Le Venezuela ouvre le débat pour construire une nouvelle loi du travail.

« Démocratiser le monde opaque de la production », “Mettre en place des conseils des travailleurs”, “éliminer la division du travail”, « réduire la durée du travail pour faire place au temps de la vie », « créer la propriété sociale des moyens de production » : les objectifs qui fondent historiquement l’existence de la gauche sont bien vivants… au Venezuela. Alors qu’en Europe, en Espagne par exemple, la loi du travail est revue et corrigée pour la rendre plus favorable au patronat, le Venezuela a lancé il y a quelques mois un débat public pour élaborer une loi qui «paie enfin la dette que possède encore la révolution vis-à-vis des travailleurs».

La loi actuelle reste en effet très favorable à un secteur privé dominant, et marquée au coin du néo-libéralisme et des accords de Punto Fijo (1961) par lesquels sociaux-chrétiens et sociaux-démocrates avaient fixé le contrôle politique de l’État. Pour que la nouvelle « Loi Organique du Travail » (LOT) que signera le président Chavez le 1er mai prochain soit le fruit d’un débat pluraliste, la commission présidentielle a déjà reçu des milliers de propositions que rédigent des mouvements sociaux aux quatre coins du pays : syndicats, mouvements de jeunes, organisations de femmes, coordinations de concierges, de producteurs agricoles ou de pêcheurs, etc…

Ainsi les militants de la JOC (Jeunesse Ouvrière Catholique) ont réalisé un diagnostic précis des atteintes aux droits des jeunes travailleurs (photo). «Non-reconnaissance des jeunes travailleurs du secteur informel», «mauvais traitements et agressions au travail», «licenciements injustifiés», «irrespect du droit lié au premier emploi», «stages sans paiement de salaires», «pas d’accès à la santé dans les centres de travail», etc.. L’axe central de leur proposition est que la loi consacre enfin les jeunes travailleurs comme sujets de plein droit, en garantissant l’égalité et en punissant sévèrement les patrons coupables de discriminations. Parmi les propositions, on notera entre autres:

– Le patron devra garantir que 25% au moins du personnel soit composé de jeunes. Ceux-ci bénéficieront d’un régime spécial qui leur permette d’étudier tout en travaillant, sans que cela affecte ni leur salaire, ni la stabilité de l’emploi.

– Le patron devra garantir les moyens concrets de la formation intégrale des travailleurs durant la journée de travail (ce qui vaut pour les syndicats, délégués de prévention et membres du Conseil des Travailleurs).

– L’interdiction de pré-requis à l’embauche tels qu’expérience préalable ou période d’ essai.

– Les pleins droits à la participation politique et à l’organisation dans les centres de travail, pour le mouvement syndical comme pour les conseils des travailleurs.

– Les pleins droits aux assemblées permanentes comme moyens de prises de décisions et de consultations syndicales et des conseils de travailleurs pendant les heures de travail ou pendant le temps libre.

Osvaldo Vera, député socialiste (PSUV) et membre de la commission présidentielle qui rassemble les diverses propositions, explique que la loi modifiera le rôle du ministère du Travail. «Il cessera d’être neutre et se mettra du côté du travail, non plus de celui du capital». Mr. Vera évoque la création d’un fonds pour le paiement des divers droits sociaux dus aux travailleurs, alimenté par 3% des royalties pétrolières. «Ainsi, tout travailleur qui quitte son poste pour prendre sa retraite, ou parce qu’il démissionne ou se fait licencier, pourra compter sur le paiement rapide de ses droits ou de ses indemnités”. La figure du « licenciement injustifié » sera éliminée de la loi et sera remplacée par celle du « licenciement illégal« . Pour Antonio Espinoza Prieto, avocat expert en droit du travail, lui aussi membre de la commission présidentielle, trois aspects sont incontournables : « la restitution du régime des prestations sociales la réduction de la durée du travail et le renforcement des droits du travaillleur« .

Depuis la salle de réunion des conseils communaux du secteur Valentin Valiente de la ville de Cumaná, sur la côte (photo), des dirigeants syndicaux parmi lesquels Marcela Maspero (UNETE, syndicat bolivarien) ont annoncé la remise de propositions le 22 mars prochain dans le cadre d’une grande mobilisation nationale à Caracas. Elle a exigé que la commission présidentielle rende publique l’ensemble des propositions : « Il n’y a aucune clarté et nous ne pouvons nous démobiliser vu la compromission de secteurs locaux du ministère du travail et le retard de certains dossiers, comme c’est le cas pour les 18 travailleurs de l’entreprise privée Toyota licenciés en septembre 2011, et dont le retour au travail a été repoussé durant 5 mois ».

« Nous sommes toutes travailleuses, dans tous les aspects de la vie»

Dans l’État agricole de Portuguesa, une cinquante de travailleuses se sont réunies à l’occasion de la Journée Internationale de la femme (photo).

Sindia Aguilar et Yilvany Martínez de l’entreprise Protécnica, Patricia Méndez de l’entreprise Molinera, Carolina Gana et Milena Hernández de l’entreprise Proarepa, Camila Rodríguez de ATC, Johanna Rojas et Ninfa Riera, de Pronutricos, Rosa Landínez (Communauté de Píritu), María Mendoza (Venearroz) et Olga Angulo (Arroz del Alba), entre autres, veulent «adapter la loi à nos besoins concrets et en particulier réaliser l’équité totale entre hommes et femmes au travail». Chacune d’elles va réunir le plus grand nombre possible de  travailleuses dans d’autres entreprises pour poursuivre la discussion.

A l’autre bout du pays, des femmes de l’État de Vargas (Maison de la Femme de la mairie, Zone Éducative de Vargas, Direction Régionale de la Santé, Organisation des femmes Josefa Joaquina Sánchez, etc..) exigent que la loi «visibilise la femme travailleuse sous toutes ses facettes : femme qui travaille au foyer, paysanne ou commerçante informelle».

Aimée Benítez, du mouvement Josefa Joaquina Sánchez : «L’égalité absolue est indispensable. Nous sommes toutes travailleuses, dans tous les aspects de la vie. Nous défendons des propositions comme le fonds de sécurité sociale financé par les entreprises publiques et privées, pour résoudre les difficultés des travailleu(r)ses indépendantes». Les femmes appuient la réduction de la durée du travail de 8 à 6 heures par jour, l’extension du congé prénatal à deux mois comme droit inaliénable et du congé postnatal à six mois, un droit qui pourrait être étendu à tout proche qui aide à prendre soin de l’enfant jusqu’à l’âge d’un an. On défend la proposition de “garderies dans les entreprises publiques et privées pour, notamment, garantir le temps de l’allaitement maternel”.

Renaissance légale du «Conseil des travailleurs».

Un des buts de la nouvelle loi est de rattraper le retard pris dans la création de la figure légale du «Conseil des Travailleurs» que le Parti Communiste du Venezuela avait déjà proposée à l’Assemblée Nationale en 2007. Quel est le but de ces «conseils», revendication historique de la gauche mondiale (1) ?

Pas de collaborer avec le patronat pour augmenter l’emprise du capital sur le travail mais de devenir une forme d’organisation supérieure des travailleurs, qui exercera le contrôle social sur la production et sur l’administration des entreprises, prendra une part active aux décisions et développera la participation directe de la population dans les centres de travail publics comme privés. Les «conseils de travailleurs» ne se substitueront donc pas aux syndicats, maintenus dans la nouvelle loi, mais leurs membres jouiront de la même protection légale que les militants syndicaux. Il s’agit en fait de démocratiser le monde du travail. Les entreprises mixtes et privées ne pourront en aucun cas faire obstacle à leur constitution ni à leur fonctionnement, sous peine de sanctions.

Thierry Deronne, avec AVN, Ciudad CCS, Prensa Proarepa, JOC-V, Prensa MINPPAL.

(1) La journaliste Carolina Hidalgo (Ciudad CCS) rappelle qu’au Chili en 1973, les travailleurs chiliens s’organisèrent spontanément sous la forme des “cordons industriels”, sorte de conseils de travailleurs constitués dans chaque secteur pour faire face aux pénuries provoquées par l’opposition et par le gouvernement états-unien sous la présidence de Salvador Allende. Dans ces cordons industriels les ouvriers prenaient les décisions sur la production et fonctionnaient indépendamment du gouvernement.

Dans les premières années de la révolution russe, avant l’époque stalinienne, les “soviets” désignaient des assemblées d’ouvriers, de soldats, de paysans comme force fondamentale de transformation. En 1918, en Allemagne, l’opposition à la Première Guerre Mondiale et à ses pénuries et à la monarchie prussienne furent le point de départ des conseils de travailleurs, de marins et de soldats. Cette année-là des milliers de ces organisations s’établissent dans 18 villes allemandes. En Espagne, en 1936, de nombreuses expériences semblables appelées « collectivités » surgirent au sein du mouvement républicain en lutte contre les franquistes. Ces structures contrôlées par les travailleurs assumèrent dans certains cas les services municipaux, voire le pouvoir municipal. En 1937, ces “collectivités” furent anéanties sous l’action des troupes franquistes.

URL de cet article: https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/03/09/le-venezuela-ouvre-le-debat-pour-construire-une-nouvelle-loi-du-travail/

Mort d´un jeune et très talentueux musicien vénézuélien.

Aujourd´hui est mort un jeune et très talentueux musicien vénézuélien. Raul Abzueta était engagé dans la pensée et dans l´action. Collaborateur de la CONATEL (Commission Nationale des Télécommunications) pour que notre musique soit enfin entendue et écoutée à la radio. Critique virulent du fait que la CONATEL ramollisse les termes de la loi. Rêvant d´un espace physique qui reproduise le « Venezuela Demo », un de ses grands projets qui rassemble le vaste paysage musical de notre pays. Un lieu où les musiciens et artistes pourraient exprimer leur art, dans le respect, pour tous, avec l´appui des fonds pour la culture. Sa musique est souvent sortie de nos frontières. Avec sa guitare Raul est monté sur scène en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Espagne, aux États-Unis, en Finlande, en France, en Angleterre, en République Tchèque, en Suisse et en Turquie. Raul est décédé ce samedi 25 février 2012 des suites d´un accident cardio-vasculaire. Il avait 49 ans.

Il est bon de le rappeler car peut-être qu´on ne parlera pas beaucoup de lui hors de nos frontières, mais comme amis nous nous devons à sa mémoire.

Psychologue social, triathlète, guitariste, arrangeur et compositeur, Raul s´était consacré à la danse traditionnelle et contemporaine vénézuélienne dès ses débuts.

Il a commencé sa carrière musicale en tant que joueur de cuatro (NdT :  guitare à quatre cordes, emblématique de la musique vénézuélienne). Il a étudié à l’École de musique Ars Nova et a poursuivi sa formation avec les professeurs de guitare Carmelo Rodríguez, Roberto Jirón, Samuel Granados y Rubén Riera.

Avec la guitare qu´il adopte ensuite comme instrument de prédilection,  il a développé une oeuvre en compagnie du mandoliniste Cristóbal Soto, avec qui il a enregistré le disque « Arisca » en 1996. Cette même année, il fonda Caracas Sincrónica avec Pedro Marin et Alessandro Garcia.

« Agridulce », son premier album, sort en 1998 suivi en 2002 de « Zafarafa ». Avec une nouvelle formation (Abzueta, Marin, Demian Martinez, Rolando Canon, Javier Marin et Oscar Lista), le groupe sort « Tabara » en 2011.

Avec Pedro et Javier Marín, Rolando Canónico, Marina Bravo y Zeneida Rodríguez, il était aussi le fondateur du groupe « Pomarrosa » de la Fondation Bigott, avec lequel il enregistra les albums « Decir Piel » et « Otra historia ».

Avec le groupe de jazz « Mixtura », qui fut un autre de ses projets, il a produit les disques « Naniobo » et « Animal de viento. »

Abzueta a dit un jour au journal « El Mundo » : « Je pense que notre musique populaire est en bonne santé et que les problèmes sont du côté de la diffusion  et de sa compréhension ». C´est nourri de cette conviction qu´il a produit et animé avec Pedro Marin «Caracas sicrónica à la Radio » et, plus récemment, « Le merequetengue ».

Avec le groupe ELG4, formé par Luis Laya, Alejandro Calzadilla, Daniela Gómez-Castro, Yoli Chacón, Alba Marina González, Mari Stella Paredes, Germán Acero y Abzueta, il a produit la série « Venezuela Demo » pour diffuser  des productions indépendantes sur le plan national.

Faisant équipe avec les producteurs Leonardo Pico (exécutif) et José Ismael Sanchez (général), il a réalisé la captation d´une série de concerts de groupes locaux en vidéo de haute définition, intitulé «Le nouveau son du Venezuela ». Ce programme est en cours de diffusion sur TVes, la nouvelle télévision publique culturelle et éducative.

Les crédits de la Banque Communale sont devenus réalité

vendredi 10 juin 2011

Les mains de Moraima Hernandez ne souffriront plus de laver tant d’habits. Grâce à un financement de la Banque de la Commune « Victoire Socialiste », elle a pu bénéficier d’un kit du plan Mi casa bien equipada (Ma Maison Bien Equipée). Cette unité financière, qui fonctionne en plein centre de Carapita à proximité de la station de métro, gère un fonds social constitué de ressources mises à disposition par différentes institutions d’Etat pour des projets socio-productifs de la zone, dont notamment une forge en activité et une boulangerie en construction.

Ce ne sont pas les seuls partenaires de la banque. Yesmel Guanipa, porte-parole de la banque, explique qu’actuellement la banque travaille avec le Fonds de Développement Microfinancier (Fondemi) pour le financement de l’élecro-ménager, de cuisines, frigos et machines à laver pour 432 familles à Antimano, certaines d’entre elles n’optant que pour un ou deux équipements lectroménagers. Daile Monte est une des bénéficiaires et raconte qu’elle devait acheter sa viande quotidiennement étant donné que son frigos ne fonctionnait plus. Elle n’a donc pas hésité à opter pour le crédit proposé.

Avec ces prêts, la Banque de la Commune perçoit 6% de bénéfices, en l’occurrence 400 BsF, le reste des revenus issus de la vente étant transmis à l’organisme public de microcrédits Fondemi.

« Pour alimenter le fonds social, nous avons décidé que les personnes bénéficiant de nouveaux électroménagers, doivent nous retourner leurs anciens appareils. Par exemple, si c’est un frigo, nous le revendons à la Sidérurgie du Turbio (Sidetur) et obtenons ainsi quelques bénéfices » explique-t-elle.

Ce fonds a servi à appuyer des familles du périmètre constitué par les 18 conseils communaux qui intègrent la Commune « Victoire Socialiste », couvrant des dépenses d’opérations chirurgicales, d’enterrement ou achats de chaises roulantes et médicaments.

L’ELECTION

Mais qui peut opter pour un crédit à la Banque de la Commune ? Quiconque remplit les conditions exigées par l’unité financière et qui varient selon le projet.

Dans le cas du plan Ma Maison Bien Equipée, les personnes doivent fournir un dossier à la Banque de la Commune contenant leur document de travail, une photocopie de la carte d’identité, une attestation de bonne mœurs fournie par le conseil communal de son secteur ainsi qu’une lettre d’attestation de la résidence.

Durant le processus, qui a duré un mois, 500 dossiers ont été déposés. La plus grande difficulté s’est présentée au moment de l’inspection, maison par maison, pour vérifier le réel besoin de la personnes, si elle avait besoin d’une machine à laver ou d’un frigo, raconte Guanipa.

Pour faire ce travail plus rapidement, les porte-paroles des 18 conseils communaux se sont divisés par secteurs et avec le personnel de Fondemi ont visité toutes les familles.

Pour décider qui pourrait être bénéficiaire, ils ont pris en compte la capacité de la personne à rembourses le prêt, lequel commencerait à être rembourser cette fin de mois avec 12, 24, 32 ou 48 mensualités, stipulées par Fondemi.

Les porte-paroles de la Banque de la Commune ont également pris en compte le fait que la famille doit être propriétaire de son domicile, pour éviter qu’elle ne déménage et ne remplissent pas ses obligations de payement. Celles et ceux qui paient un crédit à l’Etat, ne pourront en bénéficier que lors d’une seconde étape.

Plusieurs familles à faible revenu ont été exonérées du paiement. Pour la prochaine mise à disposition de crédits – dit Guanipa – on envisage la possibilité que les personnes puissent déposer de l’argent dans un compte d’épargne de la Banque de la Commune, et lorsque le montant est atteint, l’appareil leur ait fourni. On entend ainsi stimuler l’épargne au sein de la communauté.

PORTE-PAROLES FORMÉS ET ORGANISÉS

“Nous, les personnes qui intègrent cette banque, avons été élues en assemblée de citoyens. Etant donné qu’il y a 18 conseils communaux, plus de 200 voisins et voisines ont participé à l’élection » a-t-il dit.

Pour obtenir la personnalité juridique, les porte-paroles élus par les conseils communaux se présentent au Ministère des Communes avec leurs lettres de postulation, leurs statuts fondateurs et un plan de secteur. Le Ministère émet une communication qui les accrédite comme Banque de la Commune Victoire Socialiste afin d’obtenir leur numéro de registre fiscal.

Avec ce document, ils se sont rendus auprès du Registre du Commerce du 3ème circuit. Le dernier pas a consisté à ouvrir un compte bancaire auprès de la Banque du Bicentenaire.

Le Fondemi a offert la formation. On y apprend comment gérer des ressources, les lois encadrant l’activité, comment ne pas tomber dans la corruption. Ils ont en outre été formés à l’exécution de projets socio-productifs.

«  Les ateliers nous ont appris que la clé réside dans la répartition des tâches, car si nous nous focalisons tous sur la même chose, les choses nous échappent toujours. C’est pour cela qu’il y a un porte-parole politique, un pour l’économie communale, un pour le niveau électoral, un pour l’éducation et un pour la santé ».

A partir d’aujourd’hui, les familles bénéficiaires vont pouvoir profiter de leurs nouveaux électroménager grâce à l’organisation populaire.


La loi

La Loi Organique sur les Communes établit dans son article 42 que la Banque de la Commune a pour objectif de garantir la gestion et l’administration des ressources financières et non financières qui lui sont assignées, ainsi que les revenus générés ou captés via ses opérations.

Ses porte-paroles doivent promouvoir la participation protagoniste du peuple dans la construction du modèle économique socialiste, par le biais de la promotion et appui au développement et consolidation de la propriété sociale pour le renforcement de la souveraineté intégrale du pays.

Source : http://www.ciudadccs.info/?p=180071

Traduction : Sebastian Franco, pour La Revolucion Vive

URL de cet article : http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1636&lang=fr

Mai 2011 : augmentation du salaire minimum de 25 % et des salaires des universitaires et du secteur public de 40%.

vendredi 29 avril 2011

Aux États-Unis et en Europe ils baissent les salaires, les crédits, repoussent l’âge de la retraite, licencient des travailleurs, délocalisent les emplois, coupent dans les budgets octroyés à la santé, à l’éducation – c’est comme ça que marche le monde capitaliste” a rappelé Hugo Chavez au moment d’annoncer, après la décision d’augmenter le salaire minimum de 26.5%, de nouvelles hausses de 40% et 45% pour les enseignants et travailleurs du secteur universitaire et de l’administration publique respectivement. Cette hausse sera effective dès le 1er mai 2011. Le président Chavez a appelé les travailleurs à utiliser leurs revenus de manière responsable pour combattre la spéculation « car chaque fois que nous augmentons les salaires, les capitalistes augmentent leurs prix » et a demandé aux citoyens de « s’éloigner du consumérisme à tout crin auquel nous pousse le capitalisme.”

40% d’augmentation pour les travailleurs du secteur universitaire

« Nous parlons des professionnels universitaires ; les ouvriers, les employés et les professeurs, tous ceux qui ont passé trois ans sans augmentation de salaire. Hé bien nous allons augmenter leurs salaires de 40% dès le 1er mai 2011, ce qui est un montant considérable” a expliqué Chavez. “Un professeur à temps plein va bientôt gagner 7232 Bolivars Forts par mois [1682 DOLLARS US] alors qu’un professeur-instructeur va gagner 3,335 BsF [776 DOLLARS US]. Et cela va au-delà du simple salaire car à ce chiffre il faut ajouter les bénéfices des tickets alimentation, et les bonus. Tout cela confondu fait qu’un professeur à temps plein gagnera environ 10,000 Bolivars forts [2,326DOLLARS US]”.

Pour couvrir ces augmentations le gouvernement a dégagé 4.1 milliards de BsF [954 millions de DOLLARS US] tout en débloquant près de 2.8 milliards de BsF [651 millions de DOLLARS US] pour payer les dettes contractées envers les travailleurs du secteur universitaire en 2008 et en 2009.

En outre le président a signé l’octroi de 595.2 millions de BsF [138 millions de DOLLARS US] pour couvrir les manques budgétaires dans les secteurs suivants du fonctionnement universitaire : alimentation (309 millions de Bolivars Forts), transport (191 million BsF), bibliothèques et matériels éducatifs (54.5 millions de BsF), cours intensifs (30 millions de BsF) et finalement services médicaux (10.7 million BsF).

Le président Chavez a aussi débloqué 271 millions de Bs Forts [63 millions de DOLLARS US] pour doubler (de 200 à 400 Bolivars Forts) [47 à 93 DOLLARS US] la bourse mensuelle reçue par quelques 87500 étudiants de même qu’un crédit additionnel 60 millions de Bs Forts [14 millions de DOLLARS US] pour intégrer 12500 étudiants dans le groupe des vénézuéliens.

L’Administration publique, dont les infirmières : 45% d’augmentation

Avec la publication de la Gazette Officielle numéro 39.660, les travailleurs de l’administration publique bénéficient aussi de la décision d’augmenter les salaires. En moyenne tous les travailleurs du secteur public – dont ceux qui travaillent dans le système public de santé – verront leurs salaries augmenter de 45% le 1er mai 2011.

Selon les tableaux parus dans la « Gaceta Oficial”, les professionnels de Type 1 du Secteur Public – une catégorie qui comprend les infirmières récemment formées – verront leurs salaire intégral augmenter de l’actuel niveau de 3598 BsF à 4,779 BsF [de 837 à 1,111 DOLLARS US], plus les bénéfices des tickets d’alimentation. Les professionnels du secteur public des types 2 et 3 Public verront leur salaire intégral augmenter de 3,763 à 5,011 Bs F [875 à 1,165 DOLLARS US] par mois et de 3819 à 5017 Bs F [888 à 1,166 DOLLARS US], respectivement.

Les autres employés du secteur public bénéficient de tickets d’alimentation qui variant suivant le nombre de jours travaillés sur un mois donné. Pour les mois qui comptent 31 jours, les travailleurs obtiennent 27 tickets [pour une valeur de 1026 Bs F (239 DOLLARS US)] alors que pour les mois de 30 jours ou moins ils obtiennent 26 tickets [pour une valeur de 988 BsF (230 DOLLARS US)].

Ces tickets alimentation – communément appelés Cesta Tickets – peuvent être dépensés dans n’importe quel établissement public d’alimentation et chez les nombreux commerçants privés qui l’acceptent.

Comme résultat de l’augmentation générale de salaire, un groupe d’infirmières en grève de la faim depuis le mois dernier ont mis fin à leur mouvement de protestation. Leur exigence initiale d’un salaire mensuel minimum de 5000 Bs F [1163 DOLLARS US] n’a pas été satisfaite totalement, mais la responsable de la lutte Ana María Velasquez a célébré cette augmentation et a insisté sur le fait que leur “objectif a été atteint.”

Mesure du « panier alimentaire de base »

S’exprimant sur TeleSUR le mercredi soir, Elias El Juri, président de l’Institut National des Statistiques (INE), a replacé ces augmentations de salaire dans le contexte des achats d’aliments de base par la famille moyenne vénézuélienne : “Le panier alimentaire de base [nécessaire pour couvrir les besoins d’une famille] est actuellement estimé à 1589 BsF (370 DOLLARS US). Le salaire minimum est de 1548 BsF (360 DOLLARS US) mais l’addition à ce minimum légal des bénéfices [tickets d’alimentation, bonus, etc.] fait que le montant minimum actuel gagné par le travailleur atteint 2523 BsF (587 DOLLARS US) – ce qui est suffisant pour couvrir les besoins alimentaires de base et d’autres coûts”.

El Juri a expliqué que selon l’INE, une famille vénézuélienne “normale” gagnera au moins deux salaires minimum, soit à peu près 5000 BsF (1163 DOLLARS US) grâce aux augmentations prévues cette année.

En ce qui concerne les inquiétudes liées à la spéculation El Juri a déclaré “Nous avons besoin de politiques pour affronter un secteur commerçant qui, souvent, ne se satisfait pas de gains de 10 à 15% – mais veut par contre des marges de profit de 40 % … nous devons gagner le combat contre la spéculation”.

Protéger la hausse des salaires

Dans la ligne des commentaires de El Juri Chavez a demandé ce mercredi “une puissante campagne contre la spéculation, pour que l’augmentation de salaires ne finisse pas dans les mains des spéculateurs.

Pour sa part Augusto Montiel, Président de l’Institut de Défense des Droits des Consommateurs de Biens et Services (INDEPABIS) a mis en garde le secteur privé contre des hausses de prix liées à cette augmentation de salaires. Il a expliqué que 280 inspecteurs sont déployés sur tout le territoire et que des « comités contre la spéculation » ont été mis sur pied pour détecter les hausses de prix illégales. L’institut a mis en place une ligne directe (0800-reclama) pour que les consommateurs puissent reporter les délits de spéculation sur les prix.

Source : http://venezuelanalysis.com/news/6158

Le Gouvernement National augmentera de 25% le salaire mínimum national en deux parties, à savoir de 15% le premier mai puis de 10% le premier septiembre 2011.

Ce salaire qui est déjà le plus élevé de l’Amérique Latine passe ainsi de 1.224 à 1.548 bolivars nouveaux. A cette augmentation il convient d’ajouter le bénéfice du ticket alimentaire et des diverses allocations sociales. C’est ce qu’a annoncé le président Hugo Chávez, lors du conseil des ministres qui a suivi les vacances de páques. Celui-ci a souligné que dans le secteur privé près d’um million de travailleurs percevront cette augmentation de salaire, obligation légale pour tous les patrons.

Il a expliqué que le salaire mínimum concerne 21,1% de la population économiquement active, tandis que le reste de la population économiquement active au Vénézuéla gagne un salaire supérieur.

Dans le secteur public l’augmentation bénéficie à 345 mille 877 employés, 62 mille 441 ouvriers et à deux millions 52 mille 295 retraités et pensionnés de l’Institut Vénézuélien de Sécurité Sociale (IVSS) pour un total de 2 millions 558 mille 613 persones.

TICKET ALIMENTATION POUR TOUS

“A ceci il faut ajouter le ticket alimentation et d’autres droits ou allocations qui forment le salaire intégral” a précisé le président en signant le décret portant modification de la loi qui règle ce droit. Les changements concernent l’élimination du minimum requis de vingt travailleurs par entreprise : le ticket sera un droit de tous les travailleurs indépendamment de la taille de l’entreprise et du nombre d’employés.

La loi oblige les patrons du public comme du privé à payer ce ticket alimentation à tout le personnel. Cette mesure bénéficie également aux travailleurs en congé comme c’est le cas des femmes enceintes ou des vacanciers.

Source : CIUDAD CCS

Traduction : Thierry Deronne


Le repeuplement de poissons du fond marin augmente grâce à l’élimination de la pêche au chalut

samedi 26 février 2011

L’élimination de la pêche au chalut (filet industriel que l’on traîne sur le fond de la mer), mesure mise en œuvre par le Gouvernement national en 2009 en faveur des pêcheurs artisanaux et applaudie par la FAO, a redonné vie et santé à l’écosystème marin vénézuélien et a permis le repeuplement de poissons qui étaient sur le point de disparaître, a informé ce mardi José Antonio Pineda, porte parole du Front de Paysans et Pêcheurs du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV).

« Avec l’élimination de la pêche au chalut sont de retour dans les fonds marins la sardine, la catalana, el pargo, el roncador, le merlu, la curvina, le mako, le poisson-chat et autres espèces marines qui avaient disparus des côtes vénézuéliennes. » a-t-il indiqué.

La réapparition des ces espèces est le produit de la pêche artisanale, qui extraie de la mer les poissons nécessaires et aptes à la consommation humaine, tandis que la pêche au chalut détruit toute la vie sur son passage ; plusieurs récifs côtiers était en danger à cause de cette pratique.

« La pêche au chalut développe une pêche destructrice qui ne fait pas la différence entre les petites, moyennes et grandes espèces [de poissons] car tout tombe dans le filet. En éliminant cette méthode, le niveau de vie augmente considérablement » a expliqué Pineda.

Avec l’élimination de la pêche au chalut, la méthode artisanale, méthode plus bénéfique tant pour les personnes que pour les poissons, a crû passablement ; cela signifie pour les pêcheurs des conditions de travail plus saines et plus humaines et qui offrent de meilleurs niveaux de production, tandis que pour les poissons, cela représente un allongement de leur cycle de vie et des espaces marins plus sains étant donné la détérioration de l’écosystème causée par la pêche au chalut. Avec la pêche artisanale, les poissons vivent plus longtemps et se reproduisent plus, dû au fait que ne sont pêchés que les espèce grandes et âgées, ce qui permet l’augmentation de leur quantité dans les mers et des niveaux de production.

Traduction : Sebastian Franco pour La revolucion Vive

La Loi des langues Indigènes présentée et distribuée en Langue Warao

dimanche 22 novembre 2009

La Loi des langues Indigènes traduite dans la langue du peuple Warao vient d´être présentée au Collectif du Delta, dans le cadre de la session ordinaire du Groupe Parlementaire Vénézuélien (GPV) du Parlement Indigène d’Amérique (PIA) qui s’est tenu à Tucupita, dans l’Etat du Delta Amacuro.

« Waraotuma a ribu a nojiba a Karata » est le titre de la Loi des langues Indigènes en Warao. Loi, qui, depuis vendredi 13 dernier est aux mains des porte-paroles des Communautés Warao. Ces derniers ont participé à la session ordinaire du Groupe Parlementaire Vénézuélien, événement qui a servi de cadre à la présentation et à la distribution de 200 exemplaires de la Loi par le Député Président, José Poyo Cascante et la législatrice indigène Warao, Fatima Salazar, seconde vice-présidente, auteure de la traduction dans sa langue.

C’est Catalina Herrera, une femme parmi les plus âgées du peuple Warao, qui fut chargée de baptiser cette nouvelle initiative du GPV. Elle invoqua la force et la mémoire des ancêtres Indigènes, tout en arrosant avec l’eau du Caño Manano, bras du fleuve Orinoco, le livre « Waratuma a ribu a nojiba a Karata ».

Le Député José Poyo Cascante a souligné le travail réalisé par l’assistante législative, Maria José Selvan, chargée de coordonner l’équipe qui a mené à bien la traduction de la Loi des langues Indigènes, à laquelle participèrent aussi Isaura Aray, Indigène Karina, responsable du dessin et du diagramme, l’anthropologue Pedro Alvarez, directeur de la Promotion et de la Participation du Peuple Indigène et Kukubi Guevar, membre de la communauté indigène Jivi, assistant du directeur.

Le Parlement a rappelé l’engagement de la Directive du Groupe Parlementaire Vénézuélien de promouvoir, de défendre et éduquer les peuples indigènes dans la connaissance de leurs droits fondamentaux, plus particulièrement dans les dix années de la Révolution Bolivarienne, menée par le Président Hugo Chavez Frias.

En conséquence, en 2008, a été lancée la « Collection de Législation Indigène, 516 années de Résistance », qui a déjà permis de reproduire et de distribuer la Loi organique des Peuples et Communautés Indigènes, la Loi des Langues Indigènes, la Loi du Patrimoine Culturel des Peuples et des Communautés Indigènes, la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples et des Communautés et la Convention 169 de l’OIT.

L´objectif est la traduction des lois pour la majorité des langues des 40 peuples indigènes du Vénézuéla.

Les danses Warao ont apporté la force et l’esprit d’unité, insufflant l’espoir aux participants et aux parlementaires José Poyo Cascante, Fátima Salazar, Nirma Guarulla, Argelio Pérez, Dalia Yánez, Maribel Caguana, Alis Carreño, Lizandro Márquez et Alexis Góme, qui ont assumé leur engagement de siéger non pas à Caracas dans l’Etat du Delta Amacuro, sur les terres ancestrales du Peuple Warao.

Traduction : Noémie Bédrède, pour www.larevolucionvive.org.ve

Source : Radio Nacional de Venezuela

Dans le cadre de la session ordinaire du Groupe parlementaire vénézuélien du Parlement indigène d’Amérique (PIA-GPV) qui a eu lieu à Tucupita (Etat Delta Amacuro), le vendredi 13 dernier, les portes–paroles du peuple Warao ont exigé des solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés.

Le groupe parlementaire vénézuélien ( GPV), présidé par le député indigène à l’Assemblée nationale José Poyo Cascante, a tenu cette troisième session ordinaire dans la localité de Tucupita, capitale de l’état Delta Amacuro, lieu de vie et terre ancestrale du peuple Warao. Durant cette session, le peule Warao a exposé, par l’intermédiaire de ses porte-paroles, ses problèmes fondamentaux aux parlementaires indigènes, à la gouverneur Lizeta Hernández et à la présidente du Conseil législatif régional, Isabel Soto.

La session fut présidée par le député José Poyo Cascante, président ; la legislatrice Fátima Salazar (Delta Amacuro), seconde Vicepresidente ; et la législatrice Nirma Guarulla (Amazonas), secrétaire. Ils furent accompagnés des membres suivants : les députés Argelio Pérez (Apure) et Dalia Herminia Yánez (CONIVE-Oriente) ; les législateurs Maribel Caguana (Anzoátegui), Lizandro Márquez (Zulia), Alis Carreño (Anzoátegui) et Alexis Gómez (Amazonas) ; et par les membres de l’équipe operationelle du PIA-GPV, dont l’anthropologue Pedro Álvarez, directeur de « Promotion et participation indigène », Armando Santoyo, assistant de Commissions et l’avocate Roosemary Alloca, assistante parlementaire.

Etaient à l’ordre du jour : en premier lieu l’analyse des projets soumis à la consultation publique et à l’examen de l’Assemblée nationale, comme la loi de juridiction relative aux indigènes et la loi des artisans indigènes, et, en second lieu, le droit de parole octroyé aux représentants et représentantes du peuple Warao pour qu’ils puissent faire part des difficultés qui compromettent leur qualité de vie.

Les porte-paroles du peuple Warao, dont, entre autres, Mayecita Palacios, Catalina Herrera, Marilin Cooper, Jesús Jiménez, Camilo Medina, Conrado Moraleda, Hilario Valderrama, Isidoro Rodríguez, Freddy Godin (fonctionnaire du Ministère du pouvoir populaire pour les peuples indigène), Alexis Valenzuela, ont exigé que l’attention qui se doit soit accordée aux problèmes des communautés du peuple Warao, qui, selon eux, a soutenu de manière solidaire et avec une conscience « indo-socialiste » le processus de changement mené par le président Chavez.

En ce qui concerne la demande faite par Alexis Valenzuela et un groupe de travailleurs indigènes, la gouverneur Lizeta Hernández a démontré son investissement dans le processus révolutionnaire en garantissant le paiement, avant le 31 décembre, des prestations sociales que la mairie de la municipalité Antonio Diaz doit à ces travailleurs.

Conrado Moraleda a exigé des parlementaires qu’ils exercent un contrôle social et qu’ils inspectent les travaux effectués par le Ministre du pouvoir populaire pour les Peuples indigènes et plus particulièrement la construction de 40 maisons dans la communauté de Moaina. Il semble que de nombreuses irrégularités ont été commises lors de la construction de ces maisons et la communauté désire que cela soit examiné, de même que la « maison flottante Janoko », qui selon Camilo Medina, ne fonctionne pas, ou en tout cas n’offre pas les services médicaux que le peuple Warao attend. Mayacita Palacio a souligné le manque de connaissance qu’ont les fonctionnaires de la Garde nationale et du Ministère du pouvoir populaire des lois qui garantissent les droits des peuples indigènes et plus particulièrement les références au développement de leur culture. Par exemple, pour le peuple Warao, l’utilisation du bois est essentielle pour la construction des maisons et la chasse et la pêche sont des activités qui garantissent leur alimentation quotidienne. Il est demandé aux parlementaires qu’ils réalisent les actions nécessaires pour que rien ne soit fait qui puisse atteindre leur droit à ces pratiques culturelles.

Résolutions approuvées

Après avoir écouté les exposés des porte-paroles du peuple Warao, le député-président José Poyo Cascante les a félicités pour leur discipline, leur investissement, leur conscience sociale et la clarté avec laquelle ils ont présenté les problèmes qui les touchent.

Il a également félicité la gouverneur Lizeta Hernández qui s’est proposée de répondre et de gérer les ressources nécessaires pour améliorer la qualité de vie du peuple Warao et du collectif du Delta en général.

Après les débats, le Groupe parlementaire vénézuélien du Parlement indigène d’Amérique a étudié et approuvé quatre résolutions qui résument le travail réalisé par les parlementaires dans le Delta Amacuro.

La première résolution approuvée se réfère au processus de démarcation et d’accès aux titres de propriété des habitations et terres indigènes ; soulignant l’appui à la déclaration de la municipalité Antonio Diaz comme municipalité indigène et par extension l’état Amazonas comme étant le premier état indigène du pays.

La seconde résolution traduit un appui à l’application de la juridiction spécifique aux indigènes, notamment en ce qui concerne le jugement de Sabino Romero, indigène Yukpa, actuellement emprisonné. L’accent est mis sur l’attention particulière qui doit être portée pour que ses droits soient garantis durant le processus.

Le refus indiscutable des bases militaires colombiennes est l’objet de la troisième résolution qui a été approuvée. On y insiste sur le fait que les indigènes, spécialement ceux des états Zulia, doivent se maintenir en alerte et sur un pied de guerre contre l’installation de ces bases militaires. De la même manière, est exprimé un appui au gouvernement du président Chavez et à la prise de position ferme « contre les politiques interventionnistes et impérialistes des Etats-Unis en Amérique Centrale et du Sud ».

Dans la quatrième résolution se manifeste la préoccupation des parlementaires pour la situation socio-économique du peuple Warao et le désir d’appuyer la gouverneur Lizeta Hernández dans ses actions en faveur de ce peuple. L’on demande aussi à la présidente du Conseil législatif Isabel Soto, de faire le suivi des réclamations des anciens travailleurs de la mairie de la municipalité de Antonio Diaz.

Dans cette résolution, l’on prie également instamment le Ministère du pouvoir populaire pour les peuples indigènes de réviser, rectifier et re-stimuler les politiques publiques concernant les peuples et communautés originaires.

Source : Radio Nacional de Venezuela

Traduction : Paulette MATKOVIC RAMIREZ, pour www.larevolucionvive.org.ve

La longue marche d´une révolution dans l´Université

lundi 9 novembre 2009

C’est à l’occasion de la journée du 6 novembre qu’une équipe de Vive s’est rendue à l’Université Centrale du Venezuela (UCV) de Caracas. Ce jour-là se tenaient les élections générales des représentants étudiants à la fédération des Centres Universitaires (FCU) soit pour les conseil d’école, conseil de faculté et conseil Universitaire.

Sauf que ce jour là des étudiants révolutionnaires, plus précisément le Mouvement 28 mars (M-28) avaient installé une « quatrième urne » pour organiser un référendum totalement novateur sur la question des conseils étudiants…

On associe classiquement à l’Université Centrale du Venezuela l’adjectif « d’opposition ». A tel point que certains de ses dirigeants se sont effectivement parfois faits porte-paroles de l’opposition politique vénézuelienne, dans ses composantes démocratiques ou non. Pourtant l’UCV n’est pas une enceinte uniforme. Loin de l’image médiatique qui en est donnée, on y trouve toutes les tendances politiques, de la droite la plus dure et anti-démocratique à une gauche radicalement révolutionnaire. Rencontre.

A peine arrivés dans l’université des étudiants nous mettent en garde :« le M-28 ? Mais c’est un groupe armé » Un autre étudiant risque « Si, c’est une organisation terroriste, et si vous ne me croyez pas, une grande chaine nationale les a même filmés en pleine action ». Nous décidons d’aller malgré tout à leur rencontre. Surprise, nous nous trouvons face à des étudiants plutôt joyeux, dansant au son des dernières chansons en vogue, accrochant des banderoles et disposant des urnes sur des tables. Sur les banderoles leur logo, un drapeau bleu et noir déclare : « la libération ou la mort ». C´était aussi la devise de Thomas Sankara. Un étudiant du M-28 s’approche, ces accusations le font rire : « bien sûr que nous sommes un groupe armé, intellectuellement bien sûr, le savoir est une arme non ? ».

Il nous explique de quoi il s’agit. « ce que vous voyez là c’est la mise en pratique de la nouvelle loi organique d’éducation. Celle-ci a créé une nouvelle institution : les conseils étudiants, mais la loi reste très floue sur leur rôle et leur manière de fonctionner . Alors nous avons organisé ce référendum pour savoir ce qu’en pensent les étudiants. »

C’est effectivement, la nouvelle Loi Organique pour l’Education, votée il y a peu, qui inclut dans ses dispositions la création de « conseils étudiants (…) destinés à promouvoir la formation des citoyen-ne-s médiant une participation protagonique et co-responsable de l’étudiant »(Art 21 LOE)

Vicente Moronta , l’un des porte parole nous raconte l’histoire du mouvement. « A l’origine, il y eu dans les années 2000, devant l’élan révolutionnaire, le mouvement pour la transformation universitaire, qui, soutenu par des centaines d’étudiants, a organisé le 28 mars 2001 l’occupation du rectorat, pour faire pression et lancer une assemblée constituante universitaire, pour changer en profondeur la structure des universités.

Suite à cette occupation, en représailles, de nombreux étudiants furent exclus, parfois pendant plusieurs années de l’UCV. Le Mouvement pour la Transformation Universitaire, 28 mars (M-28) est alors né, pour continuer le travail déjà commencé » jusqu’à ce jour, point culminant, avec ce référendum consultatif.

Deux questions étaient posées :

– Les conseils étudiants doivent-ils se baser sur la démocratie participative, protagonique (…) ?

- Les conseils étudiants doivent-ils coexister avec les structures déjà existante comme la Fédération des Centres Universitaires et les centres des étudiants ?

Un étudiant nous avait confié qu’il n’était pas par principe contre le référendum mais que le jour n’était pas bien choisi : « ils veulent saboter les élections ». Andreina Tarazon répond : « c’est faux, ce n’est pas notre objectif, si nous avons procédé une consultation en parallèle c’est parce que l’administration universitaire à refusé de placer une quatrième urne pour que tous les étudiants puissent se prononcer sur les conseils étudiants ».

Pour autant, elle confirme qu’ils ne voient aucune légitimité dans ces élections : « c’est bien simple, nous sommes minoritaires dans tous ces conseils, et nous n’avons clairement aucun pouvoir réel. Exemple, on sait qu’il existe des partenariats public-privé avec des entreprises, et des contrats juteux à la clef mais les représentants étudiants n’ont aucune information sur les montants et l’utilisation qui est faite de l’argent. Nous respectons les camarades qui participent mais nous ne prendrons pas part à ces élections » De l’argent il y en a aussi beaucoup en jeu dans ces conseils élus, au total, car on estime les sommes circulant à 15 et 20 millions de BsF (de 5 à 8 millions d’Euros).

L´entretien est interompu par un mouvement de foule derrière nous. Une bombe lacrymogène vient d’exploser dans le bâtiment voisin. Personne ne sait qui l´a lancé mais tous ceux qui se trouvent dans la zone sont touchés. La sécurité de l’université arrive quelques minutes plus tard et le calme revient. Rosangela, autre militante de l’organisation, commente : « Cela arrive à chaque élection, c’est presque une tradition ici. Et après les élections, ce soir, les mêmes déclencheront des affrontements, c’est certain. » Qui sont-ils ? Un étudiant aux yeux en larmes à cause des gaz nous répond : « c’est cette petite partie minoritaire de la droite oppositionnelle qui n’a recours qu’à la violence. Je suis contre les politiques de Chavez mais jamais je ne soutiendrai ces groupes-là » De violence, cette fraction d’extrême droite en a en effet fait preuve a de nombreuses reprises, comme en 2005 lors du mouvement étudiant qui pendant des marches pacifiques a déclenché des affrontements contre la police ; ou encore en 2007, lorsque les mêmes ont attaqué le bâtiment et les étudiants de la Faculté des Travailleurs Sociaux, un des bâtiments de l’UCV, pôle de gauche révolutionnaire. « Ils n’ont aucun contenu politique, alors ils utilisent la violence, c’est leur seule ressource. » nous dit ce même étudiant en retournant tenter d’aller voter.

Nous reprenons notre entretien sur le référendum avec Vicente Moronta, un autre des porte-parole qui nous explique d’emblée « Ici, il n’y a pas de porte-parole, ou bien mous le sommes tous. C’est un mouvement horizontal. ». Il précise la question des conseils étudiants. « Clairement, il s’agit d’appliquer dans l’université le même processus que dans la société. Les communautés ont leurs conseils communaux, nous souhaitons créer les conseils étudiants, pour que s´applique aussi à l´intérieur des universités cette « démocratie protagonique et participative » comme l’édicte le texte de la Constitution. Nous demandons plus de précision mais on nous répond « Nous pouvons évidement donner notre avis mais c’est aux étudiants de définir tout ça ! Sinon à vote avis, pourquoi organisons-nous cette consultation populaire ? »

Unité des projets révolutionnaires, divergences des stratégies

Le M-28 n’est bien sûr pas la seule organisation étudiante de gauche révolutionnaire. On trouve par exemple à l’Ecole de Sciences Politiques une Equipe Révolutionnaire Etudiante (ERES), qui a aussi soutenu l’initiative du M-28. Molly Morales nous explique que « nous sommes d’accord sur le fond avec le M-28, nous sommes comme eux révolutionnaires, mais notre stratégie diverge de la leur. Nous pensons qu’il faut que la gauche révolutionnaire étudiante participe elle-aussi aux élections universitaires non pas pour obtenir des postes, mais parce que c’est un outil pour faire entendre notre voix ».

La divergence porte aussi sur la nécessité ou non de faire jonction avec les autres mouvements de la société : travailleurs, conseils communaux, mouvements indigènes, etc … pour mener une lutte globale afin de pousser à des changements révolutionnaires dans l’ensemble de la société. Plus loin, nous croisons un étudiant membre de « Voces por la Unidad », autre organisation révolutionnaire implantée dans l’Ecole des Travailleurs Sociaux qui dira quant à lui : « Pour nous, le problème du M-28, c’est que c’est un mouvement qui se base beaucoup sur les médias, pas seulement bien sûr, mas beaucoup de « militantisme de caméra », et notre organisation, bien moins visible fait parfois beaucoup plus de travail de terrain qu’eux. » On revient vers les urnes, on retrouve les caméras de grandes chaines nationales et de diverses télés communautaires.

Toutes ces organisations révolutionnaires sont souvent circonscrites à un secteur particulier. Bien que majoritairement présent dans la faculté de droit et science politique, le M-28 dispose pour sa part d’un réseau étendu dans presque toute l’université. Le M-28 est aussi un mouvement qui, s’il se base à l’université, s’étend au-delà, avec des contacts dans des usines et dans les mouvements paysans de tout le pays. Bref, « c’est un véritable mouvement politique » confirme Andreina.

L’UCV : un ancien pôle révolutionnaire

Nous poursuivons l’entrevue en évoquant les activités récentes du M-28, en dehors de référendum.

D’abord, on évoque la lutte récente contre la privatisation de l’Université, projet remis à l’ordre du jour au début de l’année universitaire, pour l’instant ajourné face à la mobilisation étudiante. Andreina poursuit : « Nous avons effectué une journée de commémoration le 31 octobre dernier en hommage à tous les étudiants victimes de la répression, ». La mémoire demeure entres autres de cette date, le 31 octobre 1969, la prise de l´université par 2000 militaires qui avaient réprimé sans relâche. On nous rappelle ainsi que l’UCV n’a pas toujours été un pôle conservateur.

Avant les années 90, il y avait ici un mouvement de gauche révolutionnaire très important. Cette université a toujours résisté que ce soit à la dictature ou à la « démocratie représentative ». Alors pourquoi aujourd’hui un tel glissement à droite ?

« Cela s’explique par l’évolution de la structure sociale poursuit Adreina. Même si l’université est publique, n’oublions pas que dans les années 90 la droite a tenté de privatiser l’éducation, comme le reste d’ailleurs. Même si la privatisation n’a pas abouti, les classes populaire ont peu à peu été économiquement exclues et ce sont les fils et filles de la classe moyenne qui occupent aujourd´hui largement l’UCV. L’administration, d’une droite très dure, sélectionne ses étudiants. Ce racisme social est aussi quelque chose que nous combattons. ». Malgré cette évolution, avec le changement de politique, de grandes avancées sont apparues : « auparavant parler de marxisme dans un cours de science politique était considéré comme une activité subversive, aujourd’hui c’est en train de changer. D´autre part, on ne nous enseigne plus la découverte de l’Amérique comme une libération mais on nous parle aussi des massacres et des déplacements de populations, etc … Nous avons une liberté de pensée, malgré les pressions violentes de la part de l’opposition anti démocratique. ». Au M-28, comme dans les autres mouvements de gauche révolutionnaire, la grande majorité des membres est issue des classes populaires, mais ils n’excluent pas pour autant ceux qui ne viennent pas de ce milieu « pour ne pas reproduire les discriminations de l’opposition ». Simplement, tous partagent cette vision d’une autre université, démocratique et révolutionnaire.

Autres luttes, autres unions

Depuis quelques semaines, une autre peuple de ’université s’active : les ouvriers et les travailleurs. Ceux-ci réclament à l’administration le paiement de leurs salaires en retard. Certaines dettes remontent à plusieurs années. Mais l’administration de l’université a répondu qu’elle ne pouvait rien faire, qu’elle n’avait pas d’argent et que c’était à l’État d’assumer sa responsabilité. Les ouvriers se sont donc mis en grève et ont procédé à des blocages partiels de l’enceinte le matin même du vote, d’où une plus faible affluence que d’habitude. Pour Keila, du M-28, cela ne fait aucun doute « les ouvriers sont majoritairement révolutionnaires, c’est une minorité médiatique qui récupère leur lutte pour alimenter les discours anti-chavistes ».

Sur la question des salaires, l’État a remboursé partiellement des dettes accumulées y compris par les gouvernement précédent mais ce n’est pas suffisant pour résoudre le conflit. Keila commente : « c’est un jeu de dupes, bien évidemment l’université dispose de l’argent nécessaire pour payer les salaires en retard. Mais elle ne veut tout simplement pas le faire, tout comme elle ne l’utilisera pas pour rénover les espaces en mauvais état ou pour améliorer la situation des étudiants, elle cherche juste à garder l’argent pour son propre usage » Corruption, bureaucratie, enrichissement personnel : le milieu universitaire n´échappe pas à ces problèmes. Elle ajoute « une des innovations de la LOE c’est aussi que la direction de l’université devra rendre des compte de ses activités budgétaires à l’État ». Pas étonnant donc qu’on voie une opposition féroce à la LOE de la part des administrations universitaires.

Nous terminons cette rencontre en évoquant les problèmes qui existent au M-28. « D’abord notre principal souci est que nous n´existons que dans certaines facultés, nous n’avons pas d’implantation réelle sur l’ensemble de l’université ». Une autre question non sans rapport est l’unité du mouvement révolutionnaire étudiant : « Même si nous avons des camarades dans d’autres organisations, la grande majorité d’entre nous quelle que soit l’organisation, avons décidé d´adhérer au PSUV (Parti Socialiste Unifié du Venezuela) ou des JPSUV (Jeunesses Socialistes), nous restons fractionnés dans de petites organisations dispersées, alors que nous savons bien qu’une unité générale nous donnerait plus de poids pour mettre en œuvre cette démocratie protagonique et participative dans l’université à laquelle nous aspirons tous, pourquoi ne pas renverser la mainmise de la droite sur cette université ? ».

La nuit tombée, malgré l´annonce d´affrontements dans l’université, se tient un concert gratuit en soutien au référendum sur la Place Venezuela. Tombent alors les résultats des élections étudiantes, c’est la liste 100% Unidad, classée dans l’opposition, qui gagne, avec 5000 votes sur les 16 000 exprimés. Un communiqué du M-28 annonce les résultats du référendum : 3157 étudiants se sont exprimés, à une très large majorité (92%) pour la constitution des conseils étudiants. Le mouvement s’attendait à moins de 2000 votes exprimés. C’est donc un nouveau succès populaire. Sur la deuxième question posée, la coexistence avec les institutions déjà existantes, l’avis est moins tranché, 56% soit près de 1800 étudiants s’exprimant contre la coexistence avec les autres structures. Un tel référendum est un fait historique, inédit. Aujourd’hui, le mouvement des travailleurs continue, la lutte de la gauche étudiante aussi, à l’Universidad Central de Venezuela comme ailleurs…

Grégoire Souchay, publié originellement sur Escapades Bolivariennes

Réforme de la Loi pour les Conseils Communaux : accélération de la démocratie participative

mardi 3 novembre 2009

“Les changements de structure dans la formation des Conseils Communaux et l’élargissement des mécanismes de participation sont les éléments fondamentaux qui seront mis en place par la proposition de réforme de la Loi des Conseils Communaux. »

Ainsi s’exprime le député de l’Assemblée Nationale Augusto Montiel, membre de la commission permanente pour la participation citoyenne de l’AN, qui précise que l’instrument légal donnera les éléments nécessaires pour consolider la participation des communautés dans l’exécution des politiques publiques, dans le but d´améliorer la qualité de vie des secteurs populaires.

Montiel a affirmé que le nouveau texte législatif permettra d’élargir la participation des citoyens dans la formation des conseils communaux : à partir de l’entrée en vigueur de la loi, la première chose nécessaire pour créer un conseil communal sera de former une assemblée citoyenne.

“La principale avancée de cette proposition de loi tient à l’organisation et la formation des Conseils et des instances communautaires pour la prise de décisions et la résolution des problèmes qui les touchent. Désormais, pour constituer un Conseil Communal on a une équipe promotrice qui se charge d’impulser la formation. Ensuite, il faut créer une assemblée de citoyens où toute la communauté a l’opportunité de participer. De là surgiront une équipe électorale et une assemble constitutive qui prendra les décisions en coopération avec les porte-parole de ce conseil » a affirmé le législateur.

De plus, il a assuré que la nouvelle loi prévoit des mécanismes de révocation qui permettront à tous les membres de la communauté de retirer son mandat à quelque personne que ce soit au sein du conseil communal.

Contrôle financier réel

Le député a annoncé la création de gardes-fous et de limites qui permettront de prévenir les faits de corruption ou de mauvaise gestion des ressources consacrées à un projet déterminé.

“Désormais, les membres des Conseils Communaux devront présenter prêter serment sur les biens dont ils disposent au début et à la fin de leur mandat”. Cependant, aucune sanction n’est prévue par la loi pour qui commet une faute car il revient aux décrets d’application de la loi de les fixer.

“En créant le principe de révocation dans le Conseil Communal, désormais, n’importe qu pourra être séparé de ses fonctions pour avoir par exemple gérer de manière non transparente les fonds. N’importe quel délit inscrit dans la Loi contre la Corruption pourra être appliqué aux conseils communaux et les membres de ces organisations devront réaliser la déclaration sur serment de patrimoine au début et à la fin de leurs fonctions pour éviter que survienne des dérives ou des mauvaises gestions des fonds assignés” a affirmé le parlementaire.

Des fonds pour les communautés

Autre point évoqué, Montiel a assuré que cette nouvelle loi permettait l’établissement de fonds pour une gestion plus appropriée et plus spécifique de chaque communauté. “Par exemple il devra exister un fond pour l’action sociale, un fond pour les dépenses courantes, pour l’administration, un fond d’épargne et de crédit social et un fond d’urgence.” Mais a souligné le député, ces fonds devront être approuvés collectivement pour leur création et pour leur utilisation.

T/Gustavo Rangel F/Archivo CO

La loi sera organique

La nouvelle loi qui régira le travail des conseils communaux a le statut de loi organique vu que cet instrument législatif touche de nombreux droits de citoyens établis dans la Loi Suprême en Vigueur.

Ces nouveaux droits citoyens sont la participation citoyenne et l’organisation des communautés.

La commission permanente de Participation Citoyenne a achevé son second rapport sur le projet. La semaine prochaine, la séance plénière de l’Assemblée discutera des outils de sanction avant de transmettre le projet à l’exécutif national pour promulgation au travers du Journal officiel

Ces changements cherchent à établir un nouveau modèle de développement social. Le député Darío Vivas a assuré que la proposition de loi était prête à être approuvée en seconde lecture à l’Assemblée cette semaine. Il a expliqué que cet instrument normalisera tout ce qui a trait à l’organisation du pouvoir populaire et établira des mécanismes de relation directe entre le peuple organisé et les différentes institutions de l’Etat “afin de générer une gestion communautaire et d’obtenir des amélioration de la qualité de vie des habitants de notre pays”.

De la même manière, le parlementaire a indiqué que cet instrument légal anticipe les stratégies politiques pour la formation d’un nouveau modèle de développement social , politique et économique du pays.

De plus, il a informé que pour réaliser les changements de cet instrument légal seront mis en œuvre des journées de consultation publique dans l’ensemble du pays pour connaitre les positions de tous les porteparoles des plus de 30 000 conseils communaux qui existent sur toute l’étendue du Venezuela.

T/G.R. F/ Archivo CO

Plus de 32 000 conseils communaux

Pedro Malaver, président du service Autonome pour les Conseils Communaux (Sefonacc) a informé que “plus de 32 000 conseils communaux ont été enregistrés au niveau national et que 3 à 4 mille autres sont en cours de formation. En accélérant la politique de financement pour cette année, malgré la dure crise qui frappe le monde entier, nous avons pu répartir les budgets de manière à placer la composante sociale en première position.

De même, Malaver a signalé que “cette année nous avons atteint un objectif significatif, nous prévoyons de dépasser les 12 500 projets transférés et financés du niveau national vers les conseils communaux. Cela inclut toutes les autres composantes comme les banques communales, les commission techniques de l’eau, les comités de paysans, de santé, entre autres ..

“Jusqu’à ce jour, 7000 projets propres aux conseils communaux ont été structurés et nous pensons dépasser à la fin de l’année le chiffre de 11700 projets de 2008. Un total proche de 2 milliards de bolivars (700 millions d’euros) a été transféré, chiffre très important si l’on tient compte de la crise économique mondiale.

L’économie communale est inscrite dans le projet national Simon Bolivar. L’idée est de consolider le pouvoir populaire avec le financement de projets socioproductifs. Au travers de toutes ces politiques, c’est aussi l’Etat vénézuelien qui, avec l’organisation communautaire, cherche à favoriser et à rendre sa dignité au peuple.

Presse Web RNV / Courrier de l’Orénoque

Source : [http://www.rnv.gov.ve/noticias/?act=ST&f=4&t=112318]

Traduction : Grégoire Souchay pour : http://www.larevolucionvive.org.ve/