Le Venezuela que les médias ne vous montrent pas

Au-delà des formes politiques classiques (personnalités, partis..) peu de médias parlent de ce qui fait depuis 20 ans la singularité, l’or du chavisme : l’organisation communale, le pouvoir de décider collectivement, le vaste tissu féminin qui soutient la révolution. C’est pour empêcher les citoyens du monde entier de s’identifier avec ceux du Venezuela qu’on occulte la plus grande démocratie participative du monde. Les équipes de TERRA TV vivent sur place et vont vous la montrer.

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Rafael Correa sur les élections au Venezuela

Au Venezuela la droite vient de perdre l’Assemblée Nationale lors des élections du 6 décembre. Les électeurs ont choisi une majorité de députés chavistes (68 %). Les petits partis de droite/gauche se partagent le reste des sièges. Malgré des années de blocus, sanctions, guerre économique menés par les USA et l’UE dans l’objectif de créer de grandes difficultés quotidiennes, mécontenter et détruire la base sociale de la révolution, 32% des électeurs.trices se sont rendue.s aux urnes. L’ex-président d’Equateur, Rafael Correa, faisait partie avec la sénatrice colombienne et militante des Droits Humains Piedad Cordoba, ou Evo Morales, des 3000 observateurs internationaux du scrutin (ainsi que l’ex-président espagnol Zapatero qui a souligné le caractère pluraliste des élections et l’absurdité du soutien de l’UE à l’extrême droite du président fantoche Juan Guaido). Rafael Correa s’est dit impressionné par la désinformation qui sévit par rapport au pays bolivarien. « Ils veulent nous faire croire qu’il y a une dictature et ils disent que le modèle a échoué alors que le Venezuela est soumis à un blocus ».

Entretien avec l’ancien président de l’Équateur

Rafael Correa est au Venezuela depuis jeudi dernier. Il a été le premier ex-président à arriver en tant qu’observateur pour les élections de mi-mandat de dimanche, à l’issue desquelles le Grand pôle patriotique de Nicolas Maduro a gagné avec 68 % des voix. Le leader équatorien est arrivé à Caracas via le Mexique, partageant un vol avec la délégation argentine, dont l’auteure de cet interview en tant qu’observatrice pour l’Internationale progressiste.

« Qu’est-ce qu’il faisait froid dans l’avion ! J’étais inquiet parce qu’ils m’ont servi un petit déjeuner chaud et ne vous ont rien donné », dit-il en nous accueillant avec sa chaleur habituelle, où son masque ne parvient pas à cacher son sourire et où les salutation se font le poing fermé. L’interview se déroule au milieu de l’emploi du temps chargé de l’ancien président, dans un bâtiment situé dans le centre de Caracas, à quelques pâtés de maison de la maison de Simón Bolívar et de la place du même nom.

Quelle est l’importance de ces élections législatives au Venezuela ?

La démocratie au Venezuela est toujours vivante. Ce qui se passe c’est que pour certaines personnes la démocratie est effective tant qu’elles gagnent les élections. Ces élections sont exactement les mêmes qu’en 2015, lorsque le gouvernement avait perdu et que l’opposition avait gagné, là elles étaient valables (dit-il avec ironie). Aujourd’hui, pour certains groupes radicaux de droite qui n’ont pas participé, il semble qu’elles ne soient plus valables.

La déformation de ce qui se passe au Venezuela est impressionnante. Dans tous les domaines : en politique, où ils veulent nous faire croire qu’il y a une dictature ici ; en économie, lorsqu’ils disent que le modèle a échoué quand le Venezuela est soumis à un blocus. Le pays a dû développer une économie de guerre, c’est comme si je bombardais le Chili demain pour dire ensuite que le néolibéralisme a échoué ».

En parlant d’économie de guerre, comment analysez-vous le Venezuela, précisément à partir du blocus, du pétrole, de la décision de Nicolas Maduro de faire des ouvertures au capital privé ?

Je ne sais pas comment le Venezuela survit, les choses sont terribles. On pourrait croire qu’il s’agit d’une histoire fantastique, d’une mauvaise plaisanterie. Le pays qui avait autrefois plus de 50 milliards de dollars de revenus pétroliers, n’atteint plus aujourd’hui 500 millions, soit un centième de ce montant. Voilà à quel point la situation est grave, un blocus brutal. Face à ces circonstances, il est nécessaire de rendre le cadre juridique plus flexible afin d’attirer les investissements étrangers. C’est ce que le président Maduro a fait avec la loi anti-blocage et je suis tout à fait d’accord. Ce que nous ne pouvons pas ignorer, ce sont les conséquences de ce blocus. Je ne comprends pas les analystes et les pseudo-professeurs qui parlent de l’échec des politiques économiques du Venezuela ou de la migration, en omettant de dire que le pays est bloqué, qu’il est dans une économie de guerre ».

Quelle est l’intention de cette droite politico-médiatique qui, par exemple, en Argentine a des dirigeants comme Patricia Bullrich, la présidente du PRO (parti de Macri) qui a appelé le peuple à ne pas aller voter ?

Les élections sont valables tant qu’ils les gagnent, la démocratie est valable tant qu’elle sert leurs intérêts. Mais quand il y a un risque que quelque chose change dans cette démocratie, ils n’ont aucun souci à y mettre fin. Nous avons vu les coups d’État, les déstabilisations, etc. Alors, sûrement, puisque cette dame a vu que son allié au Venezuela n’allait pas gagner les prochaines élections, a-t-elle voulu les délégitimer en appelant à l’abstention.

Rafael Correa interviewé par Cynthia Garcia

Correa porte un costume bleu et une chemise blanche andine avec une broderie pré-colombienne bleue. La tenue vestimentaire habituelle reste un message d’identité nationale auquel il n’a pas renoncé. La salle où se déroule l’entretien est vitrée. Des fenêtres, on peut voir une partie de la ville. À l’extérieur de la salle, on aperçoit, attendant une réunion Fernando Lugo, l’ancien président du Paraguay qui a été renversé par un coup d’État en 2012 et qui est également l’un des anciens présidents venus en observateurs, avec le Bolivien Evo Morales et l’Espagnol José Luis Rodríguez Zapatero.

Comment voyez-vous la situation actuelle en Équateur, le binôme Arauz-Rabascall, votre propre interdiction ?

Triomphale. Nous travaillons comme si nous n’avions pas un seul vote, mais tous les sondages nous placent en tête et pour beaucoup d’entre eux, nous gagnons au premier tour. C’est le bon côté de l’histoire, le mauvais est que le gouvernement le sait. Pour ce gouvernement malfaisant (de Lenin Moreno), la pire chose au monde serait que nous gagnions. Ils n’auront nulle part où se cacher, nous ne cherchons pas la vengeance mais la justice. Ils ont commis des crimes terribles : corruption, persécution politique ; ils sont prêts à tout, absolument à tout…  Le binôme, qui s’est inscrit le 18 septembre et a été contesté à maintes reprises, n’est pas encore officiellement enregistré. Plus de deux mois plus tard, le duo n’est pas très fort, bien qu’il soit en tête de tous les sondages. Très probablement, arguant du problème de la pandémie, voudront-ils reporter les élections pour voir comment ils peuvent nous vaincre ou accepter un candidat à la dernière minute en enfreignant les règles électorales et en forçant un second tour et, dans ce second tour, s’unir contre nous. Ils sont désespérés, mais nous sommes optimistes et enthousiastes.

Rafael Correa rappelle les persécutions menées par le gouvernement de Lenin Moreno. Cette interview se déroule avec trois citoyens équatoriens exilés de leur pays : Correa lui-même, qui a été condamné et a reçu l’ordre d’être arrêté en Équateur ; Fernando Alvarado, ancien fonctionnaire et chef de campagne de la révolution citoyenne, et Gabriela Rivadeneira, une cadre importante des partisans de Correa et ancienne présidente de l’Assemblée équatorienne. Chacun d’eux raconte l’histoire du moment où il a dû quitter l’Equateur. Ces expériences donnent le frisson en pensant à un appareil d’État répressif qui les cherche dans la ville et à des amis qui appellent et disent, comme dans le cas de Rivadeneira et Alvarado : « Jette ton téléphone portable, prends tes affaires, tes enfants, et partez maintenant parce qu’ils vous cherchent ».

Alvarado est ici au Venezuela et Rivadeneira vit au Mexique avec ses deux enfants. L’ancienne députée révèle que le jour où le président Andrés Manuel López Obrador lui a donné refuge, le Mexique a rouvert la porte de l’asile politique après presque quarante ans d’inactivité.

La dette, le coronavirus, les médias

Comment les pays de la région vont-ils se sortir des situations de dette extérieure et de pandémie ?

Pour surmonter la pandémie, nous aurons besoin d’une aide et d’un financement extérieurs et il est préférable de le faire au niveau régional, de manière coordonnée, pour être un peu plus présent au niveau mondial. L’Argentine est un cas particulier. Elle a reçu le plus grand financement de l’histoire du FMI, mais il a été fait de manière absolument irresponsable : cette dette envers le FMI n’a pas servi à financer des routes, des centrales hydroélectriques, des augmentations de réserves, mais elle a financé la fuite des capitaux. L’Argentine s’est retrouvée endettée, l’économie est en crise et l’argent a quitté le pays.

Il y a quelques minutes, vous avez dit qu’en 2015 « ce n’est pas Macri mais Clarín (le plus grand groupe de presse et médias d’Argentine) qui a triomphé ».

Tant que nous n’aurons pas résolu la question des médias, il n’y aura  ni démocratie ni développement en Amérique latine. Parfois, nous ne lui accordons pas l’importance qu’ont certains problèmes. Que font les médias ? Ils nous informent. En principe, ils devraient être les gardiens de la vérité ; en Amérique latine, ils ont été les premiers à voler cette vérité. Sans vérité, sans information, nous n’avons pas de démocratie, pas d’élections libres, nous sommes manipulés, il n’y a pas de décisions politiques correctes, pas de décisions correctes pour l’action politique et sans cela, il n’y aura pas de développement. Les médias sont les grands opposants aux gouvernements progressistes.

Propos recueillis par Cynthia Garcia

Source : Pagina12

Traduction : Venesol

Classe 4 de l’Ecole de communication des Mouvements Sociaux « Hugo Chavez » : le son paysan

Comment écouter le paysan et transmettre sa pensée politique, sans que le discours sonore écrase l’image ? Comment laisser parler la nature elle-même, et entendre le travail ? Comment le vent de l’état de Falcon, au Venezuela, peut-il devenir un axe sonore pour écrire l’histoire collective ? Le professeur et réalisateur Victor Hugo Rivera donne une classe magistrale sur la construction de la bande sonore de son documentaire « Il vente », pour les étudiant(e)s de l’Ecole de Communication des Mouvements Sociaux « Hugo Chavez ». Vous pouvez lui poser vos questions à escuelaterratv@gmail.com

Le 3 octobre 2020, à la demande de la Coordination latino-américaine des organisations rurales – Vía Campesina, notre Ecole de Communication des Mouvements Sociaux « Hugo Chavez » a participé comme formatrice à la Vème Ecole de Communication de la CLOC-VC . Le cours avait pour thème la « langue et l’intégration du sujet populaire dans le cinéma latino-américain » et a été donné par le réalisateur et formateur Jesús Reyes. Coordination et photos: ALBA TV

Une des réalisations de notre école populaire de cinéma qui raconte un an de l’expérience de la Commune Socialiste « Altos de Lidice » (Caracas, Venezuela) continue à faire parler d’elle ! Les photos montrent la discussion sur le documentaire vénézuélien « Temps de Lutte » de Jesus Reyes Yisus Reyes et Victor Hugo Rivera Víctor H Rivera présenté au Festival international « Cinéma et droits des travailleurs » Séoul 2020, Corée du Sud

Vous pouvez vous joindre aux 125 ami(e)s solidaires qui aident à créer cette école, l’objectif est très proche : https://www.helloasso.com/associations/primitivi/collectes/pour-la-creation-de-l-ecole-de-communication-integrale-a-caracas-venezuela/

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Classe II de l’Ecole de Communication des Mouvements Sociaux « Hugo Chávez ». Analyse de « Las Mercedes, la forge d’un héritage »

Humilité, patience, écoute, souplesse, dignité… Comment réaliser un documentaire au service d’un mouvement social sans répéter le schéma classique des interviews avec questions/réponses induites ? Ce deuxième cours de l’Ecole de Communication des Mouvements Sociaux « Hugo Chavez » raconte une expérience menée avec le mouvement paysan vénézuélien (dont la genèse est lisible ici). Il a été réalisé par Jorge Henriquez et Victor Daniel Rivera, formateurs/réalisateurs intégraux de Terra TV et de l’Ecole Populaire et Latino-américaine de Cinéma.

Comme tous les autres, ce cours de 24 minutes restera en ligne sur Youtube, et complémente les futurs cours présentiels à Caracas. Vous pouvez poser vos questions en écrivant à escuelaterratv@gmail.com. La campagne de solidarité pour créer l’Ecole de Communication des Mouvements Sociaux « Hugo Chavez » approche de son objectif. Vous pouvez vous joindre aux 124 premiers donateurs, et l’aider à naître: https://www.helloasso.com/associations/primitivi/collectes/pour-la-creation-de-l-ecole-de-communication-integrale-a-caracas-venezuela

A bientôt.
Fraternellement.

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L’IALA, une école d’agroécologie en résistance au Venezuela

La télévision paysanne Terra TV continue de former les étudiant(e)s de l’IALA, une école latino-américaine d’agroécologie qui comme beaucoup d’autres projets résiste aux épreuves que traverse le Venezuela aujourd’hui et en particulier au blocus très lourd de l’économie par les Etats-Unis. Voici un nouvel épisode de leur chronique audiovisuelle et un résumé des tâches récemment accomplies, rédigé par Leiber Montana :

✓ La brigade permanente de 15 membres formée par les étudiants nationaux et internationaux, et les professeurs accompagnateurs, bénéficie du soutien à mi-temps des familles paysannes vivant autour de l’école.

✓ Avancement du processus pédagogique-académique avec des études de la communauté familiale et des communautés d’origine de chaque étudiant. On a initié les processus de 18 recherches en agroécologie sur les mêmes territoires.

✓ Appui agroécologique aux projets sociaux et productifs intégrés pour l’élevage, l’ensemencement et la production de bio-intrants. Tous ces éléments sont renforcés par le potentiel des unités de production.

✓ Prise en charge et protection du territoire local. Avec la volonté de ne pas abandonner les espaces d’éducation et de production, mais plutôt de les renforcer de manière durable.

✓ La territorialité agroécologique travaille main dans la main avec les communautés du Pie de Monte Andino, pour générer des processus agroécologiques à partir de l’agriculture familiale et communautaire.

✓ Ouverture et renforcement des projets : semis communautaires, semences paysannes, élevage collectif de porcs.

Dans les moments actuels de crise structurelle, où le capitalisme intensifie son contrôle hégémonique de la biosphère planétaire dans l’extraction, la contamination et la marchandisation de la nature et continue à étendre son contrôle culturel de la population, à la fragmentation des relations humaines, de la société et de la nature, la formation de l’être humain est plus que jamais un axe transversal de toute transformation révolutionnaire.

Ces moments de difficulté doivent devenir des leviers de grandes transformations et nous avons réussi à réparer des machines endommagées, un camion, une pompe…En inventant des formes d’appui qui viennent des organisations populaires et du gouvernement bolivarien, nous devons continuer à rassembler nos forces, échanger, troquer pour donner une réponse à ces difficultés et ouvrir de nouveaux projets qui renforcent la souveraineté alimentaire et les processus d’éducation populaire.

Étude, lutte et organisation, avec l’agroécologie dans la révolution

Pour la Coordination Politico-Éducative de la Coordinadora Latinoamericana de las Organizaciones del Campo (CLOC-VIA CAMPESINA), CLOC-LVC.

Leiber Montana

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L’École de Communication des Mouvements Sociaux Hugo Chavez, c’est parti !

Avant d’initier les premiers ateliers présentiels à Caracas, nous avons décidé de diffuser nos cours en ligne. Ce premier cours « Pour un documentaire qui exprime la beauté intérieure des secteurs populaires » a été conçu par le réalisateur et formateur Jesus Reyes et restera disponible de manière permanente sur Youtube. Après l’avoir regardé, vous pouvez poser vos questions en écrivant à escuelaterratv@gmail.com

Tous les quinze jours un nouveau cours sera mis en ligne pour que vous puissiez vous former à fond, avec l’aide de notre équipe de formateurs(trices), à tous les aspects de la communication populaire au service de la transformation sociale.

La campagne de solidarité pour créer l’Ecole de Communication des Mouvements Sociaux « Hugo Chavez » est en cours. Vous pouvez vous joindre aux 120 premiers donateurs, et faire naître l’école grâce à ce lien : https://www.helloasso.com/…/pour-la-creation-de-l-ecole-de…/

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Alto Apure, victoire paysanne (Terra TV)

Le documentaire s’ouvre sur le « courtois » dialogue de sourds entre les « héritiers » des terres abandonnées et les paysans qui veulent les faire produire. Les premiers sont obligés de négocier avec les seconds qui ont commencé à délimiter leurs parcelles à force de marches épuisantes dans les marais. Reflet d’un rapport de force qui, ici, dans l’Alto Apure, a basculé en faveur des paysans grâce à la révolution bolivarienne… Dans l’ensemble la lutte initiée sous l’impulsion des mouvements paysans et du volontarisme agraire du président Chavez reste difficile. Le 8 août, le président Maduro a de nouveau exigé des Forces Armées qu’elles protègent les paysans et a exigé un rapport sur les 370 paysan(ne)s assassiné(e)s par les grands propriétaires en vingt ans de lutte pour la terre.

La genèse de ce film produit par une équipe de la télévision paysanne Terra TV (Betzany Guedez, Jorge Henriquez, Thierry Deronne, Miguel Escalona) pour défendre la lutte des pionniers du campement « Hugo Rafael Chavez Frias », et coproduit par la Coordination paysanne CRBZ (Corriente Revolucionaria Bolivar y Zamora), est narrée ici : https://venezuelainfos.wordpress.com/2019/10/22/vivre-le-venezuela-3-au-pays-du-bucheron-perdu/

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Le Venezuela au fond des yeux (5) : le collectif Cacri brosse la vie populaire en temps de pandémie

Cacri est un collectif vénézuélien qui a décidé de mettre la photographie dans la rue. Le groupe des sept ami(e)s est resté actif pendant la période de confinement que traverse le pays et profitent des heures ouvrables (les magasins essentiels ouvrent jusqu’à 14 heures) non seulement pour effectuer leurs emplettes ou démarches, mais aussi pour peindre le moment particulier que vit la nation caraïbe. Le collectif est composé des photographes Maxwell Briceño, Cacica Honta, Carlos Foucault, Marcelo Volpe, Nica Guerrero, Dikó Betancourt et Giuliano Salvatore.

Avant de sortir l’appareil photo, ils prennent toutes les mesures nécessaires pour prendre soin d’eux-mêmes et de leur entourage. Même si la production photographique n’est pas comparable à celle qu’ils ou elles menaient avant la pandémie, ils ont réussi à réaliser un travail important sur le travail de désinfection dans les rues, les visites médicales et le dépistage massif à domicile, la vie chez soi pendant le confinement et l’organisation du pouvoir populaire pour faire face aux problèmes sociaux. (NdT : au 23 mai 2020, le Venezuela a réussi à maintenir le nombre de décès à 10, chiffres confirmés par l’OMS. 74% des 1010 cas sont venus des pays voisins. Le gouvernement bolivarien a mis en place une vaste opération de rapatriement gratuit par les avions de la compagnie publique Conviasa ou d’accueil aux frontières, avec assistance médicale et logistique gratuites également, pour les dizaines de milliers de vénézuélien(ne)s en détresse, fuyant les régimes néo-libéraux qui ont laissé exploser l’hécatombe : Chili, Brésil, Colombie, Equateur ou Pérou.)

Les photographes de Cacri ont été parmi les rares à saisir les images de l’arrivée des premiers compatriotes revenant de Colombie. Ce fut pour eux une expérience unique. Ils n’avaient pas prévu de couvrir ce moment mais lorsqu’ils ont reçu la nouvelle, ils n’ont pas hésité une seconde.

Les compagnons de Cacri ont également documenté la façon dont la vie quotidienne des vénézuélien(ne)s a été transformée, en capturant dans leurs images la transformation de l’économie populaire et les alternatives que les gens ont imaginées pour rendre la pandémie plus supportable. Ils ont profité de cette période pour publier des travaux inédits, grâce à leur compte dans le réseau social instagram @cacriphotos, et continuent à se former à la photographie documentaire et sociale pour dire la patience du peuple vénézuélien.

Source: http://www.ultimasnoticias.com.ve/noticias/coronavirus/historias-de-cuarentena-los-cacri-registran-las-dinamicas-del-pueblo/

Traduction : Thierry Deronne

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Comment une plate-forme en ligne a-t-elle aidé à combattre le Covid-19 au Venezuela ? par Jessica Dos Santos (RT)

On ne déplore que 10 décès au Venezuela depuis le début de la pandémie (chiffres confirmés par l’OMS dont les experts travaillent sur place) : l’ONU a demandé l’autorisation au Venezuela d’étudier son modèle pour le répliquer dans d’autres nations. Bien que les médias internationaux persistent à occulter ce succès et  ses facteurs – confinement précoce, masques généralisés, centaines de milliers de tests, etc… il en est un particulièrement peu connu et pourtant décisif : le « Sistema Patria« . Si un(e) citoyen(ne) présente des symptômes de Covid-19, il peut accéder en ligne au « Sistema Patria« , plate-forme bien connue, pour le signaler grâce à une enquête de dépistage composée de huit questions qui aident à déterminer si la personne a une fièvre supérieure à 37,5 degrés, des difficultés à respirer, une toux sèche, une congestion nasale, un mal de gorge, entre autres.

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Jessica Dos Santos est enseignante universitaire, journaliste et écrivaine vénézuélienne. Son travail a été publié dans des revues comme Épale CCS, 15 y Último et Desafíos. Elle est l’auteur du livre « Caracas en sandales » (2018).

Cette enquête, à laquelle chacun(e) peut répondre en permanence, et modifier les réponses au besoin toutes les 24 heures, a été réalisée par les autorités sanitaires du Venezuela en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la santé (OMS). Elle est obligatoire lorsque vous entrez dans le système, c’est-à-dire que vous ne pouvez faire aucun autre mouvement sans y répondre au préalable.

Lorsqu’une personne signale des symptômes positifs, les médecins et spécialistes vénézuéliens et cubains, selon le protocole sanitaire standard, se rendent immédiatement à son domicile pour vérifier à l’aide de tests rapides ou de PCR, si la contagion existe ou non, ce qui permet d’éviter le transfert du patient vers un centre de santé et réduit fortement les risques de propagation du virus. Au 9 mai 2020 le Venezuela se porte à la tête des pays d’Amérique Latine avec 507.119 tests, soit  16.904 par million d’habitant(e)s.

Si un cas est confirmé, les autorités hospitalisent la personne concernée et établissent la chaîne de contacts correspondante pour poursuivre les enquêtes.

Avant et après le virus

Ce système créé par le président Nicolás Maduro en décembre 2016, avait et a toujours pour but premier de faire face aux effets de la guerre économique états-unienne et d’évaluer la situation socio-économique de la population pour lui octroyer des allocations d’État. Environ 20 millions de Vénézuéliens sont inscrits sur la plate-forme depuis plusieurs années.

« Il a été utilisé pour faire des études socio-économiques, c’est-à-dire pour vous demander dans quel état est votre logement, si on a accès aux services publics, le type d’emploi que vous avez, et le niveau de revenus, votre situation géographique. C’est un moyen d’unifier les données sociales de la population pour orienter les mesures gouvernementales de protection, en fonction des ressources économiques existantes » explique Luigino Bracci, professionnel de l’informatique.

La nouvelle enquête permet à l’État d’utiliser la plate-forme pour faire un suivi du virus. « Et aussi, d’avoir une carte qui indique la localisation géographique exacte des personnes interrogées et leurs symptômes« , explique Mr. Bracci, ajoutant que si la personne répond depuis son téléphone portable, l’application permet même d’activer le système de géolocalisation (GPS).

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Le médecin et chercheur Ricardo León, directeur de l’Observatoire de l’impact sanitaire et social du Venezuela

Selon les experts de la santé, ces visites à domicile ont joué un rôle décisif pour aplatir la courbe d’infection. « Le « Sistema Patria » a été un outil puissant pour planifier et collecter le volume de données structurées et semi-structurées dont toute nation aimerait disposer« , explique Ricardo León, spécialiste en médecine interne et directeur de l’Observatoire de l’impact sanitaire et social du Venezuela (photo).

Grâce à cet outil, qui possède un domaine public, le Venezuela a pu prendre des décisions en temps réel, et même à l’avance, en matière de contrôle épidémiologique

Cette technologie a également permis la participation directe de la population au contrôle de la pandémie. « Grâce au système Patria, nous sommes connectés jour après jour avec les gens sur leur territoire et nous obtenons un grand volume de participation citoyenne qui nous permet d’obtenir des informations, de les traiter, d’avoir des résultats et d’agir en temps réel. C’est un outil formidable, bien qu’il soit peu utilisé encore en épidémiologie aujourd’hui. Il nous place à l’avant-garde« , ajoute le Dr León.

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Un travailleur de la santé prend des notes pendant que les migrants vénézuéliens attendent d’être contrôlés. 13 avril 2020. Luis Robayo / AFP

Photos : fuyant la xénophobie et la pandémie en Equateur, au Chili, en Colombie, au Pérou ou au Brésil où ils avaient émigré à cause de la guerre économique des USA contre le Venezuela, des milliers de vénézuélien(ne)s rentrent chez eux à bord d’avions publics activés par le gouvernement de Nicolas Maduro

Le gouvernement vénézuélien a fait du système « Patria » l’un des quatre points principaux de sa stratégie.

« Le gouvernement est très fier de ce système car on ne parle généralement pas du Venezuela comme d’un pays à la pointe de la technologie. Et quand on cherche parmi les pays qui ont utilisé la technologie pour combattre le covid-19, on trouve des exemples comme la Corée du Sud, connue pour son très haut niveau technologique, ainsi que la Chine« , explique l’expert en informatique Bracci, qui considère que la plateforme locale « a été assez bien faite » car « les applications pour androïde et ordinateur sont solides« .

Actuellement, la plateforme est également utilisée pour mesurer le degré de conformité avec les mesures de confinement et de prévention – dépistage, port de masque et désinfection des espaces publics mis en place au niveau national.

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Enquête sur la quarantaine et l’analyse de la situation du Covid-19 disponible sur la Plataforma del Carnet de la Patria https://www.facebook.com/CarnetDLaPatria/posts/1604564769697481

Aucun sectarisme

L’initiative a été critiquée par certains secteurs de la droite vénézuélienne qui affirment que la plate-forme « est discriminatoire ». L’argument qu’ils avancent est que de nombreux opposants au gouvernement ne sont pas enregistrés.

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Luigino Bracci, spécialiste en informatique

Pour Bracci la chose est facile à réfuter: « le fait que les allocations sont octroyées à l’ensemble de la population à travers le « Sistema Patria », a depuis longtemps conduit de très nombreuses personnes, de toutes les positions politiques, à s’inscrire sur la plate-forme. La meilleure preuve en est que lors des élections, le gouvernement du président Nicolas Maduro a obtenu environ 7.000.000 de voix, alors qu’on compte plus de 19.000.000 de personnes inscrites dans le « sistema Patria », ce qui montre bien qu’il ne s’agit pas d’un système réservé aux « chavistes« .

L’expert considère que ce système a un énorme potentiel. « Il pourrait aider à mettre en place un contrôle social, par exemple, pour exprimer les problèmes que nous vivons tous et que souvent les dirigeants ou les fonctionnaires, en raison de leurs multiples occupations, ne voient pas. En d’autres termes, les défaillances peuvent être détectées et faire l’objet d’une réponse rapide.« 

Par ailleurs le président Nicolás Maduro a précisé que ces visites à domicile réalisées grâce à l’enquête « ont permis d’améliorer la santé de la population en général » : dans certains cas en effet, alors que les personnes interrogées ne présentaient pas d’infection au Covid-19, « elles ont présenté d’autres pathologies requérant des soins« .

Les autorités vénézuéliennes estiment que sans cette méthode et sans les mesures de confinement, le pays compterait à cette heure 200.360 cas positifs et le nombre de décès dépasserait les 7.000. En revanche, la nation latino-américaine n’a enregistré jusqu’à présent que 381 infections et dix décès, chiffres confirmés par l’OMS.

Jessica Dos Santos

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Photo: Commune Socialiste « Altos de Lidice »

Source : https://actualidad.rt.com/actualidad/351545-venezuela-pandemia-coronavirus-plataforma-patria

Traduction : Thierry Deronne

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Le Venezuela au fond des yeux (4) : « contribuer à écrire l’Histoire » par le photographe Giuliano Salvatore

GiulianoGiuliano Salvatore (photo) est un talentueux réalisateur audiovisuel, documentaliste et photographe vénézuélien. Directeur de photographie chez Salvaje Films et à la coopérative La Célula, Giuliano a contribué à réaliser divers projets audiovisuels, dont le long métrage Juntera (2014). Giuliano a aussi été l’un des premiers photographes que nous avions mis en valeur dans cette série “Esta vida nuestra”.

L’art et la précision dont fait preuve le réalisateur vénézuélien lorsqu’il capte et fixe les expressions des sujets photographiés sous leurs multiples facettes nous étonne toujours encore. Nous avons voulu en savoir davantage sur l’auteur de cet important travail audiovisuel. Voici son histoire.

De quelle partie du Venezuela es-tu originaire ? Parle-nous un peu de toi et de tes débuts dans le pays.

Je suis né à Cumana où j’ai vécu jusqu’à mes dix ans. Ensuite, je suis allé à San Antonio de Los Altos et plus tard à Caracas. A vrai dire, même si en ce moment je ne suis pas un “caraqueno”, je considère Caracas comme mon chez moi, bien que j’aie voulu m’installer dans d’autres endroits du pays depuis un certain temps déjà et que j’ai failli le faire à maintes reprises. Mais plus maintenant. Caracas est tout un pays en lui-même, petit, hétéroclite et isolé du restant du pays. Quand je reste longtemps sans en partir, cette impression se renforce. Puis on sort de la ville, et l’univers que nous pensions être se dilate à l’infini tandis que Caracas se fait toute petite face au reste du monde.

Il est bien évident pour nous autres qui sommes de l’intérieur de ce petit monde, que lorsque nous quittons la ville, nous nous dilatons aussi et nous retrouvons des horizons que nous avions souvent oubliés.

Tu as fait des études littéraires. Qu’est-ce qui t’y a poussé ? Pourrais-tu nous citer un auteur qui t’a influencé ?

J’ai étudié la littérature à l’Université Centrale du Venezuela. Ma mère est écrivaine, j’ai donc passé mon enfance entouré de livres et occupé à lire; jusqu’à mes treize ans, rien ne m’intéressait hormis la lecture. Plus tard, j’ai attrapé le bon filon et me suis mis à écrire de la poésie, et à quinze ans j’avais déjà décidé d’étudier la littérature, bien qu’au fond étudier ne m’intéressait pas vraiment. A cette époque, je voulais surtout connaître des gens qui avaient la même motivation.

L’Université m’a transformé. J’ai un peu traîné les premières années, mais j’ai tenu bon et j’ai même fait une maîtrise en littérature latino-américaine à L’Université Simon Bolivar, dont je me suis échappé juste au moment de passer ma thèse pour réaliser mon premier documentaire, sans jamais y retourner. Beaucoup d’auteurs m’ont influencé : Ramos Sucre, Julio Garmendia, Lezama, Juarroz, Saint-Exupéry, Kafka, Borges, Barthes, Deleuze, Derrida, Mutis, Faulkner, Capote, Cabrera Infante, Miguel Hernandez, Araujo, entre autres.

Comment se sont passés tes débuts dans la photographie ?

Eh bien, il se trouve que je suis aussi fils de photographe, donc la photographie et la littérature m’ont toujours été proches. Très souvent, petit, je m’asseyais sur une petite chaise dans le laboratoire de mon père pour le regarder développer ses photos ; l’ambiance me plaisait beaucoup, le silence, l’odeur du révélateur, la lumière rouge. J’ai grandi dans cette atmosphère dans ma propre maison. Le premier appareil photo à pellicule que j’ai eu entre les mains, préparé par mon père vers mes seize ans, a été un vrai désastre : j’avais bougé en prenant les photos, elles étaient brouillées, floues, l’exposition était mal faite. Je ne m’y suis plus intéressé pendant plusieurs années. Je préférais faire des vidéos.

J’ai réalisé mon premier court métrage avec un ami, à vingt ans. Par la suite, nous en avons fait quelques autres. Puis je suis revenu à la littérature. En 2008, j’ai présenté un film documentaire au Centre National du Cinéma, et il a été accepté. A partir de ce moment, j’ai commencé à tourner des vidéos documentaires. Il y a environ cinq ans, je me suis mis à prendre des photos avec un portable, puis j‘ai utilisé une Canon avec laquelle je faisais presqu’exclusivement des vidéos jusqu’à ce que je l’aie prise au bureau pour commencer à faire de la photo. C’était en 2017. Je faisais déjà de la photo avant, mais pas très sérieusement.

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Quel photographe ou réalisateur -ou leur travail- t’ont-ils influencé ?

Au Venezuela, disons qu’il y a eu mon propre père, Rafael Salvatore, puis Paolo Gasparini, Claudio Perna, Torito, Joaquin Cortez, Alexis Pérez Luna, Antolin Sanchez, Leo Alvarez, Luis Brito et quelques autres. A l’étranger, je crois que c’est Alex Webb qui restait à mes yeux le plus étonnant, techniquement et artistiquement parlant ; il y a eu aussi Blossfeld, Weston, Arbus, Mary Ellen Mark, Brassaï, Marilyn Mugot, Saul Leiter, David Alan Harvey.

Ta série de photographies “La Pastora” publiée le 16 mars nous plait beaucoup. Pourrais-tu nous en dire quelques mots ?

Eh bien, la Commune Altos de Lidice est un lieu qui m’est très proche, politiquement et affectivement parlant, et je connais bien le sérieux et la ferveur avec lesquels les habitant(e)s poursuivent leur action. Je suis allé photographier cela, pas les petits faits de l’existence quotidienne, mais la cohérence de l’effort qu’ils font et la logique qui est la leur, l’état d’esprit qui anime le quotidien.

La photographie est également l’art du temps, aussi bien par rapport au contenu de la photo que de sa publication, et en ce moment, juste au début de la quarantaine, je sens qu’il faut nous rendre compte que nous pouvons prendre en charge par nous-mêmes cette situation, nous mettre en retrait en l’assumant avec courage, efficacité et dévouement. Rien ne vaut une communauté faisant face au problème avec ses propres moyens et de manière solidaire.

A certains moments, on se rend compte que ce qu’il faut réussir à faire, c’est de contribuer à écrire l’Histoire, à fournir des arguments (même si ce n’est qu’une photo) pour qu’ensuite nous revoyions le passé, la photo nous donnant une image de nous-mêmes qui nous plaise ou, en tout cas, nous évoque.

Parlons à présent de matériel. Qu’utilises-tu pour prendre les photos que tu publies sur Instagram ?

Depuis l’an dernier, j’utilise un Sony Alpha 7II, équipé de trois lentilles, de 50 mm, de 14 mm et de 28-70 mm, toutes étant de gamme moyenne ou basse. Avant, j’avais une Canon 60D, avec des lentilles de meilleure qualité parfois, et avec plus de possibilités de distances focales. Mais je n’utilise plus la Canon ni le capteur APSC. La Sony me convient très bien, c’est moi qui dois encore m’améliorer, et beaucoup.

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Quels projets as-tu prévu pour les années à venir ?

J’en ai plusieurs en cours, que je ne pensais pas aussi longs à réaliser. A Caracas, j’aimerais faire un essai sur Altagracia, l’une des communes de Caracas qui me plait le plus, car j’y ai vécu deux ans et je crois bien que c’est là que j’ai commencé à me mettre sérieusement à la photo, même si ce n’était qu’avec un portable ; et un autre sur Santa Rosalia, un bel aménagement urbain de la ville. Mais Caracas m’étouffe un peu, j’aimerais retourner, cette fois avec une caméra photo, à des endroits qui me manquent comme les régions de Barinas, Apure ou Sucre. De plus, en ce moment, l’un de mes grands projets est le collectif dont je fais partie, Cacri Photos et les projets de mes étudiants de UNEARTE.

Pour finir, une question que nous posons à tous nos interviewés en ce moment : que fais-tu pendant le confinement ?

Depuis la deuxième semaine de confinement, je ne suis presque pas sorti faire de photos. Je n’ai pas voulu prendre de risques et je ne savais pas quoi photographier qui ne l’ait déjà été par d’autres collègues. J’ai commencé à écrire sur la photographie comme sur le cinéma, je lis des ouvrages de référence et je regarde aussi des films. Sans oublier de voir des memes et écouter de la musique.

Pour suivre le travail de Giuliano Salvatore sur Instagram: https://www.instagram.com/giuliosalvadio/ et sur Behance: https://www.behance.net/GiulianoSalvatore

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Source: https://estavidanuestra.com/giuliano-salvatore-la-voz-detras-de-las-fotografias/

Traduction: Frédérique Buhl

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