Un an de gestion socialiste à SIDOR : face à la crise, aucun licenciement

jeudi 19 novembre 2009

Le monde de l’acier est durement touché par la crise capitaliste. Les grandes puissances cessent d’acheter et le prix a été divisé par deux. Cependant, la première entreprise sidérurgique d’Amérique Latine, SIDOR achève sa première année sous gestion socialiste et bolivarienne sans avoir touché aux droits des travailleurs, aux bénéfices sociaux et sans avoir licencié un seul de ses 11 000 ouvriers.

Photo : les ouvriers et les techniciens de Sidor célèbrent l’assemblage final de l’usine de haute technologie HYL III. Autrefois, cette construction aurait requise de la main d’œuvre étrangère.

Tout est ocre dans la Guayana : le sol teint par la richesse du fer se retrouve partout et colore les routes, les édifices, les cheminées, les câbles électriques. Plus loin, le « Fleuve Père », l’Orénoque, reflété par les structures industrielles chemine, large, calme, alors que les fourneaux de Sidor produisent sur ses rives une grande partie de la richesse nationale.

Un et demi après sa nationalisation, une des entreprises de matière première les plus importante du contient s’en tire plutôt bien malgré les sabotages internes et externes, les attentats sur ses infrastructure, le mépris médiatique et les récupérations politiques qui convoitent un des filons les plus rentables et les plus emblématiques du pays.

Son président exécutif, Miguel Álvarez Cádiz nous avertit, avant de donner un seul chiffre : “le bilan de la nouvelle Sidor ne peut être entrevu uniquement du point de vue mercantiliste, car si une chose est claire dans le Venezuela Bolivarien, c’est qu’il y a une lutte entre deux oppositions idéologiques, une qui défend le néolibéralisme comme modèle, et l’autre portée par le président Chávez, qui défend l’intérêt social et collectif, et qui défend le socialisme et les richesses pour tous.”

La production sabotée

L’ingénieur Jesús Ramírez Vega, directeur de la Sidérurgie Industrielle de l’Orénoque Alfredo Maneiro (SIDOR) explique que dans l’état actuel des choses, l’entreprise a une capacité de production de 4,8 millions de tonnes d’acier liquide, grâce à la mise en réseau des 18 usines qui le fabriquent, mais que pour cette année, la production diminuera un peu, avec moins de 3,8 millions de tonnes

Sidor achèvera l’année sur le bilan de 3,5 millions de tonnes d’acier liquide produit, malgré les sabotages internes

La raison de cette diminution, selon le directeur exécutif Miguel Álvarez, est principalement dans le sabotage du centre électrique de l’usine MIDREX II, important centre productif où 74% du fer pur est produit, matière première pour les principaux produits d’acier du complexe industriel.

Le sabotage s’est produit à l’aube du 7 juin dernier, quand une subite explosion électrique a laissé sans courant une grande partie de l’usine. Le personnel technique du Corps d’Investigation Scientifique, Pénales et Criminelles (CICPC) de Puerto Ordaz qui a mené l’enquête a découvert que c’était un acte prémédité, et en a conclu qu’y avaient participé des experts en ingénierie électrique et des personnes connaissant parfaitement les plans du vice-ministère de l’énergie.

“Ce n’est pas un hasard” déclare Jesús Pino, coordinateur du Front révolutionnaire des Travailleurs Sidérurgiques (FRTS) “ceux qui ont fait ça connaissaient bien les points névralgiques de l’aciérie, et voulaient avec cet acte déclencher des conflits de grande ampleur dans l’usine”.

Les dégâts occasionnés ont obligé à suspendre la production de matière première pendant 28 jours, soit une perte de plus de 400 millions de dollars. Cependant, en même temps que le centre électrique était réparé, une nouvelle usine automatisée, avec de meilleures conditions de travail pour les ouvriers, moins exposés à la matière en fusion, a été installée en un temps record avec des “technologies locales”, sans participation de personnes extérieures à l’entreprise. La production a ainsi pu retrouver son rythme rapidement. “Cela n’a rien changé, ça ne nous arrêtera pas, l’entreprise continue de fonctionner. Sans cet incident, nous aurions largement atteint les objectifs fixés pour cette année.” explique Miguel Álvarez.

L’investissement le plus important de l’histoire

Sidor est également l’usine sidérurgique la plus vaste au monde, qui utilise la technologie des “fours à arc électrique situés sur un seul site”. Ces technologies et autres spécificités dues à la taille du complexe ont bénéficié depuis la nationalisation des investissements les plus importants dans toute l’histoire de la sidérurgie.

Pour la seule année 2008, 158 millions de dollars ont été investis parmi lesquels 42% (67 millions) pour la construction et la mise en activité de la nouvelle usine HyL III, qui vient renforcer la production de fer pur comme matière première de l’acier. Avec cette nouvelle usine, la production de cet important matériau augmentera jusqu’à 800 mille tonnes par an.

Une autre usine importante, l’aciérie de Planchones, qui produit de larges lamelles de matière première pour l’industrie de acier, a reçu un investissement de 33 millions de dollars avec lesquels a pu être aménagé l`aire de distribution de la coulée continue. Ce qui garantit une meilleure production et des meilleures avancées technologiques.

En 2009, Sidor a réalisé 35 réparations spéciales qui font partie du plan de maintien en bon état technologique de l’ensemble du complexe électronique et mécanique. Cependant, les réparations programmées, jusqu’au dernier mois ont atteint un chiffre de 996 pour l’ensemble de l’usine.

Les faibles investissements en maintenance et modernisation technologique quand Sidor était encore entreprise privée, ont obligé le Gouvernement Bolivarien, représenté par le ministre de l’Industrie Primaire et des Minerais, Rodolfo Sanz, a maintenir en augmentation constante l’investissement de production pour restaurer et améliorer la qualité du matériel. Au total, 173 millions de dollars ont été investit en 2009 et il est envisagé de porter cela à 250 millions pour 2010.

Investissements en ressources humaines

“En comparant Sidor avec n’importe quelle autre aciérie d’Amérique, nous nous différencions complètement de la manière dont celles-ci ont abordées la crise économique. Pour eux ce fut simple : diminuer les ventes, licencier du personnel. Nous avons aussi dû diminuer notre production à cause des sabotages mais nous n’avons licencié personne, c’est cela une politique révolutionnaire” nous dit Miguel Álvarez.

Les nouvelles générations d’ouvriers de SIDOR profiteront aussi des avancées sociales de la compagnie

Les travailleurs de SIDOR ont maintenu leur situation sociale et leurs avantages sociaux ainsi qu’un investissement constant pour améliorer les conditions de travail au travers des unités de formation idéologique comme l’Université des Travailleurs Sidérurgiques, qui permet de se former en permanence, ainsi que le Mouvement des Travailleurs Socialistes, qui avec l’aide de l’Ecole de Cadres et le Mouvement des Femmes Sidérurgistes Manuelita Sáenz, forme un important moteur d’idéologie sociale qui n’existait pas auparavant.

LA sécurité des ouvriers sidérurgiques est également prioritaire pour la nouvelle entreprise socialiste. Le nombre de délégués pour la prévention et de départements est passé de 79 à 153 afin de diminuer le nombre d’accidents de travail, qui ont baissé de 15% par rapport à l’année antérieure. Le total d’accident de travail pour cette année atteint à ce jour 16 accidents pour chaque millions d’heures travaillées.

L’acier est aussi pour le peuple

Miguel Álvarez Cádiz, Président exécutif de SIDOR

Le fer que SIDOR transforme en acier pour l’industrie nationale et mondiale tient compte des besoins du peuple qui auto-construit ses logements ou qui améliore ceux qu’il a déjà. Une des réussites sociales de cette année est que l’usine de sidérurgie a créé le plan stratégique “Ferresidor” mécanisme de distribution de fer, acier et matériaux de construction de tout type, à un prix 40% moins élevé que celui du marché.

“Nous avons ouvert le premier centre FerreSidor à San Felix, ici à Ciudad Guayana, avec un excellent résultat. Nous vendons des produits de tout type pour la construction domestique, pour l’élaboration et la réparation des logements” nous confirme Miguel Álvarez, qui ajoute que le plan a pour objectif d’établir pour 2010 un Ferresidor dans chaque État du pays.

Le second centre sera ouvert dans les jours prochains à Ocumare del tuy, dans la vallée de Tuy de l’Etat Miranda. Ferresido est une stratégie ouverte sur le plan national et articulée avec “Barrio Nuevo, Barrio tricolor” qui vise à permettre à la communauté de reconstruire elle-même ses logements et d’augmenter le parc disponible sur proposition du Président de la République.

Sabotage du centre électrique

Photo 1 : Une inspection du directeur exécutif, Miguel Álvarez, dans le centre électrique saboté.

Photo 2 : Un cable de 18 milles volts coupé avec précision, preuve flagrante que les auteurs ont pris les précautions suffisantes et connaissaient les points sensibles de l’usine.

Photo 3 : Des gants et un banc spécial laissé par les auteurs du sabotage sur les lieux. Le sabotage a laissé l’usine sans lumère pendant un mois, alors que ce centre produit 74% de fer pur, principale production de Sidor.

T y F/ Candelario Obeso Caracas

Source : RNV / Courrier de l’Orénoque :http://www.rnv.gov.ve/noticias/inde…

Traduction : Grégoire Souchay pour :http://www.larevolucionvive.org.ve/

« Fama de América » nationalisée : « oui, les travailleurs de l’entreprise sont capable de prendre les rênes d’une entreprise de café. »

Novembre 2009. Depuis trois mois, face à l´accaparement et à la spéculation sur les prix du café au détriment de la population, le gouvernement bolivarien a décidé l`occupation temporaire de deux quasi-monopoles privés de la torréfaction “Café Madrid” et “Fama de América”. Il a finalement décidé de faire de Café Madrid une entreprise mixte, et de nationaliser Fama de América avant la fin de l´année. Vive TV accompagne les travailleurs de Fama de América dans leur combat pour une véritable participation des travailleurs (voir le court-métrage diffusé en permanence sur la chaîne, qui diffuse régulièrement des reportages sur la lutte, ou l´article : Rencontre avec les travailleurs de Fama de América.). Cette premiére victoire ouvre la voie á l´organisation de véritables conseils de travailleurs au sein de l´entreprise.

Le ministre du Pouvoir Populaire pour l´Alimentation Félix Osorio, a rappelé lundi que pendant tout le mois d´octobre le gouvernement a étudié ces decisions. Faute d´accord définitif l´occupation temporaire avait été prolongée de quelques semaines.

« Dans le cas de Café Madrid le rachat de la compagnie permettra de créer une entreprise mixte, mais les accords ne sont pas finalisés. La majorité des actions appartiendront à l´État afin d´éviter les situations irrégulières et nous sommes disposés à prendre toutes les mesures nécessaires. Il ne s´agit pas de manque de matière première, en aucun cas.”

Le ministre a rappelé que la volonté de briser le monopole qui écrase les consommateurs comme les producteurs, s´applique aussi dans le cas des raffineries sucrières “Venezuela” et “Cazta”, respectivement situées dans le Zulia et dans le Táchira. Cazta est déjà entrée en action . le sucre est distribué à la population dans les états de Táchira, Apure, Barinas et Trujillo, tandis que la raffinerie Venezuela va démarrer ses opérations dès cette semaine.

Prolonger l´occupation temporaire de ces entreprises permet de poursuivre l´évaluation avec les travailleurs pour améliorer leurs conditions de travail, ainsi que les traitement, distribution et transformation du produit et de cette manière, offrir à la population la sécurité d´accès au produit sans restrictions, aux prix légaux.

 

“Les travailleurs de Fama de America sont capables de prendre les rênes de l’entreprise”

jeudi 12 novembre 2009

Le ministre du Pouvoir Populaire du Commerce, Eduardo Samán, s’est entretenu ce mercredi avec les travailleurs de l’usine Fama de América et de Cafea, pendant son programme Biens et Services, transmis par Radio Nacional de Vnezuela.

Au cours de l’émission, Gustavo Martínez, secrétaire du Syndicat Unis des Travailleurs de Fama de America a assuré que l’ensemble des travailleurs était disposé à travailler coude à coude avec l’Etat vénézuelien et sous contrôle social.

Il a ajouté qu’après avoir vécu des années d’injustice par les patrons ils espèrent aujourd’hui que le Gouvernement National rattrape le temps perdu.

“Nous, travailleurs avons toujours été les protagonistes, mais dans l’ombre. Nous avons récolté, contrôlé et empaqueté et eux (les patrons) encaissaient la paye.” dénonce-t-il en soulignant que « oui, les travailleurs de l’entreprise sont capable de prendre les rênes d’une entreprise de café. »

La nationalisation des usines de torréfaction Fama de América et Cafea, tout comme les filiales, les entrepôts, les centres de distribution, les grossistes et magasins de vente, a pour finalité de consolider l’infrastructure agro-industrielle du café et de défendre la souveraineté alimentaire, promouvoir le développement endogène et générer des sources d’emplois.

Les décrets Nº 7.035 et 7.036, publiées au numéro 39.303 de ce mardi 10 novembre, de la Gazette Officielle , établissent que le Ministère du pouvoir Populaire pour l’Agriculture et les terres (MPPAT) exécutera les accords pour le bénéfice social des Usines Agro-Industrielles.

Pour écouter le reportage : http://www.rnv.gov.ve/noticias/index.php?act=ST&f=2&t=113036/

Traduction : Grégoire Souchay pour : http://www.larevolucionvive.org.ve/

CAISA, succès et contradictions d´une entreprise socialiste au Venezuela.

mercredi 4 novembre 2009

Le Complexe Altagracia Socialiste Agro-industriel (CAISA), a été créé par le Décret Nº 5.558, le 12 septembre 2007. Elle est située dans la Zone Industrielle El Charco, Altagracia d’Orituco, Commune de Monagas, État de Guárico.

CAISA est une usine de traitement de tomates pour l’élaboration de pâte de tomate concentrée et de sauce de tomate différentes présentations.

Cette entreprise a amélioré son rendement après avoir été récupérée par les travailleurs, qui ont déjà réussi à traiter deux grandes récoltes, en récupérant la confiance des producteurs. D’autre part, ils ont payé les passifs laissés par l’administration capitaliste antérieure, avec un soutien du Ministère du Travail de de 3.1 Millards, en travaillant et en couvrant l’approvisionnement du réseau Mercal au niveau national. Actuellement on travaille encore grâce aux recettes produites sur la base de ce capital accordé initialement.

CAISA, ce sont actuellement plus de 250 mille emplois directs et indirects, une entreprise de projection internationale et de technologie de pointe, qui contribue à la réalisation de la souveraineté alimentaire, et d’une vie digne pour tous les habitants du territoire national.

Rudy de Salles, travailleur de CAISA souligne qu´« avec ce gouvernement révolutionnaire nous nous sommes intégrés avec les Conseils communaux, et la classe ouvrière ». De Salles compare : « Quand les entreprises étaient-elles intégrées avec les travailleurs, avec le peuple ? ». Un autre travailleur Arelis Fernández commente : « C´est par ignorance qu’on subit les choses, maintenant nous avons formé des conseils de travailleurs, nous nous réunissons, étudions, débattons, nous connaissons le Plan Simón Bolívar, avant nous ne nous réunissions pas. En outre, nous avons obtenu de cette nouvelle administration qu’elle nous écoutent… Nous allons continuer à combattre pour obtenir encore plus »

En mème temps des contradictions surgissent dans la construction d´une économie socialiste encore très isolée au sein d´une économie essentiellement capitaliste. Le prix de l´emballage, verre ou carton, augmente, ce qui fait baisser le bénéfice de la vente de la tomate. L´État devrait donc subsidier davantage le produit, ou repenser et reconstruire l´ensemble de la chaîne productive, en installant des entreprises nationales de verre et de carton, qui échapperaient aux monopoles privés et à la “loi des intermédiaires”. Les revendications subsistent pour un meilleur salaire. Tandis que certains gérants se comportent comme de simples gérants capitalistes. des travailleurs se sentent encore “sacrifiés” par rapport à d´autres secteurs mieux payés. Certains pallient cette situation en revendant sous les cordes la tomate aux intermédiaires d´avant.

Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve

La lutte de la centrale sucrière Rio Guanare.

Dans la centrale sucrière Río Guanare les travailleurs ont dénoncé des irrégularités tels que les mauvais traitements, l’accaparemment, le licenciement de quatre syndicalistes qui défendaient leurs droits et qui avaient protesté, la guerre psychologique, le harcèlement. Le patron les engage sous contrat de durée limitée pour mieux les licencier ensuite comme de simples déchets sans aucun paiement des prestations dues. Sur plus de 400 employés, seulement 60 sont fixes. La communauté environnant l´entreprise et les syndicats d’autres entreprises soutiennent les travailleurs licenciés, et demandent la nationalisation de cette entreprise. Sur la base de la dénonciation faite par ces travailleurs, les effectifs de la Disip ont réalisé une perquisition en compagnie de la Garde Nationale.

Ils ont saisi 20.779 sacs de plastique blanc avec le logo de Santa Elena, d´une capacité de 50 kilos de sucre lavé chacun. 121.351 sacs de plastique blanc, avec le logo de Santa Clara, d´une capacité de 50 kilos de sucre blanc. 7.744 sacs de plastique blanc, sans logo, d´une capacité de 50 kilos de sucre lavé chacun, 3.782 emballages de papier brun avec le logo de Santa Clara pour l’industrie, d´une capacité de 50 kilogrammes de sucre raffiné. Soit un total de 153.656 sacs de 50 kilos chacun.

L’État de Portuguesa produit 40% du sucre consommé dans le pays. La centrale sucriére Río Guanare est patrimoine de l’État. Le système d’irrigation José Antonio Paez en 1946 a été réalisé exclusivement pour les paysans, Il faut enquëter en profondeur pour déterminer comment le propriétaire de cette entreprise a obtenu toutes ces terres, concentrant dans ses mains 36 parcelles alors que la Loi des Terres, article 84, dit qu’aucune personne ne peut posséder plus de 2 parcelles dans un même secteur.

Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve

Les travailleurs du café « Fama de América » : “l’autre jour, les patrons nous ont envoyé de faux employés »

On croit s´éloigner du centre de Caracas : on arrive au véritable centre de la ville. Ces usines serrées les unes contre les autres, ces trottoirs trop minces c´est le zoning de “La Yaguara”. Un lieu sans histoire. Les murs parfois, par un carré de verre, laissent entrevoir quelqu’un parlant de profil, puis qui disparait, un employé. Les ouvriers on ne les voit pas, il n´y a que la rumeur des machines.

Des murs de Fama de América suintent des vapeurs de café torréfié. Des années qu’ils luttent. D’abord pour leurs droits, contre un syndicat patronal, ils ont ainsi réussi a créer un nouveau syndicat. mais depuis deux mois, la volonté ferme de la très large majorité des travailleurs tient en un mot : la nationalisation. Aujourd’hui il s´agit du contrôle de l’État sur l’entreprise. L’entreprise est sous observation car l’État a voulu intervenir contre l’accaparement. Les inspecteurs de l’Etat, au début, ne veulent pas de nous. (Nous : un compagnon du MST, quelques professeurs bolivariens ou marxistes, un journaliste de “Tribuna idéologica”, l´équipe de Vive, la télé “du pouvoir populaire”). C’est le leader syndical et un groupe de travailleurs qui nous font entrer, “c’est nous qui décidons même s’ils ne veulent pas”.

Dans le réfectoire. “Tous nous appuyons la nationalisation”. Des femmes usées, qui veulent parler, lancent des bouts de phrases. “… que l´État se magne… penser vite, comment on s´organise…. il ne suffit pas de…”. La lutte des salariés de Fama de América n’est pas un simple lutte de travailleurs. Elle traduit, comme ces phrases, cette conscience de classe naissante.

Pour sortir les kilos de café à l’usine de Fama de América de Caracas environ 25 ouvriers travaillent en rotation. Il y a trois départements : production, maintenance, équipe technique. L’entreprise dispose d’une autre usine à Valencia. Ajouté aux structures administratives, cela donne un total de 500 travailleurs. Dans la lutte pour la nationalisation, ils se sont unis. Gustavo Martinez : “les travailleurs et travailleuses de cette entreprise sont capables d’assumer la production et le fonctionnement de l’entreprise. Dans ce combat, nous, que l’on soit ouvrier, manœuvre ou cadre, nous n’avons pas besoin de chef”. Il rejette les arguments des opposants à la nationalisation : “Les patrons disent tout le temps, ils rient même de nous, que toute entreprise nationalisée par Chávez court à la ruine, à la corruption mais pour nous diriger ici, il y a trois niveaux : un chef, un super-intendant et un superviseur. Et ils osent dire que c´est dans le public qu’il y a de la bureaucratie”.

“L’autre jour, les patrons nous ont envoyé de faux employés. Ils les ont filmés avec des chemises où était écrit “Fama de America”. Globovision est venue, les a filmés, nous on ne les connaissait même pas. Ces faux travailleurs, ici on ne les a jamais vus, on est tous descendus et ils sont partis en courant. Les médias privés disent qu’il ne se passe rien, qu’il n´y a pas de reprise en main par l’État. »

L’un de nous , le professeur Battaglini, après avoir écouté, prend la parole. “Ce n’est pas a nous, commence-t-il, ceux du dehors, de définir l’objectif de votre lutte ». A cote de lui, Manuel Vadell, depuis l’origine éditeur de livre bolivarien , ami de la première heure de celui qui est aujourd’hui président. “Ce n’est pas a nous d’écrire votre histoire. Mais permettez-moi de vous dire…”. Il est coupé par un ordre venu du bas : les inspecteurs de l’occupation temporaire demandent aux ouvriers de ne pas trop discuter, il faut maintenir la production, ne pas donner d’arguments aux patrons. La moitie des cinquante descend avec discipline, l’autre reste pour écouter Battaglini, l’historien qui a vu deux erreurs principales chez Bolivar. “Comme vous le savez, la fonction de votre syndicat, c’est pratiquement de négocier, c’est-a-dire de veiller à ce que votre force de travail soit vendue dans de bonnes conditions, voilà, mais votre lutte, elle, dépend de beaucoup plus qu’un syndicat. Par exemple avez-vous prévu, dans chaque département, des comités de lutte ? Et quel est votre plan ? Et les techniciens et les manuels, combien êtes-vous d´ailleurs, avez-vous fixé un objectif département par département, un plan et un objectif clair portés par les comités ? Si vous ne sortez pas cette lutte de ces murs, si vous ne vous alliez pas avec d´autres travailleurs d´ici, du pays, vous serez jetés hors d’ici. Aucune réalité n’est immobile, elle ne cesse de bouger dans un sens ou dans l’autre, c’est à vous de prendre les devants, sinon le mouvement vous échappera, et l’usine avec. Vous vous êtes déjà déclarés comme leurs ennemis : vous leur avez disputé le pouvoir, vous leur avez disputé les ressources. Vous êtes obligés maintenant de gagner. Et si vous perdez d´autres perdront. (une pause)

Vous êtes prêts,vous avez le savoir-faire, il ne vous manque que le plan de la lutte, l´objectif. »

Manuel Vadell, l’éditeur, prend la parole. “Les patrons, eux, ils se réunissent en ce moment pour décider de votre sort. Oui, en ce moment même, eux se réunissent, disent depuis une semaine dans leurs télévisions que vous mentez, et quand prendra fin cette occupation temporaire, ils vous mettront dehors. Le groupe que nous formons, qui s´appelle El Areopago est prêt a aider, nous avons des contacts avec les travailleurs das le reste du pays, parfois avec les ministres, le cas échéant. Nous avons aussi ce journal qui est le vôtre. Et parmi nous, et c’est un honneur, nous saluons la présence d´un compagnon du Mouvement des Sans Terres brésilien”

Alexander Conceicao déploie le drapeau vert, qui, plus qu’un drapeau, est pour les militant du MST un objet précieux, un motif de fierté. Celui-ci l’a accompagné pendant vingt jours de marches au Honduras, il y a dessus la sueur de deux peuples. Alexandre dit aux ouvriers que la solidarité du MST, le besoin de socialisme, la lutte contre l’impérialisme, c’est cet internationalisme que nous a appris Che Guevara, c´est la seule voie pour gagner. Sur la table il dépose les livres que Manuel Vadell a imprimés en espagnol : “Méthode de travail populaire”. Vingt-cinq années, ou plutôt quelques siècles de luttes, en quelques pages. Alexandre le dépose sur la table avec de la force dans le geste, pour dire aux ouvriers : lisez-le, armez-vous.

Un membre de Vive TV offre son appui non, en tant que journaliste mais en tant qu’un des sept cents travailleurs de la chaine, travailleurs de la communication, « nous pouvons faire l’image en direct de vos réunions avec d´autres ouvriers. Vive TV il y a quelques années a accompagné dans leurs luttes our la nationalisation d´autres ouvriers du papier ou des valves pétrolières, après que des patrons eurent conduits volontairement leur usine à la faillite et voulurent revendre leur lieu de travail morceau par morceau. »

Il ne reste que 15 jours aux travailleurs de Fama de America. Après le gouvernement choisira, nationalisation, retour au privé ou…. “Nous savons que si nous perdons la lutte, revenir aux mains du patron cela signifie le retour au non respect des lois du travail, au non droit social, a la soumission. Cela ne peut pas arriver.”

Un des travailleurs “à vous écouter parler de nous unir aux autres je me rends compte de toutes les actions que j´avais proposées, que nous aurions dû mener et que nous n’avons pas encore faites. »

« Il y a quinze ans, avant Chávez, la garde nationale les aurait déjà tous arrêtes, elle aurait vidé l’usine en deux jours” commente Battaglini, au retour. Le véhicule de Vive TV remonte le trafic vers Caracas, il fait froid. Manuel Vadell : “avec les techniciens, avec tout ce qu’ils savent, ce serait facile.” « Mais il faut s´attaquer aux relations sociales de production.” ajoute Buenaño. On cite les entreprises socialistes qui ont fini par reproduire l´ancien modèle, les gérants, les subalternes, le profit « socialiste ». On parle de la difficulté de sortir d´une culture dominante, d´une universite des travailleurs. De formation politique.

Dans quelques jours ils se réuniront avec Eduardo Saman, le ministre qui a ordonné l’occupation temporaire pour stopper l´accaparement et la spécualtion sur le café. Celui de l´agriculture et des terres a décidé de créer une grande entreprise d´État á 70 % du capital, pour qu´une entreprise nationale du café brise le joug des intermédiaires-monopoles qui ont imposé (pour le café comme pour les autres denrées) les prix les plus bas aux petits producteurs et les prix les plus hauts aux consommateurs.

Thierry Deronne et Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve

Víctor González, porte-parole du Front National des Pêcheurs et aquiculteurs Simon Bolivar : « Attaquer la Loi de la Pêche et de l’Aquaculture, c’est attaquer directement les pêcheurs artisanaux ».

Le dirigeant affirme que les propriétaires des bateaux n’ont pas respecté le processus de reconversion démarré, il y a quatre mois, c’est la raison pour laquelle il a proposé de créer une commission mixte.

Des pourparlers vont être entamé avec la participation des marins au chômage et des pêcheurs artisanaux.

Víctor González, porte-parole du Front National des Pêcheurs et des producteurs d’aquiculture Simon Bolivar, présent dans les états de Carabobo, Nueva Esparta et Sucre, a affirmé qu’ils ont remis 462 crédits à leurs compagnons sans emploi et il a clarifié que « les marins n’ont pas été choisis, comme le prétendent certains médias, les réponses ont été donné au fur et à mesure de l’avancement du recensement par Insopesca (Institut Socialiste de Pèche et d’Aquiculture). Il existe d´ailleurs 482 nouvelles demandes en cours, dont 188 sont déjà approuvées ». Les pêcheurs ont souligné qu’ils soutiennent la tâche entreprise par Insopesca afin de promouvoir la reconversion de la pêche.

Lors de la conférence de presse effectuée dans le siège du Ministère du Pouvoir Populaire pour l’Agriculture et les Terres (MAT) dans la ville de Coro, État de Falcón, le porte-parole du Front des Pêcheurs, Víctor González, a rejeté les actions menées à bien par un groupe d’anciens travailleurs de la pèche au filet traînant, dévastateur pour la faune marine.

En ce qui concerne les marins ayant protesté la semaine passée devant le siège d’Insopesca, de la Communauté falconiana de Las Piedras, s’opposant ainsi à la gestion du Gouvernement Bolivarien, le porte-parole a assuré : « Ils ne représentent pas les pêcheurs de la zone, ce sont de simples opérateurs des partis politiques d’opposition, ils ne représentent aucunement la majorité des anciens travailleurs de la pèche au filet traînant ».

González a assuré que les propriétaires des bateaux n’ont pas respecté le processus de reconversion entamé il y a quatre mois. C´est pourquoi il a proposé de créer une commission mixte entre les anciens travailleurs de la pèche au filet traînant, ainsi que différentes institutions gouvernementales telles que l’Assemblée Nationale, afin de faire un suivi de ce processus.

À ce sujet il poursuit, « nous voulons une inspection avec l’ensemble des pêcheurs au chômage du secteur de la pèche au filet traînant, afin de constater que ces bateaux soient effectivement reconvertis. Sinon, nous solliciterons leur expropriation pour que les travailleurs de ces unités puissent récolter les aliments pour le peuple ».

Dans ce but, on a annoncé le début d’une série de pourparlers où prendront part les marins au chômage, les pêcheurs artisanaux, les fonctionnaires de la Defensoría del Pueblo et l’Insopesca dans le but de définir des solutions pour la problématique de reconversion des navires.

Il convient de souligner que les porte-parole du Front National et Régional des Pêcheurs et d’aquiculteurs Simon Bolivar ont fait connaître le rapport dans lequel hypothétiquement un groupe de chercheurs affirme que l’activité du filet à la traîne sera réactivée. Ce n’est qu’une rumeur résultant d’une enquête effectuée auprès de quelques et biologistes représentant les intérêts des chefs d’entreprise.

FUENTE : Correo del Orinoco / RNV http://www.rnv.gov.ve/noticias/audi…

Traduction : Ronnie Ramírez, collectif Vive Belgique

Le latifundio « El frío » récupéré par la réforme agraire met en lumière la relation entre socialisme et agroécologie

El Hato El Frío est une importante réserve pour la faune animale de la région d’Apure

“La récupération d’El Hado El Frio, dans l’Etat d’Apure, met en évidence la relation entre socialisme, démocrate participative et agroécologie, selon Alexander Alayo, directeur du pouvoir populaire dans l’entreprise socialiste de bBétail Agroécologique Marisela.

Selon lui le socialisme existe quand il y a redistribution, en lien étroit avec la production. Ce qui a à voir avec la participation des travailleurs ruraux et l’élevage du bétail dans des conditions totalement opposées à celles du capitalisme.

Alayo soutient que le capitalisme pollue la terre, les sources d’eau, qu´il détruit les forêts et en plus prétend continuer à exploiter et aliéner les travailleurs. “Notre modèle de production n’a rien à voir avec le schéma de révolution verte de l’agro-économie capitaliste. Notre modèle doit être suspendu au respect de la terre, de la faune, de la flore et des êtres humains.

C’est pour cette raison que depuis la récupération des terres le 4 avil 2009, ils étaient convaincus de transformer « eL Hato El Frio » en une entreprise socialiste qui prévoit d’augmenter la production de lait et de viande, tout en continuant de protéger la biodiversité.

Coordonnées

Cet ex-latifundio se situe dans le secteur EL Frío, des hameaux Mantecal et Macuritas des municipalités Muñoz et Achaguas dans l’Etat d’Apure. Pour Alayo, la récupération de ces terres symbolise la guerre déclarée avec fermeté au latifundisme, lancée en 2005 quand une séries de terres abandonnées furent regroupées en gigantesques propriétés.

“Nous parlons de la propriété El Frio qui dispose de quasiment 63 milles hectares ; ou d’autres comme celle de El Cedral qui fait 43 milles hectares, Jovito 180 milles hectares dans l’Etat Bolivar, Hato Romero dans l’Etat Barinas, Hato Piñero Parai !ma à Cojedes, toutes étaient des terres laissées volontairement en friche par leurs propriétaires, elles servaient plutôt à de l’élevage extensif et parfois comme écran de fumée pour le narcotrafiquants”

Il rappelle que le gouvernement national, dans le cadre de sa politique de construction de la souveraineté alimentaire, a racheté ces terres et les a mis à culture sous la forme d´entreprises socialistes.

Sous cette forme nouvelle qui se développe depuis la fin de l’année dernière, le gouvernement assume directement le travail, la construction et le développement des terres, s´orientant vers la production des produits nécessaires pour la souveraineté alimentaire du pays. Alayo explique que depuis le mois de mai, une expérience est menée dans la propriété : 24 hectares de riz onts été semés sous quatre formes : chimique, organique, chimico-organique et plantation-témoin.

Selon le porte-parole de l’entreprise agro-écologique Marisela, cette expérience de recherche va permettre de savoir comment se comportent les plantations avec les engrais et les fertilisants.

Il ne faut pas oublier que c’est une entreprise agroécologique, par conséquent l’axe de développement de toutes les activités productives doit prendre en compte les considérations relatives à l’impact environnemental.

Pour Alayo, l’important est d’éviter la pollution des rivières, des canaux et des terres et d´utilisr des produits écologiques. “Cette expérience nous permet de démontrer qu’il est possible de cultiver de manière organique et de créer un nouveau mode de développement dans les campagnes.

Attentes

Au cours du 4e semestre 2009, on estime à environ 1000 Ha la surface semée de riz et à 3000 hectares, celle de polycultures : mais, haricot, manioc, potiron, banane, lesquels se cultivent conjointement dans des espaces communs pour garantir un haut rendement de la terre.

On évalue aussi à 500 Ha la surface des pâturages sous le label PRV (Pâturage Rotatif Vasan, système importé de France au Brésil et à Cuba après la Içere Guerre Mondiale) qui consiste à disséminer le pâturage dans un espace divisé en carrés de 2 Ha, lesquels se divisent à leur tour en carrés de terre et ainsi de suite.

“Ainsi, les animaux mangent l’herbe de manière échelonnée, et au retour à la « case de départ », l´herbe a déjà repoussé, ce qui garantit un haut pourcentage de fibres nécessaires au bétail pour produire le lait. Selon lui, ce système a permis d’augmenter le pourcentage de production de lait de 7 à 8% seulement avec le PRV. “Nous pouvons compter sur l’appui du Brésil et de leur technique pour obtenir encore une meilleure production de lait l’an prochain pour produire le fromage pour la consommation.

Objectif : l´autoconsommation

Par ailleurs Alayo informe qu’ils souhaitent produire des aliments en collborant avec les communautés, avec les 30 conseils communaux qui se sont formés dans l’espace d’El Hato EL Frio. “Avec eux nous avons semé 1000 Ha de potagers de polyculture pour l’autoconsommation. Ensuite, nous avons commencé l’aménagement du sol et les plantations.”

De la même manière, dans 20 des 23 fondations (zone de contrôle des territoires du bétail) on développe les semis potagers car dans chaque fondation vivent une ou deux familles. Ce qui permet de garantir l’autosuffisance, alors que l’excédent ira à la consommation des autres travailleurs ruraux. Cependant, il existe également un potager collectif pour tous les travailleurs.

Selon les chiffres révélés par Alayo, El Hato Frio génère 225 emplois. D’un point de vue social, la première action entreprise fut de garantir les droits des travailleurs avec la Loi organique du Travail.

En second lieu, le salaire minimum règlementé fut augmenté et les bénéfices se firent sentir directement sur l’alimentation. “A partir du 4 avril 2009, les travailleurs ont revendiqué le droit à un salaire juste car beaucoup étaient dans une situation de servitude et gagnaient seulement 50 Bolivares (20 euros) par mois” rappelle-t-il.

Pour Alayo l’effort d´améliorer les conditions de vie a été fait. Dans ce sens, les travailleurs ont intégrés la direction et planification du travail de l’entreprise Marisela. “Il existe une instance appelée Conseil de Planification dans laquelle sont présents les 5 dirigeants, les coordinateurs de l’élevage, du pouvoir populaire, des équipes de défense populaire (« milicias »), de l’agriculture, de l´entretien, de la cuisine et de l’administration.. Tous font partie du conseil où se décide les travaux à entreprendre.

S’est également mis en place un Conseil des Travailleurs. A ce sujet, il signale que par le biais des écoles de formation, en deux mois seulement les travailleurs se sont formés politiquement. Commenceront sous peu les discussion sur les lois du travail, de la terre, du pouvoir populaire, et celles qui seront promulguées, l´idée est que les travailleurs reçoivent l’information sur leurs droits et les avancées sociales.

Pour Alayo, la « milice » (équipe de défense populaire) est un autre point central en développement>. Nous avons une milice composée de 63 communautés d’ethnies indigènes dans lesquelles s’impliquent également les travailleurs. La milice se compose des employés, des conseils communaux et des populations indigènes Alayo conclut : “Nous espérons atteindre à la fin de l’année 300 miliciens qui défendront le processus révolutionnaire et la souveraineté alimentaire”

T/Angélica Antía Azuaje, F/ Archivo CO Caracas

Traduction : Grégoire Souchay, pour La révolution vit !

Source : Courrier de l’Orénoque / Radio Nationale du Venezuelahttp://www.rnv.gov.ve/noticias/audi…

« On s’oriente vers un réseau socio-productif pour éviter que Ferrominera vende Matesi »

C’est dans le municipe Caroni de l’Etat Bolivar que Felix Moya travaille, dans la briqueterie Matesi. Il s’y trouve depuis aout 1998. L’usine a été complètement achevée en 2000. Elle a commencé sa production l’année suivante Jusque lá connue comme Posven ; cette usine avait comme principal actionnaire Posco, consortium coréen et la Corporation Vénézuelienne de Guyane, avec de faibls investissements de la part des multinationales Hyundai et Daewoo.

En 2004 l’usine change de nom pour s’appeler Matesi après que les Coréens l’ont vendue. Aujourd’hui l’entreprise est en maintenance pou relancer la production. Rigoberto Ravago, technicien électro-instrumental nous raconte les difficultés qui sont apparues depuis sa réouverture. La première d’entre elles a été la pénurie de minerai de fer qui toucha le pays et ensuite, les tensions politiques durant le premier mandat Chàvez.

A Matesi, il se passe la même chose que dans de nombreuses autres entreprises. Pour les multinationales, l’ouvrier fait obstacle à leurs intérêts. Ainsi, il ne reste que peu de travailleurs d´origine de l’ancienne Posven. Ce sont aujourd’hui les jeunes qui font le travail.

La gestion du consortium coréen se caractérisa par l´irrespect du Code du Travail selon lequel des revenus complémentaires sont dûs aux travailleurs. Au contraire l’entreprise ajustait les salaires… en fonction de sa situation financière. Les aspirations des travailleurs se bornaient alors à espérer l´amélioration de la production pour obtenir des salaires plus élevés ! Pour M. Rigoberto, les problèmes se sont accentués quand les travailleurs ont commencé à se syndicaliser et à réclamer leurs droits. La transnationale se retourna contre eux, refusant de reconnaître la légalité de la fondation du syndicat. 120 travailleurs, presque tous péres de famille, furent licenciés. La lutte fut très difficile et malgré les recours légaux, seuls 5 travailleurs ont pu être réembauchés, quelques uns sont partis travailler dans d’autres entreprises et le reste est au chômage.

L’entreprise actuelle est donc en rénovation pour arriver à pousser la production de briques au maximum. La Ferrominera apporte les matières premières : le minerai de fer est transporté en tapis roulant jusqu’aux silos. Le tout est versé dans un réacteur jusqu´au moment oú le produit est acheminé vers l’entreprise SIDOR. La brique reste une masse compacte facile à transporter en wagon jusqu’à la Ferrominera Orinoco.

Là, l’entreprise décide de la destination du matériel, transporté jusqu’au port de Palúa pour l’exportation ou vers les aciéries de Sidor. Leur fours transforment la matière en acier liquide pour ensuite être modelées en chevilles, planchons ou poutres qui seront utilisés pour fabriquer des maisons, des avions, des trains ou des routes dans tout le pays. John Mijares nous explique que Matesi se charge de la production des briques, processus intermédiaire pour passer de l’acier au produit fini.

Posven débuta avec un seul syndical, patronal. Les travailleurs menèrent la lutte et obtinrent la création d’un autre groupe syndical ; plus soucieux du bien-être collectif. Alexander Pino travaille dans la division de travail des minéraux alors qu’auparavant il était sous contrat et exploité. Grâce aux luttes il a obtenu un poste fixe dans l’entreprise en même temps que 28 autres travailleurs. Cependant, il reste encore beaucoup à faire, dans cette entreprise où les ouvriers n’ont pas encore acquis le même degré d’émancipation qu’à Sidor. Daniel Rodriguez explique que les travailleurs de cette entreprise commencent à suivre la voie revendicative, sociale et productive du secteur minier et sidérurgique, issu des nationalisations de 1975 sous un gouvernement de droite qui dévia le projet initial des ces processus en les transformant en un simple jeu d’intérêts.

L’article 302 de la Constitution bolivarienne définit le rôle de l’Etat comme garant de l’exploration des ressources naturelles et non renouvelables, en cohérence avec le modèle productif qu´on tente d´appliquer dans le pays, contre la fausse idé selon laquelle ce modèle productif a un impact négatif sur les exportations de minéraux comme matières premières.

Daniel Rodriguez : « la réorganisation des entreprises ira dans l’intérêt du peuple, une fois éliminés les monopoles des intermédiaires et l’inflation. On s’oriente vers un réseau socio-productif pour éviter que Ferrominera vende Matesi et que Matesi soit rachetée par Sidor. Avec ce modèle, les profits de chaque entreprise se retrouveront dans le porte-monnaie des secteurs populaires et la diminution des coûts de production permettra la baisse des prix. »

Source : La Revolución Vive

« Je crois qu’on ne peut plus faire marche arriére » : les travailleurs veulent la nationalisation de l´entreprise de café « Fama de América ».

Les travailleurs de l´usine de Fama de América de Yaguara ont dénoncé les actions des employés en col blanc du siège d’Altamira qui ont essayé de paralyser les tâches d’emballage jeudi.Les travailleurs de Yaguara ont qualifié l’action de ces personnes de “show médiatique” et ont exigé du Gouvernement de nationaliser l’entreprise.

« La situation de l’entreprise n´est pas viable entre les mains des actuels propriétaires ; nous avons affronté la situation de désapprovisionnement qui se présentait et soutenons la mesure d’occupation temporaire d’Indepabis (Institut de défense des Personnes dans l´Accès aux Biens et Services) et du Ministère du Pouvoir Populaire de l´Agriculture et des Terres. Les patrons de Fama de América ne nous le pardonnent pas et si la compagnie retombe dans leurs mains, il y aura sûrement des représailles contre nous », ont déclaré les représentants syndicaux après l’assemblée de travailleurs effectuée dans les installations de la Yaguara

Gustavo Martínez, secrétaire d’Embauche ; Alberto Zapata, secrétaire d’Organisation, et Wilfredo Bejarano, secrétaire général du Syndicat Fama de América ont fait appel au Ministère du Pouvoir Populaire de l’Agriculture et des Terres pour qu’il visitent les installations de l´usine et prenne des mesures en vue de la nationalisation. Martínez a assuré qu’ils n’ont pas refusé le dialogue avec les propriétaires de Fama de América. « Le problème est que les patrons refusent de venir à la compagnie. Nous lançons un appel aux employés d’Altamira pour clarifier la situation », a manifesté Wilfredo Bejarano.

Les travailleurs ont remercié pour son appui le Ministère du Pouvoir Populaire pour le Commerce à travers Indepabis (Instituto de Défense des Personnes dans l´Accès aux Biens et aux Services) pour le soutien offert à tous et à toutes celles qui travaillent dans l´entreprise et ont décidé de maintenir la vigilance pour éviter toute tentative de sabotage.

Erikson Lugo, du Département de Maintemance Technique, a déclaré qu’on ne peut plus repousser la nationalisation et s´est dit en accord avec les actions du gouvernement bolivarien. Pour sa part Iván Aristegueta, mécanicien industriel du Secteur de Torréfaction, a assuré que « cette situation n´est plus tenable. Dans ces conditions la conciliation entre les travailleurs et les propriétaires n’est pas possible. Il pourrait y avoir une chasse aux sorcières contre nous. Je crois qu’on ne peut plus faire marche arriére ».

Café vénézuélien, qualité d’exportation

Les stocks existent

Jeudi la plante a effectué une production de 40.7 tonnes et posséde un inventaire de 42.4 tonnes de café emballé.

« Nous sommes en pleine époque de récolte. Avant on paralysait les activités en juillet, août et septembre, l´entreprise cessait ses activités, le personnel sous contrat ne percevait pas de salaire. Maintenant le Gouvernement fournit la matière première, ce qui garantit la poursuite des opérations pendant les mois de récolte. « Nous dépendons des envois, nous procédons à l´emballage quand nous avons la matière première, ce n’est pas une opération continue. Les autorités effectuent des importations du Brésil et du Nicaragua pour pallier les inventaires qui manquent et de cette manière maintenir l’approvisionnement  » explique Gustavo Martínez.

Selon les porte-parole des travailleurs l`entreprise est en parfaites conditions, il y a des machines achetées après l’année 2000 et un acquise en 1978 qui sont en parfaites conditions, « bien que nous ne travaillions pas à la capacité maximale », a expliqué Gustavo Martínez, secrétaire d’Embauches de Fama de América.

T / Manuel López Traduction : www.larevolucionvive.org.ve

Les travailleurs organisés de Lara récupèrent le siège syndical

Cet immeuble de huit étages et qui couvre un pâté complet, appartenait aux vieux partis de l´oligarchie (parking de voitures volées, locaux loués à des évangélistes, pièces louées à 25 BsF et bureaux syndicaux abandonnés aux pigeons…) Cet espace a été rendu à la vie syndicale par les travailleurs bolivariens au terme d´une lutte de trois semaines.

Source : Lara Tve / Alba TV