L’ex-Président Lula: Maduro est un leader démocratique, Guaidó devrait être en prison, le blocus états-unien tue des civils

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L’ex-président Lula libéré en novembre 2019 après 580 jours de captivité. Les sondages le donnant favori des élections présidentielles, l’oligarchie brésilienne l’empêcha d’y participer, fabricant de fausses accusations par l’intermédiaire du juge Sergio Moro. Celui-ci fut nommé ministre de la justice par le président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Dans des commentaires passés sous silence par les médias anglophones, l’ex-président du Brésil Lula da Silva a dénoncé la tentative de coup d’Etat états-unien contre le Venezuela, rappelant que Nicolás Maduro a été élu démocratiquement et que le leader d’extrême droite Juan Guaidó devrait être en prison pour l’organisation des déstabilisations violentes et des tentatives de coups d’Etat.

Le gouvernement d’extrême droite du président brésilien Jair Bolsonaro est l’un des plus proches alliés de Washington en Amérique latine. Il a joué un rôle majeur dans la tentative de coup d’État de l’administration Donald Trump contre le Venezuela, soutenant même un complot terroriste contre le gouvernement du président Nicolás Maduro.

En mars dernier, l’administration Bolsonaro a signé un accord militaire historique, faisant entrer directement le Brésil dans la sphère d’influence impériale américaine, fusionnant essentiellement l’industrie de la défense du pays avec le complexe militaro-industriel de Washington.

Cependant, quelques jours avant que l’accord ne soit finalisé, l’ancien président du Brésil, le syndicaliste de gauche Lula da Silva, s’est exprimé avec véhémence contre l’ingérence des États-Unis en Amérique latine, critiquant sévèrement le putsch de Washington contre Evo Morales en Bolivie et sa tentative de coup d’État en cours contre le Venezuela.

Dans une interview aux médias brésiliens qui n’a pas encore été couverte par la presse anglophone, Lula a condamné Juan Guaidó, le leader du coup d’Etat vénézuélien soutenu par les Etats-Unis, comme un criminel belliciste qui devrait être en prison. Il a ensuite souligné que le président Nicolás Maduro est un dirigeant démocratiquement élu qui a encouragé la paix et la diplomatie.

 » L’Europe et les États-Unis ne peuvent pas reconnaître un fraudeur qui se déclare président « , a déclaré Lula, en référence à Guaidó. « Ce n’est pas juste. Parce que si la mode s’empare de la démocratie, elle est jetée à la poubelle, et tout escroc peut se déclarer président. Je pourrais me déclarer président du Brésil, mais où irait la démocratie ? »

Lula a été interviewé par Folha de S.Paulo, le journal brésilien le plus diffusé, qui appartient à une famille d’oligarques milliardaires actifs dans les médias.

Lorsque le journal s’est opposé à ses commentaires, qualifiant Maduro de « dictateur », Lula a souligné que le président vénézuélien avait été élu et qu’il avait fait preuve du genre de patience et de retenue qu’aucun autre dirigeant ne pratiquerait dans de telles circonstances.

 » Il [Guaidó] devrait être en prison« , a déclaré Lula. « Et Maduro a été si démocratique qu’il ne l’a pas arrêté quand il est allé en Colombie pour essayer d’organiser une invasion du Venezuela« .

 » Celui qui prend l’initiative de parler est Maduro, pas Guaidó « , a déclaré Lula. « Guaidó voudrait que les Américains envahissent le Venezuela – en fait, il a même essayé de l’imposer« .

Le journal a encore reculé, disant que M. Maduro a conduit à une crise économique au Venezuela.

 » Que son gouvernement se porte bien ou non, c’est une autre histoire. Mais vous n’allez pas attaquer tous les pays qui ne vont pas bien « , a répondu Lula.

 » Les gens ne peuvent pas critiquer M. Maduro et ne pas critiquer le blocus. Le blocus n’attaque pas les soldats, il ne tue pas les coupables, le blocus tue les innocents « , a déclaré l’ancien président brésilien.

Ces remarques de Lula n’ont reçu pratiquement aucune couverture dans la presse anglophone, alors qu’elles ont été largement couvertes dans les médias de langue portugaise et espagnole.

Lula défend le président bolivien Evo Morales

Le journal brésilien a également poussé Lula à dénoncer le président bolivien Evo Morales, qui a été renversé lors d’un coup d’Etat militaire d’extrême-droite soutenu par les Etats-Unis en novembre 2019.

Folha de S.Paulo note que Morales s’est présenté pour un quatrième mandat à la présidence, mais le journal omet de mentionner… que la Cour suprême de Bolivie l’a autorisé à le faire.

Au premier tour des élections d’octobre 2019, Morales l’a emporté avec une marge de plus de 10 %.

Le journal a affirmé à tort qu’il y avait eu des irrégularités dans l’élection – un mythe initialement répandu par l’Organization of American States (NdT : Organisation des États américains) qui a ensuite été démystifié par de nombreuses enquêtes menées par de grands spécialistes (experts du CEPR, du CELAG, du Massachussets Institute of Technology).

Lula a défendu M. Morales et son gouvernement contre les affirmations du journal selon lesquelles l’élection bolivienne était entachée de prétendues « complications ».

 » L’élection de Georges Bush contre Al Gore n’a-t-elle pas été compliquée ? C’était compliqué, mais Bush a pris le contrôle du gouvernement pendant huit ans « , a répondu Lula.  » L’élection de Trump n’a-t-elle pas été compliquée ? C’était compliqué, et il a pris le pouvoir « , a-t-il déclaré.  » L’élection de Bolsonaro n’a-t-elle pas été compliquée ? Tout le monde connaît la farce des ‘fake news’ «.

Les coups d’État états-uniens ont porté l’extrême droite au pouvoir au Brésil

Des remarques comme celles-ci illustrent pourquoi Washington a soutenu des coups d’État et s’est immiscé dans la politique intérieure du Brésil afin de renverser Lula et son parti, pour les empêcher de revenir au pouvoir.

Lula est non seulement l’un des hommes politiques les plus populaires du Brésil, mais il représente aussi un mur de contention contre l’hégémonie américaine. Lorsqu’il a quitté ses fonctions en 2010, après avoir terminé son deuxième mandat à la tête de l’État, il avait un impressionnant taux d’approbation de 87 %, l’un des plus élevés au monde.

La présidente Dilma Rousseff qui succéda au président Lula au nom du Parti ddes Travailleurs, fut évincée en 2016 lors d’un coup d’État parlementaire mené par l’opposition de droite brésilienne et une panoplie d’oligarques soutenue en coulisses par les États-Unis.

Lula a souligné à plusieurs reprises que Washington avait joué un rôle décisif dans les coups d’État au Brésil. « Tout ce qui se passe porte la main des États-Unis « , a-t-il déclaré dans une interview accordée en 2019.

« Les États-Unis ont créé l’enquête Lava Jato« , a ajouté Lula, faisant référence à la prétendue opération « anti-corruption » utilisée pour évincer le Parti des travailleurs et installer le gouvernement d’extrême-droite de Jair Bolsonaro qui a appelé au rétablissement de la dictature militaire.

En 2018, M. Lula faisait à nouveau campagne pour l’élection présidentielle, et menait les sondages avec une forte marge d’avance. C’est à ce moment-là qu’il a été emprisonné pour de fausses accusations de corruption, ce qui a permis à M. Bolsonaro de prendre le pouvoir.

Le juge qui a supervisé l’opération Lava Jato et emprisonné Lula, Sergio Moro, a ensuite été récompensé par M. Bolsonaro par la nomination au poste de ministre de la justice.

Immédiatement après leur entrée en fonction, MM. Bolsonaro et Moro ont effectué une visite spéciale au siège de la CIA.

« Aucun président brésilien n’avait jamais rendu visite à la CIA« , a commenté Celso Amorim, qui a été Ministre des Affaires Etrangères sous M. Lula. « C’est une position de soumission explicite. Rien n’est comparable à cela« .

Ben_Norton_journalistBen Norton est journaliste, écrivain et cinéaste. Il est l’éditeur adjoint de The Grayzone, et le producteur du podcast Moderate Rebels, qu’il co-anime avec le rédacteur en chef Max Blumenthal. Son site web est BenNorton.com et il tweete sur @BenjaminNorton.

Source originale: The GrayZone

Traduit de l’anglais par M-L Lefebvre pour Investig’Action

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