Paysage avant la bataille

voto20152Avec l’élection de deux tiers de députés de droite vient de se répéter le scénario médiatique qui accompagna la défaite électorale des sandinistes au Nicaragua en 1990. Le pays semble rentrer dans l’ordre néo-libéral, on reconnaît que la « dictature » est une démocratie, on félicite les perdants pour leur reconnaissance immédiate des résultats.

Mais pourquoi Caracas, au lendemain du scrutin, était-elle si triste ? Pourquoi une telle victoire n’a-t-elle déclenché la moindre liesse dans le métro, dans les rues ? Comment comprendre la mobilisation de collectifs populaires, ou que les syndicats se déclarent en « état d’urgence », alors qu’il y a trois jours une partie de cette même base populaire ne s’est pas mobilisée en faveur des députés bolivariens ?

Dès l’élection de Chavez en décembre 1998, nombre d’institutions révolutionnaires se sont peuplées du « chiripero » – surnom donné à la masse d’employé(e) qui troquèrent en 24 heures la casquette du populisme des années 90 pour une chemise rouge (alors que souvent les révolutionnaires authentiques étaient écartés). L’angoissante guerre économique a rendu insupportables la corruption et la surdité de ce secteur de fonctionnaires face à l’exigence d’une protection forte, d’un État plus efficace, plus participatif, travaillant à écouter les citoyen(ne)s.

Parallèlement, le « changement » promis par la droite a été interprété comme la fin de la guerre économique : les rayons des magasins se rempliraient de nouveau, les files disparaîtraient avec le retour du secteur privé au pouvoir. Or les leaders de l’opposition ont d’ores et déjà annoncé qu’il ne sera pas possible de régler le « problème économique » à court terme et que la priorité sera d’appliquer un programme visant à « modifier » les lois et acquis sociaux. Fedecámaras, organisation des commerçants et des chefs d’entreprises du secteur privé, demande à l’assemblée nationale d’annuler la Loi du Travail (1).

En ligne de mire : les hausses de salaire, la protection des travailleurs contre les licenciements, les conditions trop favorables des congés de maternité, la réduction de la durée du travail, les samedis libres, le paiement des heures sup, les bons d’alimentation. Les syndicats annoncent déjà des mobilisations de rue, réclament la nationalisation de la banque. Menacée et traitée de « cloaque » par le leader de l’opposition Ramos Allup, la chaîne parlementaire ANTV vient d’être remise intégralement à ses travailleurs par le gouvernement, et le président Maduro décrètera une loi pour protéger les travailleurs du service public, en étendant l’interdiction de licenciement de 2016 à 2018.

assemblée populaire en cours á Caracas

Assemblée populaire en cours à Caracas

La droite – elle ne s’en cache pas – veut revenir sur la plupart des acquis de la révolution (loi de contrôle des prix, loi des semences anti-OGM, loi de la réforme agraire, de protection des locataires, éducation gratuite, santé gratuite, construction de logements publics, pensions…), organiser avec les États-Unis la privatisation du pétrole et des autres ressources du pays, annuler les accords de coopération énergétique avec les pays plus pauvres des Caraïbes et tout autre accord qui défie la vision unipolaire de Washington (PetroCaribe, ALBA, etc..), etc… Elle annonce aussi une « amnistie » pour les militants et le leader de “l’Aube Dorée” locale Leopoldo Lopez, organisateurs de violences meurtrières – celles de 2013 ont fait 43 morts, la plupart dans le camp bolivarien, et six membres des forces de l’ordre tués par balles. Ce sont eux que les médias internationaux appellent des “prisonniers d’opinion” au motif qu’ils appartiennent à l’extrême droite. Pour réaliser tout cela au plus vite, la droite cherchera, dans les mois qui viennent, à destituer le président bolivarien par un coup parlementaire comme celui subi par Fernando Lugo au Paraguay.

Faire la révolution n’est pas simple.

On voit la difficulté de construire une révolution socialiste sans démocratiser la propriété des médias, sans s’émanciper de cette prison culturelle de consommation massive, d’invisibilisation du travail, de fragmentation du monde, de passivité du spectateur. Le récent « rapport sur l’imaginaire et la consommation culturelle des vénézuéliens » réalisé par le ministère de la culture est en ce sens une excellente analyse politique. Il montre que la télévision reste le média préféré et que la majorité associe le Venezuela à l’image de Venevision ou Televen : «  jolis paysages/jolies femmes ». Comment mettre en place une production communale à grande échelle, sans la corréler avec un imaginaire nouveau où la terre n’est plus la périphérie de la ville mais le centre et la source de la vie, de la souveraineté alimentaire ? Comment transformer des médias en espaces d’articulation et d’action populaire, de critique, de participation, si le paradigme anglo-saxon de la communication sociale (« vendre un message à un client-cible ») reste la norme ?

En conclusion

Une immense bataille commence, et deux issues sont possibles : soit un repli du camp bolivarien, avec répression des résistances sociales (l’histoire répressive (2) et les liens de la droite vénézuélienne avec le paramilitarisme colombien et la CIA sont bien documentés (3) ), vague de privatisations, retour à l’exploitation et à la misère des années 90, et silence des médias internationaux – comme lors du retour des néo-libéraux au Nicaragua de 1990 à 2006.

Soit les politiques de la droite serviront de fouet à la remobilisation populaire que Nicolas Maduro a appelée de ses vœux en provoquant la démission du gouvernement et en organisant une réunion avec les mouvements sociaux et le Parti Socialiste Uni (PSUV). Malgré l’usure de 16 ans de pouvoir et ces deux dernières années de guerre économique, la révolution bolivarienne conserve un socle remarquable de 42 % des suffrages. Même si les deux tiers des sièges parlementaires donnent à la droite une grande marge d’action, le chavisme dispose pour l’heure du gouvernement et de la présidence, de la majorité des régions et des mairies, et de l’appui d’un réseau citoyen – conseils communaux, communes, mouvements sociaux. Si le président réussit à repartir rapidement sur des bases nouvelles, sans diluer ses décisions dans une négociation interne entre groupes de pouvoir, si toutes ces énergies de transformation se reconnectent et agissent en profondeur, la leçon aura été salutaire.

Thierry Deronne, Caracas, 9 décembre 2015

Juventud Guerrera del 23 de Enero. Foto Milangela Galea

Photos : merci à Orlando Herrera et à Milangea galea

Le mouvemet populaire rencontre le président Maduro (juché sur le camion d'une radio associative) aux abords du palais présidentiel, Caracas, 9 décembre 2015

Le mouvement populaire rencontre le président Maduro (juché sur le camion d’une radio associative) aux abords du palais présidentiel, Caracas, 9 décembre 2015

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arlamentarismo5ht1449693898Notes:

(1) Lire « La nouvelle loi du travail au Venezuela », https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/04/nouvelle-loi-du-travail-au-venezuela-un-pas-de-plus-vers-la-vraie-vie/

(2) Lire « la jeunesse d’aujourd’hui ne sait rien de ce qui s’est passé il y a trente ou quarante ans » https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/01/19/la-jeunesse-daujourdhui-ne-sait-encre-rien-de-ce-qui-sest-passe-au-venezuela-il-y-a-trente-ou-quarante-ans/ et « comment la plupart des journalistes occidentaux ont cessé d’appuyer la démocratie en Amérique Latine » https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/16/comment-la-plupart-des-journalistes-occidentaux-ont-cesse-dappuyer-la-democratie-en-amerique-latine/

(3) Lire « Venezuela : la presse française lâchée par sa source ? » https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/08/04/venezuela-la-presse-francaise-lachee-par-sa-source/

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-27P

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Nouvelle baisse du chômage en avril

Caracas, Venezuela, 28/05/14  Le rapport mensuel de l’Institut National de la Statistique indique que le taux de chômage est descendu à 7,1 %. En avril 1999, première année du gouvernement Chavez, le chômage au Venezuela était de 14,6%. Il a donc été diminué de 50 % en quinze ans de révolution bolivarienne. Au total 4 millions de personnes ont trouvé un emploi. Tandis que le travail dans le secteur informel est passé de 51 % en avril 1999 à 40,7% en avril 2014, dans le même temps, le secteur formel de l’économie a crû de 10,3 – passant de 49% en avril 1999 à 59,3% en avril 2014. Le rapport montre aussi qu’entre avril 2013 et avril 2014, 444 mil 313 personnes ont trouvé un emploi dans l’économie formelle.

L’évolution de l’emploi se caractérise par la consolidation des activités économiques qui génèrent la plus grande quantité d’emplois et par une stabilité accrue pour les travailleurs¨ précise le rapport qui souligne l’amélioration des conditions de travail.

Même les travailleurs indépendants installés à leur compte – 3 millions 637 mille 484 personnes – peuvent aujourd’hui cotiser à la sécurité sociale et ont droit aux pensions de vieillesse grâce à la modification de la Loi de l’Institut Vénézuélien de la Sécurité Sociale.

Nicolas Maduro le 24 mai 2014, lors d’une rencontre nationale avec les travailleurs du secteur public et les syndicats qui lui ont remis le projet de contrat collectif 2014-2016. Ce projet sera approuvé dans les 60 jours, a promis le président, qui a par ailleurs approuvé la nouvelle échelle d’augmentation du salaire pour l’administration publique, annoncé le renforcement de la Caisse d’Épargne et la création d’une Banque des Travailleurs où seront déposées toutes les prestations sociales qui leurs sont dues, et relancé la Mission Mercal Obrero qui prolonge le système de distribution des aliments à bas prix en installant ces magasins à proximité des lieux de travail.

Nicolas Maduro le 24 mai 2014, lors d’une rencontre nationale avec les travailleurs du secteur public et les syndicats qui lui ont remis le projet de contrat collectif 2014-2016. Ce projet sera approuvé dans les 60 jours, a promis le président, qui a par ailleurs approuvé la nouvelle échelle d’augmentation du salaire pour l’administration publique, annoncé le renforcement de la Caisse d’Épargne et la création d’une Banque des Travailleurs où seront déposées toutes les prestations sociales qui leurs sont dues, et relancé la Mission Mercal Obrero qui prolonge le système de distribution des aliments à bas prix en installant ces magasins à proximité des lieux de travail.

Notes :

– Voir ¨Nicolas Maduro annonce une nouvelle augmentation de 30 % du salaire minimum et des pensions¨ https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/04/30/maduro-annonce-une-nouvelle-augmentation-de-30-du-salaire-minimum-et-des-pensions/

– Lire ¨Venezuela : l’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent.¨, https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/01/22/venezuela-laugmentation-du-salaire-et-la-baisse-du-chomage-continuent/

– Pour les détails de la nouvelle loi, lire ¨Nouvelle loi du travail au Venezuela : un pas de plus vers la vraie vie.¨, https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/04/nouvelle-loi-du-travail-au-venezuela-un-pas-de-plus-vers-la-vraie-vie/

Source : AVN

Traduction : T. D.

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/05/29/nouvelle-baisse-du-chomage-en-avril/

Quand s’éloigne le bruit de la pluie sur les toits de carton

Le Venezuela est plus bolivarien que jamais (1). Avec 20 états sur 23 –  dont cinq bastions repris à l’opposition de droite, le triomphe des candidats du programme bolivarien aux régionales de ce dimanche 16 décembre 2012 rappelle à ceux qui l’auraient oublié que le Venezuela vit une double révolution.

La première est la transformation d’un peuple en sujet politique. En Europe, pour des raisons sociologiques et médiatiques, ce fait suscite moins d’intérêt que la question «  qui va succéder à Chavez ? ». Mais le Venezuela n’est pas une monarchie : il y a dans ce pays une constitution républicaine, des élections pour choisir ou rejeter les programmes portés par des candidats et surtout, un peuple conscient, mobilisé, capable de critiquer et d’orienter la politique.

Il y a quinze ans, avant la première victoire bolivarienne aux présidentielles, le champ politique se caractérisait par un apartheid de fait. Une partie de la classe moyenne et de l’élite locales, minoritaires, rêvaient (et rêvent encore parfois) d’exterminer une myriade d’insectes grouillant dans les cerros, dans les barrios surplombant Caracas. Cette majorité sociale occupe aujourd’hui le centre de l’espace politique et, vote après vote, accélère le temps historique. Cette intensité génère de nouveaux problèmes à résoudre.

Jesse Chacón, ex-ministre et directeur de la fondation de recherches sociales GISXXI, pointe ainsi le retard de la forme politique sur l’électorat populaire en notant “la fragilité du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV, principal parti bolivarien) qui n’a pas réussi à se muer en “intellectuel collectif » (Gramsci), en parti capable de s’articuler territorialement et socialement avec les gens et de prendre la tête de la mobilisation. Au contraire cette fraction révolutionnaire maintient une trame interne trop complexe pour mener des processus d’organisation solides et permanents. Sa manière répétée de ne s’activer qu’en fonction des élections sans être présent dans la bataille autour des problèmes quotidiens des gens, le cantonne à n’être qu’un espace symbolique que le peuple identifie conme le parti de Chavez et auquel, comme tel, il donne son vote. Reste à penser comment construire un vrai détachement collectif capable de conduire la société vénézuélienne dans une transition difficile et ardue vers le socialisme. » (2)

L’autre révolution, c’est la renaissance de l’Etat et la multiplication de services publics de grande envergure. Il ne s’agit pas d’un simple refinancement, d’une simple « sortie du néo-libéralisme » mais de construire un nouveau type d’État. Prenons l’exemple de la Mission Logement. (3)

Avant la révolution bolivarienne, les quartiers populaires aux toits de carton et de zinc dépeints par la chanson « Techos de cartón » d’Ali Primera en 1974, n’étaient que l’expression la plus visible du drame de la pauvreté et de l’exclusion sociale. En faisant résonner le mot car-tón, Ali Primera disait la condition réelle d’une population sans État, sans défense face aux éléments, livrée à l’exploitation quotidienne. (4)

¡Qué triste, se oye la lluviaen los techos de cartón !

¡Qué triste vive mi gente

en las casas de cartón !

Viene bajando el obrero

casi arrastrando los pasos

por el peso del sufrir

mira que es mucho el sufrir !

¡ mira que pesa el sufrir !

Arriba, deja la mujer preñada

abajo está la ciudad

y se pierde en su maraña

hoy es lo mismo que ayer :

es su vida sin mañana

Recitado

« Ahí cae la lluvia,

viene, viene el sufrimiento

pero si la lluvia pasa

¿ cuándo pasa el sufrimiento ?

¿ cuándo viene la esperanza ? »

Niños color de mi tierra

con sus mismas cicatrices

millonarios de lombrices

Y, por eso :

¡ Qué tristes viven los niños

en las casas de cartón !

¡ Qué alegres viven los perros

en casa del explotador !

Usted no lo va a creer

pero hay escuelas de perros

y les dan educación

pa’ que no muerdan los diarios,

pero el patrón,

hace años, muchos años

que está mordiendo al obrero

oh, oh, uhum, uhum

¡ Qué triste se oye la lluvia

en las casas de cartón !

¡ qué lejos pasa la esperanza

en los techos de cartón !

 

Comme elle est triste la pluie qu’on entendsur les toits de carton !

Comme elle est triste la vie de mon peuple

dans les maisons de carton !

L’ouvrier arrive

d’un pas traînant

sous le poids de sa  souffrance.

Regarde comme il  souffre !

Regarde comme la souffrance lui pèse !

En haut il laisse sa femme enceinte,

en bas il y a la ville

et il se perd dans son maquis

aujourd’hui pareil qu’hier :

c’est sa vie sans lendemain.

Récitatif

Là-bas tombe la pluie,

elle vient, elle vient la souffrance.

Mais, si la pluie cesse,

quand la souffrance cessera-t-elle ?

Quand viendra l’espoir ?

Enfants de la couleur de mon pays,

comme lui, pleins de cicatrices,

millionnaires en parasites.

C’est pourquoi :

Qu’elle est triste la vie des enfants

dans les maisons de carton !

Qu’elle est gaie la vie des chiens

dans la maison de l’exploiteur !

Vous n’allez pas me croire

mais il existe des écoles pour chiens

où on les éduque

pour qu’ils ne mordent pas les journaux.

Mais le patron,

depuis de très longues années,

ne cesse de mordre l’ouvrier.

Oh, oh, mmm, mmm

Qu’elle est triste la pluie qu’on entend

dans les maisons de carton !

L’espoir, comme il passe loin

des toits de carton !

Avec la Grande Mission Logement Venezuela lancée en avril 2011, le gouvernement cherche à restituer un des droits fondamentaux dont furent privés pendant tant d’années ces millions de vénézuéliens contraints de construire des baraques sur des terrain à risques, maintenus à l’écart des centres urbains dont les terrains sûrs étaient aux mains de gros propriétaires et d’agences immobilières.

Pour l’année 2012, cette mission offre un bilan de 311 mille 992 logements construits (soit 89% de l’objectif prévu pour 2012). Ils ont été remis principalement à ceux qui avaient perdu leur foyer lors des graves inondations de 2010, aux familles qui hier encore écoutaient « le triste bruit de la pluie sur les toits de carton ».

Dans des pays comme l’Espagne, la disparition progressive de l’État social a eu pour conséquence durant les quatre dernières années 350.000 saisies hypothécaires. Le bilan pour 2012 est de 18.668 expulsions, soit une hausse de 13,4% par rapport au deuxième trimestre de 2011. 34% des suicides, selon les statistiques officielles, sont dus à des expulsions.

À Caracas, Yana Coelli est formatrice populaire dans le secteur El Recreo. Elle se charge d’organiser les processus de formation et d’organisation communale. Un des problèmes qu’elle affronte avec les quasi 200 personnes des huit conseils comunaux de la commune en construction de sa juridiction, est précisément celui du logement.

« Nous avons commencé le 7 juin 2012 par des réunions d’orientation pour former les assemblées citoyennes techniques sur le logement. Lors des deux premières réunions nous avons utilisé la méthodologie de « l’arbre du problème » pour détecter ensemble les causes profondes du manque de  logements, comprendre pourquoi nous étions obligés de louer ou d’être acculés dans des terrains à haut risque. Le but était que tous voient que ce besoin ne se réduit pas à nous seulement mais qu’il est vécu à l’échelle nationale. Nous avons dû remonter l’histoire du pays, les quarante ans de fausses promesses des gouvernements de la quatrième république, l’éléphant blanc d’Inavi (Institut National du Logement). Les gens ont beaucoup participé, un climat de confiance s’est noué. Après les élections nous avons repris les réunions, à chacune d’elles ont assisté en moyenne une centaine de personnes. »

Pour Yana, la participation est fondamentale, mais plus encore la formation. Pour elle, seuls des conseils comunaux organisés, menant les recensements de logement et proposant des solutions élaborées collectivement, garantissent l’accès à un logement digne, qu’ils soient construits par le biais de la Grande Mission Logement ou en auto-construction avec la collaboration des Comités de Terre Urbaine ou du « Movimiento de Pobladores » qui se chargent de chercher les terrains ou les immeubles abandonnés afin de les destiner au logement.

« Les occupants des refuges sont prioritaires mais il y a beaucoup plus de gens qui ont besoin de logements, et qui doivent s’organiser pour transférer aux institutions gouvernementales l’information exacte sur leurs besoins. La Mission Logement devrait travailler davantage avec les  conseils communaux, et qu’on le voie à la télévision, pour stimuler l’organisation citoyenne. La communauté qui ne s’organise pas n’obtiendra rien. C’est ainsi que va notre processus: essais, erreurs, essais, tout le temps« …

Réunion du « Movimiento de pobladores » avec le président Chavez pour proposer des lois en faveur du logement public. L’objectif de ce mouvement social est de lutter contre la spéculation immobilière, pour la démocratisationde la propriété et la sécurité juridique en faveur des secteurs populaires. Il est formé par diverses organisations de base telles que le campement de pionniers (familles sans logement), Concierges Unis pour le Venezuela, Comité de Locataires, Comités de Terre Urbaine, Front de Locataires et Occupants, provenant de tout le pays.

T.D.

Avec Mariel Carrillo, AVN http://www.avn.info.ve/contenido/vivienda-y-revoluci%C3%B3n-logro-vivo-del-pueblo-venezolano et http://www.ciudadccs.info/?p=363025

Notes:

(1) Résultats définitifs disponibles sur le site du Centre National Électoral vénézuélien: http://www.cne.gob.ve/resultado_regional_2012/r/1/reg_000000.html

(2) Jesse Chacón, “2012 y la intensidad de la trama política nacional” http://www.gisxxi.org/articulos/2012-y-la-intensidad-de-la-trama-politica-nacional-venezolana-jesse-chacon-gisxxi/#.UM51LuQmbld

(3) Infos chiffrées sur la Grande Mission Logement:  http://www.mvh.gob.ve/index.php?option=com_content&view=category&id=45&layout=blog&Itemid=81

(4) La chanson engagée en Amérique du Sud (années 1960 et 1970) : définition, origine et caractéristiques, par Ana Luisa Polania-Denis, Doctorante, Université de Paris 10, thèse présentée en 2010.

URL de cet article: https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/12/17/quand-seloigne-le-bruit-de-la-pluie-sur-les-toits-de-carton/

La sécurité au Venezuela : la solution depuis l’État et non comme offre électorale, par Jesse Chacón – Fondation GISXXI.

Jesse Chacón

Le thème de la sécurité a été utilisé dans toutes les sociétés capitalistes comme ressource de l’État pour légitimer ses appareillages répressifs et militarisés. Elle est fondamentalement un rituel de contrôle social. La stratégie à l’oeuvre dans ces dispositifs est le traitement violent des conflits qui se convertit, dans le cas des problèmes d’insécurité en un scénario privilégié de violation des droits humains.

Face au défi que signifie conjurer les formes croissantes d’insécurité urbaine, le gouvernement bolivarien a opté pour une politique nationale de sécurité dont la conception et la mise en oeuvre concrète suivent les normes de respect et de garantie des droits humains. Il s’agit de transformer le droit à la sécurité en sécurité des droits comme le propose avec raison le criminologue critique Alexandro Barata.

La gestion antérieure a permis de construire un système national de police, qui compte sur des instruments significatifs tels que la police nationale et les nouveaux standards opérationnels des polices des état et municipales.

Les résultats obtenus dans la diminution du taux de délits contre le patrimoine comme les vols avec violence ou non, ont été importants. C’est le résultat de nouvelles conduites policières ainsi que de l’intégralité  dans la politique sociale et de garantie des droits économiques et sociaux. Le taux national de vols sans violence a baissé de 190 en 2009 à 169 en 2011, celle des vols avec violence de 254 en 2009 à 211 en 2011.

Le taux d’homicides au contraire, bien que contenu, stagne sans montrer de tendance significative à la baisse, qui en 2009 fut de 49 et en 2010 de 50, avec les jeunes comme majorité des victimes et auteurs d’homicides. En ce qui concerne les caractéristiques des homicides,  83,63% ont lieu le plus fréquemment dans les secteurs populaires, 56,52% dans la strate 4 et  27,12%. Dans la strate 5, dans la strate 1 et 2 (secteurs riches) ne se produisent que 3,9% des homicides. 61,57% des assassinats se produisent dans le quartier lui-même et 10,01% dans le même secteur. 71.5 ont lieu le soir et à l’aube.

Sur tout ce qui précède, il existe divers facteurs de la société liés à ce qu’on appelle l’opposition qui ne comprennent pas ce que signifie transformer cette problématique sur la base d’un modèle de sécurité citoyenne centré sur des pratiques démocratiques et sur le respect des droits humains, et ne valorisent pas le processus substantif de construction du système national de police ni la politique nationale de désarmement. Ces secteurs ne peuvent valoriser ces pas fondamentaux de la politique publique parce qu’ils gardent la vision et la conception militarisée de la sécurité citoyenne, qu’ils appliquent selon le schéma typique du “plomb pour les délinquants”. Leur tradition est la violation systématique des droits humains, et leur position en matière criminologique est donnée par la théorie du « droit pénal de l’ennemi » selon laquelle les formes de criminalité juvénile, en tant qu’elles transgressent le pacte social, doivent être classées comme celle d’ennemis publics auxquels il n’est pas légitime d’acccorder les garanties et le respect des droits humains. Il ne faut pas s’étonner de les voir exiger en  permanence que toute mutinerie soit écrasée dans le feu et le sang.

Le Gouvernement bolivarien est conscient de la gravité que représente le problème de l’insécurité pour l’ensemble de la société vénézuélienne et c’est pourquoi il a lancé un appel à assumer publiquement ce problème comme celui de tous, au lieu de le considérer depuis la partialité politique, et recherche la convergence de tous les secteurs de la société pour dégager des solutions alternatives.

Le début de la solution passe par la capacité de tisser État et société sur la base de l’accomplissement des standards des droits humains, par la reconnaissance que la sécurité est un problème politique et citoyen, et non pas en adoptant les postures régressives de la militarisation des mentalités et des dispositifs d’action.

Il est également nécessaire de caractériser correctement les nouveaux types de criminalité transnationale qui s’implantent dans la société vénézuélienne. Considérer le problème de l’insécurité sans visibiliser l’impact que les cartels colombiens et mexicains de la drogue ont dans la reconfiguration de la criminalité  urbaine, exprimée par le micro-trafic de stupéfiants et par l’augmentation des homicides, c’est perdre de vue la connexion structurelle du problème.

Ces phénomènes ne sont pas nationaux mais font partie d’un phénomène qui impacte aujourd’hui à plus ou moins grand degré la totalité des villes d’Amérique. Une compréhension de ce phénomène exige la lecture du narcotrafic non seulement comme problème criminel mais comme expression d’une transnationale d’accumulation de capital, dans laquelle se mêlent autant les néo-bourgeois mafieux aux élégants banquiers de la bourgeoisie traditionnelle.

Le narcotrafic et son impact dans la société vénézuélienne peuvent être mieux compris si on analyse l’évolution du marché des consommateurs. Jusqu’à la fin de la décennie 90, selon les Nations Unies, les États Unis représentaient un marché de 267 tonnes cubiques par an pour  2008 – produit du surgissement d’un segment de consommateurs jeunes tournés vers les drogues synthétiques, tandis que la consommation annuelle de cocaïne s’est réduit à 165 millions de tonnes. Pendant ce temps, l’Europe a subi une augmentation de la consommation, en passant de 63 tonnes annuelles en 1998 à 165 tonnes en 2008.

Cette variation fondamentale dans les marchés a eu pour conséquence la transformation de la cartographie de la distribution et la consolidation et la configuration de nouvelles routes, qui ont converti le Venezuela en un territoire fondamental de transit de la drogue, acheminée au littoral vénézuélien puis aux îles Caraïbes et de là, réexportée directement pour une part vers l’Europe et pour une autre part à travers l’Afrique.

La configuration de circuits criminels au  Venezuela ne s’est pas fait attendre, avec le développement du mercenariat consubstantiel au commerce du narcotrafic, autour de la protection et du transport des chargements depuis la Colombie ainsi qu’autour du microtrafic de drogue urbain qui a impliqué une augmentation de la consommation et de la possession de drogue par les citoyens.

Selon des données du CICPC (Corps d’Investigations Scientifiques, Pénales et Criminelles), alors qu’en 2009 le taux de consommation de drogues au Venezuela était de 0,04, il s’est situé à 7,7 en 2011; le taux de possession de drogue par les citoyens est passé dans la même période de 33 à 39.

Le gouvernement révolutionnaire, conscient de la signification dramatique de ce nouveau phénomène transnational dans la réalité nationale, n’a pas été la proie de réponses spasmodiques à court terme, ni de formules fascistes de contrôle et de répression; au contraire, sans écarter l’augmentation opérationnelle des forces policières, qui a permis d’obtenir des résultats partiels sur plusieurs indicateurs, il a opté pour une transformation structurelle du système national de sécurité.

Récemment le gouvernement a convoqué une moblisation publique autour du problème du désarmement et travaille à des mesures structurelles pour le contrôle de l’armement. Il a également mobilisé des facteurs citoyens pour participer à la mission “A toda Vida Venezuela(1) qui travaillera de manière systématique sur les manifestations de la criminalité, les problèmes d’accidents de la route et le manque de lien social à l’intérieur des communautés.

Tout ceci est la nouvelle manière de tisser le social sur la base de critères socialistes : une stratégie visant à transformer le concept et la pratique de la sécurité, dans le cadre de la construction de liens sociaux, qui est le nouveau nom de la sécurité.

Étudiant(e)s de la nouvelle Police Nationale Bolivarienne, organe formé au respect des droits humains au sein de l’UNES (Université Expérimentale de la Sécurité). Lancement de la Mission « A toda Vida Venezuela », juillet 2012.

Malheureusement, confrontée à sa stagnation dans les sondages, l’opposition a opté pour électoraliser ce problème, avec une proposition qui ne contient aucune action concrète. Que peut en effet proposer le candidat Henrique Capriles aux vénézuéliens en matière de sécurité, alors que l’État dont il est le gouverneur possède les plus hauts indices de criminalité ?

Puissions-nous sortir ce thème de la polémique politicienne et offrir une solution d’État à une société qui le demande. La Mission “A toda vida Venezuela” est la grande occasion de rassembler toutes les volontés autour de cet objectif.

Jesse Chacón, Directeur de la fondation GISXXI

http://www.gisxxi.org

Traduction de l’espagnol: Thierry Deronne

PDF de l’original : LA SEGURIDAD: Su solución desde el estado y no desde la oferta electoral

 
(1) NdT: La mission d’État “A toda vida Venezuela”, lancée officiellement le 10 juillet 2012, a six axes principaux : 
1. La prévention intégrale et la vie en commun solidaire.
2. Le renforcement des organes de sécurité citoyenne.
3. La transformation du système judiciaire, pénal et la création de mécanismes alternatifs de résolution des conflits.
4. La modernisation du système pénitentiaire.
5. La création d’un système national de suivi intégral des victimes de la violence.
6. La création et la socialisation de la connaissance pour le vivre-ensemble et la sécurité.
 
URL de cet article: https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/07/14/la-securite-au-venezuela-la-solution-depuis-letat-et-non-comme-offre-electorale-par-jesse-chacon-fondation-gisxxi/
 

Le droit à la retraite : modèle vénézuélien contre modèle grec, par Jesse Chacon

Dans la première semaine d’avril, une nouvelle a secoué le monde entier. Dimitris Christoulas, pharmacien à la retraite de 77 ans, se suicidait d’un tir dans la tête face à une multitude sur une place d’Athènes. Dans sa poche et chez lui, il laissait une lettre où il disait:

« … Le gouvernement Tsolakoglou a anéanti toutes mes possibilités de survie, qui se basaient sur une pension très honorable que j’ai payée seul pendant 35 ans sans aucune aide de l’Etat. Et comme mon âge avancé ne me permet pas de réagir d’une façon dynamique (quoique si un compatriote grec devait se saisir d’une Kalashnikov, je m’empresserais de le suivre), je ne vois pas d’autre solution que de mettre fin à ma vie dignement, ce qui m’épargne d’avoir à fouiller les poubelles pour assurer ma survie. Je crois que les jeunes sans avenir vont prendre les armes un jour et ils pendront les traîtres de ce pays sur la Place Syntagma, exactement comme les Italiens l’ont fait pour Mussolini en 1945 ».

La mort tragique de Dimitris, plus qu’une attitude d’impuissance et de frustration telle que l’a présentée la presse internationale, représente un fait politique de résistance et de dignité, qui s’ajoute à la mobilisation de milliers de grecs qui aujourd’hui prennent les places d’Athènes pour protester contre le paquet drastique d’ajustements néo-libéraux que le gouvernement impose sous l’exigence du pouvoir financier et technocratique européen.

En Grèce depuis le début des mesures d’austérite gouvernementale prises en 2010 les allocations de retraite ont été diminuées d’environ 15 %  et celles de plus de 1.200 euros ont été réduites de 20 % de plus. Des citoyens qui ont cotisé, épargné toute leur vie, patiemment, pour jouir de la tranquillité dans leur vieillesse, découvrent aujourd’hui que tout s’écroule, que leur argent n’existe pas, que d’autres l’ont dépensé ou mal investi dans les ballets de titres qui se sont évaporés avec la crise financière déclenchée depuis 2008.

La sécurité sociale, et notamment la protection de la vieillesse, est une institution enracinée socialement depuis de nombreux siècles, et a surgi comme une pratique solidaire générée par la préoccupation pour les invalides ou face aux incertitudes du lendemain. Après la deuxième guerre mondiale et la déclaration formelle des droits humains en 1948, la sécurité sociale se déploie dans une structure de normes internationales et nationales qui en fait un droit formel; les états nationaux créent des structures prévisionnelles et de sécurité sociale et, au sein de celles-ci, des fonds de pensions, lesquels garantissaient une retraite pour les travailleurs à travers leur épargne.

Mais dans la décennie des années 70, la voracité néo-libérale a détruit le sens solidaire de cette institution et l’a convertie en un butin, cédant la place à la privatisation des fonds de pension. Ces fonds sont alors gérés non plus par des sécurités sociales publiques mais par des fonds privés de pension.

La bouchée succulente de l’épargne populaire commence à remplir les coffres du capital financier. Celui-ci sans perdre de temps se met à investir ces fonds dans des titres et dans d’autres investissements douteux à l’extérieur. Au Chili par exemple en 2008, selon des données du Centre National de Développement Alternatif (CENDAS), “95,2 % des fonds investis à l’extérieur l’étaient sous rente variable, dans des pays fortement touchés par la crise et dans des instruments à haut risque. Depuis le début de la crise, le 25 juillet  2007 et jusqu’au 30 septembre 2008, les fonds de pensions avaient perdu 20,37 millions de dollars actuels, ce qui équivaut à une perte de 18.97%”. Tout ceci incombe aux Administrations des Fonds de Pensions (AFP) privés, qui jouent et perdent l’argent des personnes âgées, tout en se présentant au monde comme des experts en efficacité.

Le crédo capitaliste néo-libéral qui s’appuie sur le discours de Hayek et de Fridman, détruit la solidarité comme valeur et rend hégémonique une nouvelle anthropologie basée sur l’égoïsme et sur l’utilitarisme; cependant, de manière répétée, son modèle échoue et sa nature apparaît au grand jour : un système de de gangsters voué à la dépossession, au vol déguisé, destiné à augmenter la richesse de ceux qui sont déjà riches, très riches.

Mais il existe une alternative pour construire la société et la vie, il est possible de construire la société à partir d’idées socialistes, il est possible de récupérer la solidarité comme cœur des relations sociales et de construire des politiques qui garantissent le bien-vivre et le bonheur social.

Au Venezuela, après la mise en échec du modéle néo-libéral par l’insurrection populaire, lors de la révolte du caracazo (1989) et les soulèvements civico-militaires de 1992, cette alternative socialiste a été validée par des réalisations tangibles. Les fonds de pensions ont été préservés comme faisant partie du secteur public et l’État national est redevenu le garant de ces droits. Pendant ces 12 ans de gouvernement bolivarien le nombre de pensionnés a augmenté, passant de  211.040 en 1998 à 1.544.856 en 2010 (voir graphique).

L’Europe subit une crise qui est le produit de la dure recette néo-libérale d’austérité et de privatisations;  le Venezuela avance en tissant son futur sur la base de la solidarité et des idées du socialisme.

Jesse Chacón

Director GISXXI

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Traduction : Thierry Deronne, pour http://www.venezuelainfos.wordpress.com

Original en espagnol : http://www.gisxxi.org/articulos/la-pension-un-apetecido-bocado-para-el-capital-financiero-jesee-chacon-gisxxi/

Le Venezuela en rupture avec le modèle néolibéral de la santé, par Jesse Chacón

Jesse Chacón, directeur de la fondation GISXXI

Le 23 mars dernier le journaliste colombien Juan Gosain écrivait dans El Tiempo : “Il faut le dire sans anesthésie, le système colombien de santé est mort. (..) A Bogota  un désespéré est monté au dernier étage d’une clinique, menaçant de se jeter dans le vide, parce qu’il demandait depuis huit mois à Saludcoop un rendez-vous avec le médecin. Le même soir à Cartagena, le médecin de garde fut attaqué à coups de poing par un ouvrier qui attendait depuis trois jours à la réception. Il ne supportait plus le mal de tête. Il avait subi une embolie cérébrale”.

Tel est le quotidien de la population dans un pays qui depuis le début des années 90 a déstructuré le système public de santé et l’a fait migrer vers un système dont le centre de gravité se trouve dans les entreprises privées tout en démantelant le système public de cliniques et d’hôpitaux par la privatisation. Les usagers migrent vers ce système qui en plus de recevoir une partie des subventions de l’État – on subventionne les riches – reçoit l’argent issu du paiement mensuel des usagers.

Aujourd’hui, après plus de vingt ans, ce modèle est devenu une immense escroquerie pour le public, puisque les usagers «assurés» par ce  système voient le secteur privé retarder ou supprimer des traitements par souci de maximiser les profits – 19.000 millions de dollars par an – et les exemples dramatiques donnés par le journaliste Juan Gosain ne font qu’illustrer cette situation.

Dans le modèle néolibéral de la gestion de la santé appliqué en profondeur à des sociétés telles que la Colombie ou le Chili, nous pouvons identifier les caractéristiques suivantes:

– Compte tenu de la déréglementation des systèmes de santé nationaux, ceux-ci relèvent désormais du droit commercial et quittent le champ de la santé comme droit humain.

– Compte tenu de la privatisation des systèmes de santé nationaux, on cesse de protéger les fabricants nationaux de médicaments.

– On approfondit la monopolisation du secteur des médicaments par des brevets monopolistiques et la propriété intellectuelle.

– Les entreprises privées créent des sociétés de soins qui capturent les ressources publiques et celles des usagers, tout en dégradant la qualité des soins.

– Sous couvert de l’argument de la décentralisation, les gouvernements nationaux transfèrent leurs responsabilités aux municipalités ou aux régions,  sans tenir compte de la protection des droits exigée par les protocoles internationaux signés par les Etats-nations et qui les responsabilisent comme garants universels.

Alors que ces caractéristiques se sont aggravées dans ces sociétés jusqu’à en faire des sociétés centrées sur le marché, le Venezuela, depuis le cycle de révolution bolivarienne, reprend la construction d’une société centrée sur l’État, où l’État retrouve son rôle d’axe structurant de la société et de l’économie, sans nier le jeu contradictoire et dynamique de sa relation avec le marché et la société civile.

La lutte pour la construction d’un état social de droit fut et reste la référence capable de doter de sens les concepts politiques et la politique elle-même. Sous cet horizon la santé vit une redéfinition structurelle, car au lieu d’être vue comme une marchandise remise au capital privé, elle est récupérée comme un Droit Humain, dont la garantie et la gratuité sont  responsabilités d’État.

Le Venezuela a développé progressivement son système de santé, à travers l’existence d’un immense réseau de prévention et de soins primaires : la Mission Barrio Adentro I (« Au coeur du quartier populaire I« , NdT), ce qui lui a valu la reconnaissance non seulement de la population mais aussi d’organismes internationaux tels que l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation Panaméricaine de Santé (OPS).

Cet effort fait partie de la politique de garanties de l’État, qui suit les orientations contenues dans la Constitution Bolivarienne et dans les normes internationales. Le droit à la santé est prévu dans le pacte international des droits économiques, sociaux et culturels (ONU) et plus spécifiquement dans l’observation générale numéro 14 du Comité du PIDESC. Celle-ci exprime l’obligation de remplir les critères de gratuité et d’universalité et tous les États latino-américains ont signé et ratifié ces protocoles; cependant seuls les gouvernements d’orientation socialiste comme le vénézuélien les respectent pleinement.

Cette politique de garantie, universelle et gratuite, est représentée par une extension de la couverture des soins de santé : en juillet 2010 on comptait 6.711 centres de consultations médicaux populaires, 556 salles de rééducation, 507 Centres de Diagnostic Intégral et 30 centres de haute technologie. Aujourd’hui 81.8% de la population est soignée par le système public de santé, tandis que 18.8% se tournent vers le secteur privé.

A ces réussites s’ajoutent une augmentation du personnel médical qui se consacre aux soins primaires. Selon les chiffres du rapport mondial de la santé de l’OMS, on comptait en 1998 au Venezuela 2 médecins pour 10 mille habitants. A l’heure actuelle on en compte 19,4. Cet indicateur est important pour la comparaison avec des sociétés néolibérales comme la chilienne et la colombienne. Au Chili selon des données de l’OMS, on a 10,9 médecins pour 10 mille habitants; en Colombie 13,5.

De son côté l’opposition vénézuélienne, en tant qu’expression du néo-libéralisme local et des recettes du Fond Monétaire International, présente un programme sous la candidature de Capriles avec la claire intention de revenir en arrière et de démonter ce rôle de garant de l’État national. Son intérêt profond est la capture du secteur de la santé comme secteur commercial, comme on peut le lire dans le programme de l' »Assemblée de l’Unité » :

– « Sera mis en place un Système Public National de Santé (SPNS) qui renforcera la fonction rectrice du Ministère. » Ils ignorent le rôle de garant et de financement du Ministère de Santé, puisqu’il ne s’occupera plus que d’établir des règles et de coordonner un système dont l’axe est constitué par le secteur privé et par les municipalités.

– « Seront garanties les ressources pour couvrir une assurance publique de santé de spectre large et universel, financé par des ressources fiscales, qui garantira à toute la population des services adéquats et de qualité« . Ce qui semble un objectif profondément noble et social. Mais l’idée de “ressources fiscaless” limite le financement du secteur à la collecte d’impôts, faisant obstacle au financement par des ressources propres venant d’entreprises publiques liées au développement national telles que PDVSA (pétrole), CANTV (téléphonie..), etc.

– « Sera transféré le réseau des établissements de soins médicaux de la Mission  Barrio Adentro I et II aux États régionaux. » Ici l’intention est claire : démonter la responsabilité de l’État national, un truc déjà utilisé au Chili et en Colombie pour transférer le poids aux localités et aux régions, lesquelles sous ce poids finissent par transférer les opérations au privé.

– « Sera revu l’Accord de santé Venezuela-Cuba et sera adjoint le réseau d’établissements médicaux de Barrio Adentro I et II au Ministère du Pouvoir Populaire pour la Santé (MPPS). De la même manière seront noués des accords de coopération avec le secteur privé dans le but de contribuer à affronter la crise qui affecte le réseau des hôpitaux publics nationaux. » Quand il est dit « sera revu » , il faut lire « sera supprimé« . ce sont des affirmations contradictoires puisque dans celle qui précède on dit que les établissements doivent être transférés aux états régionaux, pour die ensuite qu’ils doivent être adjoints au Ministère de la Santé. Incohérences propres d’un empressement à réaliser le rêve exprimé à la fin du programme de  “nouer des accords avec le secteur privé”, autrement dit de faire de la santé un commerce lucratif.

Les propositions de Capriles sur le thème de la santé sont une invitation à revenir au passé, à revivre la douloureuse nuit fond-monétariste, à privatiser le système de  santé.

Le 7 octobre 2012 les vénézuéliens décideront s’ils continuent à construire leur système public de santé inclusive ou si recommence au contraire un processus de privatisation de la santé qui ne couvrira que celui qui peut payer.

Jesse Chacón

Director GISXXI

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Source : http://www.gisxxi.org/articulos/venezuela-y-la-ruptura-del-modelo-neoliberal-en-salud-jesse-chacon-gisxxi/

Traduction : Thierry Deronne pour www.venezuelainfos.wordpress.com

L’éducation comme sphère d’inclusion : une comparaison entre le Venezuela, le Chili et la Colombie, par Jesse Chacón

Presque tous les discours sociaux sont d’accord sur le rôle de l’éducation comme dépassement de l’inégalité et comme source de développement pour un pays. L’éducation est identifiée comme sphère d’inclusion, de construction et de partage de sens sociaux qui garantissent la survie de l’ensemble de la société.

Investissement public dans l'éducation exprimé en pourcentage du Produit Intérieur Brut (UNESCO)

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, grâce à l’élaboration de cadres internationaux de protection des droits, l’éducation possède un statut de droit humain. Rappelons que les droits humains sont un ensemble de biens primaires ou de revendications protégées juridiquement par la communauté nationale et/ou internationale et qui expriment les aspirations et les exigences de liberté, de dignité et d’équité à chaque époque de l’Histoire.

Le fait de la protection juridique de ces biens par l’État ou par la communauté internationale leur confère le statut de droits. Dans le cas contraire on ne parlerait que d’aspirations morales de la part de l’humanité ou de  la part d’une communauté politique nationale spécifique, mais pas d’un droit universel.

Indice GINI (= niveau de l'inégalité). Source : Banque Mondiale.

En ce qui concerne la protection juridique du droit à l’éducation, une architecture légale internationale établit clairement le caractère obligatoire pour les États signataires de garantir l’éducation sur la base des principes de gratuité et d’universalité.

Á ce sujet l’observation générale numéro 13 du Comité des Droits Humains, Économiques et Sociaux de l’ ONU, par référence à l’article 13 du Pacte international des droits économiques et sociaux, établit que:

… L’éducation doit être à la portée de tous. Cette dimension de l’accessibilité est conditionnée par les différences de rédaction du paragraphe 2 de l’article 13 sur l’enseignement primaire, secondaire et supérieur : alors que l’éducation primaire doit être gratuite pour tous, il est demandé aux États signataires de mettre en place graduellement la gratuité de l’enseignement secondaire et supérieur…

Plus loin, l’observation numéro 13 définit la valeur sociale que revêt aujourd’hui l’éducation tant pour le développement national que pour la satisfaction des besoins et des aspirations humaines :

… L’idée est de plus en plus acceptée selon laquelle l’éducation est un des meilleurs investissements que les États puissent réaliser mais son importance n’est pas seulement pratique : disposer d’un esprit instruit, intelligent et actif, avec une liberté et une ouverture de pensée, est un des plaisirs et des récompenses de l’existence humaine…

En tant que pays engagé dans la construction d’une nouvelle architecture internationale garante des droits humains, l’État vénézuélien a assumé la responsabilité de réaliser les principes d’universalité et de gratuité de l’éducation primaire, secondaire et universitaire.

Pour l’éducation maternelle, primaire et secondaire, l’effort vénézuélien a été reconnu par l’UNESCO dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire. En ce qui concerne l’enseignement universitaire, le Venezuela a été classé par l’ UNESCO au deuxième rang pour le taux brut d’inscriptions d’étudiants à l’université sur le plan latino-américain et au quatrième rang mondial. Le Venezuela a augmenté pendant dix ans de 170% le nombre d’inscrits à l’université : en passant de 785.285 étudiants en 1998 à 2.120.231 en 2009.

Ces résultats ont pour base une augmentation soutenue de l’investissement dans l’éducation, qui a bondi de 107 % pendant ces années de révolution, en passant de 3,38% du Produit Intérieur Brut en 1998 à 7% du PIB en 2008.

L’éducation récupère sa place comme sphère d’inclusion. L’enfance et la jeunesse circulent positivement à travers tout le système éducatif. Les aspirations d’une vie meilleure trouvent leurs corrélats matériels dans une sphère liée à un modèle économique plus humain. Le Venezuela est devenu le pays le moins inégal de l’Amérique Latine avec un indice GINI de 0.39, sur une échelle oú le « zéro » indique la plus grande égalité et le « un » la plus grande inégalité.

Tandis qu’au Venezuela le droit à l’éducation se fortifie, dans des pays d’Amérique Latine sous hégémonie néo-libérale nous voyons ces principes communs convertis en politiques qui font de l’éducation un privilège et un outil d’exclusion générationnelle. Voyons certaines de ces politiques :

– L’État s’est désengagé de son devoir de garant et de financeur de l’éducation, la transférant peu à peu aux municipalités. Des municipalités aux ressources fragiles ont reçu une haute responsabilité.

– On abandonne le principe de la gratuité et de l’universalité de l’éducation à tous les niveaux.

– L’éducation a été remise au marché, l’éducation est devenue une marchandise. Ce processus a visé le transfert au capitaux privés des budgets de l’éducation, que ce soit via le système des subventions éducatives au Chili ou via la sous-traitance en Colombie. Au Chili par exemple pour 1990, l’éducation subventionnée concernait 980.000 élèves alors qu’en 2009 elle a cru à  1.700.000 élèves. De même l’éducation publique municipale comptait en 1990 1.700.000 élèves pour descendre à 1.430.000 élèves en 2009.

– On cherche à installer l’idée des « écoles efficaces ». Ainsi l’éducation privée est présentée comme « de meilleure qualité » et donnant « de meilleurs résultats » alors que l’éducation publique est stigmatisée comme celle qui donne de « moins bons résultats ».

1. Investissement éducatif en pourcentage du PIB (UNESCO).
2. Indice GINI (niveau d'inégalité) (Banque Mondiale).
3. Rang mondial pour le nombre d'étudiants universitaires (UNESCO).
4. Rang latino-américain pour le nombre d'étudiants universitaires (UNESCO).
5. Taux d'analphabétisme (UNESCO)

Ce modèle néo-libéral a fait de l’éducation un commerce, de sorte que les réussites en matière d’extension de la couverture éducative ne s’accompagnent pas de processus d’inclusion sociale ni d’amélioration de la qualité de la vie. Les cas du Chili et de la Colombie sont exemplaires. Ce sont les sociétés les plus inégalitaires d’Amérique Latine. La Colombie possède un indice Gini de 0.58 et le Chili de 0.50. Les taux d’analphabétisme sont de 3.5 pour le Chili et de 6.4 pour la  Colombie. Parallèlement ces pays maintiennent de faibles taux d’inscription universitaire et les jeunes qui accèdent à l’enseignement doivent le faire sous la modalité du crédit éducatif, ce qui hypothèque leurs vies pour près de 15 ans après l’obtention d’un diplôme.

L’option socialiste de construction de la société a amené le Venezuela à faire sortir l’éducation du marché et à la garantir en tant que droit à tous les niveaux, ce qui permet aujourd’hui d’élever le capital culturel de toute la population.

Lors des élections présidentielles du 7 octobre 2012 le choix se fera entre deux modèles : capitalisme néo-libéral ou socialisme bolivarien. Nous ne disons pas cela par spéculation idéologique mais à partir de la compréhension de l’impact négatif que le capitalisme néo-libéral a sur la vie quotidienne des majorités en Amérique Latine.

Le 7 octobre 2012 les vénézuéliens choisiront entre l’éducation comme droit humain et comme principal outil d’inclusion sociale, ou la transformation de l’éducation en marchandise qui marginalise et exclut les grandes majorités.

Jesse Chacón

Directeur de GISXXI

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URL de l’original en espagnol : http://www.gisxxi.org/articulos/la-educacion-como-esfera-de-inclusion-una-mirada-comparativa-entre-venezuela-chile-y-colombia-jesse-chacon-gisxxi/

Traduction de Thierry Deronne pour www.venezuelainfos.wordpress.com

Début 2012 : les 3 problèmes principaux de la population vénezuélienne sont : insécurité, chômage, inflation.

La question était: à présent je voudrais savoir quels sont selon vous les trois problèmes principaux du pays ?

Réponse :

Insécurité : 38 % / Chômage : 16 % / Inflation et coût de la vie : 9 % / Service publics : eaux, ordures, voies publiques, zones de récréation : 8 % / Rareté des aliments : 6 % /  Assistance médicale : 6 % / Logement : 5 % / Routes, voies publiques : 3 % / Pauvreté : 3 % / Éducation : 3 % /  Autres : 1 % / Pas de problèmes : 1 %.

Source : Grupo de Investigación Social GIS XXI, http://www.gisxxi.org

Elias Jaua « Il ne peut y avoir de changements sociaux sans confrontation avec le capital ».

mercredi 4 mai 2011

Les deux dernières semaines ont vu une accélération sans précédent de la démocratie et de la révolution au Venezuela. Augmentation du salaire minimum de 25%, augmentation des salaires des universitaires et travailleurs du secteur public de 40 à 45%, financement par l’état d’un « new deal » en matière de logement qui va permettre la construction d’un logement décent pour chaque famille pauvre. Plan national de création d’ emploi pour 3,5 millions de chômeurs sur les 8 prochaines années. Le parlement discute actuellement de nombreuses lois structurantes : sur les droits du travail, sur la protection du pouvoir d’achat, contre la spéculation et les hausses de prix illégales, ou sur la démocratisation – à la suite de l’Argentine – du spectre radio et TV jusqu’ici monopolisé comme partout ailleurs par de grands groupes économiques. Cette loi équilibrera le patrimoine public des ondes – 33% pour le public, 33% pour le privé et 33% pour le secteur associatif, participatif.

Dotés de plusieurs milliards de dollars ces trois dernières années, 42000 conseils communaux appliquent le budget participatif que la gauche altermondialiste avait découvert à Porto alegre (Brésil) et mobilisent les citoyens dans la reconstruction de leurs services publics et d’un nouveau type d’état. La Mision Agrovenezuela vient de financer 34.000 producteurs agricoles à hauteur de 1,4 milliards de bolivars, pour ancrer définitivement le pays dans une souveraineté alimentaire qui refuse les biocarburants ou les OGM. De la CEPAL à l’UNESCO, de l’ONG indépendante chilienne Latinobarometro a la firme privée Gallup, les rapports publics récents indiquent que le Venezuela est devenu le pays le plus égalitaire de la région mais aussi celui où les citoyen(ne)s croient le plus dans la démocratie. Ces transformations en profondeur passionnent, mobilisent les vénézuéliens mais sont invisibles à l’extérieur. La gauche occidentale, qui vit un fort désamour des secteurs populaires, impuissante face à la montée de l’extrême-droite, semble ignorer, voire mépriser, ces douze années d’une vaste construction du socialisme bolivarien et sa forte dose de démocratie participative. Une partie croissante d’entre elle préfère mettre son énergie dans des prises de distance médiatiques vis-à-vis de Chavez.

Au moment où la réalisation du programme historique de la gauche s’accélère au Venezuela, il nous a paru utile de rencontrer un personnage peu connu de la nouvelle génération révolutionnaire, et actuel vice-président de la République bolivarienne, Elias Jaua. Né à Caucagua, état de Miranda, il y a 41 ans, il est licencié en sociologie de l’Université Centrale du Venezuela (UCV). Avant d’être nommé au poste de vice-président de la république, il fut ministre de l’Agriculture et des Terres, ministre de l’Économie Populaire et chef du cabinet présidentiel.

Q/ Certains dirigeants de l’opposition viennent de dévoiler ce que sera leur programme électoral. Un thème qui, jusqu’ici, était entouré du plus grand mystère : il s’agit de privatiser tout ce qu’il y a à privatiser. Que vous inspire ce soudain élan de transparence ?

R/ Ceci met en évidence les contradictions internes de l’opposition. D’un coté, ceux qui se présentent comme sociaux-démocrates se sont lancés dans la promotion d’un programme électoral démagogique en prétendant faire croire au peuple qu’il est possible de construire un état social de droit et de justice avec un gouvernement de droite et sans confrontation avec le capital. Mensonge ! Le peuple sait bien que tout ce qui a été acquis au niveau de l’inclusion sociale, des pensions, de l’éducation et de la santé le fut à travers une confrontation avec le capital. Il est impossible d’y arriver autrement. (1) D’un autre coté, Le patronat, qui finance l’opposition, trouve le programme électoral présenté par ce secteur, pour le moins indigeste. C’est donc sous la pression du patronat qu’un autre secteur de l’opposition exprime plus ouvertement l’objectif réel de leur projet à savoir la restauration du système de domination du capital sur l’État et les politiques publiques.

Q/ Et dans le camp révolutionnaire ? Il y a des dirigeants qui devraient croitre mais dont l’évolution semble limitée par le leadership d’Hugo Chavez. Cela n’engendre-t-il pas une pression interne dangereuse pour le camp bolivarien ?

R/ Non. Nous qui accompagnons Chavez, avons la maturité politique nécessaire et un idéal commun. Ceci nous permet de comprendre que cette période est marquée par le leadership d’Hugo Chavez. En tant que dirigeants issus de la révolution, désignés, formés et stimulés par Chavez, notre rôle est d’accompagner le leader que le peuple s’est choisi. Chavez n’est ni le fruit d’une imposition , ni issu de primaires , ni d’aucun décret. La légitimité de son pouvoir est née des espérances et des aspirations de notre peuple. Aucun de nous n’éprouve de complexes à cet égard.

Q/ De fait, le président a déclaré que l’actuel cabinet ministériel est le meilleur qu’il est eu en 12 ans. Quel est le secret de ce succès ?

R/ Il faudrait le lui demander. Je dirais cependant qu’aussi bien dans la direction du parti (PSUV) qu’au gouvernement, après tant de remaniements, de trahisons et de déceptions, le président est parvenu à conformer une équipe homogène politique et idéologiquement.

Q/ Les spécialistes du PSUV assurent que vous êtes à la tête d’un courant interne. Existe-t-il un « jauisme », à qui s’opposerait-il ?

R/ Non, cela n’existe pas. Je peux le nier et ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas partisan de ce genre de choses. Je suis bolivarien, socialiste et chaviste. C’est le seul courant auquel j’appartienne. Je me suis efforcé de contribuer à ce que les positions se basant sur des tendances personnalistes ne fassent pas partie de la révolution. Je crois au débat d’idées au sein de notre parti et de notre projet, à la lutte contre les déviations et le réformisme mais ceci ne saurait être personnalisé.

Q/ Mais en tant que jeune et ex-membre de Bandera Roja (1), comment vous traite la droite endogène, à l’intérieur du camp bolivarien ?

R/ Je me demanderais tour d’abord, s’il existe vraiment une droite endogène. Ce concept est utilisé comme une accusation par certains secteurs du chavisme. Je n’y souscris pas car ce concept n’a pas d’existence organique. Les idées de droite seront toujours présentes dans une révolution aussi ample et démocratique que la nôtre, mais l’orientation stratégique claire, courageuse et décidée du président Chavez élimine de fait toute possibilité qu’auraient ces idées de devenir hégémoniques au sein du parti ou de la révolution.

Q/ Que vous inspire la présence de Bandera Roja (BR) dans la Mesa de Unidad Democratica (MUD, regroupement de la droite vénézuélienne) ?

R/ Ceci a été digéré il y a longtemps car nous fumes expulsés de Bandera Roja (1) en 1991 à l’issu d’une rupture interne. Maintenant, tous ces mauvais exemples de dirigeants de gauche se retrouvant dans les rangs de la droite ne font que renforcer notre éthique mais aussi la conviction que ce triste rôle de traitre est exactement celui que nous ne voulons pas jouer.

Q/ Vous faites partie de l’équipe opérationnelle de ce gouvernement. Qui de mieux placé que vous pour nous dire quelle serait le problème interne le plus grave ? Le bureaucratisme, le manque d’efficience, la corruption, la culture capitaliste ?

R/ Ce qui nous a manqué jusqu’ici, c’est la capacité de suivi et de contrôle dans notre gestion. C’est cette défaillance qui nous rend vulnérable à tous ces maux. Quand nous aurons réussi à exercer un suivi et un contrôle sur notre gestion, aucun de ces fléaux ne pourra prospérer. Pour sur, cette faiblesse démontre que nous n’avons pas un État omnipotent contrôlant le moindre détail. Il faut une consolidation des institutions afin que ce contrôle soit possible.

Q/ Si on suit les analyses les plus pessimistes postérieures à l’intervention militaire en Libye, quand cela sera-t-il le tour du Vénézuéla ?

R/Une des grandes vertus du président et de la révolution bolivarienne est d’avoir empêché ce scénario avec beaucoup d’audace, une diplomatie courageuse, une capacité de nouer des relations avec différents pôles de pouvoir dans le monde et par le renforcement de l’organisation et de la conscience de notre peuple. L’impérialisme nous habitue depuis le Vietnam à agresser les peuples qu’il sait organisés et assez dignes pour défendre leur territoire et leur souveraineté. Nous allons continuer à lutter pour que notre pays ne soit jamais agressé.

L’effort de renouer des relations avec la Colombie par exemple a neutralisé les plans impériaux d’attaquer à travers un pays voisin et frère. Cela reste possible, en particulier vu la rareté du pétrole dans le monde, et c’est pourquoi nous devons nous préparer mieux chaque jour. C’est la meilleure barrière contre l’impérialisme.

“J’ai trait des vaches… et semé de la yucca”

Q/Le président a défié les grands propriétaires à un moment très difficile. Comment avez vous relevé le défi d’assumer le ministère de l’agriculture sans avoir trait des vaches ?

R/ Si, j’ai trait des vaches lorsque je suis allé me réunir avec les paysans de Mérida. J’ai coupé des bananes à Barlovento. Et j’ai aussi semé de la yucca (rires). Le thème de l’agriculture requiert beaucoup de directionnalité politique et de compréhension du phénomène social. Tout le reste, les aspects techniques, sont déjà élaborés et nous avons l’appui de puissances en la matière telles que la Chine, l’Argentine et le Brésil. Nous sommes arrivés dans ce secteur pour nouer un grand débat dans lequel ont participé tant la droite récalcitrante que les mouvements paysans. Les dirigeants patronaux du secteur privé n’ont pas voulu l’admettre publiquement mais ils savent que nous avons fait un grand effort pour arriver à des accords.

Q/Les avancées de la révolution agraire ont coûté beaucoup de sang. Pourquoi n’a-t-on pu faire justice dans les cas de paysans assassinés par des mercenaires des grands propriétaires ?

R/ Les cas de « sicaires » ne sont pas faciles, mais les assassins professionnels ne laissent pas de trace et dans la majorité des cas, ce sont des personnes qui viennent de l’étranger, commettent le crime et repartent. Sur ordre du commandant Chávez, on a cherché à garantir la sécurité sociale des survivants des victimes de ces assassinats. Dans les dernières années il y a eu moins de cas et ce sont des cas résolus par la police, certains auteurs matériels et parfois intellectuels ont été arrêtés. Deux grands propriétaires ont été arrêtés et un autre a fui du pays, un avis de recherche a été lancé contre lui.

Traduction : Yerko Ivan.

URL de la version FR de cet article : http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1525&lang=fr

Source : http://www.minci.gob.ve/entrevistas…

(1) (« Drapeau rouge ». Organisation stalinienne des années 70, passée peu à peu à droite et qui a participé au coup d’état contre Chavez en 2002)

(Annexes PDF et PP) Venezuela. VIVE TV, six années de communication populaire.

Compte rendu Historique.

À la fin de 2002 la perception qu’avait le peuple vénézuélien du monde médiatique était très « sensible » vu le récent coup d’État médiatique et vu le fait que 90% du spectre hertzien se trouvait (c´est toujours le cas en 2012) aux mains d’entreprises privées qui martèlent jour aprés jour le discours des États-Unis et d’une opposition parfois inspirées par des tentations putschiste.

Ainsi sont nées des discussions sur les besoins mais aussi sur les modéles communicationnels et du rôle que ceux-ci accomplissent dans la formation des sociétés.

VIVE TV apparaît donc non pas pour répondre à un probléme conjoncturel, mais pour initier la construction d’un nouveau paradigme communicationnel et inclure le composant d’éducation Populaire.

Avec Blanca Eekhout à la tête d’une équipe trés engagée, VIVE TV (Vision Venezuela) entame son activité télévisuelle le 11 novembre 2003 à l’initiative du Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Rafael Chavez Frias.

Depuis sa fondation, VIVE TV a été le canal le plus cohérent avec la transformation des relations de production comme une proposition réelle de construction du socialisme. Pour dépasser les faiblesses du processus et accélérer l’hégémonie populaire, VIVE TV est un outil central, stratégique qui garantit une politique communicationnelle.

VIVE TV naît avec la vocation d’etre un véhicule de participation et de protagonisme populaire qui permet la constitution du nouveau Républicain et la transformation sociale, et d’être un outil d’intégration des peuples de l’Amérique latine.

Il accompagne un processus d’organisation audiovisuelle de la communauté, encourageant la nécessité de rendre visibles les avancées du Pouvoir Populaire en contact permanent avec la communauté et en montrant le peuple comme un fil conducteur et protagoniste de sa propre réalité.

VIVE TV ne vend pas de produits à une masse de consommateurs. Au contraire, il a déjà soutenu directement 896 organisations communautaires dans la construction d’un systéme de démocratie participative, dans le renforcement des Missions sociales, des Noyaux de Développement Endogéne et des Coopératives.

Un total de 13.652 citoyens, des paysans, des pÍcheurs, des mineurs, des membres de Comités de Terre Urbaine, de Comités de Santé, de Missions des Maisons d’Alimentation, d’Entreprises Récupérées, de Conseils Communaux, de Communautés Indigénes, de Mouvements noirs, de Mouvements de Travailleurs, de la Réserve militaire et d’autres secteurs de l’union civique militaire, ainsi que des Moyens Communautaires.

Les réussites plus importantes de VIVE TV.

VIVE TV a été l’outil effectif pour donner à voir des milliers de collectivités et d’organisations sociales – paysans, travailleurs, femmes, jeunes et enfants – de notre pays ou d’autres territoires de notre Amérique.

Nous sommes la seule chaîne qui atteint vraiment tout le pays, non seulement comme émettrice mais comme instrument exerçant la communication à la portée du pouvoir populaire dans toutes les régions.

Plus de 15.000 communautés ont été directement accompagnées par nos équipes de communicateurs et producteurs, même dans les régions les plus éloignés, là où jamais auparavant une caméra de télévision ne s’était aventurée.

Nous avons instauré un nouveau mode de production, inédit dans le monde, qui inclut la formation intégrale des travailleurs, ce qui fait déjà l’objet d’une étude dans des écoles de communication sociale, de nombreux articles et de reportages dans la presse mondiale.

En devenant une “télé-école”, nous avons formé des milliers de Vénézuéliens, des paysans, des travailleurs, des indigénes, des pêcheurs et y compris des effectifs de la Réserve et de la Garde d’Honneur Présidentielle, qui voient aujourd’hui la télévision non comme un moyen de consommation, mais comme un outil de lutte, d’organisation et de participation citoyenne.

À travers des formations et de la diffusion, nous avons soutenu des centaines de stations émettrices radio et télévisions communautaires et alternatives du pays, d’Amérique Latine et de par le monde.

Nous avons incorporé dans notre production et programmation des étudiants sortis de l’Université Bolivarienne et des compatriotes handicapés.

Nous sommes la premiére chaîne qui est en régle avec la Loi de Responsabilité Sociale en Radio et Télévision :

En incorporant le langage de signes.

En soutenant depuis le début la production nationale indépendante.

En créant un bloc de programmation infantile de qualité, produite au Venezuela et en Amérique Latine, totalement éducatif et représentatif des valeurs de nos cultures, exempt de violence et d’incitation à la consommation ou à la domination de l’autre pour être heureux.

VIVE TV compte plus de 14.000 heures de production audiovisuelle propre en donnant à voir l’organisation du pouvoir populaire de long en large dans tout le territoire national. Ce matériel constitue le dossier le plus précieux d’archives audiovisuelles du processus de la Révolution Bolivarienne et du pouvoir populaire.

Actuellement, on a accumulé un total de 35.900 heures de programmation transmises, en triplant le chiffre atteint dés notre premiére année.

VIVE TV est une chaîne pionnière qui soutient et diffuse la production indépendante depuis 2003, en régle avec la loi de Responsabilité Sociale en Radio et TV depuis avant sa création :

- 101 projets ont été coproduits.

- Une relation est établie avec plus de 80 producteurs indépendants et producteurs nationaux & internationaux.

- Programmation pour le grand écran : 380 heures de production nationale indépendante au Venezuela.

- 420 heures d’acquisition de droits avec plus de 40 distributeurs nationaux et internationaux.

VIVE TV prend part activement à la couverture d’événements officiels avec les autres chaînes du Systéme National de Médias Publics : Activités officielles, l’émission Alô Présidente, campagnes électorales régionales et nationales, activités du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, transmissions et messages présidentiels.

Nous sommes la premiére chaîne à utiliser la plate-forme du satellite Simon Bolivar.

Nous avons soutenu l’installation et la mise en marche du master-Contrôle de TVES en un temps record. (TVES est une nouvelle chaîne publique de loisirs, elle émet depuis le 28 mai 2007 et remplace l’espace occupé jadis par la chaîne commerciale RCTV)

L’écran de VIVE TV est conçu, construit et réalisé depuis chaque région du pays, respectant sa vision singuliére, caractérisée par ses formes propres et ses contenus propres, diffusée dans la région elle-même et, en même temps, dans le reste du pays.

Pour nous, travailleurs de VIVE TV, l’espace naturel de construction, ce sont les communautés historiquement exclues. Là où les autres chaînes sont absentes. Une télévision plus proche des gens, qui place l’être humain au cœur de son action émancipatrice, en fortifiant sa conscience politique, en récupérant ses valeurs humanistes. C’est en cela que nous oyons la véritable démocratisation de la communication.

Depuis son siége central situé à Caracas, au Venezuela, et à partir de l’année 2005, VIVE TV transmet sa programmation télévisuelle quotidienne 24 heures sur 24 par satellite : NSS 806 en bande C et Bande Ku.

Jusqu’en 2008, on disposait de la transmission par ArcoIris TV (www.arcoiris.com) depuis l’Italie via Internet et via satellite.

- 13_ Est (transpondeur 18, fréquence 11,541.03/Polarisation V) pour l’Europe en bande Ku. Nous disposons actuellement du Satellite Simon Bolivar.

La Régionalisation de VIVE TV : partie fondamentale de la Révolution Communicationnelle de VIVE TV a concentré son effort principal à l’exécution du Projet de Régionalisation, qui consiste à la création d’un réseau de télévisions publiques articulées entre elles et avec d’autres organisations sociales, en garantissant la participation réelle du peuple dans la construction des contenus de la nouvelle télévision publique bolivarienne et socialiste :

- VIVE TV OCCIDENT (ouest) est située dans la ville de Maracaibo et s’occupe de l’Ètat de Falcon.

- VIVE TV ORIENT (est), a son siége dans la ville Puerto La Cruz, dans l’Ètat de Anzoategui et s’occupe également des États Sucre, Nueva Esparta et Monagas.

- VIVE TV CENTRE OCCIDENT, situé dans la ville de Barquisimeto, État de Lara ; il s’occupe aussi des États de Cojedes, Portuguesa, Yaracuy.

- VIVE TV ANDES est située dans la ville de San Cristobal, État de Táchira, et s’occupe des États de Mérida et Trujillo.

- VIVE TV ORINOCO, située à Ciudad Bolivar, dans l’État de Bolivar, couvre l’État Delta Amacuro.

- VIVE TV LLANOS est située dans la ville de San Fernando de Apure, et couvre l’Ètat Barinas, Guarico et une partie d’Amazonie.

Le secteur privé contrôle encore actuellement 85% du spectre hertzien vénézuélien. A travers ses chaînes de radios et de télévisions, nationales et régionales, l’opposition de droite reproduit de maniére permanente le message dominant et dispose en grande partie du contrôle de l’opinion publique.

La résistance communicationnelle est exercée par le Gouvernement Bolivarien à travers le Systéme National de Médias Publics (VTV, VIVE TV, RNV, YVKE, ANTV, Avila TV, TVES).

C’est pourquoi, du point de vue de la guerre médiatique, le projet de régionalisation de VIVE TV est une façon nécessaire de passer à l’offensive communicationnelle.

La régionalisation de VIVE TV cherche un impact direct dans les processus organisationnels des communautés, en fonctionnant comme une plate-forme médiatique du peuple et comme “télé-école” pour diffuser des acquis, des valeurs et des processus.

Les siéges en fonctionnement nous permettent de produire actuellement un nombre important d’heures de programmation depuis les régions. Ce matériel est produit en utilisant des critéres de haut intérêt stratégique, avec l’idée de couvrir la plus grande quantité de secteurs de la population, en atteignant les frontiéres et en ayant accés à tout le territoire de maniére directe et indirecte.

VIVE ZULIA, maintenant VIVE Occident, siége situé dans l’ouest du pays, pionnier du Projet de Régionalisation, a produit au total autour de 1.250 émissions, réalisés avec une vision, des réalités et des codes de cette région du pays. à titre d’exemple, la série « Journal Indigéne » compte 200 chapitres effectués avec les communautés des 5 peuples Indigénes de l’État de Zulia. De même avec des documentaires, reportages et émissions de participation produits conjointement avec des centaines d’organisations sociales de l’État.

Notre projet à court et moyen terme.

Nous mettons à jour notre plate-forme technologique, en entamant une transition vers la télévision numérique.

Nous inaugurons une nouvelle étape avec la production de films de fiction, de films d’animation, d’émissions humoristiques et de divertissement non destructeur.

Défis.

Nouveaux contenus.

* Courts, Moyens et long-métrages de Fiction * Laboratoire d’Animation TV numérique

* Guides d’utilisation sociale * Médiathéque

Services et contenus interactifs

Couverture par satellite pour l’Amérique et l’Europe sur Bande C

Et nous voulons aller plus loin… ! En multipliant les moyens de VIVE TV pour accélérer la révolution.

Depuis sa fondation, Vive Tv est la chaîne la plus cohérente quant à la transformation des relations sociales de production.

Afin de dépasser les faiblesses du processus et d’encourager la souveraineté populaire, Vive constitue un outil essentiel et stratégique garantissant une politique de communication dont les axes fondamentaux se résument dans l’expression « canal du pouvoir populaire ». Ceci, par le biais d’assemblées et de porte-paroles communaux retransmis en direct depuis toutes les régions du pays.

Vive met en relation État et population pour encourager la construction du pouvoir populaire.

Accords Cuba-Vénézuela

Afin de faire avancer le projet de régionalisation, l’investissement réalisé dans le cadre des accords Cuba-Vénézuela a été d’une importance capitale. C’est ainsi que 64% des subventions ont été destinées à renforcer le processus de communication socialiste à travers tout le pays. Il est important de souligner qu’une partie des infrastructures et des équipements acquis a été transférée à RED TV. Les projets tels que les « Laboratoires d’animation et de design » ainsi que « Formation des médias alternatifs » ont également profité de cette importante initiative bilatérale.

Ecole Populaire Latino-américaine de Cinéma

L’Ecole Populaire de Cinéma, est le seul espace de formation audiovisuelle qui offre des ateliers aux pêcheurs, indigènes, paysans, travailluers, médias communautaires, étudiants et autres communautés organisées aussi bien dans le pays que dans toute l’Amérique Latine.

Actuellement, nos locaux accueillent des camarades d’Alba TV en formation. Ces derniers, au nombre de 13, sont originaires de 8 pays de la Grande Patrie de Bolivar. Ils suivent ce programme durant 1 mois complet et viennent du Brésil, de Colombie, du Nicaragua, d’Argentine, d’Uruguay, d’Haiti, d’Equateur et de Bolivie.

Vive enseigne les techniques de maniement des caméras et microphones pour que la communauté organisée puisse produire directement de l’information. De cette manière, le peuple est capable de transmettre à ses compatriotes, une information utile socialement, tout en construisant depuis la base, les réponses nécessaires.

13652 personnes ont été formées par Vive pendant ces 6 années dans le domaine de l’audiovisuel. Ces ateliers, au nombre de 1347 ont été proposés aux télévisions communautaires, mais aussi aux mouvements sociaux du Vénézuela, de toute l’Amérique Latine, et au personnel de la chaîne.

Beaucoup de ces personnes ayant suivi les ateliers de l’Ecole Populaire et Latino-Américaine de Cinéma travaillent à l’heure actuelle pour Telesur, VTV, Avila et d’autres télévisions communautaires.

Que sont les Conseils Populaires de Communication (CPC) ?

Ce sont des instances organisatrices de base dont le but est l’élaboration de la politique de communication au niveau territorial. Elles se répartissent au niveau local et vont jusqu’au régional, ayant comme point de départ, l’analyse de la réalité vécue par la population.

Pourquoi les Conseils Populaires de Communication ?

* Constituer une organisation communautaire qui deviendra un vrai organe de contrôle en la matière

* Une organisation communautaire qui travaille en permanence sur le thème de la communication populaire, dans les hameaux, les villages, les usines, les écoles, les collèges, les maisons de la culture, etc….Le but fixé est d’éveiller les consciences dans le domaine de la communication et de contribuer à la transformation des personnes en citoyens critiques capables d’analyser les différents médias, tout en étant des générateurs de communication sous toutes ses formes, aptes à pouvoir utiliser n’importe quel outil.

* Nous avons besoin d’une organisation capable de réunir les diverses instances travaillant sur la communication, sachant conjuguer les expériences avec la théorie, pouvant discuter, proposer et faire le suivi des résultats obtenus. Ce qui doit apparaître c’est notre voix et notre image.

Objectifs

> Systématiquement discuter la programmation des média de diffusion massifs, sur lesquels nous pouvons exercer un contrôle en tant que peuple

> Réaliser des rencontres d’arrondissements, municipales, et d’État afin d’unifier les critères de lutte en matière de communication.

> Renforcer le travail de chaque organisation présente dans la communauté.

> Encourager la création des Unités de Production Audiovisuelle Révolutionnaire (UPAR).

> Encourager un modèle alternatif de communication permettant la participation active et protagoniste des communautés

> Transformer les spectateurs passifs en créateurs critiques, conscients de leur pouvoir de transformation de leur réalité.

> Approfondir la discussion, l’analyse et l’investigation quant aux effets des média sur la société.

> Réaliser constamment des évaluations des besoins locaux, de façon à pouvoir mettre en place des plans de communication basés sur la réalité

Diffusion et mobilisation des CPS

Diffuser les luttes sociales à travers tous les moyens de communication.

Stimuler la création de « Tveo en la calle »

Réaliser des vidéos-forums et des conversation populaires dans les communautés, sur le thème de la communication

Elaborer périodiquement des campagnes de communication basées sur des problématiques ou des thèmes fédérateurs, tant au niveau local que régional.

Qu’est-ce qu’une Unité Populaire Audivisuelle Révolutionnaire (UPAR) ?

L’UPAR est un groupe de personnes appartenant à une même communauté organisée autour de la communication dont le principal objectif est la production de contenus audiovisuels.

Les organisations de base se chargent de recenser les problématiques locales et s’en remettent aux CPC lesquelles établissent les politiques de communication donnant naissance aux politiques éditoriales des UPAR.

Ceci garantit le lien permanent des producteurs audiovisuels avec leur communauté et évite les possibles dévitions comme produits de « la mystification ou du fétichisme médiatiques ».

Formation socio-politique et militance

Les Brigades de Formation Socio-Politique ont servi à créer un stratégie de rétro-alimentation de connaissances pour une partie des travailleurs/travailleuses de Vive avec la communauté et vice-versa.

Vive se transforme en Ecole de Pouvoir Populaire, couvrant des thèmes aussi variés que la production de culture populaire, le théâtre, la littérature, la formation de cadres, l’histoire du Vénézuela dans celle de l’Amérique Latine, l’économie, la sociologie, la philosophie (en particulier la philosophie Bolivarienne), la théorie de l’organisation et les concepts d’Education Populaire.

Ce processus a pour objectif de transformer nos « Producteurs intégraux » en « Formateurs intégraux », pour qu’ils ou elles soient des cadres organiques au service de la construction du pouvoir populaire, pas seulement durant la production des programmes mais aussi avant et après, durant les recherches et dans le suivi, conjointement avec l’organisation populaire.

Brigades constituées :

- Brigade San Francisco de Yare

- Brigade Axe Gramoven

- Brigade Altagracia et San José

- Brigade de Fama de América

Participation aux processus électoraux

Conscients que la démocratie participative et protagoniste a été rendue possible grâce à la révolution bolivarienne, Vive est présente dans tous les processus électoraux qui se tiennent à travers le pays et qui montrent combien le peuple décide de son propre futur.

Transmissions depuis toutes les régions du pays, retransmissions spéciales et campagnes d’appels au vote et à la participation, sont quelques-unes des missions que Vive mène dans le pays en ces temps si importants pour la République.

2004 : Reférendum Présidentiel réalisé le 15 décembre

Elections régionales réalisés au mois d’octobre.

2005 : Elections municipales et d’arrondissements réalisées le 7 aôut 2005

Elections Parlementaires réalisées le 4 décembre 2005

2006 : Elections des Mairies de Nirgual et Carrizal réalisées le 21 mai 2006

Election Présidentielle réalisée le 3 décembre 2006

2007 : Réferendum révocatoire réalisé le 7 octobre

Réferendum constitutionnel réalisé le 2 décembre 2007

2008 : Election interne du PSUV réalisé le 4 octobre 2008

Elections régionales réalisées le 23 novembre 2008

2009 : Réferendum aprobatoire de l’Amendement Constitutionnel

Documents joints

BILAN 2003-2009

23 novembre 2009
Document : PDF
2 Mo

Présentation en PDF du bilan des six années de travail de Vive Tv


BILAN 2003-2009

23 novembre 2009
Document : PowerPoint
22.3 Mo

Présentation en PowerPoint du bilan des six années de travail de Vive Tv