Sous les Tropiques, les apprentis de l’Etat Islamique

Par Luis Hernandez Navarro, la Jornada (Mexique) / 25/07/2017

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Orlando Figuera (21 ans) poignardé et brûlé vivant le 20 mai 2017, dans le quartier riche de Altamira, Caracas

Le jeudi 18 mai, Carlos Eduardo Ramirez est sorti chercher un emploi. Vers 15 heures, il marchait dans une des rues près de la station de métro Altamira à Caracas, lorsqu’un groupe d’environ vingt opposants au gouvernement , masqués, l’ont pris à partie. Aussitôt, ils ont commencé à le frapper à coup de bâtons et de pierres. L’un avait une arme à feu. Ils criaient : « Tue-le, tue-le, tue-le! Ce chaviste doit mourir! »

Carlos Ramirez a crié : Je ne suis pas chaviste, je ne suis pas chaviste! Pourquoi voulez-vous me tuer? Laisse-moi vivre, je veux voir ma fille! Les hommes masqués l’ont arrosé d’essence et lui ont mis le feu. Il a commencé à sauter, à courir, à crier et il s’est jeté à terre pour étouffer les flammes. La police municipale de Chacao (municipalité dirigée par l’opposition) n’a rien fait pour l’empêcher. Seuls les pompiers lui ont porté secours.

Carlos a été la première personne que les opposants pacifiques vénézuéliens ont brûlée parce qu’il était chaviste. Heureusement, il a survécu pour raconter l’histoire. Par contre, Orlando José Figuera, 21 ans, ne peut pas dire la même chose. Le 20 mai, à Altamira, il a été sauvagement battu, poignardé et brûlé par les apprentis tropicaux de l’Etat Islamique parce qu’il était voleur et partisan de Maduro. Il n’a pas survécu.

Depuis lors, les ennemis de la révolution bolivarienne n’ont cessé de brûler des êtres humains dont le seul délit est d’être chavistes. Les fanatiques ont mis le feu à 19 personnes, la plupart noires, pauvres ou fonctionnaires du gouvernement.

Mais leur vocation de pyromanes ne s’arrête pas là. Ils ont brûlé des aliments (plus de 50 tonnes dans l’état d’Anzoategui, où, selon Marco Teruggi, il ont accompagné leur geste de trois graffiti -maudits chavistes, en finir avec la faim, vive Leopoldo) ; des urnes funéraires du cimetière Guaicaipuro ; des drapeaux cubains ; la statue de Hugo Chávez ; le Bureau exécutif de la Magistrature (DEM) de la Cour Suprême du Venezuela à Chacao ; le siège du ministère du Logement ; l’Institut National de l’Alimentation ; des postes de police et une longue liste de bâtiments publics.

La pédagogie du feu de l’opposition fait partie de son pari insurrectionnel. Sa conversion en version sud-américaine du Ku Klux Klan (ce n’est pas un hasard si beaucoup de ses victimes sont d’origine afrodescendante) fait partie de son incapacité à rallier une base sociale dans les secteurs les plus pauvres. Comme la guerre économique, le blocage des rues et des avenues dans les quartiers de la classe moyenne, le déploiement de formes de lutte de guérilla urbaine et la campagne médiatiques n’ont pas réussi à provoquer ni la fracture de l’armée ni la désertion populaire de la cause chaviste, l’opposition a maintenant recours à la terreur. Ce qu’elle recherche, c’est que la peur paralyse ceux qui s’opposent à eux. Leur intention est d’user la résistance populaire.

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L’opposition vénézuélienne use de la même esthétique que des groupements néo-nazis. A gauche la « Croix Ardente » du Ku Klux Klan; à droite une « manifestation pacifique » de cette opposition.

Rien de nouveau. La droite latino-américaine a une longue tradition terroriste. Aucun peuple sur le continent n’y a échappé. Cependant, l’opposition vénézuélienne a innové et l’a dépassé largement. Ses conseillers ont beaucoup appris de l’État Islamique. Faire que les flammes dévorent les êtres humains est l’une des cartes qu’ils ont mises sur la table pour provoquer la panique. Pourtant, brûler les gens vivants relève d’une bestialité que de nombreux médias et groupes de défense des droits de l’homme ont décidé d’ignorer et de taire.

Bien que les groupes d’opposition font souvent usage de violence contre les pauvres, la presse internationale les décrit comme pacifiques, comme défenseurs de la liberté, «cool» et même « sexy ». Et bien que les commandos qui exécutent la violence dans la rue soient composés de paramilitaires colombiens, de criminels de droit commun payés, de gangs criminels et de groupes de choc entraînés à la guerre irrégulière, ils sont présentés comme de jeunes idéalistes qui luttent contre la dictature castro-communiste pendant la journée et vont s’éclater la nuit ; des jeunes qui allient masques à gaz sur les barricades avec tenues de dernière mode et boissons exotiques quand le soleil se couche.

Cette campagne de désinformation sur ce qui se passe au Venezuela a atteint des niveaux grotesques. Pendant des mois, Lilian Tintori a dit que son mari, le « prisonnier politique » Leopoldo López, était torturé en prison On a même dit qu’il était mort. De nombreux médias ont repris cette version sans la vérifier. Cependant, lorsque le 8 juillet Lopez est passé de la prison à son domicile dans un quartier huppé de Caracas, il ressemblait davantage à un prof de salle de sport qu’à un détenu torturé. (NDLR : L. Lopez a été jugé et emprisonné pour l’organisation de violences avec son mouvement d’extrême droite qui firent 43 morts en 2014).

A ce jour, la tentative de coup d’état de l’opposition vénézuélienne a fait 105 morts. Parmi eux, 29 ont été victimes des manifestants eux-mêmes. Par exemple, quatre ont été tués quand ils ont mis feu aux explosifs destinés à d’autres. Quatorze personnes sont mortes lors de pillages et dans l’incendie d’un magasin causé par les assaillants. Quatorze autres décès sont le fait d’agents de l’Etat, lesquels ont été mis en examen . Les 44 restants sont en cours d’investigation.

À court terme, l’opposition vénézuélienne est décidée à faire échouer le vote pour nommer l’Assemblée Nationale Constituante le 30 Juillet. Mais au-delà de ce but, elle vise à former un gouvernement parallèle, qui, même s’il est anecdotique (et dans l’incapacité d’exercer un pouvoir réel), puisse recevoir le soutien des États-Unis, et ouvrir la porte à une intervention étrangère. Les apprentis tropicaux de l’Etat Islamique, ne reculent devant rien, ils vont même jusqu’à brûler les vénézuéliens noirs et pauvres, à qui ils ne pardonnent pas l’audace d’être devenus maîtres de leur propre destin.

Source : http://www.jornada.unam.mx/2017/07/25/opinion/015a2pol

Traduction : Gloria Verges

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Venezuela heure zéro : ont-ils la force suffisante ?

Par Marco Teruggi

aeIls sentent la fin. Donald Trump a menacé publiquement le Venezuela de sanctions économiques si le Gouvernement maintenait l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) au suffrage universel, le 30 juillet prochain (l’Union Européenne lui a emboîté le pas en demandant la suspension du processus démocratique). Le secrétaire de l’Organisation des États Américains Luis Almagro s’est rendu en personne au Sénat des États-Unis pour parler de la crise au Venezuela. Il y a avancé, sans aucune preuve puisque les urnes ont été brûlées par les militants de droite après le décompte des voix, le chiffre de de 7.676.894 votants au plébiscite organisé par l’opposition. Les médias internationaux enflent, diffusent, légitiment ce « résultat » invérifiable dans chacune de leurs émissions. Tous pensent que « l’heure est venue ».

Ils l’appellent leur « heure zéro ». Une tactique en cinq lignes. En politique, installer un Gouvernement parallèle et faire prêter serment à des magistrats parallèles pour le Tribunal suprême de Justice. La MUD (plate-forme des partis de droite) a annoncé qu’ils éliraient le président du « gouvernement d’unité » grâce à des primaires. Ils ont déjà présenté les divers ponts du programme du nouveau Gouvernement.

Dans la violence, il s’agit de la combinaison de formes déjà éprouvées avec de nouvelles. Celles déjà éprouvées : brûler vives des personnes – près d’une vingtaine, déjà – couper complètement l’accès aux zones où règne l’opposition (quartiers riches), faire des incursions dans les zones populaires avec des groupes de choc, harceler des institutions publiques, des hôpitaux, des chaînes de télévision – comme VTV – attaquer avec des armes à feu, des mortiers ou des cocktails Molotov les forces de sécurité de l’État et les casernes, menacer et assassiner des chavistes, attaquer les systèmes de distribution des aliments. Quant aux nouvelles formes, en tout cas celles visibles publiquement : il s’agit de mener des attaques à l’arme lourde avec des fusils R15 en plein jour et à divers endroits. On voit, on prévoit, une augmentation des attaques de type militaire. Des foyers de violence se multiplient dans le pays : Valencia, Barquisimeto, San Cristóbal, Caracas, Miranda, Mérida.

Au niveau international, les États-Unis ont pris publiquement la responsabilité de l’offensive. Leurs Gouvernements alliés et subordonnés amplifient et soutiennent leur position. Le message est clair : ils vont avancer avec de nouvelles sanctions économiques. Une hypothèse est qu’ils refusent officiellement de reconnaître le Gouvernement une fois l’Assemblée Nationale Constituante installée et reconnaissent le Gouvernement parallèle de la droite. Comment se concrétiserait ce soutien ? Éventuellement dans le domaine économique, militaire et diplomatique.

En invisibilisant depuis longtemps la population chaviste et ses mobilisations, les médias internationaux pratiquent une forme d’autosuggestion.

Dans le domaine de la communication, ils y vont à fond. Non seulement, le schéma légitime toute la violence, la présente comme juste, épique et nécessaire mais on nie directement l’existence de la population chaviste. Nous en avons eu une démonstration claire lorsque l’essai électoral mis en place par le Centre National Électoral en vue des élections du 30 juillet n’a pas existé pour les médias internationaux. Seul a eu lieu le plébiscite illégal, organisé hors de tout contrôle et évidemment manipulé par les partis de droite.

Dans le domaine économique, l’objectif est d’augmenter le niveau d’asphyxie. Le communiqué de Donald Trump l’indiqué clairement, tout comme les tentatives de bloquer les lignes d’importation de nourriture destinées aux Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) mis en place par le gouvernement bolivarien pour pallier la pénurie alimentaire organisée par le secteur privé (80 % de l’économie).

Le pression économique internationale et la participation de la Fédération des Chambres et des Associations de Commerce et de Production du Venezuela – la grande bourgeoisie, à quoi s’ajoutent les actions violentes – incendie de dépôts alimentaires et de camions – sont les trois principaux ressorts du siège économique destiné à frapper et à exaspérer les secteurs les plus humbles.

Ne pas laisser de possibilité de s’en sortir. C’est la stratégie pour arriver au point de rupture.

Mais ce calcul ne produit toujours pas le résultat attendu. Certains chavistes ont rejoint leurs rangs comme le diplomate Isaías Médina, jeudi. Ils renforcent la liste pas si longue de ceux qui ont retourné leur veste : les principaux sont Luisa Ortega Díaz, qui a pris de positions politiques très claires en faveur de la droite, et Miguel Rodríguez Torres, accusé d’être un agent infiltré par les États-Unis depuis des années. Ils ont, de plus, le soutien de secteurs policiers du Corps d’Enquête Scientifiques, Pénales et Criminelles qui travaillent à arrêter des secteurs organisés du chavisme.

Ces acteurs font maintenant partie du bloc traditionnel de la droite composé par les partis politiques de la Table de l’Unité Démocratique et en dehors d’elle, par l’Église – qui bénit les groupes de choc en pleine messe – et par la grande bourgeoisie, l’oligarchie, les forces paramilitaires déployées sur les territoires, les groupes de délinquants au service de la violence de rue, la base sociale traditionnelle de classe – qui applaudit chaque fois qu’ils brûlent vif un « chaviste » – et par la structure internationale qui va du Département d’État nord-américain à Exxon Mobil.

La droite n’a pas réussi à obtenir, plus de 3 mois après le début du cycle d’insurrection, le soutien des Forces Armées Nationales Bolivariennes ni des secteurs populaires. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de mécontentement dans les quartiers populaires, qu’il n’y a pas là d’opposants qui veuillent que le Gouvernement s’en aille, fatigués par l’absence de réponse à la situation économique qui s’aggrave, et des gens qui ont voté au plébiscite de la droite. Ce qu’il n’y a pas, c’est une mobilisation de ces secteurs à l’appel de la droite. Les grèves ne sont pas suivies par les secteurs populaires, et ce n’est qu’à coups de barrages sur les routes ou de lock-outs d’entreprises que la droite paralyse, avec de plus en plus de difficulté, quelques secteurs d’activité. La composition de classe des protestations reste la même et le nombre de participants n’a pas augmenté : à cause de la violence que rejette la majorité, de l’élitisme de ses dirigeants, de l’absence d’un projet politique (à part en finir avec la « dictature » par tous les moyens).

C’est pour toutes ces raisons qu’ils dépendent du front international. C’est dans ce cadre qu’on doit comprendre le soutien frontal des États-Unis et le harcèlement international. Le gouvernement parallèle devra en effet être légitimé depuis l’étranger puisque sur le plan national, celui-ci aura pas de force suffisante pour avoir une action réelle : que feront les nouveaux magistrats du Tribunal Suprême de Justice nommés par l’Assemblée Nationale, déjà déclarés illégaux par le Tribunal Suprême de Justice et dont le premier vient de faire défection dénonçant la manipulation de son élection par la majorité de droite à l’Assemblée Nationale ? A l’heure actuelle, ils ne pourraient arriver à renverser le gouvernement qu’à travers une intervention directe, camouflée ou plus visible.

De la même manière que le Gouvernement a perdu une partie de sa base de soutien dans les secteurs populaires – en particulier à cause de la situation économique – il est certain que sa force y est encore très importante. Cela a été évident dimanche dernier, dans l’essai électoral occulté par les médias internationaux : certains secteurs du chavisme ont été surpris par le nombre de votants qui s’y sont rendus. Les photos et les vidéos sont là pour ceux qui en doutent. La droite, pour sa part, l’a nié bien qu’elle en a pris note : le chavisme est debout, conscient d’être dans un moment et dans un lieu historique, de la nécessité de résoudre le conflit par les voies démocratiques et participatives.

Il ne s’agit pas de faire du triomphalisme ni de penser que ce qui s’est passé ce jour-là est inébranlable.

L’objectif immédiat pour le chavisme est d’arriver au 30 juillet, de légitimer l’Assemblée Nationale Constituante avec un fort pourcentage de participation – le contraire aggraverait les choses – d’éviter que débutent des destructions massives dans les villes, des attaques militaires des opposants, que la société tombe dans l’affrontement que recherche une partie de la droite. Il s’agit d’une situation complexe dans lequel sont nécessaires l’intelligence, l’unité et l’organisation du chavisme.

La droite sent la fin, les chiffres ne suivent pas. Le conflit, par ses variables, semble de nature prolongée. La Révolution n’affronte pas des dirigeants vénézuéliens, elle affronte l’empire nord-américain.

Source : https://hastaelnocau.wordpress.com/2017/07/21/hora-cero-en-venezuela-tienen-la-fuerza-suficiente/

Traduction : Françoise Lopez, pour Bolivar Infos

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La CIA confirme publiquement qu’elle travaille au « changement de gouvernement au Venezuela »

Bien que les grands médias taisent cette information, ou minimisent les dires du « Ministre des Affaires Étrangères du Venezuela selon lequel le directeur de la CIA aurait affirmé que… etc… etc… », ou traitent carrément par l’ironie les protestations du président Maduro (1), c’est à présent officiel. Le directeur de l’Agence Centrale de Renseignement des États-Unis (CIA), Michael Richard Pompeo, vient de révéler publiquement la tenue de plusieurs réunions avec la Colombie et le Mexique (2) pour évaluer les « manœuvres qui pourraient être appliquées depuis ces nations en vue d’obtenir un meilleur résultat » dans les efforts menés pour « changer le gouvernement du Venezuela ».

L’interview a été réalisée le 20 juillet 2017 au Forum sur la Sécurité d’Aspen (3), au Colorado. On peut lire l’échange sur le Venezuela entre la journaliste Vanessa Neumann, présidente de l’entreprise Asymmetrica, et le Directeur de la CIA aux pages 33-34 du texte intégral en anglais : http://aspensecurityforum.org/wp-content/uploads/2017/07/The-View-from-Langley.pdf

Cet échange est également visible sur la vidéo intégrale de l’interview de Pompeo (à 55:30) :

 

« Vanessa Neumann: j’ai la double nationalité, états-unienne et vénézuélienne. Voici donc ma question puisque nous n’avons rien couvert de l’hémisphère occidental dans ce forum. Il est évident que le changement de régime de Maduro et du Venezuela, nous l’espérons, est imminent ou qu’il est en train de s’écrouler en spirale – soit nous nous convertissons en Cuba dans deux semaines et nous mourrons pour toujours, soit il y aura un changement dans 60 ou 90 jours. Je suis intéressée de connaître votre évaluation par rapport aux intérêts états-uniens, aux menaces de la part du Venezuela et bien sur quels sont les intérêts russes, iraniens dans la région.

« Michael Pompeo: Merci de ta question. Quand tu as un pays aussi grand, avec une capacité économique comme celle du Venezuela, les États-Unis ont grand intérêt à s’assurer qu’il soit aussi stable et démocratique que possible. Et par conséquent nous travaillons dur dans ce but. Je fais toujours attention quand je parle de l’Amérique Centrale ou du Sud et de la CIA, il y a beaucoup d’histoires là-dessus (rires). Je dois faire très attention à ce que je vais dire mais nous, nous avons beaucoup d’espoir dans le fait qu’il puisse y avoir une transition au Venezuela et nous, la CIA, faisons tous nos efforts pour comprendre la dynamique là, pour la communiquer à notre Département d’État et aux autres. Les Colombiens, je suis allé à Mexico et à Bogotá la semaine dernière pour parler de ce sujet, pour essayer de les aider à comprendre les choses qu’ils pourraient faire pour avoir un meilleur résultat dans cette partie du monde et dans notre partie du monde. »

Notes :

(1) Ignacio Ramonet : « Tout vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel », et même les faits ou les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. Même l’argument – si évident pour le Venezuela – du complot, de la conjuration, de la conspiration, n’est pas accepté. Le nouveau discours médiatique dominant dénonce et ridiculise d’avance « le prétendu complotisme » comme un argument inacceptable de « récits à l’ancienne », non recevable… », voir https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/01/05/les-10-victoires-du-president-nicolas-maduro-en-2016-par-ignacio-ramonet/

(2) Intimement liés aux puissances du narcotrafic et aux intérêts des multinationales, les gouvernements néo-libéraux du Mexique et de la Colombie appliquent des politiques agressives de privatisation de l’économie et sont signataires de plans de coopération militaire et policière avancés avec les Etats-Unis. Avec pour conséquence des chiffres records en matière d’assassinats par les forces de sécurité ou « paramilitaires », de militants sociaux, de défenseurs des droits de l’homme, de l’environnement et de journalistes.

(3) L’Aspen Institute est une organisation internationale créée aux États-Unis et financée principalement par des fondations liées à l’élite des grandes corporations comme Carnegie, le Fonds des Rockefeller Brothers, la Fondation Gates, la Fondation Lumina et la Fondation Ford. Il se consacre à promouvoir les « démocraties participatives » depuis la vision de la droite néo-libérale. L’institut a son siège à Washington et compte un campus à Aspen, Colorado (son lieu d’origine).

Source : https://red58.org/la-cia-confirma-que-está-trabajando-para-derrocar-a-venezuela-c485f0754487

Traduction : Thierry Deronne

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Nouveaux sondages surprises au Venezuela (juillet 2017)

Selon l’institut d’enquête privé vénézuélien Hinterlaces, 56 % des vénézuéliens ne sont pas du tout ou peu disposés à participer aux manifestations ou rassemblements de l’opposition. 71 % pensent la même chose pour les blocages de rue, d’autoroutes et d’avenue, la nouvelle forme de protestation mise en place par l’opposition appelée « guarimba » (barricade infranchissable sous peine de tirs).

Cette enquête montre également que les formes les plus violentes de protestations des derniers jours sont celles qui génèrent le plus de rejet de la part de la population, étant donné que 85 % affirme ne pas vouloir participer à des « guarimbas » ni à des affrontements avec des agents de l’ordre public au Venezuela.

Alors que les appels à manifester de la MUD (coordination des partis de droite) ne sont pas non plus suivis par la majorité des vénézuéliens, une éventuelle grève nationale ne serait soutenue que par 37 % de la population et un processus de désobéissance active par 27 % des vénézuéliens.

Ces chiffres mettent à bas le mythe selon lequel la majorité des vénézuéliens soutient les protestations. Tant les violences que le plébiscite interne pour justifier l’existence d’un gouvernement parallèle ou une intervention extérieure, ont pour foyers les quartiers riches et les zones frontalières avec la Colombie, pénétrées par le paramilitarisme. Même le président de la firme Datanalisis, Luis Vicente León, de tendance antichaviste confirmée, confirme que la participation à ces violences n’a été que de 2 et 3 % des vénézuéliens.

La majorité veut un dialogue et attendre les élections présidentielles.

Selon l’enquête de Hinterlaces, 84 % des vénézuéliens sont pour un dialogue entre l’opposition et le Gouvernement pour résoudre le conflit politique actuel, contrairement à ce qu’on croit à l’extérieur sur l’impossibilité d’arriver à quelque accord à cause de la polarisation politique existante dans le pays.

Ce chiffre, de plus, coïncide avec une autre enquête d’Hinterlaces de cette semaine, qui fait ressortir que 59 % des personnes interrogées disent préférer pour qu’on attende les élections présidentielles de l’an prochain (2018). Ceci en opposition avec la thèse soutenue au niveau international sur une volonté de la majorité des vénézuéliens que le président Maduro finisse son mandat plus tôt. Dans ce sens, Hinterlaces explique que 58 % des vénézuéliens préfèrent que le président Maduro prenne les mesures nécessaires pour résoudre en partie les problèmes économiques du pays. Alors que 36 % se montre favorable à ce qu’ un gouvernement d’opposition assume pour faire la même chose.

Désapprovisionnement

75 % des vénézuéliens consultés dans la zone métropolitaine de Caracas affirment que le problème du désapprovisionnement d’aliments est en train d' »empirer », alors que 21 % considère qu’il est en train de se résoudre et 4% ne sait pas ou ne répond pas (NS/NC); révèle le plus récent Monitor País d’Hinterlaces.

CLAPS

Le sondage fait apparaître que 57 % des personnes consultées « sont d’accord » avec les Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) comme système d’approvisionnement en nourriture, alors que 42 % ne sont pas « d’accord » et 1 % ne sait pas/ne répond pas.

69 % des personnes interrogées assurent qu’elles « ont bénéficié » du système d’approvisionnement en aliments à travers les CLAP, alors que 30 % signalent qu’ils « n’en ont pas bénéficié ».

Un total de 49 % des familles habitantes de la zone métropolitaine de Caracas a bénéficié des CLAP au cours du mois précédent, alors que 51 % en ont bénéficié il y a plus de deux mois.

Dans une enquête réalisée le 16 juillet, Hinterlaces révèle que la majorité des vénézuéliens est d’accord avec le développement d’un modèle économique productif socialiste de caractère mixte, qui englobe des entreprises de l’État, privées et de propriété sociale.

L’enquête, menée dans 1500 foyers du pays, indique que 75 % des personnes interrogées est d’accord avec le développement d’un modèle économique socialiste, alors que 24% est en désaccord.

De même, dans un sondage réalisé entre le 15 et le 28 juin, 63 % des sondés a manifesté son accord avec l‘amélioration du modèle économique socialiste, alors que 32 % considère qu’il doit changer pour un modèle productif capitaliste.

Pour ce qui est de la conduite de l’économie, 61 % s’est montrée d’accord avec le fait que ce soit l’État qui la fasse et 34 % en désaccord, de même, 78 % croit que l’État doit établir des règles économiques claires par lesquelles soient régies l’ entreprise privée alors que 12 % n’est pas d’accord.

Le rejet de la privatisation des services et des entreprises clés de la République est un autre des aspects ressortant de cette étude qui montre que 67 % ne veut pas que l’entreprise privée assume le service de l’électricité; 69 % n’est pas d’accord avec la privatisation de l’entreprise d’État de communication Cantv, et 74 % ne veut pas la privatisation de Pétroleos de Venezuela (Pdvsa). Ces privatisations sont pourtant au cœur du programme de l’opposition qui lutte actuellement pour reprendre le pouvoir sans passer par les urnes.

Hinterlaces a aussi enquêté sur l’opinion des vénézuéliens quant à la capacité qu’aurait un gouvernement de droite de résoudre les problèmes économiques du pays: 63 % des sondés ont déclaré ne pas avoir confiance alors que 34 % a manifesté que oui.

Sur l’Assemblée Constituante

54 % des vénézuéliens est « d’accord » avec ceux qui disent qu’il faut « améliorer l’actuelle Constitution pour garantir que les conquêtes sociales ne soient pas perdues », tandis que 44 % ne sont « pas d’accord », révèle également le Monitor País d’Hinterlaces.

L’étude élaborée entre le 15 et le 28 juin a inclus des personnes natives, de sexe masculin et féminin, des majeurs de 18 ans, de catégories socio-économiques A-B, C, D et E.

L’enquête montre que 56 % des personnes interrogées ne sont « pas d’accord » avec ceux qui disent que « le président Maduro veut rédiger une nouvelle constitution pour pouvoir garder le pouvoir », tandis que 42 % est « d’accord » avec cette affirmation.

Avec un indice de confiance de 95 % et une erreur admissible maximale de +/- 2,5 % pour les chiffres obtenus, l’enquête a soutenu que 60 % était « en désaccord » avec ceux qui disent que l' »Assemblée Nationale Constituante rédigera une nouvelle Constitution pour établir au Venezuela un Gouvernement communiste comme celui de Cuba », alors que 37 % a déclaré « être d’accord » avec cette affirmation.

Notons la différence entre ces chiffres et l’image que les médias donnent du Venezuela.

Source : Hinterlaces, http://hinterlaces.com/

Traduction : Cathie Duval

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Le Venezuela est attaqué parce que pour lui aussi « la vie des Noirs compte » (Truth Out)

Par Andrew King *

Un article récent du New York Times, intitulé « les supporters de Maduro sont pris pour cibles à Miami », décrit le groupe de plus en plus bruyant d’ « exilés » vénézuéliens anti-gouvernementaux vivant aux États-Unis qui renforcent leurs tactiques d’agitation et de harcèlement contre les Vénézuéliens qui soutiennent le gouvernement socialiste du président Nicolas Maduro, L’opposition vénézuélienne a bénéficié du soutien inconditionnel du gouvernement US et des médias – qu’ils soient conservateurs ou libéraux – qui, tous en chœur, diabolisent et sapent le gouvernement démocratiquement élu de la nation, qualifié de dictature brutale, tout en dépeignant l’opposition financée par les États-Unis et souvent violente comme des manifestants anti-gouvernementaux pacifiques et démocratiques.

Il est vrai que la situation économique actuelle au Venezuela est assez grave ; la nation connaît actuellement un taux d’inflation à trois chiffres et les vénézuéliens doivent souvent subir de longues files d’attente pour acheter des produits de base. Bien que ces défis soient dus à un éventail complexe de facteurs, dont une guerre économique menée contre le pays et la chute du prix du pétrole, le New York Times, le Washington Post, CNN et Fox News assènent un barrage d’images de crise pour retourner l’opinion publique contre le gouvernement socialiste vénézuélien afin de le déstabiliser et, pour objectif final, le renverser.

Tout en cherchant à diaboliser le gouvernement de Maduro et à glorifier les manifestants anti-gouvernementaux, les grands médias s’abstiennent de montrer le véritable visage de l’opposition ou de faire état de la raison de son opposition. En effet, plusieurs dizaines de personnes, y compris des employés de l’état, ont été tuées ces dernières années en raison des actes violents des manifestants de droite. Les grand médias font soigneusement l’impasse sur ce qui devrait figurer en une, comme le cas de l’afro-vénézuélien Orlando Figuera. Le 20 mai, le jeune homme de 21 ans traversait le bastion de l’opposition gouvernementale de Chacao à Caracas lorsqu’un groupe de « manifestants » anti-gouvernementaux masqués l’accusèrent d’être un partisan du gouvernement. La foule a ensuite encerclé Figuera, l’a poignardé six fois pour ensuite l’arroser d’essence et d’y mettre en feu. Le jeune homme est mort plus tard à l’hôpital. Le président Nicolas Maduro a qualifié l’acte de symbole des crimes de haine commis au Venezuela, en soulignant le caractère raciste de ce lynchage d’un vénézuélien noir. C’est la neuvième personne à être tuée lors des barricades de l’opposition depuis que les violentes manifestations ont éclaté au début du mois d’avril. Les mêmes moyens de communication puissants qui dénoncent systématiquement les violations des droits de l’homme par le gouvernement vénézuélien demeurent en grande partie muets sur ces actes de terrorisme racistes commis par l’opposition de droite.

Le jeune Orlando Figuera, brûlé vif dans un quartier chic de Caracas par une droite insurgée que les médias internationaux déguisent tous les jours en « révolte populaire contre la dictature de Maduro ». Voir http://wp.me/p2ahp2-2CO

Il est important de noter que si l’opposition virulente de droite est concentrée dans les secteurs blancs et économiquement favorisés de la population, les barrios, les bidonvilles et les zones rurales où vivent les pauvres, les communautés autochtones et les afro-vénézuéliens ne se sont pas soulevés car la plupart soutiennent le gouvernement. Pour comprendre les racines de la haine et du racisme de l’opposition envers les partisans noirs et indigènes du gouvernement, il faut comprendre l’histoire de la présidence qui a précédé Maduro – celle de Hugo Chavez.

Hugo Chavez et la révolution bolivarienne

Des décennies de politiques néolibérales défaillantes et de répressions gouvernementales ont ouvert la voie à l’élection démocratique de Chavez en 1998. Après avoir pris ses fonctions, le gouvernement Chavez a lancé une campagne vigoureuse pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en redistribuant la vaste richesse pétrolière de la nation aux pauvres, aux secteurs afro-vénézuéliens de la population. Chavez a appelé ce mouvement contre l’hégémonie néolibérale US « la révolution bolivarienne », inspiré par le héros de l’indépendance sud-américaine du XIXe siècle, Simón Bolívar. Selon Chavez, le but ultime de cette révolution était de construire un socialisme du XXIe siècle qui serait mené par les pauvres, les femmes, les indigènes et les afro-vénézuéliens.

Un des objectifs centraux du projet révolutionnaire du Venezuela a été de lutter contre l’héritage historique du racisme envers les indigènes et les afro-vénézuéliens. La nouvelle constitution créée sous Chavez a fait progresser les droits sociaux, culturels et économiques des peuples autochtones, des afro-vénézuéliens et des femmes, y compris la reconnaissance de l’éducation interculturelle. Chavez a été le premier président des Amériques à reconnaître ouvertement son héritage indigène et africain. Les médias privés vénézuéliens se référaient souvent à lui avec des insultes racistes. En 2005, Chávez a déclaré que « la haine contre moi a beaucoup à voir avec le racisme. En raison de ma grande bouche et de mes cheveux bouclés. Je suis vraiment fier d’avoir cette bouche et ces cheveux parce qu’ils sont africains ». La même année, Chávez a créé la Commission présidentielle pour la prévention et l’éradication de toutes formes de discrimination raciale dans le système éducatif vénézuélien.

Le gouvernement Chavez a utilisé la richesse pétrolière du pays pour augmenter les dépenses sociales et a développé des programmes révolutionnaires connus sous le nom de « missions sociales », ce qui a entraîné des progrès sociaux considérables pour les secteurs pauvres et socialement exclus du pays, dont beaucoup sont d’origine africaine ou indigène. En 2010, les programmes gouvernementaux avaient réduit la pauvreté de moitié et l’extrême pauvreté de deux tiers. En 2005, l’ONU a déclaré le Venezuela libre d’analphabétisme, après que 1,5 million de vénézuéliens aient appris à lire et à écrire.

Des milliers de médecins cubains et de professionnels de la santé ont été envoyés dans les communautés rurales et pauvres du pays, offrant à des millions de citoyens un accès sans précédent aux soins de santé gratuits. Grâce à ce programme, plus de 6 000 cliniques de santé communautaires ont été construites et des millions de consultations gratuites ont été dispensées. Parmi les autres réalisations, on compte un programme massif de logements sociaux qui a créé plus d’un million de logements depuis son lancement ; la redistribution de milliers de titres de propriété de terres communales aux communautés autochtones ; et une démocratisation des médias grâce à une explosion du nombre de stations de radio et de télévision communautaires.

La nation sud-américaine a renforcé son engagement envers les vies noires en 2011 lorsqu’elle a adopté une loi historique interdisant la discrimination raciale qui, selon le journal international Correo del Orinoco, « mettra en place des mécanismes pour prévenir, réprimer, punir et éradiquer la discrimination raciale par toute personne, groupe de personnes, autorités publiques, institutions privées et organisations civiles, économiques, politiques, culturelles et sociales ». Le gouvernement a également créé une nouvelle question de recensement qui permet aux citoyens d’être classés comme afro-vénézuéliens.

Solidarité avec les Afro-Américains

En 2015, le président Maduro s’est rendu à Harlem pour parler avec des leaders noirs, dont Opal Tometi, cofondateur de Black Lives Matter. Ce geste rappelle la visite de Fidel Castro à Harlem en 1964 pour rencontrer Malcolm X. Plusieurs mois plus tard, le réseau Black Lives Matter et d’autres groupes nord-américains noirs ont publié une déclaration dénonçant l’intervention US au Venezuela et exprimant leur solidarité avec les afro-vénézuéliens et les Vénézuéliens indigènes à la suite de la victoire électorale de la droite aux élections législatives de 2014 qui menace les avancées sociales de la révolution.

Dans cette déclaration, les militants US remercient le Venezuela pour son soutien continu à la communauté afro-américaine des États-Unis, en remontant à l’offre de Chavez d’envoyer de grandes quantités d’aide, y compris des médecins et des spécialistes en gestion de catastrophes, à la Nouvelle-Orléans après le passage de Katrina. George W. Bush, qui a largement laissé les résidents noirs de la ville se noyer, a refusé l’offre. Au cours des 12 dernières années, Citgo – une filiale vénézuélienne – a fourni une aide au mazout de chauffage à coût réduit à des centaines de milliers de familles pauvres dans 23 états dont ont bénéficié les résidents noirs du Bronx, de Boston, de Chicago et de Philadelphie, entre autres villes. Un certain nombre de dirigeants afro-américains, de militants et d’artistes tels que Danny Glover, Harry Belafonte et Jesse Jackson Jr. se sont rendus au Venezuela et ont créé de solides liens de solidarité avec Chavez et la révolution bolivarienne et reconnaissent sa connexion avec le mouvement de libération des Noirs aux Etas-Unis.

Solidarité avec Haïti, les Caraïbes et l’Afrique

La solidarité du gouvernement vénézuélien envers les Noirs est peut-être nulle part plus évidente que dans l’aide généreuse et le soutien qu’il a apporté au peuple haïtien à la suite du tremblement de terre dévastateur de 2010, qui comprenait la fourniture de milliers de tonnes de nourriture, de médicaments, de camps de secours, d’hôpitaux de campagne et du personnel médical et de secouristes. En outre, Chavez a annulé la dette d’Haïti qui s’élevait à $395 millions, en proclamant que « Haïti n’a aucune dette envers le Venezuela — au contraire, c’est le Venezuela qui a une dette historique envers Haïti », en référence au fait que l’auto-libérée République noire avait fournit des armes, des munitions et des navires à Simón Bolívar pour combattre les Espagnols au Venezuela, en échange de la promesse qu’il abolirait l’esclavage dans son pays. Le Venezuela a également forgé de nouveaux liens avec les pays africains en ouvrant 18 nouvelles ambassades et en établissant des accords de coopération en matière de santé et d’éducation.

C’est précisément à cause de l’audace du gouvernement vénézuélien à lutter contre l’impérialisme raciste des États-Unis – et à affirmer sans réserve que la vie des Noirs compte (*) en faisant valoir les droits des pauvres d’ascendance africaine – qu’il est sous l’assaut constant de la classe dirigeante blanche US et des médias internationaux. Il est donc assez facile de comprendre pourquoi, pour citer le Premier ministre radical noir assassiné de Grenade, Maurice Bishop, « Goliath a tourné toute son attention vers David ».

Andrew King

Notes

Ecouter la dernière lettre officielle de Hugo Chavez, écrite quelques jours avant de mourir : une “lettre à l’Afrique” à laquelle des citoyens du Burkina Faso, la nation de Thomas Sankara, ont donné un visage :

A la rencontre des “Jacobins noirs” haïtiens dont la révolution, la première des Amériques, permit à un Simón Bolívar défait de reprendre pied et de libérer l’Amérique Latine du joug colonial à la tête d’une armée de paysans et d’ex-esclaves.

A la rencontre des “Jacobins noirs” haïtiens dont la Révolution, la première des Amériques, permit à un Simón Bolívar défait de reprendre pied et de libérer l’Amérique Latine du joug colonial à la tête d’une armée de paysans et d’ex-esclaves.

En visite officielle au Mozambique.

En visite officielle au Mozambique.

* L’auteur : Andrew King est un étudiant en doctorat en politique publique à UMass Boston, un activiste-érudit, et a soutenu l’organisation de Black Lives Matter et d’autres campagnes de justice raciale et économique. Il est le coordinateur d’un projet de recherche communautaire avec des organisateurs de jeunes de Boston qui se battent pour la justice éducative. Andrew a également fait de la solidarité en organisant et en effectuant des recherches sur les mouvements sociaux latino-américains et a voyagé au Venezuela et à Cuba. Il peut être contacté à andrew.king003@umb.edu.

(*) Wikipedia : « Black Lives Matter » (BLM), qui se traduit en français par « les vies des Noirs comptent », est un mouvement militant afro-américain qui se mobilise contre la violence ainsi que le racisme systémique envers les Noirs. Les membres de BLM font régulièrement des manifestations et se mobilisent contre les meurtres de personnes noires par des policiers. Ils accordent une importance particulière au profilage racial, à la brutalité policière ainsi qu’à l’inégalité raciale dans le système de justice criminel des États-Unis. Le mouvement est né en 2012 sur Twitter avec le hashtag #BlackLivesMatter, à la suite de l’acquittement de George Zimmerman, un Latino-américain coordonnant la surveillance du voisinage, qui avait tué l’adolescent noir Trayvon Martin en Floride.

Source : http://www.truth-out.org/news/item/40994-venezuela-is-under-attack-for-asserting-that-black-lives-matter

Traduit par Le Grand Soir

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VENEZUELA COEUR DE L’AMÉRIQUE. Appel International avant l’Assemblée Constituante

Chers compagnons des mouvements sociaux et des organisations populaires du continent et du monde entier :

En ce moment se joue au Venezuela une grande part du destin de l’Amérique Latine et des Caraïbes. C’est pour cette raison que toute l’artillerie de la droite internationale –en particulier les médias – se consacre à légitimer le soutien aux actions terroristes (déguisées en révolte populaire) et à rendre invisible le peuple chaviste. Les déclarations de Trump et du sénateur états-unien Marco Rubio; la participation du Secrétaire Général de la OEA, Luis Almagro, à une réunion du Sénat des États-Unis et le dernier plan présenté par les porte-paroles de la droite vénézuélienne (MUD) sont autant de signes clairs : on prépare le terrain pour généraliser une guerre civile et prendre le pouvoir politique par la force.

Au milieu de ce harcèlement sans précédent et de ce lavage de cerveau médiatique d’une intensité inouïe, le peuple vénézuélien ira aux urnes le 30 juillet pour élire ses députés à l’Assemblée Nationale Constituante. Dans ce contexte, il nous semble indispensable d’unir nos efforts de communication pour rendre visible une image différente de celle qui a été construite par les médias.

Nous lançons un appel à participer à la campagne “Venezuela Coeur de l’Amérique pour apporter notre soutien à la Révolution Bolivarienne, défendre le droit au suffrage des vénézuéliens et l’Assemblée Nationale Constituante comme processus légitime, populaire, défendu par tous los peuples qui défendent l’autodétermination, la souveraineté et la paix face à l’agression.

Outre la réalisation d’activités de rue, des manifestations de solidarité et des concentrations dans chaque pays, nous proposons une stratégie pour mener une bataille unifiée sur le web et les réseaux sociaux.

1.          La campagne débutera lundi 24 juillet –Jour de l’Intégration d’Amérique Latine, jour anniversaire de la naissance de Simon Bolivar- avec une intervention les réseaux sociaux

Entre 12 et 14h (Heure de Venezuela) nous posterons des messages de soutien avec les étiquettes #VenezuelaCorazóndeAmerica y #VamosConLaConstituyente.

–   Nous répèterons l’opération de 19 à 21 h (Heure de Venezuela).

  • Pendant toute la journée nous diffuserons le document envoyé en fichier joint. Nous invitons à envoyer votre adhésion à la campagne au courriel venezuelacorazondeamerica@gmail.com

2.   Réaliser des vidéos sur les portables (máximum 30 secondes) avec : prénom, organisation, pays, avec votre point de vue sur l’importance de l’Assemblée Constituante pour le continent et les peuples du monde et une invitation à participer et à diffuser la campagne “Venezuela corazón de América”. Envoyer les vidéos à venezuelacorazondeamerica@gmail.com  ou au tél: +541132948521

 3.     Le 28 juillet nous unirons de nouveau nos forces sur les réseaux sociaux, de 12 à 14 h et de 19 à 21 h (heure du Venezuela) avec les étiquettes #VenezuelaCorazóndeAmerica et #VamosConLaConstituyente

 4.      Le 29 et 30 juillet nous activerons la couverture alternative des activités de solidarité qui se dérouleront dans différentes parties du monde ainsi que sur le déroulement de la journée de vote au Venezuela. Nous t’invitons à suivre le compte Twitter:  @Vzla_Corazon

Un abrazo bolivarien !!

Gonzalo Armúa

Secrétaire Exécutif

Mouvements Sociaux de l’ALBA

Tel: +541132948521

Déclaration intégrale: En route vers la Constituante

En ce moment se joue au Venezuela une grande part du destin de l’Amérique Latine et des Caraïbes. C’est bien pour cette raison que toute l’artillerie des secteurs conservateurs –en particulier les médias – se consacre à légitimer le soutien aux actions terroristes (déguisées en révolte populaire) et à rendre invisible le peuple chaviste. Les déclarations de Trump et du sénateur nord-américain Marco Rubio; la participation du Secrétaire Général de la OEA, Luis Almagro devant le Sénat des États-Unis et le dernier plan présenté par les porte-paroles de la droite vénézuélienne sont autant de signes très clairs : ils préparent le terrain pour généraliser une guerre civile et prendre le pouvoir politique par la force.

C’est pourquoi le 30 juillet nous devons livrer une bataille qui a des répercussions sur tout notre Continent Américain. En tant que mouvements populaires, ne pouvons rester immobiles.  L’Assemblée Constituante est l´outil démocratique pour défendre et promouvoir la paix face aux secteurs fascistes internationaux et locaux qui essaient de violer la souveraineté populaire. C’est un outil pour défendre et approfondir cette révolution qui livre une bataille depuis 19 ans.

Ce scrutin est non seulement est un frein à la violence fasciste et soumise, c’est aussi un exemple d’ émancipation populaire, l’expression du plein exercice de pouvoir des gens que participent, discutent et décident du destin du pays, un peuple rebelle qui, avec son président Nicolas Maduro, mène héroïquement une guerre multidimensionnelle de quatrième génération créée dans les laboratoires expérimentés de la déstabilisation de la CIA.

En cette heure que vit la Patrie Grande, où des amis et alliés d’hier aux moments victorieux se retranchent dans une critique abstraite, nous, mouvements populaires du continent, continuons à soutenir de toutes nos forces la révolution bolivarienne.

Nous sommes persuadés que c’est en ce moment précis où les peuples montrent leurs signes majeurs de libération, et il ne fait aucun doute que les vénézuéliens sont sur cette voie, que le rôle des peuples frères est de continuer à dénoncer les atrocités de la droite fasciste que les grands médias ne publieront jamais, de nous mobiliser pour démontrer que le projet bolivarien est toujours vivant dans nos cœurs, d’assumer l’assemblé constituante dans chaque parcelle de terre d’Abya yala.

Parce que le Venezuela est le coeur de ce moment historique, et qu’on peut sentir les battements du projet d´intégration révolutionnaire pour nous mener à la seconde indépendance définitive, nous déclarons le Venezuela “coeur de l’Amérique”.

Nous, peuples de Notre Amérique et du monde entier, nous continuons de lever la bannière du président Chávez, solidaires du peuple vénézuélien et défendons le gouvernement élu, légitime de Nicolas Maduro. Voilà pourquoi nous lançons la campagne “Venezuela Coeur de l’Amérique”, comme manifestation de soutien à l’Assemblée Constituante, outil démocratique, participative, populaire et révolutionnaire pour atteindre la paix.

 

En route avec l’Assemblée Constituante

Venezuela Coeur de l´Amérique

NOUS VAINCRONS !

 

ADHESIONS à venezuelacorazondeamerica@gmail.com / Twitter: @Vzla_Corazon

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Les partis de gauche et les mouvements sociaux d’Amérique Latine appuient un peuple qui écrit sa constitution à la barbe de l’Empire.

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Réunion des partis de gauche latino-américains à Managua du 15 au 19 juillet pour le XXIIIème Forum de Sao Paulo.

Les 300 délégués de 18 partis politiques de gauche venus de 26 pays d’Amérique Latine, réunis à Managua du 15 au 19 juillet pour le XXIIIème Forum de Sao Paulo, viennent de réaffirmer leur soutien au processus de l’Assemblée Constituante grâce auquel les vénézuéliens éliront 545 député(e)s au suffrage universel, le 30 juillet. La secrétaire exécutive du Forum, Mónica Valente (Parti des Travailleurs, Brésil) a souligné que l’heure a sonné pour la gauche de reprendre l’offensive contre le néolibéralisme dans la région et que la seule façon de la démocratie est de « consulter le peuple, non de faire des coups d’État comme au Brésil, au Paraguay et au Honduras. » « Nous allons former une Commission d’Accompagnement Électoral de l’Assemblée Constituante au Venezuela, car nous l’appuyons » a précisé la Présidente du Parti des Travailleurs du Brésil, la sénatrice Gleisi Hoffmann, lors de la clôture de cette rencontre qui a vu les présidents du Salvador, Salvador Sanchez Ceren, du Nicaragua Daniel Ortega ou de Bolivie Evo Morales réaffirmer leur soutien à la révolution bolivarienne et dénoncer la volonté de la détruire de la part des États-Unis. Même soutien de la Coordination des Mouvements Sociaux de l’ALBA ou du Sommet des peuples qui se réunit en Argentine parallèlement au sommet des gouvernements du Mercosur.

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Sommet des Peuples, organisé parallèlement au sommet du Mercosur, Argentine, 20 juillet 2017

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Mouvements sociaux du Brésil, dont le Mouvement des Travailleurs Sans Terre, manifestant leur soutien au scrutin de l’Assemblée Constituante au Venezuela, le 20 juillet 2017.

Alors que la gauche occidentale, par peur des retombées médiatiques, n’ose plus parler du Venezuela, l’ensemble des partis de la gauche et des mouvements sociaux d’Amérique Latine, manifestent de manière claire leur solidarité avec les jacobins noirs qui s’entêtent a vouloir écrire leur constitution à la barbe de l’empire états-unien, de ses vassaux européens et de médias qui continuent à imputer les morts causées par les violences de la droite au « dictateur Maduro ». Cette lutte coloniale contre la démocratie se répète au Venezuela lui-même où une opposition raciste qui s’inspire de plus en plus de l’État Islamique brûle vifs, comme hier encore à Lecheria, ceux qu’elle n’a jamais considérés vraiment comme des êtres humains depuis que Chavez les a fait entrer dans l’espace politique. Il suffit de lire les tweets de la droite sur les candidats à l’Assemblée Constituante, pour comprendre ce qu’elle ferait en cas de retour au pouvoir.

Tweets racistes

Demandez le programme !

Mais alors que 90 % de la population ne participe à ces violences, dont les foyers se trouvent dans les quartiers riches, quels sont les rêves des candidats à cette assemblée, quels sont les thèmes de tous ces débats citoyens censurés par les médias et ignorés par la gauche occidentale ? Un des courants les plus vivants du chavisme critique (baptisé « bravio », c-à-d rebelle) mène une campagne intense contre le repli populaire de l’espace public causé par la guerre économique et la dépolitisation du conflit favorisée tant par cet antichavisme raciste, fascisant, que par le conservatisme et l’inertie de secteurs de l’État, boulets de la révolution, essayant de conserver des quotas de pouvoir ou au moins, des privilèges.

Certains courants de la gauche occidentale, soucieux de leur image, se drapent dans le « ni-ni » de « la critique de gauche », comme si les vénézuéliens dépendaient de communiqués parisiens pour réfléchir de manière critique sur leur réalité et rallumer le moteur de leur Histoire. On n’est pas loin des discours de Sarkozy ou Macron sur l’Afrique « préhistorique ». Mais la critique, la vraie, celle qui ne procède pas de projections idéologiques, appartient d’abord à ceux qui agissent sur place pour transformer leur réalité, à ceux qui peuvent critiquer un processus en connaissance de cause. En voici un bon exemple : le programme de ces militants de base et de peau foncée.

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L’ECONOMIQUE:

Pour une économie au service de la vie et des gens!

  • Rédaction d’un chapitre dans la Constitution consacré à l’économie communale, qui considère les axes suivants:

Le modèle économique socialiste se base sur une économie en fonction de l’attention et de la reproduction de la vie sur la planète, soumise aux intérêts communs du peuple travailleur. Les revenus nationaux produit de la rente pétrolière (98%) doivent forcer la naissance d’une économie véritablement productive, basée sur ces principes comme indispensable fondement du nouvel État communal et populaire. Les « droits économiques » reconnus actuellement par la Constitution doivent transcender vers l’énoncé de ce nouveau « système économique » à construire, comme unique possibilité de dépassement de la crise systémique actuelle. Ce modèle doit considérer de plus, comme biens communs, les ressources naturelles comme l’eau, la biodiversité, la richesse génétique, les minerais et que les gouvernements néolibéraux laquais privatisent impunément à travers l’exploitation transnationale.

  • Pour une économie mixte, rationnelle, planifiée, durable, productive, sous contrôle de la société dans toutes ses étapes pour garantir la distribution et la commercialisation justes et pas pour vider le salaire du peuple travailleur pour le bénéfice d’un petit nombre.
  • D’implacables mécanismes de contrôle du libre échange spéculatif, reflété dans l’augmentation galopante des prix, pour la défense du salaire réel à travers le pouvoir populaire, comme une nouvelle institutionnalité, seule capable de s’imposer au métabolisme économique capitaliste, rentier et parasitaire.
  • Revendication du travail comme source et principe de la vie économique du pays.
  • Au peuple les moyens de production! Confiscation des biens des entreprises coupables de fraude fiscale.
  • Pour un cadre constitutionnel qui reconnaisse notre régime mixte de propriété: social, communal, familial, étatique et privé. Établir avec une plus grande précision le modèle économique mixte à caractère social et inclusif basé sur trois formes principales de propriété.

PROPRIETE SOCIALE ET COMMUNALE: définir comme constitutionnelles les formes de propriété communale, associative, collaborative tenant pour établi que l’État portera une attention spéciale à ce secteur en attribuant un % du PIB pour son impulsion et développement. Il faut avancer dans le renforcement du Système Économique Communal, comme appareil dynamisant de l’économie, où les formes de propriété sociale garantissent une occupation productive.

PROPRIETE SOUS GESTION ETATIQUE: Expliciter quels sont les secteurs stratégiques que l’État doit contrôler pour garantir la souveraineté, les droits de la population et l’indépendance économique de la Nation. En ajoutant qu’il est fondamental de transformer les entreprises au schéma capitaliste sous contrôle de l’État en Entreprises Publiques Socialistes dans lesquelles la pierre angulaire de leur gestion soit la participation active des travailleurs et travailleuses à la planification, la gestion et au contrôle de la production.

PROPRIETE PRIVEE, NATIONALE ET INTERNATIONALE: Établir un cadre constitutionnel qui donne un soutien juridique aux investissements privés. Il doit y avoir transparence sur la nature et la portée des investissements privés, et leur réglementation; les petite et moyenne entreprises devront avoir une impulsion spéciale à l’intérieur du modèle économique national.

  • Distribution juste de la richesse! Par l’obligation constitutionnelle de destiner les revenus économiques du pays au développement productif dans le cadre du modèle économique mixte, et au développement social dans les aspects prioritaires comme la santé, l’éducation, l’alimentation, la recherche et le développement technologique. La non réalisation de cette disposition devra être un délit qui envisage des sanctions implacables.
  • Contrôle et suivi populaire, citoyen, participatif et protagonique de la gestion économique et de l’administration des ressources publiques. Information sur les assignations budgétaires, subsides, transferts et revenus propres, avec l’accent sur l’assignation de devises à entrepreneuriat, la planification de leur distribution et de leur usage postérieur effectif.
  • Gestion directe et démocratique du processus social du travail.
  • Coopération et corresponsabilité territoriale des organisations de travailleurs et travailleuses des entreprises productives existantes sur le territoire avec les instances de gouvernement communal pour garantir des processus de contrôle permanents et l’administration populaire des ressources résultant des excédents des entreprises de propriété sociale.
  • Enchaînement productif dans chacune des zones depuis les instances d’organisations de base des travailleurs et travailleuses, pour la planification de la production et le renforcement des processus de recherche et d’innovation technologique.
  • Indépendance économique ou rien! Pour le développement d’entreprises productives communales, familiales et particulières avec accompagnement et suivi sur le technico-productif, l’économique et l’éthique, sous contrôle populaire, pour augmenter les niveaux d’activité économique.
  • Maintenir l’interdiction des monopoles et pour une taxe fiscale socialement juste. Sont taxés davantage ceux qui ont le plus. Établir l’impôt sur la concentration des richesses et des impôts sur le luxe, la hausse progressive des impôts que paieront les grands capitaux oisifs et improductifs et l’abolition progressive des impôts régressifs et confiscatoires comme la TVA.
  • Démocratisation du secteur bancaire et de l’activité financière sous contrôle populaire.
  • Unification et renforcement du système de banque publique dans une banque forte et unique pour la distribution des excédents au bénéfice du peuple travailleur et pour contenir la spéculation financière de la banque privée.
  • Amélioration et contrôle du système de commerce électronique, en contrôlant et déclarant d’utilité publique les entreprises de ce secteur.

LE POLITIQUE

Le pouvoir populaire, base de la nouvelle société!

Les niveaux d’organisation des gens se sont énormément élevés pendant les 18 dernières années (par exemple, les 46 813 conseils communaux et les 1 743 communes enregistrées, selon les données du MPP pour les communes 2017) et maintenant qu’il existe des formes concrètes d’organisation, participation et protagonisme direct du peuple, il est juste d’élever et de renforcer le Pouvoir Populaire organisé dans ses plus diverses expressions. L’originalité du projet de démocratie des gens réside dans ce qui émane depuis les bases et les appareils qui ne sont pas de l’État; le Pouvoir Communal est une instance de pouvoir authentique qui non seulement gère des politiques publiques, il s’agit aussi d’un espace territorial où des citoyens conscients de leur rôle historique se rencontrent pour construire une nouvelle forme de pouvoir, de démocratie, de nouvelles formes de relations sociales, productives et éthiques.

Ce grand processus d’organisation doit se développer et prendre beaucoup plus de forces, sans tutelle du vieil État qui l’influence avec ses pratiques bureaucratiques; le pouvoir populaire constituant doit être indépendant, créatif, critique et de proposition, pour cela les garanties constitutionnelles concrètes au pouvoir des citoyens représentent sans aucun doute un approfondissement démocratique dans le Venezuela Bolivarien.

  • Favoriser et rendre irréversible la démocratie participative et protagonique comme modèle directeur de notre société dans l’exercice de sa citoyenneté.
  • Approfondir la transformation de l’État et les mécanismes de gestion du gouvernement en fonction du principe de transparence dans la gestion publique, et la dé-bureaucratisation de l’appareil de l’État pour ouvrir des mécanismes de lutte contre la corruption, envisager l’inhabilitation pour l’exercice de charges publiques de personnes impliquées dans des cas de corruption.
  • Pour une gestion et une politique moins discrétionnaire et plus démocratiques et populaires! La démocratie obédientielle est une partie de la démocratie participative et active, le principe de commander en obéissant la renforce, les décisions prises dans les espaces de participation sociale doivent avoir un caractère obligatoire pour la planification et le développement de la gestion publique.
  • Rédaction d’un chapitre destiné à l’État communal, qui envisage les aspects suivants:
  • Donner un rang constitutionnel au pouvoir populaire dans ses formes les plus diverses de concrétisation.
  • Reconnaissance de la commune comme instance d’auto-gouvernement territorial, garantissant la répartition de ressources à travers une place constitutionnelle; qui permette l’élimination de la « paroisse » comme schéma d’organisation, transfert de la propriété coopérativiste aux communes.
  • Reconnaissance du Pouvoir Populaire comme un pouvoir de plus de l’État.
  • Envisager le développement de la culture communal et ses valeurs (éthique, honnêteté, efficacité, coopération, démocratie, participation, respect…) à travers notre système éducatif, à tous les niveaux.
  • Parité de genre avec alternance à tous les postes d’élection populaire et dans toutes les instances de l’État, accompagnée de garanties qui offrent de meilleures conditions pour la participation politique équitable des femmes.

LE SOCIAL:

  • Amplifier et approfondir les droits sociaux conquis à travers des politiques de soins comme le système Missions et Grandes Missions, et leur garantie en cogestion avec le pouvoir populaire.
  • Élargir le principe de souveraineté comme un axe transversal dans un cadre territorial, politique, économique, culturel, et alimentaire, qui garantisse le contrôle populaire sur la majorité des instances sociales.
  • Élargir le droit au logement, en incluant le droit à la ville, le droit à l’habiter, la peupler, la construire.
  • Blinder l’État Bolivarien contre la privatisation des droits et devoirs sociaux fondamentaux.
  • Interdiction des soins médicaux conditionnés au paiement, des cas d’urgence dans les centres de santé privés.
  • Dépatriarcalisation et décolonisation de l’État et de la culture, en reconnaissant notre diversité de savoirs et comme une nécessité primordiale de notre transformation comme peuple.
  • Pour le droit à une société libre de patriarcat et de machisme, basée sur le respect du rôle de la femme.
  • Pour de plus grandes garanties de meilleures conditions pour le libre développement des capacités des femmes, pour le droit à l’accès à un travail de qualité et à une vie sans violence, une meilleure sécurité sociale pour les femmes travaillant au foyer.
  • Approfondissement des droits sexuels et reproductifs:

Une éducation sexuelle pour décider, des contraceptifs pour ne pas avorter, l’avortement légal pour ne pas mourir!

  • Droit à un accouchement humanisé et à la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, en même temps que des garanties sociales pour l’éducation sexuelle pertinente et de qualité à tous les niveaux et l’accès gratuit et égalitaire à des mécanismes contraceptifs.
  • Reconnaissance des droits et de l’union de personnes du même sexe, basée sur le respect et le non-stigmatisation sociale de la diversité sexuelle.
  • Contre la discrimination de la diversité sexuelle à tous les échelons de la vie sociale , que soit considérée la reconnaissance de l’identité transsexuelle et intégration dans l’article 21 de la Constitution, la reconnaissance et la non discrimination de l’identité de genre auto-perçue, l’orientation sexuelle, la couleur de la peau ou l’orientation politique.
  • L’alimentation comme devoir social fondamental:
  • Renforcement du système de distribution populaire des aliments naissant (CLAPs et autres mécanismes populaires de distribution comme les foires agricoles, les systèmes de consommation et de vente planifiée…) pour élargir les garanties d’accès à l’alimentation du peuple travailleur.
  • Envisager une assistance spéciale pour ls secteurs de plus grande vulnérabilité alimentaire, en les priorisant dans le diagnostic, l’assistance, l’assignation de suppléments nutritionnels et ressources pour couvrir pleinement leurs besoins.
  • Favoriser la production d’aliments stratégiques de haute valeur nutritionnelle destinés à couvrir les besoins en énergie et nutriments des secteurs les plus vulnérables ( enfants, adolescents, femmes enceintes, troisième âge, personne avec une diversité fonctionnelle[handicapées]).
  • Droit au soin et à la protection sociales avec corresponsabilité. L’État doit garantir par la corresponsabilité entre les services d’État, l’entreprise privée, la communauté organisée et les familles, le soin et l’assistance aux personnes en situation de vulnérabilité pour l’éradication de toutes les formes de pauvreté.
  • Intégration d’un chapitre sur l’élargissement des droits et les garantie sociales pour la jeunesse comme réserve éthique, culturelle et productive de la société, qui envisage:
  • La promotion et les garanties pour l’accès à la participation dans les instances démocratiques de gouvernement et d’auto-gouvernement populaire ( dans le territoire, le lycée, l’université, etc.), en fonction des valeurs de patriotisme, respect, défense de la paix et la stabilité politique de la Nation.
  • Garantir un droit au travail digne et de qualité pour la jeunesse. En promouvant le travail libérateur à travers l’appui aux entreprises productives dans toute modalité envisagée par l’économie mixte en priorisant celles de la propriété sociale, communale et familiale.
  • Droit à l’accès public à l’information et aux mécanismes technologiques qui permettent la formation et la recherche.
  • L’éducation libératrice pour transformer la société!
  • Pour l’éducation émancipatrice fondée sur une nouvelle praxis, qui encourage la rencontre des savoirs populaires pertinents, reconnaisse et inclue la diversité et soit basée sur la culture de la paix comme valeur indispensable pour la société, ainsi que le respect de la vie sur la planète, l’unité de l’étude et du travail et de la recherche et de l’innovation technologique, artistique, culturelle et sportive en fonction des intérêts nationaux.
  • Pour une approche sociale non sexiste de l’éducation. Nous parions sur une éducation non verticale, à caractère populaire, qui inclue et reconnaisse toutes les identités.
  • Reconnaissance de tous les secteurs et corporations qui constituent les communautés universitaires (étudiants, enseignants de tous les échelons, travailleurs et travailleuses administratifs et ouvriers…), établissement de l’égalité politique pour l’élection démocratique des autorités universitaires et la représentation égalitaire et avec les mêmes droits politiques de tous les secteurs qui constituent la communauté universitaire, dans les instances de co-gouvernement.
  • Un accès juste et planifié à l’éducation, une priorisation d’accès à l’éducation publique des secteurs les plus vulnérables, approfondir la communalisation de l’éducation pour renverser le processus de concentration des centres éducatifs dans les zones urbaines d’accès difficile pour la grande majorité de la population, une planification de l’offre éducative en fonction des potentialités locales et des intérêts productifs de la Nation, qui de plus permette de garantir l’emploi postérieur dans le pays des professionnels et professionnelles.
  • Relation directe du système éducatif avec le système économique productif, intégrer la pertinence éducative comme axe fondamental à tous les niveaux.
  • Communalisation de la sécurité citoyenne, pour qu’elle soit prise en charge et planifiée sur le territoire de façon co-responsable, intégration des aspects du nouveau modèle policier et mesures de contrôle communal pour le fonctionnariat des corps de sécurité de l’État.
  • Démocratisation de la communication: un système public et participatif de communication.
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Source : http://www.chavismobravio.org.ve/?q=node/25

Traduction : Cathie Duval

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Il est temps que la gauche occidentale prenne position pour le Venezuela

Le Venezuela s’approche de plus en plus d’une situation dangereuse, dans laquelle une guerre civile de grande ampleur deviendrait une réalité. Jusqu’à présent plus de 100 personnes sont décédées à cause des manifestations (lorsqu’on connaît les causes des décès). La possibilité d’une guerre civile devient encore plus probable, tant que les médias internationaux empêchent de voir qui est le responsable de la violence et tant que la gauche occidentale reste en marge du conflit et ne montre pas sa solidarité avec le mouvement socialiste bolivarien du Venezuela.

Si la gauche occidentale reçoit des informations sur le Venezuela principalement des médias internationaux il est facile de comprendre son silence. Après tout, ces médias du statu quo, omettent régulièrement de dire qui est en train d’inciter à la violence dans ce conflit. Par exemple, quelqu’un qui regarde CNN ou qui lit le New York Times, ignore que sur les 103 morts liés aux manifestations, 27 sont des victimes (directes ou indirectes) des actions des manifestants. 14 personnes sont décédées suite à l’incendie qu’ils avaient déclenché dans un magasin qu’ils saccageaient. 14 décès sont directement liés aux actions d’autorités de l’État (dans la quasi-totalité des cas, des poursuites ont été engagés à l’encontre des responsables) et 44 décès font l’objet d’une enquête ou sont en discussion. Toutes ces informations proviennent du cabinet de la Procureure générale de la République, qui récemment s’est rapprochée de l’opposition.

Au même titre, la plupart de ces lecteurs ignorent que le 11 juillet dernier, les opposants qui manifestent ont fait exploser une bombe dans le centre de Caracas, blessant 7 membres de l’armée, que le lendemain ils ont mis le feu à l’immeuble du Tribunal Suprême de Justice ou encore que le 17 mai ils avaient attaqué une maternité.

Autrement dit, il est possible qu’une bonne partie de la gauche occidentale a été bernée sur la violence au Venezuela. Et que l’on l’ait amené à penser que le gouvernement est le seul responsable, que le président Maduro s’est autoproclamé dictateur à vie (alors qu’il a confirmé que les élections présidentielles auront lieu à la fin de 2018, comme prévu dans le chronogramme) et que toute dissidence est punie de prison (alors que Leopoldo Lopez, responsable pour la violence post-électorale de 2014, a été libéré et purge sa peine en résidence surveillée). Si c’est celle-là l’explication du silence de la gauche sur le Venezuela, alors elle devrait avoir honte de ne pas lire ses propres critiques sur les grands médias.

Ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas des aspects à critiquer dans le gouvernement de Maduro, notamment dans la gestion de la situation économique et politique. Néanmoins, les critiques (que j’ai faites moi-même) ne justifient pas l’adoption d’une position neutre dans ce conflit. Comme l’a dit l’activiste anti-apartheid Desmond Tutu : « si tu es neutre dans des situations d’injustice, tu as choisi le camp de l’oppresseur ».

Le cas vénézuélien prête à confusion parce que le président Maduro est au pouvoir et pas l’opposition. Ce qui rend difficile de voir l’opposition comme « l’oppresseur ». Cependant, pour un internationaliste de gauche, ceci ne devrait pas être si difficile. Après tout, l’opposition vénézuélienne reçoit un soutien important, non seulement du secteur privé, mais aussi du gouvernement des États-Unis, de la droite internationale et du capital transnational.

Peut-être que les progressistes sentent que le gouvernement de Maduro a perdu toute légitimité démocratique et que pour cette raison il ne faut pas le soutenir. D’après les médias traditionnels, Maduro a annulé les élections régionales prévues pour décembre 2016, il a empêché le referendum révocatoire et a neutralisé l’Assemblée Nationale. Voyons rapidement ces arguments un par un.

D’abord, les élections régionales (pour élire des gouverneurs et des maires) auraient du avoir lieu à la fin 2016, mais le Conseil National Électoral (CNE), les a reportées argumentant que les partis politiques auraient du d’abord s’enregistrer. Mettant de côté cet argument, le CNE a récemment fixé les élections pour décembre 2017. Rapporter des élections prévues n’est pas inédit au Venezuela, ceci s’est déjà produit en 2004, lorsque les élections locales ont été reportées d’un an. A ce moment-là, avec le président Chávez au pouvoir, presque personne n’a contesté la décision.

Ensuite, pour ce qui est du referendum révocatoire, il était reconnu que l’organisation d’un tel processus, du début jusqu’à la fin, prendrait 10 mois. Cependant, l’opposition a demandé l’organisation du referendum en avril 2016, ce qui ne permettait pas sa réalisation pendant l’année 2016 comme ils l’auraient souhaité (car si le referendum avait lieu en 2017 il n’y avait plus de possibilité de faire une nouvelle élection présidentielle, conformément à la Constitution, et le vice-président devrait assumer la présidence pour le reste du mandant).

Enfin, par rapport au discrédit de l’Assemblée Nationale, il s’agit d’un coup auto-infligé par l’opposition. En effet, alors que l’opposition avait obtenu 109 votes sur 167 sièges (65%) de plein droit, ils ont investi 3 candidats dont l’élection était contestée pour fraude. Par conséquent, le Tribunal Suprême de Justice, s’est prononcé en affirmant que tant que les 3 membres ne seront pas révoqués, la plupart des décisions de l’Assemblée National ne seraient pas valides.

En d’autres termes, aucun des arguments contre la légitimité du gouvernement de Maduro ne tient. De plus, les sondages montrent qu’alors que Maduro est moyennement impopulaire, une majorité de vénézuéliens veulent qu’il finisse son mandat prévu jusqu’à janvier 2019. En fait, le pourcentage de popularité de Maduro n’est pas si bas que celui d’autres présidents (conservateurs) d’Amérique Latine. Tel est le cas d’Enrique Peña Nieto au Mexique (17% mars 2017), de Temer au Brésil (7% juin 2017) ou Juan Manuel Santos en Colombie (14 % juin 2017). Comparez ces chiffres au 24% d’approbation de Maduro en mars 2017 !

Maintenant que nous avons vu quelles étaient les possibles raisons qui expliqueraient pourquoi la gauche occidentale a été très peu solidaire avec le gouvernement de Maduro et le mouvement socialiste bolivarien, il est nécessaire de comprendre ce qu’impliquerait la « neutralité » dans ce genre de situation – à savoir de permettre que l’opposition arrive au pouvoir par la biais d’une transition violente et illégale.

Premièrement, l’arrivée de l’opposition au pouvoir impliquerait que tous les chavistes – qu’ils soutiennent ou pas à Maduro en ce moment – seraient persécutés. Beaucoup de chavistes n’oublient pas le Caracazo, bien qu’il se soit produit il y a très longtemps, lorsqu’en février 1989, le président Carlos Andrés Pérez a riposté contre les barrios [quartiers populaires, ndt] pour avoir manifesté contre son gouvernement, tuant entre 400 et 1000 personnes. Plus récemment, en avril 2002, l’opposition a montré qu’elle était prête à déployer la répression contre les chavistes. La plupart de gens ne le savent pas, mais pendant les deux jours du régime putschiste, 60 chavistes ont été tués (ce chiffre ne prend pas en considération les 19 personnes décédées à cause des actions qui ont mené au coup d’État et qui sont attribuables aux deux camps du spectre politique).

Au même titre, lors des actes de violence post-électorale d’avril 2013 où il y a eu 7 morts ou encore lors de guarimbas de février à avril 2014 où 43 personnes sont décédées, bien que les morts aient été des chavistes, des activistes de l’opposition ou des personnes étrangères aux conflit, dans presque tous les cas de violence, en fait, la plupart des morts étaient des chavistes.

Actuellement, dans la plus récente vague de guarimbas, il y a eu plusieurs incidents dans lesquels des chavistes se trouvant à proximité des manifestants de l’opposition ont été persécutés et assassinées par des activistes de l’opposition qui les auraient identifiés comme chavistes.

Autrement dit, il y a un réel danger pour que les chavistes soient persécutés si l’opposition arrivait au pouvoir. Même s’il existe des individus raisonnables qui ne soutiendraient pas de telles persécutions, le leadership actuel n’a rien fait pour arrêter les tendances fascistes dans ses rangs, mais au contraire les a stimulées.

Deuxièmement, même si l’opposition n’a pas rendu public un programme concret des actions qu’elle mènerait une fois arrivée au pouvoir ( l’une de raisons de l’impopularité de l’opposition auprès de la population et du gouvernement), les déclarations individuelles des leurs leaders montrent qu’ils mettraient en oeuvre immédiatement un programme économique néolibéral dans la lignée de Temer au Brésil ou de Mauricio Macri en Argentine. Ils arriveraient surement à réduire l’inflation et à finir avec la pénurie, mais au détriment des financements des programmes sociaux pour tous les pauvres. Aussi, ils finiraient avec les politiques de soutien aux conseils communaux et aux communes, qui ont été des piliers de la démocratie participative dans la révolution bolivarienne.

Par conséquent, le mouvement socialiste bolivarien a besoin de la solidarité et non pas du silence, de la neutralité ou de l’indécision de la gauche internationale. Cette solidarité implique de s’opposer énergiquement aux efforts pour renverser le président Maduro. En plus de l’évidente illégalité que représenterait ce renversement, ceci serait un coup mortel qui en finirait avec le mouvement socialiste bolivarien et l’héritage de Chavez. La gauche internationale n’est pas obligée de se prononcer pour dire si la meilleure façon de résoudre la crise actuelle est la proposition d’Assemblée Nationale Constituante ou les négociations avec l’opposition. C’est aux vénézuéliens de décider. S’opposer à l’intervention, diffuser des informations sur ce qui se passe réellement au Venezuela, voilà ce que les non-vénézuéliens pouvons faire de constructif.

Gregory Wilpert *

Source : http://hcalvospina.com/actualites/20-07-17-venezuela/20-07-17-venezuela.html

Cachez cette Assemblée Constituante que je ne saurais voir : pourquoi les médias censurent une élection au Venezuela

Tout commence par ce qui pourrait être une blague pour étudiant en journalisme, parmi la longue cordillère de trucages, photos d’autres pays légendées « Venezuela », mensonges, citations tronquées qui font l’actu sur le pays qui a initié, il y a 18 ans, la révolution bolivarienne. Alimentés par l’agence EFE, des médias comme El Pais ont fait passer des sympathisants du chavisme affluant à l’essai du système destiné à élire l’Assemblée Constituante le 30 juillet… pour des participants au scrutin organisé par la droite contre le « dictateur Maduro ». Le plus hystérique des médias espagnols sur la « dictature bolivarienne » s’est ensuite fendu d’un minuscule rectificatif, invisible pour la plupart des lecteurs.

A gauche : El Pais présente des photos d' »électeurs chavistes participant au scrutin de la droite« . A droite le discret rectificatif reconnaissant l’erreur et la rejetant sur l’agence EFE.

Cette « erreur » n’a rien d’anecdotique. Malgré un intense bombardement publicitaire des médias privés, majoritaires au Venezuela, et d’importants moyens financiers, la droite a dû fermer ses bureaux de vote plus tôt que prévu, faute d’électeurs. Ironie du sort, c’est donc grâce aux images de la forte affluence de sympathisants de la révolution à l’autre scrutin, lié à l’Assemblée Constituante, que ces médias ont pu tromper leurs lecteurs.

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Incinération des traces du vote par les organisateurs

Revenons d’abord sur la consultation dite « populaire » que l’opposition a montée en moins de quinze jours. Le président Nicolas Maduro avait souhaité qu’elle se déroule pacifiquement. Les dirigeants de droite avaient demandé à leurs partisans de renoncer pour 24 heures aux violences et aux blocages de route. Non prévu par la Constitution, non contraignant, le scrutin a été organisé hors du contrôle du Centre National Électoral, dans des églises, au siège de partis politiques de droite, dans des centres commerciaux et autres endroits non habilités légalement, avec des listes différentes du Registre Électoral légal et… l’incinération des cahiers de vote immédiatement après comptage (même @bbcmundo a reconnu qu’il était impossible d’empêcher qu’une personne vote plusieurs fois). Les résultats annoncés sont donc invérifiables.

Le choix des personnalités officiellement invitées par la droite vénézuélienne comme observateurs internationaux en dit long sur les objectifs et la transparence du scrutin :

(De gauche à droite:) Jorge Quiroga (Bolivie). N’a jamais été élu président de Bolivie; vice-président, il n’a accédé brièvement à la fonction (du 7 août 2001 au 6 août 2002) que parce que le président Hugo Banzer, victime d’un cancer, a dû démissionner. Accusé en 2013 par la justice bolivienne de délits contre la Constitution et dommages économiques à la suite de la signature de contrats pétroliers illicites au bénéfice de transnationales européennes et états-uniennes. Laura Chinchilla (Costa Rica). Lorsqu’elle a quitté la présidence du Costa Rica, le 8 mai 2014, une grève générale des enseignants inondait les rues de manifestants dénonçant des retards de salaires. Il restera de son mandat le scandale qui a éclaté lorsque a été révélé que, en mars et mai 2013, à cause de l’incurie de son ministre de la Communication et du chef des services de renseignements (qui ont dû démissionner), elle a utilisé, pour un déplacement officiel, puis un voyage privé au Pérou, un jet mis à sa disposition par Gabriel Morales Fallon, un homme d’affaires colombien soupçonné dans son pays d’être lié à des trafiquants de drogue. Andrés Pastrana (Colombie). Président de 1998 à 2002, période au cours de laquelle la lutte antidrogue de son gouvernement a généré une augmentation de 47% de production de cocaïne. Selon des documents audio cités par le vice-président César Gaviria, une grande partie de la campagne présidentielle de Pastrana fut financée par le Cartel de Cali. D’après la Commission des droits de l’homme de l’ONU, la situation s’est considérablement aggravée sous Pastrana du fait de la montée en puissance des groupes paramilitaires, avec le déplacement forcé d’un million de colombiens. La signature avec Washington du « plan Colombie » (sans que le Congrès national n’ait été consulté) a eu pour principale conséquence de radicaliser le conflit armé. Miguel Ángel Rodríguez (Costa Rica). Premier président de son pays a être emprisonné pour corruption, notamment pour des pots-de-vins reçus de l’entreprise française Alcatel et du gouvernement de Taiwán, affaires qui l’obligèrent a démissionner de son poste de secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA) en 2004. Vicente Fox (Mexique). Le gérant de Coca-Cola devenu président a considérablement augmenté son capital durant son mandat, qui a vu le narcotrafic étendre son emprise sur tout le pays. Fox, ainsi que divers membres de sa famille, ont été mêlés à des affaires de corruption liées au groupe pétrolier Pemex. Dans son zèle néolibéral, il a multiplié les privatisations (eau, électricité, parcs naturels, etc.), dans le contexte des méga-projets continentaux prévus par le Plan Puebla – Panama (PPP), lui-même conçu en vue de la concrétisation de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), chère aux États-Unis. Ces projets se heurtant à une vive résistance, la répression s’est déchaînée à travers la militarisation et l’émergence de groupes paramilitaires, en particulier dans les États (Chiapas, Guerrero, Michoacán, Oaxaca) où survit 80% de la population indigène. (1)

En réalité, l’objectif de cette opération était essentiellement diplomatique et médiatique, et s’inscrit dans la logique d’un coup d’État et/ou d’une intervention extérieure : légitimer la création d’un gouvernement parallèle de la droite pour le faire reconnaître internationalement, et accentuer la pression internationale sur le gouvernement vénézuélien pour le forcer à renoncer à organiser l’élection d’une Assemblée Constituante. Comme l’a exigé dès le lendemain 17 juillet, l’Union Européenne, à qui l’Espagne de Rajoy a exigé des « sanctions sélectives » contre Caracas si ce scrutin était organisé (2).

Appendice d’une droite néolibérale qui prépare patiemment son retour au pouvoir « par tous les moyens », le quotidien français « Libération» semble avoir oublié pour un temps que le Venezuela est une « dictature ». Notons sur les tee-shirts, la présence de l’icône de Leopoldo Lopez, leader de l’extrême droite vénézuélienne, co-organisateur du coup d’État manqué contre le président Chavez en avril 2002, condamné pour l’organisation de violences meurtrières qui ont causé la mort de 43 personnes en 2014, transformé par les médias internationaux en « prisonnier politique ». Membre de l’oligarchie vénézuélienne, formé dans une institution étroitement liée à la CIA – la Kennedy School of Government de Harvard, il a pour mentor principal l’ex-président colombien Alvaro Uribe. A récemment bénéficié d’une mesure lui permettant de purger sa peine à domicile dans un quartier huppé de Caracas. Pour une galerie non-complaisante de photos de ce « combattant de la liberté » et de ses amis paramilitaires, voir « Venezuela : la presse française lâchée par sa source ? », http://wp.me/p2ahp2-20J

DE-2im7XsAAxpRvVenons-en à présent à l’autre scrutin, organisé le même 16 juillet : il s’agissait de l’essai du système électoral qui permettra à la population de voter au suffrage universel et secret pour les députés de l’Assemblée Constituante, le 30 juillet prochain. Son occultation par les médias, en parallèle aux menaces de l’Union Européenne et de la Maison Blanche, est d’autant plus significative qu’il a, lui, connu une affluence record : le visibiliser contredirait leur storytelling sur la « dictature bolivarienne » et freinerait le scénario en marche de la destruction du gouvernement Maduro. C’est la première fois que les files de votants ont dépassé l’horaire prévu par le Centre National Électoral, dont les bureaux ont été débordés par une participation trois fois plus importante que celle des meilleurs essais électoraux. Une participation populaire qui a surpris jusqu’au chavisme lui-même, en ces temps de repli et de dépolitisation liés à la guerre économique et au mécontentement populaire.

Caracas, le 16 juillet 2017. Affluence populaire pour l’essai du système électoral qui permettra aux citoyens de choisir les députés de la future Assemblée Constituante, le 30 juillet.

Le black-out des médias occidentaux confirme l’option déjà observée dans le traitement des manifestations anti-Dilma Roussef : contribuer au renversement de démocraties de gauche en Amérique Latine. Dans le cas du Venezuela bolivarien, les journalistes ont déjà fait passer pour une révolte populaire une insurrection de droite à laquelle 90 % de la population ne participe pas, celle-ci rejetant très majoritairement ces violences (3). Cette fois, ils occultent l’existence d’un débat national, pluraliste, où des citoyen(ne)s  de tout bord élaborent les propositions à discuter au sein de la future Assemblée Constituante, telles la transformation du modèle économique, le renforcement de l’État, une défense accrue des droits culturels et des droits des minorités, le développement de la démocratie participative et du modèle communal, ou encore la défense de l’environnement et la construction de l’écosocialisme. (4)

Thierry Deronne, Venezuela, 17 juillet 2017.

Notes :

(1) Lire de Maurice Lemoine, « Quand le gang des « has been » d’Amérique latine et d’Espagne se mobilise contre le Venezuela », http://www.medelu.org/Quand-le-gang-des-has-been-d. Du même auteur, lire « Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’État modernes et autres tentatives de déstabilisation », Don Quichotte, Paris, 2015.

(2) https://www.rtbf.be/info/monde/detail_venezuela-l-ue-appelle-a-la-suspension-de-la-constituante?id=9662462

(3) https://fr.scribd.com/document/346935915/Monitor-Pais-al-17-Abril-2017-Protestas-Violentas#from_embed

(4) Pour un petit échantillon du débat en cours, Droits culturels: une opportunité pour l’Assemblée Constituante, 13 juillet 2017 ; Comment effacer l’ALCA de notre Constitution, 9 juillet 2017

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Droits de l’Homme au Venezuela : deux poids, deux mesures

Le 13 juillet les images de forces de l’ordre agressant sauvagement un manifestant de droite dans l’État de Anzoategui, ont suscité une vague d’indignation au Venezuela, au sein des militants du chavisme comme de ceux de l’opposition.

 

Cette agression a aussitôt été dénoncée par l’État vénézuélien, notamment par le Défenseur des Droits du Citoyen Tarek William Saab qui relaya ces images sur son compte Twitter, fut le premier à identifier la victime, et promit une enquête immédiate. C’est chose faite : le 16 juillet, soit trois jours après les faits, l’investigation menée en coordination avec le commandant de la Garde Nationale Bolivarienne Sergio Rivero, a permis d’arrêter huit gardes et policiers, accusés de « traitements cruels, inhumains et dégradants » contre le jeune Gyanny Scovino (1). Celui-ci continue à recevoir des soins post-opératoires à l’hôpital Domingo Guzman Lander. Dès le 17 juillet ses agresseurs seront transférés au commandement militaire de Barcelona pour être jugés, suivant le code pénal, pour violations des droits de l’homme. Tarek William Saab a indiqué qu’en outre, un officier supérieur et trois subalternes ont été limogés et soumis à une enquête administrative et disciplinaire pour « absence de contrôle et de supervision » et que la liste des arrestations pourrait s’allonger, car l’enquête se poursuit. A noter aussi – car les médias n’en ont pas parlé – que les manifestants de droite avaient attaqué au mortier les forces de l’ordre, blessant très gravement le capitaine Rodriguez Fernando, qui a failli perdre ses jambes. Ces victimes, comme le jeune Scovino, ont reçu la visite du Défenseur des Droits du Citoyen ce dimanche à l’hôpital. Saab a lancé un nouvel appel à l’arrêt des violences.

Visite du Défenseur des Droits du Citoyen Tarek William Saab aux victimes, dont Gyanny Scovino (à droite)

La rapidité de l’enquête et des arrestations des auteurs de l’agression confirment, comme nous l’indiquions dans des articles précédents, que dans le cas de victimes causées par les forces de l’ordre ayant désobéi aux ordres de ne pas tirer – on observe l’arrestation et le jugement immédiat des coupables.

Puisqu’il est question des Droits de l’Homme au Venezuela, rappelons que, comme lors des années précédentes, la majorité des victimes ne résulte pas de la « répression » gouvernementale mais des actions violentes de la droite. Lors de son coup d’État manqué contre le président Chavez en avril 2002, celle-ci avait déjà assassiné une soixantaine de militants chavistes. Les violences qu’elle a relancées en avril 2013 parce qu’elle refusait d’accepter l’élection du président Maduro ont fait sept morts. Celles de février à avril 2014 ont causé 43 morts. Celles qu’elle organise depuis avril 2017 pour renverser par la force (de son propre aveu) le gouvernement de Nicolas Maduro ont causé à ce jour une centaine de victimes. (2)

Dans le dictature de l’éphémère et de l’émotionnel qui exclut le droit au suivi et à l’analyse des chiffres, la vidéo de l’agression du jeune Gyonny Scovino renforce la vulgate martelée dans le monde entier : le gouvernement bolivarien est une « dictature » responsable de la majorité des violations des droits de l’homme. Pour attribuer ces victimes à ce qu’ils qualifient de « régime », les médias inversent la causalité. Un gouvernement élu qui se défend contre une insurrection fascisante devient « le répresseur ». Les causes de cette déstabilisation sont pourtant faciles à expliquer quand on connaît les enjeux politiques, économiques, sociaux et diplomatiques de la révolution bolivarienne et l’histoire contemporaine de l’Amérique Latine.

Cette stratégie insurrectionnelle appuyée par une grande puissance s’appuie sur un lavage de cerveau d’une intensité inédite (liée à l’homogénéisation de la propriété des médias dans le monde entier). Il y a une responsabilité des médias dans l’augmentation des violations des droits de l’homme au Venezuela. En blanchissant automatiquement les vrais auteurs et en attribuant la majorité des victimes au gouvernement, ils incitent la droite locale à produire plus de morts pour les caméras, afin de justifier un coup d’État ou une intervention externe contre la « dictature ». Sans être encore au pouvoir, la droite agit déjà comme organe répressif. On a pu en voir un exemple le 10 juillet à Caracas dans l’activation à distance d’un puissant explosif par des « manifestants pacifiques » au passage des forces de l’ordre :

 

Ce rôle des médias est d’autant plus grave que la droite ne cache pas son désir de revanche, imprégné de haine de race et de classe : son passé putschiste qu’elle n’a jamais renié, ses relations étroites avec le paramilitarisme colombien d’Alvaro Uribe, ses récentes exactions racistes dignes du Ku Klux Klan (3), tout indique comme l’explique l’universitaire états-unien Greg Wilpert que « le danger que les chavistes soient persécutés en cas de prise de pouvoir par la droite est très réel. Même si on compte dans l’opposition des personnes raisonnables qui rejetteraient une telle répression, les dirigeants actuels de l’opposition n’ont rien fait pour écarter les tendances fascistes au sein de leurs propres rangs » (4). On arriverait à une situation à la colombienne où depuis la signature des accords de paix, des dizaines de militants sociaux et de défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés.

Alors que l’État vénézuélien agit rapidement pour arrêter et sanctionner les violations des droits de l’homme commises par des fonctionnaires, en revanche nombre d’assassins et de tortionnaires de la droite restent en liberté. Oscar Lopez, le terroriste néo-nazi qui a mitraillé et lancé des grenades contre le Tribunal Suprême et le ministère de l’Intérieur, autoproclamé « guerrier de Dieu » (5), est ainsi reparu récemment devant les caméras d’une manifestation de l’opposition, pour appeler de nouveau au coup d’État aux côtés du député d’extrême droite Juan Requesens, et les sondages indiquent une fatigue de l’opinion face à ce qu’elle ressent comme une impunité.

Enfin il convient de rester prudent quant aux sources de l’information sur les Droits de l’Homme. PROVEA, une ONG vénézuélienne qui sert parfois de source à des ONGS occidentales comme Amnesty International n’est pas politiquement neutre. Elle vient de publier des communiqués pour intimider les fonctionnaires qui exerceraient leur droit au suffrage lors de l’élection de l’assemblée constituante du 30 juillet prochain, organisée par le Centre National Électoral. Cette position recoupe celle de la droite qui a juré publiquement d’empêcher ce scrutin « par tous les moyens ». La volonté de PROVEA d’intimider les électeurs a été critiquée par FUNDALATIN – organisation de défense des Droits de l’Homme réputée au Venezuela (39 ans de travail d’accompagnement des communautés populaires, statut consultatif à l’ONU depuis 2015, membre des organisations civiles de l’OEA, Prix Constructeurs de Paix de l’ONU). Pour sa part, la Présidente du Centre National Électoral Tibisay Lucena, a expliqué que « l’opposition peut ne pas être d’accord avec l’élection du 30 juillet mais ce qu’elle ne peut faire, c’est l’empêcher, la saboter, ce qui serait antidémocratique. »

HUMAN RIGHTS WATCH non plus n’est pas neutre. Au fil des années un nombre croissant de militants des droits de l’homme, universitaires, prix Nobel de la paix ont critiqué le rapprochement des positions de Washington (6) d’une organisation qui se montre bien discrète sur les violations des Droits de l’Homme commises par la droite vénézuélienne. Rappelons que Javier Solana, ex-secrétaire général de l’OTAN, figure parmi la direction de HRW et que son Directeur pour les Amériques, José Miguel Vivanco, vient de proposer que le Brésil « prenne position sur les Droits de l’Homme au Venezuela, pour restaurer les droits de base et l’État de Droit ». Une suggestion surprenante quand on sait que Michel Temer n’est pas passé par les urnes mais a pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’État parlementaire qui a interrompu le mandat de la présidente démocratiquement élue Dilma Roussef, que la Justice enquête sur son implication dans plusieurs affaires de corruption de haut niveau, et que son programme brutal de privatisations et de suppression de droits sociaux entraîne une augmentation des violations des droits de l’homme contre les mouvements sociaux, faits sur lesquels HRW reste, là aussi, très discret.

Thierry Deronne, Venezuela, 17 juillet 2017

Notes

  1. Notamment Zambrano Márquez Osman Pedro, Díaz Carreño Joel José, Trébol José, Gómez Julio Cesar, Cova Luis, Barrios Antonio y Díaz Savier.
  2. Lire https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/11/lhypothese-du-double-gouvernement-et-du-conflit-prolonge
  3. Lire « Le Monde » lâché par la BBC : Stephen Sackur démasque la droite vénézuélienne et ses rêves de coup d’État 25 mai 2017 ; La rage raciste de l’extrême droite vénézuélienne 24 mai 2017 ; Venezuela : la presse française lâchée par sa source ?
  4. Greg Wilpert, Time for the “International Left” to Take a Stand on Venezuela, https://venezuelanalysis.com/analysis/13245
  5. Des « porteurs de boucliers » à Oscar Pérez : comment les médias blanchissent l’image du terrorisme au Venezuela
  6. Lire https://venezuelanalysis.com/analysis/13194 et https://venezuelanalysis.com/analysis/10301

 

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