Les Médias, Macron et l´ALBA (et le Venezuelaaaaaaaa)

Il y a un peu moins d’un an, la caste médiatique française, effrayée par la montée fulgurante du candidat de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon dans les sondages pour l´élection présidentielle, fabriquait de toute pièce un “buzz médiatique”. Elle s’offusquait que ce mouvement politique, dans son programme, veuille “rejoindre les coopérations régionales dans une démarche de codéveloppement écologique, social et de progrès humain : par exemple l’ALBA pour les Antilles et la Guyane française (…)” (point numéro 15 de l´Avenir En Commun).

Dénoncée par l’éditorialiste militant Patrick Cohen (imité aussitôt avec la morgue habituelle par tous ses confrères), cette mesure de l’Avenir en Commun, se voulait la preuve des desseins autocratiques de Jean-Luc Mélenchon, puisque Cuba et le Venezuelaaaaaaa font parti de cette organisation de coopération régionale.

Pourtant, cette initiative n’est pas la plus révolutionnaire du programme de La France Insoumise. Elle s´inscrit même dans la logique diplomatique française. Comme le rappelle le Ministère de l´Europe et des Affaires Etrangères: “La France appartient aux Caraïbes par ses collectivités des Amériques : Saint-Martin, Saint-Barthélémy, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane, dont elle souhaite favoriser la pleine insertion dans la région”, notamment en “participant activement aux différents processus de coopération régionale” (1).

L´ambassadeur de la République française, Romain Nadal, « en représentation de la France » durant la cérémonie d´ouverture de la 23e réunion ministérielle de l´AEC, 14 mars 2018

C’est la politique assumée et défendue par le président Macron et son gouvernement puisque, en ce moment (2), la France participe, en tant que membre associé, au sommet de l´Association des Etats de la Caraïbe (AEC).

Or, tous les pays de l´ALBA (3), sont aussi membres de cette organisation de coopération, dont, bien sûr, Cuba et le Venezuelaaaaaaaa.

Comment comprendre le silence de Patrick Cohen ou Jean-Michel Aphatie? Pourquoi les journalistes qui fustigeaient, il y a encore quelques mois, la proposition de participation de notre pays à l’Alba approuvent aujourd´hui la politique étrangère de Mr Macron, qui assoit la France aux cotés de ces mêmes Etats?

Cerise sur le gâteau, la présidence tournante de l’AEC est assurée par le Venezuelaaaaaaa, où se déroule actuellement le sommet. Et toujours aucun « journaliste » pour s’indigner de la présence française à un sommet dirigé par une « dictature », selon les mots du président de la République ?

Ce silence assourdissant des médias est incompréhensible. Deux hypothèses : soit Jean-Luc Mélenchon a gagné la bataille culturelle, et le ralliement de la France à l’ALBA est devenue chose acquise, même pour les journalistes. Soit les mercenaires médiatiques de Mr Macron n´ont aucun intérêt à couvrir le sommet de l’AEC, car les évidences que nous rappelons plus haut démontreraient une fois de plus l´absence totale d´objectivité, d´honnêteté et de déontologie professionnelle dans les médias dominants.

A votre avis ?

Romain Migus

Notes :

(1) Voir le site du Quai d´Orsay: https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/ameriques/amerique-centrale-et-caraibes/article/la-france-et-les-caraibes

(2) Le sommet de l´AEC à lieu du 14 au 16 mars 2018 à Porlarmar, Venezuela.

(3) A l´exception de la Bolivie. L´Equateur, quant à lui, est membre en tant que pays observateur de l´AEC.

(4) L’ALBA est un organisme régional latino-américain de coopération sociale, économique, éducative qui a mené à bien de nombreuses initiatives contre la pauvreté et les inégalités sociales et divers programmes de coopération en matière d’éducation et de santé. Estimé à 0,658 en 2005, l’indice de développement humain (IDH) s’y est élevé à 0,721 (2012). D’autres programmes de coopération sont en cours dans divers secteurs : finance (mise en place d’une banque de coopération — Banco del Alba  [6] — qui finance à ce jour 42 projets pour un montant de 345 millions de dollars), infrastructures, alimentation, environnement, industrie, science et technologie (recherche, ingénierie, technologies de l’information, Internet, etc.), tourisme, missions d’observation électorale, communication (création de Telesur, de ALBA-TV, de Radio del Sur) [7] etc. Voir http://www.medelu.org/L-ALBA-TCP-dix-ans-au-service-des

Source de cet article : http://www.romainmigus.com/2018/03/les-medias-macron-et-lalba-et-le.html

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La première femme diplômée de l’université indigène du Venezuela

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Yamosewe Algentina García. Photo: Yrleana Gomez.

Yamosewe Algentina García, 26 ans, du village de Ye’kwana, est la première femme diplômée de l’université nationale expérimentale indigène du Tauca (état de Bolivar), pour un travail de recherche sur le rôle protagoniste de la femme dans sa communauté Jüwütünña (Santa María de Erebato, cours supérieur du rio Caura, affluent de l’Orénoque).
Elle et d’autres amis étudiants (des villages Ye’kwana, Wotjuja, E’ñepá et Pumé) ont présenté leurs travaux de thèse ces jours derniers, au siège de la Fondation Cause Amérindienne Kiwxi à Caracas. Cette action d’échange des connaissances a eu lieu en présence de personnes confirmées dans leur parcours académique, ceci étant une exigence du Ministère du pouvoir populaire pour l’éducation universitaire de science et de technologie. Cependant, un autre événement encore plus pertinent l’a précédée : la présentation de leurs processus de recherches dans leurs communautés respectives, devant les sages, hommes et femmes.

La communauté, alpha et oméga de la formation

La présentation dans leur communauté revêt une importance cruciale : car ce sont les communautés indigènes les véritables protagonistes de ce projet éducatif. « La légitimation de l’activité éducative indigène vient des bases communautaires » ; c’est de fait l’un des principes directeurs de cette université.

Ce sont les communautés qui animent l’université, afin que ses jeunes étudient et approfondissent l’esprit et la connaissance de leurs propres racines culturelles, par rapport à celles des autres cultures, pour élaborer une pensée indigène spécifique. Ceci afin de stimuler ces populations et ces cultures face aux changements, dangers et défis qu’implique la contemporanéité

Le travail de recherche de Yamosewe a pour finalité le renforcement de sa communauté à travers un plus grand rôle des femmes dans la prise de décision et dans la visibilité de son importance pour la vie de la communauté.

Le monde des femmes Ye’kwana aujourd’hui

« La femme est la mère de toute une communauté. Elle donne la vie au peuple Ye’kwana, elle permet la vie en communauté. Elle procure les aliments à partir d’une parcelle de terre, élabore les repas, dirige les activités dans la communauté. Elle est celle qui s’occupe des besoins de son peuple, de sa communauté et de sa famille. Elle se charge du bois, fait son propre artisanat pour produire le nécessaire. » affirme Yamosewe dans sa présentation, soulignant que des femmes Ye’kwana dépendent la sécurité alimentaire et la santé de leur famille et de leur communauté.

« Cependant, les voix et les opinions de la femme Ye’kwana ont été rendues invisibles dans la communauté et le monde ‘du dehors’ explique Yamosewe. Les femmes ont beaucoup à apporter et leur valeur au sein de la communauté est aujourd’hui peu reconnue. Les difficultés que la communauté Ye’kwana rencontre ces temps ci sont dues précisément au fait que la femme se trouve marginalisée dans les décisions que prend la communauté ».

« La relation homme-femme Ye’kwana s’est déstabilisée ces dernières années dans la communauté Ye’kwana et en dehors de celle-ci » affirme-t-elle. Pour cette raison, elle redonne vie à la valeur et au rôle de la femme Ye’kwana représentée dans la mythologie et la cosmovision de son peuple, transmise de manière orale, analysant en même temps la situation actuelle au travers de conversations avec des anciennes et des anciens, et des cheffes de sa communauté. Son travail répond à la nécessité de pouvoir faire émerger les voix des femmes de sa communauté, afin que ce soient « les femmes de la communauté elle-mêmes qui expriment leurs droits à une vie culturelle et territoriale ».

Selon Yamosewe, il existe aussi des cas de maltraitance et de violence envers les femmes Ye’kwana dans leurs propres communautés, cependant « les droits des femmes écrits de ce pays ont aussi confondu la femme Ye’kwana, puisque cette loi (1) ne parle pas d’une femme vivant au sein d’une communauté mais d’une femme individuelle ». C’est pourquoi au cours de ses travaux de recherche, elle a rencontré une forte correspondance entre les réflexions des femmes autochtones Aymara et celles des femmes zapatistes.

Elle dénombre également certains facteurs externes qui affectent directement la vie des femmes, tels que la présence de groupes armés et l’exploitation minière non contrôlée, qui « atteignent directement la femme, car on commence à voir des cas de prostitution, de maladies, de trafic de drogue. La santé est également menacée, nos rivières contaminées par l’utilisation du mercure, par des tiers et par les Ye’kwana eux-mêmes. » (4)

Un travail d’auto investigation

Yamosewe est l’une des deux jeunes femmes qui commencèrent à étudier à l’Université Indigène en 2009, lorsque suite à un processus de réflexion et de débat, on commence à envisager l’accès des femmes au statut d’étudiantes. Le travail de recherche commence à partir de leurs propres expériences et questionnements. « Je pensais qu’à l’Université Indigène il y avait d’autres filles, mais ce n’était pas le cas. Alors j’ai commencé à me poser des questions à ce sujet, et au sujet de certaines phrases que j’ai entendues de la bouche même des coordinateurs pédagogiques : des phrases comme ‘La femme génère des problèmes dans cette institution’, ‘Ici les femmes font des catastrophes’ ou ‘Les femmes dissipent les autres étudiants’. Mais finalement il a été entendu que les femmes avaient aussi le droit d’étudier ».
« Au début ce travail m’a beaucoup coûté. Car dans ma communauté il semblait n’y avoir personne pour se préoccuper que la voix de la femme puisse être écoutée, tant dans la communauté qu’au dehors. Car la femme Ye’kwana ne manifeste pas ses problèmes à l’extérieur » admet elle.

Yamosewe dit qu’elle a reçu l’appui des anciennes et des anciens de sa communauté, ainsi que celle des femmes de sa communauté : « Au cours des conversations qui faisaient partie de ma recherche, j’ai réalisé que nous partagions les mêmes inquiétudes, que je n’étais pas seule, que les femmes veulent être entendues. Nous n’étudions pas parce que les autres ne veulent pas que nous le fassions. C’est pourquoi nous avons des difficultés à nous exprimer et à participer aux réunions. »

Le droit des femmes à étudier, en plus des travaux dont elles s’occupent traditionnellement, est l’un des thèmes qui ressortent le plus des conversations. Ceci, afin de contribuer à la participation active des femmes dans la communauté, qui à son tour conduit au renforcement de la communauté, laquelle demande à son tour une consolidation et une plus grande organisation pour faire face, par exemple, à des problèmes tels que l’exploitation minière.

La thèse de Yamosewe met aussi en lumière la nécessité de réfléchir au développement de relations harmonieuses entre les hommes et les femmes de la communauté, en partant d’une compréhension réciproque.

De plus, elle fait ressortir l’existence de méthodes typiques de sa culture « pour traiter le caractère des hommes agressifs », telles que l’utilisation d’une plante médicinale.
« Ce travail est fait afin que les jeunes Ye’kwana ouvrent leurs yeux et leur chemin pour les garçons et les filles qui viendront après nous » conclut elle. De leur côté les femmes et les hommes du jury ont déclaré dans leur verdict qu’il s’agit d’une thèse inédite, qui peut susciter des réflexions enrichissantes et représente un apport de valeur, non seulement pour le peuple Ye’kwana et l’Université Indigène, mais aussi pour le Venezuela tout entier.

L’Université Indigène du Tauca

L’Université Indigène du Tauca est le résultat d’un long parcours qui remonte aux années 60, lorsque commença à se configurer un réseau de relations et d’initiatives entre indigènes et partenaires, qui visait à renforcer la place des peuples indigènes pour leur propre survie.

Avec le processus constituant de 1999 promu par le président Chávez, auquel participent activement des représentants des organisations indigènes, la reconnaissance des droits des peuples autochtones et de leurs revendications législatives est reconnue pour la première fois. Comme l’écrivait l’un des membres de l’équipe qui a promu la fondation de l’Université : « si jamais le projet d’une Université des, et pour les indigènes, devenait une simple utopie, l’existence et la reconnaissance d’un cadre juridique tel que celui auquel il est fait référence explique clairement la possibilité pour le Venezuela d’avoir une université autochtone ».(2)

C’est ainsi que fin 1999 est fondée l’Université Indigène du Venezuela (UIV), par des organisations indigènes avec le soutien de la fondation Cause Amérindienne Kiwxi. Son siège, à Caño Tauca (état du Bolívar) est devenu un important lieu de rencontre du fait de son emplacement au cœur du pays, au confluent de la rivière Caura et de l’axe routier Ciudad Bolívar – Caicara del Orinoco, deux des principales voies de communication utilisées par les populations autochtones vénézuéliennes.

En novembre 2008, le président Chávez a ordonné la reconnaissance de l’UIV pour son intégration dans le système national des universités, qui a lieu en 2010, quand elle a été inaugurée en tant qu’ « Université expérimentale nationale du Tauca Indigène » avec un autre siège dans l’état d’Amazonie (3).
Ce projet éducatif est proposé comme un espace éducatif multiculturel, pour la construction et le sauvetage collectif de la pensée indigène et la formation d’hommes et de femmes aptes à devenir des leaders et des prosélytes dans leurs communautés. Une université des peuples autochtones pour les peuples autochtones, dans une perspective décolonisée.

Notes :

(1) La Loi organique sur le droit des femmes à une vie sans violence, considérée comme une loi avancée et une réalisation très importante pour les femmes créoles.
(2) Julio Avalos, « Être un Indien au 21ème siècle »: l’éducation entre résistance et colonisation, Revue Guayana Sustentable 13 (2013)
(3) Universidades indígenas fomentarán la valoración y difusión de manifestaciones culturales de nuestros pueblos

(4) Sur ce thème, lire l’interview de Andres Antillano: « l’Arc Minier apporte de la cohérence à une activité minière qui devenait chaotique », https://venezuelainfos.wordpress.com/2018/03/08/andres-antillano-larc-minier-apporte-de-la-coherence-a-une-activite-miniere-qui-devenait-chaotique/

Traduit de l’espagnol par Ginette Baudelet, pour Pressenza FR, https://www.pressenza.com/fr/2018/03/premiere-femme-diplomee-de-luniversite-indigene-venezuela/

Source : http://www.albatv.org/Se-gradua-la-primera-mujer-de-la.html

« Non aux sanctions contre le Venezuela » : la lettre de Noam Chomsky et de près de 150 intellectuels et militants états-uniens et canadiens

Cette lettre va être envoyée aux membres du Congrès des États-Unis, au Parlement du Canada et aux médias. Elle sera publiée dans d’autres médias, et au moins 5 de ses signataires se rendront au Venezuela pour la commémoration d’Hugo Chavez en mars, où elle sera présentée.

Nous exhortons les gouvernements des États-Unis et du Canada à retirer immédiatement leurs sanctions illégales* contre le Venezuela et à soutenir les efforts de médiation entre le gouvernement du Venezuela et les segments non violents de l’opposition politique.

Nous, les organisations et individus aux États-Unis et au Canada soussignés, soutenons des relations hémisphériques fondées sur le respect de la souveraineté de tous les peuples des Amériques. Nous sommes profondément préoccupés par l’utilisation de sanctions illégales, dont l’effet se fait le plus sentir dans les secteurs les plus pauvres et les plus marginaux de la société, pour contraindre le changement politique et économique dans une démocratie sœur. Nous constatons depuis les années 1990 que les sanctions ne servent qu’à appauvrir les familles ordinaires et à déstabiliser l’ordre public. Nous sommes incapables de citer un seul cas où les sanctions ont eu un impact positif.

Les sondages au Venezuela montrent que la grande majorité des Vénézuéliens s’oppose aux sanctions, indépendamment de leur opinion sur le gouvernement Maduro. Les sanctions ne font que compliquer les efforts déployés par le Vatican, la République dominicaine et d’autres acteurs internationaux pour négocier une résolution de la polarisation profonde au Venezuela. De plus, les sanctions sapent les efforts du gouvernement démocratiquement élu et de l’Assemblée constituante pour résoudre les problèmes économiques critiques et déterminer leur propre destin politique.

Malgré la rhétorique de haut niveau des fonctionnaires de Washington et d’Ottawa, ce n’est pas un véritable souci de démocratie, de droits de l’homme et de justice sociale qui pousse cette position interventionniste belliqueuse à l’égard de Caracas. Du décret du président Obama qui, de l’aveu général, est faux, sur le Venezuela représentant une menace pour la sécurité nationale aux États-Unis, à la déclaration de l’ambassadeur Nikki Haley disant que le Venezuela est un « narco-état de plus en plus violent » qui menace le monde, l’utilisation de l’hyperbole dans les situations diplomatiques contribue rarement à des solutions pacifiques sur la scène internationale.

Ce n’est un secret pour personne que le Venezuela, contrairement au Mexique, au Honduras, à la Colombie, à l’Egypte ou à l’Arabie Saoudite, est la cible d’une mission de changement de régime par les États-Unis précisément à cause des qualités de leader du Venezuela dans la résistance à l’hégémonie américaine et à l’imposition du modèle néolibéral en Amérique latine. Et bien sûr, le Venezuela détient les plus grandes réserves de pétrole au monde, ce qui attire encore plus l’attention non désirée de Washington.

Les États-Unis et le Canada ont essayé puis échoué à utiliser l’Organisation des États Américains (OEA) pour construire un bloc qui évoque la Charte démocratique contre le Venezuela de façon hypocrite. Récemment, Luis Almagro, le secrétaire général véreux de l’OEA, est allé jusqu’à soutenir publiquement l’assermentation d’une Cour suprême parallèle, nommée de façon inconstitutionnelle par les législateurs de l’opposition et leur a permis d’utiliser le siège de l’OEA à Washington, DC pour leur cérémonie (sans l’approbation de quelconque état membre de l’OEA). Almagro a ainsi délégitimé l’OEA, enhardi les éléments les plus extrêmes et les plus violents de l’opposition vénézuélienne, et mis de côté les efforts de médiation.

Les sanctions canado-américaines sont une utilisation cynique du pouvoir économique coercitif pour attaquer une nation qui fait déjà face à l’hyperinflation et à la pénurie de produits de base. Bien que prétendument faites au nom de la promotion de la démocratie et de la liberté, ces sanctions violent le droit humain fondamental du peuple vénézuélien à la souveraineté, tel que cela est énoncé dans les Chartes des Nations Unies et de l’OEA.

Nous appelons les dirigeants politiques des États-Unis et du Canada à rejeter la rhétorique déchaînée et à contribuer à la recherche de solutions réelles aux problèmes politiques et économiques du Venezuela. Nous exhortons les gouvernements américain et canadien à annuler leurs sanctions et à soutenir les efforts de médiation déployés par le chancelier de la République dominicaine Miguel Vargas, le président de la République dominicaine Danilo Medina, l’ancien premier ministre espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero, le Vatican et soutenus par un nombre croissant de nations latino-américaines.

* L’Article 19 du Chapitre 4 de la Charte de l’OEA stipule :
Aucun état ou groupe d’états n’a le droit d’intervenir, directement ou indirectement, pour quelque raison que ce soit, dans les affaires intérieures ou extérieures d’un autre état. Le principe précédent interdit non seulement la force armée, mais aussi toute autre forme d’ingérence ou de tentative de menace contre la personnalité de l’état ou contre ses éléments politiques, économiques et culturels.

Signataires :

Pour les États-Unis d’Amérique

Noam Chomsky
Danny Glover, Citizen-Artist
Estela Vazquez, Executive Vice President, 1199 SEIU
Bishop Thomas J. Gumbleton, Archdiocese of Detroit
Jill Stein, Green Party

Peter Knowlton, General President, United Electrical Workers
Dr. Frederick B. Mills, Department of Philosophy, Bowie State University
Dr. Alfred de Zayas, former Chief, Petitions Dept, UN High Commissioner for Human Rights
Medea Benjamin, co-founder, Code Pink
Dan Kovalik, Counsel, United Steelworkers Union

Clarence Thomas, ILWU Local10 (retired)
Natasha Lycia Ora Bannan, President, National Lawyers Guild
Chuck Kaufman, National Co-Coordinator, Alliance for Global Justice
James Early, Articulation of Afro Descendants in Latin America and the Caribbean
Gloria La Riva, coordinator, Cuba and Venezuela Solidarity Committee
Karen Bernal, Chair, Progressive Caucus, California Democratic Party

Kevin Zeese, Margaret Flowers, co-directors, Popular Resistance
Chris Bender, Administrator, SEIU 1000, retired
Mary Hanson Harrison, President Women’s International League for Peace and Freedom, US Section
Alfred L. Marder, President, US Peace Council
Tamie Dramer, Executive Boardmember, California Democratic Party
Greg Wilpert, journalist

School of Americas Watch (SOAW) Coordinating Collective
Gerry Condon, President, Board of Directors, Veterans for Peace
Tiana Ocasio, President, Connecticut Labor Council for Latin American Advancement
Leah Bolger, Coordinator, World Beyond War
Alexander Main, Senior Assoc for Intl Policy, Center for Economic and Policy Research
Kevin Martin, President, Peace Action and Peace Action Education Fund

Dr. Robert W. McChesney, University of Illinois at Urbana-Champaign
Berthony Dupont, Director, Haiti Liberté Newspaper
Marsha Rummel, Adlerperson, City of Madison Common Council, District 6
Monica Moorehead, Workers World Party
Kim Ives, Journalist, Haiti Liberté
Cindy Sheehan, Cindy’s Soapbox
Claudia Lucero, Executive Director, Chicago Religious Leadership Network on Latin America

William Camacaro, Venezuela activist
Baltimore Phil Berrigan Memorial Chapter Veterans For Peace
David W. Campbell, Secretary-Treasurer, USW Local 675 (Carson, CA)
Alice Bush, retired Northwest Indiana Division Director SEIU Local 73
Teresa Gutierrez, Co-Director International Action Center
Claire Deroche, NY Interfaith Campaign Against Torture
Eva Golinger, journalist and writer

The Cross Border Network (Kansas City)
Antonia Domingo, Pittsburgh Labor Council for Latin American Advancement
David Swanson, Director of World Beyond War
Matt Meyer, National Co-chair, Fellowship of Reconciliation
Rev. Daniel Dale, Christian Church (Disciples of Christ), CLRN Board of Directors
Daniel Chavez, Transnational Institute
Kathleen Desautels, SP (8th Day Center for Justice*)

Michael Eisenscher, National Coord. Emeritus, U.S. Labor Against the War (USLAW)
Dr. Paul Dordal, Director, Christian Network for Liberation and Equality
Dr. Douglas Friedman, Director International Studies, College of Charleston
Fr. Charles Dahm, Archdiocesan Director of Domestic Violence Outreach
Blase Bonpane, Director, Office of the Americas
Larry Birns, Director, Council on Hemispheric Affairs

Task Force on the Americas
Dr. Sharat G. Lin, former president, San Jose Peace and Justice Center
Stansfield Smith, Chicago ALBA Solidarity
Alicia Jrapko, U.S. coordinator, International Committee for Peace, Justice and Dignity
National Network on Cuba
Diana Bohn, Co-coordinator, Nicaragua Center for Community Action
Joe Jamison, Queens NY Peace Council

Jerry Harris, National Secretary, Global Studies Association of North America
MLK Coalition of Greater Los Angeles
Charlie Hardy, author, Cowboy in Caracas
Dan Shea, National Board, Veterans For Peace
Houston Peace and Justice Center
Dr. Christy Thornton, Fellow, Weatherhead Center for International Affairs, Harvard University
Code Pink Houston

Workers Solidarity Action Network.org
Rochester Committee on Latin America
Patricio Zamorano, Academic and International Affairs Analyst
Cliff Smith, business manager, Union of Roofers, Waterproofers and Allied Workers, Local 36
Michael Bass, Convener, School of the Americas Watch-Oakland/East Bay
Joe Lombardo, Marilyn Levin, Co-Coordinators of United National Antiwar Committee
Dr. Jeb Sprague-Silgado, University of California Santa Barbara
Portland Central America Solidarity Committee (PCASC)

Dr. Pamela Palmater, Mi’kmaq lawyer Chair in Indigenous Governance Ryerson University
Lee Gloster, Steward IBT 364, Trustee, N. Central IN Labor Chapter, N. IN Area Labor Federation
Celeste Howard, Secretary, WILPF, Portland Branch (Oregon)
Mario Galván, Sacramento Action for Latin America
Hector Gerardo, Executive Director, 1 Freedom for All
Jorge Marin, Venezuela Solidarity Committee
Ricardo Vaz, writer and editor of Investig’Action
Dr. T.M. Scruggs, University of Iowa, Professor Emeritus

Dr. Mike Davis, Dept. of Creative Writing, Univ. of CA, Riverside ; editor of the New Left Review
Dr. Lee Artz, Dept of Media Studies ; Director, Center for Global Studies, Purdue University Northwest
Dr. Arturo Escobar, Dept. of Anthropology University of North Carolina, Chapel Hill
Cheri Honkala, Director, Poor Peoples Economic Human Rights Campaign
Suren Moodliar, Coordinator, Encuentro5 (Boston)
Dr. Jack Rasmus, Economics Dept., St. Mary’s College, Moraga, California
Alice Slater, Nuclear Age Peace Foundation

Rich Whitney, Co-chair, Green Party Peace Action Committee
David Bacon, independent photojournalist
Dr. Kim Scipes, Department of Sociology, Purdue University Northwest
Jeff Mackler, National Secretary, Socialist Action
Committee in Solidarity with the People of El Salvador (CISPES)
Henry Lowendorf, Co-chair, Greater New Haven Peace Council

Judith Bello, Ed Kinane (founders), Upstate Drone Action
Dr. Daniel Whitesell, Lecturer in the Dept. of Spanish & Portuguese, UCLA
Dr. William I. Robinson, Sociology and Global and International Studies, UC-Santa Barbara
Emmanuel Rozental, Vilma Almendra, Pueblos en Camino, Abya Yala
Ben Manski, President, Liberty Tree Foundation for the Democratic Revolution
Frank Pratka, Baltimore-Matanzas Association/Maryland-Cuba Friendship Coalition
Dr. Hilbourne Watson, Emeritus, Department of International Relations, Bucknell University

Dr. Minqi Li, Economics Department, University of Utah
Christina Schiavoni, PhD researcher, Boston
Dr. Robert E. Birt, Department of Philosophy, Bowie State University
Topanga Peace Alliance
Judy Somberg, Susan Scott, Esq., Co-chairs, National Lawyers Guild Task Force on the Americas
Audrey Bomse, Esq., Co-chair, National Lawyers Guild Palestine Subcommittee
Daniel Chavez, Transnational Institute

Barby Ulmer, Board President, Our Developing World
Barbara Larcom, Coordinator, Casa Baltimore/Limay ; President, Nicaraguan Cultural Alliance
Nick Egnatz, Veterans for Peace
Dr. Marc Becker, Latin American Studies, Truman State University
Dr. John H. Sinnigen, Professor Emeritus, University of Maryland, Baltimore County (UMBC)
Dr. Dale Johnson, Professor Emeritus, Sociology, Rutgers University
Sulutasen Amador, Co-coordinator, Chukson Water Protectors

Mara Cohen, Communications Hub, Trade Justice Alliance
Dorotea Manuela, Co-Chair Rosa Parks Human Right Committee
Efia Nwangaza, Malcom X Center – WMXP Community Radio
Dr. Chris Chase-Dunn, Sociology, University of California-Riverside
Dr. Nick Nesbitt, Comparative Literature, Princeton
Timeka Drew, coordinator, Global Climate Convergence
Jack Gilroy, Friends of Franz & Ben www.bensalmon.org

Berkeley Fellowship of Unitarian Universalists, Social Justice Committee
Victor Wallis, Professor, Liberal Arts, Berkeley College of Music

Canada
Jerry Dias, President, UNIFOR
Mike Palecek, National President, Canadian Union of Postal Workers
Harvey Bischof, President, Ontario Secondary School Teachers’ Federation
Mark Hancock National President of the Canadian Union of Public Employees

Stephanie Smith, President of the British Columbia Government and Service Employees’ Union
Linda McQuaig, journalist and author, Toronto
Raul Burbano, Program Director, Common Frontiers
Miguel Figueroa, President, Canadian Peace Congress
Heide Trampus, Coordinator, Worker to Worker, Canada-Cuba Labour Solidarity Network

Rights Action (U.S. and Canada)
Joe Emersberger, writer, UNIFOR member
Nino Pagliccia, Jorge Arancibia, Marta Palominos, Frente para la Defensa de los Pueblos Hugo Chavez
Fire This Time Movement for Social Justice Venezuela Solidarity Campaign – Vancouver
The Hamilton Coalition To Stop The War

Vancouver Communities in Solidarity with Cuba (VCSC)
Maude Barlow, Chairperson, Council of Canadians
Canadian Network on Cuba
Mobilization Against War and Occupation (MAWO) – Vancouver
Dr. William Carroll, University of Victoria, Canada

Andrew Dekany, LL.M, Lawyer
Dr. Leo Panitch, Professor Emeritus, York University, Toronto
Canada-Philippines Solidarity for Human Rights (CPSHR)
Alma Weinstein, Bolivarian Circle Louis Riel Toronto

Maria Elena Mesa, Coord, Sunday Poetry and Festival Internacional de Poesia Patria Grande, Toronto
Dr. Radhika Desai, University of Manitoba

autre
Sergio Romero Cuevas, former Mexican Ambassador to Haiti
Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos, Oaxaca, Mexico

URL de cet article : https://haitianalysis.blogspot.fr/2018/03/lettre-de-soutien-la-mediation-au_10.html

Andrés Antillano : « l’Arc Minier apporte de la cohérence à une activité minière qui devenait chaotique ».

Après plusieurs mois de recherche ethnographique dans l’Arc Minier, un scientifique vénézuélien renommé soutient que l’activité minière de l’Orénoque fait l’objet d’une stigmatisation intéressée, de la part du grand capital tout particulièrement. L’une de ses conclusions est qu’un « partenariat entre l’État et la petite exploitation minière est un moyen de conjurer la violence et de garantir un développement minier respectueux de l’environnement ».

par Nerliny Caruci. « Des erreurs ont été commises dans le passé parce que la politique publique était une politique basée sur une mauvaise compréhension de l’activité minière, faite de répression et de non reconnaissance qui a mené à une situation favorable à l’émergence de groupes criminels, ceux-ci finissant par exploiter les mineurs ». C’est ainsi que le scientifique explique dans quel contexte est apparu le controversé Arc Minier de l’Orinoco et comment cette nouvelle politique rend sa dignité au monde des mineurs.

Andrés Antillano- en el río Cuyuni - Foto Emilio Guzmán

Andrés Antillano (à droite sur la photo) est psychosociologue et enseignant à l’Université Centrale du Venezuela (UCV), spécialiste en criminologie et militant des Droits de l’Homme. Ce scientifique a fait des recherches sur le terrain, à l’intérieur même des mines de l’Etat de Bolivar, afin de comprendre la vie du peuple des mineurs dans sa quotidienneté, et pour aller plus loin, la manière dont les pratiques sociales associées à l’activité minière s’organisent. « L’Arc Minier nous permet de garantir un développement responsable de l’activité minière reposant, avant tout, sur ce qui représente la force motrice de cette transformation minière : la classe laborieuse des mineurs », souligne l’expert en référence à l’impact environnemental et social qu’aura l’Arc de Guayana.

Selon l’opinion qu’il s’est forgée sur la base des dispositifs ethnographique de coproduction de l’information, le secteur minier exprime l’identité de la classe travailleuse vénézuélienne, malgré « la stigmatisation intéressée » que propagent à son sujet »le grand capital qui était à l’origine de l’activité minière ». La pression exercée contre l’Arc Minier augmente avec le temps. Il suffit de se rappeler comment il a été discrédité ces derniers jours dans l’opinion publique : « l’activité minière décrétée par Maduro cause des ravages », « l’Arc Minier dévore le Venezuela et personne ne dit rien » ou « L’Arc Minier ampute de 12% le territoire national », alors même que des scientifiques, le peuple des mineurs, des leaders indigènes et le gouvernement national ont démontré que l’Arc Minier de Guayana est une politique qui est venue mettre de l’ordre dans le chaos qui régnait dans une activité minière qui, selon les termes d’Antillano, « partait en vrille ».
Selon ce chercheur universitaire, il y a un peu de tout dans ces critiques : des critiques malveillantes, des critiques justes et des jugements à l’emporte-pièce dues à l’incompréhension. Artillano a défini le partenariat entre l’Etat et la petite exploitation minière dans l’Arc Minier de l’Orinoco comme la voie incontournable à suivre, pouvant être un phare pour les mineurs du monde entier qui vivent dans des conditions d’exploitation relevant quasiment de l’esclavage et qui subissent des spoliations et des pillages sans fin ».

Pourquoi mener une recherche scientifique sur le thème de l’activité minière?

L’intérêt de cette recherche est de dénoncer la stigmatisation qui pèse sur les petits exploitants miniers et qui répond à certains intérêts, selon moi. Cette stigmatisation fait partie d’une stratégie de négation de notre peuple, de négation des petites gens qui sont pourtant ceux qui produisent nos richesses et qui font le pays. Il s’agit d’une stigmatisation historique des petits exploitants miniers qui cherche à les faire apparaître comme des groupes criminels, des fainéants et des prédateurs de l’environnement, alors que ce sont justement ces petits mineurs qui, j’insiste là-dessus, produisent la richesse, tout comme les pauvres et les travailleurs de ce pays.

Donc, pour l’essentiel, cette recherche a tenté de connaître de près le monde de la mine. L’ethnographie consiste justement à faire partie intégrante de l’objet que l’on étudie : il ne s’agit pas de voir les choses de loin, mais de connaître de près la vie, les pratiques sociales, les formes d’organisation, les problèmes des mineurs, et bon, ç’était vraiment passionnant. Et je suis arrivé à la conclusion, Nerliny, Ministre, Maria, que si un secteur de la population est à même d’exprimer l’identité de la classe travailleuse de ce pays, c’est bien celui des mineurs. Dans notre imaginaire collectif, il y a un peu de cette représentation très coloniale d’El Dorado, l’idée que l’or se trouve facilement, qu’il est à portée de main.

Andrés Antillano- en El Callao - Foto Emilio Guzmán
Quelle idée!

Oui vraiment, quelle idée! Comme cette croyance aussi que lorsqu’il a plu à El Callao, apparaissent des « cochanitos » en or ; peut-être cela s’est-il passé un jour? Non, sérieusement, si l’or a une quelconque valeur, ce n’est pas le métal en lui-même qui la lui confère, mais le travail gigantesque fourni par le mineur.

Andrés, pourquoi le public a-t-il une mauvaise image du mineur? Pourquoi cette image négative du mineur est-elle autant relayée par les médias?

Parmi les mineurs, on trouve toutes sortes de personnes, mais les gens honnêtes et travailleurs prédominent, des gens qui s’efforcent de gagner leur vie par leur travail avec une détermination impressionnante. De plus, le mineur mène une vie très simple, très modeste ; il utilise l’or pour survivre, mais il ne s’agit pas du tout de fortunes colossales! Cette croyance est un autre grand mythe!

Il peut y avoir beaucoup de raisons à cette stigmatisation, mais je pense qu’elle est intéressée, tout particulièrement lorsqu’elle provient du grand capital qui était à l’origine de l’exploitation minière. On parle par exemple de déprédation de l’environnement ; je suis allé sur place et j’ai vu, en effet, des zones présentant beaucoup de dégâts, mais c’était le résultat de l’activité d’anciennes grandes entreprises minières qui ont été expulsées (par le gouvernement du Président Chavez). J’étais sur les lieux, on ne pourra pas me raconter d’histoires. En outre, le mineur éprouve un profond sentiment anti-impérialiste. C’est une des choses que j’ai pu constater, car leur lutte de classe a toujours été dirigée contre les grandes corporations qui exploitaient les mineurs ; et le mineur a toujours revendiqué la souveraineté nationale. Se rapprocher du monde des mineurs, c’est côtoyer un monde culturellement riche du fait qu’il est le creuset du peuple vénézuélien : on trouve dans les mines des gens de la partie orientale du pays, de la partie occidentale, des gens de l’Apure, des gens des Andes, des camarades venus d’autres pays, des frères colombiens. Bref, l’Arc est un véritable creuset des secteurs populaires et à ce titre possède une culture très riche. De plus, le mineur a le sens du bien commun -bien sûr j’insiste sur le fait qu’il y a un peu de tout parmi cette population et qu’il ne faut pas généraliser – mais il comprend que la nature ne peut pas être pillée éternellement, car il en vit et doit entretenir avec elle une relation fondée sur le respect. Ensuite, il y a un problème qui relève de la responsabilité de l’Etat ; j’entends par là que le Ministère du Développement Minier Ecologique se doit de régler la question de la situation irrégulière des petits exploitants miniers.

Arco Minero del Orinoco - Mina El Chivao - Foto Emilio Guzmán

Le secteur informel?

Exactement. Le travail informel fait du peuple des mineurs une proie facile des groupes criminels et des victimes d’extorsions. J’ai pu voir comment, sous prétexte de lutte contre le paludisme, des mercenaires de la santé détournent les médicaments pour les vendre à leur propre profit et à des prix exorbitants aux mineurs – des médicaments qui sont gratuits au Venezuela! -, vous vous rendez compte? Le travail informel est aussi lié à la situation juridique, légale du mineur ; à cet égard, une politique de régularisation, de légitimation, une présence de l’Etat et des partenariats entre l’Etat et les petites exploitations minières, non seulement amélioreraient la situation des mineurs, mais garantiraient également un développement respectueux de l’environnement tout en allant dans le sens d’une stratégie visant à remédier à la situation de guerre économique que vit le pays.

Ces jours-ci, on a pu lire dans quelques médias que les résultats d’une enquête que vous avez faite dans l’Arc Minier de l’Orinoco montrent qu’ « il y a une relation directe entre la flambée de la production d’or et la violence ». Peut-on considérer les choses ainsi? Cette affirmation rend-elle justice à la manière dont le phénomènes de la violence se forme dans l’Arc?

Je n’ai absolument pas dit cela, vraiment! D’abord, il y a la question de la rente. L’exploitation minière existe au nord de l’Etat de Bolivar depuis presque 200 ans – en 1824, la première exploitation s’est installée dans la région de Cuyuni – et pourtant la violence n’y régnait pas. Les groupes criminels ne proviennent pas du peuple des mineurs ; bien au contraire, ce sont les mafias qui abusent des mineurs. La violence présente dans l’Arc Minier est liée à plusieurs facteurs dont, je crois, la faible présence de l’Etat. C’est pourquoi il faut renforcer cette présence et réglementer l’activité minière. Par exemple, les mineurs envisagent, entre autres choses, la possibilité de vendre l’or directement à l’Etat et à cet égard, les premiers résultats positifs des bureaux de l’or laissent envisager une politique d’une haute importance, consistant à vendre l’or directement à la Banque Centrale et à Minerven ; et aussi d’entrer en relation étroite avec l’Etat, car les mineurs comprennent que l’Etat Vénézuélien n’est pas là pour les brimer, mais pour les protéger et leur rendre leur dignité. Puisque c’est justement la faible présence de l’Etat qui favorise la toute-puissance des organisations criminelles. La perspective de très gros revenus est également très attractive pour les bandes criminelles qui finissent par exploiter les mineurs. En fait, le problème central est le le prélèvement dérégulé de revenus en l’absence d’un partenariat actif entre l’Etat et les communautés.

La violence est liée à un contexte de lutte de classes ; c’est-à-dire qu’actuellement, ce n’est pas le grand capital des entreprises transnationales qui exploite le mineur, mais les groupes criminels eux-mêmes. Donc, la présence forte de l’Etat, la collaboration entre l’Etat et la petite exploitation minière est un bon moyen de conjurer la violence dans l’Arc Minier de l’Orinoco La violence et l’activité minière ne sont pas nécessairement liées! La violence relève de l’absence de politiques visant à intégrer les mineurs et à leur garantir des conditions de vie satisfaisantes – et je pense que l’Arc Minier de l’Orinoco représente un effort important dans ce sens-.

Arco Minero_Mina El Chivao - Foto Emilio Guzmán
Y a-t-il des personnes qui s’opposent à l’Arc Minier conçu par le Commandant Chavez et qui se concrétise aujourd’hui par le décret du Président Nicolas Maduro ? A votre avis, quel est l’impact social de l’Arc Minier de l’Orinoco?

Bien sûr! Parmi les critiques contre l’Arc Minier, on trouve de tout : de la critique malveillante, des critiques valables et justes que je pourrais même partager, et des critiques dues au manque d’information. C’est pourquoi je profite de l’occasion qui m’est donnée ici pour saluer le travail médiatique effectué par En la bulla, dont l’émission a été réalisée au Ministère du Développement Minier Ecologique avec la Radio Nationale du Venezuela. Mais je pense qu’avant tout l’Arc Minier cherche à donner une cohérence à une activité minière qui existe depuis très longtemps et qui partait en vrilles de toute façon.

Des erreurs ont été commises dans le passé parce que la politique publique était une politique basée sur une mauvaise connaissance de l’activité minière, faite de répression et d’incompréhension ; créant ainsi un contexte qui, par exemple, a favorisé l’apparition de groupes criminels, ceux-ci finissant par exploiter les mineurs. Donc, je suis convaincu que l’Arc Minier contribue à régulariser la situation des petits exploitants miniers, à garantir leurs droits, à garantir une présence active de l’Etat et à démontrer que le développement d’une activité minière écologique n’est certainement pas une utopie. Des expériences intéressantes ont été menées dans des régions minières du Pérou où la communauté des mineurs établit elle-même des mécanismes de contrôle et de surveillance de l’environnement ; ce sont des initiatives susceptibles d’assurer un développement responsable de l’activité minière, surtout si elle repose sur ce que je pense être la force motrice de cette transformation de l’activité minière : les petits exploitants miniers la classe travailleuse des mineurs.

Tu disais il y a un instant que le peuple des mineurs est un peuple très modeste qui manie de grandes richesses. Est-ce que cette pauvreté découle de l’ignorance de la valeur de tant de richesse? Qu’en penses-tu ?

Eh bien figure-toi qu’une des choses qui, à mes yeux, est sans rapport avec ces mythes dont parlait Nerliny, est le fait que le petit exploitant minier ne produit vraiment pas beaucoup. Il ne garde qu’une très petite part de sa production pour lui, en réalité, et l’estimation de ses gains n’est qu’approximative.

Et ce qu’il gagne, il le perd à cause des rackets.

Oui, il finit par le donner aux racketteurs ou en achetant certains produits à des prix exorbitants ; par exemple, des médicaments contre le paludisme qui sont gratuits mais qu’on leur vend à des prix faramineux. Le mineur se retrouve donc avec juste 10 ou 15% de sa production. Il extrait de très petites quantités et ne conserve pour lui que 10% de ce qu’il a sorti. Le surplus reste là. Et qui se l’approprie? Les mafias, les opérateurs qui rackettent les mineurs. Dans un tel contexte, le développement des forces productives minières, l’assistance technique aux mineurs et le déblocage de fonds au profit des mines pouvant être réinvestis, jouent un rôle clé.

Minero_Hoja de Lata II - Foto Emilio Guzmán
Nous allons créer un Fond Social Minier.

Ce genre de choses va permettre d’éviter des dangers bien réels qui menacent la souveraineté nationale. Il y a des pays où des dynamiques de conflits armés sont largement financées par ces pratiques d’extorsion exercées sur les petits mineurs. Ce n’est pas le cas au Venezuela heureusement! Mais c’est un danger permanent. Donc, la possibilité pour la classe travailleuse des mineurs et l’Etat de se réapproprier cet excédent et d’alimenter les caisses de la Banque Centrale, selon des accords équitables entre les petits exploitants miniers et l’Etat, va non seulement écarter ce danger, mais favorisa aussi le développement de l’activité minière traditionnelle, qui représente une activité productive effectuée essentiellement à la main. Au cours de mon enquête, je suis descendu dans les « barrancos » (ravins) comme on appelle là-bas les galeries verticales, jusqu’à 50 mètres de profondeur pour voir comment on extrait l’or à coups de marteau. C’est un travail très artisanal, très rudimentaire et qui met souvent la vie du mineur en danger. Par conséquent, la mise au point et l’application de technologies plus performantes et respectueuses de l’environnement ainsi que la protection de la sécurité au travail et de la santé des mineurs vont se traduire non seulement par la dignification de la vie du mineur mais aussi par une activité beaucoup plus rentable et bien moins coûteuse ; tout cela a quelque chose à voir avec cette enquête, le savoir-faire et l’assistance technique que vous mentionnez. C’est une réelle opportunité de régler le problème de l’usage du mercure qui affecte autant les mineurs que l’environnement.

Toi qui as côtoyé le peuple des mineurs et qui a fait des enquêtes, peux-tu nous dire si les mineurs sont conscients de la nécessité de préserver l’environnement et les écosystèmes dans lesquels ils travaillent? Quelle est ton impression sur ce peuple?

Je dois d’abord souligner que le monde du petit exploitant minier est très hétérogène. Il y a le mineur traditionnel –comme c’est le cas de Maria – : un mineur qui exerce ce métier durant toute sa vie et a développé un savoir-faire dans la protection de l’environnement ; et puis il y a les nouveaux arrivants qui s’adonnent à des activités très nuisibles ; ils veulent se constituer un petit capital le plus vite possible, parfois même au détriment de leur propre vie. Mais en règle générale, l’impact destructeur de l’activité du mineur traditionnel sur l’environnement est plutôt faible. Bien sûr, comme les mineurs sont nombreux, les dégâts seront sans doute plus importants, mais c’est avant tout leur propre vie qui est menacée par la contamination au mercure et par le paludisme. Mais, je le répète, le mineur traditionnel sait intuitivement que la préservation de l’environnement est primordiale ; car, en fin de compte, le mineur vit en relation étroite avec son environnement ; le mineur traditionnel prend soin de son milieu naturel.

Le mineur générationnel a une forte culture propre au monde de la mine et qui se différencie nettement ne serait-ce que par le fait qu’il est moins sujette aux accidents que les autres. Il a une relation responsable avec son travail et avec l’environnement, puisqu’il est né et a vécu dans la mine, ou bien a toujours été en relation avec le monde de la mine. Cette relation est d’ailleurs très intéressante. A El Callao par exemple, de nombreuses familles ont une mine dans la cour de leur maison et n’exploitent que le strict nécessaire. Imaginez-vous, Ministre, Nerliny, la différence que cela représente avec le grand capital! C’est vraiment une grande différence en comparaison avec les grandes industries minières qui épuisent rapidement le gisement en extrayant les plus grandes quantités possibles de ce minerai ; parfois même elles n’extraient rien car ce qui les intéresse c’est le chiffre d’affaires boursier, c’est de figurer à la bourse de valeurs de Wall Street.

Le mineur traditionnel comprend que son mode de vie prioritaire doit être de se procurer uniquement la quantité d’or dont il a besoin pour vivre ; il n’entretient pas de relation déprédatrice avec la mine, ni avec son milieu environnemental. Néanmoins, d’autres formes de relations existent sur le territoire ; par exemple, l’usage de dragues et de bassins, qui constitue une sorte de moyenne exploitation minière, illégale, mobilisant d’importants capitaux et agissant en toute impunité, a un sérieux impact destructeur sur les lits des rivières. Il y aussi les familles de mineurs qui viennent des grandes villes et, pour une bonne part, de la campagne, fuyant la pauvreté que provoquent la guerre économique criminelle menée actuellement contre les secteurs populaires et les opérations de spéculation dirigées contre le peuple vénézuélien. Ces familles viennent le plus souvent pour chercher une bouffée d’oxygène, reprendre leur souffle dans l’activité minière, certaines d’entre elles croyant à la légende d’El Dorado et s’imaginant faire fortune rapidement ; cette légende est fausse, j’insiste là-dessus, car le petit exploitant travaille avec des méthodes très peu industrielles, voire artisanales, et ne réussit jamais à faire fortune, sauf dans quelques rares endroits – il se fait moins d’un gramme d’or – moins d’une « grama » comme ils disent dans les mines.

C’est ce que l’on constate dans les bureaux de l’or : le travail de 25 000 mineurs s’est traduit, lors de la 12ème livraison de 2017, par un peu plus de 700 kilos de métal aurifique.

Vous touchez là un point très important que je n’ai pas fini de développer : chaque mineur, chaque équipe et chaque compagnie travaillent essentiellement en coopération. L’exploitation minière produit relativement peu et les gains des mineurs ne sont pas très élevés ; mais les mineurs dans leur ensemble peuvent obtenir des gains importants. A ce point de vue, il existe un vide que les petits exploitants comblent avec le Conseil Populaire Minier.

Avec les brigades de mineurs.

…avec les brigades de mineurs. Qui n’ont rien à voir avec des unités isolées : elles constituent un véritable mouvement. Car leur capacité de production pourrait faire du mouvement de l’Arc Minier le mouvement populaire le plus important du pays : autant pour leur production que par le grand nombre de familles qui y sont impliquées. C’est-t-à-dire que les petits mineurs organisés de manière collective pourraient se réapproprier leurs propres excédents, avec l’aide de l’Etat, pour le transférer à ce dernier et à la Banque Centrale à un prix juste, ce qui rendrait possible une évolution sociale, technologique et éducative. Le gros problème est que la plupart du temps les mines se trouvent en-dehors des secteurs les mieux implantés, et les enfants n’y ont donc pas accès à l’enseignement scolaire. Avec le Conseil Populaire des Mines, nous avons réfléchi à des projets d’enseignement non officiel et de santé qui permettraient à ces enfants d’être pris en charge, et de quelle manière on pourrait intégrer ces projets dans une dynamique de développement local global.

Minas Ríos Cuyuní-Chicanán - Foto Emilio Guzmán

De tout l’Arc Minier de l’Orinoco ?

De tout l’Arc Minier, contrôlé par ceux qui produisent la richesse. Car, finalement, c’est cela le socialisme, que ceux qui produisent les richesses soient aussi ceux qui décident politiquement de leur usage. De ce point de vue, la possibilité d’un partenariat entre les petits exploitants miniers et l’Etat, dans l’Arc de l’Orinoco, est la seule voie à suivre et peut être un phare pour les mineurs du monde entier qui vivent dans des conditions de surexploitation voir de quasi esclavage, livrés à la spoliation et aux pillages permanents, que ce soit dans différents pays de notre Amérique que dans le reste du monde.
Une fois de plus, nous pouvons constater, Nerliny, que là encore nous avons besoin de l’Arc Minier de l’Orinoco pour aborder la question socio-environnementale qui, comme nous le disions dans notre titre, est de laisser « la plus petite trace possible dans le milieu naturel mais le plus grand impact possible sur le social » et de soutenir l’organisation des mineurs, hommes et femmes, qui mènent leur vie dans l’Arc.

Et de les reconnaître. Il est important que l’Etat reconnaissent les petits exploitants comme producteurs de la richesse minière du pays. Au titre de cette légitimité , la communauté locale doit participer aux processus de prise de décision, de contrôle et de gestion de la politique minière. Dans cette optique, le respect des droits des peuples indigènes sur leurs terres ancestrales, tels qu’ils sont consacrés par la Constitution, relève de la responsabilité de l’Etat.

Si nous reprenons les objectifs de l’Arc Minier, nous trouvons celui de prendre le contrôle souverain de la chaîne productive minière et d’y inclure celui des activités connexes de l’exploitation minière. Vous qui avez eu l’opportunité d’être sur place aux côtés des mineurs, hommes et femmes, de toute cette région du Nord de Bolivar, quelles sont les perspectives de développement de projets agroproductifs, compte-tenu du fait que mineurs paient très leurs aliments?

C’est vrai : le petit mineur est devenu la cible d’intermédiaires sans scrupules. Et ce qui est lamentable, c’est qu’il s’agit parfois de personnes appelées à protéger les petits exploitants, comme des membres des corps de sécurité -pas tous! Juste quelques uns d’entre eux qui exercent une répression disproportionnée- et d’autres acteurs civils qui sans vergogne se livrent au pillage et à la spoliation du petit mineur allant même jusqu’à l’extorsion, ou encore à des opérations spéculatives qui provoquent le coût élevé de la vie. Dans l’Arc Minier, les mineurs produisent des aliments. Dans la plupart des mines, j’ai vu des plantations et des élevages de bétail. C’est ce qu’il faut encourager en apportant aux mineurs une assistance technique et en établissant des partenariats avec eux. Un autre élément important est que les mineurs côtoient les peuples indigènes -beaucoup d’indigènes sont mineurs- et on trouve de nombreuses mines chez les indigènes. Ces peuples sont les seuls à être présents sur des territoires particulièrement vulnérables, à proximité de la frontière avec le Guyana, notre Guyana Esequibo, et de celle avec le Brésil.

Le peuple des mineurs est un facteur de souveraineté, qui permet d’exercer la souveraineté nationale sur des territoires que l’Etat vénézuélien a depuis toujours laissés à l’abandon, et dans lesquels ce sont, comme c’est toujours le cas, les pauvres et les travailleurs qui, par leur présence, renforcent cette souveraineté et y créent la patrie. Cet facteur de la souveraineté nationale doit aussi être pris en compte dans la politique minière et dans la politique d’organisation des petits exploitants miniers. J’ai rencontré l’Association des Gardiens de l’Esequibo près de Hoja de Lata. Les mineurs envisagent sérieusement un développement productif responsable près d’une frontière devenue particulièrement sensible en raison du pillage historique de notre Esequibo par l’empire britannique. La présence de l’Etat est très aléatoire, très faible dans ces régions. C’est un problème qui reste à résoudre. Il est par exemple lamentable de voir comment des semi-wagons remplis d’essence vénézuélienne, refusée aux mineurs, passent au Guyana pour y financer l’usurpation du territoire de l’Esequibo. C’est pourquoi, je le répète, ce sont les mineurs qui représentent une garantie de souveraineté pour la protection et la défense du territoire nationale.

Après avoir vécu cette expérience d’investigation dans les territoires de l’Orinoquia, que signifie l’Arc Minier de l’Orénoque aux yeux du scientifique que vous êtes, Andrés Antillano?

Je crois que l’Arc Minier repose sur la légitimation de la classe laborieuse des mineurs, l’intégration et la réhabilitation de cette classe composée de milliers, de centaines de milliers même de petits exploitants miniers qui, tous les jours, produisent non seulement de l’or et des diamants, mais font la patrie sur les territoires qu’ils occupent. L’Arc Minier doit concevoir un développement à orientation écologique basé sur les relations communautaires et renforcer une présence active de l’Etat, qui protège et potentialise les capacités créatrices de notre peuple.

Photos : Emilio Guzman

Traduction : Frédérique Buhl

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Le conseil paysan « El esfuerzo » obtient un certificat agraire mais continue d’être menacé.

Le samedi 14 février dernier a marqué un jour de victoire pour la communauté du Conseil Paysan « El esfuerzo ». Après un processus qui a duré dix années, des paysannes et paysans organisés ont enfin vu la concrétisation de leur droit sur les terres qu’ils avaient récupérées et sur lesquelles ils vivent et produisent, contribuant ainsi à la sécurité et la souveraineté alimentaire du pays.

La conclusion tardive de cette procédure administrative arrive à un moment de très forte tension pour cette communauté située sur la commune de Guanare dans l’état de Portuguesa : durant les trois derniers mois, elle a dû tout à coup commencer à faire face à des tentatives d’expulsion, des menaces et des actes de violence tels que l’incendie volontaire d’habitations, du centre de stockage des récoltes et tout récemment de l’école communautaire « Fabricio Ojeda ».

L’entrepreneur Bernardo Medina Moser, organisateur du harcèlement contre la communauté paysanne et notamment de l’incendie de son école.

La communauté rend responsable de cette escalade d’intimidation et de violence l’entrepreneur Bernardo Medina Moser, fils de l’ancien propriétaire de ces terres, Antonio Medina Larrain. Celui-ci les avait laissées à l’abandon depuis 18 ans environ, après que les organismes de sécurité de l’État vénézuélien les aient saisies au motif de la présence de groupes impliqués dans des délits. Des années plus tard, en 2008, des paysannes et des paysans ont dénoncé l’abandon des terres sur lesquelles ils ont commencé à produire en 2011, une fois initiée la procédure légale pour leur récupération, tel que le stipule la loi de Terres et Développement Agraire.

Néanmoins, comme le souligne le portail La Tabla, à présent, les anciennes plantations de teck présentes sur ces terres et qui avaient été abandonnées, ont réactivé les appétits des grands propriétaires terriens « à cause des facilités qu’octroie pour les exportations non traditionnelles le gouvernement national avec l’appui du gouvernement régional depuis quelque temps. Les grands propriétaires sont revenus au teck […] il n’est plus question de capturer la rente pétrolière pour une partie de la bourgeoisie traditionnelle mais de profiter désormais des devises que génère la vente d’autres ressources naturelles ».

La plainte déposée contre l’incendie volontaire de l’école rurale « Fabricio Ojeda » qui a eu lieu le 18 février dernier, a soulevé l’indignation et se trouve à l’origine de l’intervention des institutions de l’État vénézuélien ; celles-ci sont venues se réunir avec la communauté. L’Institut National des Terres (INTI) s’est manifesté en mettant un terme au processus initié en 2011 et en délivrant à la communauté organisée le Titre d’Attribution Socialiste Agraire pour 515 hectares. Le Ministère du Pouvoir Populaire pour l’Education est également intervenu pour défendre les droits des enfants de la communauté.

« Enfin, les habitants de L’Effort ont reçu des mains du vice-ministre [des terres] et président de l’INTI, Luis Soteldo, le titre d’attribution de la terre. Ils vont être également inclus dans les plans de semailles pour leur financement. [Soteldo] s’est également engagé à faire don du toit de l’école que les paysans eux-mêmes reconstruisent », raconte Arbonio Ortega, membre du Conseil Législatif de l’état de Portuguesa. Cette institution, ainsi que l’ensemble des organisations qui intègrent la Plateforme de Lutte Paysanne, ont joué un rôle important dans la lutte pour les droits de la communauté de « El esfuerzo ».

En plus de l’acte de délivrance du titre de propriété des terres, le directeur de la Zone Éducative de l’état de Portuguesa, Victor Ramirez, a augmenté l’effectif de l’école en reconstruction de 18 à 52 élèves. On a également donné à l’école un code national, ceci pour soutenir la communauté paysanne. De plus, on a augmenté le nombre d’enseignants : deux maîtres supplémentaires et un moniteur de sport qui font partie des familles aidées », raconte Ortega.

Mais le lendemain, les menaces visant les paysannes et les paysans de L’Effort ont repris : « une situation particulière s’est présentée : le survol d’un hélicoptère d’où a été lancé un paquet dans la propriété rurale, provoquant la panique des habitants » rapporte Arbonio Ortega. Les faits ont été immédiatement dénoncés ; les corps de sécurité de l’État sont intervenus pour protéger la communauté paysanne et pour enquêter sur ces faits d’intimidation. Le Conseil Paysan alerte également sur la présence de groupes paramilitaires à la solde des grands propriétaires terriens et sur les menaces de mort formulées à l’encontre de leurs dirigeants.

Les puissants intérêts économiques qui se trouvent derrière le harcèlement dont est victime le Conseil Paysan sont évidents ; en effet, le teck est considéré comme un bois de grande valeur sur le marché international. Ce qui est plus préoccupant, c’est le haut niveau d’appui politique dont bénéficie Medina ; d’après ce que l’on rapporte dans la communauté : même les médias publics ont souligné, il y a peu, le démarrage de leur affaire d’exportation de bois, malgré non seulement la persécution exercée sur la communauté paysanne mais aussi les effractions environnementales et la mauvaise utilisation des terres auxquels recourt cette entreprise agro-forestière. Les champs de teck sur les rives du fleuve mettent gravement en danger son bassin hydrographique.

Source : http://www.albatv.org/El-Consejo-Campesino-El-Esfuerzo.html

Traduction : Sylvie Carrasco

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Rencontre de solidarité des organisations populaires vénézuéliennes avec le mouvement communard de l’État de Lara

Ce dimanche 25 février 2018 s’est achevée la « Rencontre de Solidarité avec le Mouvement Communautaire Simon Planas », dans l’État de Lara, à laquelle ont participé environ 600 personnes appartenant à plus de 50 organisations provenant de différents coins du pays, et au cours de laquelle l’orientation stratégique du mouvement révolutionnaire chaviste a été confirmée, avec pour objectif la construction de l’Etat communal ; pour avancer dans cette voie, des tâches indispensables ont été déterminées, comme la conquête de la souveraineté alimentaire ou la création de villes communales socialistes afin de franchir le pas décisif vers la Confédération communale.

Durant la journée de samedi, des tables rondes ont permis d’analyser de manière collective les caractéristiques de la période que traverse actuellement la Révolution Bolivarienne et comment le mouvement communal peut, en articulation avec les autres formes d’organisation tant rurale qu’urbaine, réagir aux circonstances présentes. Parmi les premiers accords qui se sont dégagés de ces journées de travail, il y a la  résolution que ce sera dorénavant El Maizal qui ira constater le travail réalisé par les autres communes et organisations sur tout le territoire, renforçant ainsi un processus de coordination qui permettra de poursuivre le développement d’une économie communale en réaction aux dynamiques économiques actuelles encore largement dominées par des normes capitalistes.

Angel Prado, Constituant et principal porte-parole de la Commune El Maizal, souligne la nécessité de faire progresser l’industrialisation communale afin que ce soit le pouvoir populaire organisé qui non seulement assure la production, mais aussi la transformation et la distribution des denrées alimentaires, car actuellement la production doit être livrée à des intermédiaires publics ou privés qui, en dernière instance, ne donnent pas la garantie « que les habitants de Caracas ou Barquisimeto mangent du pain fait avec le maïs récolté à la Commune ».

La Commune José Antonio Anzoategui, située dans l’Orient du Pays, a indiqué que durant l’année 2016, quasi 500 tonnes de maïs ont été fournies aux silos d’Agropatria, ce qui représente 75% de sa production, « mais ensuite nous avons vu partir cette production de nuit, dans des camions aux destinations incertaines tandis que nos communautés devaient acheter la farine au tarif du bachaqueo », signale le porte-parole de la Commune. Il poursuit en ces termes : « nous avons confié non seulement notre production aux Institutions, mais aussi nos espoirs et nos rêves, mais des fonctionnaires sans scrupules ont fini par les trahir ». C’est à ce titre que la Commune exige le transfert des silos tout comme de  l’usine de transformation du maïs d’Agropatria.

Lors de l’échange de données d’expérience  ont été signalées des iniatives prises par différents réseaux solidaires de distribution, comme « Pueblo a pueblo », « Alpargata Solidaria » ou « SACO » (Système de Production et d’Approvisionnement Communal), réalisations visant à exclure les intermédiaires et les spéculateurs en apportant directement la production du champ aux consommateurs, qui à leur tour peuvent intégrer leurs propres biens et services dans cet échange.

La soirée du samedi s’est terminée par la présentation de diverses cultures populaires, dont Amaranta Pérez accompagnée d’une chorale de garçons et de filles qui ont participé à cette activité en montant la mise en scène en un temps record. Des groupes de danses locales se sont également produits, dont certains au son du Tamunangue et d’autres rythmes de tambour, racontant aux public le passé d’esclavage de l’homme et de la femme noirs et leur lutte pour s’en libérer. Le merengue paysan et le hip hop ont aussi résonné sur le podium, exprimant toute la diversité du mouvement populaire chaviste.

Soutien au Président Nicolas Maduro aux prochaines élections

La journée de dimanche a clôturé la Rencontre de Solidarité par une manifestation qui a parcouru le village de Sarare jusqu’à la place Bolivar où les portes-paroles des différentes organisations ont pris la parole pour présenter leurs bilans et prévisions, ainsi que leurs conceptions novatrices de l’avenir sur le plan organisationnel et celui des élections. Les différents portes-paroles ont réaffirmé leur soutien au Président Nicolas Maduro aux prochaines élections présidentielles du 22 avril, en soulignant que son leadership incarne l’unité du chavisme face à l’offensive nordaméricaine qui ne reconnait pas l’institutionnalité vénézuélienne et insiste sur sa théorie d’état en faillitte pour justifier une intervention politique, économique, diplomatique sans exclure une intervention militaire dans l’objectif de désarticuler et d’éliminer la Révolution Bolivarienne.

Les Partis « Patrie pour Tous » (PPT) et le Parti Communiste du Venezuela (PCV), dont les principaux représentants se sont récemment réunis avec le Président Maduro, ont également réaffirmé leur soutien à sa candidature non sans avoir auparavant demandé que soient résolus des cas comme ceux d’Angel Prado à Simon Planas (Etat de Lara) et Regulo Reina à Libertador (Etat de Monagas), qui ont été élus maires lors des dernières élections du 10 décembre dernier, alors que leConseil National Electoral (CNE) a proclamé maires d’autres candidats du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) dans ces localités.

Lors du meeting de clôture, Angel Prado a réaffirmé la nécessité d’instituer Simon Planas comme District Moteur du Développement Agroindustriel, proposition qui avait été faite par le Commandant Chavez lors d’une de ses visites à la Caruciena, et durant laquelle il avait demandé au peuple de s’organiser en Commune, le gouvernement lui garantissant les ressources nécessaire ; cette action aurait permis de proclamer la souveraine alimentaire de cette région du Lara pour au moins 15 produits alimentaires.

Lien : « Déclaration de la Rencontre de Solidarité avec le Mouvement Communal de Simon Planas« .

JC/Alba Tv/2018

Source : http://www.albatv.org/Encuentro-de-solidaridad-con-Simon.html

Traduction : Frédérique Buhl

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L’interview. “Mon  projet de vie c’est l’Hôpital Cardiologique Latino-américain des Enfants”

Jesus_Vargas-0262-1132x670Par choix personnel, Isabel Iturria n’a pas eu d’enfants. Pourtant, c’est grâce à son travail plein d’amour et de dévouement que plus de onze mille enfants, filles et garçons, lui doivent la vie.

Ce sont ces petits du Venezuela et d’autres pays qui sont nés une deuxième fois après avoir été opérés à l’Hôpital Cardiologique Latino-américain des Enfants Dr Gilberto Rodriguez Ochoa, institution qu’Iturria a fondée et qu’elle dirige depuis 12 ans.

Native de Caracas, féministe, chaviste prompte à s’émouvoir, enseignante intraitable et lectrice vorace, Iturria accuse le commandant Chávez de l’avoir déviée du chemin de la pratique clinique en la choisissant pour tenir les rênes de ce projet qui demeure un modèle, non seulement pour la qualité de l’attention médicale qu’il offre mais encore parce qu’il est un espace où se vit concrètement l’intégration latino-américaine. Elle parle peu de sa vie personnelle mais nous avons pu obtenir qu’elle nous confie que la lecture la passionne, qu’elle a étudié simultanément la médecine et les lettres et qu’elle passait les week-ends de son enfance au milieu des vaches. Elle s’est présentée  à cette interview avec trois livres :  Humour et Amour de Aquiles Nazoa; un recueil complet du détective Sherlock Holmes de Arthur Conan Doyle (en anglais) et Naissance de la clinique, de Michel Foucault. Elle parla des trois ouvrages avec enthousiasme.

Elle fut une dirigeante parmi les étudiants et, en plus d’être une excellente universitaire, elle s’intéressa aussi au sport.

Elle a pratiqué le volley-ball pendant ses études à l’université et aujourd’hui, à un âge où bien des femmes prennent leur retraite, elle a osé  traverser à la nage le fleuve Orénoque (et par deux fois).

—Vous êtes de Caracas.  Parlez-nous de votre cartographie personnelle de la ville.

—De pure souche. Mon acte de naissance indique La Candelaria. J’ai toujours vécu à Caracas. J’apprécie terriblement toutes les particularités de la ville, par exemple, le dimanche, pouvoir marcher depuis la Promenade de Los Próceres jusqu’à la place Las Tres Gracias et être arrêtée par le tapage des aras en vol.

C’est une ville réellement belle, elle jouit du parc national El Ávila qui nous réconcilie avec l’espace public et même si elle a aussi des endroits hostiles elle a tellement de jolies choses ! Je suis heureuse d’être caraquénienne.

—Quand avez-vous su que votre voie était la médecine ?

—Je ne viens pas d’une famille de médecins et je ne suis pas née un stéthoscope dans la main. Au lycée, je pensais faire des études de mathématiques ; ensuite je voulais étudier l’agronomie car ma maman avait une propriété avec du bétail et nous y passions les fins de semaine, au milieu des vaches et des veaux, ce qui m’enchantait. J’ai entendu des chants à traire depuis ma petite enfance.

Ensuite j’ai voulu faire des études de journalisme et c’est presqu’au dernier moment que je me suis décidée pour la médecine et j’ai fait simultanément des études de lettres. Je plaisantais alors avec mes camarades, leur disant que cela impliquait que je devais subir les poèmes des étudiants en médecine et les maladies des étudiants en lettres. C’est ainsi que j’en suis arrivée là, il n’y avait pas de médecin dans ma famille, je n’étais pas née en pensant choisir cette branche mais après l’avoir choisie je me suis passionnée pour elle, j’en ai tiré un profond plaisir et je ne regrette pas une seconde d’avoir fait ce choix.

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-—Vous avez eu votre diplôme de Docteur en Médecine avec mention Très Honorable, étiez-vous un rat de bibliothèque?

—Oui, j’aime beaucoup les bibliothèques, j’aime étudier, j’aime lire. J’ai vécu pleinement ma période universitaire, bien sûr avec la vie personnelle, privée, de toute personne de 18 ou 20 ans. Ce fut aussi le début dans l’activité politique. Pendant toute la durée des études nous avions un groupe de travail près du Centre des Etudiants, qui, à l’époque, avait à sa tête Jorge Rodriguez.

Par ailleurs j’ai également toujours eu une activité sportive, en ce temps-là je faisais partie de l’équipe de basket de l’université et bon, c’était la vie étudiante, cette chose tellement délectable.

—Vous vous êtes ensuite passionnée pour la cardiologie

—J’ai d’abord fait Médecine Interne à la Maternité Concepción Palacios, puis j’ai fait la partie de Cathétérisme cardiaque, Hémodynamique, au Venezuela, ensuite j’ai fait un an de plus en Espagne, et d’un lieu à l’autre, nous voici en 2003 et arrive ce monsieur que vous voyez là (elle montre une photo d’elle aux côtés du Commandant Hugo Chávez) qui a changé la vie de beaucoup d’entre nous. La mienne, il l’a changée  radicalement. Moi, j’avais eu toute ma vie une activité fondamentalement consacrée à la prise en charge des patients et à partir de 2004, ce monsieur m’a fait laisser la cardiologie des adultes pour travailler dans la santé publique. J’ai occupé les postes de Directrice des Hôpitaux du Ministère de la Santé, Vice-Ministre, Ministre, j’ai étudié tout ce qui concerne la santé publique et par bonheur je me suis consacrée à ce rêve du Président Chávez, l’Hôpital Cardiologique des Enfants, qui est devenu mon projet de vie et dans lequel, heureusement aussi, plusieurs choses se conjuguent, car il y a là une activité de gestion de santé publique, une activité liée à la politique, mais aussi la prise en charge des patients et l’enseignement.

—Parlez-nous du Chávez que vous avez connu et qui vous a choisie pour une si grande responsabilité.

—Nous les vénézuéliennes et vénézuéliens qui étions la gauche dans les années 70 et 80, nous regardions la botte militaire comme notre pire ennemi. Et je crois que tous nous avons été  grandement surpris en entendant le président Chávez dire « pour le moment ». A cette époque j’avais mon diplôme depuis peu, je faisais mon temps de médecine rurale et je me souviens m’être demandée « qu’est-ce que c’est ? un coup d’état militaire ? » et ce « pour le moment » nous a montré que c’était autre chose. Cela a été déterminant pour nous tous. J’ai connu le président Chávez  lorsque je travaillais au ministère, avant l’Hôpital Cardiologique. Quelques interactions se sont produites, jamais directement, mais je me souviens clairement de la première fois où nous avons eu une longue réunion au cours de laquelle, je pense, le président Chávez m’a soumise à un examen décisif. Cela s’est passé le 10 Mars 2006. Ce jour-là le président organisa une évaluation finale pour voir à qui il allait confier la responsabilité de la mise en route de l’hôpital Cardiologique des Enfants. La réunion dura longtemps, il me questionna sur tout, depuis ma petite enfance, sur la politique, sur mon histoire personnelle, sur mon projet de vie, jusqu’à demander tous les détails du projet, comment nous pensions finir de construire l’hôpital et le mettre en marche, pour qu’il fonctionne. Il nous interrogea sur tout, à la fin il me demanda même le calibre de la suture avec laquelle nous cousons les patchs d’une communication inter auriculaire Et lui, comme toujours, ajustant le plus petit détail, connaissant les choses en profondeur, non à leur surface. Il aimait à dire que, lorsqu’il venait à l’hôpital, il se sentait dans le futur, qu’il s’approchait de comment devaient être les choses, que son cœur s’en réjouissait, qu’il renaissait après nous avoir rendu visite. J’ ai encore les yeux qui se remplissent de larmes lorsque je parle de lui.

—Le Cardiologique d’aujourd’hui ressemble-t-il au projet que vous avez présenté à Chávez en 2006 ?

—Cet hôpital a changé la vie d’un grand nombre. D’abord celle de plus de onze mille enfants, filles et garçons qui ont été opérés. Tu avances dans les couloirs et,  dans chaque service,  tu vas trouver beaucoup de ceux d’entre nous qui avons ouvert cet hôpital, qui vivons depuis le temps où il n’existait que sur des plans, puis il fut un chantier et enfin ce qui progressivement s’est construit au travers de ces onze mille enfants qui sont passés par ici et qui savent que Chávez aussi est passé par ici. Cela remplit notre âme et comble notre coeur. Il y a des choses que nous aurions pu mieux faire mais ces onze mille vies d’enfants sont une satisfaction suffisante pour nous réjouir d’avoir choisi cette voie et d’avoir amicalement côtoyé le président Chávez. Ces derniers mois où nous avons dû faire moins d’interventions que nous aurions voulu, nous avons avancé sur d’autres points. Nous avons fait davantage d’enseignement. Mais ces onze mille enfants sont  une mère de famille, un père, une maison, un pâté de maisons, des petits camarades de classe, répartis à travers tout le Venezuela. Tu vas quelque part et tu trouves un parent d’un patient, un petit ami, un petit neveu, qui ont été opérés au cardiologique. Tu demandes « de qui est cet enfant ?eh bien il est l’enfant de tous, et dès l’instant qu’il a besoin d’être opéré, il doit être le problème de tous, et après l’opération, il doit être une joie pour tous”.

—L’institutionnalisation médicale est toujours accusée de mercantilisme, de déshumanisation. Vous qui venez d’un milieu universitaire comment appréciez-vous ces mises en cause ?

—C’est là que nous évoquerons Gilberto Rodríguez Ochoa, le premier ministre de la Santé du président Chávez. « De l’exercice de la médecine privée ou de l’aliénation de l’acte médical » tel est le titre de l’un de ses livres. J’ai eu le privilège de le connaître en Amazonie, lorsque je faisais ma période de médecine rurale. L’exercice privé de la médecine  engendre un ensemble de perversions que nous, les médecins, refusons, mais il n’est pas vrai non plus que les médecins sont cette série de monstres que quelques-uns veulent nous faire croire.

Même au-delà des différences politiques. Cet hôpital compte en majorité des médecins hommes et femmes qui n’ont pas d’affinité politique avec le socialisme ni avec le président Chávez et qui se démènent pour faire leur travail, même en touchant des revenus ridiculement inférieurs à ceux que n’importe lequel d’entre eux pourrait toucher en consacrant ne serait-ce qu’une demi-heure à la médecine privée, mais ils préfèrent consacrer huit heures à cet hôpital et à ses enfants. Moi, vraiment, je ne crois pas que les médecins vénézuéliens soyons un ramassis de parasites. Oui il y en a, mais comme dans toute profession je crois, car il me semble que des journalistes vendus, il y en a beaucoup

—Le Cardiologique est aussi un exemple d’intégration latino-américaine, comment avez-vous travaillé avec les personnes d’autres pays qui viennent ici apprendre et se soigner ?

—Nous avons pris en charge des patients des pays de l’ALBA et d’Afrique mais ce qui a été plus décisif pour l’intégration ce sont les occasions de formation que nous avons données dans cet hôpital. Le Nicaragua, par exemple, a formé ici son équipe de santé cardiovasculaire pédiatrique, des étudiants d’autres endroits ont ainsi eu la possibilité de se former dans un pays qui leur a ouvert ses portes pour étudier gratuitement, afin de grandir avec nous. Chávez ne faisait pas de voyages dans le monde dans l’intention de dire aux autres pays comment attaquer un tiers, ni d’imposer des décisions politiques à personne et moins encore de voler ni des puits de pétrole ni des terres. Il se déplaçait pour offrir engagement et solidarité, comme Bolivar.

—Vous considérez-vous féministe ?

—Contre vents et marées. Dans cet hôpital Cardiologique des Enfants nous nous efforçons de maintenir la parité de genre. Nous sommes six femmes et deux hommes dans le Conseil de Direction. Le féminisme appartient à l’humanisme et fait partie du socialisme, et sur ce chapitre aussi le président Chávez avait l’avantage sur les autres et il nous a aidés à avancer dans cette direction, mais il reste encore beaucoup à faire. Souhaitons que la Constituante, dont la présidente est une femme, aide à avancer aussi dans ce sens. Ici nous sommes féministes, nous construisons les choses entre tous et entre tous, nous avançons. Dans la santé, en règle  générale, la proportion de femmes est bien supérieure à celle des hommes, dans le monde, justement en raison de cette conception des carrières de santé qui impliquent une très forte composante de soin de l’autre à laquelle il semble que nous, les femmes, sommes toujours plus disposées.

—Quel est votre secret pour être encore, au bout de douze ans, l’exemple de « efficacité ou rien » ?

—Plusieurs circonstances favorables se sont ici conjuguées, et beaucoup de gens ont poussé pour que les  choses réussissent. Depuis le démarrage, ici s’est constituée une équipe de personnes de grande expérience aux côtés d’autres, très jeunes, et désireuses d’apprendre. Nous avons pu commencer de zéro et cela facilite un peu les choses, avec aussi une conception un peu différente qui est celle d’un personnel à temps complet, et ce personnel a débuté avec une rémunération spéciale en lien avec cette idée, selon une autorisation exceptionnelle du président Chávez. Tout a été fait à la mesure de cet hôpital et nous continuons à maintenir cela.

WhatsApp-Image-2017-08-24-at-4-8Biographie Minime

Isabel Iturria est née à Caracas, elle a 51 ans. Elle est docteur en médecine diplômée de l’Université Centrale du Venezuela, mention Très Honorable, en 1991. Elle a obtenu le diplôme de spécialité de Médecine Interne en 1995 et de Cardiologie en 1998. Elle s’est formée en Cardiologie Interventionniste à Caracas et à Barcelone, en Espagne. Son parcours professionnel inclut la charge de directrice de la Gestion des Hôpitaux du Ministère de la Santé entre 2004 et 2006  et celle de la présidence de la Fondation Hôpital Cardiologique Latino-américain des Enfants Dr. Gilberto Rodríguez Ochoa depuis sa création en 2006 et jusqu’à ce jour. En 2013 elle fut Ministre du Pouvoir Populaire pour la Santé. Dotée d’une vaste expérience universitaire, elle se consacre aussi à l’enseignement.

Lieu de chavisme

Visiter l’hôpital Cardiologique des Enfants c’est voter à nouveau pour le chavisme le plus authentique. Dans une époque où nous sommes habitués aux hostilités quotidiennes, dans cet hôpital, les sourires apparaissent en premier,  avec les gardiens du parking, les réceptionnistes,  les  infirmières qui circulent dans les couloirs et le personnel administratif que l’on rencontre. Ce ne sont pas des sourires de guichet de banque ni de restaurant à service rapide. Ce sont des sourires de gens heureux de servir. L’hôpital, avec son éloquente simplicité, son austérité et son impeccable  propreté est un espace où l’on renoue avec les rêves que s’est tracés la Révolution Bolivarienne. Il n’y a  pas de file d’attente, pas de débordements. Il y a des familles avec des petits garçons et des petites filles en train de se photographier devant les fresques murales. « C’est merveilleux que quelque chose d’aussi complet, d’aussi coûteux et d’aussi difficile à mettre en route que la chirurgie cardio- pédiatrique puisse se réaliser avec succès, avec un niveau de qualité similaire à celui des centres les plus importants du monde et avec l’amour et la solidarité propres à l’engagement pris par le gouvernement bolivarien envers ces enfants, avec aussi le fait que ce soit absolument gratuit », explique Iturria.

Une femme de passions

La lecture et le sport sont deux des passions d’Isabel Iturria. De la première elle nous a parlé avec dévotion, et alla jusqu’à nous  lire  Fable avec perroquet , de Aquiles Nazoa,  « un des individus qui sut l’atteindre au point le plus douloureux, le plus dur, le  plus critique politiquement, à partir de l’humour, ce qui est extrêmement difficile ».  Elle nous raconta également qu’elle a fait sa thèse de doctorat à partir du français Michel Foucault, et elle avait son livre sous le bras, Naissance de la clinique, « de la philosophie pure et dure » comme elle-même le qualifie, « en lien avec le thème du pouvoir, de comment les relations de pouvoir apparaissent dans la naissance de la pratique clinique, dans la façon dont nous avons appris à prendre en charge les patients, nous qui sommes nés dans cette génération. » A propos de son  récent engouement pour la nage, elle évoqua son expérience de la traversée de l’Orénoque. «  Dans le lot des cinquantenaires j’arrive chaque fois avant le dixième. C’est une expérience extraordinaire, je la ressens comme quelque chose de mon pays, il ne s’agit pas seulement de l’exercice physique mais du défi. »

Interview: Rosa Raydán  / Photos:  Jesús Vargas

Source : http://ciudadccs.info/la-entrevista-proyecto-vida-hospital-cardiologico-infantil/

Traduction : Michele ELICHIRIGOITY

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Les incohérences du “Groupe de Lima” sur le Venezuela

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Le Groupe de Lima, qui réunit plusieurs gouvernements néo-libéraux sur orbite états-unienne, vient d’exprimer son refus absolu de la décision du Venezuela d’organiser les élections présidentielles le 22 avril 2018. Or cette date, selon les médiateurs internationaux du dialogue en République Dominicaine comme l’espagnol Rodriguez Zapatero, avait été fixée en accord avec les secteurs de la droite vénézuélienne. Dans un communiqué diffusé après la réunion du Groupe de Lima, les présidents Macri, Santos, etc… ont invoqué le “manque de transparence et de fiabilité” et exigé l’établissement d’un “nouveau calendrier electoral” au Venezuela.

Ironie de l’histoire, cet appel à des « élections générales » a été lancé depuis les bancs de la droite majoritaire à l’Assemblée Nationale (actuellement en état d’illégalité à la suite de trois élections frauduleuses de députés) lors de sa deuxième session en 2016, en exigeant un délai de quelques mois à peine pour leur réalisation.

Cette exigence sans fondement légal ne servait alors qu’à justifier une escalade de violence dans le pays, qui est effectivement survenue durant les mois d’avril à juillet 2017, jusqu’à ce que la convocation de l’Assemblée Nationale Constituante désactive les tentatives de faire de la situation chaotique du pays en élément déclencheur d’une action militaire depuis l’étranger.

Pendant la première moitié de l’année 2017, parallèlement aux guarimbas (violences d’extrême droite) et au milieu des incitations à l’affrontement, des destructions et saccages d’institutions publiques, des assassinats et du chaos généralisé, les dirigeants de l’opposition ont réitéré leur appel à des élections anticipées, alléguant que si le Gouvernement ne les convoquait pas, c’était parce qu’il savait que sa défaite était assurée.

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L’intromission du Secrétaire Général de la O.E.A., Luis Almagro, visant à activer la Charte Démocratique qui s’appliquera à « évaluer la situation vénézuélienne » en s’appuyant sur le « Rapport Almagro » (nourri de données d’ONGs satellites de la droite comme Foro Penal, et financées par les promoteurs de l’intervention contre le Venezuela depuis les USA), avait elle aussi pour objectif, entre autres, de faire pression pour que se tiennent des « élections générales dans un délai de trente jours ».

Le but étant d’obtenir un consensus de 18 votes pour la discussion de la Charte Démocratique et 24 pour son application, de sorte que le Venezuela, qui ne permettrait pas que son auto-détermination soit violée et ne se plierait pas aux exigences de l’OEA, soit catalogué comme un pays hors-la-loi, donnant toute liberté à la prise de mesures coercitives et punitives à son encontre.

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Dans ce contexte, le Département d’Etat réclama également l’organisation d’élections présidentielles anticipées, juste au moment où la nation vénézuélienne se préparait à celles de l’Assemblée Nationale Constituante. C’est le Président Trump lui-même qui émit alors un communiqué dans lequel il assurait que les sanctions seraient renforcées si ces élections constituantes avaient lieu (une menace aussitôt répétée par l’Union Européenne) et exigeait de les supprimer en faveur d’ »élections libres et justes » – appel diffusé par le compte twitter du Secrétaire d’Etat pour les Affaires de l’Hémisphère Occidental du Département d’Etat, Francisco Palmieri.

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D’autre part, l’appel à la libération des « prisonniers politiques » (en réalité auteurs/organisateurs des violences d’extrême droite) contenu dans le communiqué contredit la décision de l’opposition de ne pas signer un accord d’entente en République Dominicaine, dont c’était pourtant l’un des point négociés entre la droite et le gouvernement. Lorsque le consensus a été obtenu entre les deux parties, la droite le rejeta au dernier moment, comme l’a publiquement regretté l’ex-président du gouvernement espagnol et accompagnateur du dialogue, José Luis Rodriguez Zapatero.

Par la suite, le représentant du Gouvernement National à la Table de Dialogue, Jorge Rodriguez, a confirmé que ce revirement in extremis était dû à un appel téléphonique reçu de Colombie lors de la tournée du Secrétaire d’Etat des U.S.A., Rex Tillerson.

Les références du communiqué du Groupe de Lima au troisième rapport sur le Venezuela de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, ainsi qu’à la décision de la Cour Pénale Internationale de procéder à un premier examen de « présumés crimes d’Etat et contre l’Humanité » , constituent la base des accusations de violation des droits de l’homme , de paralysie des institutions et de perte des libertés politiques de la population. La première de ces accusations ignore totalement les sources officielles pour alimenter son dossier, exposant un version unilatérale, tandis que la seconde, bien qu’on ne précise pas quels seront les rapports qui seront pris en compte pour l’examen préliminaire, s’est essentiellement basée sur les documents de l’O.E.A… inféodée à Washington.

Enfin, le communiqué s’oppose à la participation du Président Nicolas Maduro au Sommet des Amériques qui se tiendra à Lima (Pérou) les 13 et 14 avril, ainsi qu’à la convocation aux élections présidentielles, et engage vivement le gouvernement vénézuélien à ouvrir un « couloir humanitaire ».

Pour ce qui concerne les élections présidentielles, la position du Groupe de Lima met en évidence les inconséquences et contradictions du front vénézuélien de l’extérieur et des dirigeants de la droite qui exigeaient à l’unisson des élections présidentielles anticipées qu’aujourd’hui ils refusent.

En termes politiques, le durcissement de ce positionnement revêt la forme d’un acte d’autorité pour provoquer l’isolement électoral de l’opposition et permettre l’articulation de sanctions renforcées contre le pays à partir du Groupe de Lima, conformément aux injonctions des Etats-Unis.

Par ailleurs, pour ce qui est du « couloir humanitaire », utiliser les effets qu’ont eu les sanctions financières contre le pays, endommageant les couches sensibles du tissu social et économique, comme élément de la narrative très bien exploitée de « crise humanitaire » ne représente aucun intérêt réel pour enrayer les conséquences des actions menées pour asphyxier l’économie du Venezuela et ne consiste qu’à se rapprocher des intentions des Etats-Unis d’intervenir à l’intérieur du territoire vénézuélien sous un prétexte humanitaire ; ce qui sous d’autres latitudes (Haïti, République Centrafricaine,etc.) représente aussi une activité lucrative pour des agences comme l’USAID.

Le Groupe de Lima a délibérément étendu ses dénonciations jusqu’au niveau des frontières terrestres, en mentionnant « l’exode de milliers de Vénézuéliens » et en affirmant coordiner les efforts pour affronter cette situation. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit là d’une bonne excuse pour mobiliser des troupes militaires dans les zones limitrophes du Venezuela, décision prise par le Président de la Colombie, Juan Manuel Santos, en déployant plus de 3 000 soldats à la frontière comme mesure destinée à contenir le flux d’immigrants. Suivi en cela par le Brésil dans le cadre de la tournée de Michel Temer dans l’Etat de Roraïma, au cours de laquelle ce dernier a ordonné de doubler les effectifs militaires pour faire face à « l’exode massif d’immigrants ». Un signal de soutien a été donné au Mexique et au Chili les incitant à répondre rapidement aux appels à se retirer du processus de dialogue, qui vise à instaurer la paix au Vénézuela ; ces appels ont été lancés notamment par la plate-forme de l’opposition « Soy Venezuela » à l’instigation du secrétaire d’État Rex Tillerson et du sénateur Marco Rubio, dont les déclarations laissent entendre que les options militaires sont privilégiées au préjudice de toute autre solution qui pourrait contribuer à la stabilité politique au Venezuela que ce soit à moyen ou à long terme, comme, par exemple, la tenue d’élections présidentielles dans un climat de respect vis-à-vis des institutions vénézuéliennes.

Le communiqué du Groupe de Lima met donc, plus que jamais, en évidence les incohérences juridiques et politiques des ses propres demandes, ainsi que celles d’acteurs de l’opposition et d’autres agents du front international; il étale encore ses contradictions lorsqu’il réclame un hypothétique calendrier électoral que le CNE a pleinement réalisé depuis la tenue des élections régionales du 15 octobre 2017…

eSource : http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELa/contradicciones-grupo-de-lima

Traduction : Frédérique Buhl

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Le président Evo Morales dénonce la menace d’une intervention états-unienne au Venezuela

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Le président de la Bolivie, Evo Morales, a demandé le mardi 13 février 2018 que se réunisse en urgence un sommet de l’Union des Nations Sud-américaines (UNASUR) face à la menace états-unienne d’intervenir militairement au Venezuela depuis la Colombie.

Depuis La Paz, le dirigeant bolivien a réaffirmé sa solidarité avec le peuple frère du Venezuela et demandé à l’UNASUR de faire respecter sa souveraineté.

La menace d’une intervention militaire au Venezuela a été brandie par le secrétaire d’Etat états-unien, Rex Tillerson, lors de sa tournée au Mexique, en Colombie, au Pérou, en Argentine et en Jamaïque, pour préparer le renversement du gouvernement de Nicolás Maduro.

« Tillerson vient visiter plusieurs pays, j’imagine, pour convaincre ou influencer ses présidents de droite en vue de participer à une intervention militaire ou pour noyer le Venezuela », a déclaré Morales lors de son émission de radio « Caminando con el pueblo ».

Le président Morales a également dénoncé les déclarations du sénateur républicain Marco Rubio, qui a déclaré peu après Tillerson, que « c’est le meilleur moment pour un coup d’État au Venezuela, pour des raisons humanitaires ».

Le dirigeant bolivien a rappelé que dans les années 70 et 80, le Plan Condor a été créé pour exercer clandestinement le terrorisme d’Etat contre les dirigeants syndicaux, anticapitalistes et militants de gauche qui s’opposaient aux dictatures du Chili et de l’Argentine. Brésil, Paraguay, Bolivie et Uruguay.

Le Plan Condor a été coordonné avec les États-Unis et la CIA, avec un solde d’au moins 50 000 morts, 400 000 emprisonnés et 30 000 disparus.

Source : https://www.telesurtv.net/news/bolivia-cumbre-unasur-emergencia-intervencion-eeuu-venezuela-20180213-0044.html

Traduction: T.D.

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