Venezuela : les images que vous ne verrez pas dans les médias…

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Caracas le 11 juillet 2017. Depuis le début de la révolution bolivarienne, les mouvements féministes s’inscrivent profondément dans le processus de transformation sociale, culturelle et politique, comme en témoignent l’élaboration de nombreuses propositions pour la prochaine Assemblée Constituante à élire le 30 juillet. Après avoir décidé il y a quelques semaines de créer et de financer une École Nationale du Féminisme, le président Nicolas Maduro vient d’appliquer une autre des revendications : le « programme national de l’accouchement humanisé ». Dans la première phase, 100 formatrices accompagnées de médecins communautaires et de 10 mille promotrices communales, seront chargées de lancer ce programme pour mettre fin à la violence obstétrique dont sont encore victimes de nombreuses vénézuéliennes et pour lequel le président a approuvé un budget de 12.090.000.000 bolivars. Le gouvernement a activé la ligne 0800 MUJERES pour faciliter l’accès des femmes à cette nouvelle mission sociale.

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Pionnier dans l’histoire de la coopération internationale, le gouvernement bolivarien a signé un accord avec le Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil. Déployés dans tout le Venezuela depuis une dizaine d’années ceux-ci assurent la formation de petits producteurs au service de de la souveraineté alimentaire et importent des semences agro-écologiques produites dans les unités du MST au Brésil pour les distribuer aux réseaux paysans du Venezuela. Une manière pour les Sans Terre de manifester leur solidarité active face à la guerre économique et aux pénuries alimentaires organisées par le secteur privé (majoritaire) pour affaiblir la base sociale de la révolution bolivarienne. Ces photos du 13 juillet 2017 montrent la remise de semences en provenance du Brésil aux mouvements paysans vénézuéliens en présence de Marcelo Resende, représentant de la FAO au Venezuela, Denir Sosa, membre de l’équipe permanente des Sans Terre dans ce pays, et Freddy Bernal, Ministre de l’agriculture urbaine et  responsable national des Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) mis en place par le gouvernement Maduro.

Texte : Thierry Deronne, Venezuela juillet 2017

Photos : AVN / Carmen Navas Reyes

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Ce que les médias ne vous montreront pas du Venezuela

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Merci à l’équipe de Venezuelanalysis.com

Notes :

  1. Sur la domination des médias privés au Venezuela voir l’étude du groupe US Nielsen Rating : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-14-Medias-et-Venezuela

  2. Sur cette coopération Sud-Sud, on peut lire aussi : « Le Venezuela et le Mali renforcent leur coopération universitaire » https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/05/10/le-venezuela-et-le-mali-renforcent-leur-cooperation-universitaire/

  3. « La FAO considère que le problème de la faim est pratiquement éliminé au Venezuela », https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/13/la-fao-considere-que-le-probleme-de-la-faim-au-venezuela-est-pratiquement-elimine/

  4. Sur la politique mise en oeuvre par Maduro, « quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux » https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/06/03/videos-et-photos-quarante-jours-a-la-rencontre-des-mouvements-sociaux/ ; « Nous t’écoutons Claudia » https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/05/06/nous-tecoutons-claudia/ ; « Ce que la révolution bolivarienne va faire de 2013 à 2019« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/06/16/ce-que-les-medias-ne-vous-montreront-pas-du-venezuela/

« La FAO considère que le problème de la faim au Venezuela est pratiquement éliminé ».

par Marcelo Resende, représentant officiel de la FAO (1) au Venezuela.

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Tout récemment divers médias dans le monde ont parlé de pénurie alimentaire au Venezuela (2).

Or les données et les concepts dont dispose la FAO (organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation) en ce qui concerne la sécurité alimentaire, la faim ou la sous-alimentation, montrent que le Venezuela est devenu un exemple de politiques publiques garantissant la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) des populations qui en ont le plus besoin.

On peut le mesurer dans la mise en œuvre des divers projets et programmes réalisés pour couvrir les dimensions du cadre juridique, de la disponibilité et de l’accès – piliers du concept de sécurité alimentaire. Cela se reflète aussi dans notre Panorama des documents de sécurité alimentaire et nutritionnelle en Amérique latine et dans les Caraïbes et dans l’État de l’insécurité alimentaire dans le monde (SOFI en anglais).

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Sur le plan législatif, la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle repose sur un cadre juridique solide étayé par l’article 305 de la Constitution, ainsi que sur la Loi pour la Souveraineté et la Sécurité Alimentaire (LOSSA). Sur ce point, il est important de noter que le Venezuela garantit le droit à la nourriture grâce aux articles 5, 8, 9, 10, 11, 56 et 58 de la LOSSA.

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Marché d’alimentation à bas prix (réseau MERCAL), Caracas, le 14 avril 2013.

Autre fait innovateur dans le domaine du pouvoir exécutif : la création en 2004 d’un ministère puissant qui aborde spécifiquement la question de l’Alimentation. (3)

En ce qui concerne la disponibilité de nourriture, en 2011, le Venezuela a consacré 5,139 milliards de dollars aux importations de produits alimentaires selon la source Global Trade Atlas, données publiées dans le Panorama. La FAO a calculé que pour qu’une personne ne souffre pas de la faim ou ne soit pas sous-alimentée, elle doit consommer au moins 1800  calories/jour. Au Venezuela, selon l’Institut National de la Nutrition (INN), la disponibilité atteint 3182 calories par personne et par jour.

Sur l’accès à la nourriture, un vaste réseau d’alimentation public : les Bicentenario, Mercal, Supermarchés, PDVAL, foires à ciel ouvert, dépôts mobiles, maisons d’alimentation, entre autres initiatives, totalisent plus de 22.000 points d’approvisionnement sur tout le territoire national (4). À l’heure actuelle, la Mission Alimentation (programme phare du ministère de l’alimentation) bénéficie à 17,5 millions de personnes. Cette couverture concerne 61% de la population vénézuélienne, qui bénéficient d’une subvention atteignant de 78,7%  sur les prix total de la nourriture, selon les informations gérées par le ministère.

Selon les données du rapport SOFI de la FAO, le pays est passé de 13,5% (en 1990/1992) à 2,5% (2010/2012) de personnes sous-alimentées. Cette réalisation fait de la République bolivarienne du Venezuela un des pays de la région qui a déjà atteint l’objectif fixé par les Nations Unies de réduire de moitié la proportion de personnes souffrant de la faim entre 1990 et 2015 : c’est le premier objectif du Millénaire pour le développement (OMD 1: Réduire l’extrême pauvreté et la faim). (5)

De même, il convient de rappeler que la République bolivarienne du Venezuela a également atteint l’objectif du Sommet Mondial de l’Alimentation (« réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées entre 1990 et 2015 »).

En 1990-1992 au Venezuela environ 3 millions de personnes étaient dans un état de sous-alimentation. Ce chiffre avait atteint un sommet entre 1999-2001 pour atteindre 4 millions de personnes.

Aujourd’hui, en 2013, la FAO considère que le problème de la faim au Venezuela est pratiquement éliminé.

Marcelo Resende

Notes de VenezuelaInfos :

  1. Sigles en anglais de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, http://www.fao.org/index_fr.htm
  2. Ce thème est recyclé à l’infini par les médias internationaux (comme France 24 ou le Point, avec Claire Menyal). Le simple besoin de marteler cette ligne est déjà suspect en soi. C’est aussi un des thèmes de campagne du candidat néo-libéral Henrique Capriles Radonski… Il s’agit de plaquer sur le Venezuela une image de « période spéciale de restriction cubaine » alors que toute personne vivant à Caracas sait très bien qu’on y trouve de tout en abondance et qu’il faut bien chercher pour trouver des rayons vides… Y a-t-il un journaliste dissident dans l’avion du « Parti de la Presse et de l’Argent » ?
  3. Voir le site http://www.minpal.gob.ve/index.php?option=com_content&task=view&id=7&Itemid=15 et pour le réseau Mercal http://www.mercal.gob.ve/web/index.php?option=com_content&task=view&id=330
  4. Le candidat bolivarien Nicolas Maduro a annoncé que s’il remportait les élections présidentielles du 14 avril 2013, il renforcerait les réseaux existants de distribution d’alimentation, notamment en créant des « Mercal ouvriers » près des centres de production afin de faciliter l’accès des travailleurs à une alimentation bon marché.
  5. Voir http://www.un.org/fr/millenniumgoals/poverty.shtml

Source (portugais) : Brasil de Fato, http://www.brasildefato.com.br/node/12618

Traduction : Thierry Deronne

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Les bolivariens en campagne ne croient pas aux larmes (II)

Le Chancelier uruguayen Almagro et le Président vénézuélien Maduro à Caracas, le 26 mars 2013.

Le Chancelier uruguayen Almagro et le Président vénézuélien Maduro à Caracas, le 26 mars 2013.

Parallèlement à la mobilisation populaire pour l’élection présidentielle du 14 avril 2013, le gouvernement bolivarien poursuit la réalisation de la politique extérieure lancée par le président Chavez.

Le 24 mars 2013 le président par interim Maduro a ratifié un mécanisme d’échange et de complémentarité économique entre les pays membres de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (Alba-TCP) et le Marché Commun du Sud (Mercosur), accord qui laissse la porte ouverte à l’adhésion de nouveaux pays. Maduro, qui fut ministre des affaires étrangères de Chavez durant plus de six ans (2006-2013) explique qu’il s’agit d’une «grande alliance économique, financière, technologique et commerciale entre ce puissant moteur qu’est le MERCOSUR duquel le Venezuela est déjà membre à part entière, et les nouvelles zones économiques de l’ALBA et de Petrocaribe. Il faut également accélérer la mise en fonctionnement de la Banque du Sud».

Tout en conversant avec l’ex-président Lula pour organiser les prochans rendez-vous de l’agenda politique latino-américain, le vénézuélien a également fait l’éloge de la création d’une Banque de Soutien au Développement par les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) qui permet aux pays émergents de se libérer de la tutelle d’organismes néo-libéraux tels que le FMI. Les nations signataires représentent à elles seules 25% de l’économie mondiale et 40 % de la population. Le 28 juin prochain le Venezuela assumera la présidence pro tempore du Mercosur, troisième marché mondial.

Le même jour à Caracas, le chancelier uruguayen Luis Almagro a signé de nouveaux accords de coopération avec le Président Maduro, ainsi que l’adhésion de son pays à la nouvelle unité monétaire latino-américaine – le SUCRE. Ce «Système Unitaire de Compensation gionale», créé à l’initiative du Venezuela, a été adopté en novembre 2008 par les pays membres de l’ALBA pour remplacer le dollar US dans le commerce inter-régional. En février le Nicaragua et le Venezuela ont effectué leurs premières transactions via ce système de paiement pour un montant de 25 milliards de Sucres, équivalents à 31.2 millions de dollars (1). Pour l’uruguayen Luis Almagro, «ces accords permettront de faire croître le commerce entre le Venezuela et l’Uruguay de 30%. Nous sortons des fonds baptismaux du Mercosur, de l’ALBA, du Pacte Andin, nous devenons chaque jour un peu plus latino-américains». (2)

« La paix en Colombie était le rêve de Chavez. Que n’a-t-il fait pour la Colombie, combien d’infamies n’a-t-il subies pour son amour et son respect de la Colombie. Nous renouvelons au président Juan Manuel Santos, aux FARC, notre engagement, en privé ou en public, en faveur du processus de paix en Colombie, car cette paix est celle de notre patrie» : c’est ce que le président Maduro a répondu à un paysan des montagnes du Chocó (Colombie) invité à la Xème Rencontre d’intellectuels, artistes et mouvements sociaux en Défense de l’Humanité organisée à Caracas du 25 au 26 mars 2013.

Pour ce militant colombien, « l’héritage de Chavez, c’est la paix, l’amour pour la terre-mère, pour nous qui l’habitons. Chavez a toujours insisté sur l’harmonie qui doit exister entre l’homme, la femme et la nature. C’est pourquoi nous sommes venus à cette rencontre, pour vous dire que nous sommes en lutte, en résistance, que nous aimons la révolution bolivarienne et que nous voulons la liberté des peuples ».

Autre invité de l’assemblée de Caracas, l’anthropologue et sociologue mexicain Héctor Díaz Polanco, qui estime que «Chávez est le centre de l’innovation politique des deux dernières décennes. Même sur un plan mondial, il y a longtemps que nous n’avions eu un leader de cette envergure. Il avait pris de l’avance sur beaucoup d’intellectuels avec sa vision adéquate du thème de l’environnement qu’il développe dans son programme de gouvernement, le Plan Patria 2013-2019 (3) : protéger la vie, la biodiversité, garantir la nature et ses ressources pour les générations futures : une éthique trans-temporelle qui ne nous engage pas seulement pour la génération contemporaine mais pour celles à venir».

Pour le vice-président bolivien Álvaro García Linera, présent lui aussi à la Xème Rencontre, Hugo Chávez “fut un parapluie pour que s’éveille le continent, un mur de contention pour que puisse affleurer l’impulsion bolivarienne dans la région. Il a surgi comme une force, un tourbillon, un ouragan qui a fait bouger l’histoire, a fait émerger les potentiels de lutte nichés dans les peuples, chacun d’eux apportant sa particularité tout en recueillant la force révolutionnaire de Chávez. Nous vivons une géopolitique continentale inédite : l’Amérique Latine est la région du monde qui possède le plus de gouvernements progressistes. Nous n’avions jamais vécu cela. Les vénézuéliens se sont tournés vers le monde pour améliorer la vie de tous. Aujourd’hui nous ne percevons qu’une partie de l’héritage de Chavez : sa vérité est dans le futur”.

«Chávez nous a appris que les processus d’intégration ne se basent pas seulement sur des principes financiers mais aussi sur la construction de mécanismes sociaux».

Patricia Rodas, Secretaria de Estado en el despacho de Relaciones Exteriores de Honduras, interviene en el acto de clausura de la Cumbre de la Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América (ALBA), en el Palacio de Convenciones, en La Habana, Cuba, el 14 de diciembre de 2009. AIN FOTO/Marcelino VAZQUEZ HERNANDEZ

Patricia Rodas, Ex-Ministre des Affaires Étrangères du Honduras

Après les élections du 14 avril 2013, se tiendra à Caracas une réunion spéciale des pays membres de l’ALBA et de Petrocaribe (4) pour sceller l’accord de collaboration entre les deux mécanismes de solidarité et de complémentarité, et créer «une grande zone pour le développement économique, la croissance authentique de notre industrie, la capacité de produire des aliments » (Maduro).

Présente à Caracas, Patricia Rodas, ex-Ministre des Affaires Étrangères du président Zelaya déchu par un coup d’État militaire en 2009, a déclaré : «Chávez nous a appris que les processus d’intégration ne se basent pas seulement sur des principes financiers mais aussi sur la construction de mécanismes sociaux».

Le cas du Honduras est exemplaire. En août 2008, las de ne pas recevoir d’aide états-unienne, le président Zelaya (centre-droit) avait adhéré à l’ALBA pour affronter l’énorme pauvreté régnant dans la population. Il fut renversé en juin 2009 par des militaires soutenus par des États-Unis soucieux de défendre leur arrière-cour (dans le même sens Wikileaks a révélé les efforts de Washington pour contrer l’aide du Venezuela et de PetroCaribe à Haïti). La presse française fit preuve de complaisance envers ce coup d’État qui remit le Honduras à l’heure des privatisations, des transnationales et des «assassinats sélectifs» de journalistes et de militants de mouvements sociaux. Dans le journal «Libération», Gérard Thomas alla jusqu’à mettre en doute l’existence du coup d’État et à critiquer le président Zelaya pour « avoir joué avec le feu » en adhérant à l’ALBA. (5)

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« Nous allons revenir dans l’ALBA, nous tourner vers la CELAC, le Brésil, vers le Vénézuéla » Manuel Zelaya, ex-président du Honduras.

Quatre ans plus tard, en mars 2013, le parti hondurien LIBRE (Liberté et Refondation), né de la résistance populaire au coup d’État, annonce qu’en cas de victoire aux prochaines présidentielles, le Honduras redeviendra membre de l’Alliance Bolivarienne des Peuples de l’Amérique (ALBA) : « La situation économique du pays a atteint une gravité sans précédent dans notre histoire. Nous n’avons jamais atteint un tel degré de détérioration des finances publiques, d’augmentation de la pauvreté et de manque de production et d’emploi au Honduras » a déclaré l’ex-président Zelaya. « La population ne mange pas de ciment mais des haricots, du maïs. Elle exige que soient résolus les problèmes de famine, de pauvreté et de manque de travail. La position de notre candidate Xiomara Castro est claire : nous allons revenir vers le Brésil, vers le Venezuela, vers des mécanismes de solidarité latino-américaine come l’ALBA, la CELAC, Petrocaribe et d’autres instances d’intégration continentale. Nous allons récupérer ce que nous avons perdu depuis le coup d’État » (6)

Après les récents rapports d’organismes de l’ONU – comme la CEPAL (commission d’études économiques et sociales en Amérique Latine) ou de la FAO (agriculture et alimentation mondiales) – faisant l’éloge du gouvernement bolivarien pour la réduction des inégalités, la croissance économique, la souveraineté alimentaire, c’est un autre organisme des Nations-Unies, le PNUD (développement mondial) qui vient de saluer le travail accompli par Hugo Chavez. Le 18 mars 2013, le représentant du PNUD au Venezuela Niky Fabiancic a remis au président Maduro le rapport intitulé «l’ascension du Sud» selon lequel le Venezuela est devenu «un des pays du monde possédant les plus hauts coefficients de développement humain, au-dessus du Brésil, de la Colombie et de l’Équateur» (7). Niky Fabiancic a déclaré à cette occasion : « Ce thème était très cher au Président Hugo Chávez, il a lutté pour cet objectif toute sa vie, pour le progrès humain. Il a lutté infatigablement pour le bien-être de son peuple, pour protéger les pauvres et pour promouvoir la cause de l’unité des peuples de l’Amérique Latine et des Caraïbes ». (8)

Thierry Deronne, Caracas, 26 mars 2013

avec AVN, Ciudad Caracas, Correo del Orinoco. pnud1

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Notes :

  1. Outre l’Uruguay ont déjà souscrit au S.U.C.R.E. : le Venezuela, Cuba, Antigua et Barbuda, la Bolivie, la Dominique, le Nicaragua, San Vicente et les Granadines, et l’Équateur.
  2. L’unité de l’Amérique Latine s’exprime également ce 26 mars 2013 dans la rencontre du Ministre des Affaires Étrangères argentin Héctor Timerman avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et avec le président du Comité de Décolonisation de l’ONU, Diego Morejón (Equateur). Au menu, le retour des île Malouïnes sous la souveraineté argentine. Pour cette réunion le chancelier argentin est accompagné par les Ministres des Affaires Étrangères Bruno Rodríguez (Cuba), Luis Almagro (Uruguay), et José Beraún Aranibar (vice-ministre, Pérou), respectivement représentants de la Communauté des États d’Amérique Latine et des Caraïbes (Celac), du Marché Commun du Sud (Mercosur) et de l’Union des Nations Sud-Américaines (Unasur). Jusqu’ici le Royaume-Uni colonise et occupe miltairement ce territoire pour ses ressources, notamment pétrolières, et fait la sourde oreille aux résolutions de l’ONU qui l’invitent à négocier avec l’Argentine.
  3. Hugo Chávez Frías, « Plan Patria 2013-2019 » : programme repris et soumis aux électeurs par le candidat bolivarien Nicolas Maduro pour les présidentielles du 14 avril 2013. Texte complet : https://venezuelainfos.files.wordpress.com/2012/10/programme-de-chavez-2013-2019-texte-integral1.pdf
  4. Créée par le président Chavez, l’alliance Petrocaribe bénéficie à 22 pays de toute la zone caraïbe et centraméricaine – certains très pauvres comme Haïti ou le Honduras – en leur permettant d’acquérir du pétrole à un prix préférentiel. Petrocaribe a reçu de nouvelles demandes d’adhésion du Salvador, du Panamá et du Costa Rica. Le dernier pays en date à adhérer fut le Guatemala.
  5. Signe de la dérive des médias français : alors qu’en 1973 la presse parisienne défendait la démocratie face au coup d’État de Pinochet, en 2009 elle trouve des arguments pour justifier un coup d’État militaire. Voir l’analyse d’ACRIMED, par Henri Maler : http://www.acrimed.org/article3178.html
  6. Source : le Blog de Giorgio Trucchi http://nicaraguaymasespanol.blogspot.com/2013/03/honduras-partido-libre-ataca-politica.html
  7. Voir le site du PNUD – Venezuela : http://www.pnud.org.ve/
  8. Par comparaison, de 1995 à 2012, dans le même rapport du PNUD, la France a perdu 18 places au sein du classement mondial du Développement Humain, ce qui représente quasiment un recul d’un rang tous les ans. Lire « La France en route vers le tiers monde »  http://www.legrandsoir.info/la-france-en-route-vers-le-tiers-monde.html

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/26/les-bolivariens-en-campagne-ne-croient-pas-aux-larmes-ii/

A Brasilia le campement paysan national « Hugo Chavez » exige la reprise de la réforme agraire

Le Campement National « Hugo Chávez », qui a démarré le 5 Mars 2013 à Brasilia avec 400 militant(e)s Sans Terre venus de tout le Brésil, a été organisé pour dénoncer l’abandon de la réforme agraire par Dilma Roussef et les progrès de l’agro-business au Brésil.

Pour Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), ce campement répond à l’offensive du capitalisme dans les zones rurales et vise à faire pression sur le gouvernement pour qu’il libère et légalise immédiatement des terres cultivables pour 90.000 familles vivant sous des tentes au Brésil. Actuellement, plus de 150 mille familles vivent dans des campements, dans l’attente de terres. Parmi celles-ci, 90.000 sont membres du Mouvement des Sans Terre. Sous le gouvernement Rousseff seules 31 nouvelles zones ont été expropriées, soit seulement 72 mille hectares. Pendant ce temps, plus de 309 millions d’hectares de terres sont tombés sous le contrôle de l’agro-industrie.

Selon Conceiçao, ces chiffres alarmants sont le résultat de la politique du gouvernement brésilien qui protège les grands propriétaires (« latifundistes »). «Il est inacceptable que le gouvernement continue à renforcer le modèle de l’agrobusiness dans les campagnes, alors que la réforme agraire continue d’être écartée de l’agenda. La démocratisation de la terre est essentielle pour assurer la modification de la structure des grandes propriétés  terriennes et consolider un modèle de développement durable dans les zones rurales, c’est pourquoi nous voulons la réforme agraire ».

Par contraste, depuis 1999, le gouvernement vénézuélien a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples indigènes du pays et la réforme agraire a permis à des dizaines de milliers de paysans de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres leur ont été remis. Alors qu’en 1999, le Venezuela ne produisait que 51% des aliments qu’il consommait, en 2012 la production est de 71%. En janvier 2013 la FAO (Organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation) a félicité le Venezuela pour le succès de sa politique de souveraineté alimentaire.

Dès 2007, s’opposant à l’introduction des OGM et à la substitution de cultures vivrières par celles destinées à l’éthanol, Hugo Chavez déclarait son refus d’“enlever le maïs aux gens, à la chaîne alimentaire, pour remplir les automobiles”. Le programme porté par le candidat bolivarien Nicolas Maduro pour les élections présidentielles du 14 avril 2013, le même qui avait valu sa victoire à Hugo Chavez en octobre 2012, prévoit dans son cinquième objectif de poursuivre le développement de l’agro-écologie et de l’agriculture urbaine, la réforme agraire et la protection des réserves d’eau, de la biodiversité, des lacs, mers et forêts, de continuer à s’opposer sur les plans régional et international à toute forme de commercialisation de la nature et à défendre l’équilibre climatique (tel que défini dans le Pacte de Kyoto) ; de démanteler les schémas du charbon sur le marché international qui légitiment le droit de polluer, ou encore de concrétiser un plan national contre le rejet de gaz (effet de serre) et la transformation des industries concernées.

La réforme agraire paralysée au Brésil

Le Brésil est le deuxième pays pour la concentration de la terre dans le monde, devancé seulement par le Paraguay. L’expansion de l’agro-business transforme la terre en pur actif économique et la soumet à la spéculation du marché international. L’arrêt de la réforme agraire au Brésil s’exprime dans les données honteuses du gouvernement de Dilma Rousseff : seules 23.000 personnes ont pu voir leur situation régularisée en 2012.

« Le gouvernement Dilma a fait les pires chiffres de la réforme agraire dans les 20 dernières années. L’objectif du campement est de faire pression pour remettre la réforme agraire à l’ordre du jour. Nous allons nous mobiliser en permanence. Non seulement ici, à Brasilia, mais dans tous les autres Etats. Tout au long de 2013 nous allons organiser des manifestations pour faire valoir nos exigences », explique Luiz Ferreira, coordinateur des sans Terre pour l’État de Bahia.

Le Brésil n’est pas seulement un des pays où les terres sont le plus concentrées, mais aussi le plus grand consommateur de pesticides, pour la 5ème année consécutive. Le Brésil consomme 19% de l’ensemble des produits agrochimiques produits dans le monde. Cette utilisation excessive des pesticides empoisonne la production de la nourriture et l’eau. Selon l’Agence Nationale de Surveillance Sanitaire (ANVISA), 30% des aliments consommés par les Brésiliens sont impropres à la consommation par excès de pesticides.

Campement « Hugo Chavez », Brasilia, mars 2013

Agro-écologie

Par opposition au modèle de production de l’agro-industrie, le campement permanent « Hugo Chavez » vise également à visibiliser le projet d’agriculture agro-écologique dans la société, les universités et les écoles, à discuter avec ces secteurs sur comment « les pesticides, liés à l’agro-industrie, affectent la paysannerie et comment l’agro-écologie, liée à la réforme agraire, s’exprime dans la vie quotidienne de ces gens » explique Ferreira.

Pour lui, en plus de la démocratisation de la terre, il est nécessaire que le gouvernement mette en oeuvre un programme de développement des unités productives, avec un investissement public pour offrir des crédits aux producteurs agricoles et des infrastructures dans les zones de la réforme agraire. Cela permettrait de garantir aux paysans qui se mettent à produire une vie digne, avec accès à l’éducation, à la santé, au crédit agricole et la qualité de l’habitat rural.

Dans le même sens, Ednaldo Ramalho, de la coordination du MST dans l’Etat de Pernambuco, rappelle que « le gouvernement dit que sa priorité est de renforcer les zones de peuplement et les unités productives existantes. Mais comment veut-il faire s’il ne donne pas la priorité à la réforme agraire? Si l’INCRA (Institut de la Réforme Agraire) est en faillite, abandonné ? »

Formation

Le Campement National Hugo Chavez a été conçu et construit comme un lieu de lutte et comme une école. En plus des mobilisations externes, il assure la formation politique et idéologique des 400 militants venus de chaque État du Brésil, par rotation. Selon Erica Souza, de la coordination d’État du MST à Rio de Janeiro, «l’objectif est que le campement dispose d’espaces d’enseignement théorique et pratique, intensifie un processus de formation collective, et permette de mieux connaître le profil des personnes qui y vivent pour construire ensemble l’organisation interne.  »

Campement « Hugo Chavez, Brasilia mars 2013.

Pourquoi Chávez ?

Le campement a été baptisé « Hugo Chavez » le jour même de la mort du président du Venezuela (5 mars 2013) après une intense journée de lutte dans la capitale fédérale brésilienne. Au nom du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, Joao Pedro Stedile avait rappelé lors d’une interview à Telesur le 9 mars 2013, « le combat commun des Sans Terre et du président Chavez : création d’écoles agro-écologiques, luttes contre les OGM, réforme agraire, souveraineté alimentaire, mais aussi promotion incessante des idées des  mouvements sociaux au coeur de l’intégration latino-américaine. Beaucoup de présidents lorsqu’ils arrivent au pouvoir, se croient les maîtres du monde, ne conservent que la bouche et perdent les oreilles. Chavez, lui, en toute simplicité, t’écoutait, cherchait à converser avec toi pour apprendre,  écouter ».

« Ce furent 14 années de victoires électorales successives, mais aussi de nombreuses luttes contre le capitalisme ». Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des sans Terre, poursuit : « Chavez était par nature un combattant anti-capitaliste, et le Campement National est né exactement du même processus de lutte permanente contre l’avancée du capitalisme dans les campagnes et en faveur de la souveraineté des peuples. L’hommage du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre est plus que justifié : Hugo Chavez, après avoir été porté au gouvernement par le peuple, armé de beaucoup de courage, a non seulement entrepris de libérer le peuple vénézuélien, il a aussi compris que le capitalisme était un ennemi à affronter dans toute l’Amérique latine, et qu’en tant que tel devait être combattu collectivement par tous ceux qui refusent de renoncer à la souveraineté de leur pays « .

Hugo Chavez visite une unité de production du Mouvement des Sans Terre (Brésil, Tapes, janvier 2003)

Hugo Chavez visite une unité de production du Mouvement des Sans Terre (Brésil, Tapes, janvier 2003)

Source (portugais) : Iris Pacheco, de la page du MST

Photos : MST / Elitiel Guedes

Traduction : Thierry Deronne

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