Venezuela: des médecins latino-américains pour la santé indigène dans l’état d’Amazonas.

1Le 23 janvier dernier  a été lancée la première mission  annuelle du Programme pour l’Elimination de l’Onchocercose dans l’état de l’Amazonas au Venezuela. Il s’agit d’un effort pour en finir avec le dernier foyer continental de cette maladie qui touche la population à la frontière entre le Venezuela et le Brésil.

L’onchocercose est une maladie qui provoque des lésions sévères sur la peau et les yeux, pouvant entraîner la cécité. Elle est transmise par des moustiques et affecte principalement la population des Yanomamis, peuple semi-nomade qui vit en petites communautés au coeur de la forêt entre les deux pays. Leur répartition géographique a toujours impliqué des efforts bilatéraux de la part des deux pays, efforts qui sont suspendus depuis l’accession au pouvoir de Temer.

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Carte de l’état d´Amazonas où vivent les communautés qui bénéficient du programme de santé.

Au cours des dix dernières années ce travail a été mené par le médecin uruguayen Carlos Botto, coordonateur du « Programme National pour l’Elimination de l’Onchocercose », programme qui est parvenu à supprimer la transmission chez plus de 70% de la population exposée aux piqûres du moustique.

Le travail invisible et la santé yanomami.

Plus de vingt ethnies autochtones vivent dans l’état d’Amazonas au Venezuela. En particulier le peuple yanomami, dispersé dans la Réserve de la Biosphère du Haut Orénoque Casiquiare, qui est une région protégée et d’accès très difficile. Les routes n’existent pas et la plupart des déplacements se font par voie fluviale.

Le Plan de Santé Yanomami est né à la demande de cette population  après le massacre de Hashimu, quand en 1993 des membres du « garimpo » (exploitation minière illégale) ont assassiné 16 membres de cette communauté. Ce motus operandi criminel, appelé « expropriation par expulsion »  est appliqué depuis longtemps dans plusieurs pays latino-américains, comme mode d’appropriation des territoires et des biens naturels de façon illégale, au détriment des populations autochtones.

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Carlos Botto en train de travailler avec Daniel Borges, yanomami qui participe au programme en tant que technicien.

L’exploitation minière illégale est également responsable de l’expansion de la malaria dans la région, dans la mesure où la déforestation favorise la prolifération du moustique Anophèle, vecteur de la maladie. Elle entraîne également une pollution au mercure des fleuves et des poissons, ce qui provoque des intoxications chez les populations. Aux affections endémiques – propres à la région – s’ajoutent les affections « importées ». Des études ont été faites sur l’introduction des maladies sexuellement transmissibles come le VIH  à partir du contact entre « garimpeiros » et les communautés yanomamis.

Médecins internationalistes au Venezuela : soigner l’Amazonas

La mise en place de ces actions pour la santé a commencé en 2006, quand le président Hugo Chavez a visité la région et ordonné la mise en marche du Centre de Diagnostique Intégral (CDI) à La Esmeralda, capitale du Haut Orénoque. Depuis 2008, le satellite Simon Bolivar, le premier du gouvernement vénézuélien – envoie des images qui permettent d’identifier les communautés, ce qui est fondamental pour guider les opérations.

Les résultats sont visibles : le nombre de communautés yanomami intégrées dans le  système de santé a augmenté de 153%, passant de 115 en 2006 à 291 communautés  en janvier 2017.

Les barrières géographiques que nous avons déjà mentionnées, un écosystème très délicat et la diversité culturelle rendent la démarche sanitaire très difficile. Elle implique la coordination entre le Ministère du Pouvoir Populaire pour les Peuples Indigènes, la Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB) et des organismes autonomes comme le Centre Amazonien de Recherche et de Contrôle des Maladies Tropicales « Simon Bolivar ».

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Des équipes médicales et techniques sont transportées par des hélicoptères de la Force Armée Vénézuélienne.

Les équipes de santé sont composées par des médecins diplômés de différentes universités du pays, de l’Ecole Latino-américaine de Médecine (ELAM)  et également de médecins cubains de la mission internationaliste Barrio Adentro qui a fourni l’aide de plus de 20 000 professionnels au système de santé vénézuélien. Ces équipes sont réparties entre le CDI de la Esmeralda, de structure intermédiaire, et les Centres de Santé Populaire, qui assurent les premiers soins dans les communautés et auxquels participent des agents et des techniciens des différents peuples amazoniens   (Yanomami, Jivi, Yekuana, Baré, Curripaco). Brésil. Ces  régions ne sont accessibles que par hélicoptère.

L’opération Parima- Siapa, à laquelle a participé la docteure argentine Lucia Rabini a eu lieu en octobre 2016. Son but était de proposer une aide complète aux communautés yanomami les plus éloignées du Haut Orénoque et du Haut Siapa à la frontière avec le

« L’effort logistique, économique et humain pour ce genre d’action est très important : chaque heure de vol coûte  environ 1600 dollars » raconte Lucia.  Sur les 40 communautés identifiées, 39 ont bénéficié de cette opération qui a pu se réaliser grâce à l’aide des hélicoptères de la FANB, qui a en outre récupéré 6 pistes pour petits avions et plus d’une dizaine d’héliports proches de la frontière. Le personnel médical a pu rendre visite à 252 autres communautés grâce à des petites avions, des embarcations et au prix de trajets de jusqu’à 30 jours de marche.

Selon la docteure « cette population considère la médecine occidentale comme complémentaire de sa propre médecine chamanique. On peut voir comment différents univers culturels, différentes cosmogonies et systèmes thérapeutiques interagissent depuis un point de vue qui prétend, à la lumière des contradictions de tout processus, être d’une interculturalité critique et décolonialiste ».

« L’intervention de l’Etat vénézuélien est fondamentale face à la menace destructrice du capitalisme dans cette région » pense Lucia, qui ajoute : il s’agit de la survie du peuple yanomami et de ses savoirs, ainsi que de son territoire qui est le poumon de la Terre, indispensable à l’équilibre environnemental de la planète ».

Ces actions sont rendues possibles grâce à des héros et des héroïnes, anonymes pour la plupart, militaires et civils, volontaires de plusieurs pays et de différentes régions du Vénézuéla, explique de son côté Betto, dont la contribution a été essentielle pour mener à bien ces actions et constituer les équipes qui travaillent dans la région. C’est dans ce sens qu’il souligne : « beaucoup ont risqué leur intégrité physique et leur vie, quelques uns l’ont donné généreusement à la lumière et à l’obscurité de la forêt ».

Reportage : Carlos Botto et Lucía Rabini

Source : http://notas.org.ar/2017/02/07/venezuela-medicos-latinoamericanos-salud-indigena-amazonas/

Traduction : Pascale Mantel

URL de cet article : http://bit.ly/2l8F8tR

 

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« Les 10 victoires du Président Nicolás Maduro en 2016 », par Ignacio Ramonet

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Début 2016, tout semblait bien complexe pour les autorités de Caracas.  Et cela principalement pour trois raisons : 1) L’opposition néolibérale avait remporté les élections législatives de décembre 2015 et contrôlait désormais l’Assemblée Nationale ; 2) La chute des prix du pétrole, la principale ressource du Venezuela,  avait atteint son plus bas niveau dans les dernières décennies ; 3) Le président des Etat Unis, Barack Obama, avait signé un Ordre exécutif déclarant le Venezuela une « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et pour la politique extérieure des Etats-Unis »
C’est-à-dire, dans trois domaines décisifs  – politique, économique et géopolitique – la Révolution bolivarienne semblait à la défensive. Tandis que la contrerévolution, autant intérieure qu’extérieure, pensait avoir enfin le pouvoir à portée de la main.

Le tout dans un contexte de guerre médiatique de longue durée contre Caracas,  commencée avec l’arrivée à la Présidence d’Hugo Chávez en 1999, qui s’est intensifiée en avril 2013 et a atteint des niveaux inouïs de violence depuis l’élection du Président Nicolás Maduro.

Ce climat d’harcèlement médiatique agressif et permanent a produit une désinformation insidieuse sur le Venezuela, semant la confusion même chez de nombreux amis de la Révolution  bolivarienne. En particulier car dans cette ère de la « post-vérité », la pratique du mensonge, de la fraude intellectuelle et de la tromperie manifeste n’est  sanctionnée par aucune conséquence négative, ni sur la crédibilité, ni sur l’image.

Tout vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel », et même les faits ou les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. Même l’argument – si évident pour le Venezuela – du complot, de la conjuration, de la conspiration, n’est pas accepté.  Le nouveau discours médiatique dominant dénonce et ridiculise d’avance « le prétendu complotisme » comme un argument inacceptable de « récits à l’ancienne »,  non recevable…

Tout, donc, au début de l’année 2016, semblait difficile pour le Président vénézuélien.  A un point tel que le bancal opposant néolibéral  Henry Ramos Allup, enivré pas sa majorité parlementaire, a osé assurer en janvier 2016, dans son premier discours comme Président de l’Assemblée Nationale, que « dans un délai de mois de six mois » il chasserait Nicolás Maduro du pouvoir. En s’inspirant sans doute du coup d’Etat institutionnel contre la Présidente Dilma Rousef, au Brésil, et misant sur la victoire dans un éventuel référendum révocatoire.

Ainsi allaient les choses quand le Président Maduro, dans une séquence magistrale que personne n’a vu venir dans le jeu d’échecs qui se déroulait – et conformément à la Constitution – a surpris tout le monde.  Il a renouvelé, comme il en avait le droit, les membres du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), instance supérieure du pouvoir judiciaire, dont la Salle Constitutionnelle a le dernier mot en matière d’interprétation de la Constitution.

L’opposition, imbue de sa superbe, a commis alors deux erreurs majeures :

  1. Elle a décidé d’ignorer les avertissements du TSJ et a admis en séance trois députés de l’état d’Amazonas dont l’élection en décembre 2015 était l’objet de suspension pour irrégularités.  Devant cet affront, le TSJ a évidemment proclamé la non validité des décisions de l’Assemblée Nationale en raison de la présence en séance de trois députés « non élus régulièrement » .  En fait, le TSJ a déclaré l’Assemblée en désobéissance (desacato) et en conséquence, a décidé  que  « toutes ses décisions seraient considérées nulles».  Ainsi, par ses propres erreurs, l’Assemblée non seulement n’a pas réussi à légiférer ni à contrôler le Gouvernement, mais bien au contraire, comme l’ont reconnu des spécialistes renommés en droit constitutionnel, elle s’est annulée elle-même, a dilapidé son pouvoir est s’est auto-dissoute. Cela a été la première grande victoire de Nicolás Maduro en 2016.
  1. Dans son obsession de renverser le Président, l’opposition anti-chaviste a également décidé d’ignorer ce que stipule la loi (article 72 de la Constitution)  sur les étapes indispensables et les exigences juridiques pour la tenue d’un référendum révocatoire en 2016.  L’opposition a également connu un important échec sur ce point.  Et ce fut une autre grande victoire de Nicolás Maduro.

Malgré cela, vers mars-avril 2016, tout est devenu de plus en plus complexe. Car aux offensives habituelles des forces hostiles à la révolution bolivarienne est  venue s’ajouter une sécheresse impressionnante, la deuxième en importance depuis 1950, et une canicule, résultat du  phénomène El Niño. Or au Venezuela 70% de l’énergie provient des centrales hydroélectriques, dont la principale dépend du barrage El Guri.  Et avec l’absence de pluies, les niveaux de ce barrage ont diminué jusqu’à atteindre presque le niveau minimum.

La contre-révolution a tenté de profiter de ces circonstances pour multiplier les sabotages électriques, cherchant à créer un chaos énergétique, la colère sociale et des manifestations.  Le danger a été grand, car au problème électrique s’ajoutait le manque d’eau potable, conséquence de la sécheresse persistante, ….

Mais une fois de plus le Président Maduro a réagi rapidement en prenant des mesures radicales : il a décidé le remplacement de millions d’ampoules à incandescence par des ampoules à faible consommation d’énergie ; il a ordonné le remplacement des vieux climatiseurs par d’autres moins gourmands en énergie ;  il a décrété la demi journée de travail dans l’administration publique et mis en œuvre un plan national spécial de consommation d’électricité et d’eau.

Grâce à ces mesures audacieuses, le Président a réussi à éviter l’effondrement énergétique.  Et obtenu une de ses victoires les plus populaires de l’année 2016.
Un autre des problèmes importants que le Gouvernement a du affronter (peut-être le plus grave) – conséquence en partie de la guerre économique contre la révolution bolivarienne – est l’approvisionnement alimentaire. Il faut rappeler qu’avant 1999, 65% des vénézuéliens vivaient en situation de pauvreté et seulement 35% pouvaient bénéficier d’une bonne qualité de vie. C’est-à-dire, sur 10 vénézuéliens, seulement 3 mangeaient régulièrement de la viande, du poulet, du café, du maïs, du lait, du sucre… Tandis que pendant les 17 dernières années la consommation alimentaire (grâce à l’investissement social massif de la Révolution) a augmenté de 80%.

Ce changement structurel explique par lui-même pourquoi subitement la production nationale d’aliments, bien plus importante qu’on ne le croit, est devenue insuffisante.

Avec l’augmentation massive de la demande, la spéculation a explosé.  Devant une offre structurellement limitée, les prix se sont envolés vertigineusement.  Et le phénomène du marché noir ou « bachaqueo » s’est propagé : acheter les produits subventionnés par le Gouvernement à des prix inférieurs à ceux du marché pour les revendre à des prix supérieurs à ceux du marché. Ou les « exporter » massivement aux pays voisins (Colombie, Brésil) pour les revendre au double ou au triple du prix subventionné.  Ainsi le Venezuela se « vidait » de ses dollars – de moins en moins nombreux en raison de l’effondrement des prix du pétrole – pour nourrir les « vampires » qui dépouillent les plus humbles des produits de base pour s’enrichir de façon spectaculaire.

Une telle immoralité ne pouvait continuer. Une fois de plus, le Président Maduro agit avec fermeté.  D’abord – très important – il a changé la philosophie de l’aide sociale. Et il a rectifié une erreur majeure commise par le Venezuela depuis des décennies.  Il a décidé que l’Etat, au lieu de subventionner les produits, devait subventionner les personnes. Pour que seulement les pauvres, ceux qui en ont réellement besoin, puissent avoir accès aux produits subventionnés par le Gouvernement. Pour tous les autres, les prix des produits sont les prix justes fixés par le marché.  Ce qui évite la spéculation et le bachaqueo.

Et la deuxième mesure décisive: le Président a annoncé que désormais le Gouvernement orienterait  tous ses efforts vers le changement du modèle économique du pays, passant d’un « modèle rentier » à un « modèle productif ».  Et le Président a défini ce qu’il appela les « quinze moteurs » pour dynamiser l’activité économique tant du secteur privé que du secteur publique et de l’économie communale.

Ces deux décisions essentielles ont convergé dans une création originale, imaginée par le Président Maduro: les CLAP (Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production) qui constituent une nouvelle forme d’organisation populaire.  Foyer après foyer, les représentants des communautés organisées remettent des sacs pleins d’aliments à un prix régulé.  Beaucoup de ces aliments viennent d’ailleurs de la nouvelle production nationale.  Les CLAP devraient approvisionner pendant les prochains mois de 2017 environ quatre millions de familles à revenus modestes.  Garantissant ainsi l’alimentation du peuple. Et signant donc une nouvelle grande victoire du Président Maduro.

Une autre victoire non moins importante en cette difficile année 2016 est le taux record des investissements sociaux, qui représentent 71,4% du budget national.  C’est un record mondial.  Aucun autre Etat au monde ne consacre presque les trois quarts de son budget à l’investissement social.

En matière de santé, par exemple, le nombre d’hôpitaux a été multiplié par 3,5 depuis 1999.  Et le montant des investissements dans un nouveau modèle humain de santé publique a été multiplié par dix.

Dans le cadre de la Misión Barrio Adentro, dont l’objectif est l’accès aux soins des malades des zones urbaines les plus modestes du pays, ont eu lieu presque 800 millions de consultations et on a sauvé la vie de presque 1.400.000 personnes.  Les facultés de médecine ont formé 27.000 médecins et 30.000 autres doivent obtenir leur diplôme en 2017.  Huit états du Venezuela sont couverts à 100% par la Mission Barrio Adentro, alors que l’objectif fixé était de six états.

Une autre victoire sociale fondamentale, non mentionnée par les grands média dominants, concerne les retraites.  Avant la révolution, seulement 19% des personnes en âge d’être retraitées recevaient une pension, le reste subsistait souvent dans la misère ou à la charge de leur famille.  En 2016, 90% des personnes en âge d’être retraités reçoivent une pension, et cela même s’ils n’ont pas pu cotiser à la Sécurité Sociale pendant leur vie active.  Un record en Amérique du Sud.

Une autre victoire spectaculaire –   une fois de plus non mentionnée par les média dominants-  est celle de la  Misión Vivienda,  dont le but est de construire des logements sociaux à prix régulé pour les familles les plus modestes.

En 2016, cette Mission a remis 359.000 logements (à titre de comparaison, un pays développé comme la France a construit à peine 109.000 logements sociaux en 2015).  Il faut y ajouter les 335.000 logements rénovés dans le cadre de la belle Misión Barrio Nuevo, Barrio Tricolor.  Mission qui a reçu les éloges du génie de l’architecture Frank Gehry, créateur du  Musée Guggenheim de Bilbao et du Musée Louis Vuitton à Paris, qui a affirmé vouloir y participer.  Nous parlons donc de presque 700.000 logements sociaux en 2016.  Un chiffre sans équivalent dans le monde.

Depuis le début de son mandat, en 2013, le Président Maduro a déjà remis à des familles modestes presque un million et demi de logements.  Un record mondial passé sous silence par des média hostiles à la Révolution bolivarienne.  Et que même ses amis négligent parfois de mentionner.
Pour finir, rappelons quelques unes des victoires éclatantes obtenues dans le domaine géopolitique.  Par exemple, avoir empêché l’Organisation des Etats Américains (OEA), contrôlée par Washington, de condamner le Venezuela, comme le voulait le Secrétaire général de l’Organisation, Luis Almagro, en invoquant la Charte Démocratique contre le Venezuela.

Ou le succès du 27ème Sommet du Mouvement des Pays Non Alignés (MNOAL), qui s’est tenu en septembre 2016 au Centre de Conventiond Hugo Chávez, dans l’île de Margarita, en présence de nombreux Chefs d’Etat et de Gouvernement et de représentants de cent vingt pays qui ont manifesté leur solidarité avec le Venezuela.

Mais la principale victoire du Président Maduro en ce domaine a été la réussite inouïe de l’accord entre les Pays OPEP et NON OPEP pour une réduction concertée des exportations de pétrole, fruits de nombreux voyages du Président en quête de cet objectif.
Cet accord historique, signé en novembre 2016, a immédiatement freiné la chute du prix des hydrocarbures, qui s’effondrait depuis le milieu de l’année 2014, quand le prix dépassait 100 dollars le baril.
Grâce à cette victoire capitale, le prix du pétrole, qui était de 24 dollars en janvier, dépassait  45 dollars fin décembre 2016.

Ainsi, pendant l’année la plus dure et la plus longue, pendant laquelle nombreux ont été ceux qui ont misé sur son échec, le Président Nicolás Maduro, déjouant tous les pièges et toutes les difficultés, a montré sa taille exceptionnelle d’homme d’Etat.  Et de leader indestructible de la Révolution bolivarienne

Ignacio Ramonet

Source: Telesur http://www.telesurtv.net/opinion/Las-10-victorias-del-presidente-Maduro-en-2016-20161231-0028.html

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Pourquoi devrais-je revenir sur mes pas ? La lutte d’une femme vénézuélienne, par Katherine Castrillo

Haydee Berroterán Foto: Milangela Galea“Fini de regarder des telenovelas, nous allons monter nos entreprises de production sociale” dit Haydee Berroterán à un groupe de femmes afro-descendantes de Barlovento, état de Miranda. C’est ici que toutes les semaines, elle les forme: ateliers de genre, de santé sexuelle et de grossesse adolescente. Elle aide à organiser des réunions où la communauté identifie ses forces et ses besoins pour tracer des plans d’action. Longues, longues journées, mais il reste toujours un peu de temps pour se baigner dans l’eau claire de la rivière avec Anderson, son allié, son ami, son fils de vingt-et-un ans, handicapé physique et moteur depuis un accident à neuf mois.

Haydee est née et a grandi à Curiepe, ce village et cœur la région de Barlovento, d’où les  tambours rebelles appellent San Juan tous les 24 juin. Cette force vit dans son corps : pour elle, le travail commence à quatre heures du matin pour ne plus s’arrêter. Très tôt commencent les réunions avec d’autres femmes qui comptent des personnes handicapées dans leur famille, suivies des assemblées auxquelles elle assiste en tant que porte-parole du Conseil Présidentiel pour les Personnes Handicapées, sans oublier le « point de rencontre » où elle conseille une soixantaine de femmes. “Maintenant je me suis plongée dans un autre problème : l’organisation communale pour améliorer le système de transport”, dit-elle en souriant comme si c’était une facétie de plus dans sa longue liste de militance au quotidien.

“Ma militance a commencé quand j’ai emmené Anderson au centre de développement infantile. C’était un centre d’équinothérapie. A ce moment j’ai compris l’importance que d’autres mères aient le même accès que moi à ce type de justice sociale. Cela ne pouvait rester le privilège de quelques-uns. Il fallait sortir de l’anonymat tous ces enfants jusque-là exclus des soins à cause des limites économiques de leurs parents. C’est ainsi que je me suis mise en mouvement, que j’ai commencé à parler avec d’autres femmes et nous nous sommes rendu compte que nous étions de nombreuses mères partout à vouloir visibiliser notre situation, à chercher des solutions, nous étions déjà un mouvement à l’échelle nationale ! Avec tout ce que nous commencions à faire, je me suis rendu compte que je n’étais plus la même, j’avais tiré les leçons de ma faiblesse, je ne pouvais plus rester à la maison. Ensuite le président Chávez a été élu et en 2006 a impulsé la Loi pour les personnes handicapées, ce qui nous a renforcées”.

Lock-out pétrolier et solidarité cubaine

En 2002 Anderson, sept ans, souffre d’une dislocation de la hanche qui entraîne une tumeur. Il subit une intervention chirurgicale mais on l’opère au mauvais endroit. Surgissent la fièvre et la douleur, il faut réopérer : “Mais e décembre 2002 les médecins de l’hôpital se sont joints au lock-out de la droite pour faire tomber le gouvernement bolivarien. Ils ont expulsé les patients, quel que fût leur état. J’étais désespérée, suppliant aux portes de l’hôpital qu’on me laisse passer. Mais non, ils ont refusé de l’opérer”. Quand tout espoir semble s’éloigner, Haydee écoute Chavez à la télévision: « S’il y a parmi vous des personnes affectées par le lock-out et qui ont des urgences de santé, appelez la cellule de crise que  j’ai désignée pour traiter vos cas. » J’ai bondi pour appeler, on m’a écoutée, on m’a dit ‘venez demain, vous partez à Cuba’. Mon plus jeune fils avait un an à peine, je lui donnais encore le sein”.

C’est ainsi que tous deux sont arrivés à Cuba, grâce aux accords intégraux de santé qui offrent des soins gratuits aux patients vénézuéliens. Au début ce fut difficile de passer Noël loin des siens, le séjour s’est prolongé cinq mois. “Mes seins se remplissaient de lait car mon plus jeune fils était resté avec son père au Venezuela. Mais cela a valu la peine, c’est là que j’ai compris qu’un lutteur social doit tout faire pour revendiquer les droits qui sont souvent violés, et que le président Chávez est arrivé pour que les droits de chacun soient respectés. Avant lui j’avais essayé d’inscrire mon fils dans un des centres qui offrent de meilleures thérapies mais ceux-ci n’étaient accessibles qu’à certains groupes privilégiés et on me fermait la porte”.

Anderson arriva à Cuba dans un état très délicat. Il était couché, les bras levés, en proie aux douleurs. Après l’opération, les médecins cubains lui ont planifié une routine, avec pour la première fois une thérapie du langage. On leur a appris à s’écouter davantage, et à emporter ces connaissances chez eux : “Les processus ne restaient pas prisonniers de quatre murs”. L’état d’Anderson s’améliora au point qu’il réussit à faire en cinq mois ce qu’il n’avait pu faire en sept ans. “Dans l’avion il a réussi à revenir assis, il avait retrouvé l’appétit, il est revenu en très bonnes conditions”.

De retour au Venezuela, Haydee aida d’autres mères à rédiger les lettres de demande et à monter les dossiers pour qu’elles puissent envoyer leurs enfants à Cuba, pour que d’autres puissent bénéficier de ces accord. “Tu sais quoi ? Quand nous avons écouté le président Chávez dire qu’il ne pouvait rester une seule personne handicapée qui ne soit pas prise en compte par les missions sociales, nous avons compris qu’il ne s’agissait pas d’une “promesse”. Notre famille et beaucoup d’autres peuvent témoigner des résultats”.Haydee Berroterán Foto: Milangela Galea

“J’avais besoin de temps pour apprendre”

Les soins des familles aux personnes handicapées restent habituellement une responsabilité des femmes, à quoi s’ajoutent les travaux domestiques et le travail hors de la maison. Cette dynamique d’inégalité dans la division du travail, dans les responsabilités quotidiennes, non seulement surchargent et épuisent mais détruisent des rêves et des projets, devenus irréalisables faute de temps. Comment Haydee a-t-elle fait, sans renoncer à travailler pour l’organisation populaire ? « Quand je cherchais du  travail on me demandait ce que je savais faire, et que savais-je d’autre à part soigner des personnes handicapées ? Mais je voulais apprendre un métier, je voulais être couturière. »

Pendant les thérapies prodiguées à Anderson, elle a suivi un cours de couture de la Mission “Vuelvan Caras” (programme gouvernemental de formation socio-professionnelle pour renforcer le potentiel productif du pays, NdT) puis à travers la Mission « Savoir et Travail » qui recense et offre des emplois à la population disposée à se former au préalable. “C’était un cours de 45 jours du matin au soir, comment faire ? Nous avons resserré nos liens familiaux, adapté les horaires de chacun, en moins d’une semaine nous avons trouvé la formule. Parfois je m’écartais du groupe en formation pour pleurer, je me sentais coupable, je me disais “ton fils a besoin de toi, que fais-tu ici, tu es une femme âgée, pourquoi veux-tu encore te former ? » J’ai pensé à tout laisser tomber mais j’ai continué. Grâce à la formation sociopolitique qu’on nous a donnée je me suis rendue compte que je n’abandonnais pas ma famille, que j’avais besoin de temps pour apprendre”.

Un an plus tard Haydee commença à travailler dans le réseau des magasins d’alimentation de l’État (« Abastos bicentenarios ») puis dans une Base de Missions (Centre unifiant les programmes sociaux offerts aux secteurs populaires, NdT). “Ce fut difficile car on m’avait assigné le secteur Antímano, où mon fils avait subi son accident il y a des années. En arrivant chez moi je me suis mise à pleurer, je ne savais pas si j’allais supporter… Mais mon travail visait à fortifier une communauté populaire, et c’est ce qui me plaît. J’ai tenu bon et aujourd’hui j’aide des personnes handicapées”.

Trouver ensemble des solutions, comme peuple

Tout ce qui la touche individuellement la mène au collectif. Lorsqu’on la mit sous pression pour qu’elle quitte la maison qu’elle louait, elle trouva la solution en rassemblant beaucoup de mains amies. “Je suis allée au Ministère de la Femme, j’avais besoin d’aide. On m’a reçue, j’ai commencé à travailler le dossier, et avec d’autres femmes nous nous sommes organisées pour effectuer une demande collective à la Mission Logement. Et ça a marché! Qu’est-ce que je veux dire avec cet exemple ? Simple : qu’Haydee Berroterán a un fils handicapé mais que rien ne l’épuise”. Mais dans la guerre économique des trois dernières années ?

“C’est une période de nombreuses tribulations. Nous, femmes, sommes particulièrement frappées par la guerre économique, c’est pourquoi nous devons redoubler d’énergie. Au moment où l’entreprise privée a cessé de produire des couches-culottes, qu’avons-nous fait, nous, les mères du quartier ? Nous avons cherché ensemble, beaucoup se sont senties frustrées parce que nous n’avons pas réussi à en trouver, mais je leur disais : « patience, on va réussir ». C’était dur pour moi, mais ma tâche était de leur insuffler de l’optimisme, moi qui pendant vingt-et-un ans ai utilisé des langes jetables pour mon fils handicapé. Quand je suis rentrée chez moi je me suis assise pour la première fois avec Anderson pour lui dire : « écoute, il n’y a plus de langes, quand tu en as besoin, fais-moi signe, fais-toi comprendre et je t’aiderai ». Son système cognitif est parfait, il m’a compris et depuis ce jour-là Anderson s’est passé de couches-culottes. J’ai inventé un système avec un linge dans un sachet de plastique, qu’on change et qu’on lave. J’ai partagé cette solution avec d’autres mères. Certaines la trouvent “difficile”. Pourquoi ? Parce qu’on nous a habituées à ce que d’autres trouvent la solution pour nous”.

« Je ne suis pas tentée de revenir sur mes pas »

Elle ne connaît pas la fatigue. Chaque jour elle invente un projet nouveau. Avec quelques compagnes elle veut créer un centre où les personnes handicapées pourront continuer à recevoir des soins au cas où leurs proches décèdent.

Je lui ai demandé pourquoi elle ne s’arrêtait jamais, pourquoi elle continuait à se mouvoir dans tous ces espaces, d’où lui vient la force de porter son fils dans les bras. “Ce qui a commencé au Venezuela, ce que nous avons commencé comme peuple, il faut le maintenir. C’est ce qui me porte. Je ne suis pas tentée de revenir sur mes pas. Il y a cinq choses qui me maintiennent en activité depuis que la révolution a commencé : persévérance, constance, concentration, tolérance, et ténacité. Ce processus nous a tant donné que c’est à nous aujourd’hui de tendre la main pour dire “eh, nous sommes ici, éveille-toi, le Venezuela a besoin de toi”.

Haydee tend la main : elle coordonne avec les agriculteurs de Barlovento la vente à Caracas de feuilles de bananier qui enveloppent les « hallacas » de maïs farci de viande – une tradition de Noël. Elle invite d’autres femmes à se joindre au mouvement et à celles qui perdent espoir, elle explique que la lutte sociale les rendra plus fortes pour surmonter cette épreuve politique.

“Ce processus a permis de faire croître notre conscience, il a fallu lire et lire encore pour que notre esprit puisse s’ouvrir. Le président Chávez nous a enseigné pas mal de choses et c’est à notre tour de le faire pour les générations qui viennent, parce que le Venezuela ne dort pas, il ne s’endormira pas, nous n’allons pas perdre ce que nous avons obtenu”.Haydee Berroterán Foto: Milangela Galea

Texte: Katherine Castrillo / Contact: @ktikok

Photographies : Milángela Galea

Source : http://laculturanuestra.com/la-discapacidad-no-tiene-barreras-para-luchar/

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2016/11/24/pourquoi-devrais-je-revenir-sur-mes-pas-la-lutte-dune-femme-venezuelienne-par-katherine-castrillo/

Rude coup pour l’agrobusiness au Venezuela : les députés chavistes votent la loi des Semences

CW4v2l5UkAAQYhVAprès deux ans d’un débat marqué par  la forte participation des mouvements sociaux, le parlement vénézuélien, qui dispose jusqu’au 5 janvier 2016 d’une majorité chaviste, a approuvé le projet de la Loi des Semences (nous avons rendu compte sur ce blog de la longue marche de cette loi d’initiative populaire, NdT) (1)

Les organisations qui ont défendu cette loi la définissent comme « fruit d’un consensus anti-OGM et anti-brevet ». Depuis plusieurs jours les citoyen(ne)s avaient manifesté leur appui sur les réseaux sociaux ou depuis les balcons de  l’hémicycle aux député(e)s qui discutaient et votaient les articles de ce texte.

Son élaboration a commencé en octobre 2013 sous l’impulsion de mouvements paysans, d’organisations écologistes, de mouvements politiques et sociaux qui appuient le processus révolutionnaire. L’objectif du texte est de promouvoir la production d’aliments sur la base d’une conception agro-écologique, d’interdire les OGM, et de retirer aux grands groupes privés un négoce potentiel qui brasse des milliards de dollars dans le monde entier.

L’approbation de la loi repose sur les articles 127 et 305 de la Constitution Bolivarienne. L’article 127 stipule que “l’État protègera l’environnement, la diversité biologique, les ressources génétiques, les écosystèmes, les parcs nationaux et le patrimoine naturel, ainsi que toute zone qui revêt un intérêt écologique particulier. Le génome des êtres vivants ne peut faire l’objet de brevet commercial et la loi sur la bioéthique régulera cette matière. C’est l’obligation fondamentale de l’État de garantir que la population puisse vivre dans un milieu libre de pollution, où l’air, l’eau, les sols, les côtes, le climat, la couche d’ozone, les espèces vivantes seront protégées spécialement, conformément à la loi”.

Pour sa part l’article 305 prévoit : “l’État encouragera l’agriculture soutenable comme base stratégique du développement rural intégral afin de garantir la sécurité alimentaire de la population, comprise comme la disponibilité suffisante et stable d’aliments dans le cadre national et l’accès opportun et permanente à ceux-ci par les consommateurs”.

En fait la loi applique le mandat constitutionnel sur des thèmes sensibles comme l’interdiction de breveter le vivant. Son objet est de « préserver, protéger, garantir la production, la multiplication, la conservation, la libre circulation et l’usage des semences autochtones; ainsi que la promotion, la recherche, l’innovation, la distribution et l’échange de celles-ci, à partir d’une vision agro-écologique socialiste, en privilégiant la production nationale de semences”.CWSFA5OWsAEtRhcCWTTK52WwAMJoiL

Réactions de l’entreprise privée

Cette politique va en sens inverse de celles impulsées depuis une dizaine d’années, y compris dans des pays considérés comme progressistes – le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, par rapport à des pays néo-libéraux comme le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Chili. Alors que tout le continent reste dominé par le modèle des transnationales qui contrôlent le marché des semences dans le monde: Monsanto, Syngenta, DuPont, Dow, Bayer, BASF-, au Venezuela la Révolution Bolivarienne a choisi la voie d’un modèle écosocialiste, tracé dans la plate-forme électoral de Chavez puis de Maduro : le Plan de la Patrie 2013 – 2019. (2)

La nouvelle norme a fait l’objet des critiques de l’opposition de droite, qui a refusé de voter en sa faveur. Après la séance, le député Ivan Colmenares, de l’État de Portuguesa, a déclaré que “cette loi de semences n’est pas viable vu sa nature trop idéologique, son caractère anti-OGM et son caractère anticonstitutionnel”. Colmenares la considère comme “discriminatoire envers le secteur privé et envers la population qui n’est pas alignée sur le processus de changement. Elle est également très contradictoire puisqu’elle défend les semences originaires des ethnies et des paysans sans propositions tangibles pour leur production ”.

Cette position exprime directement la position de la principale Chambre de l’agro-business, Fedeagro, dont le président Antonio Pestana, dès le lendemain des élections législatives du 6 décembre qui ont vu la nette victoire de la droite, demandait que «soit donné en priorité un coup d’arrêt à la Loi des Semences ”.

Pour le représentant patronal, cette loi serait approuvée par des personnes qui « de manière irrationnelle, font passer leur idéologie avant tout autre chose ”. Il a rapidement révélé la sienne : “Il y a un autre thème qui est celui de la Commission Nationale de Biosécurité. Nous devons permettre à nos chercheurs de parler d’OGMs; si ceux-ci sont mauvais pour la santé des vénézuéliens alors il faut empêcher leur entrée dans le pays, mais s’ils disent qu’ils ne nuisent ni à l’environnement ni aux consommateurs, nous devons permettre que les agriculteurs vénézuéliens puissent opter pour cette technologie qui a donné de bons résultats dans d’autres pays ”.

En outre Fedeagro a exigé que soit éliminée la Loi des Terres de 2001 – une des “causes” qui poussèrent le patronat vénézuélien à organiser le coup d’État contre le président Chavez en avril 2002 – et que les terres soient rendues aux grands propriétaires.

Pour les mouvements sociaux il s’agit d’un pas important dans un travail collectif d’organisation qui a pris des années. Il se concrétise dans une bataille plus générale entre deux projets parvenus au plus haut degré d’antagonisme. Si la droite tente d’éliminer la Loi des Terres et la Loi des Semences elle aura face à elle, c’est prévisible, une population décidée à les défendre.

Fernando Vicente Prieto – @FVicentePrieto

Notes:

(1)        Lire notamment « Au Venezuela, le peuple légifère contre Monsanto »https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/20/comment-faire-une-loi-au-venezuela/ et « Le Venezuela lutte contre les transnationales en produisant ses semences autochtones”, http://wp.me/p2ahp2-1vp
(2)        Lire « Ce que va faire la révolution bolivarienne de 2013 à 2019 » https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/

 

Source : http://notas.org.ar/2015/12/24/asamblea-nacional-venezuela-aprueba-ley-semillas/

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-29x

Comprendre la défaite d’un coup d’État et… des médias internationaux.

Un des objectifs de l’extrême droite était de faire « le nécessaire » pour substituer le processus d’une démocratie participative par l’image mondiale d’un État répressif. Mais alors qu’on a rempli partout les yeux de la “répression-au-Venezuela”, les 90 % des vénézuéliens se sentent étrangers à cette réalité virtuelle. Pourquoi ? Parce qu’ils vivent en paix sur la quasi-totalité du territoire. A l’Ouest et au centre de Caracas, habités par la majorité populaire, pas de violences, pas de journalistes, pas de pixels pour la voix off : “Venezuela », « révolte », « répression”.

En rouge les zones qui subissent les violences de l'extrême droite. Les autorités vénézuéliennes sont actuellement à la recherche de trois bandes paramilitaires (liées aux AUC colombiennes)  infiltrées dans l'État de Carabobo. Ces mercenaires responsables de la majorité des atrocités en Colombie, sont financés par une alliance entre l'ex-président Uribe, le Département d'État US et leurs alliés de la droite radicale vénézuélienne.

Le médiamensonge de « la guerre civile au Venezuela« . En rouge les zones qui subissent les violences des groupuscules d’extrême droite. Les autorités vénézuéliennes sont actuellement à la recherche de trois bandes paramilitaires (liées aux AUC colombiennes) dans l’État de Carabobo. Infiltrés en nombre croissant après la mort de Hugo Chavez et la victoire de Nicolas Maduro aux élections présidentielles de 2013, ces mercenaires, coupables de la majorité des atrocités en Colombie, sont financés par l’ex-président Uribe, le Département d’État US et leurs alliés de la droite radicale vénézuélienne.

On a montré des marches de l’opposition, parties des quartiers riches. Mais sous le vernis obligé de slogans “sociaux” ou “populaires” il n’y a que le triple désir de ceux qui n‘acceptent pas la défaite électorale : économie privatisée, apartheid social, obéissance aux États-Unis. Dans le même temps, les médias ont caché les mobilisations des travailleurs pétroliers, des étudiants bolivariens, des mouvements de femmes, des fédérations paysannes, des personnes âgées, des organisations communales, des communicateurs populaires, des médecins intégraux comunautaires pour défendre la poursuite du programme choisi par la majorité. Occultées, les mesures prises lors des rencontres entre ces collectifs sociaux et le gouvernement pour refinancer le système des hôpitaux publics, les projets portés par les organisations comunales, les allocations sociales ou la production agricole. Rien sur les centaines de millions de bolivars destinés à concrétiser les objectifs approuvés par les électeurs et le fait que 80 % des étudiants et des travailleurs du secteur universitaire suivent les cours et travaillent normalement. Sur 67 universités publiques, seuls 5 conseils universitaires se sont prononcés en faveur de la suspension des cours.

Nicolas Maduro, le 10 mars, lors de la remise de diplômes à 2500 nouveaux médecins intégraux communautaires. Actuellement on compte 20 mille 538 étudiant(e)s de cette carrière dans six universités nationales. Le président a annoncé la récupération de 24 hôpitaux publics et un budget de 1492 millions de bolivars pour la construction et la réparation de centres de santé de la mission "Barrio Adentro".

Nicolas Maduro, le 10 mars, lors de la remise de diplômes à 2500 nouveaux médecins intégraux communautaires. Actuellement on compte 20 mille 538 étudiant(e)s de cette carrière dans six universités nationales. Le président a annoncé la récupération de 24 hôpitaux publics et un budget de 1492 millions de bolivars pour la construction et la réparation de centres de santé de la mission « Barrio Adentro ».

Le 9 mars à Caracas, Maduro rencontre des mouvements communaux venus de tout le pays et annonce l’octroi de 2400 millions de bolivars pour qu’ils puissent réaliser leurs projets socio-productifs ou de construction de logements.

Le 9 mars à Caracas, Maduro rencontre des mouvements communaux venus de tout le pays et annonce l’octroi de 2400 millions de bolivars pour qu’ils puissent réaliser leurs projets socio-productifs ou de construction de logements.

12 mars, à Caracas. Marche des étudiants du milieu populaire pour défendre les institutions démocratiques face aux violences de l'extrême droite.

12 mars, à Caracas. Marche d’étudiants de milieu populaire pour défendre les institutions démocratiques face aux violences de l’extrême droite.

71-540x367Une des impasses auxquelles a mené l’uniformisation médiatique à partir des années 80 est que l’Amérique Latine n’apparaît plus que dans la fragmentation humanitaire, éphèmère (victimes indigènes, drames humains, écologiques, etc..) ou lorsqu’un pic de désinformation épouse un programme de déstabilisation (comme celui qui vient d’échouer). Hors de ces instants et de ces “morts sur commande”, les 99 % du temps et les 99 % de l’espace d’un continent restent hors de portée de l’occidental.

Si les médias renouaient le lien avec les intérêts des citoyens, redevenaient attentifs à ce que “le peuple discute avec le peuple” (Sartre, fondant “Libération”), ils informeraient sur ce qui fait qu’ici, le mot “politique” retrouve son sens alors qu’il indiffère la majorité des occidentaux. La construction d’un État participatif au Venezuela n’attire pas micros et caméras. Elle apporte pourtant les clefs : enjeux et contradictions d’une révolution pacifique face à des obstacles tels que la déflagration urbaine post-pétrolière (qui porte plus à l’isolement du consommateur qu’á la production et à la solidarité) ou l’hégémonie des médias privés (qui dénigrent la sphère publique).

Il y a quelques jours, au cours d’une réunion de l’Organisation des États Américains (OEA), jusqu’ici soumise aux États-Unis, 29 pays ont voté une déclaration de solidarité avec les efforts de paix du gouvernement Maduro – seuls les États-Unis, le Canada et Panama ont voté contre.

Salvador Sanchez Ceren, nouveau Président de la République du Salvador.

Salvador Sanchez Ceren, nouveau Président de la République du Salvador.

Avec les positions de l’UNASUR, de l’ALBA, de la CELAC et du MERCOSUR le Venezuela compte sur une unité qui fait son chemin : dimanche, le Salvador a élu président Salvador Sanchez Ceren, plus à gauche que son prédécesseur, et désireux d’adhérer à l’ALBA. 

Michelle Bachelet : "nous n'appuierons jamais un mouvement qui cherche à renverser par la violence un gouvernemet élu librement et démocratiquement"

Michelle Bachelet : « nous n’appuierons jamais un mouvement qui cherche à renverser par la violence un gouvernement élu librement et démocratiquement »

La nouvelle présidente du Chili, Michelle Bachelet, a annoncé le 7 mars “son soutien sans restrictions au gouvernement bolivarien du Venezuela” et son refus “d’appuyer des initiatives contraires au verdict des urnes ou des actions violentes visant à déstabiliser un gouvernement démocratiquement élu”.

Rafael Correa, Président de l'Équateur

Rafael Correa, Président de l’Équateur

C’est à Santiago du Chili que s’est réunie l’UNASUR ce 12 mars pour manifester son appui au gouvernement vénézuélien et comme l’a expliqué le président Correa, “pour prendre position sur base de la vérité, et la vérité est que c’est le gouvernement légitime du Venezuela qui est persécuté, que Nicolas Maduro est humaniste, qu’il ne serait jamais capable de réprimer son peuple, et qu’on tente de le déstabiliser”.

T.D., Caracas, 12 mars 2014

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/12/comprendre-la-defaite-dun-coup-detat-et-des-medias-internationaux/

«Gouvernement dans la rue» et «révolutions dans la révolution» : Nicolas Maduro commence à gouverner

Alors que les médias occidentaux prennent leurs désirs pour la réalité («chavisme affaibli, divisé, fragilisé», etc…), la remobilisation populaire – pacifique – et l’unification diplomatique de l’Amérique Latine face à la tentative de coup d’État ont accompagné le président Nicolas Maduro pour sa prise de fonctions, ce 19 avril 2013.

Lors de la session spéciale de l’Assemblée Nationale, en présence de chefs d’État, musiciens et  mouvements sociaux venus du Venezuela, d’Amérique Latine et du monde entier, Maduro a dénoncé le black-out médiatique sur les victimes des commandos de l’opposition, et rappelé leurs noms : José Luis Ponce, Rosiris Reyes, Ender Agreda, Henry Manuel Rangel, Keler Enrique Guevara, Luis García Polanco, Rey David Sánchez, Jonathan Antonio Hernández Acosta, Johny Pacheco, en demandant que ces meurtres ne restent pas impunis.

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La mère de Luis García (24 ans) assassiné le 15 avril à Maracaibo.

Le gouvernement bolivarien et plusieurs députés dissidents de l’opposition avaient, dans les semaines précédant l’élection, dénoncé les préparatifs de la déstabilisation violente et notamment l’infiltration de paramilitaires et les réunions à l’ambassade des États-Unis. Les médias privés, radios, télévisions et journaux d’opposition, majoritaires au Venezuela, gardent aujourd’hui le silence sur ces victimes, comme si elles n’avaient jamais existé. L’ONG de «défense des droits de l’homme» PROVEA, puisant ses informations dans le journal d’opposition « el Nacional », les attribue… à la pègre.

« Comme les nazis dans les années trente »

Le président a rappelé que «toute proportion gardée, la haine de la droite contre les centres de santé intégraux installés dans les quartiers populaires et contre les médecins cubains qui y travaillent avec les nouveaux médecins intégraux vénézuéliens, rappelle celle des nazis dans les années trente en Allemagne. Ce sont les mêmes prémisses qui consistent à exclure, à nier le droit de vivre de l’Autre, à l’époque celui du peuple juif, qui ont justifié l’Holocauste. C’est le même visage qui pointe derrière le racime social d’aujourd’hui.

«Peu m’importe la haine de l’oligarchie. A cette oligarchie, à ces médias qui haïssent le peuple, qui réactivent la haine du coup d’État de 2002, qui ont poussé à l’assassinat de huit des nôtres, qui me traitent de «chien colombien» parce que ma mère est d’origine colombienne, je leur crie du fond de mon coeur : Chávez est vivant, la lutte continue et vivra pour toujours ! Il y a parmi nous trois millions de colombiens qui avant la révolution se faisaient exploiter faute de papiers, et nous les avons régularisés, nous sommes historiquement un même et seul peuple : les peuples colombien et vénézuélien !

«Nous n’avons jamais appartenu et nous n’appartiendrons jamais à une élite.

«Aujourd’hui notre capacité d’agir et notre force se sont multipliées : un peuple et un État ont su faire face à une campagne de déstabilisation organisée de longue date. Nos forces armées sont loyales au peuple et ne sont plus l’instrument répressif d’il y a 15 ans. Le peuple s’est organisé en conseils communaux. 20 gouverneurs bolivariens sur 23 ont été élus en décembre dernier et nous voyons grandir chaque jour un puissant mouvement culturel, le monde des artistes, des musiciens, des cinéastes, il faut continuer à revitaliser la culture populaire.

«Nos racines spirituelles plongent dans la rébellions des lutteurs de la première indépendance d’il y a deux siècles, Miranda, Bolívar, Rodríguez, et la lutte pour l’indépendance est la même aujourd’hui, nous venons de la révolution sandiniste, de la révolution salvadorienne des année 80, de la révolution cubaine et de toutes les alternatives de la gauche actuelle. Aujourd’hui, tout autour de nous, nous comptons sur des forces unitaires comme celle de l’UNASUR (3) qui dans sa diversité idéologique – droite, gauche, centre-droit, centre-gauche, réussit à trouver un terrain d’entente commune pour défendre la démocratie, et au fil des épreuves qui ont eu lieu ces dernières années, au fil des tentatives de déstabilisation, a su réagir, réaffirmer, construire, ce que j’appellerais un patrimoine démocratique.

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« révolutions dans la révolution »

«Je vous invite à mener plusieurs révolutions dans la révolution. Nous allons d’abord réaliser et approfondir le « Plan Patria » 2013-2019 en cinq objectifs, qui est l’héritage que nous a apporté le président Chavez (1). Entre 2005 et 2006 quand j’étais député j’ai participé au lancement du «parlementarisme de rue», un phénomène important, suivi de l’étape du «peuple législateur» grâce auquel les citoyen(ne)s présentent leurs propres projets de lois (2). Aujourd’hui nous allons amplifier ce mouvement de participation à travers « le gouvernement dans la rue« .

«Dès lundi, je vais parcourir le pays avec les ministres, nous allons écouter tout le monde, écouter les critiques, les critiques et les solutions car la population dans les quartiers, les travailleurs dans les centres de production, sont les premiers experts de la réalité. Pour que l’économie fonctionne, pour que les aliments ne soient plus accaparés, pour faire face à la guerre économique, aux sabotages, à la mafia du dollar parallèle, nous allons viser l’efficacité socialiste à tout prix, combattre la corruption, la bureaucratie, l’indifférence, le travail mal fait de personnes qui se déguisent en révolutionnaires, se coiffent d’un béret rouge «chaviste» pour mieux se moquer du peuple. Nous allons renforcer toutes les missions, et créer les micro-missions, collectifs locaux chargés de résoudre chaque problème local des missions nationales. Contre la corruption, nous allons aussi créer un corps secret d’enquêteurs.

«80 % des vénézueliens considèrent à juste titre – et c’est un fait constant en Amérique Latine – que le problème principal est l’insécurité. Après les premiers pas déjà accomplis – la création de la nouvelle police nationale bolivarienne, et d’une université intégrale pour la former en permanence, il nous faut travailler avec le «mouvement pour la vie et pour la paix» (3) dans les quartiers et la main dans la main avec les secteurs populaires.

«Nous allons relancer la mission «Barrio tricolor» (quartier tricolore), accélérer la construction de logements dans les quartiers pour qu’ils deviennent les plus beaux, pour une qualité de vie maximale. Cet effort sera complémentaire de la Grande Mission Logement (4) avec un objectif de 3 millions de logements. Dès lundi, notre système national d’électricité deviendra stratégique avec un niveau maximal de sécurité, pour mettre fin aux coupures et aux sabotages qui ont eu lieu dans tout le pays. Nous allons multiplier la construction de centres de diagnostic intégraux, il y aura plus de santé gratuite pour l’ensemble de la population, partout. Ici comme ailleurs, je vais demander aux forces armées de s’intégrer davantage, d’apporter toute leur aide dans ces projets sociaux. De même que les travailleurs doivent être plus présents dans la planification des objectifs de l’économie.

«Notre objectif pour 2019, c’est zéro pauvreté, zéro misère. Mais augmenter la puissance des facteurs productifs de tout le pays, notamment en multipliant les investissements Sud-Sud, surmonter la misère, n’est possible que dans le socialisme. Si nous ne dépassions pas le capitalisme, nous retomberions dans la fosse. C’est la grande révolution sociale de la démocratie, du pouvoir populaire, du mode de vie socialiste, car bien sûr tout est lié, la construction des conseils communaux, des communes, la vie syndicale et les organisations de travailleurs,  nous voulons le respect de la vie, de la solidarité, de la coopération, poursuivre une formation socio-politique critique, car si tout cet effort de conscientisation s’étiolait, la révolution mourrait. Tout cela ne sera possible qu’avec le peuple, à partir de lui.»

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Nicolas Maduro lors de sa prise de fonctions salue quelques uns des chefs d’État présents : Dilma Roussef, Raul Castro et Cristina Fernandez. Pour la présidente argentine, “c’est le premier président chaviste, ouvrier. Dieu, quel continent que le nôtre ! c’est ça, l’Amérique Latine. J’ai vu à Caracas de nombreux logements en construction. Nous devons stopper la haine, la xénophobie des minorités violentes.»

Depuis Brasilia, le Mouvement des Travailleurs Sans Terre qui a organisé le « campement national Hugo Chavez » pour exiger la reprise de la réforme agraire au Brésil, a déclaré par la voix du membre de la Coordination Nationale Alexandre Conceiçao : «la démocratie vénézuélienne a choisi Maduro pour présider le pays. Les actes contraires à cette reconnaissance sont un attentat contre la souveraineté du peuple vénézuélien et concernent toute l’Amérique Latine et les Caraïbes.»

Campement « Hugo Chavez » organisé par le Mouvement des Sans Terre, Brasilia.

CCS-200413-024

Thierry Deronne, Caracas, 20 avril 2013,

avec AVN, Ciudad Caracas Info, Correo del Orinoco.

Notes :
  1. « Ce que va faire la révolution bolivarienne de 2013 à 2019 » , https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/
  2. Sur les lois d’initiative populaire, https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/04/au-venezuela-la-marche-vers-la-democratisation-des-medias/
  3. Sur la création du Mouvement pour la Paix et pour la Vie, voir http://www.avn.info.ve/contenido/maduro-exhort%C3%B3-grupos-armados-pasarse-al-movimiento-paz-y-vida
  4. « Quand s’éloigne le bruit de la pluie sur les toits de carton », https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/12/17/quand-seloigne-le-bruit-de-la-pluie-sur-les-toits-de-carton/
  5. « A Brasilia, le campement national Hugo Chavez exige la reprise de la réforme agraire », https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/23/a-brasilia-le-campement-paysan-national-hugo-chavez-exige-la-reprise-de-la-reforme-agraire/

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/20/gouvernement-dans-la-rue-et-revolutions-dans-la-revolution-nicolas-maduro-commence-a-gouverner/

Défaite de la tentative de coup d’État. L’ex-président Lula critique l’ingérence des États-Unis dans les élections vénézuéliennes.

Comme on le sait, dans les premières heures qui ont suivi l’annonce de la victoire du bolivarien Nicolas Maduro, des militants de l’ex-candidat de droite Capriles Radonski (1) ont obéi à sa consigne de descendre dans la rue pour libérer leur rage. Bilan : onze citoyen(ne)s assassiné(e)s, dont deux bénéficiaires de la Grande Mission Logement résidant dans une municipalité de droite (Baruta) et 63 blessés (2) ; des permanences du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV), 25 centres de diagnostic intégral (centres de santé populaire gratuits), des médias communautaires, des centres d’approvisionnement populaire (réseau Mercal), des sièges régionaux du Conseil National Électoral, ainsi que des domiciles de fonctionnaires publics ont été attaqués ou incendiés.000_Mvd6515988 Cette violence imprégnée de racisme social a bénéficié de la complaisance des médias privés vénézuéliens, majoritaires au Venezuela, qui invisibilisent ces victimes (2) et de leurs relais – les grands médias internationaux  – comme lors du coup d’État contre le président Zelaya (Honduras), le 28 juin 2009 ou du coup d’État contre Hugo Chavez le 12 avil avril 2002. L’ONG de « défense des droits de l’homme » PROVEA, puisant ses informations dans les médias de droite, attribue ces assassinats… à la pègre.

Sur le plan national, une frange d’électeurs qui avait voté pour Capriles s’est démarquée de sa stratégie meurtrière, déjà utilisée par lui lors du coup d’État de 2002, et ont manifesté leur indignation face aux assassinats (3). En tout état de cause, la majorité de la population n’a pas suivi, poursuivant ses activités quotidiennes ou se mobilisant pacifiquement pour défendre le verdict des urnes.

Les conseillers en communication de Capriles s’étaient efforcés ces mois derniers de lui créer un new look social, démocratique, sur le principe du mimétisme avec la révolution chaviste, le rhabillant en « Lula vénézuélien » qui allait maintenir les missions sociales et avait même remercié les médecins cubains. En France, le journal « Le Monde » avait fait de Capriles « un avocat élégant, social-démocrate » (sic). Ce travail cosmétique est aujourd’hui réduit à néant et le candidat néo-libéral semble s’en rendre compte en décommandant de nouvelles manifestations. Des informations concordantes évoquent à présent l’intention de Radonski de monter un « auto-attentat » pour continuer à alimenter les médias internationaux. Alors qu’il dénonce une « fraude » face aux caméras du monde entier, il n’a effectué aucune impugnation ni demandé de recomptage auprès du Centre National Électoral. C’est le CNE qui a décidé lui-même, le 18 avril, d’étendre l’audit effectuée sur 54 % des bureaux de vote (vérification statistique déjà suffisante et de loin supérieure à celle de tout autre pays) aux 46 % restants. Le scrutin a été validé par les observateurs internationaux dont ceux de l’UNASUR, ou de l’UNIORE.

L’ex-président Lula a critiqué l’ingérence états-unienne dans les élections au Venezuela.

Sur le plan international, l’ensemble des gouvernements, du Brésil à la Russie, de la France à la Chine, a pleinement reconnu Nicolas Maduro comme président constitutionnel du Venezuela (les BRICS, le Mouvement des Non Alignés, le MERCOSUR, l’UNASUR dont les 12 pays latino-américains se réunissent ce jeudi 18 avril à Lima pour appuyer le président Maduro). Les derniers alliés de la droite vénézuélienne (à l’OEA et en Espagne) ont été obligés de suivre la communauté internationale et de reconnaître la victoire du candidat bolivarien. Le gouvernement des États-Unis se retrouve isolé dans son refus de reconnaître la décision des électeurs. Depuis l’Allemagne, le président équatorien Rafael Correa a condamné les actes de violence perpétrés par la droite de Capriles Radonski : ce fut toujours la stratégie de la droite vénézuélienne avec le soutien de groupes nationaux et étrangers d’obtenir un vote serré pour pouvoir remettre en cause les élections et jouer la carte de la déstabilisation. Evo Morales a félicité les « frères vénézuéliens qui ont réussi à déjouer une nouvelle tentative de coup d’État » et a lu publiquement le récent message du gouvernement des États-Unis exprimé par le secrétaire d’État John Kerry, selon lequel « le continent latino-américain est notre arrière-cour, il est critique pour nous« . Pour le président bolivien ce message présage de nouvelles tentatives de coups d’État. L’ex-président Lula, qui a félicité Nicolas Maduro, a déclaré : quand on occupe des fonctions présidentielles il y a des choses qu’on ne peut pas dire, par diplomatie, mais aujourd’hui je peux les dire : de temps en temps les États-Unis s’ingèrent dans les élections organisées dans un autre pays. Ils devraient s’occuper de leurs affaires et nous laisser choisir notre destin.

Durant l’inauguration ce mardi 16 avril du nouvel hôpital public « Cipriano Castro » dans l’état d’Aragua, le président Maduro a accusé les États-Unis de financer la déstabilisation de la démocratie : “j’ai dit au peuple : « patience », il ne peut y avoir d’affrontement du peuple contre le peuple. C’est ce que veut la droite pour justifier une intervention états-unienne au Venezuela.« 

Le nouvel hôpital, situé dans le quartier populaire San Vicente de la municipalité de Maracay, habité majoritairement par des familles ouvrières, est équipé d’une technologie de pointe dans les aires d’urgence, de pédiatrie, de chirurgie. Les soins sont totalement gratuits. Le même jour deux autres Centres de Diagnostic Intégral ont été inaugurés à La Vega (quartier populaire de Caracas)  et dans la municipalité de La Victoria (État d’Aragua). Le CDI de La Vega est le trente-huitième de la capitale et sera ouvert 24 heures sur 24. Le second met à la disposition des habitants des salles d’hospitalisation, de thérapie intensive, de chirurgie, d’ophtalmologie, endoscopie, cardiologie, échographie, radiologie et traumatologie : « c’est la santé dans le socialisme, telle que l’établit la constitution bolivarienne : un système de santé publique et gratuite tels que nous l’avions rédigé en tant que députés constituants en 1999 » a déclaré Maduro avant d’annoncer pour lundi des « mesures radicales pour résoudre les problèmes du système électrique national » et le démarrage du « gouvernement dans la rue », à l’écoute des critiques et des propositions des mouvements sociaux. « Les missions éducatives seront revitalisées, le travail avec les conseils communaux, la Grande Mission Logement, pour connaître non seulement l’aspect quantitatif mais aussi, sur le terrain, comment améliorer la qualité« .

Le vendredi 19 avril, pour sa prise de fonctions officielle, le nouveau président du Venezuela sera accompagné par l’ensemble des chefs d’État de l’Amérique Latine et d’autres mandataires internationaux , ainsi que par une importante mobilisation des électeurs bolivariens.

Thierry Deronne, Caracas, avril 2013.

avec Ciudad Caracas Info

Notes :

  1. Comme lors des coups d’État au Paraguay ou au Honduras, il faut y ajouter des éléments financés de manière occulte par la droite radicale (réseaux de délinquants liés aux mafias de la drogue, mercenaires étrangers – notamment salvadoriens et états-uniens, paramilitaires colombiens liés à l’ex-président Uribe, etc..).
  2. Le vendredi 19 avril un escadron de la mort a exécuté un neuvième citoyen dans la muncipalité de Baruta.
  3. Sur la domination des médias privés au Venezuela : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-14-Medias-et-Venezuela
  4. Le journaliste Maurice Lemoine rappelle que « le 26 mars dernier, trois députés de droite, MM. Ricardo Sánchez (suppléant de Mme María Corina Machado), Andres Avelino (suppléant de M. Edgar Zambrano) et Carlos Vargas (suppléant de M. Rodolfo Rodríguez), ont retiré leur appui à M. Capriles en dénonçant l’existence d’un plan élaboré par la MUD pour rejeter les résultats émis par le CNE lors de l’élection du 14 avril et orchestrer une période de violence dans le pays. » Lire « Venezuela : victoire du « chavisme sans Chavez« , http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-04-17-Venezuela

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/17/defaite-de-la-tentative-de-coup-detat-lex-president-lula-critique-lingerence-des-etats-unis-dans-les-elections-venezueliennes/

Version italienne : http://aurorasito.wordpress.com/2013/04/19/venezuela-sconfitto-il-tentativo-di-colpo-di-stato/

Ce que va faire la révolution bolivarienne de 2013 à 2019

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Célébration de la victoire, 14 avril 2013, Caracas.

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Le programme révolutionnaire (socialiste, écologique, participatif, basé sur les concepts de souveraineté et de politique étrangère multipolaire) proposé par Nicolas Maduro a été approuvé par 50,7 % des électeurs ce 14 avril 2013, contre 48,9 % au programme néo-libéral du candidat Henrique Capriles Radonski. La victoire de ce programme inconnu des citoyens occidentaux frappe d’autant plus que les médias privés du Venezuela et leurs relais internationaux ont fabriqué depuis quatorze ans l’image du “dictateur Chavez”. Pourtant, en l’absence de celui-ci et malgré l’usure de quatorze ans de pouvoir, la majorité des citoyens s’est mobilisée pour confirmer dans les urnes le programme débattu publiquement depuis juillet 2012, qui avait valu sa victoire à Hugo Chavez en octobre 2013 et qui a constitué le coeur de la campagne présidentielle de Nicolas Maduro. Alors que le candidat de la droite appuyé par les médias privés fait campagne depuis trois scrutins et a disposé de plus de temps pour construire son plancher électoral, Nicolas Maduro n’a eu que quelques semaines pour mener sa première campagne au contact de la population.

Près de 19 millions d’électeurs pouvaient voter et, bien que le vote ne soit pas obligatoire, la participation a été massive (79,8 %). Ce scrutin, comme les 16 autres qui l’ont précédé depuis le début du processus révolutionnaire, a été suivi par 173 observateurs internationaux accrédités par le Conseil National Électoral (CNE) : l’Union des douze Nations Sud-américaines (UNASUR), l’Union Interaméricaine des Organismes Électoraux (UNIORE), le MERCOSUR et le Centre Carter, notamment. Nicolas Maduro a été proclamé officiellement président de la république ce lundi 15 avril par le Centre National Électoral. Les résultats définitifs sont publiés sur le site du CNE :  http://resultados.cne.gob.ve/resultado_presidencial_2013/r/1/reg_000000.html

Du côté de la droite, le scénario se répète : le candidat Capriles Radonski, qui avait participé activement au coup d’État du patronat et de généraux made in CIA contre Chavez en avril 2002, refuse de reconnaître le verdict des urnes et appelle au coup d’État, allumant ici et là des foyers de violence avec l’aide des mêmes  « puissances étrangères » et des mêmes médias. Des centres de santé populaire, un siège du Parti Socialiste Uni du Venezuela ont été détruits, plusieurs personnes ont été assassinées par des commandos d’extrême-droite. Le gouvernement bolivarien, sans tomber dans la provocation,  s’est attelé dès ce lundi à défendre la constitution, à empêcher la violence d’interrompre le cours de la démocratie, et à réaliser son programme pour résoudre les problèmes économiques, sociaux définis durant la campagne, avec l’appui de 20 sur 23 gouverneurs, une majorité de maires et de députés, et de nombreux espaces de démocratie participative.

Comme le dit José Roberto Duque, « Si l’état communal que nous sommes à peine en train de formuler, de discuter et de construire maladroitement à travers des processus et des expériences locales et pour l’heure isolées, se convertit en forme de vie et de participation citoyenne, là oui ce sera la révolution. Cela sera, oui, l’héritage de Chavez, ce sera aussi notre fierté. Nous, formés, moulés par les codes bourgeois, dans des écoles bourgeoises et dans une manière de nous relier absolument bourgeoises, nous aurons démontré que nous pouvons nous faire violence, faire échouer notre être égoïste, individualiste, consommateur et médiocre, pour mériter l’épithète de génération révolutionnaire. La mauvaise nouvelle est que nous, les vénézuéliens vivants, ne saurons jamais si on se souviendra de nous de cette manière. Je le regrette. L’histoire est pleine de personnes qui n’ont pas mesuré la taille de leur contribution à l’humanité« . (1)

Pajarito

« J’ai voté pour Maduro ! Mission accomplie ». Face au dénigrement de Maduro par les médias comme « simple chauffeur d’autobus » (allusion à sa trajectoire de syndicaliste du transport), l’humour populaire a rendu la politesse.

morales_evoParmi les félicitations des présidents du monde entier, celle du président Evo Morales : « cette victoire montre que face à la soumission, face au pillage du capitalisme et de l’impérialisme, les peuples se manifestent démocratiquement« .

Depuis l’Équateur Rafael Correa a déclaré : “Gloire au peuple courageux qui a vaincu le joug ! Félicitations Président imagesMaduro. Commandant Chávez : le Venezuela ne retournera jamais au passé ! »

L’ensemble des présidents latino-américains seront présents à la prise de fonctions de Maduro, ce vendredi 19 avril 2013.

Le seul fait que le Venezuela bolivarien, système “excessivement démocratique” selon l’ex-président Lula, avec sa surdose de processus électoraux et la participation citoyenne aux dizaines de milliers de conseils communaux, puisse être dépeint comme un régime autoritaire démontre que les médias privés et leurs copies publiques ne défendent plus le droit des citoyens à l’information. Certes, cette propagande prend de moins en moins dans les secteurs populaires en Occident, et éveille des soupçons grandissants chez ceux qui ont compris le rôle des médias dans le maintien de l’ordre néo-libéral mondial.

Mais ni Facebook, ni les blogs ne suffiront à contrebalancer l’image du monde transmise par les médias de masse. Par exemple, la gauche occidentale ferme les yeux sur des guerres coloniales, sur des bombardements humanitaires ou laïcs de populations civiles ou sur des coups d’Etat téléguidés, parce qu’elle n’ose pas affronter les justifications démocratiques diffusées par ces médias et qu’elle préfère y soigner son image de marque. Les citoyens occidentaux ont devant eux une tâche urgente : démocratiser et répartir les ondes de radio et de télévision pour garantir la libre expression des mouvements sociaux, pour briser la colonisation du service public par la logique des médias privés et par le dogme du libre marché et pour que les citoyens puissent comprendre ce qui se passe dans le reste du monde.

L’Argentine l’a déjà fait en légiférant pour offrir un tiers des ondes radiophoniques et télévisées au service public, un tiers aux entreprises privées, un tiers aux associations citoyennes. En Equateur, en Bolivie, ou au Venezuela, la démocratisation des ondes avance plus lentement – ces pays vivent encore sous la domination médiatique de grands groupes économiques privés anti-État, anti-mouvements sociaux (2). Alors que ce thème était jusqu’ici tabou au Brésil, le Parti des Travailleurs et la principale centrale syndicale du pays, la CUT, évoquent pour la première fois publiquement la nécessité d’en finir avec la dictature du monopole privé incarné par TV Globo et toute sa chaîne de journaux, livres, revues, etc.. (3). Quelque chose s’est mis en mouvement en Amérique Latine. Mais démocratiser les ondes dans une seule partie du monde ne suffira pas s’ils restent monopolisés par de grands groupes privés ailleurs.

En Occident, il ne s’agit pas seulement de légaliser et de multiplier les médias citoyens et de refinancer le service public, mais aussi de revenir à une formation intégrale, universelle et critique des journalistes, qui les libèrera de la Fin de l’Histoire, leur rendra le sens original d’un métier qui passe par une véritable rencontre avec l’Autre, par le respect de son Histoire, de son droit d’élire qui il veut, et d’être entendu dans ses propositions. Ce qui implique de restaurer une logique de production où le temps est premier : le temps de voyager, de sortir des hôtels et des conférences de presse, le temps d’écouter, de se former, de comprendre et de découvrir tout qu’on ne savait pas, tout ce qu’on ne comprenait pas.

Sans cela, comment un journaliste européen pourra-t-il comprendre la rébellion vivante dans les gènes des vénézuéliens, ces métis qui n’ont jamais obéi à aucune capitainerie générale du royaume d’Espagne, et qui ne sont plus prisonniers du présent médiatique, mais ont un pied dans le passé et l’autre dans le futur ? Ou que la révolution au lieu de se militariser comme l’annonçaient les médias il y cinq ou dix ans, vient d’élire un président civil et que les médias privés, majoritaires, font librement campagne contre lui ? Ou ce qui pousse des voyageurs du monde entier à chercher à Caracas un sens aux mots démocratie, socialisme, politique ?

Nous publions une synthèse des 70 pages du programme choisi par les électeurs.

Dans beaucoup de pays la “gauche” gouvernementale s’est vidée de tout programme pour se muer en agence de casting et fournir des “évènements” quotidiens aux médias. Les bolivariens, eux, tiennent leurs promesses et ont ouvert le chantier infini de la transformation de la vie. “Ne nous y trompons pas : la formation socio-économique qui prévaut encore au Venezuela est de caractère capitaliste et rentier. Le socialisme commence à peine à imposer sa propre dynamique interne parmi nous. Ce programme est fait pour le fortifier et l’approfondir, en radicalisant la démocratie participative. Nous partons du principe qu’accélérer la transition au socialisme bolivarien du XXIème siècle passe nécessairement par l’accélération de la restitution du pouvoir au peuple. C’est sa condition indispensable. Le présent programme s’efforce d’exprimer la volonté des majorités populaires, mais nous avons beau vouloir figer celle-ci dans des mots, nous savons que cela est totalement insuffisant. C’est pourquoi, à partir de ce jour, nous voulons que ce texte soit le sujet du débat le plus large et le plus libre pour qu’il soit prolongé, biffé, amendé, corrigé, complété et enrichi, pour que ce deuxième Plan Socialiste de la Nation soit une oeuvre éminemment collective, comme il se doit en temps de révolution.” (Introduction du programme par Hugo Chavez, juin 2012).

Thierry Deronne, Caracas, avril 2013.

Programme de gouvernement pour 2013-2019.

Premier objectif :Défendre, étendre et consolider le bien le plus précieux que nous ayons reconquis depuis 200 ans : l’indépendance Nationale.”

INFOGRAFÍA obj 1Exemples de quelques mesures prévues :

Renforcement et expansion du Pouvoir Populaire pour que le peuple soit le pouvoir. Préserver, récupérer et avancer dans les espaces de gouvernement régional et local pour approfondir la restitution du pouvoir au peuple. Continuer à construire l’hégémonie en matière de communications, pour qu’au Venezuela, on écoute toutes les voix. Maintenir et garantir le contrôle de l’Etat sur Pétroles de Venezuela S.A. Garantir l’hégémonie de la production nationale de pétrole. S’assurer une participation majoritaire dans les entreprises mixtes. Maintenir et garantir le contrôle de l’Etat sur les entreprises d’état qui exploitent les ressources minières sur le territoire national.
Promouvoir et stimuler la recherche scientifique et le développement technologique dans le but d’assurer les opérations intermédiaires de l’industrie pétrolière. Renforcer la coordination des politiques pétrolières au sein de l’OPEP. Impulser des mécanismes pour la juste valorisation du gaz. Elever la conscience politique et idéologique du peuple et des travailleurs du pétrole et du secteur minier , ainsi que sa participation active dans la défense des ressources naturelles de la nation. Impulser la participation des travailleurs dans la planification des activités de l’industrie pétrolière. Consolider et approfondir les instances de participation politique du peuple et des travailleurs du pétrole et des mines. Impulser et promouvoir une initiative de coordination entre les grands pays pétroliers.
Garantir l’utilisation des ressources naturelles du pays, souverainement, pour la satisfaction des demandes internes ainsi que son utilisation en fonction des plus hauts intérêts nationaux. Etablir et développer un régime fiscal minier, comme mécanisme de récupération efficace de recouvrement des revenus de l’activité minière.
Projets de développement social, notamment via la convention Chine-Vénézuéla : logements, hôpitaux et centres médicaux. Projets de développement énergétique tels que raffineries, usines de production de gaz naturel, de pipelines et de gazoducs, usines de gaz liquide, projets d’extraction, transport et commercialisation du charbon, etc.. Cette politique a permis de nous rendre indépendants des organismes financiers multilatéraux comme le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale (BM) et la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Fortifier et amplifier les accords de coopération énergétique. Renforcement des accords dans le cadre de Petrocaribe pour contribuer à la sécurité énergétique, au développement socio-économique et à l’intégration des pays des Caraïbes et de l’Amérique Centrale par l’emploi souverain des ressources énergétiques. Renforcement de l’ALBA.
Souveraineté alimentaire pour garantir le droit sacré de notre peuple à l’alimentation. Développer notre potentiel de production agricole. Augmenter la surface agricole irriguée de 178 000 ha jusqu’à 538000 ha irrigués en 2019, ce qui représente une augmentation de 202%. Accélérer la démocratisation de l’accès , pour les paysans, les producteurs et les différentes collectivités et entreprises socialistes, aux ressources nécessaires (terres, eau, arrosage, semences et capitaux) pour la production, en encourageant leur utilisation rationnelle et soutenable. Commencer la construction de 14 Maisons de Pêcheurs au niveau national dans les états de Carabobo, Aragua, Apure, Falcon, Nueva Esparta, Sucre, Miranda et Portuguesa. Créer et consolider les centres de distribution et de vente locale dans les grandes villes, vente et distribution directe de produits de consommation directe dont l’accès sera garanti à la population avec une rémunération juste du travail du paysan dans le but de développer le commerce d’exportation. Multiplication des réseaux de distribution socialiste Mercal, PDVAL, BICENTENARIO, marchés communaux et programmes de distribution gratuite. Renforcer et moderniser le système de régulation sociale d’état pour combattre l’usure et la spéculation dans l’achat et la distribution des aliments, étant donné son caractère de bien essentiel pour la vie humaine.
Mettre en place une politique d’exportation dans les pays des Caraïbes et au nord du Brésil. Donner un coup de pouce au développement et à l’utilisation de technologies pour les matières premières, réduisant les émissions nocives dans le milieu environnemental. Consolidation des espaces de participation citoyenne dans la gestion publique des aires thématiques et territoriales en rapport avec les sciences, la technologie et l’innovation. Consolider le déploiement des infrastructures éducatives du pays dans les centres universitaires, techniques, des médias et pour la formation pour le travail libérateur. Accroître la capacité défensive du pays avec la consolidation de la redistribution territoriale des Forces Armées Nationales Bolivariennes. Accroître la participation active du peuple pour consolider l’union civique et militaire. Renforcer et accroître le système de renseignements et de contre-espionnage militaire pour la défense intégrale de la patrie.

Deuxième objectif :Continuer à construire le socialisme bolivarien du XXIème siècle comme alternative au système destructeur et sauvage du capitalisme et ainsi, assurer la «plus grande sécurité sociale possible, la plus grande stabilité politique et le plus grand bonheur possibles» (Simón Bolívar) pour notre peuple.

INFOGRAFÍA obj 2Exemples de quelques mesures prévues :

Favoriser la démocratisation des moyens de production et impulser de nouvelles formes d’articulation de formes de propriété, en les plaçant au service de la société. Fortifier l ‘appareil productif national, en le modernisant technologiquement pour fournir la base matérielle en l’orientant vers le nouveau modèle du socialisme. Développer des modèles de gestion des unités de production basés sur l’inclusion, la participation des travailleurs et travailleuses, alignés sur les politiques nationales ainsi que sur une culture du travail qui s’oppose au rentisme du pétrole, en démontrant la structure d’ oligopole et de monopole existante. Assurer la formation collective dans les centres de travail en assurant son incorporation dans le travail productif, solidaire et libérateur. Augmenter durablement la production et la distribution de biens culturels au niveau national, à travers la production de 15.000.000 d’exemplaires du système massif de revues, et avec l’augmentation de 200% de la production de livres. Augmenter les infrastructures culturelles mises à la disposition du peuple avec la construction de 336 salles de bibliothèques, une par municipalité, avec le mobilier nécessaire à la lecture. Universaliser la sécurité sociale pour les artistes, les employés du secteur de la culture et les créateurs.
Rendre plus puissantes les expressions culturelles libératrices. Rendre visible l’identité historique et communautaire (Mision Cultura Corazon Adentro). Améliorer l’habitat et les infrastructures pour les peuples indigènes. Accélérer la délimitation territoriale de leurs espaces, à travers la remise de titres de propriété de terres aux communautés indigènes et de dotation de logements dignes à chaque famille indigène en situation de vulnérabilité, dans le respect de leurs choix culturels. Encourager la formation et le financement pour des unités socioproductives, avec le renforcement de 2345 conseils communaux et communes socialistes indigènes au moyen du financement de projets, dans le respect de leurs pratiques et de leurs formes d’organisation traditionnelles. Approfondir la participation politique et active des femmes dans le Pouvoir Populaire. Améliorer et construire des infrastructures pour les communautés pénitentiaires. Développer une politique intégrale de protection et de divulgation scientifique en relation avec la diversité biologique de notre pays, et en particulier en ce qui concerne nos Parcs, ainsi que les réservoirs d’eau de notre pays et ce qu’ils représentent pour la planète.
Renforcer la lutte contre ce qui détermine les conditions d’inégalité qui doivent être supprimées pour éradiquer l’extrême pauvreté. Etendre la couverture de l’inscription scolaire à toute la population. Développer l’éducation interculturelle bilingüe avec la participation des populations indigènes. Consolidation de la transformation universitaire autour de la formation intégrale, de la production intellectuelle et des liens sociaux qui garantissent le développement des capacités créatives et des capacités qui permettent de résoudre les problèmes prioritaires du pays. Renforcer le droit constitutionnel à l’éducation universitaire pour tous et toutes en augmentant les investissements, la poursuite et la dépense, au moyen de l’augmentation de 90% de l’inclusion des jeunes bacheliers au système d’éducation universitaire. Assurer la santé de la population à travers la consolidation du système public national de santé, sur la base de l’approfondissement de Barrio Adentro, du pouvoir populaire et de l’articulation de tous les niveaux du système de protection, de promotion, de prévention et de soin intégrala u service de la santé individuelle et collective. Assurer une alimentation saine et adéquate tout au long de la vie, en concordance avec les demandes de la Constitution concernant la Santé, la Souveraineté et la Sécurité Alimentaire, avec l’augmentation de la prédominance de l’allaitement Maternel Exclusif  jusqu’à 70%.
Renforcer 4500 magasins d’alimentation pour en faire des centres de formation et de soins nutritionnels. Consolider et agrandir le Réseau de Pharmacies Populaires sur tout le territoire national. Développer le Système Economique Communal avec les différentes formes d’organisation socio-productive : entreprises de propriété sociale, unités familiales, groupes d’échange solidaires et d’autres formes associatives pour le travail. Fortifier la base sociale du système d’économie communale. Développer le Pouvoir Populaire dans les entreprises de propriété sociale indirecte. Constitution de Conseils de Travailleurs et Travailleuses dans les entreprises de propriété sociale indirecte. Créer de nouvelles Grandes Missions dans des zones et sur des thèmes ou des problèmes prioritaires. Développer à partir des Grandes Missions, les systèmes d’accompagnement territoriaux pour transformer la vie des familles et des communautés en situation de pauvreté. Garantir la participation active du peuple organisé en ce qui concerne la formation, la transformation du modèle économique de production, la prévention et la protection sociale par les nouvelles instances de participation populaire comme les Conseils Communaux, les organisations de femmes, de jeunes , d’adolescents, d’indigènes, d’afro-descendants, d’étudiants, d’ouvriers et d’ouvrières, de paysans et de paysannes,  de travailleurs du transport, de professionnels, de petits et moyens producteurs et commerçants, associations de la diversité sexuelle, employés de la culture, écologistes, mouvements de villageois parmi beaucoup d’autres dans les sphères de la formation.
Accélérer la participation du peuple aux conseils communaux, groupes de bataille sociale, communes socialistes, cités communales, fédérations et confédérations communales pour le renforcement des possibilités d’action locales dans une perspective territoriale , politique, économique, sociale, culturelle, écologique,et de défense de la souveraineté nationale . De 2013 à 2016 : on développera l’organisation des 21 004 Conseils Communaux qui relieront 8.821.296 personnes (couverture totale de la population vénézuélienne). Le renforcement et l’accompagnement du Pouvoir Populaire dans la période 2013-2019 permettront la mise en conformité de 3 000 Communes Socialistes, selon des prévisions approximatives de 450 Communes, conformément à la démographie des axes de développement territorial. Ces Communes regrouperont 39 000 Conseils Communaux où vivront 4 680 000 familles , ce qui représente 21 060 000 citoyens. Garantir le transfert de compétences en ce qui concerne la gestion et l’administration de la chose publique à partir des instances institutionnelles régionales et locales vers les communautés organisées , les organisations de base et autres instances du Pouvoir Populaire comme stratégie de restitution totale du pouvoir au peuple souverain. Création de 3 000 Banques Communales qui serviront à consolider la nouvelle architecture financière du Pouvoir Populaire. Supprimer toutes les démarches inutiles demandées aux citoyens et aux citoyennes, pour réaliser des opérations légales avec l’Etat, ou pour obtenir des licences, des enregistrements, des diplômes, des certifications, etc…
Elaborer à partir de l’Etat une profonde et définitive révolution dans le système d’administration de la justice pour que cesse l’impunité, pour l’égalité et pour supprimer le caractère de classe et le caractère raciste dans son application. Poursuivre la transformation du Système Pénitentiaire. Activer le Système National de Soins aux Victimes. Garantir le droit et l’accès au libre exercice de l’information et de la communication véritable. Consolider la régulation sociale des moyens de communication en tant qu’outils pour le renforcement du Pouvoir Populaire en promouvant le Système National de Communication Populaire (radios, télévisions communales, journaux communautaires, environnementaux, personnels de l’environnement, ouvriers, jeunes, membres des partis, syndicalistes, paysans,entre autres) en tant qu’espace pour l’articulation de signifiants et de relations produites par la pratique de la communication sociale et humaine dans le but de transformer la réalité à partir du Pouvoir Populaire organisé. Actualiser et développer les plate-formes technologiques des moyens de communication en profitant du développement que représente la mise en arche de la Télévision Digitale Ouverte (TDA) qui permettra d’améliorer la qualité des transmissions.

Troisième objectif :Transformer le Venezuela en une puissance du point de vue social, économique et politique, à l’intérieur de la grande puissance naissante de l’Amérique Latine et des Caraïbes qui garantisse la création d’une zone de paix dans Notre Amérique.

INFOGRAFÍA obj 3Exemples de quelques mesures prévues :

Développer la capacité de production du pays en rapport avec les immenses réserves d’hydrocarbures conformément au principe d’exploitation nationale et de la politique de conservation des ressources naturelles épuisables et non renouvelables. Développer des projets pétrochimiques pour l’exploitation du gaz naturel, la production de carburants et dérivés de raffinage en les transformant en produits d’une plus grande valeur ajoutée. Renforcer et étendre la souveraineté technologique. Approfondir les stratégies de diversification des marchés du pétrole brut et des produits dérivés, avec l’objectif, pour 2019, de 2.200 MBD destinés aux pays asiatiques, 1.250 MBD vers l’Amérique Latine et les Caraïbes, 550 MBD vers l’Europe et 1,150 MBD vers l’Amérique du Nord. Renforcer et élargir le réseau électrique national. Diversifier les sources de production électrique en favorisant le recours au gaz naturel, au coke, et aux autres sources d’énergie. Développer l’utilisation efficace de l’électricité, en ayant recours à des sources alternatives et en développant le recours à la ressource éolienne. Approfondir les alliances politiques et économiques avec les pays qui ont un positionnement géostratégique favorable et dont les intérêts convergent avec ceux de notre nation, ce qui encouragera la construction d’un monde multipolaire.
Développer et adapter les Forces Armées pour le défense de notre Patrie. Consolider la coopération avec les pays frères en accord avec les exigences de la Défense Intégrale de la Patrie. Conserver et préserver les milieux naturels. Incorporer la reconnaissance de la Culture propre à chaque Peuple dans les processus de planification et de mise en valeur des territoires. Entretenir et étendre le réseau de routes, autoroutes et voies de raccordement qui relient les agglomérations grandes et moyennes sur toute l’étendue du territoire national et pour relier les zones industrielles aux zones d’exploitation des ressources. Améliorer l’état des routes dans les zones rurales et agricoles. Développer la seconde phase de la Grande Mission Logement Venezuela pour en finir définitivement avec la pénurie de logements récurrente. Renforcer la construction de logements dans les zones rurales pour améliorer les conditions de vie des familles paysannes. Poursuivre la construction de réseaux de distribution d’eau potable et d’assainissement des eaux usées dans les agglomérations encore dépourvues de ces services. Accélérer le Plan de distribution de gaz domestique. Développer l’usage des transports collectifs pour qu’ils l’emportent sur les transports privés.

Quatrième objectif :Contribuer au développement d’une nouvelle géopolitique internationale incarnant un monde multipolaire pour atteindre l’équilibre de l’univers (Simón Bolívar)et garantir la paix mondiale.

4Exemples de quelques mesures prévues :

Promouvoir le rôle d’avant-garde de l’ALBA dans le processus des changements en cours en Amérique Latine et les Caraïbes et dynamiser les nouveaux espaces tels que l’UNASUR et la CELAC. Renforcer le rôle du Système Unitaire de Compensation Régionale (SUCRE) et celui de la Banque de l’Alba dans la stratégie de complémentarité économique, financière, productive et commerciale de la zone. Renforcer le mécanisme de PETROCARIBE comme schéma de coopération énergétique et sociale solidaire. Assurer la participation active dans chacun des Conseils de UNASUR pour impulser des politiques et des actions bénéfiques pour les peuples de Notre Amérique. Impulser et renforcer la Communauté des États Latino-Américains et des Caraïbes (CELAC) comme mécanisme d’union de l’Amérique Latine et les Caraïbes. Développer les projets nationaux d’union économique avec les pays de l’ALBA et de complémentarité productive avec les pays du MERCOSUR. Renforcer la Banque du Sud en tant qu’institution visant l’intégration financière régionale. Consolider le rôle du Venezuela en tant qu’acteur d’une coopération solidaire, sans prétensions hégémoniques, et respectueux du principe de l’autodétermination de chaque peuple.
Développer le nouvel ordre latino-américain dans le domaine des communications en insistant sur les nouveaux systèmes et les nouvelles technologies de l’information et en développant de nouveaux outils de communication. Renforcer Telesur et lui assurer une plus grande présence régionale et mondiale. Développer les émissions de Radio du Sud comme outil de communication pour faire connaître les processus politiques en cours dans la région. Développer les réseaux de chaînes d’information alternatives et communautaires dans la région de même que les réseaux sociaux. Diffuser de façon permanente l’information véridique émise par les pays de l’ALBA et les pays alliés du Sud. Défendre la présence des miminorités ethniques et des peuples autochtones dans les organes décisionnels “notre-américains”. Développer le rapprochement et la coordination entre les nouveaux mécanismes de l’union latino-américaine et Caraïbes (ALBA, UNASUR, CEPALC) et le groupe BRICS pour donner plus de force à la voix des peuples du Sud dans l’arène mondiale. Nouer des alliances avec des chaînes de communication et d’information des pôles émergents du monde pour améliorer la compréhension mutuelle et l’information authentique sur nos réalités à l’abri du filtre déformant des grandes entreprises de la communication propriétés des puissances impérialistes.
Promouvoir la diplomatie des peuples et la participation active des mouvements populaires organisés dans la construction d’un monde multipolaire et équilibré.Promouvoir la participation des réseaux mondiaux des mouvements sociaux dans les grands Forums et Sommets internationaux. Poursuivre une politique active et entreprenante en partenariat avec les pays progressistes de notre zone en appelant à une urgente et indispensable réforme du Système Inter-américain de Défense des Droits de l’Homme et de la Justice étant donné que celui-ci est un bastion hautement politisé de l’impérialisme nord-américain. Dénoncer les traités et les accords bilatéraux pouvant limiter la souveraineté nationale face aux intérêts des puissances néocoloniales (promotion et défense des investisements). Porter à un niveau non vital les échanges commerciaux avec les puissances néocoloniales. Porter à un niveau non vital la connexion du Venezuela avec les réseaux de communication dominés par les puissances néocoloniales. Augmenter la part des devises des pays émergents dans les réserves et le commerce international du Venezuela. Réaliser la majeure partie des échanges économiques et commerciaux avec les pôles émergents du monde nouveau.

Cinquième objectif :Contribuer à préserver la vie sur la planète et au sauvetage de l’espèce humaine”.

5Exemples de quelques mesures prévues :

Développer l’action aux niveaux national et international pour la protection et la conservation des zones stratégiques, entre autres les sources et plans d’eau (eaux de surface et nappes phréatiques) pour une gestion globale des bassins hydrographiques, la biodiversité, la gestion soutenable des mers, des océans et des forêts. Continuer à militer pour la reconnaissance du droit à l’accès à l’eau comme un des Droits Humains supplémentaire dans tous les forums et toutes les enceintes. Combattre les chémas internationaux qui prônent la marchandisation de la nature, des services environnementaux et des écosystèmes. Rechercher des alliances stratégiques dans tous les forums internationaux pour lutter contre la marchandisation de la nature. Redynamiser la coopération avec les pays frontaliers sur les questions concernant la gestion respectueuse de l’environnement et les zones écologiques d’intérêt commun sur la base des principes du droit international. Défendre les droits territoriaux et la souveraineté de l’État du Venezuela dans les négociations concernant l’administration des espaces marins et océaniques de même que la diversité biologique marine au-delà de la juridiction nationale.
Elever le niveau des débats de fond sur les questions économiques, sociales et environnementales dans les instances pertinentes au niveau régional et international pour que les décisions y soient prises de façon inclusive et transparente, hors de toute orientation de type paternaliste et néocolonial de la part des pays développés.  Impliquer les institutions publiques dans la production d’une critique percutante des formes culturelles et des reconstructions historiques imposées par la culture jusqu’à présent dominante. Faire circuler la critique à travers les médias publics (magazines, télévision, manifestations événementielles, etc.). Développer l’édition de manuels scolaires pour faire naître une conscience nouvelle et former l’esprit critique des nouvelles générations. Créer des lieux d’expression et des mécanismes d’enregistrement et de conservation des cultures populaires et de la mémoire historique des groupes sociaux et ethniques tenus jusqu’à présent pour secondaires. Aux niveaux national et régional, recenser les lieux d’expression et les formes populaires de conservation de la mémoire historique (par exemple, les conteurs). Organiser, au sein de chaque Conseil de Communauté et dans chaque Commune en Création, des groupes de travail pour la conservation de la mémoire historique et pour la diffusion des acquis de la culture populaire ou ethnique (par exemple, s’agissant, des Afro-Vénézueliens, les travaux réalisés par les Comités “Tierras Urbanas”, “Mesas de Agua” et autres…).
Former des experts issus de ces populations pour la sauvegarde de leur patrimoine culturel et de leur mémoire historique. Accorder une attention toute particulière aux rapports entre les sexes. Dans ce sens, développer des groupes de travail constitués de femmes pour réfléchir sur leur vie familiale et professionnelle et mettre au point des stratégies de résistance et de libération, car les femmes sont les principales victimes des cultures dominantes, cultures qui lesrelèguent dans des rôles secondaires et qui font d’elles, souvent, les victimes de formesexplicites de violence. La même chose peut s’appliquer aux groupes dont l’orientation sexuelle est diverse (gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels), contraints de vivre dans un état de répression et d’humiliation permanentes et dont la seule issue est la frivolité offerte par le monde capitaliste. Élaborer des stratégies pour que soit conservée et diffusée, dans l’actuelle société“mondialisée”, la mémoire culturelle et historique du peuple de Venezuela. Contribuer à la constitution d’un mouvement mondial visant à enrayer les causes et à remédier aux effets du changement climatique conséquence du modèle capitaliste prédateur. Poursuivre la lutte pour la préservation, le respect et la stabilisation du régime climatique conformément à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique et son Protocole de Kyoto.
Faire abolir les schémas de marchés internationaux du carbone qui légalisent l’achat de droits à polluer et la destruction de la planète en toute impunité. Développer et renforcer le régime juridique actuel concernant le climat en insistantsur les responsabilités historiques des pays développés. Impulser et soutenir toutes les actions qui visent à porter devant la justice internationale tous les manquements des pays développés à leurs obligations dans le cadre du Protocole de Kyoto. Concevoir, au niveau national, un Plan National de Modération qui concerne les secteurs productifs émetteurs de gaz à effet de serre, comme une contribution nationale volontaire aux efforts pour sauver la planète. Promouvoir, au niveau national, la transformation des secteurs productifs selon la ligne tracée par l’éthique transformatrice du modèle économique socialiste, en insistant en particulier sur les secteurs de l’energie, de l’agriculture et de l’élevage, de la gestion des déchets solides et celui de la forêt. Mettre au point un ambitieux Plan National d’Adaptation, conforme à l’engagement éthique bolivarien éco-socialiste, en vue de préparer notre pays à affronter les scénarios et impacts climatiques à venir en raison de l’irresponsabilité des pays industrialisés et pollueurs du monde.

Notes :

  1. « Hacia un nuevo ciclo de nuestra historia », http://www.tracciondesangre.blogspot.com/2013/04/hacia-un-nuevo-ciclo-de-nuestra-historia.html
  2. https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/04/au-venezuela-la-marche-vers-la-democratisation-des-medias/
  3. http://www.cut.org.br/destaques/23103/comunicacao-publica-e-debatida-por-cutistas-e-parceiros-da-luta-pela-libertacao-da-palavra

Illustrations : Collectif d’artistes “Crea y combate

Traduction du programme : Manuel Colinas, Gaston Lopez et Françoise Lopez. Texte intégral : https://venezuelainfos.files.wordpress.com/2012/10/programme-de-chavez-2013-2019-texte-integral1.pdf

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/

50 vérités sur Hugo Chávez et la Révolution bolivarienne, par Salim Lamrani

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Une caractéristique du président vénézuélien était de rompre le protocole ampoulé des actes officiels pour converser directement avec les citoyen(ne)s, ici avec un jeune homme de Caracas sans domicile fixe et affrontant des problèmes de drogue.

1. Jamais dans l’histoire de l’Amérique latine, un leader politique n’avait atteint une légitimité démocratique aussi incontestable.Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, seize élections ont eu lieu au Venezuela. Hugo Chávez en a remporté quinze, dont la dernière en date, le 7 octobre 2012. Il a toujours battu ses opposants avec un écart allant de dix à vingt points.

2. Toutes les instances internationales, de l’Union européenne à l’Organisation des Etats américains, en passant par l’Union des nations sud-américaines et le Centre Carter, ont été unanimes pour reconnaître la transparence des scrutins.

3. James Carter, ancien président des Etats-Unis, a déclaré en 2012 que le système électoral vénézuélien était le « meilleur au monde ».

4. L’universalisation de l’accès à l’éducation élaborée depuis 1998 a eu des résultats exceptionnels. Près de 1,5 millions de Vénézuéliens ont appris à lire, écrire et compter grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I.

5. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela.

6. Le nombre d’enfants scolarisés est passé de 6 millions en 1998 à 13 millions en 2011 et le taux de scolarité dans l’enseignement primaire est désormais de 93,2%.

7. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. Ainsi, le taux de scolarité dans l’enseignement secondaire est passé de 53,6% en 2000 à 73,3% en 2011.

8. Les Missions Ribas et Sucre ont permis à des centaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. Ainsi, le nombre d’étudiants est passé de 895 000 en 2000 à 2,3 millions en 2011, avec la création de nouvelles universités.

9. Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézuéliens.Entre 2005 et 2012, 7 873 centres médicaux ont été créés au Venezuela.

10. Le nombre de médecins est passé de 20 pour 100 000 habitants en 1999 à 80 pour 100 000 habitants en 2010, soit une augmentation de 400%.

11. La Mission Barrio Adentro Ia permis de réaliser 534 millions de consultations médicales. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées, alors qu’en 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. 1,7 millions de vies ont ainsi été sauvées entre 2003 et 2011.

12. Le taux de mortalité infantile est passé de 19,1 pour mille en 1999 à 10 pour mille en 2012, soit une réduction de 49%.

13. L’espérance de vie est passée de 72,2 ans en 1999 à 74,3 ans en 2011.

14. Grâce à l’Opération Milagro lancée en 2004, 1,5 millions de Vénézuéliens atteints de cataractes et autres maladies oculaires, ont retrouvé la vue.

15. De 1999 à 2011, le taux de pauvreté est passé de 42,8% à 26,5% et le taux de pauvreté extrême de 16,6% à 7%.

16. Au classement de l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Venezuela est passé du 83ème rang en 2000 (0,656) au 73ème rang en 2011 (0,735), intégrant ainsi la catégorie des nations à l’IDH élevé.

17. Le coefficient de GINI, qui permet de calculer les inégalités dans un pays, est passé de 0,46 en 1999 à 0,39 en 2011.

18. Selon le PNUD, le Venezuela, qui dispose du coefficient de GINI le plus bas d’Amérique latine, est le pays de la région où il y a le moins d’inégalités.

19. Le taux de malnutrition infantile a été réduit de près de 40% depuis 1999.

20. En 1999, 82% de la population avait accès à l’eau potable. Ils sont désormais 95%.

21. Durant la présidence de Chávez, les dépenses sociales ont augmenté de 60,6%.

22. Avant 1999, seules 387 000 personnes âgées recevaient une pension de retraite. Elles sont désormais 2,1 millions à en bénéficier.

23. Depuis 1999, 700 000 logements ont été construits au Venezuela.

24. Depuis 1999, le gouvernement a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples aborigènes du pays.

25. La réforme agraire a permis à des dizaines de milliers d’agriculteurs de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres ont été distribués.

26. En 1999, le Venezuela produisait 51% des aliments qu’il consommait. En 2012, la production est de 71%, alors que la consommation d’aliments a augmenté de 81% depuis 1999. Si la consommation de 2012 était similaire à celle de 1999, le Venezuela produirait 140% des aliments consommés au niveau national.

27. Depuis 1999, le taux de calories consommées par les Vénézuéliens a augmenté de 50% grâce à la Mission Alimentation qui a créé une chaîne de distribution de 22 000 magasins alimentaires (MERCAL, Casas de Alimentación, Red PDVAL), où les produits sont subventionnés à hauteur de 30%. La consommation de viande a augmenté de 75% depuis 1999.

28. Cinq millions d’enfants reçoivent désormais une alimentation gratuite à travers le Programme d’alimentation scolaire. Ils étaient 250 000 en 1999.

29. Le taux de malnutrition est passé de 21% en 1998 à moins 3% en 2012.

30. Selon la FAO, le Venezuela est le pays d’Amérique latine et de la Caraïbe le plus avancé dans l’éradication de la faim.

31. La nationalisation de l’entreprise pétrolière PDVSA en 2003 a permis au Venezuela de retrouver sa souveraineté énergétique.

32. La nationalisation des secteurs électriques et de télécommunications (CANTV et Electricidad de Caracas) ont permis de mettre fin à des situations de monopole et d’universaliser l’accès à ces services.

33. Depuis 1999, plus de 50 000 coopératives ont été créées dans tous les secteurs de l’économie.

34. Le taux de chômage est passé de 15,2% en 1998 à 6,4% en 2012, avec la création de plus de 4 millions d’emplois.

35. Le salaire minimum est passé de 100 bolivars (16 dollars) en 1999 à 2047,52 bolivars (330 dollars) en 2012, soit une augmentation de plus de 2000%. Il s’agit du salaire minimum en dollars le plus élevé d’Amérique latine.

36. En 1999, 65% de la population active touchait le salaire minimum. En 2012, seuls 21,1% des travailleurs disposent de ce niveau de salaire.

37. Les adultes d’un certain âge n’ayant jamais travaillé disposent d’un revenu de protection équivalant à 60% du salaire minimum.

38. Les femmes seules et les personnes handicapéesreçoivent une allocation équivalente à 80% du salaire minimum.

39. Le temps de travail est passé à 6h par jour et à 36 heures hebdomadaires sans diminution de salaire.

40. La dette publique est passée de 45% du PIB en 1998 à 20% en 2011. Le Venezuela s’est retiré du FMI et de la Banque mondiale en remboursant par anticipation toutes ses dettes.

41. En 2012, le taux de croissance au Venezuela a été de 5,5%, l’un des plus élevés au monde.

42. Le PIB par habitant est passé de 4 100 dollars en 1999 à 10 810 dollars en 2011.

43. Selon le rapport annuel World Happinessde 2012, le Venezuela est le second pays le plus heureux d’Amérique latine, derrière le Costa Rica, et le 19ème au niveau mondial, devant l’Allemagne ou l’Espagne.

44. Le Venezuela offre un soutien direct au continent américain plus important que les Etats-Unis. En 2007, Chávez a alloué pas moins de 8,8 milliards de dollars en dons, financements et aide énergétique contre seulement 3 milliards pour l’administration Bush.

45. Pour la première fois de son histoire, le Venezuela dispose de ses propres satellites (Bolívar et Miranda) et est désormais souverain dans le domaine de la technologie spatiale. Internet et les télécommunications sont disponibles sur tout le territoire.

46. La création de Pétrocaribe en 2005 permet à 18 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe, soit 90 millions de personnes, d’acquérir du pétrole subventionné à hauteur de 40% à 60%, et d’assurer leur sécurité énergétique.

47. Le Venezuela apporte également son aide aux communautés défavorisées des Etats-Unis en lui fournissant de l’essence à des tarifs subventionnés.

48. La création de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) en 2004 entre Cuba et le Venezuela a jeté les bases d’une alliance intégratrice basée sur la coopération et la réciprocité, qui regroupe huit pays membres, et qui place l’être humain au centre du projet de société, avec l’objectif de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

49. Hugo Chávez est à l’origine de la création en 2011 de la Communauté des Etats d’Amérique latine et de la Caraïbe (CELAC) qui regroupe pour la première fois les 33 nations de la région, qui s’émancipent ainsi de la tutelle des Etats-Unis et du Canada.

50. Hugo Chávez a joué un rôle essentiel dans le processus de paix en Colombie. Selon le président Juan Manuel Santos, « si nous avançons dans un projet solide de paix, avec des progrès clairs et concrets, des progrès jamais atteints auparavant avec les FARC, c’est également grâce au dévouement et à l’engagement de Chávez et du gouvernement du Venezuela ».

Salim Lamrani

Opera Mundi http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/27642/50+verda…

Les facteurs sociaux de la victoire de Chavez. Par Carles Muntaner, Joan Benach, María Paez Victor

Pendant que le Président vénézuélien Hugo Chávez, en traitement à Cuba, lutte pour la vie, la presse libérale des deux côtés de l’Atlantique (entre autres « El Pais ») n’a cessé d’attaquer son gouvernement. Sa victoire significative (avec 12 points d’avance sur son adversaire) mérite d’être analysée avec sérieux, faits à l’appui. Il faut remarquer d’abord que Chavez a remporté les élections malgré le cancer et malgré les attaques permanentes des médias privés locaux et internationaux (qu’on pense au traitement médiatique de Syriza lors des élections en Grèce). Il faut prendre en compte un autre fait peu étudié, qui est l’existence d’une carte électorale extrêmement favorable aux classes moyennes et supérieures, avec des barrières géographiques et des difficultés d’accès pour le monde du travail.

Un des facteurs principaux de la popularité du gouvernement Chávez et du raz-de-marée victorieux d’octobre 2012 est la réduction de la pauvreté, qu’a rendue possible le retour dans le giron de l’État de la compagnie nationale pétrolière PDVSA. Ses ressources abondantes, au lieu de bénéficier à une petite classe de rentiers comme c’était le cas sous le gouvernement précédent, ont permis de construire les infrastructures nécessaires et d’investir dans la création de services publics dont les vénézuéliens avaient un cruel besoin  Pendant la dernière période, le gouvernement a augmenté les dépenses sociales de 60.6%, pour un montant total de 772 milliards de dollars [i].

De même que la santé ne saurait se définir seulement par l’absence de maladie, la pauvreté ne se définit pas seulement par l’absence de revenus. Les deux phénomènes – santé et pauvreté – sont corrélés et multi-factoriels, déterminés par une série de processus sociaux. Pour réaliser un état des lieux objectif des progrès réels obtenus par la Révolution Bolivarienne dans les 13 dernières années, il est essentiel de réunir certaines données-clefs déterminantes en matière de santé et de pauvreté : éducation, inégalité, emploi et revenu, soins de santé, sécurité alimentaire, sécurité sociale et services publics.

En ce qui concerne les déterminants sociaux des indicateurs de la santé, le Venezuela est à présent le pays de la région qui connaît le plus bas niveau d’inégalité (mesuré par le Coefficient Gini) : il a réduit l’inégalité de 54%, la pauvreté de 44%, du niveau de 70.8% (1996) à 21% (2010). Et l’extrême pauvreté est passée de 40% (1996) à 7.3% (2010). Près de 20 millions de personnes ont bénéficié des programmes gouvernementaux de lutte contre la pauvreté, appelés “Missions”. A l’heure actuelle 2.1 millions de personnes âgées perçoivent des pensions de vieillesse – soit 66% de la population. Seules 387.000 personnes recevaient des pensions avant le gouvernement actuel.

L’éducation est un déterminant crucial de la santé comme de la pauvreté et le gouvernement bolivarien a mis un accent particulier sur l’enseignement en le finançant à hauteur de 6% du PIB. L’UNESCO a reconnu que l’analphabétisme a été éliminé et le Venezuela est le troisième pays de la région dont la population lit le plus. L’éducation est gratuite des classes maternelles jusqu’à l’université; 72% des enfants sont accueillis dans l’enseignement maternel public et 85% des enfants en âge scolaire vont à l’école. Il y a des milliers d’écoles reconstruites, parmi lesquelles 10 nouvelles universités. Le Venezuela occupe la deuxième place latino-américaine et la cinquième place mondiale en proportion d’étudiants universitaires. Actuellement un vénézuélien sur quatre participe à un programme éducatif [ii]. Il est intéresant de noter que le Venezuela se trouve maintenant au même niveau que la Finlande en tant que cinquième pays avec la population la plus heureuse du monde [iii] .

Avant le gouvernement Chavez, en 1998, 21% de la population était mal nourrie. Le Venezuela a maintenant établi un réseau de distribution d’aliments subventionnés parmi lesquels des épiceries et des supermarchés. Tandis quèn 1980 90% de la nourriture était importée, aujourd’hui on n’en importe que 30%. La « Mission Agro-Venezuela » a remis 454.238 crédits aux producteurs ruraux. Rien qu’en 2012, 39.000 d’entre eux ont reçu des crédits. Cinq millions de vénézuéliens reçoivent de la nourriture gratuite, quatre millions d’entre eux sont des enfants scolarisés, et des cantines publiques nourrissent 900.000 personnes. La réforme agraire et les politiques de soutien à la production agricole ont fait augmenter la production nationale de nourriture. Les résultats de toutes ces mesures en faveur de la sécurité alimentaire est qu’aujourd’hui la malnutrition n’est plus que de 5%, et que la malnutrition infantile qui était de 7.7% en 1990 est aujourd’hui de 2.9%. Sous tous les aspects, c’est une impressionnante réussite en matière de santé.

Voici quelques unes des données les plus importantes sur les soins de santé et sur la santé publique [iv],[v],[vi]:

  • Le taux de mortalité infantile est passé de 25 pour 1000 (1990) à seulement 13/1000 (2010);
  • 96% de la population dispose à présent d’eau potable (ce fut un des objectifs de la révolution);
  • En 1998, on comptait 18 médecins pour 10.000 habitants, on en compte actuellement 58 pour mille, et le système public de santé en emploie 95.000;
  • S’il a fallu plusieurs décennies aux gouvernements antérieurs pour construire 5.081 cliniques, en 13 ans à peine le gouvernement bolivarien en a construit 13.721 (soit une augmentation de 169.6%);
  • La « Mission Barrio Adentro » (qui est le programme de soins de santé primaire organisé avec l’aide de plus de 8.300 médecins cubains) a sauvé environ 1,4 millions de vies dans 7.000 cliniques et a effectué 500 millions de consultations;
  • En 2011 seulement, 67.000 vénézuéliens ont reçu gratuitement des médicaments coûteux pour 139 pathologies dont le cancer, l’hépatite, l’ostéoporose, la schizophrénie, parmi d’autres; il y a maintenant 34 centres de désintoxication ;
  • En 6 ans 19.840 personnes sans domicile fixe ont reçu l’appui d’un programme spécial (« Mission Negra Hipolita »); Il n’y a pas pratiquement plus d’enfants des rues.
  • Le Venezuela possède à présent la plus grande unité de soins intensifs de la région.
  • Un réseau de pharmacies publiques vend des médicaments subventionnés, ce qui permet à la population de réaliser des économies de 34 à 40%.
  • 51.000 personnes ont été traitées à Cuba pour des soins oculaires spécifiques et le programme “Mision Milagro” a restauré la vision de 1,5 millions de vénézuéliens.

On trouve un exemple d’une réponse rapide aux besoins réels de la population lorsqu’entre la fin de 2010 et le début de 2011 de fortes pluies tropicales ont privé 100.000 personnes de foyer. Celles-ci ont été immédiatement relogées dans toutes sortes d’immeubles publics, des ministères, ou des hôtels. En un an et demi le gouvernement a construit 250.000 logements.

Bien entendu le gouvernement n’a pas encore surmonté tous les problèmes sociaux mais malgré tous les défauts et toutes les erreurs, la population le considère comme un allié. Une partie de cette équation est la participation politique intense qui singularise la démocratie vénézuélienne : près de 40.000 conseils communaux et les premières communes jouent un rôle déterminant dans la réponse aux besoins sociaux locaux, dans le suivi des mesures et permettent aux citoyens d’être acteurs des changements.[vii]

Un solide succès économique.

L’économie vénézuélienne a de faibles dettes, de grandes quantités de pétrole et de fortes réserves monétaires. Pourtant les économistes qui s’opposent au président Chávez répètent ad nauseam que l’économie vénézuélienne n’est pas «soutenable» et prédisent son écroulement lorsque cesseront les revenus pétroliers. Il est amusant de noter qu’ils ne font pas ces prédictions pour des économies pétrolìères comme le Canada ou l’Arabie Saoudite. Ils éludent le fait qu’au Venezuela la réserve de 500 milliards de barils est la plus grande du monde, et ils considèrent que les investissements sociaux sont une perte ou un effort futile. Et ce, alors que durant ces treize dernières années le gouvernement bolivarien a construit un économie plus diversifiée, à travers une infrastructure industrielle et agricole que les gouvernements précédents avaient négligée pendant 40 ans, et que son économie continue à se fortifier et à croître, même dans le contexte de la crise globale.

Une indication de la diversification progressive de l’économie est le fait que l’État obtient aujourd’hui presque autant de revenus à travers les impôts qu’à travers le pétrole, ayant renforcé son système fiscal et redistributif. En une seule décennie l’État a obtenu 251.694 millions de dollars sous la forme de taxes, un montant superieur à son revenu pétrolier annuel.

Les plus importantes étapes économiques de ces dix dernières années comprennent la réduction du chômage de 11.3% à 6.4% (décembre 2012); la multiplication par deux du nombre de personne bénéficiant de la sécurité sociale ; la réduction de la dette publique de 20.7% à 14.3% du PIB et la multiplication des coopératives, ce qui a renforcé les économies authentiquement locales.

En général l’économie vénézuélienne a crû de 47.4% dans ces dix dernières années [viii]. De nombreuses nations européennes pourraient envier de tels chiffres. Selon des économistes qui ont étudié en détail l’économie du Venezuela pendant les dernières années, “les prédictions de la faillite économique, des crises de la dette ou de la balance des paiements, et d’autres pronostics sombres et comme beaucoup de prévisions réalisées tout au long du processus, se sont régulièrement révélées fausses… La croissance économique actuelle du Venezuela est soutenable et pourrait se poursuivre et même passer à un niveau supérieur pendant plusieurs années.”[ix] .

Selon “Global Finance” et le “World Factbook” de la CIA , l’économie vénézuélienne présente les indicateurs suivants [x]: taux de chômage de 8%; 45,5% de dette publique gouvernementale comme pourcentage du PIB (par contraste le même pourcentage est de 82.5% dans l’Union Européenne); une croissance réelle du PIB par habitant qui atteint 13.070 dollars. En 2011, l’économie vénézuélienne a défié toutes les prévisions en croissant de 4.2 % et de 5.6 % dans la première moitié de 2012. Son rapport dette/PIB est beaucoup plus bas que celui des États-Unis et du Royaume Uni et meilleur que celui des pays européens; l’inflation qui fut endémique pendant plusieurs décennies, atteignant des taux de 80%, a suivi une courbe descendante depuis quatre ans, atteignant 13.7%  pour le dernier trimestre de 2012. Même le « Wall Street Journal » rapporte que le marché boursier du Venezuela est de loin le plus performant du monde, battant son record historique en octobre 2012, et les bons du Venezuela sont parmi les plus performants dans les marchés émergents.

La victoire de Hugo Chavez a eu un impact dans le monde entier ; dans son propre pays mais aussi dans toute l’Amérique Latine où des gouvernements progressistes ont été élus, il est perçu comme celui qui a lancé le changement radical et la transformation de l’ordre global. Sa victoire est d’autant plus significative si on considère l’important soutien financier et stratégique que les agences états-uniennes et leurs alliés apportent aux partis d’opposition et à leurs médias. Depuis 2002, Washington a fait parvenir 100 millions de dollars aux groupes d’opposition du Venezuela et, rien que pour l’élection de 2012, a distribué 40 à 50 millions de dollars. [xi]  La population vénézuélienne a surmonté le barrage de propagande des médias qui à 85 % sont privés (et font 95 % d’audience nationale). [xii]

La marée progressiste dans la région a permis d’initier pour la première fois la construction d’une véritable indépendance de l’Amérique du Sud avec des organisations fédératrices telles que la Banque du Sud, la CELAC, l’ALBA, PETROSUR, PETROCARIBE, UNASUR, MERCOSUR, TELESUR, le SUCRE comme monnaie alternative au dollar, initiatives pour la plupart dues au président du Venezuela et qui ont démontré au reste du monde qu’il y a, au 21ème siècle, des alternatives économiques et sociales [xiii] et un modèle de développement différent du capitalisme global. Le contraste est frappant entre une Europe qui subit des niveaux élevés de dette, alors qu’en Amérique Latine ils sont faibles et continuent à baisser.

Les changements au Venezuela ne sont pas abstraits. Le gouvernement du Président Chávez a amélioré de manière significative les conditions de vie des Vénézuéliens et les a engagés dans une dynamique de participation politique pour les approfondir [xiv]. Le nouveau modèle de développement socialiste a eu un impact phénoménal dans toute l’Amérique Latine, y compris récemment vis-à-vis de la Colombie. Les gouvernements progressistes de gauche ou du centre maintenant majoritaires dans la région voient dans le Venezuela le catalyseur qui a insufflé dans la région plus de démocratie, plus de souveraineté nationale et plus de progrès économique et social.[xv].

Nulle rhétorique néo-libérale ne peut éluder ces faits. Des dizaines d’experts en opinion peuvent continuer à discuter sur Internet de si la Révolution bolivarienne est socialiste ou non, si elle est révolutionnaire ou réformiste (elle est probablement les deux à la fois). Il n’empêche que ces réussites substantielles demeurent. C’est ce qui rend furieux ses opposants tant à l’intérieur du pays que dans les pays néo-coloniaux. L’“objectif” et “empirique” « The Economist » ne publiera pas ces données, préférant prédire une fois de plus la déroute imminente de l’économie vénézuélienne. “El Pais”, en Espagne, préfèrera citer un des architectes du Caracazo (le massacre de 3000 personnes à Caracas qui protestaient en 1989 contre les mesures d’austérité, dix ans avant la révolution bolivarienne) : l’ex-ministre des finances Moises Naim, connu pour son obsession anti-chaviste. Mais aucun d’eux ne peut nier l’Indice de Développement Humain des Nations Unies qui situe le Venezuela à la 61ème place sur 176 pays, avec une avancée de sept places en 10 ans. Une raison de plus pour comprendre que la Révolution Bolivarienne va survivre à la présidence du leader vénézuélien.

Les auteurs :

– Carles Muntaner est Professeur d’Infirmerie, de Santé Publique et de Psychiatrie à l’Université de Toronto. Il a travaillé sur les aspects de la santé publique de la Révolution Bolivarienne depuis plus de dix ans. Voir notamment “Muntaner C, Chung H, Mahmood Q and Armada F. “History Is Not Over. The Bolivarian Revolution, Barrio Adentro and Health Care in Venezuela.” In T Ponniah and J Eastwood The Revolution in Venezuela. Harvard: HUP, 2011

– María Páez Victor est une sociologue vénézuélienne, spécialisée en santé et en médecine.

– Joan Benach est professeur de Santé Publique à l’Universitat Pompeu Fabra, Barcelona. Il a collaboré à de nombreuses études sur les politiques de santé publique de la Révolution Bolivarienne.

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

Notes :

[i] Páez Victor, Maria. “Why Do Venezuelan Women Vote for Chavez?” Counterpunch, 24 April 2012

http://www.counterpunch.org/2012/04/24/why-do-venezuelan-women-vote-for-chavez/print

[ii] Venezuela en Noticias, Venezuela en Noticias <venezuelaennoticias@minci.gob.ve> Venezuela en Noticias, Venezuela en Noticias venezuelaennoticias@minci.gob.ve

[iii] Gallup Poll 2010

[iv] Muntaner C, Chung H, Mahmood Q and Armada F. “History Is Not Over. The Bolivarian Revolution, Barrio Adentro and Health Care in Venezuela.” In T Ponniah and J Eastwood The Revolution in Venezuela. Harvard: HUP, 2011 pp 225-256; see also 4, Muntaner et al 2011, 5, Armada et al 2009; 6, Zakrison et al 2012

[v] Armada, F., Muntaner, C., & Navarro, V. (2001). “Health and social security reforms in latin america: The convergence of the world health organization, the world bank, and transnational corporations.” International Journal of Health Services, 31(4), 729-768.

[vi] Zakrison TL, Armada F, Rai N, Muntaner C. ”The politics of avoidable blindnessin Latin America–surgery, solidarity, and solutions: the case of Misión Milagro.”Int J Health Serv. 2012;42(3):425-37.

[vii] Ismi, Asad. “The Bolivarian Revolution Gives Real Power to the People.” The Canadian Centre for Policy Alternatives Monitor , December 2009/January. http://www.policyalternatives.ca/publications/monitor/latin-american-revolution-part-iv

[viii] Carmona, Adrián. “Algunos datos sobre Venezuela”, Rebelión, March 2012

[ix] . Weisbrot, Mark and Johnston, Jake.  “Venezuela’s Economic Recovery: Is It Sustainable?”  Center for Economic and Policy Research, Washington, D.C., September 2012. En France la palme des prédictions erronées sur la faillite économique du Venezuela revient sans doute à Jean-Pierre Langelier, dont l’aversion pour Chavez a tenu lieu d’information dans « Le Monde ».

[x] Hunziker , Robert. “Venezuela and the Wonders of Equality”.  October 15th, 2012

[xi] Golinger, Eva. “US$20 million for the Venezuelan Opposition in 2012”, http://www.chavezcode.com/2011/08/us-20-million-for-venezuelan-opposition.html

[xii] Páez Victor, Maria. “Chavez wins Over Powerful Foreign Conglomerate Against Him”, Periódico América Latina, 11 October, 2012

[xiii] Milne,Seumas.  “The Chávez Victory Will be Felt Far Beyond Latin America” , Associate Editor, The Guardian, October 9, 2012:

[xiv] Alvarado, Carlos, César Arismendi, Francisco Armada, Gustavo Bergonzoli, Radamés Borroto, Pedro Luis Castellanos, Arachu Castro, Pablo Feal, José Manuel García, Renato d´A. Gusmão, Silvino Hernández, María Esperanza Martínez, Edgar Medina, Wolfram Metzger, Carles Muntaner, Aldo Muñoz, Standard Núñez, Juan Carlos Pérez, and Sarai Vivas. 2006. “Mission Barrio Adentro: The Right to Health and Social Inclusion in Venezuela”. Caracas: PAHO/Venezuela.

[xv] Weisbrot, Mark.”Why Chávez Was Re-elected”. New York Times. Oct 10th 2012

[xv] A Paris, sur un mode plus folklorique, il y a Alexandre Adler, Renée Frégosi etc..  A noter que parmi les plus féroces opposants à la révolution bolivarienne, on compte des vénézuéliens partis vivre en Europe en emportant des capitaux acquis au dépens de l’État vénézuélien, des années 70 aux années 90.

Source (original en anglais): CounterPunch

URL de cet article (français) : https://venezuelainfos.wordpress.com/2012/12/24/les-facteurs-sociaux-de-la-victoire-de-chavez-par-carles-muntaner-joan-benach-maria-paez-victor/