Venezuela : Maduro dans le collimateur de la CIA

Par Geraldina Colotti depuis Caracas (Il Manifesto / Monde Diplomatique Italie)

evo morales

Le président bolivien Evo Morales : « Les sanctions contre les frères vénézuéliens sont une ingérence. Le prochain pas sera l’intervention. C’est inacceptable et condamnable. Pour la dignité de la Grande Patrie. »  « Almagro (secrétaire général de l’OEA, NDT) est fou. Il n’a pour but que de renverser et sanctionner le frère Maduro. L’intervention du gouvernement des Etats-Unis sera sa responsabilité. »

« Rencontrons-nous pour éviter la catastrophe. » A la cérémonie commémorant la naissance de Simón Bolívar qui a inauguré la semaine historique et culturelle pour les 450 ans de Caracas, le Président Nicolás Maduro lance un appel à l’opposition. A la tribune, les plus hauts représentants du Gouvernement et des Forces Armées. Des gestes, des discours et des messages sur l’indépendance et la détermination à la défendre à un moment particulièrement délicat pour la Révolution Bolivarienne. « Nous ne sommes plus à l’époque du colonialisme, » répète Nicolás Maduro en dénonçant le fait que « la CIA prépare un coup d’État avec la complicité du Mexique et de la Colombie » et en demandant aux 2 Gouvernements de s’expliquer à ce sujet. Cette dénonciation est basée sur les déclarations de Mike Pompeo, Directeur de la CIA et sur les avertissements de Washington à propos de ce qui pourrait se passer pendant « 72 heures » à Caracas. « Je suis allé à Bogotá et à Mexico il y a 2 semaine », a déclaré Pompeo lors d’un forum sur la sécurité à Aspen le 20 juillet dernier, « et j’ai évoqué une transition politique au Venezuela en cherchant à l’aider à comprendre ce qu’ils pourraient faire pour obtenir de meilleurs résultats dans ce coin du monde. »

 

Le Mexique et la Colombie ont démenti mais les paroles de Pompeo n’ont pas été prises à la légère, ni au Venezuela ni à l’étranger. L’opposition a rejeté en bloc la proposition d’Assemblée Nationale Constituante (ANC) en la qualifiant de « prostituante » et a organisé une grève générale de 48 heures en menaçant d’empêcher par la force les citoyens de voter. Le Conseil National Électoral (CNE) a pris des mesures de sécurité pour garantir aux citoyens qui vivent dans les quartiers de l’opposition où les violences sont plus fortes (19 chavistes ont été brûlés vifs par les extrémistes) qu’ils pourront voter. Pour la droite – soutenue par Trump, par la « communauté internationale » et par la hiérarchie ecclésiastique qui ont peur de l’instauration du « socialisme cubain » – la voie est différente : c’est celle d’un Gouvernement parallèle de la droite néo-libérale à mettre en marche à marche forcée à l’usage de la scène internationale.

Pour cela, ils ont déjà nommé 8 juges au Tribunal Suprême de Justice (TSJ), l’instance qui gère l’équilibre entre les 5 pouvoirs dont est composée la république. Le critère est celui d’une seule couleur qui contredit ouvertement la procédure de nomination « depuis le bas » en vigueur au Venezuela. L’un des magistrats a déjà été arrêté, les autres ont annoncé qu’il agiront dans la clandestinité. La MUD (Coordination de l’Unité Démocratique, partis de droite) a présenté une espèce de programme du « Gouvernement de transition » qui a déjà suscité des luttes internes et a annoncé que des primaires seraient organisées rapidement pour choisir le nom du « président. »

Le Gouvernement a dénoncé devant l’ONU les menaces de Trump et de Federica Mongherini pour l’Union Européenne d’imposer de nouvelles et lourdes sanctions si Maduro n’annulait pas l’Assemblée Nationale Constituante. Aujourd’hui et demain, le Parlement italien aussi, par décision du PD (Parti Démocratique) prend à nouveau position en faveur du « Gouvernement parallèle. »

Le PD soutient « avec force la proposition de médiation du Premier Ministre italien Paolo Gentiloni et du président espagnol Mariano Rajoy dans les conditions que tous les organismes internationaux considèrent comme obligatoires : la libération immédiate des prisonniers politiques, l’ouverture d’un canal pour l’aide humanitaire, le respect des prérogatives constitutionnelles du Parlement et l’organisation d’élections libres au suffrage universel. » Un calendrier électoral a déjà été fixé et le dirigeant d’extrême droite Leopoldo López (Volonté Populaire) a quitté sa prison pour l’assignation à domicile. Mais la droite et ses partis ont besoin de se libérer d’urgence de la Constitution Bolivarienne pour revenir à la voie néolibérale. Après une période d’action dans d’autres zones plus turbulentes de la planète, les Etats-Unis de Trump et des compagnies pétrolières ont décidé de mettre la main sur « l’arrière-cour. »

Le premier objectif, ce sont les extraordinaires ressources du Venezuela : le pétrole, l’or, mais il y a une autre raison plus aléatoire pour Trump : détourner l’attention de ses nombreux casse-têtes intérieurs, réinstaurer « l’unité nationale » contre « le péril rouge. » « Il n’y a pas d’autre solution que le dialogue et la recherche du consensus. Toute autre voie amène à un conflit grave, très grave, » a déclaré l’ex-président espagnol Zapatero, chef des médiateurs entre le Gouvernement et l’opposition. « Je ne peux pas être plus explicite – a ajouté Zapatero – mais le dialogue entre les parties a existé, existe et existera malgré tout ce qui se passe, » et le calendrier électoral fixé sera respecté.

Le 30 juillet, on votera pour l’Assemblée Nationale Constituante proposée par Maduro pour relancer la paix et la justice sociale après 3 mois d’attaques des groupes extrémistes qui ont déjà fait 100 morts et des millions de dégâts aux structures et au territoire. Demain s’achève la campagne électorale qui a mis en marche les énergies les plus fécondes de la société vénézuélienne. Les candidats proposés par la base et non par les partis ont présenté leurs propositions pour stimuler la démocratie participative en comblant les retards, la bureaucratie, les faux pas et en tirant profit des aspects durs. Les propositions concernent l’économie, l’organisation sociale, la justice et les droits sociaux – comme le mariage gay ou l’avortement – qu’il n’a pas été possible d’inclure dans la Constitution de 1999 à cause de la forte opposition de l’église catholique. Le slogan qui se trouve dans toutes les mélodies et de toutes les salsas est : « Oooooh Eooo Eeeooooh la Constituante ira, ira… »

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Traduction : Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol : http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/07/26/venezuela-maduro-en-la-mira-de-la-cia/

URL de cet article : http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/07/venezuela-maduro-dans-l-objectif-de-la-cia.html

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