Communiqué de la Brigade Internationale Apolonio de Carvalho du MST présente au Venezuela


MOUVEMENTS SOCIAUX DE L’ALBA · 25 Juillet 2017

Appel à la solidarité

Nous, membres du Mouvement des travailleurs sans terre du Brésil (MST), qui travaillons et vivons au Venezuela au sein la Brigade Internationale Apolonio de Carvalho, dénonçons la grave situation d’insécurité qui pèse l’espace UPSA Caquetios, où nous avons développé avec la Révolution bolivarienne, une école de formation technique et politique.
La Brigade Internationaliste Apolonio de Carvalho (BIAC), qui a été pionnière de l’internationalisme du Mouvement des Sans Terre et a toujours porté haut le drapeau de l’internationalisme révolutionnaire, est arrivée au Venezuela en 2006 pour rejoindre et apprendre de l’expérience de la révolution bolivarienne. Pendant ces 11 années de militantisme au Venezuela, la BIAC a participé à diverses activités dans des domaines tels que la formation, l’éducation populaire et la production agricole. Parmi les activités effectuées aujourd’hui par la BIAC, on compte l’organisation de l’école de Caquetios, située dans la UPSA Caquetios dans l’État de Lara (« Carretera vieja -Yaritagua Barquisimeto » à 800 mts du Club Kilovatico, Ancienne Ferme Bureche).

L’école de formation intégrale (technique et sociopolitique) du domaine de Caquetios se trouve sur un espace récupéré. Elle est actuellement en cours de construction et est administrée par le gouvernement bolivarien en collaboration avec le MST, l’objectif étant d’en faire un centre de formation consacré à la formation technique agro-écologique et à la production de semences autochtones.

Que s’est-il passé à l’école?

Dans la nuit du 22 Juillet, l’école a été envahie par des individus armés qui ont intimidé physiquement et verbalement les collègues brésilien(e)s et vénézuélien(e)s qui vivent et travaillent sur le lieu. Après les avoir menacés de leurs armes, ils ont volé les fournitures, les équipements électroniques, les outils de travail, la nourriture et même un véhicule. Ils ont pris la fuite après avoir ligoté et enfermé toute l’équipe. Etant donné le déroulement de l’attaque, il est légitime de penser qu’il s’agit non pas d’une agression, mais plutôt d’une tentative d’intimidation pour que l’organisation abandonne le projet.

Notre engagement en tant que MST

En dépit de cette agression, nous allons poursuivre le projet de l’école parce que nous savons que nous vivons un moment politique où ces espaces sont essentiels pour le renforcement et la continuité de la Révolution bolivarienne. Pour consolider les objectifs de cet espace de formation, nous lançons un appel à la solidarité, avec pour objectif principal la création d’une structure qui assure la sécurité et la défense, et ce en collaboration avec l’équipe internationale des Sans Terre.

Edson Marcos Bagnara

Coordinateur de la Brigade Internationaliste Apolonio de Carvalho

Luisa Araujo

Directrice de l’Ecole Caquetíos

Contact : Escuela Caquetíos formacioncaquetios@gmail.com

Traduction : Gloria Verges, FAL 33

Source : http://albamovimientos.org/2017/07/venezuela-comunicado-de-la-brigada-internacionalista-apolonio-de-carvalho-del-mst-presente-en-venezuela

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2Y5

Le Venezuela est attaqué parce que pour lui aussi « la vie des Noirs compte » (Truth Out)

Par Andrew King *

Un article récent du New York Times, intitulé « les supporters de Maduro sont pris pour cibles à Miami », décrit le groupe de plus en plus bruyant d’ « exilés » vénézuéliens anti-gouvernementaux vivant aux États-Unis qui renforcent leurs tactiques d’agitation et de harcèlement contre les Vénézuéliens qui soutiennent le gouvernement socialiste du président Nicolas Maduro, L’opposition vénézuélienne a bénéficié du soutien inconditionnel du gouvernement US et des médias – qu’ils soient conservateurs ou libéraux – qui, tous en chœur, diabolisent et sapent le gouvernement démocratiquement élu de la nation, qualifié de dictature brutale, tout en dépeignant l’opposition financée par les États-Unis et souvent violente comme des manifestants anti-gouvernementaux pacifiques et démocratiques.

Il est vrai que la situation économique actuelle au Venezuela est assez grave ; la nation connaît actuellement un taux d’inflation à trois chiffres et les vénézuéliens doivent souvent subir de longues files d’attente pour acheter des produits de base. Bien que ces défis soient dus à un éventail complexe de facteurs, dont une guerre économique menée contre le pays et la chute du prix du pétrole, le New York Times, le Washington Post, CNN et Fox News assènent un barrage d’images de crise pour retourner l’opinion publique contre le gouvernement socialiste vénézuélien afin de le déstabiliser et, pour objectif final, le renverser.

Tout en cherchant à diaboliser le gouvernement de Maduro et à glorifier les manifestants anti-gouvernementaux, les grands médias s’abstiennent de montrer le véritable visage de l’opposition ou de faire état de la raison de son opposition. En effet, plusieurs dizaines de personnes, y compris des employés de l’état, ont été tuées ces dernières années en raison des actes violents des manifestants de droite. Les grand médias font soigneusement l’impasse sur ce qui devrait figurer en une, comme le cas de l’afro-vénézuélien Orlando Figuera. Le 20 mai, le jeune homme de 21 ans traversait le bastion de l’opposition gouvernementale de Chacao à Caracas lorsqu’un groupe de « manifestants » anti-gouvernementaux masqués l’accusèrent d’être un partisan du gouvernement. La foule a ensuite encerclé Figuera, l’a poignardé six fois pour ensuite l’arroser d’essence et d’y mettre en feu. Le jeune homme est mort plus tard à l’hôpital. Le président Nicolas Maduro a qualifié l’acte de symbole des crimes de haine commis au Venezuela, en soulignant le caractère raciste de ce lynchage d’un vénézuélien noir. C’est la neuvième personne à être tuée lors des barricades de l’opposition depuis que les violentes manifestations ont éclaté au début du mois d’avril. Les mêmes moyens de communication puissants qui dénoncent systématiquement les violations des droits de l’homme par le gouvernement vénézuélien demeurent en grande partie muets sur ces actes de terrorisme racistes commis par l’opposition de droite.

Le jeune Orlando Figuera, brûlé vif dans un quartier chic de Caracas par une droite insurgée que les médias internationaux déguisent tous les jours en « révolte populaire contre la dictature de Maduro ». Voir http://wp.me/p2ahp2-2CO

Il est important de noter que si l’opposition virulente de droite est concentrée dans les secteurs blancs et économiquement favorisés de la population, les barrios, les bidonvilles et les zones rurales où vivent les pauvres, les communautés autochtones et les afro-vénézuéliens ne se sont pas soulevés car la plupart soutiennent le gouvernement. Pour comprendre les racines de la haine et du racisme de l’opposition envers les partisans noirs et indigènes du gouvernement, il faut comprendre l’histoire de la présidence qui a précédé Maduro – celle de Hugo Chavez.

Hugo Chavez et la révolution bolivarienne

Des décennies de politiques néolibérales défaillantes et de répressions gouvernementales ont ouvert la voie à l’élection démocratique de Chavez en 1998. Après avoir pris ses fonctions, le gouvernement Chavez a lancé une campagne vigoureuse pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en redistribuant la vaste richesse pétrolière de la nation aux pauvres, aux secteurs afro-vénézuéliens de la population. Chavez a appelé ce mouvement contre l’hégémonie néolibérale US « la révolution bolivarienne », inspiré par le héros de l’indépendance sud-américaine du XIXe siècle, Simón Bolívar. Selon Chavez, le but ultime de cette révolution était de construire un socialisme du XXIe siècle qui serait mené par les pauvres, les femmes, les indigènes et les afro-vénézuéliens.

Un des objectifs centraux du projet révolutionnaire du Venezuela a été de lutter contre l’héritage historique du racisme envers les indigènes et les afro-vénézuéliens. La nouvelle constitution créée sous Chavez a fait progresser les droits sociaux, culturels et économiques des peuples autochtones, des afro-vénézuéliens et des femmes, y compris la reconnaissance de l’éducation interculturelle. Chavez a été le premier président des Amériques à reconnaître ouvertement son héritage indigène et africain. Les médias privés vénézuéliens se référaient souvent à lui avec des insultes racistes. En 2005, Chávez a déclaré que « la haine contre moi a beaucoup à voir avec le racisme. En raison de ma grande bouche et de mes cheveux bouclés. Je suis vraiment fier d’avoir cette bouche et ces cheveux parce qu’ils sont africains ». La même année, Chávez a créé la Commission présidentielle pour la prévention et l’éradication de toutes formes de discrimination raciale dans le système éducatif vénézuélien.

Le gouvernement Chavez a utilisé la richesse pétrolière du pays pour augmenter les dépenses sociales et a développé des programmes révolutionnaires connus sous le nom de « missions sociales », ce qui a entraîné des progrès sociaux considérables pour les secteurs pauvres et socialement exclus du pays, dont beaucoup sont d’origine africaine ou indigène. En 2010, les programmes gouvernementaux avaient réduit la pauvreté de moitié et l’extrême pauvreté de deux tiers. En 2005, l’ONU a déclaré le Venezuela libre d’analphabétisme, après que 1,5 million de vénézuéliens aient appris à lire et à écrire.

Des milliers de médecins cubains et de professionnels de la santé ont été envoyés dans les communautés rurales et pauvres du pays, offrant à des millions de citoyens un accès sans précédent aux soins de santé gratuits. Grâce à ce programme, plus de 6 000 cliniques de santé communautaires ont été construites et des millions de consultations gratuites ont été dispensées. Parmi les autres réalisations, on compte un programme massif de logements sociaux qui a créé plus d’un million de logements depuis son lancement ; la redistribution de milliers de titres de propriété de terres communales aux communautés autochtones ; et une démocratisation des médias grâce à une explosion du nombre de stations de radio et de télévision communautaires.

La nation sud-américaine a renforcé son engagement envers les vies noires en 2011 lorsqu’elle a adopté une loi historique interdisant la discrimination raciale qui, selon le journal international Correo del Orinoco, « mettra en place des mécanismes pour prévenir, réprimer, punir et éradiquer la discrimination raciale par toute personne, groupe de personnes, autorités publiques, institutions privées et organisations civiles, économiques, politiques, culturelles et sociales ». Le gouvernement a également créé une nouvelle question de recensement qui permet aux citoyens d’être classés comme afro-vénézuéliens.

Solidarité avec les Afro-Américains

En 2015, le président Maduro s’est rendu à Harlem pour parler avec des leaders noirs, dont Opal Tometi, cofondateur de Black Lives Matter. Ce geste rappelle la visite de Fidel Castro à Harlem en 1964 pour rencontrer Malcolm X. Plusieurs mois plus tard, le réseau Black Lives Matter et d’autres groupes nord-américains noirs ont publié une déclaration dénonçant l’intervention US au Venezuela et exprimant leur solidarité avec les afro-vénézuéliens et les Vénézuéliens indigènes à la suite de la victoire électorale de la droite aux élections législatives de 2014 qui menace les avancées sociales de la révolution.

Dans cette déclaration, les militants US remercient le Venezuela pour son soutien continu à la communauté afro-américaine des États-Unis, en remontant à l’offre de Chavez d’envoyer de grandes quantités d’aide, y compris des médecins et des spécialistes en gestion de catastrophes, à la Nouvelle-Orléans après le passage de Katrina. George W. Bush, qui a largement laissé les résidents noirs de la ville se noyer, a refusé l’offre. Au cours des 12 dernières années, Citgo – une filiale vénézuélienne – a fourni une aide au mazout de chauffage à coût réduit à des centaines de milliers de familles pauvres dans 23 états dont ont bénéficié les résidents noirs du Bronx, de Boston, de Chicago et de Philadelphie, entre autres villes. Un certain nombre de dirigeants afro-américains, de militants et d’artistes tels que Danny Glover, Harry Belafonte et Jesse Jackson Jr. se sont rendus au Venezuela et ont créé de solides liens de solidarité avec Chavez et la révolution bolivarienne et reconnaissent sa connexion avec le mouvement de libération des Noirs aux Etas-Unis.

Solidarité avec Haïti, les Caraïbes et l’Afrique

La solidarité du gouvernement vénézuélien envers les Noirs est peut-être nulle part plus évidente que dans l’aide généreuse et le soutien qu’il a apporté au peuple haïtien à la suite du tremblement de terre dévastateur de 2010, qui comprenait la fourniture de milliers de tonnes de nourriture, de médicaments, de camps de secours, d’hôpitaux de campagne et du personnel médical et de secouristes. En outre, Chavez a annulé la dette d’Haïti qui s’élevait à $395 millions, en proclamant que « Haïti n’a aucune dette envers le Venezuela — au contraire, c’est le Venezuela qui a une dette historique envers Haïti », en référence au fait que l’auto-libérée République noire avait fournit des armes, des munitions et des navires à Simón Bolívar pour combattre les Espagnols au Venezuela, en échange de la promesse qu’il abolirait l’esclavage dans son pays. Le Venezuela a également forgé de nouveaux liens avec les pays africains en ouvrant 18 nouvelles ambassades et en établissant des accords de coopération en matière de santé et d’éducation.

C’est précisément à cause de l’audace du gouvernement vénézuélien à lutter contre l’impérialisme raciste des États-Unis – et à affirmer sans réserve que la vie des Noirs compte (*) en faisant valoir les droits des pauvres d’ascendance africaine – qu’il est sous l’assaut constant de la classe dirigeante blanche US et des médias internationaux. Il est donc assez facile de comprendre pourquoi, pour citer le Premier ministre radical noir assassiné de Grenade, Maurice Bishop, « Goliath a tourné toute son attention vers David ».

Andrew King

Notes

Ecouter la dernière lettre officielle de Hugo Chavez, écrite quelques jours avant de mourir : une “lettre à l’Afrique” à laquelle des citoyens du Burkina Faso, la nation de Thomas Sankara, ont donné un visage :

A la rencontre des “Jacobins noirs” haïtiens dont la révolution, la première des Amériques, permit à un Simón Bolívar défait de reprendre pied et de libérer l’Amérique Latine du joug colonial à la tête d’une armée de paysans et d’ex-esclaves.

A la rencontre des “Jacobins noirs” haïtiens dont la Révolution, la première des Amériques, permit à un Simón Bolívar défait de reprendre pied et de libérer l’Amérique Latine du joug colonial à la tête d’une armée de paysans et d’ex-esclaves.

En visite officielle au Mozambique.

En visite officielle au Mozambique.

* L’auteur : Andrew King est un étudiant en doctorat en politique publique à UMass Boston, un activiste-érudit, et a soutenu l’organisation de Black Lives Matter et d’autres campagnes de justice raciale et économique. Il est le coordinateur d’un projet de recherche communautaire avec des organisateurs de jeunes de Boston qui se battent pour la justice éducative. Andrew a également fait de la solidarité en organisant et en effectuant des recherches sur les mouvements sociaux latino-américains et a voyagé au Venezuela et à Cuba. Il peut être contacté à andrew.king003@umb.edu.

(*) Wikipedia : « Black Lives Matter » (BLM), qui se traduit en français par « les vies des Noirs comptent », est un mouvement militant afro-américain qui se mobilise contre la violence ainsi que le racisme systémique envers les Noirs. Les membres de BLM font régulièrement des manifestations et se mobilisent contre les meurtres de personnes noires par des policiers. Ils accordent une importance particulière au profilage racial, à la brutalité policière ainsi qu’à l’inégalité raciale dans le système de justice criminel des États-Unis. Le mouvement est né en 2012 sur Twitter avec le hashtag #BlackLivesMatter, à la suite de l’acquittement de George Zimmerman, un Latino-américain coordonnant la surveillance du voisinage, qui avait tué l’adolescent noir Trayvon Martin en Floride.

Source : http://www.truth-out.org/news/item/40994-venezuela-is-under-attack-for-asserting-that-black-lives-matter

Traduit par Le Grand Soir

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2Wb

VENEZUELA COEUR DE L’AMÉRIQUE. Appel International avant l’Assemblée Constituante

Chers compagnons des mouvements sociaux et des organisations populaires du continent et du monde entier :

En ce moment se joue au Venezuela une grande part du destin de l’Amérique Latine et des Caraïbes. C’est pour cette raison que toute l’artillerie de la droite internationale –en particulier les médias – se consacre à légitimer le soutien aux actions terroristes (déguisées en révolte populaire) et à rendre invisible le peuple chaviste. Les déclarations de Trump et du sénateur états-unien Marco Rubio; la participation du Secrétaire Général de la OEA, Luis Almagro, à une réunion du Sénat des États-Unis et le dernier plan présenté par les porte-paroles de la droite vénézuélienne (MUD) sont autant de signes clairs : on prépare le terrain pour généraliser une guerre civile et prendre le pouvoir politique par la force.

Au milieu de ce harcèlement sans précédent et de ce lavage de cerveau médiatique d’une intensité inouïe, le peuple vénézuélien ira aux urnes le 30 juillet pour élire ses députés à l’Assemblée Nationale Constituante. Dans ce contexte, il nous semble indispensable d’unir nos efforts de communication pour rendre visible une image différente de celle qui a été construite par les médias.

Nous lançons un appel à participer à la campagne “Venezuela Coeur de l’Amérique pour apporter notre soutien à la Révolution Bolivarienne, défendre le droit au suffrage des vénézuéliens et l’Assemblée Nationale Constituante comme processus légitime, populaire, défendu par tous los peuples qui défendent l’autodétermination, la souveraineté et la paix face à l’agression.

Outre la réalisation d’activités de rue, des manifestations de solidarité et des concentrations dans chaque pays, nous proposons une stratégie pour mener une bataille unifiée sur le web et les réseaux sociaux.

1.          La campagne débutera lundi 24 juillet –Jour de l’Intégration d’Amérique Latine, jour anniversaire de la naissance de Simon Bolivar- avec une intervention les réseaux sociaux

Entre 12 et 14h (Heure de Venezuela) nous posterons des messages de soutien avec les étiquettes #VenezuelaCorazóndeAmerica y #VamosConLaConstituyente.

–   Nous répèterons l’opération de 19 à 21 h (Heure de Venezuela).

  • Pendant toute la journée nous diffuserons le document envoyé en fichier joint. Nous invitons à envoyer votre adhésion à la campagne au courriel venezuelacorazondeamerica@gmail.com

2.   Réaliser des vidéos sur les portables (máximum 30 secondes) avec : prénom, organisation, pays, avec votre point de vue sur l’importance de l’Assemblée Constituante pour le continent et les peuples du monde et une invitation à participer et à diffuser la campagne “Venezuela corazón de América”. Envoyer les vidéos à venezuelacorazondeamerica@gmail.com  ou au tél: +541132948521

 3.     Le 28 juillet nous unirons de nouveau nos forces sur les réseaux sociaux, de 12 à 14 h et de 19 à 21 h (heure du Venezuela) avec les étiquettes #VenezuelaCorazóndeAmerica et #VamosConLaConstituyente

 4.      Le 29 et 30 juillet nous activerons la couverture alternative des activités de solidarité qui se dérouleront dans différentes parties du monde ainsi que sur le déroulement de la journée de vote au Venezuela. Nous t’invitons à suivre le compte Twitter:  @Vzla_Corazon

Un abrazo bolivarien !!

Gonzalo Armúa

Secrétaire Exécutif

Mouvements Sociaux de l’ALBA

Tel: +541132948521

Déclaration intégrale: En route vers la Constituante

En ce moment se joue au Venezuela une grande part du destin de l’Amérique Latine et des Caraïbes. C’est bien pour cette raison que toute l’artillerie des secteurs conservateurs –en particulier les médias – se consacre à légitimer le soutien aux actions terroristes (déguisées en révolte populaire) et à rendre invisible le peuple chaviste. Les déclarations de Trump et du sénateur nord-américain Marco Rubio; la participation du Secrétaire Général de la OEA, Luis Almagro devant le Sénat des États-Unis et le dernier plan présenté par les porte-paroles de la droite vénézuélienne sont autant de signes très clairs : ils préparent le terrain pour généraliser une guerre civile et prendre le pouvoir politique par la force.

C’est pourquoi le 30 juillet nous devons livrer une bataille qui a des répercussions sur tout notre Continent Américain. En tant que mouvements populaires, ne pouvons rester immobiles.  L’Assemblée Constituante est l´outil démocratique pour défendre et promouvoir la paix face aux secteurs fascistes internationaux et locaux qui essaient de violer la souveraineté populaire. C’est un outil pour défendre et approfondir cette révolution qui livre une bataille depuis 19 ans.

Ce scrutin est non seulement est un frein à la violence fasciste et soumise, c’est aussi un exemple d’ émancipation populaire, l’expression du plein exercice de pouvoir des gens que participent, discutent et décident du destin du pays, un peuple rebelle qui, avec son président Nicolas Maduro, mène héroïquement une guerre multidimensionnelle de quatrième génération créée dans les laboratoires expérimentés de la déstabilisation de la CIA.

En cette heure que vit la Patrie Grande, où des amis et alliés d’hier aux moments victorieux se retranchent dans une critique abstraite, nous, mouvements populaires du continent, continuons à soutenir de toutes nos forces la révolution bolivarienne.

Nous sommes persuadés que c’est en ce moment précis où les peuples montrent leurs signes majeurs de libération, et il ne fait aucun doute que les vénézuéliens sont sur cette voie, que le rôle des peuples frères est de continuer à dénoncer les atrocités de la droite fasciste que les grands médias ne publieront jamais, de nous mobiliser pour démontrer que le projet bolivarien est toujours vivant dans nos cœurs, d’assumer l’assemblé constituante dans chaque parcelle de terre d’Abya yala.

Parce que le Venezuela est le coeur de ce moment historique, et qu’on peut sentir les battements du projet d´intégration révolutionnaire pour nous mener à la seconde indépendance définitive, nous déclarons le Venezuela “coeur de l’Amérique”.

Nous, peuples de Notre Amérique et du monde entier, nous continuons de lever la bannière du président Chávez, solidaires du peuple vénézuélien et défendons le gouvernement élu, légitime de Nicolas Maduro. Voilà pourquoi nous lançons la campagne “Venezuela Coeur de l’Amérique”, comme manifestation de soutien à l’Assemblée Constituante, outil démocratique, participative, populaire et révolutionnaire pour atteindre la paix.

 

En route avec l’Assemblée Constituante

Venezuela Coeur de l´Amérique

NOUS VAINCRONS !

 

ADHESIONS à venezuelacorazondeamerica@gmail.com / Twitter: @Vzla_Corazon

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2W6

Les partis de gauche et les mouvements sociaux d’Amérique Latine appuient un peuple qui écrit sa constitution à la barbe de l’Empire.

foro-2

Réunion des partis de gauche latino-américains à Managua du 15 au 19 juillet pour le XXIIIème Forum de Sao Paulo.

Les 300 délégués de 18 partis politiques de gauche venus de 26 pays d’Amérique Latine, réunis à Managua du 15 au 19 juillet pour le XXIIIème Forum de Sao Paulo, viennent de réaffirmer leur soutien au processus de l’Assemblée Constituante grâce auquel les vénézuéliens éliront 545 député(e)s au suffrage universel, le 30 juillet. La secrétaire exécutive du Forum, Mónica Valente (Parti des Travailleurs, Brésil) a souligné que l’heure a sonné pour la gauche de reprendre l’offensive contre le néolibéralisme dans la région et que la seule façon de la démocratie est de « consulter le peuple, non de faire des coups d’État comme au Brésil, au Paraguay et au Honduras. » « Nous allons former une Commission d’Accompagnement Électoral de l’Assemblée Constituante au Venezuela, car nous l’appuyons » a précisé la Présidente du Parti des Travailleurs du Brésil, la sénatrice Gleisi Hoffmann, lors de la clôture de cette rencontre qui a vu les présidents du Salvador, Salvador Sanchez Ceren, du Nicaragua Daniel Ortega ou de Bolivie Evo Morales réaffirmer leur soutien à la révolution bolivarienne et dénoncer la volonté de la détruire de la part des États-Unis. Même soutien de la Coordination des Mouvements Sociaux de l’ALBA ou du Sommet des peuples qui se réunit en Argentine parallèlement au sommet des gouvernements du Mercosur.

Cumbre-1

Sommet des Peuples, organisé parallèlement au sommet du Mercosur, Argentine, 20 juillet 2017

DFNxCp3XYAASYpo

Mouvements sociaux du Brésil, dont le Mouvement des Travailleurs Sans Terre, manifestant leur soutien au scrutin de l’Assemblée Constituante au Venezuela, le 20 juillet 2017.

Alors que la gauche occidentale, par peur des retombées médiatiques, n’ose plus parler du Venezuela, l’ensemble des partis de la gauche et des mouvements sociaux d’Amérique Latine, manifestent de manière claire leur solidarité avec les jacobins noirs qui s’entêtent a vouloir écrire leur constitution à la barbe de l’empire états-unien, de ses vassaux européens et de médias qui continuent à imputer les morts causées par les violences de la droite au « dictateur Maduro ». Cette lutte coloniale contre la démocratie se répète au Venezuela lui-même où une opposition raciste qui s’inspire de plus en plus de l’État Islamique brûle vifs, comme hier encore à Lecheria, ceux qu’elle n’a jamais considérés vraiment comme des êtres humains depuis que Chavez les a fait entrer dans l’espace politique. Il suffit de lire les tweets de la droite sur les candidats à l’Assemblée Constituante, pour comprendre ce qu’elle ferait en cas de retour au pouvoir.

Tweets racistes

Demandez le programme !

Mais alors que 90 % de la population ne participe à ces violences, dont les foyers se trouvent dans les quartiers riches, quels sont les rêves des candidats à cette assemblée, quels sont les thèmes de tous ces débats citoyens censurés par les médias et ignorés par la gauche occidentale ? Un des courants les plus vivants du chavisme critique (baptisé « bravio », c-à-d rebelle) mène une campagne intense contre le repli populaire de l’espace public causé par la guerre économique et la dépolitisation du conflit favorisée tant par cet antichavisme raciste, fascisant, que par le conservatisme et l’inertie de secteurs de l’État, boulets de la révolution, essayant de conserver des quotas de pouvoir ou au moins, des privilèges.

Certains courants de la gauche occidentale, soucieux de leur image, se drapent dans le « ni-ni » de « la critique de gauche », comme si les vénézuéliens dépendaient de communiqués parisiens pour réfléchir de manière critique sur leur réalité et rallumer le moteur de leur Histoire. On n’est pas loin des discours de Sarkozy ou Macron sur l’Afrique « préhistorique ». Mais la critique, la vraie, celle qui ne procède pas de projections idéologiques, appartient d’abord à ceux qui agissent sur place pour transformer leur réalité, à ceux qui peuvent critiquer un processus en connaissance de cause. En voici un bon exemple : le programme de ces militants de base et de peau foncée.

DE8LU0xXkAAihet

L’ECONOMIQUE:

Pour une économie au service de la vie et des gens!

  • Rédaction d’un chapitre dans la Constitution consacré à l’économie communale, qui considère les axes suivants:

Le modèle économique socialiste se base sur une économie en fonction de l’attention et de la reproduction de la vie sur la planète, soumise aux intérêts communs du peuple travailleur. Les revenus nationaux produit de la rente pétrolière (98%) doivent forcer la naissance d’une économie véritablement productive, basée sur ces principes comme indispensable fondement du nouvel État communal et populaire. Les « droits économiques » reconnus actuellement par la Constitution doivent transcender vers l’énoncé de ce nouveau « système économique » à construire, comme unique possibilité de dépassement de la crise systémique actuelle. Ce modèle doit considérer de plus, comme biens communs, les ressources naturelles comme l’eau, la biodiversité, la richesse génétique, les minerais et que les gouvernements néolibéraux laquais privatisent impunément à travers l’exploitation transnationale.

  • Pour une économie mixte, rationnelle, planifiée, durable, productive, sous contrôle de la société dans toutes ses étapes pour garantir la distribution et la commercialisation justes et pas pour vider le salaire du peuple travailleur pour le bénéfice d’un petit nombre.
  • D’implacables mécanismes de contrôle du libre échange spéculatif, reflété dans l’augmentation galopante des prix, pour la défense du salaire réel à travers le pouvoir populaire, comme une nouvelle institutionnalité, seule capable de s’imposer au métabolisme économique capitaliste, rentier et parasitaire.
  • Revendication du travail comme source et principe de la vie économique du pays.
  • Au peuple les moyens de production! Confiscation des biens des entreprises coupables de fraude fiscale.
  • Pour un cadre constitutionnel qui reconnaisse notre régime mixte de propriété: social, communal, familial, étatique et privé. Établir avec une plus grande précision le modèle économique mixte à caractère social et inclusif basé sur trois formes principales de propriété.

PROPRIETE SOCIALE ET COMMUNALE: définir comme constitutionnelles les formes de propriété communale, associative, collaborative tenant pour établi que l’État portera une attention spéciale à ce secteur en attribuant un % du PIB pour son impulsion et développement. Il faut avancer dans le renforcement du Système Économique Communal, comme appareil dynamisant de l’économie, où les formes de propriété sociale garantissent une occupation productive.

PROPRIETE SOUS GESTION ETATIQUE: Expliciter quels sont les secteurs stratégiques que l’État doit contrôler pour garantir la souveraineté, les droits de la population et l’indépendance économique de la Nation. En ajoutant qu’il est fondamental de transformer les entreprises au schéma capitaliste sous contrôle de l’État en Entreprises Publiques Socialistes dans lesquelles la pierre angulaire de leur gestion soit la participation active des travailleurs et travailleuses à la planification, la gestion et au contrôle de la production.

PROPRIETE PRIVEE, NATIONALE ET INTERNATIONALE: Établir un cadre constitutionnel qui donne un soutien juridique aux investissements privés. Il doit y avoir transparence sur la nature et la portée des investissements privés, et leur réglementation; les petite et moyenne entreprises devront avoir une impulsion spéciale à l’intérieur du modèle économique national.

  • Distribution juste de la richesse! Par l’obligation constitutionnelle de destiner les revenus économiques du pays au développement productif dans le cadre du modèle économique mixte, et au développement social dans les aspects prioritaires comme la santé, l’éducation, l’alimentation, la recherche et le développement technologique. La non réalisation de cette disposition devra être un délit qui envisage des sanctions implacables.
  • Contrôle et suivi populaire, citoyen, participatif et protagonique de la gestion économique et de l’administration des ressources publiques. Information sur les assignations budgétaires, subsides, transferts et revenus propres, avec l’accent sur l’assignation de devises à entrepreneuriat, la planification de leur distribution et de leur usage postérieur effectif.
  • Gestion directe et démocratique du processus social du travail.
  • Coopération et corresponsabilité territoriale des organisations de travailleurs et travailleuses des entreprises productives existantes sur le territoire avec les instances de gouvernement communal pour garantir des processus de contrôle permanents et l’administration populaire des ressources résultant des excédents des entreprises de propriété sociale.
  • Enchaînement productif dans chacune des zones depuis les instances d’organisations de base des travailleurs et travailleuses, pour la planification de la production et le renforcement des processus de recherche et d’innovation technologique.
  • Indépendance économique ou rien! Pour le développement d’entreprises productives communales, familiales et particulières avec accompagnement et suivi sur le technico-productif, l’économique et l’éthique, sous contrôle populaire, pour augmenter les niveaux d’activité économique.
  • Maintenir l’interdiction des monopoles et pour une taxe fiscale socialement juste. Sont taxés davantage ceux qui ont le plus. Établir l’impôt sur la concentration des richesses et des impôts sur le luxe, la hausse progressive des impôts que paieront les grands capitaux oisifs et improductifs et l’abolition progressive des impôts régressifs et confiscatoires comme la TVA.
  • Démocratisation du secteur bancaire et de l’activité financière sous contrôle populaire.
  • Unification et renforcement du système de banque publique dans une banque forte et unique pour la distribution des excédents au bénéfice du peuple travailleur et pour contenir la spéculation financière de la banque privée.
  • Amélioration et contrôle du système de commerce électronique, en contrôlant et déclarant d’utilité publique les entreprises de ce secteur.

LE POLITIQUE

Le pouvoir populaire, base de la nouvelle société!

Les niveaux d’organisation des gens se sont énormément élevés pendant les 18 dernières années (par exemple, les 46 813 conseils communaux et les 1 743 communes enregistrées, selon les données du MPP pour les communes 2017) et maintenant qu’il existe des formes concrètes d’organisation, participation et protagonisme direct du peuple, il est juste d’élever et de renforcer le Pouvoir Populaire organisé dans ses plus diverses expressions. L’originalité du projet de démocratie des gens réside dans ce qui émane depuis les bases et les appareils qui ne sont pas de l’État; le Pouvoir Communal est une instance de pouvoir authentique qui non seulement gère des politiques publiques, il s’agit aussi d’un espace territorial où des citoyens conscients de leur rôle historique se rencontrent pour construire une nouvelle forme de pouvoir, de démocratie, de nouvelles formes de relations sociales, productives et éthiques.

Ce grand processus d’organisation doit se développer et prendre beaucoup plus de forces, sans tutelle du vieil État qui l’influence avec ses pratiques bureaucratiques; le pouvoir populaire constituant doit être indépendant, créatif, critique et de proposition, pour cela les garanties constitutionnelles concrètes au pouvoir des citoyens représentent sans aucun doute un approfondissement démocratique dans le Venezuela Bolivarien.

  • Favoriser et rendre irréversible la démocratie participative et protagonique comme modèle directeur de notre société dans l’exercice de sa citoyenneté.
  • Approfondir la transformation de l’État et les mécanismes de gestion du gouvernement en fonction du principe de transparence dans la gestion publique, et la dé-bureaucratisation de l’appareil de l’État pour ouvrir des mécanismes de lutte contre la corruption, envisager l’inhabilitation pour l’exercice de charges publiques de personnes impliquées dans des cas de corruption.
  • Pour une gestion et une politique moins discrétionnaire et plus démocratiques et populaires! La démocratie obédientielle est une partie de la démocratie participative et active, le principe de commander en obéissant la renforce, les décisions prises dans les espaces de participation sociale doivent avoir un caractère obligatoire pour la planification et le développement de la gestion publique.
  • Rédaction d’un chapitre destiné à l’État communal, qui envisage les aspects suivants:
  • Donner un rang constitutionnel au pouvoir populaire dans ses formes les plus diverses de concrétisation.
  • Reconnaissance de la commune comme instance d’auto-gouvernement territorial, garantissant la répartition de ressources à travers une place constitutionnelle; qui permette l’élimination de la « paroisse » comme schéma d’organisation, transfert de la propriété coopérativiste aux communes.
  • Reconnaissance du Pouvoir Populaire comme un pouvoir de plus de l’État.
  • Envisager le développement de la culture communal et ses valeurs (éthique, honnêteté, efficacité, coopération, démocratie, participation, respect…) à travers notre système éducatif, à tous les niveaux.
  • Parité de genre avec alternance à tous les postes d’élection populaire et dans toutes les instances de l’État, accompagnée de garanties qui offrent de meilleures conditions pour la participation politique équitable des femmes.

LE SOCIAL:

  • Amplifier et approfondir les droits sociaux conquis à travers des politiques de soins comme le système Missions et Grandes Missions, et leur garantie en cogestion avec le pouvoir populaire.
  • Élargir le principe de souveraineté comme un axe transversal dans un cadre territorial, politique, économique, culturel, et alimentaire, qui garantisse le contrôle populaire sur la majorité des instances sociales.
  • Élargir le droit au logement, en incluant le droit à la ville, le droit à l’habiter, la peupler, la construire.
  • Blinder l’État Bolivarien contre la privatisation des droits et devoirs sociaux fondamentaux.
  • Interdiction des soins médicaux conditionnés au paiement, des cas d’urgence dans les centres de santé privés.
  • Dépatriarcalisation et décolonisation de l’État et de la culture, en reconnaissant notre diversité de savoirs et comme une nécessité primordiale de notre transformation comme peuple.
  • Pour le droit à une société libre de patriarcat et de machisme, basée sur le respect du rôle de la femme.
  • Pour de plus grandes garanties de meilleures conditions pour le libre développement des capacités des femmes, pour le droit à l’accès à un travail de qualité et à une vie sans violence, une meilleure sécurité sociale pour les femmes travaillant au foyer.
  • Approfondissement des droits sexuels et reproductifs:

Une éducation sexuelle pour décider, des contraceptifs pour ne pas avorter, l’avortement légal pour ne pas mourir!

  • Droit à un accouchement humanisé et à la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, en même temps que des garanties sociales pour l’éducation sexuelle pertinente et de qualité à tous les niveaux et l’accès gratuit et égalitaire à des mécanismes contraceptifs.
  • Reconnaissance des droits et de l’union de personnes du même sexe, basée sur le respect et le non-stigmatisation sociale de la diversité sexuelle.
  • Contre la discrimination de la diversité sexuelle à tous les échelons de la vie sociale , que soit considérée la reconnaissance de l’identité transsexuelle et intégration dans l’article 21 de la Constitution, la reconnaissance et la non discrimination de l’identité de genre auto-perçue, l’orientation sexuelle, la couleur de la peau ou l’orientation politique.
  • L’alimentation comme devoir social fondamental:
  • Renforcement du système de distribution populaire des aliments naissant (CLAPs et autres mécanismes populaires de distribution comme les foires agricoles, les systèmes de consommation et de vente planifiée…) pour élargir les garanties d’accès à l’alimentation du peuple travailleur.
  • Envisager une assistance spéciale pour ls secteurs de plus grande vulnérabilité alimentaire, en les priorisant dans le diagnostic, l’assistance, l’assignation de suppléments nutritionnels et ressources pour couvrir pleinement leurs besoins.
  • Favoriser la production d’aliments stratégiques de haute valeur nutritionnelle destinés à couvrir les besoins en énergie et nutriments des secteurs les plus vulnérables ( enfants, adolescents, femmes enceintes, troisième âge, personne avec une diversité fonctionnelle[handicapées]).
  • Droit au soin et à la protection sociales avec corresponsabilité. L’État doit garantir par la corresponsabilité entre les services d’État, l’entreprise privée, la communauté organisée et les familles, le soin et l’assistance aux personnes en situation de vulnérabilité pour l’éradication de toutes les formes de pauvreté.
  • Intégration d’un chapitre sur l’élargissement des droits et les garantie sociales pour la jeunesse comme réserve éthique, culturelle et productive de la société, qui envisage:
  • La promotion et les garanties pour l’accès à la participation dans les instances démocratiques de gouvernement et d’auto-gouvernement populaire ( dans le territoire, le lycée, l’université, etc.), en fonction des valeurs de patriotisme, respect, défense de la paix et la stabilité politique de la Nation.
  • Garantir un droit au travail digne et de qualité pour la jeunesse. En promouvant le travail libérateur à travers l’appui aux entreprises productives dans toute modalité envisagée par l’économie mixte en priorisant celles de la propriété sociale, communale et familiale.
  • Droit à l’accès public à l’information et aux mécanismes technologiques qui permettent la formation et la recherche.
  • L’éducation libératrice pour transformer la société!
  • Pour l’éducation émancipatrice fondée sur une nouvelle praxis, qui encourage la rencontre des savoirs populaires pertinents, reconnaisse et inclue la diversité et soit basée sur la culture de la paix comme valeur indispensable pour la société, ainsi que le respect de la vie sur la planète, l’unité de l’étude et du travail et de la recherche et de l’innovation technologique, artistique, culturelle et sportive en fonction des intérêts nationaux.
  • Pour une approche sociale non sexiste de l’éducation. Nous parions sur une éducation non verticale, à caractère populaire, qui inclue et reconnaisse toutes les identités.
  • Reconnaissance de tous les secteurs et corporations qui constituent les communautés universitaires (étudiants, enseignants de tous les échelons, travailleurs et travailleuses administratifs et ouvriers…), établissement de l’égalité politique pour l’élection démocratique des autorités universitaires et la représentation égalitaire et avec les mêmes droits politiques de tous les secteurs qui constituent la communauté universitaire, dans les instances de co-gouvernement.
  • Un accès juste et planifié à l’éducation, une priorisation d’accès à l’éducation publique des secteurs les plus vulnérables, approfondir la communalisation de l’éducation pour renverser le processus de concentration des centres éducatifs dans les zones urbaines d’accès difficile pour la grande majorité de la population, une planification de l’offre éducative en fonction des potentialités locales et des intérêts productifs de la Nation, qui de plus permette de garantir l’emploi postérieur dans le pays des professionnels et professionnelles.
  • Relation directe du système éducatif avec le système économique productif, intégrer la pertinence éducative comme axe fondamental à tous les niveaux.
  • Communalisation de la sécurité citoyenne, pour qu’elle soit prise en charge et planifiée sur le territoire de façon co-responsable, intégration des aspects du nouveau modèle policier et mesures de contrôle communal pour le fonctionnariat des corps de sécurité de l’État.
  • Démocratisation de la communication: un système public et participatif de communication.
  • DFatPrmXoAAgR_L

Source : http://www.chavismobravio.org.ve/?q=node/25

Traduction : Cathie Duval

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2Vm

Venezuela, écarte de moi ce calice.

Enrique Ubieta Gómez

Défendez-nous, vous qui savez écrire !”, demandait une vieille femme à Carpentier et aux intellectuels qui l’accompagnaient en juillet 1937, lors de son passage par un petit village de Castille, tout près de la capitale assiégée. L’écrivain cubain reprit cette anecdote dans les chroniques sur le IIème congrès International de Défense de la Culture qu’il publia dans la revue Carteles (1). La demande était justifiée : le peuple espagnol nous défendait tous, les armes à la main.

E1

Alejo Carpentier. Chroniques publiées dans la revue “Carteles”. « Défendez-nous, vous qui savez écrire ! ». Images : Internet

Sans hommes et sans femmes il n’y a pas de culture. Bertolt Brecht l’avait dit pendant le 1er congrès, célébré deux années auparavant à Paris : « Ayons pitié de la culture, mais ayons d’abord pitié des hommes ! La culture sera sauvée quand les hommes seront sauvés ». Cette première rencontre avait senti le danger : le nazisme menaçait de s’étendre, pendant que les bourgeoisies « démocratiques » en Europe misaient sur le fait que les menaces visaient la jeune Union des Républiques Socialistes Soviétiques.

Être de gauche, pour les intellectuels des années 30 – tout comme dans les années 60 ou dans la première décennie du XXIème siècle, après l’espoir de la révolution bolivarienne – était une prise de position en faveur de la culture, en faveur des êtres humains qui se référait à des projets concrets. Mais dans le Paris de 1935 une partie des intellectuels de gauche s’égarait dans des demandes abstraites et opposait la liberté des êtres humains et celle des créateurs ou du moins niait tout lien entre eux.

D’après ce que rapporte Carpentier, André Malraux, le grand romancier qui avait été nommé lieutenant-colonel au sein de l’Aviation Républicaine racontait qu’il avait vu un homme marcher, imperturbable, un grand rouleau de papier sous le bras, alors que les bombes tombaient sur Madrid; il lui demanda ce qu’il comptait faire et celui-ci lui précisa : «ce sont des rouleaux de papier pour changer celui de ma chambre » ; alors, s’appuyant sur cette métaphore, il déclarait : il y a trop d’intellectuels qui ne pensent qu’à changer le papier de leurs chambres ». Mais la gauche avait ses propres divisions : communistes, sociaux-démocrates (bien que réformistes, ils revendiquaient encore le marxisme comme base théorique de leurs analyses), staliniens, trotskistes, anarchistes, libres penseurs, surréalistes.

E2

César Vallejo, Poemas humanos: “Si la madre España cae ‒digo, es un decir‒”

En 1936 devait encore avoir lieu une conférence intermédiaire manquée à Londres, centrée surtout sur les intérêts corporatistes qui s’est terminée en opérette : la réception en frac dans la résidence de son organisatrice. Peu de semaines après il n’y avait plus aucune excuse pour se voiler la face : le soulèvement du général Franco contre la république espagnole et l’ouverture en Allemagne du camp de concentration de Sachsenhausen, reléguait le conflit moral à un point critique (2).

Un poète anglais du XVIIème siècle, John Donne, en avait exposé les raisons les plus profondes :

Aucun homme n’est une île entière à lui tout seul.

Chaque homme est un morceau du continent, une partie d’un tout.

Si la mer emporte un morceau de terre, toute l’Europe rapetisse, comme s’il s’agissait d’un promontoire ou de la maison d’un de tes amis, ou encore de la tienne.

Personne n’est une île; la mort de n’importe qui m’affecte, parce que je suis lié à l’humanité toute entière; c’est pour cela que tu ne dois jamais demander pour qui sonne le glas, il sonne pour toi.

Ernest Hemingway reprit cette idée pour défendre la cause républicaine dans le roman qui rapporte ses expériences de ce que l’on appelle la guerre civile espagnole. Les alternatives en Espagne étaient cependant plus radicales : d’un côté le fascisme, c’est-à-dire la violence capitaliste la plus extrême; de l’autre le socialisme, la République des travailleurs, avec son lot de contradictions et de balbutiements de nouveau né. En Espagne ce n’était pas un combat pour la survie, comme ce fut le cas plus tard; c’était un combat pour la vie, parce qu’il existait un projet alternatif en construction. C’est aussi pour cela que César Vallejo, un des grands poètes hispano-américains qui a participé au Congrès de 1937 – aux côtés entre autres de Nicolas Guillén, Pablo Neruda et Octavio Paz, celui-là même qui rejettera plus tard la cause populaire, s’adresse symboliquement aux enfants, au futur, dans un poème extraordinaire intitulé : Espagne, écarte de moi ce calice » :

Enfants

Fils de guerriers,

parlez plus bas maintenant, l’Espagne est en train de distribuer

l’énergie entre le règne animal,

Les fleurs, les comètes et les hommes.

(…)

Respirez plus bas, et si

Votre bras flanche

Si les atèles font du bruit, s’il fait nuit

Si le ciel tient entre deux limbes terrestres,

Si les portes grincent

Si je tarde à rentrer

Si vous ne voyez personne,

si les crayons cassés vous font peur

si la mère Espagne tombe, façon de parler

sortez enfants du monde, allez la chercher !…

Un peu plus de trente ans s’étaient à peine écoulés après la fin du long et sanglant combat pour l’indépendance du joug de l’Espagne – après des siècles de colonialisme – mais qu’importe : près de mille cubains se sont enrôlés comme soldats de la république pour aller défendre l’Espagne, l’Humanité toute entière. Quelques uns, comme Pablo de la Torriente Brau sont tombés au combat.

Le fascisme a fauché des millions de vies, a déshumanisé les assassins à un point inimaginable – et est entré physiquement et moralement à l’intérieur de chaque foyer. Il était impossible de l’ignorer, même pour une bourgeoisie bien pensante, qui acceptait comme un « mal inévitable » la pauvreté et la mort des autres, tant qu’elles n’interféraient pas dans son milieu aseptisé. Lorsque la guerre fut finie, d’autres alliances « plus civilisées » ont été signées – comme l’Opération Gladio en Europe, ou l’Opération Condor en Amérique Latine, ou l’Opération Mangosta et les attaques biologiques à Cuba -, exécutées par des tueurs à gage qu’il n’était pas nécessaire de connaître ni d’inviter à déjeuner, ni même de leur sourire car ils étaient payés dans le plus grand secret.

E3

Affiche du 2ème Congrès International des Écrivains pour la Défense de la Culture, 1937

C’est-à-dire que la violence capitaliste a pris d’autres formes : au cours de la décennie suivant la soi-disante victoire, des dizaines de dirigeants communistes et antifascistes ont été assassinés en Europe. La « guerre froide » a déplacé la violence d’État, le fascisme, (une maladie indésirable dans le monde barbare civilisé – comme la malaria ou le choléra, presque oubliées dans ces pays, mais toujours actives dans le Sud, où chaque année elles fauchent des milliers de vies) vers la sphère coloniale et néocoloniale : l’Afrique, l’Asie, l’Amérique Latine. Car les guerres coloniales en Afrique, les armes chimiques, les bombes au napalm lancées sur le Vietnam, les dictatures militaires en Amérique Latine avec leur lot de disparus, les guerres de missiles et de drones « intelligents » au moyen Orient, la guerre de « basse intensité » au Venezuela n’ont-elles pas été, ne sont elles pas l’expression de l’extrême violence impérialiste ?

Cependant, ceux qui savent écrire préfèrent conserver les honneurs et les prix, les éditions et les applaudissements. Il arrive parfois aussi qu’ils se contentent de répéter ce qu’ils lisent des autres, se laissant intoxiquer par les préjugés et le manque de soleil sur la peau. La conjuration médiatique dans les pays démocratiques – qui n’avait pas encore atteint la portée et la sophistication d’aujourd’hui, mais résolument opposée à toute expérience anticoloniale et socialiste – nous vendait une Espagne républicaine inexistante. La première victime de la guerre, c’est la vérité comme on dit, et cela nous rappelle le Venezuela. Alejo Carpentier essaie de nous la révéler, en décrivant son passage dans la ville espagnole de Gérone :

On nous conduit à la Cathédrale. (…) Un bâtiment latéral, transformé en musée public, renferme les peintures et les pièces d’orfèvrerie du trésor rituel.(…) Un restaurateur travaille minutieusement, avec ses couches d’or et ses vernis, tout entier à la tâche de faire revivre la tête d’une vierge décolorée par le temps…Où se trouve ici les races de ce vandalisme de masses en folie dont parlent tant les journaux de droite du monde entier ? (3)

Dans une autre de ses chroniques, cette fois sur Valence, il écrit :

Jusqu’à présent, partout, nous n’avons rencontré qu’ordre et paix. Jamais nous n’avons vu de scènes telles que celles qui remplissent encore, dans d’autres pays les innombrables rotogravures sensationnalistes. (…)

Et il me semble important d’insister sur ce détail , car c’est incroyable de constater à quel point certains récits influencent le jugement de personnes censées. Dans un article récent, Paul Claudel lui même, affirmait de façon insensée – sans même avoir mis les pieds en Espagne – qu’en territoire républicain toutes les églises, sans exception, avaient été incendiées…. Si j’avais fait partie du gouvernement de Valence, j’aurais invité monsieur Claudel à venir faire un tour dans ces régions. Il se convaincrait que le seul crime commis contre certaines églises – et cela ne concerne que peu d’entre elles – a été de les transformer en hôpitaux ou en musées…(4)

Il y a toujours eu et il y aura toujours des intellectuels d’une grande dignité, qui ne négocient pas leur engagement avec l’Humanité. Ils ont répondu présents lorsque l’Espagne a eu besoin d’eux, et ils répondent présents aujourd’hui pour le Venezuela.

Comment ne pas penser au Venezuela, 80 ans après ce Congrès qui s’est tenu, successivement à Valence, Madrid, Barcelone et Paris en juillet 1937, sous le fracas des bombes, dans une Espagne qui dévorait son autre moitié, et avec elle tout espoir, préambule de la Seconde Guerre Mondiale. Suite à un caprice de l’histoire, le cubain Alejo Carpentier, qui avait vécu des journées intenses de guerre et de solidarité , s’est établi au Venezuela , à partir de 1945 et jusqu’en 1959. C’est là qu’il a trouvé , tout comme José Marti, dans la forêt amazonienne, sur le tempétueux fleuve Orénoque, dans ses villages et ses villes, le cœur de Notre Amérique.

E4

Rencontre pour le 10ème anniversaire du Réseau d’Intellectuels et Artistes pour la Défense de l’Humanité, Caracas; Venezuela, 2014.

Pendant les premières décennies du XIXème siècle, le libérateur Simon Bolivar avait conduit une armée de libérateurs, pour fonder ou aider à fonder des républiques indépendantes. Il rêvait d’un seul et grand pays, qui serait allé du Rio Bravo à la Patagonie. Deux siècles après, dans les premières décennies du XXIème siècle, le Venezuela a mené une fois de plus, la croisade libératrice. Ali Primera, chanteur populaire, a donné un autre sens au son des cloches dans les années les plus difficiles précédent le triomphe d’Hugo Chavez :

On ne peut pas dire que ceux

qui meurent pour la vie sont morts

C’est pourquoi il est interdit

De les pleurer

Que le glas de tous les clochers

Cesse de sonner.

Aujourd’hui, comme dans l’Espagne républicaine, au Venezuela, c’est la vie qu’on défend, c’est à dire un projet anti-néocolonial et anti-impérialiste. Comme en Espagne, le succès ou l’échec du pouvoir populaire démocratiquement élu, aura des conséquences telluriques imprévisibles pour tous les latino-américains et pour l’Humanité. Notre Espagne d’aujourd’hui – non seulement la frontière mais aussi la tranchée qui sépare le Passé et le futur, – c’est le Venezuela.

Tout comme pendant les années précédant la Seconde Guerre Mondiale, il existe des gouvernements corrompus – dirigés depuis Washington –qui encouragent, au nom de la Démocratie, la création de groupes fascistes, dans l’espoir irresponsable qu’ils renversent le processus révolutionnaire. Depuis leurs positions confortables, quelques savants (comme en Espagne) dictent des recettes, critiquent ceux qui prennent les décisions, se jugent plus à gauche dans leurs théories que la Révolution elle-même ; au point qu’ils marchent coude à coude avec la droite. La gauche est encore divisée : entre ceux qui pensent que oui, ceux qui pensent que non, les hétérodoxes, les orthodoxes, les pragmatiques….

Les images qui circulent montrent un pays en pleine guerre civile, mais les troubles, les fameuses “guarimbas” – capables de provoquer des crimes de haine, comme l’assassinat de jeunes chavistes – dans les moments les plus forts, avaient lieu dans17 municipalités sur les 335 du pays (au moment où j’écris ces lignes, les troubles n’ont lieu que dans 7 de ces municipalités, dont trois dans les quartiers de la bourgeoisie de la capitale, car Caracas est divisée entre l’Est et l’Ouest, qui sont comme le Nord et le Sud).

Comme au temps de l’Espagne insurgée, les appels envers les intellectuels et les artistes se font au nom de la Culture et de l’Humanité. Mais cela de suffit pas de nous déclarer « de gauche » et d’assister en tenue de gala à des réceptions syndicalistes. Il faut écrire pour défendre le peuple vénézuélien, il faut dénoncer la conjuration comme nous le demandait cette vieille espagnole, parce que le peuple vénézuélien nous défend aujourd’hui, tous les jours. Si cela s’avérait nécessaire, il faudrait risquer notre vie aux côtés de ce peuple. Si un jour, – souhaitons que cela n’arrive pas – il y a une invasion mercenaire ou impérialiste – préparée par les scènes de violence provoquée et les mensonges à répétitions – il faudra réinventer les Brigades Internationales. Et ce jour là je demande d’y participer.

Si le Venezuela, notre mère

Tombe – c’est une façon de parler

Enfants du monde, sortez pour aller la chercher !!

Notes:

1. Alejo Carpentier: “España bajo las bombas, I, II, III y IV” (revista Carteles, septiembre – octubre de 1937), en Crónicas, tomo II, La Habana, Editorial Arte y Literatura, 1976, pp. 205 – 244;

2. Eliades Acosta Matos: Siglo XX: intelectuales militantes, La Habana, Casa Editora Abril, 2007, p. 153;

3. Alejo Carpentier: Ob. cit., p. 210;

4. ——————–: Idem, p. 226 – 227.

Source : http://www.lajiribilla.cu/articulo/venezuela-aparta-de-mi-este-caliz

Traduction : Pascale Mantel

URL de cet article :  http://wp.me/p2ahp2-2Ti

Venezuela : les images que vous ne verrez pas dans les médias…

DEfvE8dXsAAFok0DEfvE8cXsAE_aWK

PH1

Caracas le 11 juillet 2017. Depuis le début de la révolution bolivarienne, les mouvements féministes s’inscrivent profondément dans le processus de transformation sociale, culturelle et politique, comme en témoignent l’élaboration de nombreuses propositions pour la prochaine Assemblée Constituante à élire le 30 juillet. Après avoir décidé il y a quelques semaines de créer et de financer une École Nationale du Féminisme, le président Nicolas Maduro vient d’appliquer une autre des revendications : le « programme national de l’accouchement humanisé ». Dans la première phase, 100 formatrices accompagnées de médecins communautaires et de 10 mille promotrices communales, seront chargées de lancer ce programme pour mettre fin à la violence obstétrique dont sont encore victimes de nombreuses vénézuéliennes et pour lequel le président a approuvé un budget de 12.090.000.000 bolivars. Le gouvernement a activé la ligne 0800 MUJERES pour faciliter l’accès des femmes à cette nouvelle mission sociale.

IMG_1221

Pionnier dans l’histoire de la coopération internationale, le gouvernement bolivarien a signé un accord avec le Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil. Déployés dans tout le Venezuela depuis une dizaine d’années ceux-ci assurent la formation de petits producteurs au service de de la souveraineté alimentaire et importent des semences agro-écologiques produites dans les unités du MST au Brésil pour les distribuer aux réseaux paysans du Venezuela. Une manière pour les Sans Terre de manifester leur solidarité active face à la guerre économique et aux pénuries alimentaires organisées par le secteur privé (majoritaire) pour affaiblir la base sociale de la révolution bolivarienne. Ces photos du 13 juillet 2017 montrent la remise de semences en provenance du Brésil aux mouvements paysans vénézuéliens en présence de Marcelo Resende, représentant de la FAO au Venezuela, Denir Sosa, membre de l’équipe permanente des Sans Terre dans ce pays, et Freddy Bernal, Ministre de l’agriculture urbaine et  responsable national des Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) mis en place par le gouvernement Maduro.

Texte : Thierry Deronne, Venezuela juillet 2017

Photos : AVN / Carmen Navas Reyes

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2SH

Venezuela : le « hors-jeu » des intellectuels

Le commissariat est un tas de ruines et de cendres. Il a été assiégé pendant quatre heures par un groupe d’une vingtaine de personnes munies d’armes à feu et un tireur d’élite, qui ont fini par l’incendier et le détruire en utilisant une excavatrice volée dans un établissement appartenant à ‘état lors de pillages. Six policiers ont été blessés. C’est tout juste s’ils ont pu sauver leur peau car ils étaient moins nombreux que les paramilitaires qui leur ont tiré dessus quatre heures durant dans l’objectif de les tuer. Combien de balles pendant une telle durée ?

Devant le commissariat, il y avait une place, sur cette place des gens parmi lesquels se trouvaient les paramilitaires. Celui qui nettoie les ruines et avec qui je parle pourrait même être l’un d’eux. La terreur hante le souvenir des militants chavistes qui étaient présents.

Par Marco Teruggi. Blog : https://hastaelnocau.wordpress.com/

Une nuit, les lumières de la ville se sont éteintes, le ciel s’est illuminé de feux de Bengale et les destructions ont commencé. C’est comme cela que ça s’est passé au début.

Durant la journée, des groupes de 30 individus motorisés, portant des capuches et les armes à la main parcouraient les rues obligeant les commerces à fermer. « Hé les rats rouges ! nous allons vous tuer », criaient-ils. Certaines personnes ont dû se cacher pour éviter d’être assassinées par un groupe de quinze motards et deux voitures, devenant clandestins dans une ville ou un dispositif de contrôle militaire se déployait.

Le même jour, 7 autres commissariats ont été attaqués rien que dans l’État de Barinas, sans compter les commerces détruits. Ce qui signifie un total de 8 groupes disposant des moyens de mener cette action. Et cela ne s’est pas seulement passé à cet endroit, mais dans près de 10 villes et villages du pays ces dernières semaines.

Il s’agit d’attaques-surprise, avec occupation violente des lieux durant 1 ou 2 jours, jusqu’à une semaine dans certains cas. Une démonstration de force pour tester la réaction de l’État, des corps de sécurité et du chavisme.

Mais revenons-en au commissariat. Je marchais parmi les ruines et je tombe sur une déclaration d’intellectuels de gauche. (NdT : une forte visibilité a été offerte, p. ex. par le Journal français « Le Monde », à la pétition lancée début juin par un groupe d’« intellectuels de gauche », altermondialistes ou écologistes d’Amérique latine, d’Europe et des États-Unis dénonçant la « dérive » de Maduro. Le soutien au gouvernement vénézuélien, accuse ce texte, « relève non seulement d’un aveuglement idéologique néfaste, mais il contribue malheureusement à la consolidation d’un régime autoritaire » (sic)). Que penser, dans ces circonstances, d’un texte qui accuse le gouvernement d’autoritarisme? A en juger d’après cette situation d’un village occupé de force pendant 5 jours, c’est justement l’autorité qui a fait défaut. Que doit faire l’État devant une telle attaque de paramilitaires? J’y ai réfléchi. Le texte que j’avais sous les yeux ne m’apportait aucune clé me permettant de comprendre ce que je voyais. Au contraire, il révélait une profonde méconnaissance des événements. Il taisait la réalité des faits.

Deux mois après le début de cette phase du conflit, il était déjà impossible de défendre la thèse de mobilisations pacifiques de la droite. Quiconque la soutient est soit radicalement désinformé, soit un menteur. C’est sur cette thèse et des énoncés du genre « l’opposition controversée » qui se fonde sur une partie de la structure argumentative/politique des intellectuels de gauche. En réalité, nous ne sommes pas devant une mobilisation démocratique avec des incidents propres des conflits de rue avec barricades et cocktails Molotov, qui ne sont que la partie apparente de l’iceberg, le montage médiatique dont a besoin la droite selon le schéma qui a déjà été développé en 2014, avec, rappelons-le, un bilan de 43 morts.

Nous sommes là devant quelque chose de très différent. L’événement du commissariat en est une preuve. Ainsi que les couvre-feux imposés par les paramilitaires dans différentes localités, les tracts menaçant de représailles ceux qui ouvriraient leurs commerces ou conduiraient les véhicules de transport public –menaces mises à exécution-, les attaques de camions acheminant des denrées alimentaires vers la capitale et les assassinats de cadres chavistes.

Il ne s’agit pas simplement d’une « escalade de la violence » dans l’abstrait, manière d’appeler les choses qui nous rappelle le journal argentin El Clarin qui accusa la « crise » d’être responsable de l’assassinat de Mario Santillan et Maximiliano Kosteki. Nous sommes devant un plan d’intensification de la violence avec déploiement de forces paramilitaires qui ont été infiltrées sur le territoire vénézuélien depuis des années. Il est surprenant de constater que des intellectuels de gauche ayant pourtant suivi des cursus d’analyse des pays du continent, ne reconnaissent pas la similitude de ces événements avec ceux qui se sont déroulés dans des pays comme la Colombie, qui a des centaines de kilomètres de frontières communes avec le Venezuela.

Un Colombien qui a vécu la terreur paramilitaire sait en revanche automatique détecter ce qui se passe au moyen des mêmes méthodes au Venezuela.

Cet aspect déplace le débat sur un autre point : que doit-on faire? Comment doit réagir un État lorsqu’il est directement agressé dans ses organes de sécurité par des groupes armés financés depuis des pays étrangers, comme les USA et la Colombie? Ne doit-il pas se défendre? Comment doit-il assurer sa défense dans le cadre d’une processus politique comme celui que connaît le Venezuela? Nous sommes là devant une situation complexe, inconfortable, où les rôles sont inversés.

Je lus donc ce texte et n’y trouvai aucun élément de réponses. Je constatai qu’il ne fait que répéter les thèses de la droite présentées de manières académique et progressiste – progressiste?

Pendant ce temps, des opposants ont tiré sur un groupe de journalistes qui accompagnaient la police et une compagne de Telesur fut touchée par une balle. Si elle n’avait pas eu son gilet pare-balles et son casque, elle serait morte, selon la presse. Et ce serait « l’escalade de violence » qui aurait tiré la balle ?

Le texte des intellectuels de gauche met quasi exclusivement l’accent sur ce qu’ils définissent comme des erreurs du gouvernement. Ils revendiquent cette critique en particulier. Je ne cesse de m’interroger sur l’arrogance de ceux qui prétendent que l’Histoire commence à partir du moment où ils entrent en scène. Ils ont l’air de croire qu’au Venezuela les critiques n’existent pas, que le chavisme est monolithique, que les expériences d’organisation populaire, les communes par exemple, ne contestent pas la bureaucratie et ne la nomment pas publiquement pour ce qu’elle est : une bureaucratie corrompue. Puis ils viennent nous faire la leçon pour, disent-ils, occuper la place d’une gauche qui ne se tait pas.

La première chose qu’ils auraient dû faire, la plus importante, est d’écouter avant de parler.

Selon eux, ils l’auraient fait, et l’argument avancé est qu’il existerait au Venezuela un espace politique qui aurait adopté une position similaire à la leur. L’ étonnant est qu’en se référant à cet espace, une seule personne soit nommée : Edgardo Lander. C’est donc à partir d’une telle analyse –Lander continue encore à défendre la thèse de manifestations pacifiques- que nos intellectuels construisent leur structure argumentative. L’espace auquel ils se réfèrent est constitué de personnes aux références et aux parcours douteux, à quelques rares exceptions près. Tout le monde sait cela au Venezuela, non seulement le gouvernement mais aussi la militance populaire, les organisations critiques, communales, dont à mon avis les intellectuels de gauche ne connaissent même pas l’existence. D’où la pauvreté des documents publiés.

Leur argumentation ignore tout de l’expression critique constructive qui existe au sein du chavisme. Ils signent leurs articles sur le Venezuela en ignorant tout de la réalité des communes, des régions, des campagnes et des brigades de défense chavistes qui s’organisent dans un certain nombre de villes et villages face au scénario en cours. Ils parlent du haut d’une place qui serait située bien au-dessus du commun des mortels, en particulier des classes populaires qu’ils évoquent selon un point de vue purement académique et qui renforce leur point de vue sans doute! Ils posent un diagnostic qui est long à s’asseoir : leur production intellectuelle a du retard sur la réalité vénézuélienne ! Elle est complètement hors-jeu. La meilleure réflexion politique, les meilleures conclusions et synthèses sont loin d’être le fait de la classe intellectuelle à ce jour, mais sont en grande partie produites par les habitants et les habitantes des communes, sans aucune idéalisation de ma part.

L’arrogance -l’opportunisme?-les amène à faire de leur situation hors -jeu un communiqué public. En lisant ce qui est écrit, je constate une fois de plus qu’il n’apporte aucun élément de compréhension de la situation ni la moindre proposition de sortir du scénario en cours qui présente tous les indices d’affrontements civils provoqués par la stratégie mise en œuvre par la droite. Le texte raisonne selon une logique gouvernement/opposition et non de révolution en marche/contre-révolution totale. Je vois ensuite un appui au communiqué signé par Mariestella Swampa dans lequel elle se pose en victime, affirmant qu’une logique de lynchage a été déclenchée contre elle. Puis je lis un article : le jeune qui a été lynché puis brûlé en pleine manifestation de la droite car soupçonné d’être chaviste, est mort. J’ai repassé les images des faits, le jeune a été battu par des dizaines d’individus avant de partir en courant, le corps en feu. Le monde entier a vu ces images. Pourquoi les paramilitaires, ni les assassinats dûs à la haine politique au Venezuela n’empêchent-ils pas les intellectuels de gauche de dormir ?

Pour ma part, j’ai choisi de répondre de l’intérieur même du chavisme, en adoptant une position critique publique contre les bureaucrates, les corrompus, les traîtres et les « autoproclamés ». J’en ai beaucoup parlé, tout est écrit. Pour transformer la réalité du processus révolutionnaire en cours, dans les secteurs dominés par la bureaucratie, il faut laisser place à la critique, et rétablir raison et détermination. La bureaucratie n’est pas tombée du ciel et ne sera pas éliminée à coups de textes. Elle fait partie des difficultés, des débats, des tensions et des obligations d’un chavisme qui se veut radical, populaire et rebelle.

Voilà une tâche qui reste à effectuer, avec une question: nous reste-t-il assez de temps?

Le processus pour établir une Assemblée Nationale Constituante, à laquelle se sont inscrits plus de 55 000 candidats, peut être une opportunité tant pour un retour au débat d’idées sur un plan démocratique que pour un renouvellement interne du chavisme, ce mouvement participatif pouvant lui faire récupérer une majorité électorale. C’est-ce que je souhaite ; j’écris, je milite pour que cela arrive.

Il n’existe à ce jour aucun autre bloc en dehors du chavisme et de la droite actuelle. Vouloir se situer dans un au-delà en invoquant une « complexité » par opposition au supposé « simplisme » de tous les autres revient dans les faits à rester piégé du côté du bloc de la droite, comme le dit Enrique Dussel. Et donc, de soutenir la stratégie élaborée et financée par les USA et les classes dominantes vénézuéliennes, ce qui représente une lutte des classes brutale, avec toutes ses contradictions. Les hommes d’affaires et les propriétaires terriens le savent clairement. Il n’existe aucun endroit qui serait situé au-dessus du conflit en cours et invoqué au nom du peuple qui ne serait pas représenté par les deux forces politiques existantes. Ce lieu n’existe que dans l’imaginaire de ceux qui écrivent, dans une sorte d’auto-reconnaissance, dans un désir de se situer quelque part dans leur ego. Mais sûrement pas dans la bataille politique actuelle, ni dans les conclusions du communiqué. Et la simplification de Svampa prétendant que ceux qui se sont opposés au communiqué se limitaient à l’espace politique argentin est fausse. Chaque jour qui passe apporte la confirmation que la défense critique du Venezuela n’appartient pas exclusivement à un secteur de la gauche, mais à un ample éventail de forces et de courants d’intellectuels qui peuvent difficilement être assimilés à leur parcours. Serions-nous tous simplistes? Qu’est-ce-qui réunit une telle diversité de signatures dans un communiqué qui prime sur celui des intellectuels de gauche?

Je pense qu’il s’agit d’adopter une position éthique face à ce conflit, de faire preuve d’un sens de l’histoire et de la responsabilité qui permette de distinguer où se situent les frontières entre la critique et la collaboration avec la stratégie de l’ennemi – je dis bien « ennemi » en toute connaissance de cause, son plan étant de faire table rase du chavisme comme le montrent les faits-.

Ce communiqué a peut-être favorisé le cadre d’unité qu’il recherchait. Pour le moment, les pronostics n’offrent pas de signaux positifs. Les mouvements souterrains des forces paramilitaires de droite annoncent de probables attaques à plus grande échelle. Ses porte-paroles l’ont annoncé : ils ne reconnaîtront pas l’Assemblée Nationale Constituante et feront leur possible pour qu’elle ne soit pas établie. Ce qui veut dire qu’ils peuvent commettre des actions pour empêcher la tenue des élections, forcer à l’abstention par l’usage de la violence, par exemple. Ils s’y sont déjà entraîné dans ces réunions, mesurant leurs forces à celles du gouvernement. Selon diverses analyses, leur plan est de plonger le pays dans le chaos, le pousser à l’affrontement, à une violence chaque fois plus destructive pour la société elle-même et à une situation d’ingouvernabilité où se disputeraient territoires et sens. Ils ont le feu vert des États-Unis pour le faire.

Que faut-il faire face à cela? Quelles actions doit mener le chavisme? J’ai lu le manifeste sans y trouver la moindre réponse. Je n’y vois que la crise d’intellectuels.

Source : https://hastaelnocau.wordpress.com/2017/06/08/el-orsai-intelectual-ante-venezuela/

Traduction : Frédérique Buhl

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2PG

Déclaration officielle de France Amérique Latine (FAL 33)

fal portada.png

L’assemblée générale du Comité Bordeaux-Gironde de France Amérique latine (FAL 33), réunie le vendredi 30 juin 2017 déclare son soutien au gouvernement élu du Venezuela et sa solidarité avec le peuple vénézuélien dans le moment grave que traverse le pays.

FAL 33 dénonce le coup d’état en marche de l’opposition vénézuélienne et condamne les exactions de groupes de manifestants armés et violents qui ont déjà coûté la vie à des dizaines de personnes innocentes.

FAL 33 condamne la « guerre de basse intensité » que mène l’opposition contre la société vénézuélienne et qui se traduit par l’organisation de la pénurie de biens de consommation dans les quartiers populaires, l’attaque systématique des représentants des forces de l’ordre et des institutions de l’État, le saccage de biens publics, l’attaque de maternités, le pillage de commerces, les assassinats, le lynchage de supposés « chavistes », les agressions de journalistes et autres agissements non conformes à toute démocratie.
L’assemblée générale de FAL 33 salue le courage et la résistance du peuple qui défend, dans la rue et dans les quartiers, la construction de la démocratie par des manifestations pacifiques.

FAL 33 déplore que la majorité des grands médias occidentaux se fassent le relais des mensonges et de la campagne de dénigrement orchestrés par les médias vénézuéliens d’opposition.

Bordeaux, le 30 juin 2017
FAL 33

FAL

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2Pu

Comment dire l’École Florestan Fernandes ?

19706587679_67d90f3657_b

Trois heures du matin. Des essaims de mains d’étudiant(e)s qui ont vécu ensemble trois mois intenses tracent des cœurs sur les vitres embuées d’une camionnette. Le compagnon de l’unité de transport du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans terre, habitué à vivre les adieux de ceux qui ne peuvent plus se séparer, assume avec philosophie sa tâche de ramener à l’aéroport de Sao Paulo des groupes successifs de la Xème Promotion de Théorie Politique Latino-américaine “Libertadoras de Nuestra América”, créatrice collective d’un clip chanté tous les matins.

Tous ceux qui ont eu le privilège de vivre une révolution en Afrique ou en Amérique Latine savent ce dont je parle : ici tout se reconnecte. Dans la « Florestan Fernandes », l’école construite par les Sans Terre, les bambous te mènent par des sentiers de terre humide. Leur grincement est le rythme de l’Histoire, parfois lente, qui ne s’arrête jamais. Une photographie troue la nuit : le front pensif d’Ernesto “Che” Guevara. Les arbres oublient les mains solidaires de stars de cinéma, d’intellectuels, d’ex-présidents et de paysans centenaires qui les ont mariés à la terre : ils cherchent le soleil. La pluie fait plus sombre, plus brillante la peau des briques montées l’une après l’autre par les volontaires du MST.

Le matin des centaines d’yeux regardent par les portes entrouvertes de salles grandes et petites. Ces voix d’un cours de matérialisme historique pourraient être celles d’une assemblée du Comité de Salut Public en 1789 ou d’une assemblée au Burkina Faso en 1984. Tant de concentration dans l’étude a fait que les étudiants ne se sont pas rendu compte tout de suite de l’irruption des zombis sortis d’une série de télévision nord-américaine pour expulser la violence inhibée sous Lula et Dilma. Ce ne fut qu’au bout de deux heures – me raconte Ana Cha de la coordination pédagogique – que la communauté étudiante a mesuré la gravité de l’intrusion des policiers tirant à balles réelles, agression rejetée en quelques heures par le monde entier et par la rapide arrivée à l’école d’un réseau spontané d’amis, de militants, d’artistes parmi lesquels Lula. Aujourd’hui, après le réveil en poésie et chants (“la mistica” comme on dit au MST), le compagnon bibliothécaire qui souffre de Parkinson et à qui les policiers ont cassé le bras, tente de lever un poing plâtré pour remercier une délégation de jeunes vénézuéliens qui lui offrent le “livre bleu” d’Hugo Chávez.

concentrando-en-enff

Ici Marx et Marighella ne sont pas des figures de cire ou des pieds de page mais des concepts vivants de l’action politique, l’héritage vivant qui nous incombe à tous – dixit le capitaine Thomas Sankara. Le choc salutaire entre points de vue, expériences et savoirs fait de “La Florestan” une université d’avant le capitalisme, de cette époque où la science naissait au bord des fleuves, où les ponts entre « haut » et « bas » n’étaient pas rompus, comme l’explique l’historien Carlos Ginzburg.

On m’avait invité quelques semaines auparavant comme membre de l’Ecole Populaire et Latino-Américaine de Cinéma, Télévision et Théâtre à donner un cours en anglais sur « Communication Populaire et résistances » : les concepts généraux, m’avait écrit Ana Cha, intéresseront les pratiques particulières. Nous intéressent votre expérience au Venezuela, la relation entre communication populaire et processus participatifs, votre manuel de production intégrale. Et ce matin, après plusieurs nuits d’insomnie pour réveiller mon anglais et une escale à Lima, je vois enfin mes compères d’Afrique, des États-Unis, du Canada, d’Amérique Latine. Ce dialogue total avec l’Afrique, leur dis-je en guise d’introduction, Chávez l’a voulu depuis le début. Son ultime lettre disait que nous n’avons plus rien à attendre de l’Occident et que nous devons espérer beaucoup du Temps pour assumer, enfin, notre destin commun.

Les lutteurs d’Afrique du Sud inaugurent les cours debout : le rythme lent de leur chant finit par nous unir tous en un chœur de paumes, de pieds, de gorges. Il y a beaucoup de syndicats, de réseaux de travailleurs de Californie ou du Minnesota, les militants patients de Zambie. Le compagnon du Québec avec qui nous découvrons un respect commun pour le documentariste Pierre Perrault (La Bête Lumineuse)La compagne d’Égypte qui avec son clairsemé mais passionné anglais réussit à répondre à toutes mes questions sur son pays. Le compagnon des États-Unis préoccupé par le fait que Telesur reste confiné aux réseaux de convaincus de gauche. La travailleuse syndicale venue de Palestine qui veut monter un atelier avec nous pour former les créateurs d’une réalité que les formes politiques connues ne permettent plus de médier. La compagne transgenre d’Inde qui me parle du documentaire qu’on prépare sur son récit de vie. La jeune fille qui étudie la philosophie à l’Université Centrale du Venezuela et qui ne sait pas encore comment elle usera de toutes ces connaissances au retour dans la Patrie. Ou la compagne de l’Île Maurice, qui sait tout de l’histoire morale et économique de Port-Louis et peut en trois mots dessiner la forêt précise des nègres marrons. Je t’écoute et je vois Haïti, lui dis-je. En effet notre créole est celui qui ressemble le plus à celui de Louverture, me répond-elleLes frères portoricains me montrent leurs reportages: La Gente de Abajo Habla: ¿quiénes somos ¨todos¨?, fruit d’une réflexion sur des années de militantisme de gauche (1). Ils sont venus du Ghana. Du Maroc. Du Népal. Du Pays Basque. Du Kenya. Du Sénégal. De Tanzanie. De Tunisie. Du Zimbabwe…

Dans les jours précédents, la roborative professeure des Etats-Unis Rebecca Tarlau a déployé les fondations de la philosophie marxiste. Elle a comparé les concepts économiques d’Adam Smith avec ceux de Karl Marx. Elle a expliqué la guerre de mouvement de Gramsci avec l’exemple d’éducateurs permamboucains du MST qui ont réussi á éloigner la peur insufflée par les médias pour se rapprocher des enseignantes traditionnelles et, sur la base du respect et de l’amitié, proposer de nouvelles pratiques éducatives. Non « bancaires ».

cw-ojkgxcaavaih

Cours de Communication Populaire, 9-10 novembre 2016

J’introduis mon cours avec la projection du court-métrage “La Terre est à tous” réalisé en août 2016 au Venezuela au terme d’un atelier commun des Sans Terre et de notre École populaire de Cinéma (2).

Je poursuis avec quelques questions génératrices comme : “Qu’est-ce que l’information ?”, “Quelles sont les différences entre communication révolutionnaire et dominante ?”, “¿Comment fait le capitalisme pour effacer le travail ?”, en récupérant un petit peu de l’abondante philosophie sur l’art et la presse (Mao, Brecht, Boal, Benjamín, Mattelart…). Tout procède d’une idée : “ce n’est que d’une technique qu’on peut déduire une idéologie” (Althusser) ou, pour le dire avec Marcuse : “Une œuvre d’art n’est pas révolutionnaire parce que son contenu est révolutionnaire mais parce que sa forme est révolutionnaire”. Que signifie cela pour nous ? C’est simple : un média (ou une usine, un État, une université, une commune, etc…) n’est pas révolutionnaire parce que son discours l’est mais parce que son mode de production l’est (à savoir sa façon d’organiser le travail et la formation interne, de se lier à la population, de génèrer sa programmation, etc…).

Je dis aux compagnons qui fabriquent l’extraordinaire journal sans publicité commerciale Brasil de Fato (3) avec qui je me réunis deux heures à Sao Paulo : comme c’est étrange, nous assumons que tout travail politique, toute compréhension de l’Histoire suppose de mettre les cartes sur la table, d’ouvrir et de traiter les contradictions à partir du cerveau collectif, mais au moment de « communiquer » nous revenons à la forme commerciale, verticale, de vendre un message à un consommateur.

Dans la classe nous déconstruisons la monoforme planétaire du journal télévisé : un(e) présentateur(trice)–star dont la voix préétablie, en off ou in, modèle la plasticine d’une « réalité » réduite aux ultra-brefs plans de coupe.

ubv-congresillo-comunicacion-popular-t-d-comuna-tiempo-y-television-3

Inventer des techniques pour nous organiser, dixit Walter Benjamín, est la caractéristique majeure de l’art révolutionnaire (4). Nous projetons une actualité de Dziga Vertov qui dans l’Union Soviétique des années vingt montait le film à l’envers pour remonter le temps, de la viande du Marché Rouge à l’animal en train de paître (ou de la farine au champ de blé), pour démontrer au peuple analphabète que le prix révolutionnaire venait de l’absence d’intermédiaires. Objectif d’une information révolutionnaire : reconnecter les choses avec leur origine, leurs causes.

ubv-congresillo-comunicacion-popular-t-d-comuna-tiempo-y-television-2

Nous projetons le journal humoristico-dialectique de Santiago Álvarez qui aida tant la révolution cubaine avec ses spirales explicative de chaque problème subi par le peuple.  Spirale : mouvement de la conscience qui va s’élargissant. “Un cinéma au service la révolution exige surtout de montrer le processus des problèmes. C’est-à-dire exactement le contraire d’un cinéma qui se consacre fondamentalement à célébrer les résultats. Montrer le processus d’un problème est comme montrer le développement même de l’information, c’est  montrer le développement pluraliste de l’information.”  (Julio García Espinoza).

ubv-congresillo-comunicacion-popular-t-d-comuna-tiempo-y-television

Contrairement aux médias commerciaux, la communication révolutionnaire ne résout pas la réalité sur l’écran ou sur la scène mais reste une « oeuvre ouverte » pour que le peuple participe à la construction du sens et se mette en mouvement. C’est aussi pourquoi elle est toujours originale. Elle part toujours de quelque chose de nouveau parce que la réalité bouge à chaque instant, génère une forme nouvelle à tout moment. Elle a aussi un intérêt tout particulier à faire ce que ne font jamais les médias dominants : le suivi à lui seul permet d’extraire les leçons qui nourriront la construction d’autres organisations. Si la télévision dominante désorganise les clases dominées en les divisant, notre rôle est de les (ré)organiser.

Le jour suivant je parle du bilan de quinze ans de télévision communautaire au Venezuela, sorties de la répression et de la clandestinité grâce á la révolution bolivarienne (5). Nous ne sommes pas nés pour “concurrencer” les médias privés mais pour les dépasser qualitativement et contribuer á la naissance d’une autre société. Notre télévision communautaire n’est pas un studio fermé où on parle du quartier sur fond d’image du quartier… C’est la communauté qui se forme à chaque moment pour produire 70 % de la programmation. Le travail de l’équipe de la fondation communautaire est de veiller au bon état des systèmes de transmission et de former la population à tout moment pour que celle-ci soit la véritable actrice et productrice du média.

mapa-2

Les 35 télévisions visitées durant une année par notre équipe de chercheur(ses) nous ont fait part de plusieurs autocritiques : privatisation du média par un groupe ou par une famille, manque de coordination, excès de jalousie territoriale, manque de volonté dans la formation d’équipes de production communautaire, manque de respect pour le matériel donné par l’État. L’empreinte du quasi-monopole du mode de production commercial de la télévision, de la radio ou de la presse (au Venezuela 85% des habitants regardent la télévision commerciale) a pour effet que de nombreux nouveaux médias imitent les dominants, éliminent la formation intégrale et oublient de créer leur agenda propre, original. Cependant et même si de nombreuses télévisions ne transmettent pas et restent invisibles par manque de ressources, ces années ont servi à valoriser la télévision communautaire comme la maison qui est la “nôtre”, comme un espace d’amitié et de collaboration libéré des normes commerciales, comme retrouvailles de mondes séparés par le capitalisme (vie et temps, ville et campagne, homme et femme, enfant et adulte…) et comme porte-parole des mouvements sociaux.

Aujourd’hui les collectifs proposent de résoudre la faible quantité de programmes produits en revenant aux dynamiques existant dans les communautés populaires : sport, musique, fiction populaire. Pour cesser de former un personnel qui finit par aller travailler dans le secteur privé, ils insistent sur la nécessité de présélectionner des participants qui ont déjà une trajectoire d’engagement dans un mouvement  social. Le rôle de l’État comme garant d’un équilibre dans le champ médiatique est réaffirmé au sens où on lui demande de salarier un groupe de trente permanents par télévision et davantage de suivi technique. Ce qui aiderait à éviter la commercialisation dans laquelle sont tombées tant de radios communautaires, et de gagner du temps pour rendre le média soutenable avec l’appui de formes économiques émergentes, communales entre autres…

tigre-y-venado

“El Tigre y el Venado” de Sergio Sibrián (El Salvador 2013)

Nous achevons la classe en étudiant quelques techniques : la manière d’interviewer – avec des fragments de « Harlan County »  (6) de Bárbara Kopple et du  « Tigre et le Cerf » de Sergio Sibrián (El Salvador), fruit du travail audiovisuel communautaire d’ACISAM et d’un atelier offert par notre École Populaire et Latino-Américaine de Cinéma, Théâtre et Télévision, couronné par le Prix du Meilleur Documentaire Latino-Américain au Sunscreen Festival, en Floride (7). “La Bataille du Chili” sert d’exemple de cohérence entre l’analyse marxiste et la méthodologie d’enquête et de tournage. Charlie Chaplin (“A dog’s life”) et Humberto Solas (“Lucía”) nous aident à subvertir la dramaturgie en faisant voir la différence entre « objectif » et « ·besoin profond » du personnage.

cw-onzexgagsofs

Synopsis rédigés par les étudiants de la promotion Faris Odeh, du nom de l’enfant palestinien assassiné par l’armée israélienne.

Le jour suivant, Joao Pedro Stedile, un des coordinateurs nationaux du MST, économiste marxiste et humoriste professionnel, captive l’amphithéâtre en racontant le film de l’agriculture versus capitalisme. L’origine du mot humain, rappelle-t-il, est humus, le mot latin qui parle de la terre d’où nous venons avant d’être l’engrais de ceux qui viendront. Pendant la pause je raconte à Joao Pedro que dans les premières usines les travailleurs se rebellaient contre la grande horloge murale, détruisant à coups de marteau l’instrument de torture qui avait déplacé le soleil et la cloche de l’église féodale et qui les mesurait à présent en heures et en minutes.

L’information comme engrais

Humus = Humain ? N’est-ce pas l’heure pour les journalistes de briser les horloges murales de l’information-marchandise ? Pour faire la révolution dans l’information, ne devrions-nous pas redevenir “agriculteurs en politique” ? Quand je leur ai demandé “qu’est-ce que l’information ?”, les étudiants m’ont répondu « quelque chose qui s’envoie », « quelque chose qu’on reçoit », « quelque chose qu’on fabrique ». Je leur ai proposé d’oublier cette flèche unidimensionnelle qu’on nous enseigne encore dans les écoles de journalisme. Pour bien comprendre “l’information” voyons-la plutôt comme un besoin biologique, vital de notre cellule-nation : créer ses propres canaux d’information pour s’orienter dans le chaos de la globalisation. C’est pour esquiver les menaces, survivre, croître, se reproduire et trouver des alliés que la cellule-nation a tant besoin d’une information riche, intégrale, donc plurielle et différenciée – alors que la commerciale est trop peu nourricière, de plus en plus homogène, courte, superficielle, socialement inutile et destructrice. Si le socialisme a un futur, il se trouve dans la production d’un tissu dense, différencié de médias populaires et participatifs. Pourquoi ne pas inventer nos propres « nouvelles technologies » sans attendre que la globalisation nous les offre ? Beaucoup de mouvements sociaux ont déjà remis leurs départements de communication à ceux qui sortent de l’université hégémonique ? Bien, inventons une université de la communication sociale qui efface le paradigme de l’information-marchandise pour revenir à l’information comme engrais de la conscience et croissance de la cellule !

ubv-congresillo-comunicacion-popular-t-d-comuna-tiempo-y-television-4

L’espace local – communauté, commune, république – peut être la mesure idéale pour nous lier à l’universel. Le temps nouveau sera celui qui se sera libéré de la “concurrence” : le temps multiple de nous former comme communicateurs intégraux, de mener l’enquête participative, de la réalisation collective, du montage réflexif, le temps de rendre à la communauté l’image de son propre processus, le temps du feed-back pour critiquer et avancer… et le temps de relier tous ces espaces locaux – par exemple sous la forme d’un véritable télévision publique.

L’Histoire n’aurait-elle pas raison de nous effacer si nous n’étions capables que de répéter chaque jour  que « toute la presse est contre nous » et que « nous devons occuper davantage les réseaux sociaux » ? Comment ne pas voir que lorsque le mode de produire l’information parviendra à la raréfaction finale des grands monopoles privés, notre grande cellule – appelons-la république, nation ou peuple – cherchera tout canal qui lui tombe sous la main pour s’alimenter ? Qu’attendons-nous donc pour préparer le futur ? Combien de coups d’Etat médiatiques de plus attendrons-nous pour décider de faire ce qui ne peut plus attendre : rédiger une loi latino-américaine, puis mondiale, de démocratisation de la propriété des moyens de communication (8), remettre la totalité des ondes, concessions, fréquences et ressources aux organisations populaires, mettre en activité les écoles de la nouvelle communication sociale et monter un réseau de Centres Populaires de Culture dans tous les coins du territoire ?

« La Florestan » est notre université parce qu’elle génère des questions nécessaires alors que les autres continuent à donner des réponses à des questions que les gens ne se posent même pas.

Thierry Deronne, Venezuela, novembre 2016

thierryderonne6@gmail.com

Notes

(1)  Voir http://www.cdpecpr.org/desde-abajo

(2) “La Terre est à tous”, https://www.youtube.com/watch?v=NtxqSBOqFaI&t=84s . Blog de l’École Populaire et Latino-américaine de Cinéma : www.escuelapopularcineytv.wordpress.com

(3) Brasil de Fato / C P Mídias https://www.brasildefato.com.br/

(4) Exemple : les Sans Terre ont réalisé leur propre synthèse de Brecht y Boal 

(5) Voir l’enquête complète ici : https://escuelapopularcineytv.wordpress.com/2016/07/17/propuestas-al-cabo-de-un-ano-de-investigacion-sobre-la-televisora-comunitaria-en-venezuela/

(6) Harlan County de Barbara Kopple (Oscar du Meilleur Documentaire, USA 1976),  https://www.youtube.com/watch?v=5jtIwoGWdms

(7) “Le Tigre et le Cerf” de Sergio Sibrián, https://escuelapopularcineytv.wordpress.com/2013/02/20/fotos-el-tigre-y-el-venado-documental-de-sergio-sibrian-participante-de-la-escuela-popular-de-cine-es-estrenado-en-el-salvador/

(8) Comme le suggérait déjà Mac Bride dans son rapport à l’UNESCO en 1980, et comme les gouvernements progressistes d’Argentine, de Bolivie ou d’Équateur ont tenté de le faire à travers des textes de loi même si ceux-ci ne sont pas encore passés dans la réalité.

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2mi

Manifeste de soutien au Venezuela depuis les Amériques pour le monde

Mouvements sociaux latino-américains soutenant la révolution bolivarienne, Caracas, 27 novembre 2015

Mouvements sociaux latino-américains soutenant la révolution bolivarienne, Caracas, 27 novembre 2015

ope-1

(De droite à gauche:) l’écrivain Fernando Morais, la Coordinatrice du Secrétariat des Mouvements Sociaux de l’ALBA Paola Estrada et Joao Pedro Stedile, Coordinateur national du Mouvement des Sans Terre (Brésil) / Via Campesina, présentent le manifeste et ses signataires en conférence de presse à Sao Paulo, le 3 décembre 2015.

Ces quinze dernières années, le Venezuela a effectué près d’une vingtaine de scrutins, élections ou référendums. Aucun d’entre eux n’a été contesté. Au contraire, ils ont permis l’élection d’opposants notoires au processus bolivarien ou le rejet d’amendements constitutionnels. Le gouvernement n’a jamais contesté les résultats, même quand ils lui étaient défavorables. “Excès de démocratie” pour l’ex-président brésilien Lula da Silva.

Le Venezuela a un système électoral efficace, sûr et reconnu internationalement.  Il comprend des machines de vote électroniques, l’identification du votant par encrage indélébile du doigt et l’impression sur papier des preuves de vote – ce qui permet la surveillance et l’imputation des résultats à posteriori, dans toutes les zones électorales du pays. Selon Jimmy Carter dont la fondation a mené 92 observations électorales dans le monde, le Venezuela possède le meilleur système électoral du monde.

Pour les législatives du 6 décembre 2015, le Centre National Electoral (www.cne.gob.ve)  a invité les observateurs de l’UNASUR, organisation qui regroupe les douze pays d’Amérique du Sud et qui est déjà sur place, le Conseil des Experts électoraux de l’Amérique Latine, et entre autres observateurs internationaux, l’ex-Président du Panama Martin Torrijos, l’ex-candidat présidentiel de Colombie Horacio Zerpa ou l’ex-premier ministre espagnol Rodriguez Zapatero.

Comme tout autre pays, le Venezuela affronte des difficultés qu’il tente de résoudre en protégeant les intérêts de sa population. Le peuple vénézuélien, les médias et toutes les formes d’organisation sociale participent activement à la vie politique avec une ample liberté. Les télés privées (80 % d’audience), la presse écrite et les radios qui critiquent à des degrés divers les politiques du gouvernement bolivarien, dominent la scène politique.

C’est pourquoi nous, intellectuels et mouvements populaires des Amériques, manifestons publiquement :

– Notre soutien au processus de consultation démocratique en cours dans le pays.

– Notre appui à la révolution bolivarienne qui cherche à améliorer les conditions de vie du peuple.

– Notre rejet de toute tentative d’ingérence de la part de pouvoirs politiques et économiques externes pour influencer le processus électoral.

– Notre rejet d’actes de violence visant à empêcher ou à perturber le déroulement des élections.

Le peuple vénézuélien sait bien qui sont ses ennemis et qui sont ses alliés.

Nous sommes ses alliés.

Depuis les Amériques, 30 novembre 2015.

Signataires au 3 décembre:

  1. ​Leonardo Koury Martins, Escritor, BRASIL
  2. Abdiel Bethancourt, Coordinador Nacional de FRENADESO, PANAMÁ
  3. Adriano Esteves, militante do MTC (Movimento dos trabalhadores do campo), Alagoas, BRASIL
  4. Alain Harrison, citoyen, Québec, CANADA
  5. Alba Estela Maldonado,  exdiputada, GUATEMALA
  6. Alberto Arroyo Picard, activista e investigador en la UAM, MÉXICO
  7. Alcides García, periodista y educador popular, CUBA
  8. Aleida Guevarra,  medica , internacionalista, CUBA
  9. Alejandra Guzzo (Cine Insurgente DOCA), ARGENTINA
  10. Alejandro Andreassi Cieri;Profesor ,Universitat Autònoma de Barcelona, CATALUNYA
  11. Alfonso Ossandón Antiquera, Comunicador, artista dj, Presentador de tv, VENEZUELA
  12. Alípio Freire, jornalista, escritor, artista plástico e cineaste, BRASIL
  13. Ana Alice Teixeira Pereira – médica, diretora do CEPPES, Rio de Janeiro, BRASIL
  14. Ana Cauwel, militante internacionalista, FRANCIA
  15. Ana Cofiño, de GUATEMALA
  16. Ana Silvia Monzón, Socióloga, GUATEMALA​
  17. Ana María Chacón, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  18. André Bouthillier, activista, Québec, CANADA
  19. André Pereira R. Tokarski – Secretário de Movimentos Sociais e de Juventude do PCdoB, BRASIL
  20. Andrés Gil, Movimiento Político y Social marcha Patriótica, COLOMBIA
  21. Ângela Portela, senadora pelo PT – RR, BRASIL
  22. Anita Prestes, escritora e professora universitária, Rio de janeiro, BRASIL
  23. Anivaldo Padilha, lider ecumênico e militante dos Direitos Humanos, BRASIL
  24. Antonio Lisboa – Secretaria de Relações Internacionais da Central Única dos Trabalhadores (CUT) – BRASIL
  25. Ariovaldo Ramos, pastor evangélico, Visão Mundial, BRASIL
  26. Arthur Poerner, escritor e jornalista, BRASIL
  27. Associação dos Servidores da Universidade Federal do Rio Grande Sul (ASSUFRGS) BRASIL
  28. Association Cuba Si Provence,FRANCE
  29. Aurelio Fernandes – Professor e membro do Centro Ruy Mauro Marini, BRASIL
  30. Awa Thiam, FRANCE
  31. Baltazar Zapeta, GUATEMALA
  32. Barricada TV, canal alternativo popular y comunitario de CABA, Buenos Aires, ARGENTINA
  33. Beatriz Bissio, Professora universitária, BRASIL
  34. Beatriz Santiago, vocera de Circulo Bolivariano Louis Riel, Toronto, Canada
  35. Benedito Ferraro – Professor Universitário – Campinas-São Paulo- BRASIL
  36. Bernadete Esperança Monteiro, Marcha Mundial das Mulheres/Consulta Popular, BRASIL
  37. Bettina Muller – Bettina, miembro de ATTAC – ARGENTINA
  38. Boaventura Monjane, activista social, periodista y estudiante doctoral – MOZAMBIQUE
  39. Bruno Elias, Secretário Nacional de Movimentos Popularesdo PT, BRASIL
  40. Fabián Alvarado, Presidente Red Ecológica de CHILE
  41. Caique Botkay, trabalhador em projetos sociais, teatro, música, educação, BRASIL
  42. Camille Chalmers, PAPDA (Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif), HAITI
  43. Carina Lopez Monja, referente del Frente Popular Dario Santillan, periodista y comunicadora popular, ARGENTINA
  44. Carina Vitral – presidenta da UNE (União Nacional dos Estudantes), BRASIL
  45. Carla Lopez, CMLK (Centro Memorial Martin Luther King) CUBA
  46. Carles Muntaner, Toronto, CANADA
  47. Carlos A Torres
  48. Carlos Aznárez, periodista, ARGENTINA
  49. Carlos Barrientos Aragón, Secretario Ejecutivo, Comité de Unidad Campesina -CUC-, GUATEMALA
  50. CARLOS BORGNA, RED DE COMUNICADORES DEL MERCOSUR. ARGENTINA
  51. Carlos Lozano, Movimiento Político y Social marcha Patriótica, COLOMBIA
  52. Carlos Ruiz,  historiador, academico, Mapu Santiago, CHILE
  53. Carlos Sanchez, dirigente  Sindicato Nacional de Trabajadores Luis Gauthier, CHILE
  54. Carmen Sosa. Comsion Nacional en Defensa del Agua y la Vida, URUGUAY
  55. Carmen Urrutia, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  56. Carole Radureau, Militante des droits humains, Magnanville, France
  57. Célia Regina Vendramini, professora na Universidade Federal de Santa Catarina, BRASIL
  58. Central dos Trabalhadores e Trabalhadoras (CTB), BRASIL.
  59. Cesar Cavalcanti – Diretor/Produtor Cinematográfico, BRASIL
  60. Charles et Marie Paule Séité. FRANCE
  61. Chiapim, militante dos movimentos populares, BRASIL
  62. Chico Alencar, deputado federal pelo PSOL – RJ, BRASIL
  63. Cientista Político, CHILE
  64. Claude Baesens,Professeur à l’Université de Warwick, Royaume Uni, REINO UNIDO
  65. Claudia Korol, jornalista e educadora popular, feminista. ARGENTINA
  66. Cláudio Kahns, cineasta, São Paulo, BRASIL
  67. Claudio Katz, economista, UBA, CONICET, ARGENTINA
  68. Claudio Machado, Nucleo do Barão de Itararé ES, BRASIL
  69. CLOC-Via Campesina, PARAGUAY
  70. Comité Digna Ochoa, MEXICO
  71. Congreso de los Pueblos, CHILE
  72. Cristián Garcias encargado relaciones internacionales Izquierda Libertaria, CHILE
  73. Daniel Pascual, Coordinador General,  Comité de Unidad Campesina -CUC-, GUATEMALA
  74. Daniel Veltin, Responsable associative, FRANCE
  75. Daniela Carvacho, secretaria politica Unión Nacional Estudiantil UNE. CHILE.
  76. David Flórez, Movimiento Político y Social marcha Patriótica, COLOMBIA
  77. David Raby, profesor universitario y concejal municipal, INGLATERRA
  78. Deise Mancebo, Professora Titular da UERJ, BRASIL
  79. Delarue, CGT, PCF Front de Gauche, FRANCE
  80. Diego Molinas, Docente Argentino, Agrupacion “La cinco de Noviembre”, ARGENTINA
  81. Dom Flávio Irala, Bispo da Igreja Episcopal Anglicana do BRASIL
  82. Dominique F. Dionisi, FRANCE
  83. Doris Balladares, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  84. Doris Gonzalez, dirigente Movimientos de pobladores Ukamau, CHILE
  85. Doris Ojeda, Colectivo  Ayllupuka, antropologa Universidad de CHILE
  86. Edmilson Rodrigues, deputado federal pelo PSOL – PA, BRASIL
  87. Eduardo León Navarro – militante de Congreso de los Pueblos – Colombia
  88. Eliana Rolemberg, militante ecumênica,  Salvador- Bahia, BRASIL
  89. ELIETTE PERNOT, FRANCE
  90. Eric Fernández,  Dirección Nacional de FRENADESO. PANAMÁ
  91. Eric Nepomuceno, escritor, Rio de Janeiro, BRASIL
  92. Erika San Martín, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  93. Ermelindo Tadeu Giglio – antropólogo, FRANCE
  94. Esperanza Ruiseñor, Colombia Britanica, CANADA
  95. Esteban Silva,Presidente Movimiento del Socialismo Allendista de CHILE
  96. Fabio Grobart Profesor Universidad de La Habana, CUBA
  97. Felipe Gajardo Briones, Izquierda libertaria, CHILE
  98. Fermín Isaac Rodrigo Lázaro
  99. Fernanda Tardin, CALLES – Casa America Latina Liberdade e Solidariedade, BRASIL
  100. Fernando Arellano Ortiz, periodista, COLOMBIA.
  101. Fernando Cardozo – Director de Relaciones internacionales CTA Autónoma. C.A.B.A. ARGENTINA
  102. Fernando Morais, escritor, São Paulo, BRASIL
  103. Fernando R. Momo, investigador científico, Universidad Nacional de General Sarmiento, ARGENTINA
  104. Fernando Vicente Prieto, periodista, ARGENTINA
  105. Flávio Jorge, Executiva da CONEN – Coordenação Nacional de Entidades Negras, BRASIL
  106. Francisca Fernandez, Colectivo Quillahuaira, antropologa Universidad de CHILE
  107. Fray Raúl Vera López, obispo de Saltillo, MÉXICO
  108. Frente Nacional por la Defensa de los Derechos Económicos y Sociales de Panamá – FRENADESO, PANAMÁ
  109. Fundación Caminos Verdes Venezuela, VENEZUELA
  110. Gabriel Alves – diretor de movimentos sociais da UNE, JSOL – Juventude Socialismo e Liberdade. BRASIL
  111. Gaudencio Frigotto, professor universitário, Rio de janeiro, BRASIL
  112. Geraldina Colotti, periodista de “il manifesto” y directora de Le Monde diplomatique italiano, ITALIA
  113. German Bedoya,Coordinador Nacional Agrario de COLOMBIA
  114. Geter Borges de Sousa, EPJ – Evangélicos pela Justiça;Igrejas Batista, Brasilia, BRASIL
  115. Gilberto López y Rivas, antropólogo, Red de Intelectuales en Defensa de la Humanidad- MÉXICO
  116. Giovanni Olivares
  117. Glauber Braga, deputado federal pelo PSOL – RJ, BRASIL
  118. Gloria Ramirez, Movimiento Político y Social marcha Patriótica, COLOMBIA
  119. Gloria Verges, présidente de FAL33 (FRANCE AMERIQUE LATINE 33), FRANCE
  120. Gran Polo Patriótico, CHILE
  121. Gregorio Chay Laynez, Secretario general del Partido Unidad Revolucionaria Nacional Guatemalteca -URNG- de GUATEMALA
  122. Grupo de filhos e netos por memória verdade e justiça, Rio de Janeiro, BRASIL
  123. Guillermo Caviasca, historiador UBA, ARGENTINA
  124. Guillermo Orrego Pacheco, wauqi prensa popular –PERÚ
  125. Günter Adolf Wolff,  pastor  Luterano- Santa Catarina, BRASIL
  126. Héctor Pesquera – Copresidente MINH-PR, Movimiento Independentista Nacional Hostosiano (MINH), PUERTO RICO
  127. Henri Vacher, militant communiste et syndical, Brive , FRANCE
  128. Horacio Martins de Carvalho, pesquisador agrário- Parana, BRASIL
  129. Hugo Lenzi – Sociólogo, Fotógrafo, BRASIL
  130. Humberto Costa, senador pelo PT – PE, BRASIL
  131. Ignacio Ramonet, escritor, ESPAÑA
  132. Igor Fuser, professor, Universidade Federal do ABC – BRASIL
  133. Ilka Oliva Corado, poeta y escritora guatemalteca residente en ESTADOS UNIDOS
  134. Intersindical – Central da Classe Trabalhadora, BRASIL
  135. Iole Ilíada – Vice-presidenta da Fundação Perseu Abramo – BRASIL
  136. Irene Leon, sociologa, ECUADOR
  137. Ismael César – Diretor da CUT Nacional (Central Única dos Trabalhadores), BRASIL
  138. Ismael Denis Martins, ciudadano, BÉLGICA
  139. Ivan Carlos Dias Júnior, professor de história, São Paulo, BRASIL
  140. Ivan Pinheiro – Secretário Geral do Partido Comunista Brasileiro (PCB), BRASIL
  141. Ivan Valente, deputado federal pelo PSOL – SP, BRASIL
  142. Jacqueline LAVY, Ciudadana, FRANCIA
  143. James Petras, sociologo, Nueva  York, EUA
  144. Javier Calderón Castillo , Movimiento Político y Social marcha Patriótica, COLOMBIA
  145. Javier Orihuela Garcia, presidente del movimiento ciudadano en defensa  del medio ambiente de morelos a.c., MEXICO
  146. Javier Pineda, dirigente Unión Clasista de Trabajadores UCT, CHILE
  147. Jazmín Grajales Comunicadora Popular Periódico Periferia y militante del Congreso de los Pueblos, COLOMBIA
  148. Jean-Yves Rioux, Quebec, CANADA.
  149. João Daniel, deputado federal pelo PT – SE, BRASIL
  150. Joao Pedro Stédile- MST- Via campesina, BRASIL
  151. Joel Arcanjo Pinto, Suplente da Diretoria Colegiada da Fentect (Federação Nacional dos Trabalhadores Ecetistas ), Coordenação da Vertente Sindical Petista. BRASIL
  152. Joel Suarez, coordinador del CMLK (Centro Memorial Martin Luther King) CUBA
  153. Jonathan Gordon por la Dirigencia del Frente Estudiantil Revolucionario FER-29. PANAMÁ
  154. Jorge Arancibia, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  155. Jorge Bastías, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  156. Jorge Beinstein (economista, MCB), ARGENTINA
  157. Jorge Francisco Macías Frias, comunista, historiador, miembro del Colectivo Mahuel Galich, GUATEMALA
  158. Jorge Moraga, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  159. José Chic, miembro Comité Campesino del Altiplano-CCDA, GUATEMALA
  160. José Claudinei Lombardi – Prof FE Unicamp – Coordenador Executivo do Grupo de Pesquisa HISTEDBR, BRASIL
  161. José Claudinei Lombardi – Prof FE Unicamp, BRASIL
  162. José Fernández, Periodista, ARGENTINA
  163. José H. Mendoza, Secretario General de la Unión Indígena Campesina (UIC) PANAMÁ
  164. José H. Mendoza, Secretario General de la Unión Indígena Campesina (UIC), PANAMÁ
  165. José Reinaldo Carvalho, jornalista e escritor; diretor do Centro Brasileiro de Solidariedade aos Povos e Luta pela Paz (Cebrapaz). BRASIL
  166. José Seoane, GEAL – Grupo de Estudios sobre América Latina y el Caribe
  167. Journey Pereira dos Santos, escritor e membro do Levante Popular da Juventude, Bahia, BRASIL.
  168. Juan Rojas Vargas, Puno – PERÚ
  169. Jubileu Sul – BRASIL
  170. Julia Margarita Trujillo, Asociación de Trabajadores del Campo (ATC), Nicaragua.
  171. Julian Bokser, Profesor UBA y Militante de la Confluencia Movimiento Popular La Dignidad/Movimiento Tupaj Katari, ARGENTINA
  172. Julie Devès, Rédactrice presse citoyenne et libre, FRANCE
  173. Julio Muriente – Copresidente MINH-PR, Movimiento Independentista Nacional Hostosiano (MINH), PUERTO RICO
  174. Karina Fernandes de Oliveira. Mestranda, USP, BRASIL
  175. Katu Arkonada, Red de Intelectuales en Defensa de la Humanidad, PAÍS VASCO
  176. Leonardo Severo, jornalista e escritor, BRASIL
  177. Léone Mayero, France-URUGUAY
  178. Leonel Brizola Neto Vereador, PSOL, Rio de Janeiro, BRASIL
  179. Leonel Gonzales, CMLK (Centro Memorial Martin Luther King) CUBA
  180. Leopoldo Nunes, cineasta, Rio de janeiro, BRASIL
  181. Lérida Povoleri, Professora de Economia UFF- Niteroi, BRASIL
  182. Levante Popular da Juventude, BRASIL
  183. Lídice da Mata, senadora pelo PSB – BA, BRASIL
  184. Lin Valenzuela Méndez, integrante del movimiento de mujeres y feminista, Historiadora, Presidenta Fundación Guillermo Toriello FGT, GUATEMALA
  185. Lindbergh Farias, senador pelo PT – RJ, BRASIL
  186. Lino Walter Torres Humpire, miembro de la CPS (Cordinadora politico social del Peru), PERU
  187. Llanisca Lugo, CMLK (Centro Memorial Martin Luther King) CUBA
  188. Lucas Rubinich (Sociologo UBA), ARGENTINA
  189. Lucas Villasenin – periodista – militante de Patria Grande – ARGENTINA
  190. Lucia Rincon, Coordenadora Nacional da UBM (União Brasileira de Mulheres), BRASIL
  191. Luis Cruz Alvarez – Militante Social – Pará / BRASIL
  192. Luis Méndez, Instituto Ecuménico de Servicio a la Comunidad, INEHSCO, HONDURAS
  193. Luiz Alberto de Vianna Moniz Bandeira, professor, BRASIL
  194. Luiz Araújo – Presidente Nacional do PSOL e Professor da UNB, BRASIL
  195. Luiz Carlos Gabas – Reverendo  da Igreja Episcopal Anglicana do Brasil – Cascavel / PR
  196. Luiz Fernando Lobo – diretor artístico, BRASIL
  197. Luiz Ragon, Rio de Janeiro- BRASIL.
  198. Cecília Figueira de Mello, Editora Revista Caros Amigos, BRASIL
  199. Magdiel Sanchez, militante social, MEXICO
  200. Mangwele Moëba, Bègles, FRANCE
  201. Manuel Bertoldi, Dirigente de “Pátria Grande”, ARGENTINA
  202. Manuel Cabieses, periodista. CHILE
  203. Manuel Luna, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  204. Marcelo langieri (Sociologo UBA), ARGENTINA
  205. Marco Riquelme  Coordinador Nacional MPMR, CHILE
  206. Marcon, deputado federal pelo PT – RS, BRASIL
  207. Marcos Barros, pastor evangélico, BRASIL
  208. Maria Elena Meza, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  209. Maria Luisa Pizzi, Misión Nueva Pompeya, Chaco, ARGENTINA
  210. MARIA LUIZA FRANCO BUSSE- JORNALISTA, BRASIL
  211. Maria Páez Victor, vocera de Circulo Bolivariano Louis Riel, Toronto, CANADA
  212. Maria Pau Tryner,Psicóloga y Antropóloga. Teóloga de la Liberación. Feminista, Barcelona. CATALUNYA.
  213. Maria Teresa Calderas, Fundacion Guillermo Toriello (FGT), GUATEMALA
  214. María Velásquez, Maya kiche, GUATEMALA
  215. Mariana Toscana, comunicadora y directora escuela obrera campesina, Asociación de Trabajadores del Campo (ATC), Nicaragua.
  216. Marie Louise BENOIT, MILITANTE POLITIQUE en FRANCE
  217. Marluzio Dantas , Associação Jose Martí, BRASIL
  218. Marly Cuesta – Pres.Associação de Mulheres e Ponto de Cultura “Vitória-Régia”- educação popular,cultura,meio ambiente,direitos humanos e voluntariado -Porto Alegre,RS, BRASIL
  219. Marta Harnecker, escritora chilena, CHILE
  220. Max Altman, jornalista, militante do PT, São Paulo, BRASIL
  221. Maximiliano Nardelli, Biólogo y educador popular, Luján, ARGENTINA
  222. Mayra Godoy, Presidenta Asociación Somos Muchas, GUATEMALA
  223. Michael Lebowitz, profesor emeritus canadiense, CANADA
  224. MICHEL ESSERTAIZE PROFESSEUR, QUÉBEC, CANADA
  225. Michel Maillet , médecin , FRANCE
  226. Michèle Fraize, Bourge, FRANCE
  227. Mónica Bruckmann, socióloga peruana, BRASIL.
  228. Moraima Rincón, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  229. Movimiento Independentista Nacional Hostosiano (MINH) de PUERTO RICO.
  230. Movimiento patriótico manuel rodríguez, CHILE
  231. Mtandao wa Vikundi vya Wakulima Tanzania (MVIWATA) – TANZANIA
  232. Nalu Faria, Marcha Mundial das Mulheres, BRASIL
  233. Nancy Espasandin.- Comisión Nacional en defensa del Agua y la Vida.URUGUAY
  234. Natália Lima de Araújo, estudante de Relações Internacionais da USP e militante do Levante Popular da Juventude, BRASIL
  235. Natalia Vinelli (Periodista, Barricada TV), ARGENTINA
  236. Natalia Vinelli, periodista, ARGENTINA
  237. Olavo Pereira de Queiroz, Associação Cultural José Martí do Estado do Rio Grande do Norte – Casa de Amizade Brasil / Cuba. BRASIL.
  238. Olesa de Montserrat, Barcelona, CATALUNYA.
  239. Olivio de Oliveira Dutra, ex-governador do Estado do Rio Grande do Sul(1999/2002), BRASIL
  240. Ordóñez María de los Ángeles, Mov. Popular Patria Grande, Córdoba- ARGENTINA
  241. Organización de Solidaridad de los Pueblos de África, Asia y América Latina (OSPAAAL), CUBA
  242. Oscar Simon, Profesor, Miembro de la CUP;Barcelona. CATALUNYA.
  243. Osmar Prado, Ator, BRASIL
  244. Osvaldo León, comunicólogo, ECUADOR
  245. Owana Madera, directora Casa Bolívar, CHILE
  246. Pablo Miranda, Coordinador de la Unión Campesina Panameña (UCP) PANAMÁ
  247. Paola Estrada, da secretaria operativa dos movimentos populares da ALBA, BRASIL
  248. Pastor Dr. Arturo Blatezky – Coordinador Nacional del Movimiento Ecuménico por los Derechos Humanos de la ARGENTINA
  249. Patrice Bonazzi, FRANCE
  250. Patricia Ariza, Movimiento Político y Social marcha Patriótica, COLOMBIA
  251. Patricio Madera, artista plastico, muralista, Colectivo BRP,CHILE
  252. Paul Nicholson, via campesina, PAIS BASCO
  253. Paulo Kageyama. Professor Titular. ESALQ – USP, Universidade de São Paulo, BRASIL
  254. Paulo Pimenta, deputado federal pelo PT-RS e presidente da comissão de direitos humanos da câmara dos deputados BRASIL
  255. Paulo Ramos , Deputado Estadual – PSOL/RJ – BRASIL
  256. Paulo Rocha, senador pelo PT – PA, BRASIL
  257. Piedad Córdoba, Movimiento Político y Social marcha Patriótica, COLOMBIA
  258. Pierre BILLON, médecin généraliste, Le Teil, FRANCE
  259. Pierrette Pasquini, Bagnols sur Cèze( Gard),FRANCE
  260. Pilar Ramos Quintero – Congreso de los pueblos Colombia
  261. Rafael Tramm, Presidente da União Cultural pela Amizade dos Povos, BRASIL
  262. Raimundo Bonfim – Central de Movimentos Populares-CMP, BRASIL
  263. Ramon Franquesa; Profesor Universitat de Barcelona,
  264. Raul Blanchet, secretario general Comités Comunistas, CHILE
  265. Raul Burbano – Latinamerica and Caribbean Solidarity Network – CANADA
  266. Raul Suarez, Pastor Bautista, Diputado en la Asamblea Nacional popular de CUBA
  267. Raymundo de Oliveira engenheiro e professor, BRASIL
  268. Rémi Durieux, FRANCE
  269. Renato Simões,militante do PT (Partido dos Trabalhadores) – BRASIL
  270. Ricardo Bocanegra, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  271. Ricardo Gebrim, dirigente da consulta popular e do sindicato dos advogados de São Paulo, BRASIL
  272. Ricardo Jimenez A. Sociólogo chileno residente en PERÚ
  273. Roberto Amaral, jornalista, professor e político brasileiro. BRASIL
  274. Roberto Muñoz Albuerno, Casa Bolívar, Santiago de CHILE.
  275. Roberto Ponciano – CUT (Central única dos Trabalhadores) RJ – BRASIL
  276. Roberto Requião, senador pelo PMDB – PR, BRASIL
  277. Roberto Stirling  dirigente Partido Igualdad, CHILE
  278. Rodrigo Castelo, professor universitário, BRASIL
  279. Romário Rosetto – dirigente do Movimento dos Pequenos Agricultores (MPA) – BRASIL
  280. Ronaldo Ortíz, Coordinación de FRENADESO Sector Indígena, Panamá
  281. ROSA CAÑADELL PASCUAL – militante de sindicato de maestros- USTEC·STEs- CATALUNYA
  282. Sally Burch, periodista, GRAN BRETAÑA
  283. SALVADOR LOPEZ ARNAL;Profesor de la UNED;Barcelona, CATALUNYA.
  284. Sandra  Barsotti, atriz, educadora e militante do PT, Rio de Janeiro, BRASIL
  285. Sandra Morán, Diputada, GUATEMALA
  286. Santiago Escobar, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  287. Santiago Mayor, editor general y periodista de Notas – Periodismo Popular, ARGENTINA
  288. Santos Reyes Toj, Comunidad 29 de Diciembre,GUATEMALA
  289. Sayonara Tamayo, CMLK (Centro Memorial Martin Luther King) CUBA
  290. Sergio Muniz /documentalista / BRASIL
  291. Servais Alphonsine, KOMITE DRAPO, GUIANA FRANCESA
  292. Sfia Bouarfa, Députée Honoraire, Ancienne Sénatrice, FRANCE
  293. Silvana Maria Gritti, professora, BRASIL
  294. Silvia Sólorzano, Secretaría Asuntos Políticos de las Mujeres del partido URNG- MAIZ , GUATEMALA
  295. Simona  V. Yagenova, ​Investigadora docente, FLACSO, GUATEMALA
  296. Sindicatos dos Bancários de Santos e Região, BRASIL
  297. Socorro Gomes Cebrapaz, BRASIL
  298. Soledad Oliva, Frente de Defensa de los Pueblos Hugo Chavez, Toronto, CANADA
  299. Sonia Coelho, Marcha Mundial das Mulheres, BRASIL
  300. Stan Smith Chicago ALBA Solidarity Committee, EUA.
  301. SuzanaTaillant, FRANCE
  302. Sylvie Carrasco Marano, FRANCE
  303. Tânia Mandarino, Advogada e Militante do PT. Curitiba, Paraná, BRASIL
  304. Tarik Lama, Jóvenes por Palestina, CHILE
  305. Telma Araújo, professora aposentada, militante do Movimento de Solidariedade a Cuba, BRASIL
  306. Telmario Mota, senador pelo PDT – RR, BRASIL
  307. Teófila Zambrano, Coordinadora Comisión de Mujeres de la CLOC-Vía Campesina – PANAMÁ.
  308. Teófila Zambrano, Coordinadora Comisión de Mujeres de la CLOC-Vía Campesina – PANAMÁ.
  309. Thiago Pará – dirigente do Levante Popular da Juventude e Secretário Geral da União Nacional dos Estudante (UNE) – BRASIL
  310. Thierry Deronne, docente universitário, Escuela Popular y Latinoamericana de Cine y TV, VENEZUELA
  311. Thomas de Toledo, professor de Relações Internacionais, Secretário Geral do CEBRAPAZ, BRASIL
  312. Thomas John Laiser, Lobbying and Advocacy Officer, Mtandao wa Vikundi vya Wakulima Tanzania-MVIWATA, (Network of Small-Scale Farmers’ Groups in Tanzania). TANZANIA
  313. Tuca Moraes, atriz e produtora cultural, Rio de Janeiro, BRASIL
  314. Valmir Assunção, deputado federal pelo PT – BA, BRASIL
  315. Valter Pomar, professor universitário e militante do PT, São Paulo, BRASIL
  316. Valter Xeu – jornalista, diretor e editor do portal Pátria  Latina, BRASIL
  317. Vanessa Grazziontin, senadora pelo PCdoB – AM, BRASIL
  318. Vanessa Martina Silva, jornalista, São Paulo, BRASIL
  319. Vania Barbosa, BRASIL
  320. Vânia Barbosa, periodista popular y servidora pública jubilada del Río Grande del Sur – BRASIL
  321. Vicent Maurí;Portavoz Intersidical Valenciana-  VALENCIA
  322. Vilma Soto Bermúdez – Dirección Nacional Movimiento Independentista Nacional Hostosiano (MINH), PUERTO RICO
  323. Virginia Fontes, Historiadora,  UERJ e Fiocruz, Rio de janeiro, BRASIL
  324. Viviana Abud, secretaria general SITECO ( sindicato de Trabajadores  contratista del cobre), CHILE
  325. Wadih Damous, deputado federal pelo PT – RJ, BRASIL
  326. Wagner Hosokawa – militante da esquerda do PT,Professor UNG (Guarulhos), BRASIL
  327. Wilma Reverón – Copresidenta MINH-PR, Movimiento Independentista Nacional Hostosiano (MINH), PUERTO RICO
  328. Zola Xavier da Silveira  –  JORNALISTA, BRASIL
  329. Ababacar Fall- Barros, Dakar (Sénégal)

 

Contact: secretaria@albamovimientos.org.br

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-26E