine” en présence des chanceliers palestinien et vénézuélien. Une initiative qui s’ajoute aux innombrables mobilisations organisées dans le monde entier et qui renforcent l’isolement d’Israël et de ses alliés états-unien et européens face à la communauté internationale.

Thierry Deronne, Caracas, le 13 août 2014.

Notes:

(1) Sur les récents accords de coopération entre Palestine et Vénézuéla, voir ¨Mahmoud Abbas : le Venezuela nous a permis de briser le monopole d’Israël sur notre économie¨, http://bit.ly/1jEeYSu

(2) Voir « Le Venezuela condamne les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité massifs commis par Israël contre le peuple palestinien« , http://wp.me/p2ahp2-1yg

(3) Le président Chávez avait déjà rompu les relations diplomatiques avec Israël en janvier 2009, à la suite d’une agression semblable contre la population de Gaza : 19 jours de bombardements continuels avaient fait un millier de victimes et détruit une grande partie de l’infrastructure.

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-1Bd

¨De Port-au-Prince à Caracas, nous partageons le même objectif : la souveraineté alimentaire.¨

Jaua630Haitireunion-2Quand nous faisons quelque chose pour Haïti nous ne le faisons pas par miséricorde mais avec la pleine conscience de notre devoir. Pour le peuple haïtien, nous, vénézuéliens, n’éprouverons jamais de la pitié mais la plus profonde admiration” : c’est en citant Hugo Chávez que le chancelier Elías Jaua a remis à la République d’Haïti 44 tracteurs, 37 motoculteurs, 51 ordinateurs et d’autres outils agricoles destinés à renforcer l’agriculture industrielle et familiale dans la Vallée de l’Artibonite. Objectif de cette coopération menée grâce à l’accord PetroCaribe (1): augmenter les surfaces de récolte de 4 mille à 14 mille hectares (de riz notamment) à travers le système d’irrigation, la remise en valeur des semences autochtones haïtiennes et le contrôle des maladies.

AITINous sommes venus concrétiser la volonté du président Maduro de poursuivre et approfondir la coopération avec Haïti. De Port-au-Prince à Caracas, nous partageons le même objectif : la souveraineté alimentaire” a expliqué Jaua qui compte pour ce faire sur l’appui du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, dont les militants travaillent en terre haïtienne depuis quelques années au sein de la brigade de Via Campesina.

Vallée de l'Artibonite, Haïti

Vallée de l’Artibonite, Haïti

Cette coopération Sud-Sud s’inscrit dans un accord signé entre Haïti, le Venezuela, le Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil et l’Argentine à la suite du tremblement de terre qui a dévasté Port-au-Prince en 2010, causant la mort de 300.000 personnes et privant de logement deux millions d’habitants. Le chancelier Jaua a signé avec le gouvernement haïtien d’autres accords dans le cadre du programme PetroCaribe qui a déjà permis la construction de 3 mille nouveaux logements et la rénovation de 6 mille autres, ainsi que l’alphabétisation de 133 mille personnes. Le Vénézuéla a également répondu présent à la demande du Secrétaire Général de l’ONU d’intensifier la lutte contre le choléra en détachant dans l’île du personnel de son ministère de la Santé. Enfin, le chancelier Jaua accompagnera la troisième réunion de la difficile négociation qui vise à résoudre le conflit migratoire entre Haïti et la République Dominicaine.

Pendant ce temps au Venezuela, le représentant officiel de l’ONU au Venezuela Niky Fabiancic a déclaré ce jeudi 8 mai que le Venezuela est “un des pays leaders en Amérique Latine et dans les Caraïbes en matière de réduction des inégalités et ses indicateurs sont très encourageants en ce qui concerne la réalisation de tous les Objectifs de Développement du Millénaire fixés par l’Onu¨. (2) Les objectifs du Millénaire, souscrits par les 189 États membres des Nations Unies, sont assortis de cibles à atteindre dans des délais précis, de façon à mesurer les progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté monétaire, la faim, la maladie, l’absence de logements adéquats et l’exclusion tout en promouvant l’égalité des sexes, la santé, l’éducation et le respect de l’environnement.

Le vice-président vénézuélien pour le secteur social, Héctor Rodríguez Castro, et le Directeur Général de la FAO (organisme de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture) José Graziano da Silva ont signé jeudi un accord de coopération pour développer des systèmes soutenables de production de riz en Afrique sub-saharienne, ¨cette céréale y représentant le tiers de l’alimentation quotidienne¨ selon le Directeur de la Fao qui a rappelé par aileurs qu’au Venezuela, grâce aux initiatives financées par le gouvernement et appuyées par la FAO, l’objectif du millénaire d’éradiquer la famine a été atteint de manière anticipée.

Cette semaine également, l’UNICEF par la voix de sa représentante Kiyomi Kawaguchi a rappelé que le Venezuela a déjà atteint ces objectifs en ce qui concerne les droits des enfants et adolescents à l’éducation avec pour les années2009-2010 une population de 7,7 millions d’étudiants – soit une augmention de 24% en comparaison avec les années antérieures à la révolution. L’UNESCO a octroyé un prix au Venezuela pour le développement du projet ¨Canaima Educative¨, distribution gratuite d’ordinateurs-encyclopédies portables destinés à l’alphabétisation technologique des enfants et adolescents. En 2014 23.000 ordinateurs seront remis aux universités, un chiffre 26 fois supérieur aux dotations d’il y a quinze ans, avant la révolution.

Enfin, ce vendredi 9 mai, lors de l’inauguration à Caracas du premier Congrès National Constituant des Mouvements Écologistes et de Défense de l’Environnement (photos), le président Maduro a demandé aux 1150 organisations venues de tout le Venezuela et qui vont débattre durant tout le week-end, d’élaborer des propositions concrètes pour aider le gouvernement à mettre fin aux multiples formes de destruction des ressources naturelles par le capitalisme et pour approfondir l’écosocialisme, un des cinq objectifs centraux du Plan Patria aprouvé par les électeurs en avril 2013. (3)

« Le congrés, a-t-il ajouté, doit assumer des fonctions constituantes pour générer un puissant mouvement social, démocratique, actif, doyé du pouvoir de décision, le pouvoir de dire et de faire. Il s’agit de changer notre relation avec la nature, de sauver la planète, nous devons nous engager dans la lutte pour que s’instaure partout une nouvelle vision écologique, écosocialiste« .

Pre

Ouverture du premier Congrès National Constituant des Mouvements Écologistes et de Défense de l’Environnement, Caracas, 9 mai 2014.

008_ym_5361_1399683660002_ym_5304_1399683656Sources : Telesur, AVN

Traduction : Thierry Deronne

Notes :

(1)  Sur cette coopération, lire ¨De PetroCaribe à la Patrie Caraïbe¨ https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/07/22/venezuela-haiti-de-petrocaribe-a-la-patrie-caraibe/

(2)  Pour la liste des Objectifs du Millénaire : http://www.un.org/fr/millenniumgoals/

(3)  On trouvera le détail de ce programme de gouvernement dans ¨Ce que va faire la révolution bolivarienne de 2013 à 2019¨, https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/05/10/%C2%A8de-port-au-prince-a-caracas-nous-partageons-le-meme-objectif-la-souverainete-alimentaire-%C2%A8/

L’éducation comme sphère d’inclusion : une comparaison entre le Venezuela, le Chili et la Colombie, par Jesse Chacón

Presque tous les discours sociaux sont d’accord sur le rôle de l’éducation comme dépassement de l’inégalité et comme source de développement pour un pays. L’éducation est identifiée comme sphère d’inclusion, de construction et de partage de sens sociaux qui garantissent la survie de l’ensemble de la société.

Investissement public dans l'éducation exprimé en pourcentage du Produit Intérieur Brut (UNESCO)

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, grâce à l’élaboration de cadres internationaux de protection des droits, l’éducation possède un statut de droit humain. Rappelons que les droits humains sont un ensemble de biens primaires ou de revendications protégées juridiquement par la communauté nationale et/ou internationale et qui expriment les aspirations et les exigences de liberté, de dignité et d’équité à chaque époque de l’Histoire.

Le fait de la protection juridique de ces biens par l’État ou par la communauté internationale leur confère le statut de droits. Dans le cas contraire on ne parlerait que d’aspirations morales de la part de l’humanité ou de  la part d’une communauté politique nationale spécifique, mais pas d’un droit universel.

Indice GINI (= niveau de l'inégalité). Source : Banque Mondiale.

En ce qui concerne la protection juridique du droit à l’éducation, une architecture légale internationale établit clairement le caractère obligatoire pour les États signataires de garantir l’éducation sur la base des principes de gratuité et d’universalité.

Á ce sujet l’observation générale numéro 13 du Comité des Droits Humains, Économiques et Sociaux de l’ ONU, par référence à l’article 13 du Pacte international des droits économiques et sociaux, établit que:

… L’éducation doit être à la portée de tous. Cette dimension de l’accessibilité est conditionnée par les différences de rédaction du paragraphe 2 de l’article 13 sur l’enseignement primaire, secondaire et supérieur : alors que l’éducation primaire doit être gratuite pour tous, il est demandé aux États signataires de mettre en place graduellement la gratuité de l’enseignement secondaire et supérieur…

Plus loin, l’observation numéro 13 définit la valeur sociale que revêt aujourd’hui l’éducation tant pour le développement national que pour la satisfaction des besoins et des aspirations humaines :

… L’idée est de plus en plus acceptée selon laquelle l’éducation est un des meilleurs investissements que les États puissent réaliser mais son importance n’est pas seulement pratique : disposer d’un esprit instruit, intelligent et actif, avec une liberté et une ouverture de pensée, est un des plaisirs et des récompenses de l’existence humaine…

En tant que pays engagé dans la construction d’une nouvelle architecture internationale garante des droits humains, l’État vénézuélien a assumé la responsabilité de réaliser les principes d’universalité et de gratuité de l’éducation primaire, secondaire et universitaire.

Pour l’éducation maternelle, primaire et secondaire, l’effort vénézuélien a été reconnu par l’UNESCO dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire. En ce qui concerne l’enseignement universitaire, le Venezuela a été classé par l’ UNESCO au deuxième rang pour le taux brut d’inscriptions d’étudiants à l’université sur le plan latino-américain et au quatrième rang mondial. Le Venezuela a augmenté pendant dix ans de 170% le nombre d’inscrits à l’université : en passant de 785.285 étudiants en 1998 à 2.120.231 en 2009.

Ces résultats ont pour base une augmentation soutenue de l’investissement dans l’éducation, qui a bondi de 107 % pendant ces années de révolution, en passant de 3,38% du Produit Intérieur Brut en 1998 à 7% du PIB en 2008.

L’éducation récupère sa place comme sphère d’inclusion. L’enfance et la jeunesse circulent positivement à travers tout le système éducatif. Les aspirations d’une vie meilleure trouvent leurs corrélats matériels dans une sphère liée à un modèle économique plus humain. Le Venezuela est devenu le pays le moins inégal de l’Amérique Latine avec un indice GINI de 0.39, sur une échelle oú le « zéro » indique la plus grande égalité et le « un » la plus grande inégalité.

Tandis qu’au Venezuela le droit à l’éducation se fortifie, dans des pays d’Amérique Latine sous hégémonie néo-libérale nous voyons ces principes communs convertis en politiques qui font de l’éducation un privilège et un outil d’exclusion générationnelle. Voyons certaines de ces politiques :

– L’État s’est désengagé de son devoir de garant et de financeur de l’éducation, la transférant peu à peu aux municipalités. Des municipalités aux ressources fragiles ont reçu une haute responsabilité.

– On abandonne le principe de la gratuité et de l’universalité de l’éducation à tous les niveaux.

– L’éducation a été remise au marché, l’éducation est devenue une marchandise. Ce processus a visé le transfert au capitaux privés des budgets de l’éducation, que ce soit via le système des subventions éducatives au Chili ou via la sous-traitance en Colombie. Au Chili par exemple pour 1990, l’éducation subventionnée concernait 980.000 élèves alors qu’en 2009 elle a cru à  1.700.000 élèves. De même l’éducation publique municipale comptait en 1990 1.700.000 élèves pour descendre à 1.430.000 élèves en 2009.

– On cherche à installer l’idée des « écoles efficaces ». Ainsi l’éducation privée est présentée comme « de meilleure qualité » et donnant « de meilleurs résultats » alors que l’éducation publique est stigmatisée comme celle qui donne de « moins bons résultats ».

1. Investissement éducatif en pourcentage du PIB (UNESCO).
2. Indice GINI (niveau d'inégalité) (Banque Mondiale).
3. Rang mondial pour le nombre d'étudiants universitaires (UNESCO).
4. Rang latino-américain pour le nombre d'étudiants universitaires (UNESCO).
5. Taux d'analphabétisme (UNESCO)

Ce modèle néo-libéral a fait de l’éducation un commerce, de sorte que les réussites en matière d’extension de la couverture éducative ne s’accompagnent pas de processus d’inclusion sociale ni d’amélioration de la qualité de la vie. Les cas du Chili et de la Colombie sont exemplaires. Ce sont les sociétés les plus inégalitaires d’Amérique Latine. La Colombie possède un indice Gini de 0.58 et le Chili de 0.50. Les taux d’analphabétisme sont de 3.5 pour le Chili et de 6.4 pour la  Colombie. Parallèlement ces pays maintiennent de faibles taux d’inscription universitaire et les jeunes qui accèdent à l’enseignement doivent le faire sous la modalité du crédit éducatif, ce qui hypothèque leurs vies pour près de 15 ans après l’obtention d’un diplôme.

L’option socialiste de construction de la société a amené le Venezuela à faire sortir l’éducation du marché et à la garantir en tant que droit à tous les niveaux, ce qui permet aujourd’hui d’élever le capital culturel de toute la population.

Lors des élections présidentielles du 7 octobre 2012 le choix se fera entre deux modèles : capitalisme néo-libéral ou socialisme bolivarien. Nous ne disons pas cela par spéculation idéologique mais à partir de la compréhension de l’impact négatif que le capitalisme néo-libéral a sur la vie quotidienne des majorités en Amérique Latine.

Le 7 octobre 2012 les vénézuéliens choisiront entre l’éducation comme droit humain et comme principal outil d’inclusion sociale, ou la transformation de l’éducation en marchandise qui marginalise et exclut les grandes majorités.

Jesse Chacón

Directeur de GISXXI

http://www.gisxxi.org

URL de l’original en espagnol : http://www.gisxxi.org/articulos/la-educacion-como-esfera-de-inclusion-una-mirada-comparativa-entre-venezuela-chile-y-colombia-jesse-chacon-gisxxi/

Traduction de Thierry Deronne pour www.venezuelainfos.wordpress.com

« Seuls deux instituteurs y travaillaient »

LAS CACHAMAS, communité indigène de l’Etat Amazonas se trouve confrontée à une sérieuse problématique concernant l’éducation de ses enfants.

En effet, ceux-ci ne disposent pas de salle de classes. Etant donné les circonstances – la reprise des cours était imminente – ils se sont vus dans l’obligation d’utiliser un rancho (une habitation modeste, souvent construite par les propres habitants), où les conditions étaient inhumaines pour les enfants : pas d’hygiène élémentaire, un sol en terre battue, pas de lumière, des rideaux à la place des murs, pas de chaises, des pupitres bien trop lourds pour les enfants.

« Seuls deux instituteurs y travaillaient » – l’un enseignant aux classes de premier, deuxième et troisième niveau d’éducation initiale (de 4 à 6 ans), l’autre s’occupant des premier au troisième niveaux basiques (de 7 à 9 ans). Les parents doivent ensuite se charger de trouver où leurs enfants pourront poursuivre leurs études.

Grâce au Conseil Communal de Las Cachamas, la communauté indigène de Piaroa a obtenu une aide pour construire l’école, afin que leurs enfants puissent recevoir une bonne éducation. Et le plus important est que cette école va être construite au sein même de la communauté. Cette école sera pourvue du matérial nécessaire à l’éducation des enfants ; elle leur offrira aussi des repas, et mettra à la disposition de ses élèves une cour de récréation.