Le Tigre de Matanegra et le petit exploit quotidien de Las Uvitas

Qui veut commencer à comprendre la révolution vénézuélienne devra réapprendre à se perdre pendant quelques années dans des millions d’histoires comme celle du Tigre de Matanegra ou de l’enseignante de Las Uvitas, de ces milliers de citoyens qui discutent à voix basse depuis treize ans, loin des micros et des flashes, avec leur président. Treize ans de protocoles interrompus par la dignité des invisibles : l’image la plus exacte de la révolution bolivarienne. Celle qu’aucun grand média ne transmettra.

T.D.

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Parmi ces invisibles d’hier que croisent José Roberto Duque dans son Blog, il y a le Tigre de Matanegra.
« De cette brève rencontre me sont restées quelques sensations et beaucoup d’information, mais j’en retiens la métaphore essentielle : le Tigre de Matanegra représente l’être  simple et honnête, né au Venezuela, qu’une élite a soumis à l’exclusion et à l’oubli mais pour qui, dès l’irruption de Chávez à l’horizon “nos yeux se sont ouverts” (mots du chanteur). L’histoire de ce chanteur est, fondamentalement, celle d’un peuple.

Grand et simple

Jesús Quintero, le Tigre de Matanegra, est né en 1943 à Camachero, près de  Santa Bárbara de Barinas et du village qui lui a donné son nom d’artiste. Fils et neveu de musiciens et de chanteurs, il fut témoin de beaucoup d’événements extraordinaires même s’ils ne le semblent pas. Enfant, il assistait aux fêtes rurales et regardait ses oncles gratter les vieux modèles de mandolines, “de tout petits machins, pas les gros culs d’aujourd’hui qui datent du jour où Anselmo López a commencé à jouer”. Avec ces mandolines, les guitares à quatre cordes et les maracas on dansait le « joropo » (années 40 et 50). A 12 ans, après la mort de son père, il fut recueilli par un certain Bernabé Márquez, natif de Pregonero (“comme il chantait bien ce vieux, et il n’a rien enregistré !” se souvient le Tigre). « Il me disait “Venez ici petit Silvan (mon père s’appelait Silvan), n’ayez pas peur. Vous allez être chanteur, vous avez une très bonne voix” qu’il me disait, et il me faisait chanter avec lui. Et il eut raison”.
Un jour le Tigre apprit qu’à Santa Bárbara allait chanter Juan de los Santos Contreras, “El Carrao de Palmarito” (photo); il se rappelle que ce fut quand il avait 12 ans, vers 1955. En arrivant il vit quelque chose de prodigieux : la première harpe de sa vie. C’est Luis Reyes qui en jouait, il est encore en vie. Soudain les gens ont commencé à demander au jeune Jesús de monter sur le podium pour faire le contrepoint avec le « Carrao » mais comme le le jeune homme ne bougeait pas, un homme du village le porta sur ses épaules et le déposa comme un coq sur l’estrade. “Les jambes m’en tremblaient », raconte Jesús. Le Carrao n’accepta pas de chanter avec lui mais le laissa chanter quelques uns de ses morceaux. “Quand il eut terminé de chanter il me tendit la main et me dit : ‘Je vous félicite, vous avez une grande voix, une grande oreille, bossez dur et un jour vous serez quelqu’un dans la chanson’”.
On écoute les chansons du Tigre de Matanegra, on écoute tant d’histoires et soudain on a face à soi la légende vivante. Dans toute sa simplicité. Celle, profonde, du paysan. On commence à comprendre la clef qui d’ailleurs n’a rien d’un mystère : l’authentique héros, le symbole qui perdure, c’est celui qui ne perd jamais le lien avec la terre ni avec les pauvres. Seuls les gens du peuple reconnaissent le peuple dans ses codes, rien qu’en regardant le visage et les gestes.
“A nous les sans le sou on nous enseigna à voter. Je votai pour  Copei parce que mes parents votaient pour Copei (parti démocrate-chrétien) mais je n’en ai jamais vécu” avoue-t-il avec une honnêteté qu’on voit rarement aujourd’hui. “En plus Rafael Caldera était un prétentieux. Un jour on nous a emmenés chanter dans une grande propriété de  Pedraza, l’homme était là tout près de nous et il ne nous a même pas regardés”. C’est le moment opportun de lui demander quand il s’est éveillé à la politique, quand il s’y est intéressé. “Dans mon cas, avec Chávez” dit-il.
Il avait 49 ans quand, à l’aube du 4 février 1992, il a vu avec son épouse le « Pour l’heure… la rébellion a échoué » prononcé par Chavez à la télévision. Il a dit à sa femme : “Cet homme, on va le mettre en prison et il n’en sortira plus jamais, le pauvre. Mais s’il sort et s’il se lance dans la politique, je vote pour lui ». Confirmation de la clef : quelques secondes lui ont suffi pour reconnaître dans ce jeune homme le compagnon de misères et de sang, l’opposé de cet aigri en frac, de ce premier président qu’il a vu en personne pour ne recevoir que son mépris.
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Yajuri Ruiz (photo) est la seule enseignante qui donne cours dans l’École Nationale Las Uvitas (qui dépend du Gouvernement de l’État de Barinas), située dans le ce secteur de la parroisse Santa Lucía. C’est au sud de Barinas, au coeur du llano; presque dans l’état d’Apure. Elle s’occupe de 14 enfants qui suivent les cours de la première à la sixième année primaire. “Il y a des secteurs proches où je sais qu’il y a au moins 20 enfants de plus en âge scolaire mais en temps de pluie ils ne vont pas à l’école parce que les conditions du terrain les en empêchent ».
Cette enseignante a obtenu son diplôme à l’UNELLEZ, en éducation intégrale. Avant le diplôme elle donnait déjà cours, et quand elle a reçu son titre, au lieu de quitter la campagne natale, elle est revenue pour former les enfants. “Cette école fut fondée en 1958; c’est ici qu’ont étudié ma mère et mes soeurs, beaucoup de gens de la communauté y ont suivi les cours. Maintenant cette école est détruite, mais même ainsi nous donnons les cours, parmi les ruines”.
Dans cette zone, comme dans tout le llano, quand il pleut, il pleut vraiment, et le fleuve Pagüey déborde. “Le gouvernement a réparé la route plusieurs fois mais les pluies la détruisent à nouveau. Il n’y a pas de courant non plus”.
L’enseignante raconte qu’en saison de pluie elle se rend à dos d’âne à l’école. Si vous n’êtes jamais allé dans le llano à cette époque vous ne pouvez pas savoir ce qu’est une inondation ; dans ce secteur les gens la vivent, la subissent, l’affrontent : “Je mets 40 minutes pour arriver et parfois l’âne est dans l’eau jusqu’au cou. Il y a des enfants qui font des trajets plus longs pour aller à l’école et ne renoncent pas à leurs études. Mais pour d’autres c’est impossible, en saison des pluies ils ne vont pas à l’école, autrement dit ils perdent presque toute l’année”.
La situation administrative de l’enseignante mérite aussi d’être résolue : elle travaille depuis 8 ans sans qu’on lui octroie de poste fixe. Ses revenus sont inférieurs à ceux que mérite son effort. Elle fait partie de la commune récemment constituée “Victoria Popular Las Uvitas” et espère que cette organisation rendra plus facile la gestion du dossier.
Source : « Traccción de sangre », le Blog de José Roberto Duque, http://tracciondesangre.blogspot.com/
Traduction de l’espagnol : Thierry Deronne

La nuit où la salsa réapprit à danser

Eddie Palmieri est une légende vivante, un génie de la salsa, de la vraie, d’avant la commerciale, de celle que les peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes inventèrent dans les années 70, aux antipodes de la salsa actuelle, ce sirop exotique pour corps frustrés.

Un internaute commente sur Youtube : « Palmieri ce n’est pas seulement le cadre musical, il faut se rappeler le cadre historique de la musique dans le monde, l’époque de la libre pensée où beaucoup ôtèrent les doigts de la bouche, se mirent un sac au dos pour parcourir le monde. Des gens comme Eddie et tant de musiciens de son époque se sont rassemblés pour charger les batteries d’une humanité qui s’éveillait… »

Ce 26 mai Eddie Palmieri est chez nous, à Caracas, et sa première visite est pour notre “Système d’Orchestre” mondialement connu. Quand il débarque au Centre d’Action Sociale pour la Musique avec quelques membres de son propre groupe,vêtu d’un blue jean, d’une chemise noire et d’un veston moutarde, les jeunes du « Système » l’attendent et lui interprètent le Danzón N°2 de Antonio Márquez, sous la conduite du jeune Manuel Jurado. L’oeuvre le fait se souvenir de ses débuts. « Vous m’avez bouleversé avec ce danzón, je n’avais jamais senti cela avant. Vous devez sentir un très grand orgueil de votre pays, de l’effort qui est fait. »

Eddie rend visite aux jeunes du Sistema de Orquestas

Il y a un piano solitaire au milieu de la salle et au milieu du morceau Guzmán et Morales invitent Palmieri à jouer. Il ne se le fait pas dire deux fois, et le « sapo » (le crapaud, un de ses surnoms populaires) se met à coasser comme les meilleurs de son espèce… Conrad Herwig et Brian Lynch vont au milieu de la cour, l’un au trombone, l’autre à la trompette pour accompagner Palmieri.

Émotion contagieuse mais indescriptible, plus encore quand le maestro dialogue avec le pianiste de la Latino Caribeña. Ce moment existe… Palmieri repart avec en lui, selon ses mots, « le congo rallumé ». Le groupe de tambours de la Fondation Madera lui a offert un kit de petrotambores, fabriqués écologiquement à travers le projet « Anda Sonando ».

Le peuple vénézuélien attend Eddie Palmieri, Place Diego Ibarra, Caracas, 26 mai 2012

Quand quelques heures plus tard Eddie Palmieri est monté sur le podium de la place de Caracas Diego Ibarra, ce 26 mai 2012, il a regardé vers l’horizon et a levé la main dans l’espoir que ceux qui le regardaient avec des jumelles depuis le coin de la rue Sociedad, recevraient la chaleur d’un musicien habitué à se marier avec son peuple, avec les masses. Après tout c’est ce qu’il fait depuis 61 ans, depuis qu’il a créé son propre groupe dans le quartier latin de New York.

Celui qu’on surnomme aussi l’empereur du jazz a prévenu : « Si on compare la salsa actuelle avec celle qui se jouait à mes débuts, je peux dire que pour moi ce mot n’existe pas. C’est à Cuba que s’est développé le tambour-mère et la rumba, et c’est de là qu’a surgi le guaguancó et le danzón, etc…  Le mot « salsa » a été plaqué là-dessus pour une raison commerciale. La salsa a empêché la jeunesse d’aller aux origines, à la racine profonde de la rumba, cette gamme musicale qu’ont apportée les ancêtres, principalement à Cuba. C’est une tragédie rythmique parce qu’il n’y a plus ni tension ni résistance dans ces compositions. Cela n’existe plus. C’est une souffrance pour moi.. Ce que nous entendons aujourd’hui c’est de la musique latine pop qui n’a rien à voir avec ce que nous jouions avant et avec ce que nous allons offrir ce soir au peuple vénézuélien. Pour moi les modèles rythmiques sont les plus excitants et dans ce qu’on entend aujourd’hui, il n’ y a pas de solo de base, pas de solo de bongo, pas de solo de tambour alors que ces solos sont vitaux. Quand est joué tout ce qui doit être joué, il y a une énergie, puis une tension qui permet d’atteindre le climax musical. Je ne doute pas un seconde que je vais t’exciter avec ma musique. C’est immanquable. Si la musique a la structure qu’il faut, elle ne rate pas et aujourd’hui on ne sait plus le faire. La “salsa dure” n’existe plus et je l’emporte dans ma tombe. La salsa sensuelle, la salsa érotique, a tout abîmé. »

Mais ce soir les vénézuéliens dansent et tanguent d’un bout à l’autre de la place au rythme des touches brisées… Eddie le “rompeteclas” (le “brise-touches”) l’avait dit  : « Ce soir même les pierres vont danser» et c’est exactement ce qu’il a fait : un accouplement musical entre le public et lui. « La malanga ». « Tirándote flores ». “Muñeca”. “El molestoso”…  Succès de ce groupe “La nueva Perfecta” avec la flûtiste Karen Joseph et José Clausell à la batterie. Inspirations solo, divines de Palmieri pour embrasser de nouveau les trombones de Conrad Herwig (le meilleur du jazz) pendant que Vicente Rivero (Petit Johny) et Orlando Vegas menaient le rythme avec la conga et le bongó.

Lorsque le peuple de Caracas lui chante « joyeux anniversaire » pour ses 61 ans de carrière, Palmieri laisse un instant son clavier pour se transformer en Tito Puente à la batterie, avant de goûter le gâteau, avant un dernier « Azúcar pa’ti » et « Oye lo que te conviene ». Une salsa revenue à pied là où elle est née : dans le peuple des tambours. José est venu de Valencia, à trois heures de route, avec son fils : “Je ne voyais pas le maestro en chair et en os depuis 1967, j’avais huit ans et la chanson qui me trottait dans la tête c’était “la Malanga”, sur la route je racontais à mon fils, je lui chantai d’autres pièces de son répertoire dont je croyais qu’il allait les jouer mais quand le concert a commencé avec « La malanga » , je suis revenu à mes huit ans, une sensation indescriptible. »

Ce concert gratuit est offert au peuple par la compagnie publique de télécommunications, la CANTV, pour ses cinq ans de nationalisation. La droite et ses médias privés qui font 90% d’audience, annonçaient un naufrage. Aujourd’hui les excédents de cette entreprise publique permettent de financer les missions sociales;  le téléphone, ou internet, sont devenus accessibles à tous et même dans les zones que le privé appelait « non rentables ». Après le concert, des milliers de personnes s’éparpillent dans une Caracas qui a changé en un an plus que dans les années antérieures. Arbres et bancs, librairies, tables et chaises des cafés, ventes de chocolats produits par les petits producteurs des entreprises nationalisées, rues piétonnes où on joue aux dominos, on patine, on danse. Théâtres publics reconstruits par l’État avec l’aide et la mémoire des conseils communaux, là où ne restaient que des ruines, des terrains vagues, des hangars privés, des immeubles vides aux mains de spéculateurs. Dans la rue tout est redevenu gratuit : des spectacles, des concerts partout, sans entrée à payer, certains ont du mal à y croire mais comme dit le jeune Fyiad « il était temps de cesser de remplir les poches du capitalisme et de réoccuper ces espaces qui nous appartiennent ».

Avec Angel Méndez, Yennifer Calvo /CIUDAD CCS
Photos :  Ender Curbello, Luis Bobadilla, Marcos Colina/ AVN et de l’auteur/traducteur : Thierry Deronne

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/29/la-nuit-ou-la-salsa-reapprit-a-danser/

 

(photos : ) « EL Pacto » : le groupe de rock qui déménage au Venezuela !

Eau-de-vie d´agave pour baptiser le deuxième disque du groupe de rock paysan “El Pacto”. 

Le disque est téléchargeable gratuitement sur le site du groupe  : www.elpacto.com.ve

12 ans après son premier CD officiel, le groupe de rock paysan de  l´état de Lara “El Pacto” a baptisé ce vendredi  au centre culturel “Nuevo Circo”, à Caracas, son nouveau disque « Danse avec les coqs » (« Baila con los gallos« ) qui comprend 13 thèmes, nouveaux pour plus de la moitié, le reste étant formé de travaux antérieurs mais inédits sur disque.

Le clip intitulé “Le robot de l´autre groupe” raconte l´histoire d´un androîde au coeur brisé qui tente de noyer ses peines dans l´eau-de-vie de feuille d´agave, une boisson typique des états de Lara et de Falcón.

Pour voir le clip : http://www.elpacto.com.ve/videos/robot.ogv

Pour José Gabriel Álvarez, le chanteur de “El Pacto”, “Danse avec les coqs“ est un disque plein d´histoires et nous voudrions réaliser une vidéo de chacun d´elles. Notre premier disque était une production très festive: beaucoup de métal, très punk, très caraïbe, très dansant. Le nouveau disque est beaucoup plus rock, plus électronique et plus folklorique en même temps”.

Le chanteur explique que même si ce disque comporte beaucoup de thèmes espiègles, il comprend aussi des morceaux sérieux tels que “Aracal”  et « Vaca, cerro, matorral” qui s´inspirent des luttes paysannes.

Nous avons pris le nom d´Aracal qui est le nom d´un “fundo zamorano” (unité collective de production agricole née de la réforme agraire, NdT)  de l´état de Yaracuy où plusieurs paysans ont été assassinés. Yaracuy est l´état ont ont été assassinés le plus de paysans par des opposants à la réforme agraire, rien que dans cet état on en compte 120 . Nous avons voulu rendre hommage à cette lutte paysanne en recourant à ce nom. Pour nous il est important de toucher ce thème de la lutte paysanne” insiste-t-il.

Le nouveau disque de « El Pacto », se caractérise aussi par le rôle prépondérant du “cuatro” (guitare à quatre cordes emblématique de la musique vénézuélienne, NdT), une guitare intégrée après l´édition du premier disque, à la suite de l´observation du maître de Carora Alirio Díaz : “Je leur ai apporté le disque et je leur ai dit, bon vous dites que vous êtes folkloristes mais ici je ne vois aucun instrument foklorique. Cela m´a beaucoup gêné” avoue Álvarez.

En ce sens les thèmes “Picao e culebra” et “Gigante de Sicarigua”, “sont des « golpes tocuyanos » frappés, comme des « golpes » hardcore. Le “cuatro” y acquiert une présense particulière. L´instrument est même joué comme s´il s´agissait d´une guitare électrique: c´est un des traits qui caractérisent notre groupe depuis les dernières années” poursuit Álvarez.

Danse avec les coqs” révèle quelques surprises comme la participation du groupe de musique traditionnelle de Lara, Carota, ñema y tajá, invité pour l´enregistrement du thème “Géant de Sicarigua”, une histoire inspirée de la figure populaire d´“El espanto” – une sorte de frankenstein qui fusionnerait diverses figures mystérieuses de la nuit du Venezuela, telles que La Sayona et El Silbón, entre autres.

Pour nous c´est très significatif de lancer ce disque un 27 février car nous nous considérons les fils de cette journée historique. Cette date a marqué nos vies et a montré la voie qu´en tant que musiciens nous allions suivre” explique José Gabriel Álvarez (1)

Le disque nous a beaucoup satisfaits car il capte l´essence de notre musique en live, ce qui était notre intention ” ajoute le bassiste Ciro Rabaji.

Bien que la couverture du disque représente un combat de coqs, “El Pacto” n´est pas pour les combats d´animaux. “C´est une métaphore de la vie que doit connaître un révolutionnaire: nous parions sur la victoire, sur la réalisation de nos rêves, ou sur la mort ” a expliqué Álvarez.

Le disque a été publié par le “Centro Nacional del Disco” (Cendis), une institution nouvelle qui a pressé 3000 copies pour les distribuer dans le réseau national des Librairies du Sud au prix de 30 Bolivars. “Espérons que cette sonorité puisse se convertir en produit d´exportation” explique Alí Alejandro Primera, coordinateur de production artistique du Cendis.

Le nouveau disque d´« El Pacto” a été totalement mastérisé dans l´état de Lara par l´ingénieur du son états-unien Bob Katz, qui a gagné trois prix  Grammy dans quatre nominations pour les disques The Words of Gandhi, de Ben Kingsley; Retratos de Cuba, de Paquito D’Rivera; et Olga Viva, Viva Olga, de la Tañón.

(1) Le 27 février 1989  alors que tombait le mur de Berlin, le peuple vénézuélien descendait dans la rue pour protester contre les mesures d´austérité imposées par le FMI et le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez. Celui-ci fit donner la troupe contre les affamés. Bilan: 3000 morts. De jeunes officiers indignés par la répression décidèrent alors de fonder le Mouvement Bolivarien 200. Parmi eux, un certain Hugo Chavez. (NdT)

Sources : AVN, Ciudad CCS, Correo del Orinoco. 

Traduction: Thierry Deronne pour Venezuela Infoswww.venezuelainfos.wordpress.com

Mort d´un jeune et très talentueux musicien vénézuélien.

Aujourd´hui est mort un jeune et très talentueux musicien vénézuélien. Raul Abzueta était engagé dans la pensée et dans l´action. Collaborateur de la CONATEL (Commission Nationale des Télécommunications) pour que notre musique soit enfin entendue et écoutée à la radio. Critique virulent du fait que la CONATEL ramollisse les termes de la loi. Rêvant d´un espace physique qui reproduise le « Venezuela Demo », un de ses grands projets qui rassemble le vaste paysage musical de notre pays. Un lieu où les musiciens et artistes pourraient exprimer leur art, dans le respect, pour tous, avec l´appui des fonds pour la culture. Sa musique est souvent sortie de nos frontières. Avec sa guitare Raul est monté sur scène en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Espagne, aux États-Unis, en Finlande, en France, en Angleterre, en République Tchèque, en Suisse et en Turquie. Raul est décédé ce samedi 25 février 2012 des suites d´un accident cardio-vasculaire. Il avait 49 ans.

Il est bon de le rappeler car peut-être qu´on ne parlera pas beaucoup de lui hors de nos frontières, mais comme amis nous nous devons à sa mémoire.

Psychologue social, triathlète, guitariste, arrangeur et compositeur, Raul s´était consacré à la danse traditionnelle et contemporaine vénézuélienne dès ses débuts.

Il a commencé sa carrière musicale en tant que joueur de cuatro (NdT :  guitare à quatre cordes, emblématique de la musique vénézuélienne). Il a étudié à l’École de musique Ars Nova et a poursuivi sa formation avec les professeurs de guitare Carmelo Rodríguez, Roberto Jirón, Samuel Granados y Rubén Riera.

Avec la guitare qu´il adopte ensuite comme instrument de prédilection,  il a développé une oeuvre en compagnie du mandoliniste Cristóbal Soto, avec qui il a enregistré le disque « Arisca » en 1996. Cette même année, il fonda Caracas Sincrónica avec Pedro Marin et Alessandro Garcia.

« Agridulce », son premier album, sort en 1998 suivi en 2002 de « Zafarafa ». Avec une nouvelle formation (Abzueta, Marin, Demian Martinez, Rolando Canon, Javier Marin et Oscar Lista), le groupe sort « Tabara » en 2011.

Avec Pedro et Javier Marín, Rolando Canónico, Marina Bravo y Zeneida Rodríguez, il était aussi le fondateur du groupe « Pomarrosa » de la Fondation Bigott, avec lequel il enregistra les albums « Decir Piel » et « Otra historia ».

Avec le groupe de jazz « Mixtura », qui fut un autre de ses projets, il a produit les disques « Naniobo » et « Animal de viento. »

Abzueta a dit un jour au journal « El Mundo » : « Je pense que notre musique populaire est en bonne santé et que les problèmes sont du côté de la diffusion  et de sa compréhension ». C´est nourri de cette conviction qu´il a produit et animé avec Pedro Marin «Caracas sicrónica à la Radio » et, plus récemment, « Le merequetengue ».

Avec le groupe ELG4, formé par Luis Laya, Alejandro Calzadilla, Daniela Gómez-Castro, Yoli Chacón, Alba Marina González, Mari Stella Paredes, Germán Acero y Abzueta, il a produit la série « Venezuela Demo » pour diffuser  des productions indépendantes sur le plan national.

Faisant équipe avec les producteurs Leonardo Pico (exécutif) et José Ismael Sanchez (général), il a réalisé la captation d´une série de concerts de groupes locaux en vidéo de haute définition, intitulé «Le nouveau son du Venezuela ». Ce programme est en cours de diffusion sur TVes, la nouvelle télévision publique culturelle et éducative.

Quartier du Cercado: « “ce sont nos mères, nos femmes, en grande majorité celles qui font partie des missions éducatives, environ 80%. »

Une femme marchant dans la rue, elle franchit un seuil et salue un jeune homme assis face à un ordinateur.  Elle demande un espace pour une déclaration à la radio. Elle lance son appel à tous les porte-parole de l’éducation, de la culture, de la sécurité, de la santé et des sports. ; pour une réunion ce dimanche à 10 heures du matin, sur le terrain couvert de Lomas Verde où seront abordés les avancées et le développement des activités dans la communauté.

Auparavant, pour les questions de santé, il n’y avait rien d’autre que l’ambulance du quartier qui couvre tout le secteur comme l’affirme Rubia Ballestero, une collaboratrice de la mission Barrio Adentro : “maintenant nous avons je crois 5 dispensaires répartis dans les différents quartiers du secteur, –dont 4 pour la mission Barrio Adentro et un autre comme point de consultation.

Dans un dispensaire, nous retrouvons une des médecins en train de prendre la tension d’une patiente et qui lui dit “ça peut être une réaction allergique , nous allons en référer au département d’ophtalmologie au Centre de Diagnostic Intégral. Cela fait presque 4 ans que ce médecin est dans la communauté, depuis qu’il a obtenu son diplôme d’études supérieures, elle déclare que le travail communautaire est très bénéfique, et qu’il s’est de mieux en mieux intégré dans les communautés.

Tous les jours, on trouve à son service une équipe de consultation. L’après midi, l’équipe médicale se déplace au coeur des communautés. On compte 30 à 40 patients quotidiens, et les diagnostics sont de tout type, que ce soit de l’hypertension, du diabète, etc …

Maria Ribas, étudiante en médecine générale communautaire (MIC) est en 5e année, elle est municipalisée ce qui signifie que simultanément elle étudie et utilise son savoir sur son lieu de vie. Le docteur nous explique que sa principale fonction est de contrôler l’état de santé des patients en maladie chronique, dans ce cas à Manos Quintero, dans le quartier le la Floresta.

En matière éducative, Inés Molina nous apprend que “l’école El Cercado a 76 années d’existence mais à l’origine ce n’était que des tôles et des cartons. Elle s’appelle aujourd’hui Ecole Bolivarienne Vladimir Silva et elle dispose de tout le matériel nécessaire, totalement équipée, ça s’est amélioré à 100%. Il y a une cantine, une salle de musique et tant d’autres espaces. Auparavant ce qui comptait c’était la quantité et non la qualité, dans les collèges privés il y avait 48 élèves par classe. Aujourd’hui l’éducation et plus complète avec des classes plus petite.

Entre Rafael Aliare, coordinateur de la mission Ribas, dans la salle de classe saluant tous les “vainqueurs” (nom donné aux particpants aux missions scolaires). Il déclare que la “mission Ribas dispose de 6 cas distincts, 6 formateurs. La méthode est une télévision et une classe en vidéoconférence, préparée par des professionnels dans chacune des situation. Les vainqueurs voient les vidéos puis en discutent avec le formateur au cas où subsisteraient des doutes et pour approfondir la discussion, afin que le temps accordé à l’instruction soit le plus productif possible.

Rafael explique qu’il s’occupe d’enfants, ce qui ne pose pas de problème : “ce sont nos mères, nos femmes, en grande majorité celles qui font partie des missions éducatives, environ 80%.

“Nous présentons la mission et la révolution au travers d’un programme organisé par le Gouvernement. Les missions sont une réponse populaire, c´est le droit à être entendu et à bénéficier de l’éducation et du développemen personnel et collectif.

Braulio Parisca, du Conseil Communal Casco Central El Cercado nous parle de la table ronde de discussionz des télécommunications où divers projets ont été ms en place, comme 8 téléphones publics dans les modules de Barrio Adentro, l’augmentation de la puissance de l’antenne pour les téléphones portables, la mise en place de revêtement dans le quartier Chirgua I, le Centre Bolivarien d’informatique et Télématique (CBIT) Gral Jacinto Lara.

Source : La Revolución Vive