« Les 10 victoires du Président Nicolás Maduro en 2016 », par Ignacio Ramonet

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Début 2016, tout semblait bien complexe pour les autorités de Caracas.  Et cela principalement pour trois raisons : 1) L’opposition néolibérale avait remporté les élections législatives de décembre 2015 et contrôlait désormais l’Assemblée Nationale ; 2) La chute des prix du pétrole, la principale ressource du Venezuela,  avait atteint son plus bas niveau dans les dernières décennies ; 3) Le président des Etat Unis, Barack Obama, avait signé un Ordre exécutif déclarant le Venezuela une « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et pour la politique extérieure des Etats-Unis »
C’est-à-dire, dans trois domaines décisifs  – politique, économique et géopolitique – la Révolution bolivarienne semblait à la défensive. Tandis que la contrerévolution, autant intérieure qu’extérieure, pensait avoir enfin le pouvoir à portée de la main.

Le tout dans un contexte de guerre médiatique de longue durée contre Caracas,  commencée avec l’arrivée à la Présidence d’Hugo Chávez en 1999, qui s’est intensifiée en avril 2013 et a atteint des niveaux inouïs de violence depuis l’élection du Président Nicolás Maduro.

Ce climat d’harcèlement médiatique agressif et permanent a produit une désinformation insidieuse sur le Venezuela, semant la confusion même chez de nombreux amis de la Révolution  bolivarienne. En particulier car dans cette ère de la « post-vérité », la pratique du mensonge, de la fraude intellectuelle et de la tromperie manifeste n’est  sanctionnée par aucune conséquence négative, ni sur la crédibilité, ni sur l’image.

Tout vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel », et même les faits ou les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. Même l’argument – si évident pour le Venezuela – du complot, de la conjuration, de la conspiration, n’est pas accepté.  Le nouveau discours médiatique dominant dénonce et ridiculise d’avance « le prétendu complotisme » comme un argument inacceptable de « récits à l’ancienne »,  non recevable…

Tout, donc, au début de l’année 2016, semblait difficile pour le Président vénézuélien.  A un point tel que le bancal opposant néolibéral  Henry Ramos Allup, enivré pas sa majorité parlementaire, a osé assurer en janvier 2016, dans son premier discours comme Président de l’Assemblée Nationale, que « dans un délai de mois de six mois » il chasserait Nicolás Maduro du pouvoir. En s’inspirant sans doute du coup d’Etat institutionnel contre la Présidente Dilma Rousef, au Brésil, et misant sur la victoire dans un éventuel référendum révocatoire.

Ainsi allaient les choses quand le Président Maduro, dans une séquence magistrale que personne n’a vu venir dans le jeu d’échecs qui se déroulait – et conformément à la Constitution – a surpris tout le monde.  Il a renouvelé, comme il en avait le droit, les membres du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), instance supérieure du pouvoir judiciaire, dont la Salle Constitutionnelle a le dernier mot en matière d’interprétation de la Constitution.

L’opposition, imbue de sa superbe, a commis alors deux erreurs majeures :

  1. Elle a décidé d’ignorer les avertissements du TSJ et a admis en séance trois députés de l’état d’Amazonas dont l’élection en décembre 2015 était l’objet de suspension pour irrégularités.  Devant cet affront, le TSJ a évidemment proclamé la non validité des décisions de l’Assemblée Nationale en raison de la présence en séance de trois députés « non élus régulièrement » .  En fait, le TSJ a déclaré l’Assemblée en désobéissance (desacato) et en conséquence, a décidé  que  « toutes ses décisions seraient considérées nulles».  Ainsi, par ses propres erreurs, l’Assemblée non seulement n’a pas réussi à légiférer ni à contrôler le Gouvernement, mais bien au contraire, comme l’ont reconnu des spécialistes renommés en droit constitutionnel, elle s’est annulée elle-même, a dilapidé son pouvoir est s’est auto-dissoute. Cela a été la première grande victoire de Nicolás Maduro en 2016.
  1. Dans son obsession de renverser le Président, l’opposition anti-chaviste a également décidé d’ignorer ce que stipule la loi (article 72 de la Constitution)  sur les étapes indispensables et les exigences juridiques pour la tenue d’un référendum révocatoire en 2016.  L’opposition a également connu un important échec sur ce point.  Et ce fut une autre grande victoire de Nicolás Maduro.

Malgré cela, vers mars-avril 2016, tout est devenu de plus en plus complexe. Car aux offensives habituelles des forces hostiles à la révolution bolivarienne est  venue s’ajouter une sécheresse impressionnante, la deuxième en importance depuis 1950, et une canicule, résultat du  phénomène El Niño. Or au Venezuela 70% de l’énergie provient des centrales hydroélectriques, dont la principale dépend du barrage El Guri.  Et avec l’absence de pluies, les niveaux de ce barrage ont diminué jusqu’à atteindre presque le niveau minimum.

La contre-révolution a tenté de profiter de ces circonstances pour multiplier les sabotages électriques, cherchant à créer un chaos énergétique, la colère sociale et des manifestations.  Le danger a été grand, car au problème électrique s’ajoutait le manque d’eau potable, conséquence de la sécheresse persistante, ….

Mais une fois de plus le Président Maduro a réagi rapidement en prenant des mesures radicales : il a décidé le remplacement de millions d’ampoules à incandescence par des ampoules à faible consommation d’énergie ; il a ordonné le remplacement des vieux climatiseurs par d’autres moins gourmands en énergie ;  il a décrété la demi journée de travail dans l’administration publique et mis en œuvre un plan national spécial de consommation d’électricité et d’eau.

Grâce à ces mesures audacieuses, le Président a réussi à éviter l’effondrement énergétique.  Et obtenu une de ses victoires les plus populaires de l’année 2016.
Un autre des problèmes importants que le Gouvernement a du affronter (peut-être le plus grave) – conséquence en partie de la guerre économique contre la révolution bolivarienne – est l’approvisionnement alimentaire. Il faut rappeler qu’avant 1999, 65% des vénézuéliens vivaient en situation de pauvreté et seulement 35% pouvaient bénéficier d’une bonne qualité de vie. C’est-à-dire, sur 10 vénézuéliens, seulement 3 mangeaient régulièrement de la viande, du poulet, du café, du maïs, du lait, du sucre… Tandis que pendant les 17 dernières années la consommation alimentaire (grâce à l’investissement social massif de la Révolution) a augmenté de 80%.

Ce changement structurel explique par lui-même pourquoi subitement la production nationale d’aliments, bien plus importante qu’on ne le croit, est devenue insuffisante.

Avec l’augmentation massive de la demande, la spéculation a explosé.  Devant une offre structurellement limitée, les prix se sont envolés vertigineusement.  Et le phénomène du marché noir ou « bachaqueo » s’est propagé : acheter les produits subventionnés par le Gouvernement à des prix inférieurs à ceux du marché pour les revendre à des prix supérieurs à ceux du marché. Ou les « exporter » massivement aux pays voisins (Colombie, Brésil) pour les revendre au double ou au triple du prix subventionné.  Ainsi le Venezuela se « vidait » de ses dollars – de moins en moins nombreux en raison de l’effondrement des prix du pétrole – pour nourrir les « vampires » qui dépouillent les plus humbles des produits de base pour s’enrichir de façon spectaculaire.

Une telle immoralité ne pouvait continuer. Une fois de plus, le Président Maduro agit avec fermeté.  D’abord – très important – il a changé la philosophie de l’aide sociale. Et il a rectifié une erreur majeure commise par le Venezuela depuis des décennies.  Il a décidé que l’Etat, au lieu de subventionner les produits, devait subventionner les personnes. Pour que seulement les pauvres, ceux qui en ont réellement besoin, puissent avoir accès aux produits subventionnés par le Gouvernement. Pour tous les autres, les prix des produits sont les prix justes fixés par le marché.  Ce qui évite la spéculation et le bachaqueo.

Et la deuxième mesure décisive: le Président a annoncé que désormais le Gouvernement orienterait  tous ses efforts vers le changement du modèle économique du pays, passant d’un « modèle rentier » à un « modèle productif ».  Et le Président a défini ce qu’il appela les « quinze moteurs » pour dynamiser l’activité économique tant du secteur privé que du secteur publique et de l’économie communale.

Ces deux décisions essentielles ont convergé dans une création originale, imaginée par le Président Maduro: les CLAP (Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production) qui constituent une nouvelle forme d’organisation populaire.  Foyer après foyer, les représentants des communautés organisées remettent des sacs pleins d’aliments à un prix régulé.  Beaucoup de ces aliments viennent d’ailleurs de la nouvelle production nationale.  Les CLAP devraient approvisionner pendant les prochains mois de 2017 environ quatre millions de familles à revenus modestes.  Garantissant ainsi l’alimentation du peuple. Et signant donc une nouvelle grande victoire du Président Maduro.

Une autre victoire non moins importante en cette difficile année 2016 est le taux record des investissements sociaux, qui représentent 71,4% du budget national.  C’est un record mondial.  Aucun autre Etat au monde ne consacre presque les trois quarts de son budget à l’investissement social.

En matière de santé, par exemple, le nombre d’hôpitaux a été multiplié par 3,5 depuis 1999.  Et le montant des investissements dans un nouveau modèle humain de santé publique a été multiplié par dix.

Dans le cadre de la Misión Barrio Adentro, dont l’objectif est l’accès aux soins des malades des zones urbaines les plus modestes du pays, ont eu lieu presque 800 millions de consultations et on a sauvé la vie de presque 1.400.000 personnes.  Les facultés de médecine ont formé 27.000 médecins et 30.000 autres doivent obtenir leur diplôme en 2017.  Huit états du Venezuela sont couverts à 100% par la Mission Barrio Adentro, alors que l’objectif fixé était de six états.

Une autre victoire sociale fondamentale, non mentionnée par les grands média dominants, concerne les retraites.  Avant la révolution, seulement 19% des personnes en âge d’être retraitées recevaient une pension, le reste subsistait souvent dans la misère ou à la charge de leur famille.  En 2016, 90% des personnes en âge d’être retraités reçoivent une pension, et cela même s’ils n’ont pas pu cotiser à la Sécurité Sociale pendant leur vie active.  Un record en Amérique du Sud.

Une autre victoire spectaculaire –   une fois de plus non mentionnée par les média dominants-  est celle de la  Misión Vivienda,  dont le but est de construire des logements sociaux à prix régulé pour les familles les plus modestes.

En 2016, cette Mission a remis 359.000 logements (à titre de comparaison, un pays développé comme la France a construit à peine 109.000 logements sociaux en 2015).  Il faut y ajouter les 335.000 logements rénovés dans le cadre de la belle Misión Barrio Nuevo, Barrio Tricolor.  Mission qui a reçu les éloges du génie de l’architecture Frank Gehry, créateur du  Musée Guggenheim de Bilbao et du Musée Louis Vuitton à Paris, qui a affirmé vouloir y participer.  Nous parlons donc de presque 700.000 logements sociaux en 2016.  Un chiffre sans équivalent dans le monde.

Depuis le début de son mandat, en 2013, le Président Maduro a déjà remis à des familles modestes presque un million et demi de logements.  Un record mondial passé sous silence par des média hostiles à la Révolution bolivarienne.  Et que même ses amis négligent parfois de mentionner.
Pour finir, rappelons quelques unes des victoires éclatantes obtenues dans le domaine géopolitique.  Par exemple, avoir empêché l’Organisation des Etats Américains (OEA), contrôlée par Washington, de condamner le Venezuela, comme le voulait le Secrétaire général de l’Organisation, Luis Almagro, en invoquant la Charte Démocratique contre le Venezuela.

Ou le succès du 27ème Sommet du Mouvement des Pays Non Alignés (MNOAL), qui s’est tenu en septembre 2016 au Centre de Conventiond Hugo Chávez, dans l’île de Margarita, en présence de nombreux Chefs d’Etat et de Gouvernement et de représentants de cent vingt pays qui ont manifesté leur solidarité avec le Venezuela.

Mais la principale victoire du Président Maduro en ce domaine a été la réussite inouïe de l’accord entre les Pays OPEP et NON OPEP pour une réduction concertée des exportations de pétrole, fruits de nombreux voyages du Président en quête de cet objectif.
Cet accord historique, signé en novembre 2016, a immédiatement freiné la chute du prix des hydrocarbures, qui s’effondrait depuis le milieu de l’année 2014, quand le prix dépassait 100 dollars le baril.
Grâce à cette victoire capitale, le prix du pétrole, qui était de 24 dollars en janvier, dépassait  45 dollars fin décembre 2016.

Ainsi, pendant l’année la plus dure et la plus longue, pendant laquelle nombreux ont été ceux qui ont misé sur son échec, le Président Nicolás Maduro, déjouant tous les pièges et toutes les difficultés, a montré sa taille exceptionnelle d’homme d’Etat.  Et de leader indestructible de la Révolution bolivarienne

Ignacio Ramonet

Source: Telesur http://www.telesurtv.net/opinion/Las-10-victorias-del-presidente-Maduro-en-2016-20161231-0028.html

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L’autre langue

le saman du quartierDimanche 26 avril 2015, six heures de l’après-midi. Près de 17 femmes du Conseil Communal “Dr Alberto Smith” réalisent une assemblée pour discuter des points du jour. Nous sommes à Ocumare del Tuy, État de Miranda. « Terra incognita » pour les médias occidentaux, comme l’est ce pays hors du Caracas qui lève et baisse son rideau selon les besoins de l’internationale médiatique.

La réunion se déroule dans l’ombre fraîche du “samán”, l’arbre du quartier, trois hommes s’y sont joints. Le menu est varié : les erreurs initiales dans l’organisation du conseil communal comme la double identité juridique vis-à-vis des autorités lors de la remise de comptes annuelle, le besoin de vérifier les comptes des autorités antérieures par la commission de contrôle du nouveau conseil, le programme de substitution de l’éclairage ancien par les nouvelles ampoules blanches qui économisent l’énergie, le programme des allocations de retraite pour les personnes âgées, la vente de postes et d’antennes de télé par câble des entreprises de l’État. Le samán est un patrimoine national et ne peut être coupé sans permis de l’Institut National des Parcs et du corps de pompiers mais il faudra au moins en couper quelques branches.

La réunion respire la cordialité de voisins mais la tension revient dès qu’une parcelle de pouvoir est en jeu. Presque toutes ces femmes sont mères, fonctionnaires publiques ou employées, travaillent du lundi au vendredi, travaillent chez elles et consacrent un samedi ou un dimanche par semaine au conseil communal. Elles font leur propre critique parce qu’elles n’ont pas réussi à élire le ou la porte-parole au conseil de rang présidentiel. Le problème est que la personne à choisir doit se consacrer à plein temps à cette tâche : autant il est possible que ce conseil ne se réunisse pas pendant un an, autant il arrive qu’on doive se rendre à toutes les réunions pendant toutes les semaines, un mois complet. Madame Mary parle de la “faible participation aux assemblées”, Cristina explique qu’il faut “s’activer pour obtenir davantage de bénéfices”.

Une heure passe. Il y a d’autres critiques, il faut arriver à des accords. Quelles personnes sont-elles prioritaires pour l’assignation des postes de télévision et des antennes de Cablevisión (les personnes âgées). Le programme « Barrio Nuevo, Barrio Tricolor » organise une journée de substitution des toits d’amiante (encore nombreux dans les communautés intérieures du Venezuela) et des toits de zinc avariés, et la réfection des façades en mauvais état pour les maisons jugées prioritaires. Face aux problèmes de pénurie de certains produits de base on s’organisera avec des entreprises régionales pour vendre certaines denrées comme les produits laitiers.

Les maisons dont les lampes éclairent les rues du quartier recevront une dotation additionnelle d’ampoules incandescentes.

On dirait une autre langue mais c’est le langage de la démocratie participative, ce n‘est pas facile, ce n‘est pas un chemin de roses mais il semble que c’est le chemin.

Carmen Navas Reyes

Anita

Source : https://lacumbale.wordpress.com/2015/04/28/los-consejos-comunales-como-expresion-de-la-democracia-participativa/

Traduction : T.D.

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Renforcement du pouvoir citoyen et des droits sociaux, sanctions envers les États-Unis : le Venezuela répond à la tentative de coup d’État

Alors qu’en 1973 il restait des médias occidentaux pour s’émouvoir du coup d’État perpétré au Chili, ceux d’aujourd’hui scandent à l’unisson : “Président du Venezuela, laisse-toi te renverser ! C’est pour ton bien ! Renonce à défendre le choix des électeurs ! Renonce à la loi, à la Constitution. Si tu arrêtes un putschiste, nous dénoncerons la répression au Venezuela !”. Le bulldozer des news, déjà bien rodé pour créer le personnage Chavez, a été réactivé pour fabriquer le tyran Maduro qui agite au loin un poing brutal pour mieux écraser des foules fanatisées alors que la voix feutrée de l’opposition de droite ou du porte-parole de la Maison Blanche, de face, en plan proche, s’étonne de tant de violence.

Même lors du coup d’État manqué contre Chavez en 2002, jamais on n’avait observé une telle intensité dans le bombardement médiatique pour nous faire accepter la nécessité d’une intervention extérieure, ou d’un coup d’État, sans attendre les élections.

C’est sans doute l’erreur historique, et suicidaire, de la gauche européenne : ne pas avoir démocratisé la propriété des médias, avoir laissé le service public mimétiser “l’information” des grands groupes privés (1). Qu’arriverait-il au journaliste d’un grand média qui parlerait des 40.000 conseils communaux et de conseils du pouvoir citoyen qui apportent la matière grise de nombre de décisions gouvernementales au Venezuela ?

Et le Maduro réel ? Celui que n’isolent pas les téléobjectifs de l’AFP et de Reuters ?

Le jeudi 26 février, lors de la création du nouveau Conseil des personnes handicapées et des personnes âgées (2), il a approuvé les crédits pour octroyer 300 mille pensions de plus, ce qui élève les bénéficiaires de ce droit à trois millions de citoyen(ne)s. Il a confirmé l’octroi de 10.000 allocations de santé pour mieux protéger les personnes âgées. Il a félicité les employés de la nouvelle mission sociale “Foyers de la patrie” qui a visité en une fin de semaine 200 communautés populaires, soit 25 mille familles : “Cette méthodologie nous permet d’arriver directement jusqu’aux familles en évitant les mafias des intermédiaires”.consejo-presidencial-para-personas-con-discapacidad

Avant d’entamer à travers le territoire un nouveau cycle de “gouvernement de rue” (3) Maduro a rappelé l’idée centrale de sa politique : malgré la guerre économique (4) et la chute des prix du pétrole, pas d’austérité mais l’approfondissement d’un État social et participatif. “Comme le dit le maire Rodriguez, on nous agresse parce que nous sommes un gouvernement des pauvres. Il n’y a que dans le socialisme que les ressources sont administrées en fonction de celui ou celle qui en a besoin”. Pendant cette assemblée un gros dossier arrive aux mains de Maduro. Anibal, affecté d’une incapacité de l’ouïe, un des porte-paroles du nouveau conseil national, prend la parole en langage de signes : “Nous sommes 120 porte-paroles venus des 24 états du pays, nous avons travaillé ensemble sur ces propositions”. “C’est pour cela que j’ai créé les conseils de gouvernement populaire, pour que le peuple prenne le pouvoir, pour qu’il assume le pouvoir politique, pour qu’il se convertisse en peuple président” lui répond Maduro. (5)

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Le samedi 28 février lors d’une mobilisation populaire contre l’ingérence des États-Unis (photos), le président a poursuivi : “The Wall Street Journal a écrit récemment que l’heure est venue de m’appeler tyran, je réponds : je serais un tyran parce que je ne me laisse pas renverser ? Et si je me laisse renverser, je serais un démocrate ? Le peuple devrait permettre que s’installe un «gouvernement de transition», éliminant la Constitution ? Je ne le permettrai pas et s’il le fallait je me battrai dans la rue avec notre peuple et nos forces armées. Nous voulons construire la paix, la stabilité la coexistence, la vie en commun. Que ferait le président Obama si un coup d’État était organisé contre son gouvernement ? Celui qui persiste dans ses activités terroristes, putschistes, celui qui agit hors de la Constitution, sera arrêté pour être jugé même si The Wall Street Journal ou le New York Times m’appellent le tyran, ce n‘est pas la tyrannie, non, c’est tout simplement la loi. »

Durant cette marche qui a parcouru les rues de Caracas, Maduro a signé un décret indemnisant 74 familles de victimes du “Caracazo” (6) : en 1989, après deux jours d’émeutes populaires qui suivirent l’application des mesures néo-libérales exigées par le FMI, le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez avait suspendu les garanties constitutionnelles et avait envoyé l’armée “rétablir l’ordre”. En 72 heures, 2000 à 3000 personnes furent assassinées. Maduro a rappelé que cette même austérité de choc fait partie du programme que la droite vénézuélienne avait prévu d’appliquer en cas de succès du coup d’État le 12 février 2015 (7). Jusqu’à l’élection de Hugo Chavez, aucun gouvernement n’avait accepté de reconnaître les fosses communes, les disparitions, et les tortures. Les 74 indemnisations décrétées par Maduro s’ajoutent aux 596 accordées à d’autres familles par le gouvernement bolivarien.

Dimanche 1 mars 2015. Le président Maduro rend hommage aux victimes du massacre du "Caracazo" du 27 février 1989.

Dimanche 1 mars 2015. Le président Maduro rend hommage aux victimes du massacre du « Caracazo » du 27 février 1989.

Par ailleurs, le président a annoncé quatre mesures en réponse  aux sanctions imposées par les États-Unis en violation du Droit international et dénoncées par l’ensemble des pays latino-américains (8), ainsi qu’aux 168 déclarations officielles émises par l’administration Obama contre le gouvernement bolivarien de 2014 à 2015 :

–          L’entrée du territoire vénézuélien est interdite aux fonctionnaires étasuniens complices d’actes terroristes, de violations de droits de l’homme, de crimes de guerre. Parmi ceux-ci l’ex-président George W. Bush, l’ex-vice-président Dick Cheney; l’ex-directeur de la CIA George Tenet, notamment liés au massacre de centaines de milliers d’irakiens sur la base du mensonge des “armes de destruction massive” et à la création de centres de torture – prisons secrètes en Europe, Abu Ghraib, Guantanamo, etc… «Interdit aussi d’accorder des visas aux citoyens américains qui ont violé les droits humains et ont bombardé des populations civiles « . La décision concerne aussi les congressistes d’extrême droite Bob Menendez, Marco Rubio, Ileana Ross-Lehtinen et Mario Diaz-Balart, proches du réseau terroriste du cubain Posada Carriles qui vit actuellement aux USA sous la protection des autorités.

–          Adéquation du nombre de fonctionnaires de l’Ambassade des États-Unis à Caracas. Le gouvernement étasunien y maintient plus de 100 employés alors que seulement 17 fonctionnaires vénézuéliens sont autorisés à travailler à l’ambassade vénézuélienne à Washington. La chancelière Delcy Rodriguez a rappelé que cette faculté de demander l’équilibre du nombre échoit à tout gouvernement en vertu de la Convention de Vienne.

–          Réciprocité en matière de visas.Les citoyens vénézuéliens qui voyagent aux États-Unis doivent payer pour obtenir un visa. A présent, pour rétablir l’égalité de traitement, les étasuniens qui nous visitent, devront obtenir un visa et payer ce que paye un Vénézuélien qui voyage aux États-Unis”.

–          Finies, les réunions des fonctionnaires étasuniens pour conspirer sur notre territoire. Les responsables de l’ambassade étasunienne à Caracas ont été informés que dorénavant «toute réunion réalisée par eux au Venezuela devra être notifiée et approuvée par le gouvernement du Venezuela« , conformément aux articles 41 et 41.2 de la Convention de Vienne. Maduro a révélé : « nous avons détecté et capturé certains étasuniens engagés dans des activités secrètes, notamment d’espionnage, essayant de recruter des gens dans les villages frontaliers avec la Colombie et sous influence paramilitaire. Dans l’État du Táchira nous avons capturé un pilote d’avion étasunien d’origine latino-américaine, avec toute sorte de documents. Il est en train de faire des révélations”.

En concluant son discours, Maduro a réaffirmé son respect pour le peuple étasunien ainsi que pour la communauté afro-américaine, hispanique et caraïbe souvent victimes des violations de droits de l’homme de la part de leur propre gouvernement, rappelant que ces mesures ne sont pas prises contre eux, mais contre l’élite qui persiste à s’ériger en policier mondial et à refuser de respecter le principe de souveraineté.

T.D., Caracas, 1er mars 2015

Notes :

(1) Cas récent d’une émission d’ARTE : http://vivavenezuela.over-blog.com/2015/02/le-venezuela-cartes-sur-table-l-humanite.html. En Europe le gouvernement Tsipras montre la voie en rouvrant la télévision publique fermée sur injonction de Bruxelles et en réembauchant tous ses salariés pour que la population jouisse d’un “service public démocratique et pluriel”. Toute révolution citoyenne devrait s’accompagner de la création d’un vaste réseau de médias populaires pour que les citoyens disposent réellement d’informations alternatives.

(2) Sur la nature de ces nouvelles instances de pouvoir citoyen, lire « Démocratisation de l’État, hausse des budgets sociaux : Nicolas Maduro met les bouchées doubles« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/12/31/democratisation-de-letat-hausse-des-budgets-sociaux-nicolas-maduro-met-les-bouchees-doubles/

(3) Sur le gouvernement de rue, lire « Nous t’écoutons Claudia« ,  https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/05/06/nous-tecoutons-claudia/

(4) « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les files d’attente au Venezuela sans jamais oser le demander« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/07/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-les-files-dattente-au-venezuela-sans-jamais-oser-le-demander/

(5) Voir le point (2) sur la démocratisation de l’État.

(6) « Comment la plupart des journalistes occidentaux ont cessé d’appuyer la démocratie en Amérique Latine », https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/16/comment-la-plupart-des-journalistes-occidentaux-ont-cesse-dappuyer-la-democratie-en-amerique-latine/

(7) Lire « L’«accord de transition » Machado-Ledezma-Lopez : ce que révèle et ce qu’occulte le programme de la droite vénézuélienne en cas de succès d’un coup d’Etat« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/22/laccord-de-transition-machado-ledezma-lopez-ce-que-revele-et-ce-quocculte-le-programme-de-la-droite-venezuelienne-en-cas-de-succes-dun-coup-detat/

(8) Lire « L’Amérique Latine serre les rangs autour du Vénézuéla : les États-Unis isolés (avec déclaration intégrale du sommet de la CELAC)« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/05/lamerique-latine-serre-les-rangs-autour-du-venezuela-les-etats-unis-isoles-avec-declaration-integrale-du-sommet-de-la-celac/

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Maduro annonce une nouvelle augmentation de 30% du salaire minimum et des pensions

Le 9 mars à Caracas, Maduro rencontre des mouvements communaux venus de tout le pays et annonce l’octroi de 2400 millions de bolivars pour qu’ils puissent réaliser leurs projets socio-productifs ou de construction de logements.

Fidèle aux engagements de protéger le pouvoir d’achat et de maintenir continuellement le salaire plusieurs points au-dessus de l’inflation, le Président de la République Nicolas Maduro a annoncé ce mardi 29 avril une nouvelle hausse de 30 pour cent du salaire minimum des travailleurs et des revenus des retraités et pensionnés. Le salaire minimum s’établit donc au premier mai 2014 à 4251,78 bolivars. Si l’on y ajoute les chèques d’alimentation il s’élève à 5.602 bolivars. Avec la hausse décidée en début d’année, le salaire minimum a donc augmenté de 43 % en 2014 : ¨En 15 ans de révolution, nous avons décidé, fidèles à notre politique socialiste et à notre mandat constitutionnel, 25 augmentations salariales et 25 augmentations des pensions. C’est un record, aucun autre pays ne l’a fait » a déclaré le président du Venezuela. (1)

Ces annonces ont été faites lors de la Conférence nationale avec le monde du travail. ¨Sans les travailleurs nous n’aurions pas de pays, pas de patrie » a ajouté Nicolas Maduro, lui-même ex-syndicaliste du transport, qui a par ailleurs annoncé la création d’une commission présidentielle pour proposer de nouvelles améliorations à la Loi du Travail (2012) d’inspiration anti-néo-libérale. (2)

En plus du renforcement des services publics gratuits (santé, éducation, etc..), cette politique de hausse continue des salaires des travailleurs et de lutte contre l’inflation fonctionne grâce à une contrôle sur le terrain du prix des produits de première nécessité. Rien que dans la dernière semaine d’avril, 19 personnes ont été arrêtées pour accaparement de produits destinés à la contrebande vers la Colombie ou pour infraction à la nouvelle Loi des Prix Justes qui établit un bénéfice maximum de 30 %. Cette politique qui affecte les intérêts de la mafia vénézolano-colombienne est un des facteurs d’explication de la récente campagne de violences organisée par l’extrême-droite locale en lien avec le paramilitarisme colombien (déguisée par les médias internationaux en ¨révolte étudiante contre la vie chère¨).

Notes : 

(1)  Lire ¨Venezuela : l’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent.¨, https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/01/22/venezuela-laugmentation-du-salaire-et-la-baisse-du-chomage-continuent/

(2)  Pour les détails de la nouvelle loi, lire ¨Nouvelle loi du travail au Venezuela : un pas de plus vers la vraie vie.¨, https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/04/nouvelle-loi-du-travail-au-venezuela-un-pas-de-plus-vers-la-vraie-vie/

Source : Ciudad Caracas – AVN http://www.ciudadccs.org/?p=558868

Traduction : Thierry Deronne

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Les facteurs sociaux de la victoire de Chavez. Par Carles Muntaner, Joan Benach, María Paez Victor

Pendant que le Président vénézuélien Hugo Chávez, en traitement à Cuba, lutte pour la vie, la presse libérale des deux côtés de l’Atlantique (entre autres « El Pais ») n’a cessé d’attaquer son gouvernement. Sa victoire significative (avec 12 points d’avance sur son adversaire) mérite d’être analysée avec sérieux, faits à l’appui. Il faut remarquer d’abord que Chavez a remporté les élections malgré le cancer et malgré les attaques permanentes des médias privés locaux et internationaux (qu’on pense au traitement médiatique de Syriza lors des élections en Grèce). Il faut prendre en compte un autre fait peu étudié, qui est l’existence d’une carte électorale extrêmement favorable aux classes moyennes et supérieures, avec des barrières géographiques et des difficultés d’accès pour le monde du travail.

Un des facteurs principaux de la popularité du gouvernement Chávez et du raz-de-marée victorieux d’octobre 2012 est la réduction de la pauvreté, qu’a rendue possible le retour dans le giron de l’État de la compagnie nationale pétrolière PDVSA. Ses ressources abondantes, au lieu de bénéficier à une petite classe de rentiers comme c’était le cas sous le gouvernement précédent, ont permis de construire les infrastructures nécessaires et d’investir dans la création de services publics dont les vénézuéliens avaient un cruel besoin  Pendant la dernière période, le gouvernement a augmenté les dépenses sociales de 60.6%, pour un montant total de 772 milliards de dollars [i].

De même que la santé ne saurait se définir seulement par l’absence de maladie, la pauvreté ne se définit pas seulement par l’absence de revenus. Les deux phénomènes – santé et pauvreté – sont corrélés et multi-factoriels, déterminés par une série de processus sociaux. Pour réaliser un état des lieux objectif des progrès réels obtenus par la Révolution Bolivarienne dans les 13 dernières années, il est essentiel de réunir certaines données-clefs déterminantes en matière de santé et de pauvreté : éducation, inégalité, emploi et revenu, soins de santé, sécurité alimentaire, sécurité sociale et services publics.

En ce qui concerne les déterminants sociaux des indicateurs de la santé, le Venezuela est à présent le pays de la région qui connaît le plus bas niveau d’inégalité (mesuré par le Coefficient Gini) : il a réduit l’inégalité de 54%, la pauvreté de 44%, du niveau de 70.8% (1996) à 21% (2010). Et l’extrême pauvreté est passée de 40% (1996) à 7.3% (2010). Près de 20 millions de personnes ont bénéficié des programmes gouvernementaux de lutte contre la pauvreté, appelés “Missions”. A l’heure actuelle 2.1 millions de personnes âgées perçoivent des pensions de vieillesse – soit 66% de la population. Seules 387.000 personnes recevaient des pensions avant le gouvernement actuel.

L’éducation est un déterminant crucial de la santé comme de la pauvreté et le gouvernement bolivarien a mis un accent particulier sur l’enseignement en le finançant à hauteur de 6% du PIB. L’UNESCO a reconnu que l’analphabétisme a été éliminé et le Venezuela est le troisième pays de la région dont la population lit le plus. L’éducation est gratuite des classes maternelles jusqu’à l’université; 72% des enfants sont accueillis dans l’enseignement maternel public et 85% des enfants en âge scolaire vont à l’école. Il y a des milliers d’écoles reconstruites, parmi lesquelles 10 nouvelles universités. Le Venezuela occupe la deuxième place latino-américaine et la cinquième place mondiale en proportion d’étudiants universitaires. Actuellement un vénézuélien sur quatre participe à un programme éducatif [ii]. Il est intéresant de noter que le Venezuela se trouve maintenant au même niveau que la Finlande en tant que cinquième pays avec la population la plus heureuse du monde [iii] .

Avant le gouvernement Chavez, en 1998, 21% de la population était mal nourrie. Le Venezuela a maintenant établi un réseau de distribution d’aliments subventionnés parmi lesquels des épiceries et des supermarchés. Tandis quèn 1980 90% de la nourriture était importée, aujourd’hui on n’en importe que 30%. La « Mission Agro-Venezuela » a remis 454.238 crédits aux producteurs ruraux. Rien qu’en 2012, 39.000 d’entre eux ont reçu des crédits. Cinq millions de vénézuéliens reçoivent de la nourriture gratuite, quatre millions d’entre eux sont des enfants scolarisés, et des cantines publiques nourrissent 900.000 personnes. La réforme agraire et les politiques de soutien à la production agricole ont fait augmenter la production nationale de nourriture. Les résultats de toutes ces mesures en faveur de la sécurité alimentaire est qu’aujourd’hui la malnutrition n’est plus que de 5%, et que la malnutrition infantile qui était de 7.7% en 1990 est aujourd’hui de 2.9%. Sous tous les aspects, c’est une impressionnante réussite en matière de santé.

Voici quelques unes des données les plus importantes sur les soins de santé et sur la santé publique [iv],[v],[vi]:

  • Le taux de mortalité infantile est passé de 25 pour 1000 (1990) à seulement 13/1000 (2010);
  • 96% de la population dispose à présent d’eau potable (ce fut un des objectifs de la révolution);
  • En 1998, on comptait 18 médecins pour 10.000 habitants, on en compte actuellement 58 pour mille, et le système public de santé en emploie 95.000;
  • S’il a fallu plusieurs décennies aux gouvernements antérieurs pour construire 5.081 cliniques, en 13 ans à peine le gouvernement bolivarien en a construit 13.721 (soit une augmentation de 169.6%);
  • La « Mission Barrio Adentro » (qui est le programme de soins de santé primaire organisé avec l’aide de plus de 8.300 médecins cubains) a sauvé environ 1,4 millions de vies dans 7.000 cliniques et a effectué 500 millions de consultations;
  • En 2011 seulement, 67.000 vénézuéliens ont reçu gratuitement des médicaments coûteux pour 139 pathologies dont le cancer, l’hépatite, l’ostéoporose, la schizophrénie, parmi d’autres; il y a maintenant 34 centres de désintoxication ;
  • En 6 ans 19.840 personnes sans domicile fixe ont reçu l’appui d’un programme spécial (« Mission Negra Hipolita »); Il n’y a pas pratiquement plus d’enfants des rues.
  • Le Venezuela possède à présent la plus grande unité de soins intensifs de la région.
  • Un réseau de pharmacies publiques vend des médicaments subventionnés, ce qui permet à la population de réaliser des économies de 34 à 40%.
  • 51.000 personnes ont été traitées à Cuba pour des soins oculaires spécifiques et le programme “Mision Milagro” a restauré la vision de 1,5 millions de vénézuéliens.

On trouve un exemple d’une réponse rapide aux besoins réels de la population lorsqu’entre la fin de 2010 et le début de 2011 de fortes pluies tropicales ont privé 100.000 personnes de foyer. Celles-ci ont été immédiatement relogées dans toutes sortes d’immeubles publics, des ministères, ou des hôtels. En un an et demi le gouvernement a construit 250.000 logements.

Bien entendu le gouvernement n’a pas encore surmonté tous les problèmes sociaux mais malgré tous les défauts et toutes les erreurs, la population le considère comme un allié. Une partie de cette équation est la participation politique intense qui singularise la démocratie vénézuélienne : près de 40.000 conseils communaux et les premières communes jouent un rôle déterminant dans la réponse aux besoins sociaux locaux, dans le suivi des mesures et permettent aux citoyens d’être acteurs des changements.[vii]

Un solide succès économique.

L’économie vénézuélienne a de faibles dettes, de grandes quantités de pétrole et de fortes réserves monétaires. Pourtant les économistes qui s’opposent au président Chávez répètent ad nauseam que l’économie vénézuélienne n’est pas «soutenable» et prédisent son écroulement lorsque cesseront les revenus pétroliers. Il est amusant de noter qu’ils ne font pas ces prédictions pour des économies pétrolìères comme le Canada ou l’Arabie Saoudite. Ils éludent le fait qu’au Venezuela la réserve de 500 milliards de barils est la plus grande du monde, et ils considèrent que les investissements sociaux sont une perte ou un effort futile. Et ce, alors que durant ces treize dernières années le gouvernement bolivarien a construit un économie plus diversifiée, à travers une infrastructure industrielle et agricole que les gouvernements précédents avaient négligée pendant 40 ans, et que son économie continue à se fortifier et à croître, même dans le contexte de la crise globale.

Une indication de la diversification progressive de l’économie est le fait que l’État obtient aujourd’hui presque autant de revenus à travers les impôts qu’à travers le pétrole, ayant renforcé son système fiscal et redistributif. En une seule décennie l’État a obtenu 251.694 millions de dollars sous la forme de taxes, un montant superieur à son revenu pétrolier annuel.

Les plus importantes étapes économiques de ces dix dernières années comprennent la réduction du chômage de 11.3% à 6.4% (décembre 2012); la multiplication par deux du nombre de personne bénéficiant de la sécurité sociale ; la réduction de la dette publique de 20.7% à 14.3% du PIB et la multiplication des coopératives, ce qui a renforcé les économies authentiquement locales.

En général l’économie vénézuélienne a crû de 47.4% dans ces dix dernières années [viii]. De nombreuses nations européennes pourraient envier de tels chiffres. Selon des économistes qui ont étudié en détail l’économie du Venezuela pendant les dernières années, “les prédictions de la faillite économique, des crises de la dette ou de la balance des paiements, et d’autres pronostics sombres et comme beaucoup de prévisions réalisées tout au long du processus, se sont régulièrement révélées fausses… La croissance économique actuelle du Venezuela est soutenable et pourrait se poursuivre et même passer à un niveau supérieur pendant plusieurs années.”[ix] .

Selon “Global Finance” et le “World Factbook” de la CIA , l’économie vénézuélienne présente les indicateurs suivants [x]: taux de chômage de 8%; 45,5% de dette publique gouvernementale comme pourcentage du PIB (par contraste le même pourcentage est de 82.5% dans l’Union Européenne); une croissance réelle du PIB par habitant qui atteint 13.070 dollars. En 2011, l’économie vénézuélienne a défié toutes les prévisions en croissant de 4.2 % et de 5.6 % dans la première moitié de 2012. Son rapport dette/PIB est beaucoup plus bas que celui des États-Unis et du Royaume Uni et meilleur que celui des pays européens; l’inflation qui fut endémique pendant plusieurs décennies, atteignant des taux de 80%, a suivi une courbe descendante depuis quatre ans, atteignant 13.7%  pour le dernier trimestre de 2012. Même le « Wall Street Journal » rapporte que le marché boursier du Venezuela est de loin le plus performant du monde, battant son record historique en octobre 2012, et les bons du Venezuela sont parmi les plus performants dans les marchés émergents.

La victoire de Hugo Chavez a eu un impact dans le monde entier ; dans son propre pays mais aussi dans toute l’Amérique Latine où des gouvernements progressistes ont été élus, il est perçu comme celui qui a lancé le changement radical et la transformation de l’ordre global. Sa victoire est d’autant plus significative si on considère l’important soutien financier et stratégique que les agences états-uniennes et leurs alliés apportent aux partis d’opposition et à leurs médias. Depuis 2002, Washington a fait parvenir 100 millions de dollars aux groupes d’opposition du Venezuela et, rien que pour l’élection de 2012, a distribué 40 à 50 millions de dollars. [xi]  La population vénézuélienne a surmonté le barrage de propagande des médias qui à 85 % sont privés (et font 95 % d’audience nationale). [xii]

La marée progressiste dans la région a permis d’initier pour la première fois la construction d’une véritable indépendance de l’Amérique du Sud avec des organisations fédératrices telles que la Banque du Sud, la CELAC, l’ALBA, PETROSUR, PETROCARIBE, UNASUR, MERCOSUR, TELESUR, le SUCRE comme monnaie alternative au dollar, initiatives pour la plupart dues au président du Venezuela et qui ont démontré au reste du monde qu’il y a, au 21ème siècle, des alternatives économiques et sociales [xiii] et un modèle de développement différent du capitalisme global. Le contraste est frappant entre une Europe qui subit des niveaux élevés de dette, alors qu’en Amérique Latine ils sont faibles et continuent à baisser.

Les changements au Venezuela ne sont pas abstraits. Le gouvernement du Président Chávez a amélioré de manière significative les conditions de vie des Vénézuéliens et les a engagés dans une dynamique de participation politique pour les approfondir [xiv]. Le nouveau modèle de développement socialiste a eu un impact phénoménal dans toute l’Amérique Latine, y compris récemment vis-à-vis de la Colombie. Les gouvernements progressistes de gauche ou du centre maintenant majoritaires dans la région voient dans le Venezuela le catalyseur qui a insufflé dans la région plus de démocratie, plus de souveraineté nationale et plus de progrès économique et social.[xv].

Nulle rhétorique néo-libérale ne peut éluder ces faits. Des dizaines d’experts en opinion peuvent continuer à discuter sur Internet de si la Révolution bolivarienne est socialiste ou non, si elle est révolutionnaire ou réformiste (elle est probablement les deux à la fois). Il n’empêche que ces réussites substantielles demeurent. C’est ce qui rend furieux ses opposants tant à l’intérieur du pays que dans les pays néo-coloniaux. L’“objectif” et “empirique” « The Economist » ne publiera pas ces données, préférant prédire une fois de plus la déroute imminente de l’économie vénézuélienne. “El Pais”, en Espagne, préfèrera citer un des architectes du Caracazo (le massacre de 3000 personnes à Caracas qui protestaient en 1989 contre les mesures d’austérité, dix ans avant la révolution bolivarienne) : l’ex-ministre des finances Moises Naim, connu pour son obsession anti-chaviste. Mais aucun d’eux ne peut nier l’Indice de Développement Humain des Nations Unies qui situe le Venezuela à la 61ème place sur 176 pays, avec une avancée de sept places en 10 ans. Une raison de plus pour comprendre que la Révolution Bolivarienne va survivre à la présidence du leader vénézuélien.

Les auteurs :

– Carles Muntaner est Professeur d’Infirmerie, de Santé Publique et de Psychiatrie à l’Université de Toronto. Il a travaillé sur les aspects de la santé publique de la Révolution Bolivarienne depuis plus de dix ans. Voir notamment “Muntaner C, Chung H, Mahmood Q and Armada F. “History Is Not Over. The Bolivarian Revolution, Barrio Adentro and Health Care in Venezuela.” In T Ponniah and J Eastwood The Revolution in Venezuela. Harvard: HUP, 2011

– María Páez Victor est une sociologue vénézuélienne, spécialisée en santé et en médecine.

– Joan Benach est professeur de Santé Publique à l’Universitat Pompeu Fabra, Barcelona. Il a collaboré à de nombreuses études sur les politiques de santé publique de la Révolution Bolivarienne.

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

Notes :

[i] Páez Victor, Maria. “Why Do Venezuelan Women Vote for Chavez?” Counterpunch, 24 April 2012

http://www.counterpunch.org/2012/04/24/why-do-venezuelan-women-vote-for-chavez/print

[ii] Venezuela en Noticias, Venezuela en Noticias <venezuelaennoticias@minci.gob.ve> Venezuela en Noticias, Venezuela en Noticias venezuelaennoticias@minci.gob.ve

[iii] Gallup Poll 2010

[iv] Muntaner C, Chung H, Mahmood Q and Armada F. “History Is Not Over. The Bolivarian Revolution, Barrio Adentro and Health Care in Venezuela.” In T Ponniah and J Eastwood The Revolution in Venezuela. Harvard: HUP, 2011 pp 225-256; see also 4, Muntaner et al 2011, 5, Armada et al 2009; 6, Zakrison et al 2012

[v] Armada, F., Muntaner, C., & Navarro, V. (2001). “Health and social security reforms in latin america: The convergence of the world health organization, the world bank, and transnational corporations.” International Journal of Health Services, 31(4), 729-768.

[vi] Zakrison TL, Armada F, Rai N, Muntaner C. ”The politics of avoidable blindnessin Latin America–surgery, solidarity, and solutions: the case of Misión Milagro.”Int J Health Serv. 2012;42(3):425-37.

[vii] Ismi, Asad. “The Bolivarian Revolution Gives Real Power to the People.” The Canadian Centre for Policy Alternatives Monitor , December 2009/January. http://www.policyalternatives.ca/publications/monitor/latin-american-revolution-part-iv

[viii] Carmona, Adrián. “Algunos datos sobre Venezuela”, Rebelión, March 2012

[ix] . Weisbrot, Mark and Johnston, Jake.  “Venezuela’s Economic Recovery: Is It Sustainable?”  Center for Economic and Policy Research, Washington, D.C., September 2012. En France la palme des prédictions erronées sur la faillite économique du Venezuela revient sans doute à Jean-Pierre Langelier, dont l’aversion pour Chavez a tenu lieu d’information dans « Le Monde ».

[x] Hunziker , Robert. “Venezuela and the Wonders of Equality”.  October 15th, 2012

[xi] Golinger, Eva. “US$20 million for the Venezuelan Opposition in 2012”, http://www.chavezcode.com/2011/08/us-20-million-for-venezuelan-opposition.html

[xii] Páez Victor, Maria. “Chavez wins Over Powerful Foreign Conglomerate Against Him”, Periódico América Latina, 11 October, 2012

[xiii] Milne,Seumas.  “The Chávez Victory Will be Felt Far Beyond Latin America” , Associate Editor, The Guardian, October 9, 2012:

[xiv] Alvarado, Carlos, César Arismendi, Francisco Armada, Gustavo Bergonzoli, Radamés Borroto, Pedro Luis Castellanos, Arachu Castro, Pablo Feal, José Manuel García, Renato d´A. Gusmão, Silvino Hernández, María Esperanza Martínez, Edgar Medina, Wolfram Metzger, Carles Muntaner, Aldo Muñoz, Standard Núñez, Juan Carlos Pérez, and Sarai Vivas. 2006. “Mission Barrio Adentro: The Right to Health and Social Inclusion in Venezuela”. Caracas: PAHO/Venezuela.

[xv] Weisbrot, Mark.”Why Chávez Was Re-elected”. New York Times. Oct 10th 2012

[xv] A Paris, sur un mode plus folklorique, il y a Alexandre Adler, Renée Frégosi etc..  A noter que parmi les plus féroces opposants à la révolution bolivarienne, on compte des vénézuéliens partis vivre en Europe en emportant des capitaux acquis au dépens de l’État vénézuélien, des années 70 aux années 90.

Source (original en anglais): CounterPunch

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Le droit à la retraite : modèle vénézuélien contre modèle grec, par Jesse Chacon

Dans la première semaine d’avril, une nouvelle a secoué le monde entier. Dimitris Christoulas, pharmacien à la retraite de 77 ans, se suicidait d’un tir dans la tête face à une multitude sur une place d’Athènes. Dans sa poche et chez lui, il laissait une lettre où il disait:

« … Le gouvernement Tsolakoglou a anéanti toutes mes possibilités de survie, qui se basaient sur une pension très honorable que j’ai payée seul pendant 35 ans sans aucune aide de l’Etat. Et comme mon âge avancé ne me permet pas de réagir d’une façon dynamique (quoique si un compatriote grec devait se saisir d’une Kalashnikov, je m’empresserais de le suivre), je ne vois pas d’autre solution que de mettre fin à ma vie dignement, ce qui m’épargne d’avoir à fouiller les poubelles pour assurer ma survie. Je crois que les jeunes sans avenir vont prendre les armes un jour et ils pendront les traîtres de ce pays sur la Place Syntagma, exactement comme les Italiens l’ont fait pour Mussolini en 1945 ».

La mort tragique de Dimitris, plus qu’une attitude d’impuissance et de frustration telle que l’a présentée la presse internationale, représente un fait politique de résistance et de dignité, qui s’ajoute à la mobilisation de milliers de grecs qui aujourd’hui prennent les places d’Athènes pour protester contre le paquet drastique d’ajustements néo-libéraux que le gouvernement impose sous l’exigence du pouvoir financier et technocratique européen.

En Grèce depuis le début des mesures d’austérite gouvernementale prises en 2010 les allocations de retraite ont été diminuées d’environ 15 %  et celles de plus de 1.200 euros ont été réduites de 20 % de plus. Des citoyens qui ont cotisé, épargné toute leur vie, patiemment, pour jouir de la tranquillité dans leur vieillesse, découvrent aujourd’hui que tout s’écroule, que leur argent n’existe pas, que d’autres l’ont dépensé ou mal investi dans les ballets de titres qui se sont évaporés avec la crise financière déclenchée depuis 2008.

La sécurité sociale, et notamment la protection de la vieillesse, est une institution enracinée socialement depuis de nombreux siècles, et a surgi comme une pratique solidaire générée par la préoccupation pour les invalides ou face aux incertitudes du lendemain. Après la deuxième guerre mondiale et la déclaration formelle des droits humains en 1948, la sécurité sociale se déploie dans une structure de normes internationales et nationales qui en fait un droit formel; les états nationaux créent des structures prévisionnelles et de sécurité sociale et, au sein de celles-ci, des fonds de pensions, lesquels garantissaient une retraite pour les travailleurs à travers leur épargne.

Mais dans la décennie des années 70, la voracité néo-libérale a détruit le sens solidaire de cette institution et l’a convertie en un butin, cédant la place à la privatisation des fonds de pension. Ces fonds sont alors gérés non plus par des sécurités sociales publiques mais par des fonds privés de pension.

La bouchée succulente de l’épargne populaire commence à remplir les coffres du capital financier. Celui-ci sans perdre de temps se met à investir ces fonds dans des titres et dans d’autres investissements douteux à l’extérieur. Au Chili par exemple en 2008, selon des données du Centre National de Développement Alternatif (CENDAS), “95,2 % des fonds investis à l’extérieur l’étaient sous rente variable, dans des pays fortement touchés par la crise et dans des instruments à haut risque. Depuis le début de la crise, le 25 juillet  2007 et jusqu’au 30 septembre 2008, les fonds de pensions avaient perdu 20,37 millions de dollars actuels, ce qui équivaut à une perte de 18.97%”. Tout ceci incombe aux Administrations des Fonds de Pensions (AFP) privés, qui jouent et perdent l’argent des personnes âgées, tout en se présentant au monde comme des experts en efficacité.

Le crédo capitaliste néo-libéral qui s’appuie sur le discours de Hayek et de Fridman, détruit la solidarité comme valeur et rend hégémonique une nouvelle anthropologie basée sur l’égoïsme et sur l’utilitarisme; cependant, de manière répétée, son modèle échoue et sa nature apparaît au grand jour : un système de de gangsters voué à la dépossession, au vol déguisé, destiné à augmenter la richesse de ceux qui sont déjà riches, très riches.

Mais il existe une alternative pour construire la société et la vie, il est possible de construire la société à partir d’idées socialistes, il est possible de récupérer la solidarité comme cœur des relations sociales et de construire des politiques qui garantissent le bien-vivre et le bonheur social.

Au Venezuela, après la mise en échec du modéle néo-libéral par l’insurrection populaire, lors de la révolte du caracazo (1989) et les soulèvements civico-militaires de 1992, cette alternative socialiste a été validée par des réalisations tangibles. Les fonds de pensions ont été préservés comme faisant partie du secteur public et l’État national est redevenu le garant de ces droits. Pendant ces 12 ans de gouvernement bolivarien le nombre de pensionnés a augmenté, passant de  211.040 en 1998 à 1.544.856 en 2010 (voir graphique).

L’Europe subit une crise qui est le produit de la dure recette néo-libérale d’austérité et de privatisations;  le Venezuela avance en tissant son futur sur la base de la solidarité et des idées du socialisme.

Jesse Chacón

Director GISXXI

http://www.gisxxi.org

Traduction : Thierry Deronne, pour http://www.venezuelainfos.wordpress.com

Original en espagnol : http://www.gisxxi.org/articulos/la-pension-un-apetecido-bocado-para-el-capital-financiero-jesee-chacon-gisxxi/

Un lac sauvé, un village agro-écologique en construction : l’écologie en mouvement au Venezuela.

Situé dans les États de Carabobo et d’Aragua, le lac baptisé « Los Tacarigua » en mémoire des peuples indigènes qui vivaient sur ses rives, et plus connu comme « Lac de Valencia« , était devenu un immense égoût à ciel ouvert que des années de déversements chimiques d’industries privées et d’égoûts urbains, sans le moindre contrôle de la part de l’État, avaient condamné à une mort définitive. Il est aujourd’hui assaini à 80%, comme le démontrent les analyses et le rétablissement des chaînes trophiques. La réapparition des oiseaux est une preuve du retour du lac à la vie. On y pêche et vend de grandes quantités de poissons.

En 1999 la catastrophe environnementale se caractérisait d’une part par la montée incontrôlée des eaux pendant trois ans à la suite de la mise en service de l’Aqueduc Régional du Centre, et par la pollution totale. 0% des eaux rejetées était traité. La station d’épuration « La Mariposa » a depuis été construite. Elle traite 80% des eaux rejetées par la ville et les zonings industriels de Valencia, appuyée par les stations de Los Guayos pour la zone de Guacara et le nord-ouest de Valencia.

Depuis 1999 jusqu’à aujourd’hui le gouvernement bolivarien a investi plus de 750 millions de dollars, dont 255 millions de bolivars approuvés en 2012 par le président pour parachever les travaux d’assainissement et de contrôle du niveau du lac de Valencia, et pour recycler les 20% d’eaux sales qui s’y déversent encore.

Augmentation des espèces marines

La réapparition de la faune est également perceptible sur la côte caraïbe du Venezuela. C’est le fruit d’une politique de protection et d’encouragement de la pêche artisanale face aux désastres causés par la pêche industrielle, politique mise en oeuvre depuis La Loi de la Pêche de 2001 (qui fut l’un des détonants du coup d’État contre Hugo Chavez mené par les secteurs patronaux en avril 2002).

Selon Régulo Zambrano, pêcheur de Machurucuto, qui possède plus de 28 ans d’expérience, « on observe une grande différence par rapport aux années antérieures. Avant les bateaux-usines arrachaient tout le fond marin avec leurs filets industriels, les alevins, les algues, tout, ils détruisaient l’éco-système. Ils nous exploitaient, ils sont devenus millionnaires en nous exploitant et ils ont tout fait pour éviter que passe la loi. Nous avons toujours lutté contre eux mais ce n’est qu’avec Chavez que nous avons pu éliminer ce fléau.  La pêche redevient un métier productif« .

Julio Moreno, pêcheur artisanal de Choroní, sur la côte de l’État d’Aragua, explique qu’il ne s’agit pas seulement de l’élimination de la pêche industrielle mais d’avancées sociales comme l’intégration de neuf mille pêcheurs au système de retraites de l’Institut Vénézuélien de Sécurité Sociale, à la suite du décret de 2010. « Parce que la pêche est une activité dangereuse, très dure, elle détruit peu à peu le pêcheur. Avant le pêcheur âgé ne pouvait que mourir de faim, maintenant il compte sur les ressources qui couvrent ses besoins fondamentaux« .

Dans l’état de Vargas on sèmera sans pesticides

De leur côté les habitants du secteur El Junko en collaboration avec le gouvernement régional de l’État de Vargas ont lancé une initiative pour lutter contre l’agro-business et le commerce  des pesticides : la création du Village Expérimental « Augusto César Sandino », oú les groupes paysans apprendront à travailler les terres de manière écologique et sans besoin de pesticides.

Ce projet est impulsé par le Mouvement Social Écologique Bolívar y Martí, les conseils communaux, les habitants et les conseils de paysans et de pêcheurs de l’axe Junko-Carayaca, qui réalisent des productions agro-écologiques dans les zones d’agriculture urbaine our les étendre aux zones rurales. Ce projet collectif, porté par les habitants depuis 13 ans, s’est développé au fil des années.

L’objectif principal du hameau agro-écologique Expérimental « Augusto César Sandino » est d’impulser l’agro-écologie comme alternative au commerce des pesticides et dans ce but, de former des paysans organisés dans les communes de l’État de Vargas. L’idée est aussi de projeter l’agro-écologie comme mode de production en tant que tel, basé sur la revitalisation des savoirs ancestraux des paysans et la souveraineté agro-alimentaire avec le relancement de cultures comme l’avocat, le café, le cacao, entre autres. Un autre aspect important est la pêche artisanale, dans cette région située entre la montagne et la côte.

Le gouvernement régional offre son appui pour articuler les actions concrètes de l’État en faveur des secteurs paysans. Actuellement le secteur d’El Junko couvre quatre hectares situés dans El Arbolito, sur la route de Trampa El Tigre, secteur El Farallón, municipalité de Carayaca, dans l’État de Vargas.

C’est là que commencera la construction de ce village agro-écologique dont est chargé l’Institut Autonome du Logement de l’État Vargas (Invivar). Les ressources seront destinées au processus de planification et d’exécution des processus d’auto-construction dirigé par les familles paysannes du secteur, basé sur les techniques indigènes et paysannes de constructions en harmonie avec l’environnement.

Ce Village Agro-écologique Expérimental Augusto César Sandino comptera des espaces d’activités pratiques et théoriques parmi lesquelles 10 salles de classe pour 30 étudiants, équipées avec des ressources didactiques, une salle consacrée á la planification agro-écologique, trois laboratoires : l’un de détection des maladies végétales, l’autre pour la production d’engrais agro-écologiques et le troisième pour l’étude et la conservation des semences autochtones. Il y aura aussi des parcelles pour les cultures tropicales et un système de production d’espéces forestiéres autochtones, dans le cadre de la récupération des sources d’eau pure dans des zones protégées.

Texte et photo : Simón Rendón, militant du collectif local, avec AVN.
Traduction : Thierry Deronne, pour www.venezuelainfos.wordpress.com

Le Venezuela ouvre le débat pour construire une nouvelle loi du travail.

« Démocratiser le monde opaque de la production », “Mettre en place des conseils des travailleurs”, “éliminer la division du travail”, « réduire la durée du travail pour faire place au temps de la vie », « créer la propriété sociale des moyens de production » : les objectifs qui fondent historiquement l’existence de la gauche sont bien vivants… au Venezuela. Alors qu’en Europe, en Espagne par exemple, la loi du travail est revue et corrigée pour la rendre plus favorable au patronat, le Venezuela a lancé il y a quelques mois un débat public pour élaborer une loi qui «paie enfin la dette que possède encore la révolution vis-à-vis des travailleurs».

La loi actuelle reste en effet très favorable à un secteur privé dominant, et marquée au coin du néo-libéralisme et des accords de Punto Fijo (1961) par lesquels sociaux-chrétiens et sociaux-démocrates avaient fixé le contrôle politique de l’État. Pour que la nouvelle « Loi Organique du Travail » (LOT) que signera le président Chavez le 1er mai prochain soit le fruit d’un débat pluraliste, la commission présidentielle a déjà reçu des milliers de propositions que rédigent des mouvements sociaux aux quatre coins du pays : syndicats, mouvements de jeunes, organisations de femmes, coordinations de concierges, de producteurs agricoles ou de pêcheurs, etc…

Ainsi les militants de la JOC (Jeunesse Ouvrière Catholique) ont réalisé un diagnostic précis des atteintes aux droits des jeunes travailleurs (photo). «Non-reconnaissance des jeunes travailleurs du secteur informel», «mauvais traitements et agressions au travail», «licenciements injustifiés», «irrespect du droit lié au premier emploi», «stages sans paiement de salaires», «pas d’accès à la santé dans les centres de travail», etc.. L’axe central de leur proposition est que la loi consacre enfin les jeunes travailleurs comme sujets de plein droit, en garantissant l’égalité et en punissant sévèrement les patrons coupables de discriminations. Parmi les propositions, on notera entre autres:

– Le patron devra garantir que 25% au moins du personnel soit composé de jeunes. Ceux-ci bénéficieront d’un régime spécial qui leur permette d’étudier tout en travaillant, sans que cela affecte ni leur salaire, ni la stabilité de l’emploi.

– Le patron devra garantir les moyens concrets de la formation intégrale des travailleurs durant la journée de travail (ce qui vaut pour les syndicats, délégués de prévention et membres du Conseil des Travailleurs).

– L’interdiction de pré-requis à l’embauche tels qu’expérience préalable ou période d’ essai.

– Les pleins droits à la participation politique et à l’organisation dans les centres de travail, pour le mouvement syndical comme pour les conseils des travailleurs.

– Les pleins droits aux assemblées permanentes comme moyens de prises de décisions et de consultations syndicales et des conseils de travailleurs pendant les heures de travail ou pendant le temps libre.

Osvaldo Vera, député socialiste (PSUV) et membre de la commission présidentielle qui rassemble les diverses propositions, explique que la loi modifiera le rôle du ministère du Travail. «Il cessera d’être neutre et se mettra du côté du travail, non plus de celui du capital». Mr. Vera évoque la création d’un fonds pour le paiement des divers droits sociaux dus aux travailleurs, alimenté par 3% des royalties pétrolières. «Ainsi, tout travailleur qui quitte son poste pour prendre sa retraite, ou parce qu’il démissionne ou se fait licencier, pourra compter sur le paiement rapide de ses droits ou de ses indemnités”. La figure du « licenciement injustifié » sera éliminée de la loi et sera remplacée par celle du « licenciement illégal« . Pour Antonio Espinoza Prieto, avocat expert en droit du travail, lui aussi membre de la commission présidentielle, trois aspects sont incontournables : « la restitution du régime des prestations sociales la réduction de la durée du travail et le renforcement des droits du travaillleur« .

Depuis la salle de réunion des conseils communaux du secteur Valentin Valiente de la ville de Cumaná, sur la côte (photo), des dirigeants syndicaux parmi lesquels Marcela Maspero (UNETE, syndicat bolivarien) ont annoncé la remise de propositions le 22 mars prochain dans le cadre d’une grande mobilisation nationale à Caracas. Elle a exigé que la commission présidentielle rende publique l’ensemble des propositions : « Il n’y a aucune clarté et nous ne pouvons nous démobiliser vu la compromission de secteurs locaux du ministère du travail et le retard de certains dossiers, comme c’est le cas pour les 18 travailleurs de l’entreprise privée Toyota licenciés en septembre 2011, et dont le retour au travail a été repoussé durant 5 mois ».

« Nous sommes toutes travailleuses, dans tous les aspects de la vie»

Dans l’État agricole de Portuguesa, une cinquante de travailleuses se sont réunies à l’occasion de la Journée Internationale de la femme (photo).

Sindia Aguilar et Yilvany Martínez de l’entreprise Protécnica, Patricia Méndez de l’entreprise Molinera, Carolina Gana et Milena Hernández de l’entreprise Proarepa, Camila Rodríguez de ATC, Johanna Rojas et Ninfa Riera, de Pronutricos, Rosa Landínez (Communauté de Píritu), María Mendoza (Venearroz) et Olga Angulo (Arroz del Alba), entre autres, veulent «adapter la loi à nos besoins concrets et en particulier réaliser l’équité totale entre hommes et femmes au travail». Chacune d’elles va réunir le plus grand nombre possible de  travailleuses dans d’autres entreprises pour poursuivre la discussion.

A l’autre bout du pays, des femmes de l’État de Vargas (Maison de la Femme de la mairie, Zone Éducative de Vargas, Direction Régionale de la Santé, Organisation des femmes Josefa Joaquina Sánchez, etc..) exigent que la loi «visibilise la femme travailleuse sous toutes ses facettes : femme qui travaille au foyer, paysanne ou commerçante informelle».

Aimée Benítez, du mouvement Josefa Joaquina Sánchez : «L’égalité absolue est indispensable. Nous sommes toutes travailleuses, dans tous les aspects de la vie. Nous défendons des propositions comme le fonds de sécurité sociale financé par les entreprises publiques et privées, pour résoudre les difficultés des travailleu(r)ses indépendantes». Les femmes appuient la réduction de la durée du travail de 8 à 6 heures par jour, l’extension du congé prénatal à deux mois comme droit inaliénable et du congé postnatal à six mois, un droit qui pourrait être étendu à tout proche qui aide à prendre soin de l’enfant jusqu’à l’âge d’un an. On défend la proposition de “garderies dans les entreprises publiques et privées pour, notamment, garantir le temps de l’allaitement maternel”.

Renaissance légale du «Conseil des travailleurs».

Un des buts de la nouvelle loi est de rattraper le retard pris dans la création de la figure légale du «Conseil des Travailleurs» que le Parti Communiste du Venezuela avait déjà proposée à l’Assemblée Nationale en 2007. Quel est le but de ces «conseils», revendication historique de la gauche mondiale (1) ?

Pas de collaborer avec le patronat pour augmenter l’emprise du capital sur le travail mais de devenir une forme d’organisation supérieure des travailleurs, qui exercera le contrôle social sur la production et sur l’administration des entreprises, prendra une part active aux décisions et développera la participation directe de la population dans les centres de travail publics comme privés. Les «conseils de travailleurs» ne se substitueront donc pas aux syndicats, maintenus dans la nouvelle loi, mais leurs membres jouiront de la même protection légale que les militants syndicaux. Il s’agit en fait de démocratiser le monde du travail. Les entreprises mixtes et privées ne pourront en aucun cas faire obstacle à leur constitution ni à leur fonctionnement, sous peine de sanctions.

Thierry Deronne, avec AVN, Ciudad CCS, Prensa Proarepa, JOC-V, Prensa MINPPAL.

(1) La journaliste Carolina Hidalgo (Ciudad CCS) rappelle qu’au Chili en 1973, les travailleurs chiliens s’organisèrent spontanément sous la forme des “cordons industriels”, sorte de conseils de travailleurs constitués dans chaque secteur pour faire face aux pénuries provoquées par l’opposition et par le gouvernement états-unien sous la présidence de Salvador Allende. Dans ces cordons industriels les ouvriers prenaient les décisions sur la production et fonctionnaient indépendamment du gouvernement.

Dans les premières années de la révolution russe, avant l’époque stalinienne, les “soviets” désignaient des assemblées d’ouvriers, de soldats, de paysans comme force fondamentale de transformation. En 1918, en Allemagne, l’opposition à la Première Guerre Mondiale et à ses pénuries et à la monarchie prussienne furent le point de départ des conseils de travailleurs, de marins et de soldats. Cette année-là des milliers de ces organisations s’établissent dans 18 villes allemandes. En Espagne, en 1936, de nombreuses expériences semblables appelées « collectivités » surgirent au sein du mouvement républicain en lutte contre les franquistes. Ces structures contrôlées par les travailleurs assumèrent dans certains cas les services municipaux, voire le pouvoir municipal. En 1937, ces “collectivités” furent anéanties sous l’action des troupes franquistes.

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Le vieil homme et la mer (du Venezuela).

Caracas.  Par Luis Hernández Navarro, La Jornada (Mexique) | 28 février 2012

Dès 12 ans, Alejandro Aguiar fut pêcheur de l´île Margarita. Il partait au large et ramenait sa pèche à Curazao. Il pêchait le thon, le rouget, la dorade, le carite, le corocoro, la sardine, le poisson-chat, le vivaneau, le mérou… Les campagnes duraient un mois et demi, deux mois. Il rentrait sur terre avec l´odeur de la mer.

Dans l´île Margarita on est soit pêcheur, soit on travaille sur le ferry, dans les bateaux, ou comme chauffeur de taxi. Bien que le tourisme a créé dernièrement des emplois, les gens de mer sont pour toujours gens de mer. Alejandro était l´un d´eux.

A soixante ans, Mr. Aguiar a cessé de pêcher. La mer est une grande traîtresse et il faut la craindre, même quand on y a passé sa vie. La mer règne en maître sur ses espaces. Elle se gouverne seule. Les pêcheurs savent quand vient l´heure de dire adieu, et le tour d´Alejandro est venu.

Pour survivre, Mr. Aguiar se mit à fabriquer des filets pour les jeunes pêcheurs, à surveiller les barques et les bateaux des autres. A 70 ans il ne possédait pour tout bien que ses filets. Son seul futur se résumait à vivre de cette manière. Jusqu`à ce que le gouvernement lui octroye une pension.

Il avait toujours travaillé mais n´avait jamais cotisé à la sécurité sociale ni à un fond de pensions. Au bout de deux années de démarches ennuyeuses, le gouvernement l´a inscrit à la sécurité sociale et il a commencé à toucher une retraite. L´horizon de sa vie, comme celui de sa famille, a changé.

Le gouvernement de Hugo Chávez ne donne pas seulement des pensions aux personnes âgées. Il a aussi éliminé la pêche industrielle, si nuisible, et a décidé d´appuyer les pêcheurs familiaux. Les entrepreneurs de la surpêche ont lancé leurs imprécations et lui sont tombés dessus. Les pêcheurs artisanaux l´ont soutenu.

L´histoire d´Alejandro Aguiar n´est pas exceptionnelle. Selon le dernier recensement public, on compte au Venezuela 50 personnes dépendantes pour 100 en âge de travailler. Beaucoup ont travaillé toute leur vie. Ou bien ce sont des mères qui ont élevé leurs enfants et qui, dans leurs dernières années, se retrouvent sans ressources pour survivre. C´est pour eux qu´a été créée une pension universelle.

Pendant les 13 ans de gouvernement chaviste le budget social a doublé. Les résultats sont visibles. L´Unesco a déclaré le pays libre d´analphabétisme. Le Venezuela est le deuxième pays latino-américain et le cinquième dans le monde pour la croissance du nombre d´écoliers. Le rendement dans les classes a augmenté, notamment parce que 4 millions d´enfants reçoivent deux repas par jour, gratuits. Aucun mineur n´entre en classe l´estomac vide.

Aujourd´hui les services de santé parviennent à tout le monde, et il n´est pas nécessaire de travailler dans une institution pour en bénéficier. La population est couverte à 80 pour cent. Des traitements coûteux comme la chimiothérapie ou la dialyse sont gratuits. Cependant il y a quelques problèmes. Avec l´appui des médecins cubains les soins primaires sont organisés pratiquement partout mais on manque d´hôpitaux. Dans les cliniques on manque de civières. Le service est insuffisant et saturé.

Le salaire minimum est d´un peu plus de 360 dollars mensuels et les travailleurs du secteur public reçoivent en plus un ticket alimentaire qui vaut à peu près 420 dollars. Malgré la crise, le chômage s´est maintenu à 8 pour cent. Dans le système d´alimentation d´État (magasins Mercal), de 22 à 24 produits de base peuvent être acquis avec un rabais de 80 pour cent.

Résultat de cette politique, le Venezuela est le pays latino-américain le moins inégalitaire. L´inégalité, mesurée par l´indice de Gini, est de 0,39 pour cent. L´extrême pauvreté a été réduite à 7,1 pour cent. Elle était de 17 à 20 pour cent avant l´élection de Chavez. La pauvreté totale a chuté de 70 à 26,7 pour cent.

Cette croissance du bien-être des travailleurs et des secteurs les plus pauvres n´a pas fait disparaître les secteurs puissants. Vingt pour cent de la population la plus riche jouit de 44 pour cent de la richesse nationale, alors qu´auparavant elle en possédait  57 pour cent. Il y a beaucoup d´argent au Venezuela et le niveau de consommation est très élevé. Les magasins sont toujous remplis. Beaucoup de voitures neuves, de magasins de vêtements de marque. Les résidences de luxe se monnaient à des niveaux semblables à ceux des principales villes de la planète.

L´opposition assure que le pays se désindustrialise, que l´inflation explose, que le gouvernement distribue la rente pétrolière en vendant des dollars bon marché, en augmentant le nombre de fonctionnaires publics et en octroyant des subventions. En colère parce qu´elle a perdu le contrôle des recettes pétrolières, elle considère que l´investissement dans l´amélioration des conditions de vie de la population, pour des salaires dignes et pour garantir la souveraineté nationale, sont des dépenses inutiles.

Malgré les prédictions apocalyptiques réitérées depuis treize ans, l´économie vénézuélienne continue de croître. En 2011 le PIB a progressé de 4.2 pour cent. Il est vrai que 2009 et 2010 ont été de mauvaises années mais l´écueil a été surmonté. La crise a touché le Venezuela plus tard que le reste du monde mais cela n´a pas impliqué, contrairement à l´Europe ou aux États-Unis, une augmentation du chômage ni de la pauvreté.

L´inflation moyenne sous le chavisme est de 22.2 pour cent, un chifre certes très élevé. Cependant il est nettement inférieur à celui qui existait sous les gouvernements précédents. La culture de l´inflation n´a pas été créée par Chávez; elle existait à son arrivée.

La croissance de l´industrie des télécommunications est impressionnante. Le Venezuela est un pays de gens connectés. En 2011 ce secteur a contribué au PIB à hauteur de 6.6 pour cent.

Il y a 3,5 millions de lignes associées aux plans de Blackberry. Les lignes de téléphonie mobile atteignent 28.8 millions d´abonnés: 98 lignes actives pour 100 habitants. Il y a 11,8 millions d´usagers d`Internet.

Derrière la froideur des chiffres et des statistiques il y a des dizaines de milliers d´histoires comme celle d´Alejandro Aguiar. Ces récits de vie montrent qu´il existe une voie alternative au néo-libéralisme. Ils expliquent l´adhésion populaire au chavisme.

Source: La Jornada (Mexique), http://www.jornada.unam.mx/2012/02/28/opinion/023a2pol

Traduction: Thierry Deronne, pour https://venezuelainfos.wordpress.com/