Pour le droit à être informés sur l’Arc Minier

 

Hein? Les défenseurs de la patrie agroécologique et de la parcelle productive comme style de vie prenant la défense de l’Arc Minier ? Mais ici nous ne sommes pas en train de défendre un style de vie mais le droit d’être informés des raisons pour lesquelles il y a « quelqu’un » là-bas au-dehors et ici même sur notre territoire qui s’obstine à créer la zizanie entre nous. Le thème de l’Arc Minier est un thème extrêmement sensible pour les chavistes ? Profitons-en pour les bombarder d’informations fausses ou dévoyées sur l ‘Arc Minier, et voyons comment ils vont se déchirer entre eux ! Il est aisé de voir comment cette tactique vieille comme le monde fonctionne encore.

L’extraction minière est une activité méprisable, horrible ; c’est peut-être l’activité humaine la plus immonde qu’il ait été donné au capitalisme à son apogée de produire. On rêve d’une autre humanité, dans laquelle le concept de richesse ne signifie ni accumulation, ni exploitation humaine, ni destruction de l’environnement. Mais le fait de rêver ne doit pas nous déconnecter du réel. Nous sommes à un moment de l’histoire où ce qui se meurt doit servir à financer et à lancer ce qui est en train d’émerger. Ça ne paraît pas très éthique, mais l’histoire de l’humanité l’est-elle ? Ainsi cette noble entreprise appelée en son temps « Indépendance » n’a-t-elle pas été financée par le système esclavagiste ? et ensuite par l’essor des bourgeoisies européennes émergentes ? Désolé si vous pensiez que cette glorieuse épopée a été menée par des ouvriers communistes, vraiment désolé !

Les rêves d’une humanité engagée massivement dans la production artisanale et traditionnelle d’aliments, de vêtements, de culture et d’habitat continueront à nous porter mais nous savons au fond que chacun de nous mourra sans le voir réalisé ; après nous d’autres générations viendront pour tenter de l’inscrire dans le réel et cela prendra des siècles. Mais celle qu’on appelle « génération actuelle» dépend et continuera à dépendre de l’extraction minière, que cela nous plaise ou non. Et celui qui souffre de cet état de fait au point de pester contre l’âme vénézuélienne (parce que soyons clair : l’industrie pétrolière est bien une activité minière répugnante) et bien qu’il s’exile vers la patrie idéale, ce Pays Imaginaire socialiste où le combustible fossile, le fer, le ciment et maintenant le coltran, ne sont plus des facteurs déterminants de son développement et de sa civilisation.

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Il est probable que l’un des exercices rhétoriques -disons plutôt exercice d’humilité et de maturité- les plus difficiles à réaliser ces temps-ci est de reconnaître qu’une opinion ou une position défendue ardemment peuvent se révéler erronées. Certaines fois on se trompe par obstination, d’autres fois par désinformation ou manque d’information. Dans ce dernier cas de figure, il est plus aisé de reconnaître publiquement et solennellement : « camarades, je me suis trompé. Je demande pardon ; je vais rectifier, corriger et me forger une nouvelle opinion ». Par contre dans le premier cas, il n’y a pas grand-chose à attendre ; il y a des gens qui ont de la peine, de la rage ou tout simplement peur de dire qu’ils ne savent pas, qu’ils ignorent le sujet ou qu’ils le connaissent de manière imparfaite. C’est le type de personnes capable de se plonger dans des discussions interminables sur des sujets qu’ils ont découverts 5 minutes auparavant dans Wikipedia ; et ils en parlent tels des experts.

Sur le thème de l’Arc Minier nous nous sommes trouvés en présence des 2 types de contumace (au fait, cherchez « contumace » sur le dictionnaire de Google) évoqués plus haut. Des gens qui ont jeté en un tweet incendiaire une malédiction contre l’Arc Minier à peine avaient-ils lu les 3 premiers paragraphes sur ce sujet et qui se sont crus obligés de défendre becs et ongles ces 140 caractères simplement parce qu’ils avaient lu une citation d’Einstein, de Benedetti, ou du Che -à moins que ce ne soit de Bob Marley- qui disait à peu près ceci « Les gens qui valent ce sont ceux qui n’ont qu’une parole et qui s’y tiennent de façon inébranlable. Les autres ne sont que des personnes stupides qui ne méritent pas le titre de révolutionnaires ». Donc nous avons les réseaux sociaux et les conversations de café de commerce saturées de gens qui savent tout sur tout sur l’Arc Minier et qui ont décidé d’être une fois pour toutes pour ou contre. Mais à peine sont-ils interrompus au milieu de la conversation par une question du style « mais l’Arc Minier, c’est quoi ? » qu’ils s’enferrent dans la colère et l’invective, tout simplement parce qu’au fond ils réalisent qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent.

On devait s’attendre logiquement à ce qu’une campagne nationale et internationale de diabolisation du décret de « zone de développement stratégique national » (je parie les cendres de mon père et le cartable de mon fils que 98% des lecteurs viennent juste de réaliser que c’est ainsi que se nomme le fameux décret sur l’Arc Minier) ne se développe ; par cette attaque on cherche ainsi à criminaliser le gouvernement de Nicolas Maduro et à affaiblir les possibilités pour le Venezuela de profiter pleinement de nouvelles ressources financières. Mais ce qui rend ce moment si particulier c’est une des facettes de la campagne en cours, qui cible un secteur du chavisme, très sensible au thème de l’extractivisme et de son impact sur les écosystèmes, les populations indigènes et la souveraineté.

Par exemple, les discours récents de Valentina Quintero (la spécialiste du tourisme télévisé, NdT) et Luisa Ortega Diaz (ex-procureure générale, aujourd’hui en campagne contre la « dictature de Maduro », NdT) à ce propos sont truffés de bêtises, d’imprécisions et de mensonges éhontés ; et tout ce qui est dit par ce genre de porte-paroles du catastrophisme trouvera toujours un écho certain dans un secteur chaviste qui a décidé que l’Arc Minier est un instrument créé pour contribuer à la dégradation des cours d’eau et des populations ; ce sont des gens pourtant authentiquement chavistes et révolutionnaires, et qui pour des raisons liées à l’image de soi ou au «qu’en-dira-t-on » corrigeront difficilement leur erreurs ou n’iront même pas vérifier la véracité de l’information. L’Arc Minier de l’Orénoque est devenu le maillon faible d’une chaîne (notre nécessaire, mais si malmenée, unité) que les mafias hégémoniques ont décidé de faire céder, aidées en cela par hypersensibilité des uns, les mauvaises intentions des autres et l’ignorance de la majorité.

Ainsi la vision que les gens (de notre bord et de l’autre) ont de l’Arc Minier de l’Orénoque est à peu près la suivante (accrochez-vous bien!) :

L’Arc Minier est un territoire couvert de forêts vierges et peuplé d’indigènes qui vivent en harmonie avec la Terre-mère. Le gouvernement a vendu ce territoire à des entreprises transnationales chargées d’en extraire et d’en exporter toutes les richesses du sous-sol (or, diamants, coltan, etc…). L’extraction va impliquer la déforestation de 111 800km2 de terres, la mort des cours d’eau à coup de flots de mercure (l’Orénoque disparaîtra et laissera place à une immense flaque rouge ; précisons que le mercure est rouge comme le mercurochrome), la mise en esclavage, l’assassinat ou la mise à l’écart de plusieurs populations indigènes. Là où il y avait la paix, un vivre-ensemble harmonieux, à cause de l’Arc Minier il y aura des bandes et des mafias, de la drogue et de la prostitution, de le contamination au mercure, de la délinquance, de la drogue, la dévastation de zones naturelles, encore de la prostitution, des transnationales assassines et de la corruption. Et encore plus de prostitution et de drogue.

En résumé la propagande attribue à l’Arc Minier tous les travers que l’Arc Minier a précisément pour objectif d’éradiquer. Je peux grâce à un simple article (et je le démontre dans le paragraphe suivant) démentir tout ça et partager une vérité qu’on a voulu nous cacher ou déformer:

Il existe au nord de l’état Bolivar des territoires où ont sévi des bandes, des mafias, de la drogue et de la prostitution, de la contamination au mercure, de la délinquance, des drogues, la destruction de zones naturelles, encore de la prostitution, des transnationales criminelles et de la corruption. Et encore plus de prostitution, de drogue et de contamination par le mercure. C’est pourquoi l’État a conçu et décrété un plan, applicable à cette zone du pays appelée Zone de développement stratégique national Arc Minier de l’Orénoque. Les raisons de ce plan ? L’État vénézuélien a une dette envers la population de cette région et celle de tout le pays, qui consiste à asseoir sa souveraineté sur ce territoire et toutes ses ressources ; cela ne peut être fait de façon isolée par le gouvernorat de l’état Bolivar,  ni par l’armée, ni par l’initiative privée, ni par un ministère. L’Arc Minier est sous-tendu par la volonté ferme et déterminée de respecter les populations indigènes, de protéger les zones où il n’est pas nécessaire ni justifié de développer l’extraction minière, de développer des techniques et de méthodes moins toxiques et destructrices que l’usage traditionnel du mercure (qui au passage n’est pas rouge mais argenté), et de rendre sa dignité et son essor à l’extraction minière de petite envergure, autrement moins nocive que l’extraction minière industrielle à grande échelle. C’est un mensonge éhonté que de dire que 111 800 km2 de forêts vont être dévastés: c’est à peine 1,5% de ce territoire qui sera impacté directement, ce qui est amplement suffisant pour extraire les minerais du sous-sol. L’Arc Minier a été décrété il y a 8 mois (le 24 février précisément) ; et on voudrait qu’en à peine 8 mois on efface les désastres résultant de 200 ans d’irresponsabilité !

Mais ce simple paragraphe ne suffira pas à convaincre certaines personnes de cesser de croire ou de répéter ce que la propagande de guerre assène. Vous pouvez dire toutes les vérités que vous voulez et sur tous les tons, si votre interlocuteur répond systématiquement « ce n’est pas vrai », et vous en ressentirez de la frustration; vous avez gaspillé votre temps, votre salive et votre énergie ; et probablement perdu l’amitié de votre interlocuteur. La machiavélique propagande fasciste a concentré tous ses efforts pour convaincre les gens désinformés, sous-informés ou très sensibles, que Nicolas Maduro a décidé d’étendre l’exploitation minière dans des recoins où personne n’avait encore usé de pelle ou de pioche.

Le territoire concerné par le plan appelé Arc Minier (notez bien : l’Arc Minier n’est pas un territoire mais un plan!) est une zone dévastée, surexploitée par plusieurs transnationales qui ont détruit des milliers d’hectares de forêts, des milliers de vies humaines et de cultures, via des procédés et des techniques criminels ; la mission de l’Arc Minier est d’en finir avec tout cela ! Bien sûr qu’il y a de la criminalité dans les zones minières, de la drogue et de la prostitution aussi. Tout autant que dans certaines zones de Caracas, de Valence ou de Mérida, villes depuis lesquelles on attaque avec le plus de virulence qu’ailleurs l’Arc Minier (en ignorant dans la majorité des cas ce qu’est l’Arc Minier). Si quelqu’un à Valence s’indigne de la destruction de la nature, de la prolifération de la drogue et de la prostitution dans l’état Bolivar, qu’il s’interroge si la fondation de Valence n’est pas passée par des phases d’extermination de populations et d’espèces naturelles et s’il n’y a aucune prostituée ni aucun drogué dans ses rues…

Le plus grand allié de l’État dans la tâche de développer un extractivisme respectueux de l’environnement et soucieux de l’appropriation souveraine des ressources est bien le petit mineur artisanal ; soit dit en passant c’est grâce à lui que l’État a pu récupérer plus de 5 tonnes d’or en 6 mois ! 5 tonnes qui, s’il n’y avait pas eu l’Arc Minier, seraient parties en Colombie, au Brésil, au Guyana, dans une île des Caraïbes, aux États-Unis ou dans un quelconque pays européen. Les petits mineurs artisanaux ont été à la pointe de mouvements de rébellion qui ont permis d’enlever des mines des griffes de grandes entreprises transnationales ou de mafias  que les autorités vénézuéliennes envisagent maintenant d’expulser. A souligner le cas particulier d’une de ces émeutes (la rébellion, ou la prise de Nuevo Callao) qui a vu un groupe de mineurs, en colère suite à l’assassinat d’un des leurs, prendre possession d’une mine gérée par la Greenwich Resources, retenir en otage ses dirigeants, les obliger à signer sur un bout de papier la cession totale de l’entreprise et en assurer un total contrôle ouvrier. C’était en 1995 avant que Chavez ne mette à l’ordre du jour de la Révolution bolivarienne la notion d’expropriation; c’est dire si ces ouvriers-là de l’état Bolivar n’ont aucune leçon à recevoir de qui que ce soit quant au contrôle social des moyens de production.

Le travail à mener par l’État et les travailleurs dans le domaine de l’Arc Minier est titanesque. J’ai rappelé plus haut combien les tares plus ou moins importantes qui caractérisent l’activité minière ont pu macérer ou s’enkyster au cours de ces 200 dernières années. Au fil des générations, l’extractivisme a pu modeler une mentalité et une personnalité spécifiques pour des populations et des communautés entières, dont des communautés indigènes. Si l’on veut démonter de telles structures mentales à la hussarde et en quelques mois, un seul moyen : le génocide ! Hélas il y a toujours ceux qui croient encore que tout se résout à marche forcée, y compris l’édification du socialisme ou l’implantation obligatoire de la permaculture ! Il y a encore des gens qui pensent ainsi : « Il y a un million de personnes vivant directement ou indirectement de l’extractivisme ? Pas de problème : il suffit d’interdire l’extraction minière, d’emprisonner ou de tuer ceux qui persistent à pratiquer cette activité, de déplacer de force les milliers de gens qui en vivent, ou de les convertir en artisans, agriculteurs, journalistes, danseurs, coiffeurs , avocats ou ouvriers textiles ! Ainsi l’extractivisme se meurt, vive le socialisme ! » L’irresponsabilité a souvent des audaces que même l’ignorance n’a pas !

Nous serons encore présents et pour un bon moment, dans des zones minières de l’état Bolivar. Nous venons d’amorcer un premier parcours exploratoire ; vient maintenant le temps de l’approfondissement de ces explorations et des perspectives dévoilées. L’engagement éthique nous oblige à enquêter sur ce qui est digne d’être recherché afin d’ informer le reste du pays au plus près de la vérité, ou à tout le moins cette partie du pays qui accepte d’être informée en dépit de ses préjugés, sur la façon de vivre de ces gens dans ces zones-là, sur leurs luttes et leurs rêves…

Il y a une limite au droit d’informer et de s’informer: la préservation de la vie humaine. Comme vieux routard du journalisme que je suis, je n’ai désormais que faire des prime-times ou des coups d’éclat journalistiques et je serai d’une attention intransigeante sur toutes ces informations ou rumeurs qui pourraient léser la vie ou la réputation de gens qui ne le méritent pas. Je vois une autre limite, qui a trait à la sûreté de l’État, celle-là : si vous apprenez quelque chose et vous le révélez avant que cela ne se concrétise, vous tuez l’information dans l’œuf. Très prosaïquement cela signifie que je ne publierai pas tout ce que je sais, je ne me précipiterai pas pour le dire avant tout le monde, mais je dirai toute la vérité et rien que la vérité. Méditez tout cela et donnez-en l’interprétation que vous voulez, mais je ne serai jamais la cause du malheur de quelqu’un par l’usage d’artifices communicationnels ou par l’ambition de gagner des points d’audience avec la souffrance et les tragédies vécues par d’autres.

José Roberto Duque

Source : https://arconoticias-info.blogspot.com/2017/11/tras-la-noticia-y-tras-la-historia-en.html

Traduction: Jean-Claude Soubiès

URL de cet article : https://wp.me/p2ahp2-3Tq

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Invitation à la première de notre documentaire sur « l’autre Che » à Bruxelles, le 18 novembre

Grâce aux amis d’ATTAC sera projeté, pour la première fois en Belgique, notre documentaire « Carlos l’aube n’est plus une tentation » le 18 novembre à 20 h. au Botanique, Rue Royale à Bruxelles, dans le cadre du Festival du cinéma d’ATTAC Bruxelles. Nous publions aussi un nouveau livre (en espagnol) basé sur ce film, qu’on peut télécharger ici https://t.co/leUSDLEePP

Format original : Vidéo HDV NTSC). Durée : 1 h. 22. Production : Las Tres Raíces, Venezuela. Avec l’appui de Zin TV (Bruxelles). Image : Henry Linares, Deylin Peugnet et Olivier Auverlau. Assistante de réalisation : Marjorie Arostegui. Musique : Philippe Tasquin. Enquête, scénario, réalisation, prise de son et montage : Thierry Deronne. Diffusion du DVD (V.O. sous-titres FR) : gloriaverges@free.fr

Quelques avis sur le film

Un film émouvant à l’image de la rencontre du commandant Borge avec son rêve d’un parc d’enfants

Alex Cox, cinéaste britannique, réalisateur de “Walker

C’est un cadeau non seulement pour ma famille mais pour les nouvelles générations qui, comme la fillette qui apparaît au début du documentaire, ignorent tout de cette Histoire

Tania de los Andes Fonseca, fille de Carlos Fonseca

Alors que beaucoup de films ne la peignent que par petites touches, ce documentaire donne accès à la séquence complète de l’Histoire

Gilda Bolt, Ambassadrice du Nicaragua au Salvador

Il faut que la jeunesse le voie dans tout le Nicaragua

Tomás Borge, Commandant de la Révolution, lors de la première du film à Managua.

 

La journaliste Sonia Contreras (au centre)

La journaliste Sonia Contreras (au centre), La Guajira, État du Zulia.

Interview du réalisateur Thierry Deronne par la journaliste vénézuélienne Sonia Contreras

Sonia Contreras – Que retiens-tu des témoignages rassemblés autour de la vie de Carlos Fonseca ?

Thierry Deronne : d’abord, la gorge nouée de beaucoup lorsqu’ils évoquaient la perte d’un leader visionnaire qui en même temps était le frère humble, celui qui te parlait avec clarté. Les paysans qui l’appuyèrent durant sa guérilla dans les montagnes se sont mobilisés pour participer au tournage en réactivant leur réseau. Pour projeter le documentaire dans diverses communautés, ils sont allés en charrette à chevaux emprunter un générateur d’électricité dans un village appelé La Concordia. Du froid des montagnes du nord du Nicaragua, nous est parvenue cette énergie, ce sentiment.

Sonia Contreras – Comment as-tu procédé pour ton enquête ?

Enquête parmi les collaborateurs historiques de El Carmen, Matagalpa.

Enquête parmi les collaborateurs historiques de El Carmen, Matagalpa.

Dès le début l’objectif fut de contribuer à écrire une Histoire détruite par les grands médias, pour la rendre au peuple, en particulier à la jeunesse. Avant de commencer à enquêter, je me suis demandé : comment nous libérer de la “Fin de l’Histoire” et du dogme de ¨la Vie”, de l’intimisme des tranches de vie télévisées qui règnent depuis les années 80, de ce centrage sur l’individu qui est une forme subtile d’obscurantisme ? La première réponse fut que si ce sont les peuples qui font l’Histoire, nous devons la raconter de leur point de vue. Écouter celles et ceux qui ont lutté dans l’ombre avec Fonseca ne revient pas à nier l’individu mais à lui rendre sa vraie dimension. La priorité fut donc de retrouver celles et ceux qui ont connu personnellement Fonseca, mais aussi d’incarner la mémoire populaire dans des personnages anonymes. C’est une idée empruntée à Rius, un extraordinaire dessinateur mexicain qui raconte l’Histoire et vulgarise la philosophie à partir de petits personnages populaires en marge du texte. D’autre part, le Carlos de 1976 n’est plus celui de 1936 parce que l’Histoire l’a transformé, il fallait donc s’immerger dans la reconstruction d’une dialectique sociale, économique, politique, avant de pouvoir écrire le scénario.

Sonia Contreras – Tu disais que ce qui t’a motivé était le risque de voir disparaître la mémoire de Carlos Fonseca Amador. En faisant ce film, qu’as-tu découvert ?

Carlos Fonseca emprisonné en 1969 au Costa Rica. Un appel international fut lancé pour sa libération avec parmi les signataires, un certain jean-Paul Sartre.

Carlos Fonseca emprisonné en 1969 au Costa Rica. Un appel international fut lancé pour sa libération avec parmi les signataires, un certain Jean-Paul Sartre.

T.D. –  Si nous parlons encore aujourd’hui de Fonseca (ou de Simón Bolívar, de Simón Rodríguez, de Augusto Sandino), c’est parce qu’ils ont fait le ¨travail¨. Fonseca fut une intelligence supérieure à son temps : il voulait la formation intégrale comme garantie de l’irréversibilité d’une révolution socialiste. Il a donné des cours à ses militants jusqu’au dernier jour pour organiser les combattants, collaborateurs, les cadres qui l’entouraient. Pour lui l’unité, la modestie, la sincérité, étaient les ferments d’un nouveau type de conscience. Cette vision, Fonseca la puisait chez Sandino, le rebelle nicaraguayen des années 30, adoubé Général des Hommes Libres par ses paysans-soldats métis et indigènes. Or, dans les rares écrits de Sandino, recueillis, étudiés, publiés par Fonseca, on trouve le ¨Plan de réalisation du rêve de Bolívar¨ dans lequel il propose aux 21 gouvernants latino-américains la création d’une banque latino-américaine pour le développement, de voies de communication, d’une citoyenneté et d’un passeport latino-américains, d’une cour de justice et d’une force de défense commune constituée par les nations latino-américaines pour garantir leur souveraineté et du canal interocéanique dont le gouvernement de Daniel Ortega vient de lancer la construction et qui va devenir un moteur économique très puissant… Sandino avait tout pensé dans les années trente… Hé bien nous y sommes… Si tu lis l’Histoire avec les yeux du principal sujet historique, de la majorité sociale, tu te rends compte qu’aujourd’hui le Nicaragua réalise peu à peu le programme historique conçu par Carlos Fonseca : une assemblée nationale à majorité féminine, l’appui direct au petit producteur agricole, l’armée populaire et patriotique, l’autonomie de la Région Atlantique, l’unité des peuples d’Amérique Latine et les réalisations de l’ALBA, tout ne fait que commencer. Et même s’il est à la mode en Europe de dire que « le sandinisme n’est plus ce qu’il était » ou de parler de « fin de cycle », la popularité des sandinistes et le vote d’une majorité d’électeurs en faveur de leurs politiques, comme on vient encore de le voir aux municipales de novembre 2017, inviterait à plus de prudence et à moins de projection. Depuis le retour du Front Sandiniste au gouvernement en 2006, la pauvreté générale est en baisse constante, ce qui n’était pas possible dans les années 80 à cause de la guerre contre le développement menée par l’administration Reagan.

Sonia Contreras – Carlos publia en 1975 le manifeste clandestin ¨Qu’est-ce qu’un sandiniste ?¨ où il jetait les bases morales du militantisme : « Le sandiniste doit posséder un authentique esprit critique, car cet esprit donne plus de consistance à l’unité, la renforce et lui donne sa continuité, alors qu’une critique mal comprise et qui met en péril l’unité perd son sens révolutionnaire¨. Qu’en penses-tu dans le cadre de la révolution bolivarienne ?

T.D. – Pour Carlos il fallait à tout prix éviter l’inclusion dans le Front d’éléments petit-bourgeois qui débarquent avec leurs critiques ¨démocratiques¨. Carlos préférait enseigner aux travailleurs l’art de la critique à partir des erreurs pour ¨être plus¨ comme disait Paulo Freire… Aujourd’hui au Venezuela, grâce à l’impulsion de Nicolas Maduro, la révolution bolivarienne tente de faire émerger le nouveau pouvoir des organisations communales, il y a un déplacement du champ politique classique, d’où découle la possibilité, la nécessité d’une critique et d’une autocritique populaire. La guerre médiatique non seulement nous empêche de voir le passé et le futur, elle déplace et occulte ce qui devraient être les champs principaux de l’information. Nous devons sortir du cercle argumentaire des médias pour pouvoir informer et réfléchir sur ce que nous faisons autour d’une nouvelle forme de vie, sur ce que signifie un pouvoir, une économie exercée par des communes organisées. C’est là où on comprend que la critique populaire n’a rien à voir avec la critique ¨médiatique¨ que pratiquent la plupart des journalistes. Il y a une autre ressemblance de Carlos Fonseca avec Hugo Chávez : tous deux parlaient la langue du peuple. Fonseca recommandait aux cadres de s’exprimer dans un langage clair. Rafael Correa aime citer Fonseca : ¨Il faut critiquer de face et faire l’éloge dans le dos”.

Sonia Contreras – Comment s’est passée la participation du Commandant Tomás Borge ?

Tomás Borge, de retour dans la prison où il subit neuf mois de torture

Tomás Borge, de retour dans la prison somoziste où il subit neuf mois de torture.

T.D. – Malgré sa santé fragile – il allait mourir quelques mois plus tard –  il nous a beaucoup aidés. Sous son caractère rude, on percevait une grande nostalgie. Au début du film, on le voit rencontrer par hasard une jeune étudiante et il lui demande si elle sait ce que fit Somoza. Elle l’ignore et Borge est abasourdi, il n’arrive pas à le croire, ne comprend pas. Comment une lycéenne peut-elle ignorer que ce dictateur installé par les États-Unis a assassiné 200.000 nicaraguayens ? Lors du montage final il nous a rappelé cette rencontre, il voulait montrer le film aux quatre coins du pays. Il vint à la première, à la Cinémathèque de Managua, pour demander aux adolescents de ne pas oublier les causes de la révolution. Les derniers mots qu’ils nous a adressés furent : ¨Entre nous, Carlos Fonseca était beaucoup plus grand que toute la révolution sandiniste¨.

Sonia Contreras – Si nous situons le documentaire dans l’ici et maintenant de la révolution bolivarienne, que peut-il nous apporter de plus ?

T.D. – Dans le documentaire nous mettons l’accent sur un épisode de la lutte sandiniste aussi fondateur que notre 4 février 1992 au Venezuela, c’est la Geste Héroïque de Pancasán, en 1967. Du point de vue militaire ce fut une lourde défaite pour la guérilla mais qui se transforma en victoire morale parce qu’elle montra au peuple que les sandinistes étaient capables de mourir pour lui. Cet épisode fit beaucoup pour marquer la fin de l’apathie, pour réveiller  la Nation nicaraguayenne. Ce qui pousse à réfléchir sur l’idée fondatrice d’unité civico-militaire. Dans le Programme Historique des sandinistes, Carlos Fonseca insère la création d’une ¨armée populaire et patriotique¨. Sandino est à Fonseca ce que Zamora est à Chavez. Depuis les montagnes du nord du Nicaragua, Sandino rappelait ¨nous ne sommes pas des soldats mais des citoyens armés¨ et depuis son ¨llano¨ vénézuélien, Ezequiel Zamora, autre général paysan, posait sur son képi militaire un chapeau paysan pour symboliser cette double nature de soldat/peuple.Brvz3t2IcAArhQg

A partir de ces racines, Fonseca et Chavez comprennent que défendre durablement un processus révolutionnaire, signifie défendre la souveraineté tout en élevant le niveau de conscience. Tous deux croient dans une police et dans une armée non répressives, au ¨citoyen armé¨ dont parle Sandino. Carlos Fonseca admirait Ho-Chi-Minh pour sa capacité à créer une armée populaire, s’opposait aux enlèvements et préconisait la formation de gardes nationaux du somozisme pour les humaniser et les insérer dans le processus révolutionnaire. Un jour que son jeune fils, pour un jeu dans le quartier, l’interroge sur les grades militaires, Fonseca lui répond que le plus haut est celui de ¨simple soldat”. Comme pour Chavez, c’est ce concept civico-militaire qui provoque la rupture de Fonseca avec la gauche classique, assez éloignée du peuple et qui préférait, dans le cas du Nicaragua, ¨attendre les élections¨.

Quand Fonseca s’oppose à ce pacifisme de l’opposition à Somoza il réaffirme la nécessité d’une voie politico-militaire pour que la révolution puisse se défendre et se construire à long terme, et relie le Front Sandiniste à son ancêtre, l’Armée de Défense de la Souveraineté Nationale mise sur pied par Sandino. A Caracas, en janvier 2013, Evo Morales nous disait : “En Bolivie aussi nous avions des forces armées désidéologisées qui terrorisaient les enfants, des soldats utilisés pour tuer. Nous avons expulsé les étasuniens de notre État-Major, de même qu’au Vénézuéla. Ce que garantit la révolution bolivienne ce sont des mouvements sociaux alliés à des forces armées conscientes.”

Tournage dans les montagnes de Matagalpa.

Tournage dans les montagnes de Matagalpa.

Sonia Contreras – Tu parlais de la mémoire paysanne, de ceux qui appuyaient la lutte du guérillero Fonseca, qu’as-tu appris auprès d’eux ?

T.D. –L’enquête a révélé le rôle peu connu des syndicats ruraux dans la genèse de la guérilla du FSLN. Les bases de la guérilla de Pancasán s’enracinaient dans les luttes menées par les journaliers indigènes pour améliorer leurs conditions de travail et pour récupérer leurs terres ancestrales. Comme dit le commandant Borge dans le film, “beaucoup ont été assassinés parce qu’ils aidèrent le Front sandiniste, ils ont offert leurs vies”. C’est un autre élément important de l’enquête : sous chaque silence il y a la voix de ceux qui parlent sous la terre, des corps sans sépulture qui flottent sur nos têtes, qui continuent à penser pour nous, qui nous pressent d’agir. Parmi les points du programme historique du Front Sandiniste, Carlos Fonseca inscrivit “Vénération des martyrs” pour que les anonymes des poèmes de Roque Dalton, les “Saints” de Leonel Rugama, donnent un sens à nos vies.

Images du film

Víctor Guillen dans la nuit de Pancasán. Guide de la guérilla de Carlos Fonseca en 1967.

Víctor Guillen dans la nuit de Pancasán. Guide de la guérilla de Carlos Fonseca en 1967.

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Le paramilitarisme colombien profite de « la paix » pour se déployer à la frontière avec le Venezuela

paracos_fronteraLa reconfiguration du champ politique et du territoire colombiens suite aux accords de paix signés avec les FARC a donné lieu à une nette progression du paramilitarisme dans tout le pays voisin, principalement dans les régions de production intensive de coca et à la frontière avec le Venezuela.

Par Mision Verdad, novembre 2017

La para-économie colombienne, qui parasite massivement l’économie du Venezuela, s’étend sur un territoire  principalement situé à la frontière binationale dont Cúcuta constitue l’épicentre. Les autorités colombiennes se sont déclarées « impuissantes » à stopper ce trafic qui, s’aidant de certaines astuces juridiques pour légaliser les marchés parallèles, fortifie le néo-libéralisme colombien grâce aux subventions du socialisme bolivarien.

Le Département du Nord de Santander, dont la capitale est Cúcuta et dont le gouverneur appartient au parti du président Juan Manuel Santos, compte parmi les trois Etats présentant le plus grand nombre de “cultures illicites”. Depuis l’an dernier déjà, lors de l’instauration d’un cessez-le-feu unilatéral par les FARC, des conflits entre bandes paramilitaires ont été signalées dans ce département, surtout dans la zone urbaine de Cúcuta où la lutte entre des groupes paramilitaires comme « Los Rastrojos » et le Cartel du Golfe pour le contrôle des routes de contrebande s’intensifiait.

Même si la propagande médiatique évoque un soi-disant combat des forces de sécurité colombiennes contre ces groupes criminels, qui se font de plus en plus puissants dans la région, il est indubitable que le paramilitarisme se développe et se renforce en Colombie. Après la démobilisation des FARC, les forces armées colombienne se sont focalisées sur ce qu’elles appellent le post-conflit et sur le contrôle d’une dénommée « structure de menaces permanentes » (SAP) qui, selon les autorités, serait formé de dissidents des FARC et de l’ELN n’ayant pas négocié la « paix » avec le gouvernement ainsi que de bandes paramilitaires.

Reconfiguration du narco-Etat colombien

Cependant, l’alliance entre les forces armées colombiennes et les différents groupes paramilitaires existant dans ce pays est telle que dans la mesure où les FARC ont été évacuées de leurs territoires, les corps de sécurité de l’Etat colombien s’assurèrent que ces espaces soient réoccupés par ces mêmes bandes criminelles, consolidant ainsi le narco-Etat en toute « légalité ». Derrière cette nouvelle reconfiguration se cache le contrôle exercé par les cartels de la drogue mexicains et états-uniens sur les mafias colombiennes. C’est un problème d’une telle ampleur que le mieux que puisse faire le président Santos est de regarder ailleurs et d’attaquer le Venezuela.

La lutte pour le contrôle de l’intégralité du territoire colombien est une réalité tangible dans le cadre d’une guerre qui se poursuit malgré les accords signés avec les FARC, car, comme on pouvait s’y attendre, la démobilisation de la plus importante des guérillas sert davantage la consolidation du narco-Etat et la soumission aux projets des Etats-Unis qu’à l’établissement d’une véritable paix. Les matrices d’opinion répandues par les médias tentent d’imposer l’idée que le Venezuela est le théâtre d’opérations de cette lutte entre groupes paramilitaires, cherchant implicitement à légitimer le bellicisme du gouvernement de Juan Manuel Santos envers le processus bolivarien.

La débâcle et les fortes divisions internes de l’opposition vénézuélienne et le relâchement partiel des tensions politiques ont entraîné le besoin d’amplifier les voyages à l’étranger et les effets d’annonce (“Prix Sakharov” décerné par la droite du parlement européen à la droite vénézuélienne, World Tour de Luisa Ortega, etc…) pour pallier cette faiblesse électorale, mais aussi de multiplier les manœuvres contre la souveraineté du Venezuela, comme la contrebande de billets de banque, d’essence et d’autres produits d’origine vénézuélienne, l’offensive contre le bolivar et l’augmentation du narcotrafic. Le président Maduro a fait le lien entre le président Juan Manuel Santos et la progression de ces mafias dans la zone frontalière.

Les médias colombiens tirent à boulets rouges sur le Venezuela

La presse colombienne – un oligopole privé aux mains de l’élite économique au pouvoir – veut imposer le storytelling selon lequel les groupes paramilitaires colombiens trouvent plus sûr de se disputer le pouvoir du côté vénézuélien de la frontière plutôt que du leur, en raison du contrôle qu’y exercent les forces armées de Colombie et parce que le Venezuela serait le premier intéressé par la contrebande de ses produits d’extraction, qu’il organise lui-même ou qu’il introduit en Colombie.

Les médias colombiens martèlent que le Venezuela ouvre ses routes  au narcotrafic depuis la Colombie, principal producteur de drogue au monde, jusqu’à la mer des Caraïbes. Dans ce renversement du responsable et de la victime, les médias de Bogota accusent les Forces Armées Nationales Bolivariennes (FNAB) de disculper son propre appareil militaire et les nombreux parapolitiques qui occupent les gouvernements et les mairies de départements frontaliers comme le Nord de Santander.

Les paramilitaires colombiens veulent élargir la frontière à leur guise

Les incohérences sautent aux yeux. Un exemple : « El Tiempo »  (média colombien appartenant à la famille Santos) a décrit brièvement les  affrontements qui eurent lieu en mai dernier du côté vénézuélien de la frontière, les morts et les blessés ayant été évacués vers des hôpitaux de Cúcuta sans aucune procédure de transfert ou de déportation.

Ces actions de propagande combinées à la simulation « d’attaques armées  » de l’armée bolivarienne en territoire colombien tentent d’établir une base de légitimité politique dont  Juan Manuel Santos pourrait se servir à moyen terme pour se présenter comme un « gouvernement agressé » devant se défendre face au Venezuela.

Infiltration paramilitaire en territoire vénézuélien

La défaite politique de la droite que représente l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) a donc renvoyé la balle dans le camp international, les affrontements de plus en plus fréquents entre les forces armées bolivariennes et des bandes criminelles comme celle de « Los Rastrojos »  indiquent une augmentation des incursions paramilitaires sur le territoire vénézuélien lui-même.

Les 120 jours de violence qui secouèrent le Venezuela à la mi-2017 avec un solde de près de 100 morts (imputés par les médias internationaux au gouvernement Maduro), ainsi que les sabotages et les actions de guerre urbaine dans les Etats frontaliers (à Táchira et Mérida surtout) trouvèrent dans des bandes paramilitaires comme « Los Rastrojos » les hommes de mains indispensables.

Ce chapitre de la violence meurtrière heureusement stoppé depuis l’élection de la Constituante à la fin du mois de juillet, le paramilitarisme se reconstitue comme Terminator, de l’autre côté de la frontière : le « processus de paix »  génère une réactivation du paramilitarisme, une confrontation interne pour le contrôle territorial et économique et un déploiement d’activités économiques illégales qui servent à les financer dans la zone frontalière. Ces niches para-économiques sont liées à la contrebande de billets de banque et de marchandises – aliments, médicaments, etc. ainsi qu’à la manipulation du taux de change entre le peso et le bolivar qui non seulement facilite le blanchiment des capitaux du narcotrafic mais favorise aussi la hausse du dollar parallèle dont la « base de calcul », protégée légalement par l’Etat Colombien,  se trouve à Cúcuta.

Les liens qu’entretiennent ces bandes avec l’opposition vénézuélienne ont été dénoncés par le Président Nicolas Maduro; quant au groupe « Los Rastrojos », sa présence au Venezuela et sa participation à la contrebande de combustibles vénézuéliens et à d’autres trafics en rapport avec le dollar parallèle deviennent de plus en plus évidentes. Au cours des cinq dernières années, les arrestations au Venezuela de chefs de cette bande sont devenues fréquentes, preuve évidente de leur activité. L’une des plus importantes arrestations après celle de « Diego Rastrojos » en 2012 dans l’Etat de Bolivar, eut lieu en septembre dernier (voir “alias Commandant Camilo”voir “alias Commandant Camilo”) dans la ville dont est originaire la gouverneure du Táchira appartenant au parti d’opposition “Action Démocratique”, Laidy Gomez.

On se demande pourquoi le gouvernement colombien n’a pas manifesté sa reconnaissance légitime pour ces actions du Venezuela contre les paramilitaires, comme c’est l’usage en diplomatie bilatérale.

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En 2017, les fosses communes et les « faux positifs » de l’ère Uribe-Santos commencent à peine à émerger du silence médiatico-gouvernemental. Les réseaux paramilitaires qui ont, avec l’armée, perpétré ces violations massives des droits humains, sont aussi les formateurs, les fournisseurs en armes, en argent et en hommes de main des insurrections de la droite au Venezuela – que les médias nous présentent comme des « révoltes populaires contre la dictature de Maduro ».

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Le milliardaire Henrique Capriles Radonsky, un des leaders de la droite vénézuélienne, avec un des principaux articulateurs du réseau paramilitaire – l’ex-président colombien Alvaro Uribe.

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Autre protégé d’Uribe, autre oligarque vénézuélien : Leopoldo Lopez. Jugé et emprisonné pour l’organisation de violences qui ont fait des dizaines de morts, ce leader de d’extrême droite serait selon les médias occidentaux détenu… « pour ses opinions » (sic). Pour plus de détails en photos sur ces « combattants de la démocratie », voir « Venezuela : la presse française lâchée par sa source ? », http://wp.me/p2ahp2-20J

Extension du champ de bataille dans la zone frontalière

Des massacres commis par l’Etat colombien à l’encontre de son propre peuple sont révélés quotidiennement. Une nouvelle fosse commune découverte à La Macarena (département du Meta) et contenant plus de 2000 cadavres, victimes présumées de l’opération « faux-positifs » menée par l’ex-président Alvaro Uribe avec le soutien de son ex-ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, a secoué, une fois de plus, l’opinion publique il y a quelques semaines.

Alors que la Colombie vit une situation de précarisation sociale et que les forces de sécurité et les paramilitaires assassinent chaque semaine des leaders sociaux, politiques, des journalistes, des défenseurs des droits humains, des paysans, des indigènes, un rapport comme celui de la « Fondation Idées pour la Paix« , intitulé « Crime organisé et saboteurs armés en période de transition«  (dans lequel le Venezuela est cité plus de vingt fois), signale parmi les nombreuses sources de financement de ces bandes, le trafic d’essence, de bétail et d’aliments du Venezuela vers la Colombie en règle générale. On cherche aussi à répandre la fausse idée selon laquelle le gouvernement de Santos prépare le chemin de la paix en Colombie, faisant abstraction du rôle fondamental joué par le Gouvernement Vénézuélien dans ces accords. Ce rapport rejette la faute d’un éventuel échec de ce qu’il appelle la « transition » sur le Venezuela.

Il dénonce le renforcement de la bande « Los Rastrojos » sur le territoire vénézuélien et le met au compte de la « grave détérioration de la situation sécuritaire au Venezuela, encore aggravé par l’existence d’une collusion criminelle à de nombreux niveaux du Gouvernement« . L’idée centrale dudit rapport  étant que « le développement de structures locales du crime organisé plus réduites, y compris celle des « Rastrojos » peut mettre en péril la transition vers le post-conflit en Colombie« .  En conclusion, il offre une argumentation très dangereuse qui pourrait bien justifier une ingérence plus forte du gouvernement de Santos dans les affaires intérieures du Venezuela et laisse entrevoir la possibilité d’autres « faux-positifs ».

Cette pratique des « faux-positifs » qui maintient le gouvernement vénézuélien  en état d’alerte, en particulier le Ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez. Les offensives économiques et monétaires dans la zone frontalière, ajoutées aux sanctions états-uniennes défendues par le gouvernement de Santos sur le plan diplomatique et à la réorganisation du paramilitarisme utilisé comme un instrument de guerre asymétrique démontrent que le vrai danger qui  menace actuellement ne provient pas de chez nous, mais bien de chez nos voisins.

Source : http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/paramilitarismo-colombiano-dispara-a-la-soberania-venezolana-en-la-frontera

Traduction : Frédérique Buhl

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Comment fonctionne une commune au Venezuela (BBC Monde)

Par Daniel Garcia Marco (@danigmarco) BBC Monde, Caracas. 1er novembre 2017

Déjà malade, quelques jours après avoir remporté sa réélection et six semaines avant sa dernière apparition télévisée, Hugo Chavez était très mal à l’aise. C’était le 20 octobre 2012. Il avait encore six ans de mandat devant lui, mais, sans doute poussé par la maladie, sentait le besoin d’accélérer son projet socialiste. « Est-ce que je vais continuer à prêcher dans le désert ? » houspilla-t-il ses ministres, auxquels il reprocha de ne pas avoir lu un livre sur l’histoire des communes chinoises remis quelque temps auparavant. Maduro baissa les yeux, comme les autres ministres, donnant raison à Chavez qui lança : « la commune ou rien ! Nicolas, je te confie ce projet comme je te confierais ma vie : les communes ». Avec le temps, cette phrase est apparue comme un testament.

5 ans ont passé. L’actuel président Nicolas Maduro, aux prises avec une grave crise économique, n’a pas fait  des Communes sa priorité. C’est une chose qui pourrait bien changer avec l’actuelle Assemblée Nationale Constituante (ANC), ce corps plénipotentiaire élu par la population le 30 juillet dernier pour réformer l’État et rédiger une nouvelle Constitution. « J’en appelle à une Constituante profondément ouvrière, profondément communale » avait dit Maduro le 1er mai. Désormais installée depuis début août, l’ANC pourrait réaliser ce que Chavez ne put faire: donner à la Commune un rang constitutionnel.

« Âme du socialisme réel »

Mais, qu’est-ce qu’une Commune ? C’est une forme d’organisation basée sur l’autogouvernement et l’autogestion qui possède son propre modèle économique. La sublimation du « pouvoir populaire » que recherchait Chavez. « L’âme du projet de socialisme réel », disait le leader de ce que l’on a appelé la Révolution bolivarienne. L’un de ses plus grands exemples est la Commune socialiste Panal 2021 (Panal signifie : « nid d’abeille ») dirigée par le collectif ou la fondation Alexis Vive.

Panal 2021 a, au-delà de la « commune chinoise » plusieurs référents : les communes des zapatistes au Mexique et la Commune de Paris, un mouvement insurrectionnel qui gouverna la capitale française durant une brève période en 1871.

Panal 2021 se situe dans le quartier 23 janvier ; sans doute le quartier populaire le plus politisé d’Amérique Latine, un bastion de la gauche malgré le triomphe de l’opposition aux élections parlementaires de 2015.

La commune regroupe huit grands blocs d’immeubles, 3600 familles, 13000 habitants. Parmi eux, il y a de nombreux opposants, ce qui n‘empêche pas beaucoup d’entre eux participent à la logique communarde.

« Nous voulons que ce « Commune ou rien » de Chavez ne reste pas un slogan, qu’il soit une action quotidienne. La révolution, ce ne sont pas les ministres qui la font mais les peuples organisés », dit à BBC Monde Ana Marin, porte-parole de l’organisation anticapitaliste Alexis Vive.

Cette commune a démarré en 2006 et elle se distingue par la prise des décisions en assemblées et par des « moyens de production sociale », c’est-à-dire, des petites entreprises telles qu’une boulangerie, un atelier textile et une fabrique d’empaquetage de sucre qui sont entre les mains de la communauté.

Pour sa création, elle a compté sur une aide initiale de l’État, qui a animé et financé l’autogestion. La commune Panal 2021 s’est étendue à d’autres zones de Caracas et même à d’autres régions du pays. Et elle aspire à continuer de croître.

La commune, qui possède sa propre banque pour l’attribution de microcrédit, est en train de mettre la dernière main à la frappe de sa propre monnaie, le Panal, qu’on utiliserait pour payer une partie du salaire des travailleurs, lesquels pourraient dépenser leur argent dans les magasins de la commune. Pour eux, la logique capitaliste de l’offre et de la demande ne s’impose pas. « Il s’agit d’une économie planifiée, qui n’est pas au service du capital mais au service du bien commun et de la répartition équitable de la richesse » affirme Marin, qui assure que les « unités productives » sont rentables.

« Nous ne sommes la main d’œuvre de personne »

L’atelier textile constitue un exemple d’activité. Un portrait en couleur de Chavez domine cet espace où se trouvent plus d’une dizaine de machines à coudre et une machine à broder acquises avec les ressources du gouvernement du District capitale de Caracas. « Ici, il n’y a pas de chef. Ni d’employés. On les appelle des producteurs. Il s’agit d’une organisation horizontale » : José Lugo, porte-parole de l’économie communale, me le montre avec un exemple. Il appelle deux jeunes femmes, je leur propose un prix pour la confection d’uniformes. Toutes les deux me répondent de la même façon, au grand contentement de Lugo : « Nous devons convoquer une assemblée dans laquelle nous fixerons le prix de notre produit ».

«Il n’y a personne qui nous impose le prix que va coûter notre force de production », renchérit Lugo. « Nous ne sommes la main d’œuvre de personne. Nous sommes une force productive. C’est ce que nous a enseigné le Commandant Hugo Chavez Frias », ajoute-t-il.

Dans l’atelier on confectionne des sacs, des tee-shirts et des uniformes avec le logotype d’une abeille du Panal 2021. Les douze productrices connaissent toutes les étapes du processus textile. Elles ont commencé avec six machines et en ont désormais 19 ainsi qu’une camionnette pour la distribution. Les excédents que génèrent cet atelier et le reste de ce que l’on appelle « les unités socio-productives », affirment les porte-parole, sont réinvestis dans la communauté ; celle-ci propose des prix beaucoup plus accessibles car dans la Commune on évite les canaux de distribution, argument-ils.

Une enquête du portail digital local Armando.Info a dénoncé, néanmoins, le fait que le tissu entrepreneurial est en train d’apporter des bénéfices surtout à l’équipe de direction d’Alexis Vive. BBC Monde n’a pu joindre son responsable, Robert Longa.

Pas besoin de policiers

La commune, c’est aussi le contrôle social. Marin s’enorgueillit du fait que le niveau de scolarisation soit plus élevé qu’ailleurs et du haut niveau de sécurité grâce au système de caméras de surveillance. « Nous faisons office d’intelligence sociale. Les caméras représentent un mécanisme de prévention et de dissuasion » dit Marin ; elle assure que les habitants sont actifs et signalent la présence d’éléments externes. La porte-parole nie, cependant, que le collectif Alexis Vive dispose d’armes. Nombre de ces groupes ralliés au gouvernement chaviste, sont accusés de constituer les forces de choc de la dite révolution bolivarienne.

L’autogestion fait qu’eux-mêmes contrôlent leur territoire, affirme la porte-parole. « Ici, il n’y a pas de police, non pas parce qu’elle ne peut pas entrer, mais parce qu’elle n’est pas nécessaire » assure-t-elle. Quant à sa structure, la commune du Panal 2021 se divise en « petits nids », qui se composent de 10 à 12 habitants par bloc, responsables d’environ 300 familles.

Les « nids »apportent des propositions aux assemblées ordinaires, qui se tiennent dans la salle omnisport tous les 15-20 jours. Là, on décide à mains levées. Il n’y a pas de vote secret et universel.

Marin reconnaît le leadership du collectif Alexis Vive en matière de proposition ; il est dirigé par Longa et constitué d’un noyau dur de quelques 50 personnes. « Ici les gens se plient toujours à ce que nous décidons. Non pas parce que c’est l’Alexis Vive qui doit décider de tout, mais parce que nous avons la confiance des gens » dit Marin.

La disparition de l’État ?

L’objectif final, me dit Lugo, c’est que cette commune, l’une de celles qui ont les plus importantes ressources et organisation, soit autosuffisante et en mesure d’être autogérée.

C’était le rêve de Chavez ; en 2007, les poches pleines de pétrodollars, réélu avec la plus large majorité, avec une opposition détruite et une fois dépassées les difficultés sous forme de coup d’état, chômage pétrolier et autre, il relança son idée d’État communal. « C’est la culmination du projet politique de Chavez », dit à BBC Monde l’historienne et professeure Margarita Lopez Maya qui a évolué vers une position critique, et a étudié à fond le projet du commandant. Chavez a tenté d’introduire le nouveau schéma d’organisation territoriale dans la réforme de la Constitution qu’il proposa en 2007. Néanmoins, lors du référendum,  il essuya l’une de ses rares défaites électorales.

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Malgré tout, il continua. En 2010, la Loi Organique de Communes, fut approuvée ; on y développe l’idée d’État Communal, une nouvelle forme d’organisation « qui permettra aux vénézuéliens et aux vénézuéliennes d’atteindre le bonheur social dans la société socialiste » dit le texte.

L’évolution socialiste de Chavez

Chavez cherchait à rompre avec la Constitution de 1999 – elle sera à présent réformée par l’Assemblée Constituante – nombreux sont  les chavistes qui qualifient ce texte de trop bourgeois et libéral. « La discussion consiste à savoir si Chavez a toujours voulu le socialisme et qu’il n’a pas pu le mener à bien jusqu’à ce qu’il ait un pouvoir sans contrepoids ou si, en vérité, il s’est peu à peu laissé convaincre par le socialisme » expose Lopez Maya; elle voit dans ce tournant une claire influence du modèle cubain et de Fidel Castro, qui, lui aussi, vira au socialisme après avoir gagné le pouvoir dans l’île.

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La mort de Chávez, la chute des prix du pétrole et la crise économique ont mis un frein – pour le moment – au rêve du commandant. « Sur le chemin que nous avions parcouru avec le président Chavez, nous avons un peu reculé avec le président Maduro du fait de tout ce qui s’est passé » admet José Lugo, le porte-parole économique de Panal 2021.

« Mais, avec l’Assemblée Constituante, ce que nous avons reculé, nous allons le parcourir quatre fois plus vite, en marche avant », confie-t-il.

BBC Monde n’a pas reçu de réponse à sa demande d’entretien avec le Ministère des Communes et avec la Commission de la Constituante pour le renforcement de la Démocratie participative, les Communes et les Conseils Communaux. L’idée de la Constituante consiste à renforcer les liens entre le peuple et l’État, mais Lugo poursuit un objectif plus lointain : « L’intention, au bout du compte, c’est de démonter l’État, c’est ce que disait le commandant Chavez : en finir avec la bureaucratie, réduire l’État dans la mesure du possible. Ce serait l’idéal ».

« Ceci pourrait paraître une utopie, mais nous sommes bien là », dit-il.

Source : http://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-41827684

Traduction : Sylvie Carrasco

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Lire et offrir « Des taupes à Caracas » de Géraldina Colotti

Traduit de l’italien par Anne MARSALEIX


Préface de Maurice LEMOINE

Ce livre raconte un voyage en deux temps qui s’est déroulé sur une année : en février et mars 2011, puis en janvier et février 2012.

S’il ne verse pas dans le retour au tiermondisme, la recherche stérile de « modèles » ou l’enthousiasme sénile de l’ancien combattant, cet ouvrage assume donc un parti-pris. Du costume de l’enthousiaste ou de celui de l’impartiale, aucun ne me convient vraiment. La vie m’a appris que la plus précieuse des libertés, même dans des situations difficiles, voire extrêmes, est celle de pouvoir choisir. En politique, si vous ne faites pas de choix, quelqu’un d’autre s’en chargera, et cela fait partie du jeu.


Pour ce que j’en ai vu, l’essence du Venezuela bolivarien se situe dans le réveil d’une extraordinaire participation populaire : la passion pour la politique, au sens de la gestion de la polis, par l’exercice constant de l’agora par les exclus, ces « affreux, sales et méchants » qui, aux confins épuisés de la gauche comme il faut, suscitent « le dégoût et l’horreur » qu’exprimait Tocqueville à l’évocation d’Auguste Blanqui.
Dans ce livre, ce sont surtout eux, les « invisibles », qui parlent : des femmes et des hommes de toutes les couches populaires, devenus protagonistes au pied levé.

G.C.

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La campagne pour élire les maires en décembre 2017 commence au Venezuela

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Dans sa conférence de presse du 31 octobre, la présidente du Conseil National Electoral (CNE), Tibisay Lucena (photo), a fait savoir ce soir que 4800 citoyens avaient déposé leurs demandes de candidatures pour les élections municipales, prévues pour décembre de cette année. Elle a indiqué que sur ce total 4016 sont des hommes et 784 des femmes. (Note : depuis lors ce chiffre a augmenté : ils étaient 7106 candidats le mercredi après-midi, le deadline pour inscrire les candidats étant fixé à ce jeudi 2 octobre à minuit, il y aura donc plus de partis et de candidats inscrits que ceux mentionnés dans cet article)

Mme Lucena a indiqué que la régularisation de la demande, qui doit se faire avec les pièces requises auprès des commissions électorales municipales, a déjà été réalisée par 18 porte-paroles, et a appelé le reste des partis politiques, groupes d’électeurs et citoyens à présenter sur initiative propre leurs postulations, dans le respect des étapes prévues dans le chronogramme et qui se termine ce 2 novembre.

Lucena a mentionné que pour ce nouvel évènement électoral, 82% des organisations politiques de dimension nationale qui existent dans le pays (elles sont 22 au total) ont déjà présenté leurs candidats et ont fait l’inscription de leurs candidats à travers le Système Automatisé de Demandes du CNE.

Pour ce qui est des 66 organisations politiques de dimension régionale, 84% ont fait la même démarche, et sont en train de présenter devant les conseils régionaux les éléments requis pour la régularisation de leurs candidatures.

Les partis politiques qui se sont inscrits sont: Comité de Organización Política Electoral Independiente (Copei), Movimiento al Socialismo (MAS), Movimiento Electoral del Pueblo (MEP), Partido Comunista de Venezuela (PCV), Movimiento Popular (MP), Movimiento Político Alianza para el Cambio (APC).

Se sont ajoutés aussi Patria Para Todos (PPT), Unidad Popular Venezolana (UPV), Partido Socialista Unido de Venezuela (PSUV), Por la Democracia Social (Podemos).

Avanzada Progresista (AP), Organización Renovadora Auténtica (ORA), Un Nuevo Tiempo (UNT), Tupamaro, Nueva Visión para mi País (Nuvipa), Nuevo Camino Revolucionario (NCR), Unión y Entendimiento (Puente) y Unidad Política Popular 89 (UPP 89) complètent la liste.

« Ce sont les organisations politiques qui ont inscrit sur internet leurs candidats et leurs candidates ou partiellement certains d’entre eux, et ont porté aux conseils municipaux leurs candidats et leurs candidates ».

Elle a rappelé que le Registre Electoral National qui sera utilisé pour ces élections est celui qui a été mis à jour du 15 juillet et qu’il a déjà été approuvé par l’ensemble des partis. Ce registre contient 19 millions 740 846 électeurs.

Inscriptions dans l’état du Zulia

Un ensemble de 15 citoyens se sont inscrits sur le Système Automatisé de Demandes pour la candidature au gouvernement de l’état de Zulia, pour les élections qui auront lieu en décembre de cette année, a également fait savoir Lucena ce 31 octobre.

Elle a détaillé que neuf de ces demandes ont été présentées par des vénézuéliens de leur propre initiative, alors que le reste l’a été par les partis politiques.

Dans l’état de Zulia un nouveau gouverneur sera élu, aussitôt que le Conseil Législatif de cette entité régionale a déclaré son absence absolue après le refus de Juan Pablo Guanipa de prêter serment devant l’Assemblée Nationale Constituante.

L’opposition avalise le processus

Face aux dénonciations de la part de dirigeants de partis d’opposition de « manque de garanties électorales » pour ces élections de maires qui auront lieu en décembre, Lucena a qualifié ces accusations d’imprécises. Elle a rappelé que toutes les organisations politiques ont avalisé publiquement la transparence et la fiabilité du système électoral vénézuélien en signant les audits réalisées à chaque processus.

« Disposer des conditions nécessaires pour la réalisation du processus électoral auxquelles toutes les organisations politiques ont participé a toujours fait partie des garanties de ce processus » a-t-elle souligné.

Elle a dit que les garanties sont données par le CNE « mais aussi construites par ces mêmes organisations politiques qui disent aujourd’hui qu’il n’y a pas de garanties alors qu’elles finissent toujours par participer aux scrutins, et avaliser les résultats comme ce fut, de nouveau, le cas des élections de gouverneurs : les partis d’opposition ou de la majorité ont signé l’audit post-électorale. »

Elle a ajouté que le processus électoral est normé et compte sur la présence d’inspecteurs électoraux; d’observateurs nationaux, d’un  accompagnement d’observateurs internationaux, de témoins de scrutin provenant des organisations présentes dans les registres électoraux subalternes; de conseils électoraux, de groupes de bureaux électoraux et de salles de totalisation des suffrages. Ainsi que de la transmission via internet des audits, d’une  commission technique électorale et de l’identification biométrique de l’électeur, avant qu’il se rende à l’isoloir.

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Signature de l’audit post-élection des gouverneurs par les différents partis politiques (14-16 octobre 2017)

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Postulats nationaux

Un total de 22 partis nationaux et 73 régionaux sont autorisés à présenter des candidats pour les élections municipales et pour le choix du gouverneur de l’état de Zulia, a fait savoir plus tôt dans la journée la rectrice du Conseil National Electoral (CNE), Tania D’Amelio, à travers son compte twitter @taniadamelio.

Elle a signalé que « les postulations pour les élections #Municipales2017 de gouverneur(e) de Zulia peut se faire soit via les représentants des partis politiques soit par initiative propre.

Par état

Pour l’heure, en attendant les dernières postulations, le CNE a déjà autorisé les partis régionaux suivants:

> Amazonas: Solución, La Plataforma, Puama, Merap, Tupaz, Geradivu, Orisur y Creea.
> Anzoátegui: US, Dale, PTA; URS; Tison y NP.
> Apure: Fuerza Ciudadana.
> Aragua: Puro Limón, Rena y AUP.
> Barinas: Frutos.
> Bolívar: M-100; EB y Pro Guayana.
> Carabobo: Proca, Usted, PMP, Camina, PMV, Conenzo, SCC, Seguimos, Progreso y Juega Limpio.
> Cojedes: Pasoco y TINA ES I.
> D. Amacuro: Meri, PIO, Yivi y Rios.
> Falcón: PLC; PQV y Goyova.
> Guárico: Proyecto Gente Nueva.
> Lara: Organización Fuerza en Movimiento.
> Mérida: Active, GI; Agen y PMI.
> Miranda: Por Amor a los Pueblos.
> Monagas: UPEM, DSM, PLRAS, MABS y MIPAM.
> Nueva Esparta: MRA, ARNE y NM.
> Portuguesa: Electores de Voluntad Independiente Venezolano.
> Sucre: Asis, Proalfa, Fichas, Mlsd, MPS, SR y TB.
> Táchira: Partido Orientación Revolucionaria Socialista.
> Vargas: Gentilicio de Vargas y Vargas Unida.
> Yaracuy: Convergencia, Yaracuy Unido, Nueges y MRS.
> Zulia: Partido Indep. del Zulia

Source: http://ciudadccs.info/4-800-ciudadanos-se-postulado-las-municipales/

Traduction: Cathie Duval

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Le Venezuela lance la campagne nationale contre la violence envers les femmes 

L’élection le 30 juillet dernier d’une Assemblée Constituante au Venezuela remobilise les énergies dans la bataille permanente pour développer les droits de la femme. Ce mercredi, dans tout le Venezuela, a commencé la campagne nationale contre la violence envers les femmes.  Les activités se dérouleront du 1er novembre au 10 décembre 2017 afin de sensibiliser tous les secteurs de la population au droit de la femme à une vie exempte de toute forme de violence. La campagne a démarré le mercredi 1 novembre sur le thème : « La paix commence à la maison, stop à la violence contre les femmes« .

Lors d’un entretien dans le cadre de l’émission « Encendidos » à Venezolana de Television, la Vice-Ministre pour la Protection des Droits de la Femme, Rebeca Madriz a la société à mener une évaluation interne sur ce plan dans chacun de ses secteurs et surtout d’introduire le thème de la violence contre les femmes en tant que délit dans le débat public et politique, ainsi qu’à exiger que les droits des citoyennes soient reconnus comme étant des droits humains.

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La Vice-Ministre pour la Protection des Droits de la Femme, Rebeca Madriz

Le programme des activités commence ce 1er novembre et durera jusqu’au 10 décembre, date à laquelle sera célébrée la Journée Internationale des Droits Humains ». A partir de 19 heures ce soir, des projecteurs de lumière violette illumineront symboliquement des espaces publics et touristiques du pays pour réaffirmer l’engagement du gouvernement à renforcer le dispositif de protection des femmes et des spots TV seront diffusés : https://twitter.com/twitter/statuses/925693161955000321.

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La Ministre des Droits de la Femme Blanca Eekhout (à gauche) lors d’un des meetings de la campagne conte la violence envers la femme.

Madriz a précisé que l’Etat soutiendra les institutions chargées de la défense des droits de la femme dont l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) qui discutera d’un projet de loi sur la création d ‘un Institut National de Défense des Droits des Femmes afin de développer des actions de promotion (défense, protection) face à ce phénomène qui représente un véritable problème social, d’Etat et de santé publique.

Dix ans après sa promulgation, la Loi Organique sur les Droits de la Femme à une vie exempte de violences sera révisée afin de potentialiser divers thèmes dans le domaine culturel, de renforcer la sensibilisation aux droits relatifs à l’égalité des sexes et de proposer une thérapie aux hommes qui usent de violence.

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Un débat national sera également ouvert sur la dépénalisation de l’avortement, la création d’un dispositif national de planning familial, l’actualisation du Code pénal et un programme de prévention et de réduction des grossesses précoces.

Rebeca Madriz a rappelé que la loi définit actuellement 21 délits de violence contre la femme allant de la violence physique à la violence psychologique, et que l’Institut National de la Femme (Inamujer) et le Ministère des Droits de la Femme ont mis en place un Bureau national d’assistance aux femmes victimes de violence, la Défendeure Nationale des Droits des Femmes, joignable au numéro de téléphone 0800 femmes (6853737) qui reçoit les plaintes et offrent les services de conseillères.

Source : http://ciudadccs.info/este-miercoles-comienza-campana-nacional-la-violencia-hacia-la-mujer/

Traduction : Frédérique Buhl

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Différences entre la lutte anticorruption menée par le Venezuela et celle dirigée par les Etats-Unis. 

29 octobre2017

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Tarek William Saab, Procureur Général de la République

L’Etat moderne et le capitalisme sont fondamentalement corrompus, c’est pourquoi dès leur apparition en Amérique Latine, la corruption y a existé. Depuis l’emploi que fit Santander des ressources de la Colombie afin de laisser les troupes du Libertador démunies de tout argent au 19ème siècle, la corruption s’est donnée deux objectifs : l’enrichissement personnel et la manipulation politique.

La nouveauté du XXè siècle fut la poursuite constante d’une prétendue « lutte contre la corruption » très sélective, dirigée par les Etats-Unis pour faire tomber des gouvernements considérés comme portant atteinte à leurs intérêts hégémoniques dans le monde, et surtout dans ce que ce pays considère comme son « arrière-cour ». Leur utilisation partiale, discriminante et très sélective de la lutte anti-corruption est basée sur cet objectif. Par exemple, la dite « Operation Lava Jato » au Brésil a réussi à atteindre son but : la destitution de Dilma Roussef de la Présidence sans que son implication dans les affaires de corruption et de négligence administrative dont elle fut accusée n’ait jamais été prouvée, ce que reconnurent même des médias tels que la BBC. L’objectif actuel est d’emprisonner le candidat favori des prochaines élections présidentielles, Lula Da Silva.

A l’inverse, les accusations de corruption contre Michel Temer, qui reposent pourtant sur des faits avérés , ont été rejetées et il continue à exercer la présidence du Brésil en toute illégitimité, imposant un retour en arrière dans  toutes les avancées politiques réalisées par les gouvernements du Parti des Travailleurs brésilien. Il se passe la même chose dans l’affaire de l’entreprise de bâtiment et de travaux publics Odebrecht, dûment divulguée et filtrée depuis le Département de Justice des Etats-Unis dans le but d’attaquer des gouvernements progressistes ou des personnalités qui après leur sortie du gouvernement, sont devenus gênantes pour les intérêts états-uniens, comme cela s’est produit au Pérou, au Panama et au Guatémala.

Egalement utilisé pour discréditer l’image du gouvernement des Kirchner en Argentine, ce moyen est employé pour amener le président de l’Equateur, une fois trahi le vote qui le désigna pour poursuivre la ‘révolution citoyenne », à entamer un processus de privatisation et à faciliter la détention du vice-président qui avait été son compagnon de la campagne présidentielle mais qui fut le premier à élever la voix contre ses intentions de privatiser les entreprises de l’Etat équatorien et à attirer l’attention de manière générale sur la trahison par Lenin Moreno  des réalisations de Rafael Correa.

Par contre, l’affaire des Panama’s Papers, dans laquelle étaient impliqués des présidents et leaders de pays alliés des USA comme l’Argentine, le Chili et l’Arabie Saoudite, a été étouffée. Toutefois, l’implication de Macri n’a pas été niée, pas même par son avocat qui s’est contenté de défendre la légitimité des entreprises offshore. 

La lutte anticorruption menée par le Venezuela est radicalement différente. Des affaires comme celle de « Coco » Sosa, des dizaines de hauts dirigeants de l’entreprise publique du pétrole PDVSA parmi lesquels l’ex-président Orlando Chacin, prouvent que personne n’est intouchable.

Pour les Etats-Unis, la « lutte contre la corruption » tant vantée n »est qu’un combat contre l’Etat Nation

Le combat que mène le gouvernement bolivarien contre la corruption est dirigé depuis l’Etat lui-même et adopte une méthode très différente. En premier lieu, c’est le Président Nicolas Maduro lui-même qui en a pris la tête. A plusieurs occasions, il exigea de la Ministre de la Justice, Luisa Ortega Diaz de sanctionner les délits de corruption affectant la stabilité de la nation. Mais Ortega Diaz et son époux German Gerrer ont construit une pyramide d’impunité et faisaient chanter (pour procéder à des extorsions) ceux qui auraient dû être condamnés pour ces mêmes délits, confiants dans le vieil adage qui absout le « voleur volé » ; se voyant découvert, ils ont fui le pays pour se joindre à la campagne internationale contre le Venezuela.

Contrairement à Ortega Diaz, le Procureur Général qui lui a succédé – Tarek William Saab – personnifie l’Etat vénézuélien et a pris l’offensive contre la corruption, aboutissant hier à la détention du déjà cité Orlando Chacin, qui était aussi le vice-président du service Exploration et Production de PDVSA. Des chefs d’accusation tels que « association de malfaiteurs, obstruction à la liberté de commerce et  collusion de fonctionnaires avec des entreprises », ainsi que de  » péculat, détournement de fonds et dommages causés à l’industrie pétrolière » lui ont été imputés.

Cela permet de constater deux choses :  premièrement que la lutte menée contre la corruption inclut les cadres supérieurs les plus proches du gouvernement, deuxièmement, que la corruption constitue l’instrument utilisé par les intérêts des transnationales pour saboter l’économie nationale et détruire l’infrastructure de la plus importante entreprise du Venezuela.

La réaction de médias tels que Reuters a été très suspecte, car au lieu de saluer ces détentions, l’agence tente de ternir cet important coup porté à la corruption en dénonçant un prétendu affrontement qui n’existe pas entre le Tribunal Suprême de Justice et le Ministère Public.

En plein XXIème siècle, tandis que les médias privés d’information contrôlent toujours davantage l’opinion publique, au beau milieu d’une guerre multidimensionnelle qui produit des matrices d’opinions bénéficiant à l’élite occidentale, les enquêtes des principales agences internationales et d’ONGs qui publient et établissent des classements (rankings) de corruption, se basent sur des « enquêtes d’opinion » et non sur des chiffres réels, comme par exemple le nombre de plaintes publiques ou officielles déposées, de chefs d’accusation et  d’arrestations, ce qui aurait un caractère plus scientifique mais pourrait évidemment montrer au grand jour la réalité des chiffres, mettant les Etats-Unis et leurs alliés de la région sur la sellette.

Cela montre clairement que le modèle étatsunien de « lutte contre la corruption » tant vanté  n’est qu’un combat acharné contre l’Etat-nation pour éliminer les contrôles et faire du pillage et de la spoliation des ressources des pays d’Amérique Latine un acte légitime, par des discours prétendant justifier la nécessité de réduire la figure étatique et de tout abandonner aux mains des monopoles privés.

Pour le Venezuela en revanche, la lutte contre la corruption est un combat vital pour garantir la solidité de l’Etat, protéger et réorganiser les entreprises importantes pour le pays (comme la compagnie pétrolière publique PDVSA) ainsi que le système de gestion des devises dans un contexte économique où elles sont moins abondantes que les années antérieures. Toutes ces actions dépassent la simple question de l’économique et ont pour objectif la sécurité et la défense nationales.

Source : http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELA/venezuela-y-eeuu-tienen-diferentes-objetivos-con-la-lucha-anticorrupcion

Traduction : Frédérique Buhl

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Je crois en l’Etat communal. Une discussion nécessaire à l’Assemblée Nationale Constituante. Par Isaias Rodriguez

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Isaias Rodriguez (assis, au centre) lors d’une récente assemblée populaire à Guarenas

Je crois en l’état communal et je crois que l’heure viendra où les citoyens comprendront tout le bénéfice qu’ils peuvent en tirer. Bien sûr, chaque chose en son temps. Je ne sais pas si c’est le meilleur moment pour imposer au Venezuela un Etat Communal mais je crois que nous devons aller dans cette direction…

Les gens pensent qu’un Etat Communal c’est le « communisme », on leur a mis ça dans la tête… Pour les chrétiens, « commune » signifie communion, partager le corps du Christ à travers une hostie… Mais « commune »  désigne aussi un des états révolutionnaires les plus importants du monde : la Commune de Paris où le peuple occupa la capitale pendant trois jours pour défendre sa souveraineté face à la Prusse. Il faut bien comprendre le concept de commune.

Rome est organisée en communes. Le lieu où le Libertador Simon Bolívar avait juré de libérer à l’Amérique est la commune du Monte Sacro. Autrement dit je ne suis pas en train de parler de quelque chose nécessairement lié à un processus idéologique déterminé.

Je crois que la commune est l’état idéal pour le travail social: une société petite où les citoyens peuvent démocratiquement établir leurs besoins, et même organiser leur loisir, comment ils peuvent disposer de parcs, d’espaces verts. Comment ils peuvent contrôler les crises de la question climatique. Enfin tout ceci sur une petite échelle parce que quand tu essaies de résoudre cela globalement tu te retrouves face à des intérêts que t’en empêchent comme les transnationales.

Dans une commune tu sais où tu vas placer l’hôpital, le lycée, les chemins, faire en sorte que tu puisses te déplacer en vélo. Je parle d’une société que j’ai vue, qui n’est pas utopique, je la connais, je parle d’espaces communaux qui sont réels.

Si nous avions des communes en ce moment au Venezuela il n’y aurait pas de problèmes de production d’aliments parce que la commune elle-même sème, produit, c’est à dire qu’on résout un problème en petit et que si plusieurs groupes résolvent leurs problèmes en petit quand tu les unis tu as crée une culture sociale pour vivre en fonction sociale et pas individuellement. La commune est le meilleur espace pour éduquer les personnes à la vie en société, pour vivre dans la compréhension que le plus important ce n’est pas un être humain mais LES êtres humains…

Cet espace communal je continue de penser qu’il serait l’idéal. Que pourrait-il se passer? Dans un pays comme le nôtre qui même s’il a grandi en tant que peuple, n’a pas suivi cette croissance sur le plan institutionnel, les institutions peuvent encore voir la commune comme une rivale: les conseils municipaux ne se font pas à l’idée d’être déplacés par le pouvoir des communes, mais le jour où ils comprendront que ce pouvoir va les renforcer, alors il ne sera plus si difficile de l’intégrer comme quatrième pouvoir dans la structure des pouvoirs publics au Venezuela. Le Pouvoir National, le Pouvoir Régional, le pouvoir Municipal et le Pouvoir Communal.

Je crois qu’il faut commencer à éduquer le pays pour qu’il comprenne ce qu’est le Pouvoir Communal et comment il peut le servir et je suis partant pour qu’il s’intègre dans ce processus.

Isaias Rodriguez (actuel ambassadeur du Venezuela en Italie)

Source : https://isaiasrodriguezweb.wordpress.com/2017/10/29/creo-en-el-estado-comunal/

Traduction : Cathie Duval

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Élections régionales au Venezuela : la soudaine discrétion et l’embarras de la presse française

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« Tant d’élections… ce n’est pas de la liberté, c’est un excès de liberté » avait lancé il y a quelques années le président Lula à propos du Venezuela. Ce pays continue à battre le record mondial en quantité de scrutins puisqu’après l’élection de la Constituante de juillet 2017, et celle des gouverneurs le 15 octobre, viennent les municipales de décembre qui seront suivies en 2018, des présidentielles. Mais alors que l’élection de l’Assemblée nationale constituante en juillet dernier avait fait l’objet d’une intense couverture médiatique pendant plusieurs jours en France, les élections régionales qui se sont tenues la semaine dernière n’ont pas fait les gros titres de la presse hexagonale. Est-ce parce que l’opposition y a largement participé et que la campagne et les élections se sont déroulées dans le calme, la thèse de la « dictature chaviste » se voyant ainsi invalidée ? Ou bien est-ce parce que la victoire de la coalition au pouvoir contredit le récit médiatique majoritaire d’un peuple tout entier dressé contre Maduro ? Éléments de réponse.

A la surexposition médiatique, succède le strict minimum journalistique

rRétrospectivement, la couverture médiatique de l’élection de l’Assemblée constituante était d’une toute autre intensité. Avalanche de dépêches, reportages court, moyen et long format, « éclairages » et débats en plateau, titres choc en manchette, interviews, articles de décryptage, photos reportage, tweets enragés d’ « intellectuels engagés » … Le Venezuela et sa constituante auront l’honneur de faire la une de Libération. Tout y est passé pour une couverture médiatique maximale de l’élection de l’Assemblée nationale constituante.

L’instrumentalisation du Venezuela à des fins de politique intérieure était à son comble du Front national jusqu’à l’Elysée : il s’agissait de faire d’une pierre, deux coups en diabolisant le Venezuela bolivarien et la gauche de transformation sociale en France (FI, PCF). Un phénomène que l’on a pu observer également en Angleterre avec Corbyn, en Espagne avec Unidos-Podemos, etc. Il faut dire que la frange la plus radicale de la droite vénézuélienne avait alors renoué avec la stratégie insurrectionnelle des « guarimbas ». Une flambée de violence dont les médias, dans leur grande majorité, imputaient la responsabilité au gouvernement accusé d’organiser la répression contre ce qui était présenté comme une insurrection populaire. En réalité, une stratégie de violence d’extrême-droite qui n’avait rien de spontané et qui suscitait alors l’indulgence de la presse hexagonale comme nous l’avions illustré dans un précédent article à relire ici.

Nous pouvions donc raisonnablement nous attendre à ce que les médias de masse accordent au moins la même attention aux élections régionales au Venezuela. Un pays accusé d’être une dictature qui organise des élections régionales auxquelles l’opposition, dans son immense majorité, participe : en voilà un scénario qui aurait de quoi susciter l’intérêt d’éditorialistes et de journalistes si soucieux des droits de l’homme et de la démocratie. N’ont-ils pas à cœur de vérifier la validité de leurs thèses sur la dictature vénézuélienne et de répondre à ceux qui, « idéologiquement aveuglés », les contestent ? Où sont donc passés les Enthoven, Naulleau et autres chevaliers blancs du tweet ?

Une élection reléguée au second plan dans les médias français

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Des électeurs font la queue très tôt le matin pour aller voter à Petare, l’un des plus grands « barrios » d’Amérique latine. AVN / Fausto Torrealba

Bien entendu, la plupart des grands quotidiens et hebdomadaires ont relayé les résultats des élections régionales et la victoire de la coalition chaviste qui remporte 18 gouvernorats sur 23. Cependant, les articles consacrés à l’événement électoral sont souvent des reprises de dépêches AFP ou Reuters ou, tout du moins, ils en adoptent le ton très factuel. Nous sommes loin des unes, des manchettes et des articles exhaustifs de l’été dernier. Pas de reportages non plus sur les chaînes d’information suite aux élections. Des reportages ont en revanche été diffusés par certains journaux télévisés et chaines d’information un peu avant la tenue des élections afin de rappeler à leur manière les enjeux du scrutin. La veille du vote, le présentateur de BFM TV introduit un reportage intitulé « Au pays du chaos » par ces mots : « La dictature ou la démocratie, c’est pour résumer l’enjeu de l’élection de demain au Venezuela. » Même ton pour le JT de 13 heures de TF1 qui consacre un reportage au système D dans le pays caribéen le même jour. L’élection passée, les téléspectateurs devront se contenter des bandeaux d’alerte info en bas de leur écran pour savoir si le Venezuela a fini par basculer dans la dictature ou non. Jean-Luc Mélenchon invité au 20h de TF1 le lendemain des élections n’a pas été interrogé sur le sujet. Ni les autres représentants de la France Insoumise ou du PCF invités dans les médias dans le même laps de temps. Etrange … Les députés de la FI avaient dû faire face à de nombreuses injonctions médiatiques à condamner le « régime» vénézuélien l’été dernier. Décidément, la couverture médiatique des élections régionales n’est pas de la même ampleur.

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Cartographie des résultats officiels publiés par le Conseil National Electoral (CNE) : le PSUV et ses alliés réunis au sein du Gran Polo Patriotico (GPP) remportent 18 Etats ; la coalition de droite (Mesa de Unidad Democratica – MUD) en remporte 5. Source : site internet du PSUV

L’information mise en avant : l’opposition conteste les résultats

Les articles insistent presque tous sur le fait que la coalition d’opposition (MUD) conteste les résultats et ce, jusque dans leurs titres. Libération titre sur « la victoire et des soupçons pour Maduro ». Pour l’inénarrable Paulo Paranagua  du Monde, « le pouvoir s’attribue la victoire aux élections régionales, l’opposition conteste ». Pour Courrier international, c’est une victoire écrasante mais contestée du parti au pouvoir. Même son de cloche pour LCI et ainsi de suite.  Ce que ces articles taisent, c’est qu’en 18 ans de révolution bolivarienne, l’opposition a contesté tous les résultats des élections … qui lui étaient défavorables. A l’instar de Laidys Gomez, nouvelle gouverneure d’opposition de l’Etat du Táchira, qui s’était empressée de reconnaitre sa très large victoire face au gouverneur chaviste sortant pour ensuite contester les résultats dans le reste du pays. C’est « le folklore habituel destiné aux médias internationaux et aux chancelleries » juge, tranchant, Benito Perez dans les colonnes du quotidien suisse le Courrier (classé à la « gauche de la gauche »).

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Florilège de titres que l’on pouvait lire dans la presse française au lendemain des élections.

Les chavistes ont, quant à eux, tout de suite reconnu leur défaite dans tous les Etats remportés par l’opposition incluant des zones stratégiques comme le Táchira, frontalier avec la Colombie. Par ailleurs, Henri Falcon, gouverneur d’opposition sortant en quête d’une réélection dans l’Etat de Lara a reconnu sa défaite en dépit de la position officielle adoptée par la MUD. Même scénario dans l’Etat de Carabobo où le candidat de droite a reconnu la victoire de son adversaire chaviste. Ce qui a bien moins été relayé également, c’est l’avis rendu par le CEELA (Conseil des Experts Electoraux Latino-Américains) et ses 1300 observateurs déployés dans tous les pays pour suivre l’élection, par la voix de son président lors de la conférence de presse de présentation du rapport final de leur mission d’accompagnement : « les élections se sont déroulées dans le calme et dans des conditions en tout point normales, aucun incident n’est à déplorer et le vote reflète en conséquence la volonté des citoyens vénézuéliens. » Le président du CEELA, Nicanor Moscoso, a en outre précisé qu’au terme des 12 audits de chacune des phases du processus électoral auxquels les représentants de tous les partis politiques en lice étaient étroitement associés, le document final a été signé par tous les partis de la coalition chaviste (GPP) et de la coalition d’opposition (MUD), le jugeant donc conforme.

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Hector Rodriguez Castro, l’une des figures montantes du PSUV (chaviste) en pleine campagne à Petare. Il a été élu gouverneur de Miranda, le « joyau de la couronne » qu’il a ravi à la droite. L’Etat était jusqu’ici gouverné par l’opposant Henrique Capriles, candidat malheureux aux élections présidentielles de 2012 face à Chavez et 2013 face à Maduro, depuis déclaré inéligible par la justice vénézuélienne suite à des pots-de-vin de la part d’Odbrecht. C’est notamment dans certaines riches municipalités de Miranda dirigées par la droite comme Chacao que se concentraient les « guarimbas ». FACEBOOK

En outre, les articles proposant une véritable analyse des raisons d’un tel résultat ou à défaut avançant ne serait-ce que quelques éléments, ne sont pas légion. Ainsi, pour les Echos, reprenant Reuters, les chavistes remportent l’élection « par surprise ». Surprise, magie, hasard sont rarement les ingrédients d’une élection … Christophe Ventura, chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Amérique Latine qui nous avait accordé un long entretien sur le pays caribéen, avance, quant à lui, quelques éléments d’analyse, d’abord sur les réseaux sociaux puis dans un entretien sur le site de l’IRIS : « Comme en 2015 pour le chavisme (lors élections législatives), l’opposition vient de connaître un « trou » électoral parmi ses électeurs. Une bonne partie des classes moyennes et supérieures urbaines s’est abstenue. […] Cette tendance semble indiquer que le vote est venu sanctionner les événements de l’année et leurs responsables. […] Ils invalident les stratégies de la tension et de la violence développées ces derniers mois. » Peut-être qu’une analyse approfondie des résultats du scrutin s’apparenterait alors à une remise en question pour tous ces médias qui ont depuis longtemps pris fait et cause pour l’opposition vénézuélienne, y compris pour sa frange la plus radicale. Peut-être aussi que la presse française dominante aurait été plus loquace si l’issue de l’élection avait été favorable à l’opposition. Jack Dion, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, livre ses réflexions sur son compte Facebook : « Une présumée dictature qui organise des élections avec des opposants en lice, c’est déjà une surprise. Une opposition battue alors que tous les médias la donnaient archi favorite, c’est encore plus étrange. Moralité : la réalité du Venezuela est plus complexe que les raccourcis en vogue, d’où qu’ils viennent. » A méditer …

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Le président Maduro reçoit trois des quatre gouverneurs d’Acción Democratica (au centre) qui ont prêté serment devant l’Assemblée Nationale Constituante (Etats d’Anzoátegui, Nueva Esparta et Mérida) au Palais Miraflores, la résidence officielle de la présidence de la République, le 24 octobre 2017, en présence du Vice-président Tareck El Aissami (de dos à droite) et de la première dame Cilia Flores (à gauche). TWITTER

La droite vénézuélienne est aujourd’hui profondément divisée quant à l’attitude à adopter entre ceux qui, à l’instar des quatre nouveaux gouverneurs du parti Acción Democratica qui ont prêté serment devant l’Assemblée nationale constituante puis ont rendu visite à Nicolás Maduro à sa résidence officielle de Miraflores, semblent jouer l’apaisement et le dialogue, ne serait-ce que temporairement, et d’autres qui prônent la ligne dure comme Henrique Capriles qui a décidé de quitter la coalition en dénonçant la « trahison » d’Acción Democratica, la grande gagnante de ce scrutin au sein du camp antichaviste. La presse française standardisée se montre assez peu diserte sur les dissensions de l’opposition comme Libération qui se contente de relayer une dépêche AFP qui explique en creux que pour comprendre les échecs et les fractures de la droite vénézuélienne, c’est du côté des chavistes et de leur « plan d’accaparer le pouvoir pour toujours » qu’il faut chercher. Sur les ondes de France Inter, Anthony Bellanger, l’ex-directeur de l’information de Courrier international aujourd’hui chroniqueur éditorialiste aux Inrocks,à BFM TV et à France Inter, livre à peu près la même analyse : « On n’est plus à l’époque soviétique où les dictateurs remportaient 99,8% des voix. On gagne les élections, il ne faut pas exagérer, mais on perd un peu de terrain, pour ne pas être ridicules. »

Si dictature il y a, celle-ci n’aurait aucun intérêt à livrer à l’opposition des Etats aussi stratégiques que le Táchira, le Mérida ou le Zulia, principale zone pétrolière du pays, à la frontière avec la Colombie et ayant manifesté par le passé des velléités sécessionnistes comme le rappelle le journaliste indépendant Maurice Lemoine spécialiste de l’Amérique Latine et ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique dans un article publié par Mémoire des Luttes. Juan Pablo Guanipa, élu gouverneur du Zulia est le seul nouvel élu à avoir refusé de prêter serment devant l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) ; il n’a par conséquent pas pu prendre ses fonctions, contrairement à ses quatre autres collègues de l’opposition, et de nouvelles élections seront organisées en décembre. En tout cas, aucune remise en cause conséquente de l’opposition vénézuélienne, de sa stratégie et de sa rhétorique, malgré le désaveu électoral et les profondes divisions, ne semble vraiment à l’ordre du jour dans les salles de rédaction parisiennes.

Qu’est-ce que ce traitement médiatique en dents de scie révèle des relations que la presse française dominante entretient avec le Venezuela ? Loin de vouloir réellement informer sur la situation du pays caribéen, loin de se soucier des droits de l’homme et de la démocratie à Caracas, cette presse proclame inlassablement le mot d’ordre TINA (« There is no alternative – il n’y a pas d’alternative ») et fait le procès sous toutes les latitudes d’une gauche de transformation sociale un peu trop gesticulante à son goût. Toute information en provenance de Caracas qui ne donnerait pas de grain à moudre pas à ce discours ne sera pas mise en avant. C’est manifestement le cas des élections régionales. On préfèrera insister sur le fait que l’opposition conteste les résultats, en omettant qu’elle agit ainsi à chaque défaite électorale depuis 18 ans, plutôt que d’analyser les raisons d’un résultat favorable au chavisme malgré une profonde déstabilisation économique, sociale, politique et géopolitique depuis 3 ans. Et on préfèrera surtout vite passer à une autre « actualité ». Comme, par exemple, la décision du Parlement Européen dominé par la droite (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) de décerner le prix Sakharov à « l’opposition démocratique vénézuélienne » (1) en décembre.

Note : (1) Sur les violations des droits humains commises par cette opposition, on peut lire notamment « la rage raciste de l’extrême droite vénézuélienne » https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/05/24/la-rage-raciste-de-lextreme-droite-venezuelienne/ et « Venezuela: la presse française lâchée par sa source ? » : https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/08/04/venezuela-la-presse-francaise-lachee-par-sa-source/

Crédits photo :

Photo en couverture : REUTERS / Ricardo Moraes
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Capture : https://boutique.liberation.fr/products/samedi-12-et-13-aout-2017
http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/10/15/en-venezuela-eleccionesfotos-electores-de-petare-acudieron-a-votar-desde-muy-temprano/
http://www.psuv.org.ve/temas/noticias/detalles-gobernaciones-revolucion-infografia-gppsb-psuv-cne-primer-boletin/#.WehVFzs6-M9
http://www.elciudadano.cl/entrevistas/el-dia-despues-de-las-elecciones-regionales-en-venezuela-debemos-destacar-la-voluntad-democratica-del-pueblo/10/16/
http://www.el-nacional.com/noticias/politica/las-imagenes-reunion-tres-gobernadores-adecos-con-maduro_209105

 

Source : « Le vent se lève », http://lvsl.fr/elections-regionales-venezuela-discretion-presse-francaise