L’Institut Agroécologique Latino-Américain « Paulo Freire » prépare un noyau de production audiovisuelle avec Terra TV

Betzany Guedez, formatrice et réalisatrice de Terra TV (première en bas à droite, enlaçant l’enfant portant une plante) avec une partie du collectif étudiant et la communauté voisine de l’Instituto Agroecológico Latinoamericano « Paulo Freire » (IALA), État de Barinas, Venezuela, juin 2019.

A la demande de porte-paroles étudiants de l’Institut Agroécologique Latino-américain « Paulo Freire » (IALA, Venezuela), Betzany Guedez de Terra TV est allée à leur rencontre entre juin et juillet 2019 pour dialoguer avec eux et jeter les bases d’un travail collectif de visibilisation audiovisuelle de l’énorme travail qui se développe dans cette école intégrale. Voici son témoignage.

« Dans l’État de Barinas, tout près de Sabaneta, se trouve l’IALA, où 60 jeunes de différents États du Venezuela ainsi que d’Haïti, d’Uruguay et d’Équateur, sont actuellement en formation pour cinq ans. Au petit matin, dès que sonne la cloche, le groupe de volontaires se lève pour préparer le petit déjeuner. Ils assument cette tâche par solidarité avec les travailleur(se)s chargés de la cuisine qui ne peuvent arriver très tôt en raison des difficultés de transport. Si par hasard il n’y a pas de gaz, il leur revient d’aller chercher du bois pour cuisiner.

Ensuite tout le monde se joint aux activités prévues la veille : visites des communautés voisines où se développe un travail avec les habitants pour partager les connaissances, la recherche et l’échange d’expériences, ainsi que la participation aux plantations avec les familles paysannes.

Les Maestros Pueblos apportent également leur contribution à la formation des étudiants. Ce sont des paysannes et des paysans qui pratiquent depuis plusieurs années les techniques de l’agro-écologie dans leurs exploitations et ont reçu une certification de formateurs délivrée par cette université.

Dans le cadre de la recherche participative, les étudiants de l’IALA ont pu établir un diagnostic des enfants paysans déscolarisés du fait de leur éloignement physique des écoles, et ont décidé d’assumer comme projet de donner des cours à ces enfants afin qu’ils ne perdent pas leur année scolaire. Ils ont construit une salle de classe pour leur donner cours, y compris le chant, la danse, la formation agro-écologique tout en veillant à leur intégration dans les activités culturelles de l’université.

Ici le travail est basé sur une discipline volontaire : on assume le travail parce qu’on en a envie et que l’on comprend pourquoi on le fait. Ils partagent ainsi leur vie quotidienne en appliquant l’éducation populaire de manière libre. Les élèves peuvent venir aux cours pieds nus, avec leurs chiens à côté d’eux, sans aucune discrimination, le troc permettant parfois de résoudre les échanges (ainsi le prêt de tracteurs aux agriculteurs qui travaillent à proximité de l’IALA, en échange de nourriture comme le manioc pour la cantine des étudiants). C’est ainsi que se côtoient femmes enceintes, familles paysannes, ouvrières et ouvriers, enfants et enseignants qui comprennent ainsi les différents parcours que vivent les élèves. Ces jeunes vivent une dynamique qui leur est propre mais d’une manière engagée et responsable pour atteindre un seul objectif : la massification de l’agroécologie.

En plus de recevoir une formation agro-écologique, académique et sociopolitique avec leurs pratiques et leurs recherches, ils sont intégrés dans différentes activités culturelles, historiques, sportives, artistiques et même de défense territoriale : cinq camarades assurent les tâches de la “milicia bolivariana” (équipes assurant des tâches de défense civile) pendant leur temps libre. Toutes et tous avec énormément de passion et de dévouement pour ce qu’ils réalisent. »

Texte et photos : Betzany Guedez (Terra TV)

Source : https://escuelapopularcineytv.wordpress.com/

Traduction : Venesol

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Mafias agraires contre peuple paysan: qui gagnera ?

Je crois dans les mots d’une paysanne et non dans ceux d’un bureaucrate”. C’est en ces termes qu’en avril 2018 le président Maduro s’était prononcé en faveur de la lutte paysanne, dénonçant les expulsions et les arrestations d’agriculteurs qui tentaient de récupérer les terres de La Magdalena, dans l’état de Mérida.

Près d’un an plus tard, le Département de presse du mouvement social paysan Corriente Revolucionaria Bolívar y Zamora (CRBZ) s’est entretenu avec Heber Montilla, dirigeant paysan et coordinateur de ce mouvement dans la région du Sud du Lac de Maracaibo.

En quoi a changé la situation de la lutte pour la terre dans le Sud du Lac à partir de ce discours du président ?

Heber Montilla – La situation a beaucoup changé. Il y avait une grande attente, depuis l’arrivée de Maduro au gouvernement, de ce qu’il se prononce en faveur de la lutte paysanne comme le faisait le président Chávez, à travers les “Aló presidente”, quand il soutenait la lutte contre le “latifundio”. Avant que Maduro se prononce en faveur des paysans, il y avait des secteurs de la Garde Nationale Bolivarienne, du SEBIN, du CICPC, certains secteurs des forces publiques de l’Etat qui participaient dans des opérations de répression contre les paysans. Avec Maduro se prononcèrent aussi le Procureur Général de la République, le Tribunal Suprême de Justice, le Ministre de la Défense. Depuis, les forces de sécurité de l’Etat ne se sont plus jointes à ces situations d’agression mais les grands propriétaires, les latifundistes, ne pouvant plus compter sur ce soutien des forces publiques, ont commencé à contracter des groupes armés, des tueurs à gage. Ont continué les menaces et la violence contre les familles paysannes.

Cette action combinée de violence et de fonctionnaires corrompus sont le modus operandi des mafias agraires. Qui compose ces mafias ?

Nous n’avons pas affaire à un éleveur isolé qui engage une personne. C’est un réseau qui opère sur les différentes terres en cours de récupération. Le composent les tribunaux, juges, policiers, certains fonctionnaires de l’Institut National des Terres (INTI) national et régional. Les éleveurs sont ceux qui contractent, payent et organise ces mafias. Ils paient en dollars. D’ailleurs ces mafias ont tenté d’acheter des dirigeants paysans. Ils offraient jusqu’à 10 mille dollars, des fourgonnettes, des voitures, des plantations, pour que ces dirigeants abandonnent la lutte ou la freinent. Il y a certains secteurs paysans qui se sont soumis à ces mafias. Quand de supposés dirigeants paysans se prononcent en faveur des soi-disants propriétaires, dans les médias, dans les réseaux sociaux, il agissent pour ces mafias. Dans la guerre contre le “latifundio” il y a deux acteurs. Le(a) paysan et la paysan(ne), d’une part, et les grands propriétaires d’autre part.

Ceux-ci sont organisés, s’articulent, font des plans. Ils utilisent les mêmes méthodes dans les différentes propriétés. Par exemplo, la juge Carmen Rosales n’agit pas pour un seul terrain mais agit sur plusieurs cas où les paysans récupèrent des terres. Ses sentences tombent toujours en faveur des soi-disant propriétaires. Elle est une des pièces de ces mafias. Quand commencent les récupérations de terres de la part de l’Institut National des Terres, elle intervient en prenant des mesures de protection de la production (alors qu’elle est inexistante) des grands “propriétaires”, sans même se rendre sur place pour inspecter les terres. Simplement, au greffe des tribunaux, elle signe les mesures de protection du bétail du grand propriétaire. Mais quand les paysans vont demander la protection de leurs semailles, se basant sur la symétrie des droits, alors, là, elle refuse, ça n’existe pas. Son argument est qu’il n’existe pas de documentation sur ces terres. Mais la Loi des Terres dit que ce qui est déterminant, c’est la production, parce que la propriété des terres n’est pas celle des soi-disants propriétaires, mais celle de l’Etat.

Dans le cas de Montecarlo, ces mafias ont remis à la soi-disant propriétaire une lettre attestant de l’activité productive dans la plantation, à travers l’INTI et à travers le tribunal agraire. Ignorant la situation des 84 familles qui vivent et sèment ces terres. Cette soi-disant propriétaire bénéficie de ces deux protections institutionnelles, alors que sa “plantation” est totalement improductive. Ce qui est en production, ce sont les terres que cultivent les paysans, soit 75% de la surface. Cette soi-disant propriétaire a tenté d’acheter les dirigeants paysans mais elle n’a pas réussi, par contre elle a pu le faire pour le tribunal agraire et l’INTI. Il n’y a aucune base légale pour lui remettre un certificat de productivité.

Voilà la contradiction. Les mafias agraires utilisent une partie des institutions de l’Etat pour agir contre les paysans et éviter qu’ils accèdent à la terre.

Dans le cas des terres de Montecarlo on affirme que la communauté paysanne est entrée de fait et non de droit sur les terrains. Comment s’est produite cette situation ?

Parce que précisément dans cette lutte on retrouve la même situation. Quand la communauté paysanne voit un terrain improductif, elle le réclame à l’INTI et attend le délai pour que l’inspection soit menée en vertu de la loi. Mais, qu’est-ce qui se passe ? Ces mêmes mafias agraires, dès les réclamations, appellent les grands propriétaires pour les avertir de l’imminence d’une inspection. Et on donne 6 mois, un an, deux ans, au soi-disant propriétaire pour changer virtuellement la situation d’improductivité. A Montecarlo on a amené des machines après que l’INTI a passé l’information. Et on a mobilisé du bétail d’autres terres, pour pouvoir faire écran lors de l’inspection, mais pas pour mettre ces terres en production. Le bétail qu’on a amené avait des marques au fer différentes. Les fers de marquage sont enregistrés légalement pour identifier chaque élevage et chaque propriétaire. Si les inspecteurs examinaient ces marques il serait démontré qu’il s’agit du bétail d’une autre plantation mais cela n’est pas fait, c’est une partie du jeu de ces mafias.

La communauté paysanne dénonçait d’ailleurs que les machines travaillaient la nuit et l’empêchaient de dormir. Ils n’avaient que 37 têtes de bétail au moment de la réclamation. Après cela ils ont installé du bétail sans capacité d’alimentation, les prés n’étaient pas préparés, ils ont même coupé l’herbe pour qu’il ne puisse pas manger. Le bétail meurt et on rejette la faute sur les paysans. La soi-disant propriétaire, Vega Vega, porte plainte devant le tribunal agraire et la juge monte les dossiers contre le paysannat.

Face à cette situation les familles paysannes ont pris la décision d’occuper les terres et de les mettre en culture. Parce que si ces terres étaient productives, où est la production ?

Ces mafias parie sur l’échec de la révolution, elles ne produisent pas et après, elles disent que le gouvernement ne peut garantir la production agro-alimentaire dans le pays. Sur le plan national 25% des terres cultivables appartiennent aux paysans et les 75% restants sont aux mains des grands propriétaires. S’ils ont la grande majorité des terres, où est la production ? Celle qui arrive aux marchés de Caracas par exemple est une production paysanne. Ce sont nous, paysans et paysannes, qui avons maintenu contre vents et marées la production. Les grands propriétaires parient sur l’échec du gouvernement. La plupart du temps ils ne vivent même pas sur ces terres, mais dans les grandes villes ou hors du pays. C’est le paysan et la paysanne qui travaillent les terres.

Cette semaine est venue à Caracas une commission de paysan(ne)s de la CRBZ et du Front Paysan des Tupamaros, en provenance de la région du sud du lac de Maracaibo. Avec qui vous êtes vous réunis à Caracas et qu’est-ce qui a été abordé dans ces réunions ?

Nous nous sommes réunis avec l’INTI, avec le Défenseur du Peuple, et avec la viceprésidence. Parce que dans le sud du lac, il y a de mauvaises informations, ces mafias génèrent de fausses informations, à travers des fonctionnaires locaux, pour menacer d’expulsions les paysans. Au vu de cette situation nous sommes venus à Caracas pour parler aux autorités nationales.

A l’INTI nous nous sommes d’abord réunis avec Alexis Fernández, gérant du secrétariat du bureau de la présidence. Nous lui avons parlé de la situation des certificats agraires des terres qui manquent encore, dans certains cas on a même organisé des remises de ces certificats aux paysans (comme il y a trois mois) mais ce fut plus pour la photo qu’autre chose. La Magdalena, El trébol, Vista Hermosa, El Carmen, Gavilanes, Montecarlo, el Zapotal. Seul El Carmen a reçu le titre de propriété, à El Trébol vient d’arriver la nouvelle du début de la récupération des terres. A la Magdalena, qui fut la terre où eurent lieu les arrestations critiquées par Maduro, on n’a pas encore remis l’adjudication. A Gavilanes on a déjà organisé deux activités politiques de remises des titres mais le document n’est pas encore arrivé.

Dans chacun de ces terrains se trouvent les Conseils Paysans qui travaillent et produisent. Nous sommes venus parler de ce thème parce que même quand l’Etat décide de remettre les terres aux paysans, ces mafias agraires ne permettent pas qu’elles se réalisent effectivement sur place.

A la viceprésidence nous avons parlé avec Maité García sur le supposé ordre d’expulsion des terres de Montecarlo. La propriétaire en charge de ces terres, Marlin Sosa, nous a dit qu’elle a participé aux réunions techniques que dirige la viceprésidence et que là s’est décidé l’expulsion des paysans. La compagne Maite nous a assuré qu’à aucun moment l’expulsion à Montecarlo n’avait été évoquée. A partir des réunions techniques, on a décidé de mener une inspection de terrain, qui n’a jamais été faite, car les inspecteurs n’ont été visiter que le terrain de la soi-disant propriétaire mais pas les terres semées par la communauté paysanne. L’inspection qu’avait décidée la vice-présidence depuis Caracas envisageait même de compter combien de plants avaient semés les paysan(ne)s, chose qui ne s’est jamais faite.

Au Défenseur du Peuple nous avons expliqué la situation de harcèlement judiciaire contre les compagnes et compagnons. On fabrique des dossiers pour menacer d’emprisonnement les dirigeant(e)s. Le juge Jesús Ojeda et la juge Carmen Rosales sont les auteurs de ces manoeuvres d’intimidation.

Comment continue la lutte pour la terre dans les différents terrains ?

La situation est la même partout. Les mafias agraires opèrent de la même manière sur les différents terrains. Ils menacent, montent des dossiers, nous empêchent de semer, il y a des silences de l’administration, les dossiers de récupération des terres sont retardés. L’objectif est que le paysan se lasse et abandonne la lutte.

Pour notre part l’idée est de continuer à produire. C’est une nécessité. Produire est une nécessité pour survivre. Le paysan sème et produit, sinon sa famille n’a pas de quoi manger. Nous ne pouvons pas attendre un ou deux ans pour obtenir une réponse sur les récupérations des terres. Avec tous ces risques et toutes ces menaces qui pèsent sur nous, nous continuerons à produire, malgré tout. Eux font partie de ceux qui mènent la guerre économique contre le pays. Nous n’allons pas laisser détruire cette révolution. Nous allons chercher les alternatives. Et l’alternative est de chercher les terres pour produire et maintenir nos familles. C’est ce que doivent comprendre les différents fonctionnaires. Le paysan n’a pas le choix: ou il produit ou il meurt de faim. Ou il produit ou il rejoint les rangs de la droite. L’Etat, comme gouvernement révolutionnaire, devrait appuyer les paysans dans cette bataille.

Source: http://www.crbz.org/mafias-agrarias-contra-el-pueblo-campesino-quien-ganara/

Photos: Carolina Cruz / Presse CRBZ

Traduction: Thierry Deronne

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“Patience dans les collines”, le nouveau documentaire de TERRA TV (Venezuela, juillet 2019)

Synopsis: Patience dans les collines” raconte comment les communard(e)s de Villa Nueva, dans l’état de Lara au Vénézuéla, décidèrent d’occuper et de cultiver les 186 hectares d’une plantation de café. En à peine 5 mois celles et ceux que méprisaient les grands propriétaires et certains fonctionnaires publics ont donné à ces terres un visage nouveau. Une lutte en forme d’école populaire dans un Vénézuela inconnu du monde. 

Espagnol sous-titres français. Durée: 18 minutes. Enquête et réalisation: Betzany Guédez. Assistant du son: Yoneider Garcias. Production et montage: Terra TV, juillet 2019.

Betzany Guedez, réalisatrice et formatrice de Terra TV, en plein tournage de « Patience dans les collines »

Patience dans les collines” est la 55ème production de Terra TV. Pour celles et ceux qui découvrent ce projet en cours de route et nous demandent comment y participer, voici deux moyens de le faire :

  • Vous pouvez effectuer un don Paypal via ce mail: contact@fal33.org . Le compte bancaire (IBAN) est: FR7642559100000801265236108 , au nom de France Amérique Latine, 28 rue Baudrimont 33100 Bordeaux (France).
  • Vous pouvez aussi donner du petit matériel audiovisuel ou informatique :

– caméras/caméscopes
– téléphone de type smartphone avec caméra intégrée/appareils photos…
– ordinateurs/disques durs/ cartes mémoire/webcam…
– appareils photos
– micros/micros cravate/ filaires/HF
– amplificateurs/enceintes
– câbles audio/vidéo/secteurs (HDMI, VGA, usb, etc.)
– casques audio (filaires/bluetooth…)

Ce matériel (neuf ou de seconde main) servira à renforcer la capacité de production des collectifs paysans de production audiovisuelle que Terra TV forme au Venezuela et bientôt, dans le reste de l’Amérique Latine. Il peut-être envoyé directement par colis jusqu’au 29 juillet à Franck David membre de l’asso France Amérique Latine Bordeaux qui nous l’apportera lors du voyage organisé cet été avec son équipe de solidarité. Son adresse est:

Franck David

1186 route des Paponats 

33220 Saint Avit Saint Nazaire

 (France). Portable: 0630999066

D’avance, merci pour votre aide !

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Terra TV, la télévision paysanne qui ne cesse de grandir

Nous remercions pour leur générosité et leur engagement les 150 donatrices et donateurs qui ont permis d’atteindre l’objectif de créer Terra TV via HelloAsso et France-Amérique Latine Bordeaux. Vous avez donné vie à notre télévision paysanne ! « Revenir » (« Volver« , 20 min, ST FR) est la cinquante-quatrième production de Terra TV en à peine dix mois d’existence.

Synopsis: sur les terres denses de Boconoito, les paysan(ne)s enseignent aux enfants pourquoi sortir de la monoculture et comment aimer les semences. Il y quelques années la compagne Ana Moraes, membre de l’équipe des Sans Terre du Brésil au Venezuela, nous disait : « au fond, tout est un problème de civilisation ». La question-clef  pour construire la justice sociale, la souveraineté alimentaire, l’identité culturelle, reste : comment équilibrer le fast-food urbain avec le temps paysan ? “Revenir” est ce temps retrouvé, trop longtemps repoussé. Enquête: Betzany Guedez. Réalisation: Jorge Henriquez et Victor Daniel Rivera. Durée: 20 min. HD. Production: Terra TV, Venezuela 2019.

En juillet 2019 nous diffuserons d’autres reportages et deux documentaires: l’un sur une commune paysanne occupant une plantation de café abandonnée dans les montagnes de l’état de Lara; l’autre sur des paysans qui résistent aux menaces d’expulsion d’un océan de terres improductives du Hato Las Mercedes, dans l’état de Barinas.

Diffusées sur les ondes hertziennes, la télévision numérique et le câble d’Alba TV, via les réseaux sociaux ou par des vidéoprojections au sein des organisations de base, les images de Terra TV ont pour effet de multiplier les demandes d’atelier de formation audiovisuelle, et les invitations à filmer partout, sur le terrain, les luttes et les expériences agroécologiques.

Pour celles et ceux qui découvrent Terra TV en cours de route et nous demandent comment continuer à faire grandir ce projet, voici deux moyens de le faire :

– Vous pouvez effectuer un don Paypal via ce mail : contact@fal33.org . Le compte bancaire (IBAN) est: FR7642559100000801265236108 , au nom de France Amérique Latine, 28 rue Baudrimont 33100 Bordeaux (France).

– Vous pouvez aussi nous envoyer du petit matériel audiovisuel ou informatique :
– caméras/caméscopes
– téléphone de type smartphone avec caméra intégrée/appareils photos…
– ordinateurs/disques durs/ cartes mémoire/webcam…
– appareils photos
– micros/micros cravate/ filaires/HF
– amplificateurs/enceintes
– câbles audio/vidéo/secteurs (HDMI, VGA, usb, etc.)
– casques audio (filaires/bluetooth…)

Ce matériel (neuf ou de seconde main) servira à renforcer la capacité de production des collectifs paysans de production audiovisuelle que Terra TV forme dans tout le Venezuela et bientôt, dans le reste de l’Amérique Latine. Il peut-être envoyé directement par colis jusqu’au 29 juillet à Franck David membre de l’asso France Amérique Latine Bordeaux qui nous l’apportera lors du voyage organisé cet été avec son équipe de solidarité. Son adresse est:

Franck David

1186 route des Paponats 

33220 Saint Avit Saint Nazaire

 (France). Portable: 0630999066

Dans l’atelier de Terra TV, le compagnon Victor Hugo Rivera fait feu de tout bois.

Ci-dessus: la lutte des paysan(ne)s du Hato Las Mercedes, mai-juin 2019, filmée par Victor Daniel Rivera, Betzany Guedez et Jorge Henriquez, prise de vues au smartphone et prise de son au Tascam, matériel donné par la solidarité suisse (gracias à Amanda Ioset, Laura Florez, Natalia Benelli et Leonardo Schmidt !)

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Nouveau documentaire sur la révolution bolivarienne: « Semences, rêves et contradictions » (Terra TV)

 

Il y a 13 ans un accord entre le Gouvernement de Hugo Chavez et le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre a permis la présence permanente au Venezuela de formatrices et formateurs brésiliens. Au service de la souveraineté alimentaire mais aussi comme porteurs d’une expérience latino-américaine des plus importantes en matière de formation intégrale pour les mouvements sociaux. Ce travail ne s’est jamais arrêté malgré de nombreux obstacles bureaucratiques.

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Yirley Rodriguez lance le cours

La compagne Yirley Rodriguez (photo), formatrice et militante féministe explique: “L’école de formation internationaliste “A Namuna signifie “la semaille”. C’est le mot Warao pour dire “semaille”. Nous avons choisi un nom indigène en tant qu’école décoloniale. L’école est le produit d’expériences de formation que nos mouvements sociaux mènent depuis de nombreuses années, appuyés par le Mouvement des Sans Terre du Brésil et sa Brigade Internationaliste Apolonio de Carvalho qui s’est établie au Venezuela il y a 13 ans, ainsi des organisations comme “Femmes pour la vie”, “Front Culturel de Gauche”, Editions “La tranchée”, etc…

Plusieurs organisations ont envoyé des compagnes et compagnons étudier dans l’école “Florestan Fernandes” au Brésil, l’école des Sans Terre, et y ont appris une méthode de formation intégrale, basée sur l’éducation populaire. Nos cours couvrent des aspects tels que l’organisation révolutionnaire, le féminisme populaire, la formation de formateurs(trices). L’école “A Namuna” part du contexte populaire, pour ne pas séparer l’étudiant de la réalité populaire dans laquelle il ou elle est immergé(e), pour qu’il ou elle la vive, collectivement, pour mettre à jour les contradictions, les problématiser et pour que les étudiant(e)s cherchent à les dépasser à travers l’organisation sociale. Notamment en construisant des relations de production socialistes et féministes. C’est pourquoi nous avons organisé cet atelier dans le cadre d’une prise de terres de commune El Maizal.”

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Une des méthodes apportées par le Mouvement des Sans Terre est la « Ciranda ». Une équipe formée par les étudiant(e)s s’occupe des enfants pour que les femmes qui sont mères puissent participer pleinement au cours. A ce moment prendre soin des enfants des travailleuses devient les enfants devient une responsabilité de tout le collectif du cours.

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C’est sur l’espace d’une prise de terre par la Commune El Maizal que le cours est organisé, pour mieux marier étude théorique et apprentissage pratique, pour maintenir le concept d’une pédagogie liant l’étude à l’immersion dans la réalité populaire. Chaque sous-groupe étudiant apprend avec les habitants un aspect différent du travail, traire les vaches, réparer des outils, cuisiner, cultiver les parcelles… C’est une autre caractéristique de la pédagogie politique des Sans Terre.

Réalisation: Yarumi Gonzalez.

Montage: Miguel Escalona.

Production: Terra TV.

République Bolivarienne du Venezuela 2019.

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« Il vente », documentaire intégral de Victor Hugo Rivera en ligne (Venezuela 2019, sous-titres FR)

Première oeuvre de Victor Hugo Rivera, “Il vente” nous rappelle la question première que Theo Angelopoulos conseillait de se poser au cinéaste : “Est-ce que je vois ?” Une révolution n’a pas besoin pas de vendre des images mais de cinéastes qui voient. Au Venezuela, après tant d’années d’école populaire de cinéma, le voir/écouter de Victor Hugo fait partie des moments bénis. En couvrant avec Betzany Guedez une marche paysanne pour la jeune télévision Terra TV, il a vu ce que d’autres ne voient pas. Il a écouté (le son est sa spécialité) ce que d’autres n’écoutent pas du haut des estrades.

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Victor Hugo Rivera en plein tournage (état de Falcon, 2018)

Victor Hugo Rivera: “J’écoutais beaucoup les gens… je me souviens de ce monsieur de 82 ans qui parlait peu, j’ai filmé un peu de son travail chaque matin, le dernier jour il m’a rattrapé avec une tasse de café et une arepa au fromage de chèvre. Chaque fragment que j’enregistrais, devenait… un symptôme… un miroir peut-être… on traverse le visage des choses au-delà de l’esthétique du lieu, dans la présence constante du vent. J’ai rejeté la « belle image » par besoin d’écouter. C’étaient des moments éphémères que l’on passait avec les gens, où l’on perçoit l’énergie de ceux qui transforment le monde en toute simplicité. A aucun moment je n’ai imposé le geste formel du tournage. La caméra était une compagne qui marchait avec nous, il n’y avait pas l’attitude égocentrique de l’artiste qui vient faire ses plans, non, on part avec toute la simplicité pour faire son travail et toute cette énergie est transmise dans la réalisation. Alors, dans la magie du montage, se révèle l’intensité de chaque espace, il devient plus dense, on a l’impression que dans chaque plan il y a des idées, des moments fugaces qui cherchent à parler directement au spectateur. »

Soutenir Terra TV ?

En juillet 2018, les militant(e)s de l’Ecole Populaire et Latinoaméricaine de Cinéma et de Télévision ont relevé le défi de créer Terra TV, une télévision voulue et pensée par les paysan(ne)s eux-mêmes. Ils nous demandent aujourd’hui de former partout dans le pays des noyaux paysans de production audiovisuelle. Nous avons donc lancé une campagne de financement participatif. Nous sommes très proches de l’objectif, avec 95% des ressources apportées par 142 donateurs(trices). Vous pouvez nous aider en exprimant votre solidarité ici : https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv

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« Marche », luttes paysannes au Venezuela: le documentaire complet en ligne (sous-titres français)

Synopsis : Venezuela, 2018. Alors que la guerre économique s’intensifie contre la révolution vénézuélienne, les mafias agraires, appuyées par des paramilitaires colombiens et certains fonctionnaires publics, lancent une contre-offensive pour récupérer les terres remises par le Président Chavez aux paysans. Les assassinats de leaders ruraux se multiplient. Les paysans décident de marcher jusqu’à Caracas pour réitérer leur soutien au Président Nicolas Maduro, lui demander de reprendre la réforme agraire et de faire cesser les assassinats. 46 min. Video HD

Le documentaire « Marche », produit par Terra TV, a été réalisé avec les compagnes et compagnons de la plateforme paysanne qui ont remonté à pied les quelque 400 kilomètres qui séparent la ville de Guanare de la capitale.

Pourquoi soutenir Terra TV ?

En juillet 2018, les militant(e)s de l’Ecole Populaire et Latinoaméricaine de Cinéma et de Télévision ont relevé le défi de créer la télévision paysanne Terra TV. Dès le départ cette télévision a été voulue et pensée par les paysan(ne)s eux-mêmes. Ils et elles veulent aujourd’hui multiplier la production et la diffusion de leurs images pour renforcer leur pouvoir de négocier avec le gouvernement, accélérer la remise de titres de propriété, et s’organiser territorialement. Ils nous demandent de former partout dans le pays des noyaux paysans de production audiovisuelle. Pour disposer des moyens de formation et de production audiovisuelles, nous avons donc lancé une campagne de financement participatif. Nous voici très proches de l’objectif, avec 95% du total apporté par 140 donateurs (trices). Vous pouvez nous aider à gagner cette bataille en exprimant votre solidarité ici : https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv

L’heure est venue de sortir de la « critique des médias » pour initier concrètement la réappropriation populaire de l’information. La télévision, enlisée dans le degré zéro de son potentiel social et de son écriture audiovisuelle, redeviendra un formidable outil de formation et d’information en s’enracinant dans chaque territoire et en se faisant cohérente avec la démocratie participative. C’est-à-dire en changeant son mode de production. A Terra TV, chaque point du territoire, chaque voix ont la même valeur. Pas de studio, pas de journalistes, pas de politologues, pas de maquillage, pas de formatage, ni de « sujet » ou de « temps de parole » préétablis. Ici on ne coupe pas la parole. Le temps nécessaire à produire une information ressemble au temps de la production paysanne. Terra TV est une école permanente qui forme les paysan(ne)s à transmettre leur regard.  Terra TV sera en priorité le canal des voix féminines et sera aussi le relais de luttes continentales comme celles des paysans colombiens ou des Sans Terre du Brésil, à l’heure où la concentration des médias privés criminalise les mouvements sociaux. Nous voulons libérer la télévision de cette globalisation qui oblige à passer par de grands groupes médiatiques. Vive le dialogue direct entre les peuples !

D’avance, merci pour votre soutien !

L’équipe de Terra TV

Le visage de la télévision paysanne émerge dans les reportages réalisés depuis juillet 2018:

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Projection de « Marche » lors d’une assemblée paysanne, état de Falcon, Venezuela

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Ateliers de formation de Terra TV

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Terra TV présente : « El Maizal, la bataille pour produire » (en ligne, sous-titres français)

maizalaf.png« Avant de vivre la bataille productive dans la commune d’El Maizal, j’avais peu entendu parler des Equipes de Production Ouvrière. Au boulot, j’avais bien entendu quelqu’un mentionner ces initiatives d’échange de savoirs entre travailleurs compétents en matière de réparation et d’entretien pour améliorer la production communale, mais je n’avais pas approfondi. C’est du 4 au 9 février 2019, aux côtés des compagnes(ons) d’El Maizal, que j’ai compris ce que sont ces équipes, et leur idée centrale: faire face à une guerre non-conventionnelle d’une manière non-conventionnelle.» C’est ainsi que Silvana Solano, qui accompagnait notre équipe de tournage, résume le nouveau film de Terra TV : « El Maizal, la bataille pour produire », visible ici :

Cette treizième « bataille productive » a permis de récupérer les machines inutilisables faute de réparation, les réfrigérateurs, les machines à semer, les réseaux électriques, les ampoules. Toute une série de connaissances ont été partagées entre électriciens et travailleurs ruraux, afin que les communard(e)s sachent réparer et entretenir les machines, et disposent d’outils pour fortifier le développement productif et notamment, l’élevage et la mise en culture. Beaucoup reste à faire au sein de la commune d’El Maizal, dans l’ouest agricole du Venezuela, où le pouvoir populaire n’est pas un simple slogan, mais une construction constante.

Pour le sociologue vénézuélien Reinaldo Iturriza, « ce qui induit à la superficialité ou à l’erreur un nombre considérable d’analyses de la situation vénézuélienne est l’invisibilisation du sujet politique, du tissu populaire, de ces bases chavistes capables de considérer que leur gouvernement fait mal quelque chose, ou que ses efforts sont insuffisants, tout en comprenant qu’il n’en demeure pas moins le gouvernement du peuple ». 

En créant la télévision paysanne Terra TV non comme un « média de plus » mais comme média d’un type nouveau, nous voulons humblement préparer l’époque où les peuples réinventeront les outils de leur souveraineté dans la production de leur image, de leur information, pour la partager directement de peuple à peuple, sans intermédiaires privés, libérés de cette globalisation qui les oblige à passer par de grands groupes privés de communication pour s’informer mutuellement.

Vous pouvez visualiser l’ensemble des nombreux reportages ou documentaires déjà produits en quelques mois par l’équipe de Terra TV ici: https://www.facebook.com/terratv2018/

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Histoire du travail effectué par un village de communard(e)s pour faire avancer la Révolution Bolivarienne

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Notre Commune El Maizal est constituée de 22 Conseils Communaux dont 12 font partie de la Municipalité Simon Planas de l’Etat de Lara et 10 de celle d’Araure, dans l’état de Portuguesa. Nous sommes une des premières communes à avoir regroupé des terres de différents états. Depuis notre création nous gérons une exploitation de 2200 hectares dont environ 1800 sont essentiellement destinés à la culture du maïs. C’est Chavez en personne qui nous a remis ces terres le 5 mars 2009. Il nous a visités deux fois – le 29 novembre de la même année, c’est depuis El Maizal qu’il a transmis le n°344 d’Alo Presidente”.

Cette année-là, nous avions réalisé notre première plantation communale d’environ 150 hectares de haricots à l’aide d’un crédit géré par la Banque Mutuelle Gustavo Vegas Léon. En 2010, nous sommes passés au maïs avec un financement géré par le Conseil Communal El Esfuerzo de la communauté d’El Cerrito, car à cette époque-là nous n’étions pas encore officiellement enregistrés. Ce n’est que récemment, en octobre 2012, que le Ministère des Communes a procédé aux premiers registres légaux, celui de la Commune El Maizal a été signé le 25 mars 2013.

En 2011 et 2012, nous avons semé 250 hectares de maïs et en 2013 nous en avons planté 600, cette année-là ayant été une année cruciale pour la Commune qui, après de multiples conflits avec la Corporation Venezuela de Alimentacion, entreprise d’Etat avec laquelle nous partagions l’utilisation des sols, décida de s’en retirer lors d’une Assemblée. Cette superficie cultivée est restée constante jusqu’en 2015.

En 2016 et 2017, 1100 hectares de maïs ont été cultivés avec la participation de 68 petits producteurs; le financement attribué par le gouvernement révolutionnaire ne correspond qu’à une superficie de 600 hectares mais le reste a pu être cultivé grâce aux excédents provenant de la Commune. C’est ainsi que s’est constitué le Réseau de Producteurs qui s’étend et se renforce actuellement avec l’ajout d’autres cultures.

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.. mais la Commune El Maizal, ce n’est pas que du maïs !

En travaillant incessamment, nous avons pu mettre en place diverses expériences de production parallèlement avec notre développement organisationnel, grâce à notre détermination à aller de l’avant et au soutien du gouvernement révolutionnaire.

Cela nous a permis de contribuer de manière significative au bien-être de notre population, d’abord dans le cadre de la Commune El Maizal et maintenant au-delà, ce qui a amené la Municipalité Simon Planas à créer sa cité communale et son district de développement agro-industriel. Pas à pas, nous avons monté d’autres entreprises de propriété sociale directe et des unités de production qui forment aujourd’hui notre système d’économie communale. En 2011, nous avons lancé un projet d’élevage en achetant 48 taureaux destinés à l’engraissement grâce à un crédit du FONDEMI. Lors de l’Assemblée de juillet 2011, qui s’est tenue sur le terrain de foot de Sabana Alta, nous avons choisi le statut de l’entreprise, première étape dans ce nouveau défi. Puis nous avons agrandi le troupeau en y ajoutant quelques vaches, ce qui nous a permis de fabriquer nos premiers fromages. Cette nouvelle expérience nous a encouragé à demander un autre crédit auprès de FONDAS pour l’acquisition de bétail laitier en 2013, commençant par 60 vaches et 3 taureaux. L’année suivante, nous avons rajouté 50 vaches et 2 taureaux à ce troupeau. Dès 2012, nous nous sommes lancés dans la vente de viande et en 2013, dans celle de fromage aux Conseils Communaux de notre secteur. Fin 2017, nous disposions d’un cheptel de 1150 têtes. Nous avons amélioré chaque jour notre travail de sorte que nous avons pu maintenir puis augmenter la production de fromage, de beurre et de viande qui, ajoutée à celle du maïs, nous a permis d’organiser des journées de vente en plein air avec les conseils communaux.

Le Centre de stockage et de distribution de la Commune El Maizal

Dès 2013, quand la commune d’El Maizal a commencé son activité de vente aux conseils communaux, deux nouveaux défis se sont posés à nous : créer les conditions nécessaires au stockage de notre production et de celle des petits producteurs de la région (contribuant ainsi à lutter contre les intermédiaires et la spéculation), et élargir peu à peu le circuit des communautés desservies au-delà de notre territoire.

C’est ainsi qu’en 2014, la vente extérieure à notre secteur s’est étendue aux 86 Conseils Communaux de Sarare et La Miel. En 2016 s’acheva la construction de notre Centre de stockage et de distribution, répondant ainsi au besoin de disposer d’un espace où stocker la totalité de nos produits, dont le fromage, la viande, les haricots, le maïs, le beurre, les légumes, entre autres. Rien qu’en décembre 2017, près de 8 000 kilos de viande ont été écoulés, approvisionnant tout le secteur de la Commune El Maizal ainsi que les deux paroisses de la Municipalité, Sarare et La Miel. A la même époque, nous avons écoulé 1 500 kg de fromage, 800 kg de beurre, près de 4 tonnes de légumes dont des poivrons, de la coriandre, des oignons, sans compter la vente de près de 2 500 kg de café moulu.

Nous avons participé à bon nombre d’autres actions de vente en dehors de la Municipalité, couvrant des communes ou des organisations sociales, institutions et associations diverses ; nous étions par exemple présents pendant trois années consécutives sur les Marchés Communaux organisés par le Ministère des Commune à Caracas.

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La transformation du maïs : meule et minoterie

En 2017, nous avons tenté de réaliser un vieux rêve : transformer nous-mêmes le maïs que nous produisons, alors qu’il finit habituellement entre les mains de l’industrie agro-alimentaire, remis par ce même gouvernement auquel nous fournissons toute notre production subventionnée. Un système fermé qui renforçait notre dépendance et détournait une part importante du produit de notre travail de notre zone d’activité et de notre Municipalité. Après diverses tentatives et projets, nous avons fini par intégrer le Programme de Minoteries lancé par le Ministère des Communes et nous disposons déjà des infrastructures nécessaires pour en accueillir une qui devrait être opérationnelle sous peu et sera alimentée par la production de notre Plan de Semis. En parallèle, nous avons récemment installé un moulin, en sorte de disposer des deux options pour répondre aux besoins de la population ; elle aura une capacité de production journalière d’environ 2 000 kg de maïs.

L’Entreprise de Propriété Sociale Directe et Communale (EPSDC) de Briques Simon Bolivar

La EPSDC de briques Simon Bolivar, créée en 2010, a été cruciale pour la réalisation de nombreux projets par la Commune El Maizal, en termes de construction d’infrastructures sociales et productives. C’est de là que proviennent les briques utilisées dans la construction des maisons de la Grande Mission Logements Venezuela, des lycées et des écoles que nous avons bâties, des maisons communales et des entrepôts, y compris les intrants permettant d’améliorer le rendement des récoltes. Une bonne partie de l’amélioration de notre habitat est due au travail de ses ouvriers. Cette même usine a pu maintenir une production de 400 000 briques par an jusqu’à ce que survienne la crise du ciment en 2016. Actuellement, elle est à l’arrêt à cause du coût élevé des matériaux et de son emplacement difficile d’accès.

L’Entreprise de Propriété Collective Directe Communale de Distribution de Gaz Camilo Cienfuegos

L’entreprise de distribution de gaz Camilo Cienfuego a été inaugurée en 2012 après la présentation de son projet à PDVSA Gaz et un conflit avec la Mairie de Simon Planas au sujet de son contrôle (qui perdure dans une certaine mesure). L’usine alimente 190 Conseils Communaux, et près de 16 000 familles avec la vente de 25 000 bonbonnes par mois. Elle est dirigée par une équipe de producteurs qui vivent dans les différentes communautés du territoire de la Commune. Elle est toujours en fonctionnement à ce jour malgré un contexte de crise, avec des baisses ponctuelles dans les cas où une expédition au secteur approvisionné est nécessaire et où des difficultés surviennent lors de l’entretien des camions. Elle est actuellement en pourparlers avec les conseils comunaux pour chiffrer de manière transparente ses coûts de production et rechercher des solutions qui ne représentent pas une charge supplémentaire pour les communautés.

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L’Unité de production communale de cultures

A Sabana Alta, qui fait partie du secteur de la Commune El Maizal, fonctionne une UPC de cultures protégées, un complexe agricole de 6,6 hectares constitué de 12 unités destinées à l’ensemencement d’une surface de 540 m2 chacune, un réservoir australien de 300 000 litres, des systèmes d’irrigation, un bureau, des appartements, des salles de bain, une serre pour la germination et pour les jeunes plants, une salle de fertilisation et un local pour les pompes, le tout recouvrant une superficie de plus de 160 m2. Elle a été construite par la Corporation Vénézuélienne d’Agriculture et administrée par FONDAS pendant 8 ans, celle-ci l’ayant laissée complètement à l’abandon suite à une mauvaise gestion. Puis elle a été dévalisée jusqu’à sa récupération par la Commune.

En 2014, la Commune El Maizal l’a reprise en main et depuis lors nous la restaurons petit à petit à nos propres frais, après avoir relancé sa production dès le début, avec diverses cultures comme les poivrons, les tomates, les oignons, les concombres, la coriandre, le pois quinconcho, le manioc (yuca)…

Lors de la session du Conseil Présidentiel du Gouvernement Populaire des Communes du 15 août 2015, le Président Maduro a signé son transfert à la Commune El Maizal, scellant ainsi notre victoire dans ce combat. A ce jour, six unités récoltent les poivrons tandis que les six autres sont en pleine reprise et viendront s’ajouter à sa capacité de production. Jusqu’en avril 2018, nous avons obtenu une récolte d’environ 3000 kg alors que cette plantation n’en est encore qu’à 50% de son exploitation. L’objectif de production annuel est d’environ 30 tonnes de légumes.

La plantation de semences de maïs et de riz sera aussi développée dans le cadre des projets-clés visant à renforcer l’autonomie dont a besoin notre production agricole. Parmi les réparations effectuées, la pose de la toiture de six pépinières et la remise en état d’un système d’irrigation qui avait été détérioré autant par l’usure que pendant le cambriolage, surtout au niveau de ses tuyaux, tubes et valves, ont exigé un gros investissement.

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L’Unité de Production Communale Argimiro Gabaldon (anciennement Porcinos de Alba)

L’Unité de Production Communale Argimiro Gabaldon, anciennement nommée Porcinos del Alba et aux mains de la Corporation Vénézuélienne d’Agriculture, a été récupérée par ses travailleurs et les habitant(e)s de la Commune El Maizal le 28 juin 2017. Elle a été occupée parce que ladite entreprise n’assumait pas comme il le fallait l’entretien de l’unité de production, provoquant la perte de bétail et portant préjudice aux travailleurs, probablement pour la céder ensuite au secteur privé. Alors qu’elle dispose d’une capacité d’accueil de 6000 têtes de bétail, elle a été récupérée avec 350 animaux faméliques, des reproductrices pour la plupart. Les travailleurs, préoccupés par leur état, leur avait donné des mangues jusqu’à ce qu’au bout de 28 jours de privation de nourriture, ils aient fini par l’occuper avec l’aide de la Commune El Maizal.

En décembre 2017, après cinq mois de travail sous le contrôle de la commune et des travailleur(se)s, le troupeau avait déjà regagné 2 150 bêtes, dont 900 en croissance et 665 pour l’engraissement, sans compter les reproductrices et les veaux à la mamelle. La plus grosse difficulté que cette unité productrice de base a rencontrée a été d’obtenir de l’alimentation pour bétail à un prix juste qui dans les dispositifs actuels, dépend d’un quota chez des distributeurs d’aliments contrôlés par l’Etat. Curieusement, elle n’a pas pu y accéder jusqu’à présent, ce qui l’a obligée à recourir à l’achat par intermédiaires à des prix spéculatifs au cours des premiers mois.

La mortalité du bétail a chuté de 98%, les animaux sont suivis par des vétérinaires et un accord a été conclu avec Porcinos de Alba pour régulariser la fourniture d’aliments en échange de l’achat assuré par l’Etat de la majorité de la production. Mettre en route sa propre usine de production d’aliments équilibrés dans l’U.P.C. constitue une priorité pour la Commune El Maizal. C’est ce qui lui permettra d’améliorer les conditions de sa production et, par ailleurs, de récupérer la flotte de véhicules adaptés aux exigences du transport des porcins, actuellement à l’abandon.

S’y ajoutent : la remise en état des silos de chaque aire de travail (10 d’une capacité de 14 000 kg, dont 8 nécessitent une maintenance et 2 des réparations importantes, y compris un petit silo de 2 000 kg), l’installation d’une unité de production d’électricité assurant l’autonomie de l’U.P.C., et pour finir l’installation d’un système d’éclairage pour garantir sa sécurité en améliorant sa surveillance.

L’Unité de Production Communale Simon Bolivar (anciennement UCLA)

Le 17 octobre 2017, nous nous sommes engagés dans une nouvelle bataille. En effet, les installations de la station expérimentale de l’Université du Centre-Ouest Lisandro Alvarado, dans le secteur El Torrellero, étaient à l’abandon bien qu’ayant bénéficié d’un financement de l’Etat ; elle avait une longue expérience de la pisciculture derrière elle, grâce aux infrastructures qui s’y trouvaient et dont elle avait besoin pour son activité.

Nous avons été convoqués par le Conseil Communal de la Collectivité de Torrellero qui nous a proposé de nous charger de sa relance et d’assurer sa gestion avec celle-ci. Cette position avait été prise en Assemblée suite à l’indignation soulevée par les vols permanents et les dégâts importants causés à cette infrastructure destinée à la production et à la formation, et qu’il fallait maintenant remettre en état pour qu’elle retrouve son emploi. Ceci en hommage à la méthodologie du “point et du cercle” dont parlait Chavez.

L’UCLA réagit à cette récupération en mentant à l’opinion publique, affirmant que l’unité était pleinement opérationnelle et que ses installations étaient menacées. Elle porta plainte en Justice bien que l’évidence même prouvait tout le contraire. Nous sommes donc engagés dans un procès judiciaire dont nous sortirons certainement gagnants. Nous y avons trouvé du bétail de race Caroro dans de très mauvaises conditions, une maison considérée comme patrimoine régional tombait en ruines, les médicaments vétérinaires étaient périmés, les machines pillées et les étables s’écroulaient à cause des infiltrations d’eau, les caves et les pièces d’habitation étaient en mauvais état ou totalement endommagées. Bref, nous étions face au résultat de nombreuses années d’abandon.

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En mars 2018, la Commune El Maizal, avec l’accord de la communauté, décida d’installer là son troupeau laitier, car l’espace et les conditions qui s’y présentaient après l’aménagement des lieux permettait de mieux s’en occuper. Cette décision a été prise suite à l’incendie criminel de plus de 200 hectares de pâturages situés sur les terres de El Maizal, qui a mis notre cheptel en danger.

En avril 2018, nous avons obtenu une production journalière de 180 litres de lait et de 15 à 18 kg de fromage. Notre cheptel, qui se trouvait alors à l’UPC Simon Bolivar, comptait 46 vaches Girolando et 36 Carora, 25 veaux Girolando et 14 Carora répartis dans 14 parcs installés sur les 90 hectares dont les pâturages et les clôtures ont été récupérés. En ce qui concerne les infrastructures destinées à l’élevage, nous disposons de 4 corrals, une salle de traite mécanisée avec 4 stations dont 2 sont en activité et le reste en cours de restauration. Il y a également 8 chambres froides dont 2 fonctionnent, 3 entrepôts utilisables et un logement actuellement occupé par les producteurs qui vivent sur place.

Nous essayons de relancer le projet de pisciculture, vu qu’il existe six étangs sur le site (le premier en voie de réfection pour l’élevage de tilapias); la remise en état d’une salle d’alevinage, base de l’autonomie que requiert le bon déroulement de cette expérimentation, est également envisagée. Dans le cadre du démarrage du Plan de Semis 2018, nous avons déjà préparé 3 hectares pour la plantation de maïs, 4 pour le Verger Communal en collaboration avec la communauté, et ½ hectare pour les producteurs qui vivent à l’UPC.

Le Verger Communal est une nouvelle ligne de travail du Plan de Semis 2018, qui consiste à former des Brigades de plantation, que ce soit avec des équipes de producteurs provenant des différentes UPC et/ou des comuneras et comuneros qui développent le processus organisationnel du Mouvement Communal Simon Planas. La Commune El Maizal y conserve les intrants de base pour la culture de de produits essentiels comme le maïs, le quinconcho, les haricots et la yuca, entre autres. La majorité de la production est destinée à la consommation familiale des brigadistes, et le restant à l’approvisionnement à des prix équitables des secteurs où ceux-ci mènent leur travail politique et social. Ces ressources permettant de reconstituer le stock d’intrants et de créer un fonds pour la plantation suivante.

L’UPC Simon Bolivar a aussi un fort potentiel de développement du tourisme communal, car sa région est constituée de formations rocheuses offrant aux visiteurs nationaux comme étrangers l’occasion de pratiquer des sports extrêmes et d’effectuer des randonnées dans un milieu naturel riche en cascades, en faune et en flore. Cette unité est cruciale pour l’effet de levier qu’elle exerce sur les processus fondamentaux assurant la viabilité de la Commune et du Mouvement Communal Simon Planas, du fait qu’elle réunit toutes les conditions pour l’installation de plusieurs unités de conditionnement ; à part celle du fromage et du beurre qui fonctionne déjà, il pourrait s’en ajouter une produisant de la charcuterie et de la viande sous diverses présentations et découpes, ainsi qu’ un abattoir pour les bovins et les porcins, par exemple. Pour cela, il nous faut remettre en état les chambres froides et évaluer l’état des infrastructures physiques afin d’établir un plan de restauration ou de remplacement, tant de la maison que des entrepôts, y compris l’achèvement de l’aménagement des parcs et la réfection des clôtures extérieures, travail qui a déjà été commencé.

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Un travail de gestion et de production communales réinvesti dans le social

Notre Commune El Maizal a subvenu aux besoins sociaux des communautés grâce aux revenus de projets financés par l’Etat et aux excédents générés par nos entreprises et unités de production. Ceux-ci ont été nombreux au cours des dernières années, ce qui constitue une nouvelle preuve de l’importance du partage des responsabilités tel qu’il figure dans la Constitution Bolivarienne et dans les programmes de nos conseils communaux ; ce sont les deux axes majeurs de notre Révolution.

Nous pouvons affirmer avec fierté que c’est grâce à la mobilisation de la population et à sa gestion directe qu’ont pu être réalisés l’asphaltage des routes, effectué par les communes de Paujisal, Palmarito, El Flaco, Caballito et Palma Redonda, l’électrification de commune comme Paujisal, Palma Redonda, El Playon, La Calanchera, Brisas Del Cerrito, Palma Sola, Palmarto. Sans oublier la construction de l’aqueduc de El Calvario.

Nous avons aussi construit deux dispensaires, l’un à Caballito qui est sur le point de fonctionner, l’autre à Palmarito, que nous avons aussi équipé et qui est déjà en activité. S’y ajoutent plus de 1200 mesures d’aides en matière de santé, que ce soit pour des opérations, l’achat de médicament ou d’équipements médicaux. Sans compter divers dons apportés à des écoles, des lycées et à diverses activités sociales et culturelle, de même qu’à des églises catholiques et évangéliques, fournissant par exemple des kits sportifs à des disciplines comme le base-ball, le football, le volley ball et des uniformes pour les équipes, et enfin la construction du stade de El Cerrito.

Nous avons remis en état cinq écoles rurales et construits avec nos excédents trois lycées pour 450 élèves environ à El Cerrito, Caballito et Sabana Alta où a également été édifiée par nos soins la Maison Communale. Notre travail a aussi permis la construction de 284 logements distribués sur tout le territoire de la Commune, dans le cadre de la Grande Mission Logement. Nous projetons d’édifier une infrastructure qui servira de siège au groupe universitaire de L’Université Polytechnique Territoriale J.J. Montilla de l’Etat de Portuguesa, avec laquelle nous avons passé un accord en vue de construire des annexes qui accueilleront au minimum 300 de nos jeunes dans le cadre de trois Programmes Nationaux de Formation (P.N.F.) dans les spécialités de soins vétérinaires, agro-alimentation et conditionnement-distribution d’aliments.

Nous oeuvrons à un regroupement politique autour d’un projet de Cité Communale

Tout comme nous avons développé la Commune El Maizal, nous avons mis en route le Mouvement Communal Simon Planas, avec la collaboration des différentes communes de la Municipalité, relevant le défi d’aller encore plus loin dans l’édification de l’Etat Communal, projet stratégique de notre Commandant Chavez qui a devant lui une route toute tracée dans les Lois du Pouvoir Populaire; pour nous, il s’agit de la seule stratégie qui nous permette d’affronter la phase actuelle d’escalade de l’agression impériale en sortant des limites de l’Etat bourgeois et de ses méthodes de gestion politiques comme la corruption, la bureaucratie et le clientélisme ; méthodes qui ont depuis toujours favorisé la dépendance et le colonialisme du capitalisme rentier vénézuélien.

C’est pour cette raison que nous avons créé nos Conseils Communaux constitués de Communes, dont celle de El Maizal est la pionnière. Et nous continuons à nous regrouper politiquement pour consolider notre autogouvernement. Nous avancerons dans cette voie avec un nouveau pas en avant consistant à organiser nos Villes Communales pour ensuite développer la Fédération Communale avec son District Moteur de Développement Agroindustriel, pièce maîtresse de notre stratégie visant à devenir un modèle de construction du socialisme.

L’évaluation de notre territoire et des communes créées nous mène à la conclusion qu’il nous faut créer deux Cités Communales, bases de notre future Fédération Communale, ce qui veut dire que les communes faisant actuellement partie des paroisses Sarare et Gustavo Vegas Léon de Simon Planas constitueront une Cité Communale, parmi elles : El Maizal (sachant qu’elle est aussi composée de conseils communaux de l’Etat de Portuguesa), Lanceros de Atures, Sarare (où nous avons relevé le défi de développer une véritable dynamique communale et de faire en sorte qu’elle redevienne ce qu’elle aurait toujours dû être), Armando Bonilla (projet de cette commune suite à l’élargissement du territoire de la Commune de Sarare) et Ezequiel Zamora.

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La deuxième Cité Communale sera constituée des Communes de la Paroisse Buria (certaines comprenant des Conseils Communaux de l’Etat de Yaracuy), terre de Negro Miguel et de son épopée libertaire, dont Negro Miguel, Minas de Buria, Revolucionarios de Buria Con el Cuartel de la Montana, et Rio Turbio de Buria Patria Querida. Ce sont donc 9 Communes qui feront partie des deux Cités Communales devant former la Fédération Communale, en hommage à notre Commandant Chavez et à notre Général d’hommes et de femmes libres, Ezequiel Zamora : nous consoliderons ainsi notre Système de Gouvernement Populaire.

Ce processus met l’accent sur le rôle des femmes, des jeunes et de la production. Voilà pourquoi s’est développé le Mouvement des Femmes Communardes, créant ses propres méthodes et objectifs à partir de son programme, car la grande majorité de nos membres sont des femmes, ce qui fait notre force et caractérise nos actions tout en garantissant la qualité de sa ce que nous entreprenons ainsi que nos victoires. Il nous faut aussi renforcer le Mouvement des Jeunes Communeros, qui représente un autre succès important de notre lutte, à savoir le ralliement d’une importante partie de la jeunesse qui assume les tâches les plus variées et s’exprime par sa propre voix dans toutes nos actions.

Nous nous engageons aussi à développer intégralement la production communale avec son réseau de producteurs, dans la perspective d’améliorer notre Programme de plantations comunal qui vise à rendre plus efficace encore le travail effectué sur nos terres. La distribution et le conditionnement de notre production doivent être effectués de nos propres mains. Associer nos femmes et nos jeunes à la capacité organisatrice de nos Conseils Communaux et de nos Communes et à notre production, voilà la formule organisationnelle proposée durant toutes ces années et qui doit s’imposer plus que jamais en cette période extrêmement difficile que connait la révolution bolivarienne.

Source : http://www.albatv.org/Comuna-El-Maizal-en-el-camino-de.html

Traduction : Frédérique Buhl

Photos: Juan José Moreno pour Terra TV et Alba Ciudad

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TERRA TV, une télévision pour construire la souveraineté populaire dans l’information

Betzany Guedez qui est entrée récemment dans l’équipe de la télévision paysanne Terra TV comme réalisatrice et formatrice, raconte son voyage dans le Vénézuéla profond et revient sur ses premiers pas au sein de ce nouveau média (VO ST FR):

La tactique fondamentale des médias, sur le Venezuela aujourd’hui comme en Irak ou ailleurs, est d’abord de faire disparaître tout un peuple, pas seulement le peuple quotidien qui travaille et fait la vie d’un pays, mais aussi le peuple citoyen comme sujet historique, avec ses rêves, ses échecs et ses expériences sans cesse reprises. Il faut empêcher à tout prix l’identification des peuples entre eux, qui serait dangereuse pour l’élite mondialisée et pourrait freiner les guerres qu’elle doit constamment mener.

Prenons un exemple. Depuis plusieurs années, seul l’Est de Caracas, ses 10% de classe moyenne et ses manifestations anti-Maduro, ont droit de cité à la télé. Cette minorité sociologique et politique est constamment transformée par les journalistes en « peuple ». Et si ses militants d’extrême droite cherchent l’affrontement, les caméras du monde entier seront déjà sur place pour enregistrer l’image et inverser la chronologie au montage. La riposte des forces de l’ordre précèdera alors les violences des paramilitaires et deviendra grâce à cette inversion chronologique… la répression à priori d’un Etat contre son « peuple ». Les éléments financés et entraînés par l’Empire deviendront, une fois de plus, des « combattants de la liberté ». Par contre, l’immense Ouest populaire de Caracas où vivent les 80% des habitants, tout comme les zones rurales, reste à jamais invisible. Parce qu’il est pacifique et constitue en grande partie la base sociale du processus de transformation.

Dans les années 70-80 déjà avec Mc Luhan, Bourdieu, Mattelard, Godard, Debord, Chomsky, Ramonet, Freire, Pasolini, Marcuse, Habermas ou Enzensberger, etc.. tout avait été déchiffré sur le rôle des médias et sur la nécessité d’en créer d’une autre type. « Ce n’est que d’une technique que l’on peut déduire une idéologie » écrivait Louis Althusser. Mais curieusement la gauche n’a jamais voulu aborder ce champ stratégique qui conditionne tous les autres. Il y eut une timide proposition de fonds de soutien aux TVs associatives dans les années 80 en France, mais aujourd’hui ni dans les programmes des partis, ni sur le terrain, ni dans les activités du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, on n’observe de proposition radicale de refonte en profondeur de l’enseignement du journalisme, de démocratisation de la propriété des médias, de création d’un réseau serré des médias citoyens. La Télévision Numérique Terrestre offrait en principe plus d’espaces d’expression mais le champ local a finalement été investi par de grands groupes privés…. Pas non plus de proposition de créer des technologies numériques en propre qui ne soient pas celles des Etats-Unis (Facebook, Twitter etc..). Au-delà de l’aspect industriel nous parlons d’inventer des technologies numériques plus proches de l’organisation et de la formation que de la fragmentation individuelle, voire narcissique, reflet du type de société qui les a produites jusqu’ici. Bref, si nous ne pensons pas et ne révolutionnons pas ce champ médiatique qui nous enveloppe, nous surplombe, modèle nos vies et jusqu’à nos corps, « pense » l’université, les politiques et la société en général, il ne nous restera qu’à pester, impuissants, pendant des siècles “devant la télé”…

En créant la télévision paysanne Terra TV non comme un « média de plus » mais comme média d’un type nouveau, nous voulons humblement préparer l’époque où les peuples réinventeront les outils de leur souveraineté dans la production de leur image, de leur information, pour la partager directement de peuple à peuple, sans intermédiaires privés, libérés de cette globalisation qui les oblige à passer par de grands groupes privés de communication pour s’informer mutuellement.

Voici un autre reportage récent (VO) réalisé par Betzany à Chirrical, près de Guanare, dans l’état de Portuguesa, où vivent des familles de lutteur(se)s pour la terre qui pourraient bien t’expliquer ce qu’est la liberté, ou la révolution, non comme une énigme à déchiffrer entre intellectuels, mais comme l’argile qui reste à modeler. Si on leur pose la question, bien sûr ! Car ce ne sont là que quelques un(e)s des 90% des vénézuélien(ne)s invisibilisé(e)s par les grands médias depuis vingt ans…

Vous pouvez visualiser l’ensemble des nombreux reportages ou documentaires déjà produits en quelques mois par l’équipe de Terra TV ici: https://www.facebook.com/terratv2018/

132 donateurs (trices) appuient déjà la création de Terra TV. Nous sommes de plus en plus proches de l’objectif avec 89% de la somme recueillie. Si vous souhaitez exprimer votre solidarité, vous pouvez le faire ici: https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv

Thierry Deronne

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